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Full text of "Les jubilés et les églises et chapelles de la ville et de la banlieue de Québec, 1608-1901"

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.. 



LES 



Jubilés, Eglises et Chapelles 



DE LA 



VILLE ET DE LA BANLIEUE 

DE QUÉBEC 

DE 1615 A AUJOURD'HUI. 

VOLUME PREMIER. 




V — —«— «^ 




Un de ses portraits les plus récents. 



AVANT-PROPOS. 



A la demande d'un certain nombre de lecteurs du " Soleil" qui 
s'intéressent à ce que j'y publie depuis le 20 juillet 1901, sous le titre 
de : " Eglises et chapelles de la ville et de la banlieue de Québec, de 
1615 à aujourd'hui" je me suis décidé à faire un premier volume, 
d'au delà de 500 pages, avec ce qui est paru jusqu'à présent, Chaque 
volume sera suivi d'une table de matières, en attendant que je puisse 
faire une table chronologique et alphabétique très détaillée, lorsque 
mon travail sera complètement terminé. 

J'indiquerai aussi alors la provenance des gravures, 

Il est inutile d'ajouter que je me suis efforcé de localiser avec le 
plus grand soin, en m'appuyant sur des pièces authentiques, les fiefs 
les églises et les chapelles qui figurent dans mon ouvrage. 

Je présente ce premier volume à la jeunesse de Québec, que j'ai 
vu naître et grandir, et avec laquelle j'ai encore les relations les plus 
cordiales, espérant qu'ils en retireront quelque profit. 

JOSEPH TRUDELLE. 
8 décembre 1902. 




PREMIERE CHAPELLE DE QUÉBEC, BATIE EN 1615 

par le Père D'Olbeau et Samuel de Champlain, d'après le plan de la 
prise de Québec, de 1629, par le P. Hennepin, p. 343. Cette cha- 
pelle était située près de l'habitation de Champlain, au bas du 
petit escalier Champlain. 



LES JUBILES 

ET LES 

[ÉGLISES ET CHAPELLES 

DE LA VILLE ET DE LA BANLIEUE 



DE 



QUÉBEC 
1608-1901 



PAE 



JOSEPH TRUDELLE 

De la Bibliothèque de la Législature de Québec. 



->&&k*&te^ î^rÎTT* 



QUÉBEC : 
Compagnie d'Imprimerie " Le Seleil." 

1901 




3 



a*» 




ULïiExU, Kécullet. 



Promulguant la Bulle de Sa Sainteté Paul V, sur le premier jubilé 
célébré à Québec, en 1618. 



LES JUBILÉS 



-&. QUEBEC. 



Il sera peut-être intéressant pour 
les jeunes de leur faire connaître la 
date de ces jubilés, qui ont été ac- 
cordés par les Souverains Pontifes, 
depuis trois siècles, c'est-à-dire de- 
puis la fondation de Québec, en 
1608, par Monsieur de C'hamplain, 
jusqu'à nos jours (eu 1901). 

Les mandements de Nos Seigneurs 
les évêques de Québec, sur les jubi- 
lés nous font voir l'extension de la 
ville et la multiplication de ses 
églises et de ses chapelles, depuis 
trois siècles. 

Il y a eu en tout 28 jubilés uni- 
versels depuis Champlain, 

Le premier jubilé, accordé par 
Sa Sainteté Paul V, le 12 juin 1617, 
eut lieu en 1618. C'est le Père d'Ol- 
beiau, Récollet, alors gardien à Qué- 
bec et commissaire générai die la 
Nouvelle-France, qui en fit l'ouver- 
ture solennelle, le 29 juillet 1618, 
dans la première chapelle qui a été 
construite à Québec, en 1615. Cette 
petite chapelle était située à la 
B»asse- Ville de Québec ; elle avait 
été construite p&r le Père d'Olbeau 
lui-même, aidé de Monsieur de 
Champlain et des sauvages, en 1615. 
C'est d'ans cette première église de 
Québec qu<* le Père d p Olbe 3u dit la 
messe, le 25 juin 1615, la première 
qui fut d?+e à Québec. Ou fut obligé 
de construire plusieurs petites chapel- 



les dans les environs d'e la ville nais- 
sante, pour y faire les stations ou 
visites, que les fidèles sont tenus 
de faire pour gagner l'indugence du 
jubilé en cette ville. 

Urbain VIII accorda un jubilé, le 
12 miai 1629, mais comme il n'y avait 
pas die religieux au pays, dlu mois 
de septembre 1629 au 5 juillet 1632, 
occasionné par la prise de Québec, 
par les frères Kerk,. iï n'y eut pas de 
jubilé en cette ville. 

Le Père Chrétien IJecleroq, récol- 
let, dit, dans son ouvrage intitulé : 
P remiel* établissement die la. foi 
dans la Nouvelle -France, vol. I. p. 
125 : 

" Les sauvages invitèrent une se- 
conde fois Monsieur de Champlain, 
par les présents ordinaires, die mon- 
ter en guerre avec eux contre les 
Iroquois ; mais il ne le jugeai pas 
à propos. Sa présence était néces- 
saire à Québec, où il descendit pour 
gagner le premier jubilé qui ait ja- 
mais été publié en Canad'a. 

" Le Père Jean d'Olbeau, récol- 
let, com. gl.. l'avait obtenu de Sa 
Sainteté Paul V, durant le séjour 
qu'il avait fait en France. On en fit 
l'ouverture avec les cérémonies ordi- 
naires!, d'ans la chapelle* de Québec, 
le 29 juillet 1618. Les Français s'y 
disposèrent avec toute la dévotion 
possible ; rien ne fut de si édifiant 



8 



que la piété avec laquelle on visita 
les stations que nos missionnaires 
avaient préparées par des petites 
chapelles en forme de cabanes, aux 
environs de Québec. 

" Les sauvages en étaient le® 
spectateurs, et quoique sans d'iscer- 
nement de foi, ils ne laissaient pas 
de faire extérieurement les même® 
postures et cérémonies que les Fran- 
çais, et quelques-uns. même dl'entr'- 
eux, un peu plus avancés d'ans l'ins- 
truction, récitaient les prières, en 
chantant avec nous de leur mieux." 

Le '2me jubilé eut lieu en 364:5. 

Nous lisons dans le journal des 
Pères Jésuites, n. 18, ce qui suit, à 
propos de ce jubilé : 

" Le 17 décembre 1645 commen- 
ça le jubilé accordé par Innocent 
X. On ne fit point ici de procession ; 
mais le matin de ce dimanche, qui 
était le 3e de l'Avent, 'après l'eau bé- 
nite faite et jetée, on commença un 
u Veni Creator ", pendant lequel le 
Saint- Sacrement fut exposé, et en- 
suite on dit la grand'messe du di- 
manche (avec paremens violets et 
sans Gloria), avec commémoration 
du Saint-Sacrement ; pendant le 
" Veni Creator ", lorsqu'on exposait 
le Saint- Sacrement on tira trois 
coups de canon. Les trois stations 
étaient la paroisse de Québec, les 
Hospitalières et les Ursulines. Les 
vespres furent dites par les prêtres 
debout et nu teste, et tout le peuple 
en ayant esté averti auparavant, se 
tint debout ou à genoux ; M. le gou- 
verneur se tint debout ; le tout sui- 
vant l'avis donné le dimanche d'au- 
paravant, de l'honneur extraordi- 
naire qu'il fallait rendre au Saintr 
Sacrement lorsqu'il est exposé, con- 
formément au cérémonial des évê- 
ques chez les " Gavantus ". Au com- 
mencement des vespres,, il n'y] eut que 
dieux cierges allumés, et au Magni- 
ficat on en alluma six autres pour 
le salut qui se fit ensuite des ves- 



pres par une commémoration du 
Saint-Sacrement. " O sacrum con- 
vivium " avec l'oraison, après quoi, 
on donna la bénédiction au peuple 
avec le Saint-Sacrement. On y fit 
une faute de ne point chanter pour 
lors " Tantum ergo sacramentum ", 
pendant lequel se devaient faire les 
encensemensi sans dire l'oraison. On 
finit par un Laudate, et le sermon 
se fit <après. Le Saint- Sacrement ne 
fut exposé que les dimanches et 
fêtes de la quinzaine ; les jours ou- 
vriers, il ne l'était pas. Les Ursu- 
lines en tr' autres firent de belles 
aumosnes d'étoffe aux pauvres fran- 
çais et sauvages. Pour nous, nos 
aumosnes principales fuient 7 pains, 
chaqu'un de la valeur die 15 sols, 
pour 'autant de personnes que nous 
étions à cette maison de Québec. 
Cela toutesfois fut changé en 
étoffes, souliers et linge, dont les 
gens avaient plus besoin. 

" M. le Gouverneur aussi fit de 
belles aumosnes, lo de deux pi st oies 
à donner sur le champs dont une 
pour les pauvres français fut chan- 
gée en étoffe, l'autre fut laissée à la 
disposition du P. de Quen pour les 
pauvres sauvages de Silletry ; 2o H 
donna charge à M. des Chastelets de 
donner ce que nous lui demande- 
rions pour les pauvres jusques à la 
concurrence de 200 livres. 

" Les saluts se faisaient aux reli- 
gions à quatre heures, l'une après 
D'autre indifféremment, se?on la 
commodité du supérieur oui prêchait 
à l'une des deux et ensuite ■ n'en 
partait bien qu'après le salut et puis 
allait à l'autre, et M. le Gouver- 
neur et tout le monde suivait. 

" Le 26 du même mois, jour de 
St-Etienne. la bourgade de Sillery 
vint ici en procession faire ses sta- 
tions pour gagner le jubilé : deux de 
nos hommes portaient la bannière 
et la croix, les PP. de Quen et 
Drouilleteis vinrent avec eux en sur- 
plis et dominau et entr'eux deux 



— 9 — 



toute la troupe des sauvages chré- 
tiens au nombre die plus d^une cen- 
taine. Ih vinrent à jeun en un temps 
grandement froid, et s'en retournè- 
rent sans manger. On leur fit festin 
au retour à Si'lLery de la part de 
M. le Gouverneur ; ils chantèrent 
partout fort mélodieusement, et di- 
rent une dizaine de leur chapelet. Le 
jour de l'an, on ferma le jubilé. On 
se contenta de faire le salut ordi- 
naire à l'issue des vespres : on tira 
3 coups de canon, et on alla aux 
maisons religieuses faire le salut pa- 
reillement et fermer le jubilé ; on 
ne tira point. 

Le orne jubilé accordé par Inno- 
cent X, commença le 25 octobre 1G48 
par une procession à l'Hôpital ; et 
le jour de St-Simon et St-Jude, les 
sauvages vinrent en procession aux 
Ursulines, et le jour de la Toussaint 
on^fut en promession aux Ursulines, 
et le dimanche, le 15, on fit îla pro- 
cession générale aux deux maisons 
religieuses. (Journal des .Jésuites, 
p. 117). 

Le 4me jubilé accordé par Inno- 
cent X, en 1653, commença le 30 
août, a duré deux mois, et on iit des 
processions aux maisons religieuses. 
(Journal des Jésuites, p. 190). 

Le 5me jubif-é accordé par Alexan- 
dre VII, 'sous l'archevêque de Rouen, 
commença le 12 août 1657, par une 
procession générale. (Journal des Jé- 
suites, p. 218). 

Le 6me jubilé fut accordé par le 
Pape Innocent XI, en 1681, fut fait 
à Québec qu'en 1683, sous Mgr de 
Laval. Il devait durer deux semai- 
nes. Les stations étaient toutes les 
église ou chapelles de la ville. 

Le 7me jubilé, accordé par le 
Pape Innocent XI, en 1635, sous 
Mgr de Laval, pour implorer le se- 
cours divin contre les Turcs, com- 
mença le 19 mars et finit le 26 mars 
1685. Les stations pour va ville fu- 
rent la cathédrale, l'Hôtel-Dieu, les 



Ursulines et l'église des IlécoKets 
dite de Notre-Dame des Anges. (Hô- 
pital Général de Québec). Mande- 
ment de Mgr de Laval, vol, I. p. 
144. 

Le 8me jubiié, accordé par Inno- 
cent XII, en 1692, sous Mgr de St- 
Vallier, en 1693. L'ouverture se fit 
le 9 et la clôture le 22 février lt>93. 
Les stations pour la vifce de Québec 
étaient l'église cathédrale, l'Hôtel- 
Dieu et l'HôpitaJ.-Général, mais les 
personnes faibles pouvaient s'en fai- 
re dispenser par leurs confesseurs 
et on leur donna l'église des Jésuites 
et des Récollets pour stations. Jeû- 
ner le mercredi, vendredi et samedi 
de^ la semaine et faire quelques au- 
mônes aux pauvres. Mgr r< j com man- 
da l'Hôpital Général et le bureau 
des pauvres qui n'ayant aucun re- 
venu ©ont souvent dans l'imouiss an- 
ce de soulager les misères dos pau- 
vres honteux qui se Ton: connaître 
tous les jourç- aux administrateurs. 

Le 9me jubilé, accordé par le Pape 
Innocent XII, sous Mgr de Saint- 
Vallier. L'ouverture s'est faite le 8 
pour finir le 21 novembre 1694. Les 
stations pour la viîfle de Québec, 
étaient la cathédrale, l'église de la 
Bas^e-VUIe, ?Hôtel-Dieu et l'Hôpi- 
tal Générai mais on pouvait s'en 
faire dispenser en allant à l'église 
des Jésuites et des) Récollets pour 
stations. Mgr recommande PHôpitajï 
Général et le bureau des pauvres et 
invite les peuples à contribuer de 
quelque chose à la bâtisse de l'é- 
glise des Récollets. 

Le lOme jubilé accordé par Clé- 
ment XI, en 1706, sous Chartes 
Glandelet, prêtre doyen de l'église 
cathédrale de Québec, Louis Ango 
Desmezeret)?, et Joseph de la Oolom- 
bière, vicaires généraux de Mgr de 
Saint- Varier. L'ouverture du jubilé 
se fit le 30 janvier, et la clôture le 
12 février 1708. Les églises pour les 



10 



stations de la ville de Québec étaient 
lia cathédrale, l'Hôtel-Lieu, l'Hôpital 
Général, ia Basse- Ville, le collège 
des Récollets et les Ursulines. 

Le lime jubiié, accordé par Inno- 
cent XIII, sous Mgr de ^aint-Val- 
lier, 1721. Couverture se 1t le di- 
manche des Rameaux, pour se ter- 
miner à celui de la Quasimado de 
Tannée 1723. On devait visiter trois 
églises de la ville. 

Le 12me jubilé, accordé par le 
Pape Benoit XIV, en 1745, sous 
Mgr de Pontbriand ; le temps du 
jubilé dura deux semiaines, de- 
puis le quatrième dimanche de 
l'Avent 1746 au premier dimanche 
de l'année 1747. De visiter nu moins 
une église et faire une aumône peur 
la cathédrale de Québec. 

Le 13me jubilé accordé par Benoit 
XIV, en 1750, (année sainte), sons 
Mgr de Pontbriand. Le jubilé com- 
mencera Je seize de janvier et durera 
six mois ; la clôture se fera le 15 
juillet 1752. Dans la troisième se- 
maine de l'Epiphanie, le clergé sé- 
culier et régulier ira de la cathé- 
drale en procession pendant trois 
jours consécutifs ou interrompus, 
suivant que le temps le permettra 
aux églises des Pères Jésuites, des 
Ursulines et, des Pères Réoollets. Lei 
peuple n'était pas invité à i-es pro- 
cessions, vu que les églises ne sont 
pafô assez vastes. 

Le 14me jubilé, accordé par le 
Pape Clément XIII, en 1758, ne fut 
fait qu'en 1767, sous Mgr Briand, 
premier évêque de Québec après la 
conquête du pays, il commença le 15, 
pour se terminer le 29 mars 1767. Les 
églises design ces. pour faire les sta- 
tions du jubilé étaient celles des Pè- 
res Jésuites, des Récollets, des Ur- 
sulines et du Séminaire. 

Le 15me jubilé, accordé par Clé- 
ment XIV, en 1769, sous Mgr 
Briand. Le jubilé commença le 17 
mars pour finir le 31 du même 



mois qui était le jour de Pâques. 
Les stations du jubilé pour la ville 
de Québec étaient toutes les églises 
de la Haute et Basse Ville. 

Le 16me jubilé accordé par le Pa- 
pe Léon XII, en 1826, sous Mgr Pa- 
net. Le jubilé durera six mois à 
commencer du 11 fév. 1827. Les sta- 
tions pour liai ville de Ouébe© étaient) : 
la chapelle du Séminaire, la Cathé- 
drale, l'église de la basse-ville et 
celle de Saint-Roch. 

Le 17me jubilé, accordé par Pie 
VII, en 1830, sous Mgr Panet. Le 
jubilé commencera le 8, et finira le 
25 juillet 1830. Les églises dési- 
gnées pour les stations sont toutes 
les églises de la haute-ville et de la 
basse-ville ; pour les paroissiens de 
St-Roch, leur "propre église et celle 
de l'Hôpital-Général. 

Le 18me jubilé accordé par Gré- 
goire XVI. en 1832, sous Mgr Si- 
gnay. Le jubilé s'ouvrira le 8, et fi- 
nira le 29 décembre 1833. Pour les 
stations du jubilé, à Québec, tou- 
tes les églises de la haute-ville et 
celle de la basse-ville ; pour les pa- 
roissiens de St-Roch, leur propre 
ép-lise et celle de l'Hôpital-Général. 

Lel9me jubile, accordé par Gré- 
goire XVI, sous Mgr Signay, en 
1842. Commence le 26 mai, pour fi- 
nir le 9 juin 1842. H n'y a pas de 
visite à faire, mais l'office aux égli- 
ses dureront 15 jours. 

Le 20me jubilé, accordé par Pie 
IX, en 1846, sous Mgr Signay. Du- 
rée du jubilé, du 10 janvier au 15 
août 1847, mêmes stations que le 
jubilé de 1833. 

Le 21me jubilé, accordé par Pie 
IX. en 1851. sous Mgr Turgeon. 
Commence le 30 mai pour se termi- 
ner le 29 août 1852.Les églises qui de- 
vront être visitées par les parois- 
siens de N. D. de Québec, sont ïa 
Cathédrale, l'église St-Patrice et 
celle du faubourg St-Jean. 

Le 22rr>e jubilé, accordé par Pie 



— 11 — 



IX, en 1854, soua Mgr Turgeon. Le 
temps d'il jubilé dura trois mois, 
du 1er novembre 1854 a*i 28 
janvier 1855.Baroissiens de N.-D. de 
Québec visiteront la Cathédrale, 
St-Jean et St-Patrioe ; pour ceux 
de St-Rooh, leur propre église et 
l'église de St-Sauveur et la Congré- 
gation. 

Le 23me jubilé, accordé par Pie 
IX, en 1864, sous Mgr Baillargeon, 
Dura tout le mois de mai 1865 ; les 
visites sont les mêmes qu'au dernier 
jubilé. 

Le Mme jubilé, accoudé par Pie 
IX, en 1869, sous Mgr Baillargeon, 
commence le 1er juin 1869 pour ne se 
terminer qu'à la clôture du concile 
oeucuménique en 1870. 

Le 25me jubilé, accordé par Pie 
IX, sous Mgr Taschereau en 1875. 
Les paroissiens de Notre-Dame de 
Québec, de St-Patrice et de la des- 
serte de St-Jean, devront visiter les 
églises suivantes, savoir : la Basi- 
lique, l'église de St-Patrice. l'église 
de St-Jean et la chapelle du Sémi- 
naire. Les paroissiens de St-Roch 
et de St-Sauveur visiteront la Ba- 
silique, St-Rooh, St-Sauveur et la 
CoTJgrrégation, à St-Rooh. Le jubilé 
a duré toute l'année. 

Le 26me jublié, accordé par Léon 
XIH, sous Mgr Taschereau, le 10 
mars 1879. Six visites à faire aux 
églises désignées, avec le jeûne 
strict. Les fidèles de la Haute-Ville 
et dé la rue St-Pauî visiteront deux 
fois la Basilique, la chapelle du Sé- 
minaire et l'église St-Patrice. Ceux 
de la Basse- Ville visiteront deux 
fois la Basilique, la chapelle du Sé- 
minaire et l'église dé la Basse-Vil- 



Ceux de Notre-Dame de la Garde 
visiteront six fois leur église. Ceux 
des faubourgs St-Jean et St-Louia 
visiteront deux fois lea enlisas de 
St-Jean, des Pères Jésuites et de 
St-Patriee. Ceux de St-Roch et de 
St-Sauveur visiteront deux fois ces 
deux églises et celle des congréga- 
nistes à St-Rooh. 

Le 27me jubilé, accordé par Léon 
XIII, sous Mgr Taschereau en 
1886. Les visites ont été les mêmes 
pour les fidèles de la ville qu'en 
1879, excepté pour ceux de St-Sau- 
veur, Notre-Dame de Lourdes à la 
place de St-Roch. Deux jours de 
jeûne avec maigre strict. 

Le 28me jubilé, accordé par Léon 
XIII, sous Mgr Bégin 1901, a com- 
mencé au 17 février pour se termi- 
ner au 18 août 1901. 

Les paroissiens de Notre-Dame 
de Québec visiteront quatre églises 
pendant quinze jours : la Basilique, 
le séminaire, l'Hôtel-Dieu et l'église 
St-Patrice. 

Les paroissiens de St-Jean-Bap- 
tiste, l'église St-Jean, l'église des 
Franciscaines, l'église des Soeurs 
Grises et l'église St-Vincent dé 
Paul. 

Les paroissiens de St-Roch, les 
églises de St-Roch, de St-Sauveur, 
de Notre-Dame de Lourdes et la 
Congrégation de St-Roch. 

Les paroissiens de St-Sauveur et 
de St-Malo leurs propres églises, 
Notre-Dame de Lourde* et l'église 
de^ Congrésranistes de St-Roch. 

Les paroissiens de St-Charles de 
Limoilou, leur propre église. 

Notre-Dame de la Garde leur pro- 
pre église. 

Tes paroissiens de St-Zephirm de 
Stadacona, leur propre église. 



ÉGLISES ET CHAPELLES 

A QUÉBEC 

DEPUIS TROIS SIÈCLES, DE 1615 A 1901 




La paroisse de Notre-Dame de 
Québec fut érigée canoniquement 
le 15 septembre 1664. .par Msrr de 
Laval et dans un plan qu'il fit en 
1683 sur l'état des missions au 
pays, et qui a servi au mémoire 
qu'il présenta au Roi en 1684. Voi- 
ci ce qu'il dit <le Québec : 



" Québec.— Monsieur de Bermères, 
prêtre âgé de 48 ans, venu de Fran- 
ce en l'année 1659, est curé de la 
paroisse de Québec, siège die la ca- 
thédrale, qui contient la Haute et 
Basse-Ville, la Canardière qui a 
une demi-lieue d'étendue, la Petite 
Rivière jusqu'à une lieue et demie 



14 



de Québec, la côte Sainte-Gene- 
viève (Faubourg Saint- Jean), » et 
Saint-Michel, (chemin Ste-Foye) 
distante d'une lieue. Il y a 239 fa- 
milles et 1354 âmes. " La parois- 
se fut érieée au civil le 3 mars 
1722, d'après un règlement fait par 
MM. de Vaudreuil et Bégon ainsi 
que Monseigneur de St-Valier en 
date du 20 septembre 1721." Voici 
ce Règlement : 

" Québec. — L'étendue de la pa- 
roisse hors de la ville, sur le bord 
ou fleuve Saint-Laurent, ira jus- 
qu'aux telles de la seigneurie de 
Sillery, sur la route Saint-Michel 
dit Saint-Jean, jusqu'au ruisseau 
Prévost, et le long de la baie et Ri- 
vière Saint-Charles, depuis et com- 
pris le fief de Mad'rdd, dit Gramdpré, 
jusqu'à l'habitation de Pierre Dion, 
icelle non comprise, et aura les 
profondeurs renfermées dans ces 
bornes, jusqu'au district de la pa- 
roisse de Charles-bourg, à l'excep- 
tion des bâtiments et enceinte de 
l'Hôpital-Général seulement, et des- 
servie par le chapelain qui y sera 
établi curé, auquel les dîmes des 
terres des pauvres qui étaient de 
cette paroisse appartiendront pour 
subvenir à son entretien, ainsi que 
le Séminaire de Québec, auquel la 
cure de cette ville est unie, et les 
curés y ont consenti par acte du 
dix-huit septembre 1721." 

La paroisse de Notre-Dame de 
Québec a conservé ses mêmes limi- 
tes jusqu'à l'année 1829. 

La paroisse de Saint-Rodh fut 
érigée canoniquement le 15 septem- 



bre 1829, par Mgr Panet, et civile- 
ment, le 9 octobre 1833. Elle est 
bornée au sud par la cime du Co- 
teau Sainte-Geneviève et au nord 
par la paroisse de Charlesbourg, 
cest-à-dïre la première concession 
au nord de la rivière Saint-Charles 
qui est de 30 arpents, appartenant à 
Saint -Roch. A Test, elle est bornée à 
la rue St-Roch, jusqu'à l'Aneienne- 
Lorette. Et depuis, la paroisse de St- 
Roch s'est subdivisée en six ou sept 
paroisses, savoir : Saint-Sauveur, 
le 28 février 1867, Notre-Dame du 
Sacré-Coeur, le 11 août 1874, St- 
Zéphirin de Stadacona et Saint- 
Charles de Limoilou en 1896, Saint- 
Malo et Saint-Michel-Archange en 
1898, et Jacques-Cartier en 1901. 
On parle d'ériger prochainement 
une nouvelle paroisse au Palais. La 
paroisse de Saint-Ctlomb de Sil- 
lery fut détachée de Québec en 
1856, St-Patrice, en 1874, Notre- 
Dame de la Garde en 1885, Saint- 
Jean-Baptis+e, en 1886. On parle de 
former une nouvelle paroisse à l'A- 
venue des Erables. 

Ta.nd'is que la paroisse de Notre- 
Dame de Québec rapproche ses li- 
mites pour y former de nouvelles 
paroisses, la ville éloigne les sien- 
nes. Il peut arriver un jour, si cela 
continue comme ça en a l'air, la cité 
de Québec va reprendre bientôt les 
anciennes bornes de Notre-Dame 
de Québec. Son Honneur le Maire 
actuel de Québec a déjà poussé une 
pointe vers Sillery en annexant 
Marchmont, à la dernière session de 
1901. 



QUÉBEC 



Arrivé le 3 juillet 1608, Cham- 
plain débarqua sur la pointe de 
Québec, ainsi nommée par les sau- 
vages. Ce lieu était planré de 
noyer?. Il Ces fit abattre et cons- 



truisit d'abord le magasin, puis 
les divers logements. "La première 
chose que nous fîmes», dit Chan> 
plain", fut le magasin pour met- 
tre nos vivres à couvert, qui fut 




CHAMPLAIN 



17 



promptement fait par la diligence 
d'un chacun et le soin que j'en 
eu,, ,? 

Le logement était de trois corps 
de logis à deux étages. Chacun 
contenait trois toises (18 pds) de 
Hong et deux et demi (15 pds) de 
Jarge. Le magasin six (36 pds) et 
trous (18 pds) de large avec une 
belle cave de six pieds de haut. 
" Le tout était en bois. Tout au- 
tour de notre logement, diti-il, je 
ne faire une galerie par 1 dehors au 
second étage, qui est fort commo- 
de, avec des fosses de 15 pieds de 
large et six de profondeur, et au 
dehors des. fosses, je fis plusieurs 
pointes d'éperons qui enfermaient 
une partie du logement, l'a où nous 
mîmes nos pièces de canon ; et 
devant ce bâtiment y a une place 
de quatre toises (24 pds) de large 
et six ou sept (36 ou 42 pds) de 
long, qui donne sur le bord de la 
rivière. Autour du logement y a 
des jardins qui s nt trè-. bons et 
une place du côté du septentrion 
qui a quelque cent ou six vingts 
pas de long, 50 ou 60 de large." 
C'est une partie de la place Noi-'q- 
Dame ou de l'ancien marché, de- 
vant r/ église de Notre-Dame des 
Victoires actuelle. 

Samuel de Champlain fonda la 
ville de Québec le 3 juillet 1608 et 
mourut le: 25 décembre 1635. 
, Le E. P. Jean d'Olbeau et le 
Frère Pacifique Duplesais, arrivè- 
rent à Québec le 2 juin 1615, et le 
Père d'Olbeau dit la première messe 
le 25 juin 1615, dans la première 
chapelle érigée à la Basse- Ville, 
près du fort Champlain. 

Louis Hébert et sai famille arri- 
vèrent à Québec en 1617. Il bâtit la 
première maison à la Haute- Ville. 

On commença à construire le fort 
Saint-Louis à la Haute- Ville en 
1824. 

Les RR. PP. Jésuites arrivent 
à Québec en 1625. 



Les* religieuses LTrsulines et hos- 
pitalières arrivent à Québec le 1er 
août 1639. 

La compagnie des Cent; Associas 
fait conatruire une grandie bâtisse 
à la Haute- Ville, en L638, qui ;i 
vi d'hôpital, d'église, et die palais. 

Monseigneur de Laval arrive à 
Québec le 16 juin 1759 ) ; il érigea 
le 26 mars 1663, le séminaire de 
Québec. Il consacra l'église parois- 
siale de Québec le 11 juillet 1666. 

Création du Conseil Supérieur en 
avril 1663, par Louis XIV. Jeam- 
Baptiste LeGardeur, écuier, sieur 
de Repentigny, élu maire, et Jean 
Ma dry et Claude Charron, bourgeois, 
pour être échevins de la ville et pa,- 
roisse de Notre-Dame de Québec, le 
10 octobre 1663. 

Lei-' limites de la cité de Québec fu- 
rent fixées par une proclamation en 
date du- 7 mai 1791, par Son Ex- 
cellence le lieutenant-gouverneur, 
sir Alured Clarke. " Lai cité et ville 
de Québec, comprendra toute cetfte 
étendue de terre ou prémontoire 
entre les Rivières Saint-Laurent et 
Saint-Chairles, bornée par derrière 
par une droite ligne courant le long 
du front est du couvent appelé 
l'Hôpital Général, et continué de 
rivière en rivière. La ville fut divi- 
sée en deux parties, la haute et bas- 
se vile. St-Roch était de la basse- 
ville et St-Jean de la haute-ville". 
(Actes ert Ofdl Revisés' du B. C, p. 
484). Cette division était pour les 
élections parlementaires du Bas- 
Canada. 

Il y avait! six quartiers pour la 
ville : St-Louis, St-Pierre, St-Jean, 
St-Roch, du Palais et de Cham- 
plain". 

Par les statuts I. Guillaume IV, 
ch. 52, les quartiers de la ville fu- 
rent changés : quartiers St-Louis, 
SthJean, St-Laurent, du Palais et 
du Séminaire, étaient tous renfer- 
més à la Haute- Ville, et les quar- 
tiers St-Roch, St-Charles et For- 

2 



18 



chester la Basse- Ville. Les quar- 
tiers Ste-Genviève et DesCamères, 
les faubourgs St- Louis et S t- Jean. 
Les limites de la ville sont un peu 
changées dlepuis quelques années. 
St-SauveuT eti une partie dte St- 
Alaîo, font partie de la ville depuis 
1890, et une rangée de maisons sur 
la rue Bédîard, oui appartenaient à 
Niotre-Dame des Angles, sont an- 
nexées à la ville en 1893. Le Parc 
Victoria, de l'autre côté de la riviè- 
re St-Charles, en 1896, et en 1901, 



l'es Plaines d"Abrakam et March- 
inont, qui est de la paroisse de Sil- 
lery. Les . quartiers de la ville au- 
jourd'hui s'ont au nombre de dix. 
représentés par trois échevins dans 
chaque quartier. Les quartiers sont 
comme suit : St-Louis, St-Jean,St- 
Roch, du Palais, St-Pierre, Cham- 
plain, Montcalm, Jacques-Cartier, 
St-Sauveur et St-Valier, représen- 
tés) par l'honorabta.M. Parent, mad- 
ré et premier ministre de la provin- 
ce. 




RESIDENCE DE CHA.MPLAIN 



19 



LES RUES DE QUEBEC 



Rir James M. LeMoine a fait 
l'historique des rues de Québec en 
1872, mais il ne nous parle pas des 
Allées et routes de Québec oui ont 
été faites avant de prendre un autre 
nom. 

La Grande-Allée Saint-Louis a 
dû être fréquentée avant 1G19 par 
les sauvages. Les Pères Récollets 
l'adoptèrent pour aller à leur cou- 
vent de No f 're-Dame des Anges, sur 
le bord de la rivière Saint-Charles. 
On fit d'autres aillées pour descendre 
à Saint-Roch. La rue du Coteau 
Ste-Geneviève est mentionnée comme 
route et comme borne du fief Saint- 
François, accordé à Jean Bourdon, 
le 16 mars 1646. L'allée CWre-Fon- 
taine, Deligny et Côte de la Né- 
gresse est donnée comme borne au 
fief accordé à Messirei Jean Lesueur, 
de Saintl-Sauveur, le 10 mars 1646. 
Liai Grandet- Allée est donnée comme 
borne en 1639 à Jean Bourdon, pour 
son fief Saint-Jean, ainsi qu'à celui 
de M. Lesueur. 

Dans les Rapports du Conseil 
Souverain, vol. 1. p. 711, l'allée Ta- 
lon est mentionnée comme étant près 
de l'Ecole Normaife actuelle, puis la 
Côte Sauvageau, puisi la place qu'oc- 
cupait l'ancienne corderie de Rees 
(1), au milieu des cours die la rue 
Sauvageau et de l'a rue Signai' en 
ligne droite au manoir Talon, baron 
& Or san ville, sur le Parc Victoria, 
actuel. 

Le révérend Père Chrétien 
Leelercq, dans l'Etablissement 
de la foi en la Nouvelle- 
Fran<^- mentionne qu'on avait fait 
plusieurs belles allées sur le fief de 
Notre-Dame des Anges, en 1619 et 



(1) Qui fut détruite par le feu du 14 
octobre 1866. Cette corderie partait de 
la rue Arago et se continuait jusqu'à la 
rue Deniers. 



en 1620. La rue SaintrOurs et la rue 
Caron doivent remonter à ce temps. 

La rue du vieux Pont doit remon- 
ter à 1627. Les Pères Jésuites ont dû 
faire ouvrir une allée à cette place 
pour voyager à leur Séminaire, au 
nord de la rivière Saint-Charles, et 
die là passer par la côte de la Né- 
gresse ou la côte Ste-Geneviève à la 
Grandie- Alliée. Car alors, la -rue 
Saint-Jean n'était pas encore ou- 
verte ; elle ne le fut qu'en 1667. 

La rue du vieux Pont ou Dor, 1 - 
chester, fut verbalisée en route pu- 
blique en 1744, sur le bord! d'un 
grand fossé de ligne» que les Pères 
Jésuites avaient fait faire. Cette 
route était pour la commodité des* 
habitants de Charlesbourg et de lia 
Côte Beaupré. 

Afin de se mieux renseigner sur 
l'ouverture de la rue Saint-Jean, je 
reproduirai ici le procès-verbal tel 
qu'approuvé par le Conseil Souve- 
rain, en juin 1667. Il nous montrera 
la maison d'Abraham Martin, lia 
Fontaine de Manceau, la maison 
S t- Jean, les Jardins des Jésuites et 
des Ursurines, etc., etc. 

Grandi chemin des Costes Ste- 

Geneuieue et de St-Michel en 

cette ville de Québec, 

Veu par le Conseil Souuerain la 
Requeste de Nicolas Gaudry, Jean 
Jobin, Pierrei Manie, Pierre Duval, 
Louis Sed'iïllot, Noël Morin, Noël 
Pinguet et) autre habitans de la 
Coete Ste-Geneuieue et Route' St- 
Michel. L'arrest intervenu sur icelle 
le sixième du présent mois 1 , procès 
verbal faict par le sieur D'amours, 
Conseiller au d'ict Conseil, de la 
dessente par kiy faicte suivant le 
dict arrestl, contenant les lieux par 
Isequels il est le plus expédient de 
faire passer le chemin de charroy à 
aller de cette ville de Québec, le long 



— 20 




ANCIEN HOTEL DE VILLE DE QUEBEC 
Démoli en 1898. 



de la dicteCoste S te- Geneuieue et 
Route St-Michel, comme 'aussi la 
largeur dont il d'oibt estre„ et les. né- 
parationaf -requises et nés cessa ires 
estre faictes pour le rendre chiariable, 
le dict procès verbal en date du 
XlIIIe du présent mois;, ouy le dict 
Procureur général, tout considéré. 
Le Conseil a établi et establict con- 
formément au dict procès verbal, le 
chemin pour afer de cette dicte ville 
es lieux sus dict s, à passer par la rue 
Ste-Anne, entre li'enclosi des Pères 
Jésuites et celuy des Religieuses Ur- 
sulines, pour dèssendre par vn che- 
min dé charoy distant de quinze 
perches ou enuiron, du< coing- de l'en- 
clos des dicts Pères, et suivre vn 
petit Cbsteau, qui demeure sur la 
gauche, piassera dans la cour de l'a 
maisopi ci-devant .appartenante à 
dJefïunct Abraham Martin, et e-era. 
continué d'roict par sur les terres du 
sieur de Repentigny à aller gagner 
le chemin ordinaire qui passe prez 



vne fontaine seize sut liai terre des 
Religieuses hospitalières, pour aller 
par devant la maison dicte S t- Jean, 
et de là sur la main gauche de lia 
maison de la vefue et héritiers de 
defîunct Jean Gloria, pour continuer 
par où il a d'ordinaire passé sur la 
ruisseau de St-François, et passer 
par vu nouveau chemin encommence 
par le dict Gaudry et par Jacques 
Gaudry, et estre poursvivi droict 
pour rendre dans l'ancien chemin, 
environ à dieux airpens, après avoir 
passé un petit ruisseau, sur' la terre 
de defïunct Antoine Marette ; et 
pour estre continué jusqu'au bout de 
la dicte route StrMichel. Le dict 
Conseil a commis le. dict Procureur 
général, pour indiquer et fadre mar- 
quer les lieux par lesquels le dict 
chemin doibt passer. Ordonne le 
dict Conseil à chaque habitant par 
les terres duquel le dict chemin est 
présentement estably de le laisser 
de dix huict pieds de large, de raser 



21 — 



ou arracher les souches (lui se tirou- 
ueront au dedans du diet chemin sur 
ta dict largeur, d'abattre les buttes 
nysibles au charoy et d^ieelMes rem- 
plir les fosses et ornière?' et de ren- 
dre en bon estât le« mauuais en- 
droicts qui se rencontrent en queli- 
ques lieux du dfict chemin. Le tout 
chacun sur soy, enjoincf à vn chacun 
des dicts haibitansi de trauailler in- 
çessament à ce nue dessus sur telle 
peine oue die raison, et d'entretenir 
à Pabuenir le dict chemin en bon 
estât. Ce oui leur sera,' signifié à la 
diligence du dict Procureur géné- 
ral par le premier huissier sur ce re- 
quis qu'à ce faire commettons en 
fa iisant relation. 
14 juin 1667. 

CONSEIL SOUVERAIN 

Sixième jour die juin 1667. 

Sur la requeste de Nicolas Gau- 
dry, Jean «Tobin, Pierre Maufe. 
Pierre Duval, Louis Sedillot, Noël 
Ping-uet et autres habitants de l'a 
Coste Sainete Geneviève et Route 
Sainct Michel, tendante à ce que les 



chemins à venir de leurs habitations 
en cette ville soient réparés en 
droictz où ils en ont de besoin qu'au- 
trement il ne leur est pas possible de 
charrier ny aliter et venir en cette 
ville avec leurs charroys comme aus- 
si qu'il soit dict que chaque habitans 
Haissem sur soy dix huict piedls pour 
la largeur du- dict chemin et le clora 
de perches ou autrement des deux 
costez pour empescheT le degast du 
bétail passant par iceluiy, le Con- 
seil a ordonné et ordonne que des- 
sente sera f aicta sur les lieux par le 
sieur 1 Damours, Conseiller, en iceluy 
et par le sieur Bourdon, Procureur 
Général, pour aduiser des lieux par 
lesquels il est le plus expédient die 
faire passer le dict chemin de la lar- 
geur qu'il! doibti avoir et des répara- 
tions nécessaires en iceluy et du 
tout' dresser/ proceiz verba). pour 
iceluy rapporte en ce Conseil estre 
ordonné ce que de raison. 

Tracy, Couroelle, 

Lai on, Frariççois, évoque de Petrée, 
Rouer de ViLeray, Gorribon, 
Legardeur de Tilly, Damours, 

Tesserie. 



LES MAIRES DE QUÉBEC, 



de 1833 a 1894. 



Le premier Hôtel de Ville fut 
inauguré par Ei.zéar Bédard, 1er 
maire de Québec, le 1er mai 1833. 
C'était dans la maison die l'Hôpital 
des pauvres de l'Hôtel-Dieu de Qué- 
bec. Il était situé sur la rue du Pa- 
l'ais et Charlevoix. Il brûla le 29 
juillet 1835. Une jeune fille, sourde- 
muette périt dans cet incendie ; 



elle était âgée die 17 ans. Le 30, les. 
bureaux de la Corporation étaient 
déjà dans Fétablissement que l'ins- 
titut dos sourds-muets avait occupé, 
de 1832 à 1834. Situé sur la me 
St-Louis, vis-à-vis la Grande-Place. 
Cette maison appartenait à M. Das- 
sylva. 



— 22 — 




ELZEAR BEDARD. 



1er mair 



Qui 



1883-1834. 



L'hc-n. Elzéar Bédard. né à Qué- 
bec le 24 juillet 1799, fils de Pierre- 
S'tanislas 
Parrain, 
marraine, 
épouse die 
Québec. 1 
Henriette 
Lempière 



Bédard e+ die Luce Lm'ust. 

rév. M. Antoine Bédard, 
Françoise Cha.uveau. 

Charles P inguet. Marié à 
e 15 mai 1827, à Jv&- 

Marrett, fiHe de James 

Marrett, marchand, et de 




Mme BEDARD (née Marrett) 
Epouse du 1er maire de Québec. 



Henriette Boone. Admis au Barreau 
en 1826 ; nommé premier magistrat 
de, Québec, le 1er mai 1833 ; élu dé- 
puté pour Montmorency en -1834 et 
juge en 1836. Il mourut du choléra, à 
Montréal, le 12 août 1849. Madame 
la maire. : i« q mourut à Montréal Je 
18 mai 1874. 




RENE-EDOUARD CÂROX, 



2me maire de 

1837 el 



Québec, de 1834 à 
1840 à 1846. 



I/lion. M. Caron est né à Ste-An- 
ne de Beaupré, le 11 octobre 1801, 
fils de Augustin Caron et de Eisa- 
beth Lessard ; marié à Québec à 
Mlle Deblois, fille de Joseph De- 
bf.ois et die Vénérande Renvoizé. 
Député pour la haute ville, dte 1834 
à 1838 ; orateur du Conseil légis- 
latif er, 1841 et en 1853. H fut nom- 
mé juge le 27 janvier 1855, et lieu- 
tenant-gouverneur le 17 février 
1«7? 77 r-runH- n S-euc^-Wood, le 

13 décembre 1876. Il était le père de 

sir Adolphe Caron. 



23 




GEORGE-OKILL STITART, 

3e maire de Québec, d!e 1846 à 1850. 

Né à Toronto Ile 12 octobre 1807, 
fils dm révérend Okidfl. Smart. Il fit 
son cours légal sous sir James 
Stuart, et fut admis à la pratique 
du droit en 1830, en 1854 il fut fait 
C. R. Il fut élu maire de 1846 à 
1850. Nommé juge de la Cour de 
Vicie Amirauté, le 27 octobre 1873. 
H mourut le 5 mars 18S4. 




NARCISSE FORUNAT BEL- 
LEAIL 

4e maire die Québec, de 1850 à 1853. 



Sir Narcisse est né à Québec le 
20 octobre 1808, fnis de Gabriel Bel- 
leau et de Marie-Kotska ITamel. 
Marié le 15 sejjtembre 1835 à Marie 
Gauvreau, fille de Louis Gauvreau, 
député alors. Il fut reçu avocat en 
1832 ; maire de Québec en 1850 ; 
Orateur du Conseil législatif le 26 
novembre 1857 à 1862. Il fut fait 
chevalier le 21 août 1860, lors de 
la visite d'u prince de Galles. Nom- 
mé sénateur par proclamation de la 
reine Victoria, le 22 mai 1867, nom- 
mé lieutenant-gcuverneur de la pro- 
vince le 1er juillet 1867. Il mourut 
à Québec le 14 septembre 1894. 




JOSEPH ULRIC TESSIER, 

5e maire de Québec, 1853 à 1854. 

L'hoir. M. Tessier est né à Québec, 
le 4 mai 1817, fils de Michel Tessier 
et de Marie-Anne Perreault. Marié 
en 1847 à Adéla Kohy, fille d'Au- 
gustus Kelly et d'Adélaïde Drapeau. 
Admis au Barreau en 1839 ; maire 
de Québec en 1853 ; commissaire 
des Travaux public* en 1862 ; ora- 
teur du Conseil législatif lie 13 
août 1863 ; nomme sénateur par 
proclamation de la reine, le 22 m'ai 
1867, et nommé juge le 8 octobre 
1875. Il mourut à Québec le 7 avril 
1892. Père die Thon. Jules, de M. 



— 24 — 



Auguste, M. PP., et de M.Flric Tes- 
sier, avocats, de madame juge Chau- 
vieau et de madame Dr Verge. 




CHARLES ALLEY3T, 

6e maire de Québec, en 1854. 

L'hon. M. ABeyn est né à Merus- 
Wood, Irlande, en septembre 1817, 
fils du commandant Richard-Israël 
AHeyn. Il fut reçu avocat en 1840 ; 
nommé maire de Québec en 1854, et 
fut remplia ce le 5 septemrbe, la 
même année, par M. Joseph-M. 
Laycraft ; marié, en 1849, à Mille 
DeGaspé, fille du Dr Philippe De 
Giaspé, de Saint- Jean Port- Joli. Fut 
député et ministre du parlement du 
Canada ; shérif, en 1866. Il mourut 
à Quéebc, le 4 avril 1890, le même 
jour que le shérif de Montréal l'ho- 
norable P.rJ.-0. Chauveau. 




DR JOSEPH 1IORRIX, 

7e maire de Québec, de 1855 à 1856 
et de 1857 à 1858. 

Né à Dumfries, en Ecosse, le 19 
octobre 1794. Il fut deux fois maire. 
Il est le fondateur de Fissile de 
Beauport, avec les docteurs Dou- 
g-lasis et Frémont. Il fonda, le collège 
Morrin et accordia deux prix à la 
faculté de médecine de l'Université 
Laval. Il mourut le 29 août 1861, à 
sa résidence sur le chemin Siaint- 
Louis, âgé de 67 ans. 




DR OLIVIER ROBIT AILLE, 

8e maire de Québec, 1856 à 185T. 



25 



Le chevalier Robitaille est né à 
Québec, en 1811,, le 3 septembre. Il 
étudia la médecine chez fe Dr M»r- 
rin, à Québec, et prit ses degrés à 
l'Université Harvard, e,n 1838, et 
s^établïU au faubourg- Saint-Jesn. 
Fait chevalier de l'ordlre de Saint- 
Sylvestre, en 1878. Mort à Québec, 
le 4 novembre 1896, âgé de 85 ans. 




HECTOR LOUIS LANGEVIN 

9e maire de Québec, de 1858 à 1S61 



L'hon. M. Langevin est né à Qué- 
bec, ' le 25 août 1826, fils de Jean 
Langevin et de Sophie Scholastique 
Laforce. Reçu avocat en 1850, puis 
maire de Québec, en 1856. Il était 
maire de Québec lors de la visite du 
prince de Galles, au Canada, en 
1860. Marié en 1854 à Mlle Justine 
Têtu, fille die Charles Têtu. Il fut 
fait, C. B., en 1868, et chevalier 
commandeur (K. C. M. G.,) le 24 
mai 1881. Sir Hector demeure avec 
son gendre l'honorable Thomas 
Chapais, sur lia rue Saint-Louis,. 




M. THOMAS POPE, 

10e maire de Québec, de 1861 à 1863 

Son Honneur le maire Thomas 
Pope est mort, maire de Québec le 
29 juin 1863. à l'âge de 37 ans. Ses 
funérailles se firent le 2 juillet. La 
foule des citoyens qui suivait le- 
corps était considérable ; Ta levée dy 
coïts se fit par M. Fertand, son mé- 
decin spirituel, précédé d un nom- 
breux clergé, M. le Grand Vicaire 
C F Cazeau. M. le Recteur de 1 U- 
niversité, M. l'abbé Alexandre 
Taschereau et plusieurs autres me* 
sieurs du Séminaire. 

Les coins du poêle étaient portes 
r>ar lies honorables jugesi Caron, Tas- 
chereau, ÀUeyn, Cauehon, Tesaer 
et Langevin, anciens maires. Immé- 
diatement après, venaient les frères 
et autres parents, l'a Corporation en 
coïts et les officiers, les membres 
du> ban-eau, les juges des Sessions du. 
Canada, le colonel Irvine, les élèves 
du séminaire, les consuls, etc. M.Au- 
ckir chanta le service et M. Ca- 
sault, de l'Université, le Libéra. Il 
fut inhumé au cimetière Belmont. il 
demeurait au No T. rue St-Denis, 
sur le Oap Diamant.— (Du " Journal 
de Québec », de 1863.) 



26 




A. G. TOURANGEAU 

lie maire de Québec, 1863 à 1866. 

M. Tourangeau est né à Québec, 
le 15 janvier 1831, fils de Jean Guil- 
let dît Tourangeau, notaire ; marié 
à Québec le 2 août 1861 à Victoria 
Adeline Jourdain, fille de Augustin 
Jourdain, bibliothécaire du Con- 
seil législatif. Admis au notariat le 
5 novembre 1855 : maître de poste 
à Québec, ^e 5 juillet 1883. Il mou- 
rut le 8 octobre 1894. 




cembre 1816 ; marié en 1844 à Ju- 
lie Lemieux, fille de Charles Le- 
mieux, qui mourut en 1864. Il se ma- 
ri i uue seconde fois à Mlle Nolan. 
Admis au Barreau en 1843 ; fonda 
le " Journal de Québec ", en 1842, 
avec son beau-frère M. Augustin 
Côté. Il a représenté le comté de 
Montmorency plusieurs années. Il 
fut ministre ex président du Sénat 
du 5 Novembre 1867 au 6 juin 1872. 
Il fut nommé lieutenant gouver- 
neur de la province de Manitoba le 
2 décembre 1877. Il mourut à Whi- 
te-Wood, Territoire du Nord-Ouest, 
le 23 février 1885, et fut inhumé 
par Mer Taché dans la cathédrale 
de St-Boniface. 



JOSEPH CAUCHON 

12e maire de Québec, 1866 à 1868. 

L'honcrabiG M. Cauchon, est né 
à Saint-Roch cUj Québec le 10 de- 




JOHN LEMESURIER 
13e maire de Québec, 1868 à 1869. 

M. Lemesurier était natif du 
comté de Gaspé. I] en it une mai- 
son de commerce sur la rue Saint- 
Paul qui est continuée par ses fils. 
Sa mère était canadienne françai- 
se et catholique. M. Lemesurier 
mourut à St-Roch le 21 juin 1891. 



27 




WILLIAM M. HOSSACK 
14e maire de Québec, 1869 à 1871. 

M. Hossack est né à la Basse- 
Ville de Québec, en 1816. Il fonda 
■en 1843 une maison de commerce 
à la Haute- Ville qui existe encore. 
Il s'est retiré du commerce en 1861. 
Il est mort à Mont Plaisant, près 
de Québec, le 14 janvier 1896, âgé 
•de 80 ans. 




PIERRE GAR^EAU 

15e maire de Québec, 1871 à 1874. 



L'honorablie M. Gémeau est 1 né au 
Cap- Santé le 8 mai 1823. Il se lan- 
ça de bonne heure dans le commer- 
ce, et aujourd'hui il est à la tête 
de plusieurs grandes entreprises. Il 
a été député du comté de Québec et 
ministre du gouvernement de Qué- 
bec. Aujourd'hui il ■ost membre du 
Conseil Législatif. H demeure sur 
la rue Haldimand. 




/ ^ 



OWEN" MITRPHY 

16e maire de Québec, 1874 à 1878. 

]STé à Stoneham le 2 décembre 
1829. Il a représenté Québec-Ouest 
à la Législature, en 1886. Il était 
marié à Mlle Elisabeth, fille de Ja- 
mes Longhry, en 1857, et il mourut 
le 4 octobre 1895. 




ROBERT CHAMBERS 

17e maire de Québec, 1878 à 1880. 



28 



M Chambers est né à Hull, en 
1834. Il était avocat et pratiquait à 
Québec dlepuda plusieurs années. Il 
mourut le 1er janvier 1886. 




J. D. BROUSSEAU 

18e maire de Québec, 1880 à 1882. 

M. Brousseau est né à Québec en 
1829, fils de J. B. Brousseau et de 
Nathalie Doré, de St-Augustin. 
Marié à Marie -Martine Downes, 
fille de B. Downe.s, grand connéta- 
ble de Québec. Il a été le fondateur 
du " Courrier du Canada. ", en 
1857. Il fut député pour le comté 
de Portneuf de 1861 à 1872, et de 
1881 à 1886. Il demeure à Québec 
sur la rue St-Louis. 




L'hon. M. Langelier est né à Ste- 
Rosalie, comté de Bagot, le 24 dé- 
cembre 183S, fils de Louis-Sébastien 
Langelier et de Julie-Esther Ca- 
sault. Admis au Barrean en octobre 
1861. En 1863, professeur à l'Uni- 
versité Laval. Marié à St-Roch le 
2 février 1S64, à MHe Marie Sara 
Sophie Lôgaré', fille de feu Ignace 
Légaré et de Julie Bigaouette. Ce 
^"'"'«■n'e fut ce'ébré r>ar M. l'abbé 
Adblnhe Lég-aré, assisté de MM. 
Cyrille et Victor Legaré, tous trois 
frères de la mariée. Madame Lange- 
ïiier mourut le 25 mai 1891. Marié 
en secondes noces le 31 mai 1892, 
à Mlle Marie Braun. fille de M. 
François Braun, M. Langelier a été 
bien éprouvé par la mort de tous ses 
enfants à un âge assez avancé. M. 
Langelier a été député et ministre 
à Québec, et membre, pour la Cham- 
bre des Communes du Canada. 12 
reçut sa nomination de juge le 22 
janvier 1898. H demeure à Québec,, 
sur la Grande Allée et sur la Bute 
à Neveu. 



FRANÇOIS LANGELIER, 

19e maire de Québec, 1882 à 1890. 




JUDES JOSEPH TASCHEREAU 
FREMONT, 

20e maire de Québec, 1890-1891. 

M. Frérnont est né à Québec le 
20 décembre 1855, file du chevalier 



29 — 



Charles Frémont, M. D., et de Cé- 
cile Panet. Marié le 1er juin 1881 à 
Alix Beaubien, tille de l'hon. J. 0. 
Beaubien, ex-mjernbre du Conseil 
législatif. Il a été professeur de 
droit civil à l'Université, député 
aux Communes, en 1886. M. Fré- 
mont demeure sur la rue des Ram- 
parts. 




mier ministre le 1er octobre 1900. 
Il demeure No 9Ô9, rue St-Valier, 
à S t- Sauveur. 

Quelques-uns des faits remarqua- 
bles durant son administration : le 
macadem des rues à St-Sauveur, en 

1894 ; Tachât du Parc Victoria, en 

1895 ; l'inauguration de l'Hôtel de 
Ville, le 15 septembre 1S96 ; l'inau- 




^râr 



SIMON NAPOLEON PAEENT, 

21e maire de Québec, 1894... 

L'hon. M. Parent, maire actuel 
■die Québec, est né à Beauport le 10 
septembre 1855, fila de M. Simon P. 
Parent et de Luce Bélanger. Marié 
le 17 octobre 1877 à Mile Clara Gen- 
dron, fille de M. Ambroiise Gendron. 
Admis à la pratique du droit le 13 
juillet 1881. Il fut élu pour l'As- 
semblée législative en 1890, maire 
«De Québec le 1er avril 1894 et pre- 



Madame S. N. PAEENT, 
Epouse du maire actuel de Québec. 

guration des tramways électriques 
dans les rues de Québec, le 19 juil- 
let 1897 ; l'inauguration de l'as- 
phalte dans les rues de Québec, en 
1898 ; ouverture de plusieurs rues 
dians la ville, entre autres, la rue 
St-Cyrille, en 1899 ; l'achat de la 
nouvelle Ecole Normale Laval à 
Montpaisant, en 1900, et des Plaines 
d'Abraham, en 1901. 




L'HOTEL DE VILLE ACTUEL, 

Inauguré le 15 sept. 1896 



— 31 — 
LES ÉVÊQUES DE QUÉBEC 




juillet 1687, sacré le 25 janvier 1688,. 
mort à l'Hôpital-Général de Québec,. 
lé 26 décembre 1727, âgé de 74 anS. 



I — MgT François die Laval de 
Montmorency, né à Laval, ville du 
Maine, la 23 mars 1622 ; nommé vi- 
caire apostolique pour la Nouvelle- 
France eti évoque de Pétrée, par le 
Pape Alexandre VII, le 5 juillet 
1657 ; nommé évêque de Québec, par 
Clément X, le 1er octobre 1674 ; 
démis le 24 janvier 1688 ; mort au 
Séminaire le 6 mai 1708, âgé d]a 86 
ans. I 




III — Mgr Louis-François Duples- 
sis de Mornay, capucin, en religion 
Père Séraphin, né à Vannés, en Bre- 
tagne, nommé par Clément XI, eor 
.a'djuteur de Québec, consacré sous 
le titre d' évêque d'Euménie " in par- 
tibus ", le 22 avril 1714, évêque die 
Québec, le 31 mai 1728, démis le 12 
septembre 1733, mort à Paris, le 28 
novembre 1741, âgé de 78 ans. Cet 
évêque n'est point venu au Ca- 
nada. 




II — M^gr Jean-Baptiste de Lacroix 
Chevrières de Saint-VaEier, né à 
Grenoble, en Dauphine, le 14 novem- 
bre 1653, nommé évêque de Qué- 
bec, paT le Pape Innocent XI, le 7 



IV — Mgr Pierre-Henn 
quet 



n Dos- 
né à Lille en Flandres, consa- 



32 — 



cré par le Pape Benoit XIII, évêque 
de Samos in partibus,le 25 décembre 
1725, chargé d!e l'administration du 

diocèse, le 25 mai 1729, nommé co- 
adjuteur de Québec, par Clément 
XII, le 24 juillet 1730, évoque de 
Québec, en 1733, démis le 29 juin 
1739, mort à Paris, le 4 maris 1777, 
âgé de 86 ans. 




V — Mgr François-Louis de Pour- 
roy de FAuberRiviêre, né à Atti- 
gny, en Champagne, nommé par 
Clément XII, évêque de Québec, le 
20 juillet 1739,, sacré en cette qua- 
lité, le 21 décembre d'e la. même an- 
née, mort à Québec, le 20 août 1740, 
âgé de 29 ans. 



Bretagne, nommé à l'évêché de Qué- 
bec par Benoit XIV. le 6 mars 1741, 
consacré le 9 avril de la même an- 
née, mort à Montréal, le 8 juin 
1760, âgé de 51 ans et 5 mois. 




^ 




VII — Mgr Jean-Olivier Briand, 
né à Plérin, en Bretagne, nommé 
évêque de Québec, par Clément 
XIIL île 21 janvier 1766, sacré le 16 
mars de la même année, d'émis le 29 
novembre 1784, mort au séminaire 
de Québec, le 25 juin 1794, âgé de 
79 ans et 5 mois;. 



VI — Mgr Henri-Marie Dubreuill 
de Pontbriand', né à Vannes, en 




VIII—> Mgr Louis-Philippe Ma- 
ri aucheau d'Esiglis, ne à Québec, le 
5 avril 1710, nommé par Clément 
XI V coaidjuteur de Québec sous le 
titille dfévêque de Borylœ in parti- 



— 33 - 



bus, le 22 janvier 1772, sacré le 12 
juillet de la même .année ; évêque de 
Québec, le 29 novembre 1784, mort 
à Saint-Pierre, Ile d'Orléans, le 4 
juin 1788, âgé de 78 ans et 2 mois. 




IX — Mgr Jean-François Hubert 
né à Québec, le 3 février 1739, nom- 
mé par Pie VI coadjuteur de Qué- 
bec et évêque d'Almyre in partions, 
le 14 juin 1785, sacré sous ce titre 
le 29 novembre 1786, évêque die Qué- 
bec le 12 juin 1788, démis 1 le 1er 
septembre 1797. mort à l'Hôpital- 
Général de Québec le 17 octobre 
suivant, âgé de 58 ans et 8 mois. 




Mgr Charles-François Bailly de 
Mes>sein, coadjuteur de Mgr Hubert. 
Ne à Varennes, district de Mont- 
réal, le 4 novembre 1740, nommé par 



le Pape Pie VI, évêque de Oapse in 
partions, le 26 septembre 1788. l£ 
fut sacré sous ce titre, dians la ca- 
thédrale, par Mgr Hubert, le 12 
juillet 1789. Il mourut à l'Hôpital- 
Grénéral de Québec le 20 mai 1794, 
et fut inhumé à la Pointe aux Trem- 
bles, dont il était curé depuis! 16 
ans, âgé de 53 ans. Il ne fut point 
évêque de Québec. 




X. — Mgr Pierre Denaut, né à 
Montréal le 20 juillet 1743, nommé 
par Pie VI coadjuteur de Québec 
et évêque de Canathe in partibus, le 
30 septembre 1794, sacré isious ce ti- 
tre le 29 juin 1795, évêque die Qué- 
bec le 1er septembre 1797, mort à 
Longueuil le 17 janvier 1806, âgé 
de 62 ans et 6 mois. 




XL — Mgr Joseph-Octave Plessis. 
né à Montréal le 3 mars 1763, nom- 

3 



— 34 



mé par Pie VII coadjuteur de Qué- 
bec et évêqu6 de Canathe in parti- 
bus le 26 avrii 1800, isiacré sous ce 
titre le 25 janvier 1801, évêque de 
Québec le 27 janvier 1806, mort à 
l'Hôpital-Général de Québec le 4 
décembre 1825, âgé de 62 ans et 
9 mois. 




XII. — Mgr Bernard-Claude Pa- 
net, né à Québec le 9 janvier 1753, 
nommé par Pie VII coadjuteur de 
Québec et évêque de S aides in par- 
tibus le 12 août 1806. sacré sous ce 
titre le 19 avril 1807, évêque de Qué- 
bec le 12 décembre 1825, mort à 
l'Hôtel-Dieu de Québec le 14 février 
1833, âgé de 80 ans et 1 mois. 




XIII. — Mgr Joseph Signai', né à 
Québec le 8 novembre 1778 nommé 



par le Pape Léon XII coadjuteur 
de Québec et évêque de Fussala, le 
15 décembre 3826 ; sacré sous oe 
titre le 20 mai 1827 ; évêque de 
Québec le 19 février 1833 ; élevé à 
la dignité d'archevêque le 12 juillet 
1844, par le Pape Grégoire XVI. 
Revêtu du Pallium le 24 novembre 
de la même année, mort le 3 octo- 
bre 1850, âgé de 72 ans. 




XIV. — Mgr Pierre-Flavien Tur- 
geon, né à Québec le 12 novembre 
1787, nommé par le Pape Grégoire 
XVI, coadjuteur de Québec et évê- 
que de Sidyme, le 28 février 1834, 
et sacré sous ce titre le 11 juin dé 
la même année ; prit possession du 
siège archiépiscopal de Québec, le 
8 octobre 1850. Il dlécéda à l'arche- 
vêché le 25 août 1867, âgé de 79 
ans et 9 mois. 




XV. — Mgr Charles-François Pail- 
la rgieon, né à l'Ile aux Grues le 26 



35 — 



avril 1798 ; ordonné prêtre le 1er 
juin 1822 ; sacré évêque de Tloa 
le 23 février 1851, dans l'église des 
Lazaristes par le cardina/J Franso 
ni ; administrateur àhi diocèse lie 
11 avril 1855 ; nomnié par Pie IX 
comte romain. Le 28 août 1867, il 
prit possession du siège de Québec, 
et reçut le pailium le 2 février 1868. 
Il décéda le 13 octobre 1870 à Qué- 
bec, é.gê ée 72 ans. 




XVI — Le cardinal Elzéar- Alexandre 
GTaschereau, né à Ste-Marie, Beauce, 



le 17 février 1820 ; préconisé arche- 
vêque de Québec le 24 décembre 
1870, et sacré le 19 mars 1871, créé 
cardinal le 7 juin 1886. Son EmiJ- 
nence mourut à Québec le 12 avril 
1898, âgé de 78 ans. 




XVII. — Mgr Louis-Nazaire Bé- 
gin, archevêque actuel, rué à Lévis, 
le 10 janvier 1840 ; sacré évêque de 
Chicoutimi le 28 octobre 1888 ; 
archevêque de Cyrène et coadjuteur 
de S. Em. le cardinal Taschereau le 
22 décembre 1894, et archevêque de 
Québec le 12 avril 1898. 



— 3(3 — 

LES ÉGLISES ET CHAPELLES DE LA VILLE ET 
DE LA BANLIEUE DE QUÉBEC 

1615 a 1901 




PAUL V. 



La première chapelle de Québec 
fut érigée en 1615, par ie R. P. 
d'Olbeau;, récollet, qui y célébra la 
première messe qui se soit dite à 
Québec, le 25 juin 1615. Cette cha- 
pelle fut détruite en septembre 
1629, lors- de la prise de Québec par 
les frères Kirtk. Voici ce 1 quei dit le 
R. P. Chrétien Lecleroq, dans le 
Chap. IIX, dfu premier établissement 
de la foi dians la Nouvelle France, 
sur cette première église : 

" Les commencements sont tou- 
jours difficiles et d'autant plus, que 
les ouvrages sont grands, ils trou- 
vent aussi des plus fortes opposi- 
tions, mais surtout en matière dfé- 
tabliissement religieux, quand même 
il s'agit die les pousser dans un pays 
commode, où il serait facile de 
trouver toutes tes choses néressal- 
res à ce desein. L'on s^imaginera 



donc aisément les difficultés que 
nos premiers missionnaires die la 
Nouvelle-France ont soutenues 
quand ils se sont établis dans ce nou- 
veau-monde, où il n'y avait que des* 
bois, des forêts, des ronces et des 
épines, où tout était à défricher, où 
même le nécessaire à la vie man- 
quait ordinairement". Mais, enfin, 
animez et fortifiez intérieuT°m'°™ j 
du même esprit qui les y avait ap- 
pelés 1 pour être les pierres fonda- 
mentales du Christianisme, ils sur- 
montèrent avec le secours du ciel 
tous ces obstacles." 




R. P. JEAN D'OLBEAU, récollet 

Le Père Jean d'Olbeau étant ar- 
rivé à Québec y avait désigné de 
concert avec Monsieur de Chain- 



— 37 — 



plain le plan de notre premier éta- 
blissement, d^une petite chapelle, 
et d'une maison, pour mettre à cou- 
vieort les relligieux dans l'endroit 
même où est à présent la Baisser 
Ville. Le tout' fut bientôt en état, 
car il n'eût rien que de fort simple 
et .conforme à la pauvreté évangé- 
lique. 

Le père Denis, supérieur, qui 
n'aviaiit fait que passer par 
Québec, était parti en mênV- 
temps pour lesi Troisi-Rivière® 
avec le père Joseph Le Ca- 
ron, v ayant) laissé au Père Jean 
d'Oibeau la conduite de l'ouvrage, 
lequel étant achevé, et lia chapelle 
en état, il eut l'avantage le 25 juin 
1615, dfy célébrer la première nies- 
m qni ise soit dite à Québec. 

Rien ne manqua pour rendre cet- 
te action solennelle, autant que Ha 
simplicité de cette petite troupe 
d'une colonie naissante le pouvait 
permettre. Le célébrant et les .assis- 
tants tous baignés de larmes par un 
effet de la consolation intérieure 
que Dieu répandait dans leurs âmes 
de voir descendre pour la première 
fois/ le Dieu et Verbe incarné sous 
les espèces du Sacrement dans ces 
terres auparavant inconnues ; s'é- 
tant préparés par la confession, ils 
y reçurent le Sauveur par la com- 
munion eucharistique. Le " Te 
Deum' 7 y fut chanté au son de leur' 
petite artillerie, et parmi les accla- 
mations de joie dont cette solitude 
retentissait de toute part, l'on eût 
dit qu'elle était changée en un pa- 
radis, tous y invoquant le Roi du 
Ciel, bénissant son saint nom, et 
appelant à leur secours les anges 
tutélaires de ces vastes Provinces, 
pour attirer ces peuples plus effica- 
cement à la connaissance et adora- 
tion du vrai Dieu. Voici comme le 
Père d'Olbeau en écrit à un reli- 
gieux de ses amis". 

Cette chapelle était située près 
du fort Champlain, à la Basse- 



Ville de Québec. L'habitation de 
M. de Champlain, dit l'abbé Laver- 
dière, dans la notice biographigra- 
que de M. de Champlain, occupait 
tout le milieu de la pointe de Qué- 
beq, c'est-à-dire, le terrain renfermé 
entre la Place et les rues JNotre- 
Dame, Sous-leEort et Saint^Pierre. 
Impossible de loger une chapelle 
dans r enceinte ; elle contenait dé- 
jà ie magasin, uois curps cie logis 
et quelques petites dépendances, et 
la plus petite bâtisse eut complète- 
ment absorbé tout 1 espace qui ser- 
vant de cour intérieure. Jjucote du 

llCUVC, li. UC il^LwlLgUt/l'UtluC J-ct û-idUr 

gcur ue i-a xiic o c-x" ici re ', en ar- 
rière ii laiiait luib&scr un pacage, 
j^njm, au cote au oaut-auALaieiot, 
il n y avait qu une peute îiùie^e oe 
terre qui venait mourir au pieu ae 
ia cote actue-ue oei ia, jbaaoe- v me ; 
une cnapeiie, placée ue ce cote eut 
obstrue les deienses de la Place 
sans compte ii queue eut eie sérieu- 
sement exposée a nos trop irequen- 
tes tempêtes ae nord-est. 11 n y avait 
donc qu'un seul endroit convena- 
ble : l'anse du Cul-de-Sac, dans le 
voisinage du jardin de Champlain, 
offrait un assez joii fonds, retiré et 
solitaire, comme il convient à la 
maison de Dieu. 

On peut donc confirmer que cette 
première chapelle fut aussi la pre- 
mière église paroissiale de Québec, 
de 1615 à 1629. C'est dans cette cha- 
pelle que l'on y faisait tous les offi- 
ces du dimanche et de la semaine. 

Michel Colin fut inhumé le 24 
mars 1616, avec les cérémonies usi- 
tées en la Sainte Eglise Romaine ; 
il fut le premier qui reçut cette! 
grâce-là dans le pays. (Sagard, p. 
31.) 

Marguerite Vienne, épouse de feu 
Michel Colin, arrivée avec son ma- 
ri en 1616, fut la première personne 
administrée au Canada, le 15 juillet 
1616, par le Père d^Olbeau ; elle 
mourut le 19 juillet 1616. Elle est 



— 38 



aussi la première femme enterrée 
■avec le* cérémonies de l'Eglise. 
(Sagard, p. 31.) 

Au commencement d^ l'année 
1618, le Père Joseph V Caron. pti 
l'absente du "Père d'OlK^nu. bonît 
le mariage d'Etienne Jonquest et 



d^Anne Hébert, fille de Louis Hé- 
bert, premier habitant de Québec. 
Le 29 juillet 1618. le Père Jean 
d'Olbeau fait l'ouverture solennelle 
du premier jubilé universel, célébré 
au Canadiai. Le 25 août 1619, il fait 
l'inhumation du frère Pacifique Du- 




S. FRANÇOIS D'ASSISE. 



— 39 



plessis, premieir récollet mort 
en Canada*, et qui fut enterré 
dians cette chapelle. Le même Père 
baptise, le 24 octobre 1621, Eusta- 
che, fils d'Abraham Martin et de 
Marguerite Langlois. On peut con- 
clure de là, que le Père Jean d'Ol- 
beau, réeollet, a été le premier 
curé de Québec, et que c'est lui qui 
a fait tous les premiers actes. 

Je oroisi que ci'esti la statue d!u 
Père d'Olbeauj que l'on devrait 
placer dans le portique dei la 
tour centrale du Palais Législatif, 
dans la niche réservée au Père: Viel. 
_ Le R. P. Jean d'Olbeau arriva à 
Québec le dieux juin 1615, *avec lie 
Frère Pacifique Duplessis, et se 
concerta avec Champlain pour l'é- 
rection de la chapelle de Québec. 
Nommé commissaire des Missions 
en 1618. Mgr Tanguay dit : " Après 
avoir mené une vie sainte dans ces 
grandes forêts, lie Père* d'Olbeau, 
attaqué de paralysie, par suite de 
ses longs et pénibles Travaux, laissa 
le théâtre de ses missions, en sep- 
tembre 1643. pour retourner en 
France. Le vaisseau qui le portait, 
ayant été pris par trois frégates en- 
nemies, fut livré au pillage ; mais 
dans le même instant, quelqu'un 
laissant tomber du feu dans les 
poudres, une explosion s'en suivit, 
et tous périrent,, vainqueurs et vain- 
cus. L'infortuné Père, dit la "Rela- 
tion", eut ainsi le bonheur de don- 
ner sa vi° dans un si généreux em- 
ploi, et d'avoir passé nar le feu et 
par l'eau pouT entrer dans un repos 
éternel. 

SAINT-FRANCOIS D'ASSISE 

Né à Assise le 26 septembre 1182, 
fils de Pierre Bernadone et de M. 
Pica ; baptisé sous le nom de Jean, 
et fut nommé François par son père, 
parce que sa mère était Française. 
Il fonda le premier ordre francis- 



cain et fit profession le 16 avril 
1209. Il fonda le second ordre le di- 
manche des Rameaux, en 1212. Cet 
ordre est connu sous lie nom. de Cla- 
risses. parce que c'esj^^ainte-Claire 
qui est la fondatrice. 

Le troisième ordre fut fondé en 
1221, pour les personnes vivant dans 
le mond^. 

Saint-François mourut le 4 oc- 
tobre 1226. et fut canonisé nar Gré- 
goire IX, le 16 juillet 1228. 

Tes Francien ins connus sous le 
nom de Récollets, ont été les pre- 
miers missionnaires du Canada. 

SA SAINTETE PAUL V 

Donnant l'ordre aux RR. PP. Re- 
collées en 1614, de passer avec 
Champlain d'ans la Nouvelle- 
France, pot r évangeliser les Sau- 
vages. 

Après la mort de Léon XI, le car- 
dinal Camille Borghèse fut élu pape 
le 16 mai 1605, et prit le nom de 
Paul V. Ii était d ! 'une famille noble 
de Sienne en T os canne. Né à Rome 
le 17 septembre 1552,, il mourut à 
Rome le 18 janvier 1621. 

Le Pape Paul V est le premier 
qui se soit intéressé au Canada. On 
dit qu'il était un admirateur des 
beaux arts et qu'il existe encore à 
Rome plusieurs monuments qui ont 
été faits durant son règne. 



n 



DEUXIEME EGLISE A QUE- 
BEC 

Eglise de Notre-Dame des Anges 
ou l'Hôpital Général de Québec au- 
jourd'hui. Nous lisons dans les mé- 
moires des Récoilets die 1637, pu- 
bliés par P. Margry, ce qui suit à 
propos de cet établissement : 

" Les Récollets n'ont point esté 
au dit pays sans aveu. Le Pape 



— 40 



Paul V, requis par monsieur l'am- 
bassadeur, résidant à Home, Fan 
1618. au nom de Sa Majesté, com- 
manda à son nonce en France, M. 
de Bentivoie, maintenant cardinal, 
de donner la mission en son nom, 
aux Récollets de Paris, ce qui se 
pourra voir. 

" Sa Majesté les y a appelés par 
ses lettres patentes du dit temps, 
adressées à M. de Montmorency, et 
leur a donné permission de bastir 
non-seulement à Québecq, mais où 
ils jugeroient à propos, autant de 
résidences qu'ils voud'roient, et tous 
les ans les gràtifioit de quelque cho- 
se, voyant de bon oeil les Pères qui 
en venoient, entràutres le Père Jo- 
seph le Caron, qui avoit esté son 
auruosnier, estant Dauphin, et de 
son frère, feu M. le duc d'Orléans. 

" Sous/ l'authorité iroyialle et vo- 
lonté du Pape, les Récoilets ont de- 
meuré deux ans en Quanaida, dans 
l'habitation de Québec, et pdus, du- 
rant le quel tempd ils servoient pour 
le spirituel les François, et ont cul- 
tivé vers la rivière Saint-Charles, 
appelée ainsy à raison que M- de 
Ransay, grand vicaire die Pontoyse, 
vouiloit, s ; il n'euiit esté prévenu de 
mort, bastir un séminaire pour les 
sauvages, sous la conduite des Re- 
collée tz en l'honneur de ce sainct» ; 
et par ainsty les terres accordées 
pour ce séminaire aux Récollectz 
ont donné le nom à. la rivière qui 
les arrousfie. terres qui auparavant 
estoient à M. Hébert, qu'il eschan- 
gea, •pniï* sa r-.n-m- r n<~.ir|'tr' > o ^ pitres 
qu" les Réeollectz avoient défrichées 
avec peines et cous' l (S, près de son 
habitation mc=;me. (Où est le Sémi- 
naire aujourd'hui.) B reste encore 
un jardin défriché par eux, entre 
l'habitation et leur couvent, appelé' 
de tous le jardin du Père Denis, 
pr^mior o^mmiesaire. 

T/os Réeollectz ause-v disposè- 
rent, durant le temps qu'ils e-tnient 




LOUIS XIY. 

Né en 1638. Roi en 1643. Mort en 
1715. 

à Quebecq avec les François, un 
neu qui fust jugé de tous, le plus 
propre, des terres pour habiter et 
pour y bastir, et les: ayant défri- 
chées ils y ont construit une mai- 
son, une église et un cimetière, et 
déserté jusques à huit on neuf ar- 
pens à leurs despens, le tout des 
aumosnes données à leur couvent 
de France ._et les ont occupés sans 
contredict. La croix fut plantée par 
eux en orste ^In^e, nnvirrn Fan 1618, 
et se retrouve encore, ce_qui est une 
marque de possession actuelle, ordi- 
naire mesme en France. La premiè- 
re pierre de PesgHse du dict cou- 
vent fust pos'ée par le Père Jean 
d'Olbeau, Réeolfet, l e 3ième jour d'e 
iuing, l'an 1^20, et ce au nom du 
Roy et de M. le prince de Condé, 
lors vice roi ; les armes de France 
et celi'es du dit prince y sont, et la 



41 




LA PETITE RUE CHAMPLAIN. 

X Endroit où était située la chapelle de Québec en 1615. 



— 42 



pierre a son inscription du règne 
de Sa Majesté, avec autres particu- 
larités. Geste église achevée fut bé- 
niste et appelée de Noétre-Dame 
des Anges, qui est la première égli L 
se qui fust jamais en tourte l'Amé- 
que septentrionaibei, et la maison 
estant en esstat de pouvoir recevoir 
les Récolleetz ; ils la furent habiter 
et depuis y officdoient, disoient la 
sainte messe, ce qu'ils continuoient 
aussy, de faire en l'habitation des 
François, (à la basse ville) et spé- 
cialement les dimanches, tout de 
mesme comme on fait es paroisses 
de France, ainsy que porte l'ordre 
de Sa Sainteté". 

La maison conventuelle fut ache- 
vée et fut rendue habitable même 
avant 1 église ; on en trouve une 
description exacte dans une lettre 
d!u Père Denis Jamay, écrite de 
Québec le 15 août 1620, peu après 
son retour de France. 

".A notre arrivée, dit ce Père, 
nous sceumes que le sieur du Pont- 
gravé, captaine pour les marchands 
de l'habitation, avait commencé à 
nous faire bâtir une maison (la- 
quelle depuis notre arrivée nous 
avons fait achever) dont je fus fort 
resjouy tant -pour l'ssiette du lieu 
que de la beauté du bastiment. Le 
corps du logis donc est faict de 
bonne et forte charpente, et entre 
les grosses pièces une muraille de 8 
et 9 pouces jusques à la couvertu- 
re ; sa longueur est de trente-qua- 
tre pieds, sa largeur de vingt-deux; 
il est a double estage : nous divi- 
sons le bas en deux ; de la moitié 
nous en faisons notre chapelle en 
attendant mieux ; de l'autre une 
belle p-f-ande chambre, qui nous ser- 
vira de cuisine et ou logeront nos 
gens ; au second estage nous avon« 
une belle grande chambre puis qua- 
tre mitres petites : dans d^nx des- 
quelles, que nous avons faict faire 
tant soit peu plus gandes que le- 



autres, y a des cheminées pour re- 
tirer les malades a ce qu'ils soient 
seuls : la muraille est faicte de 
bonne pierre, bon sable et meilleure 
chaux que celle qui se faict en 
France, au dessoubs est la cave de 
vingt pieds en carré et sept de pro- 
fondeur. (Lettre du Père Denis ci- 
tée par Sagard, p. 58-59.)" 

L'église fut bénite le 25 mai 
1621, par le Père Jamay. Elle fut 
abandonnée en septembre 1629, lors 
de la prise de Québec par les Kirtk. 
Les récollets ainsi que les Jésuites 
furent obligés de retourner en ÏVan- 
ce, et le Canada se trouva privé de 
prêtres pendant plus de trois ans. 
Les Jésuites revinrent en juillet 
1632, mais les Récollets ne revinrent 
qu'en 1670. 

Après quarante et un ans d'absen- 
ces, le Très Révérend Père Germain 
Alla'rd, commiisisaire général des 
Récollets, qui devint plus tard êvê- 
que de Vences, Te Père Simple Lan- 
don, le Père Hilarion Guenin. le 
Frère Luc Lefrançois, diacre (1) et 

1,1) Le frère Luc Lefrançois était 
excellent peintre, dit le Père Le- 
Olercq. "Il s'occupa de lia décora- 
tion des églises, il fit le grand ta- 
bleau au grand autel de l'église 
de? Franciscains eit celui de la cha- 
pelle. Il enrichit lfégli?e de la pa- 
roisse d'un grand tableau de la 
Sainte Famifte. celle des RR. PP. 
Jésuites, d'un tableau de l' Assomp- 
tion de la Sainte Vierge, et acheva 
celui du maître-autel, qui représen- 
te l'adoration de? roys. Les églises 
de l'Ange-Gardien. du Château- 
Richer à la Côte Beaupré, celle de 
la Sainte Famille dans l'Ile d'Or- 
léans et riTônitlaT fa Québec ont 
été pareillement gratifiées de <=es ou- 
vrages. Le Frère Luc avait fait pro- 
fession le 8 octobre 1645 et mourut 
à J>w* le 17 ™ni 1685. 

" On se mit sans retard à dé' 



— 43 — 




PREMIER COUVENT CONVENTHEL DES RÉCOLLLTS, 
A QUÉBEC, BATI EN 1620 



le Frère Anselme Bardon, lai, arri- 
vèrent à Québec le 18 août 1670, et 
furent reçu© par_JMgr de Laval et 
les KR, PP. Jésuites. Ils venaient 



blayer le terrain, et à préparer les 
matériaux pour les nouvelles cons- 
tructions. Tout étant ainsi disposé, 
la première pierre de l'église fut 
posée le 22 juin 1671, par l'inten- 
dant Talon. Le temple rebâti fut 
en état de recevoir la bénédiction 
en 1673, peu après l'arrivée du nou- 
veau supérieur, le Père Eustache 
Maupassant. " Le R. P. Dablon, su- 
périeur des Jésuites dit LeClercq. 
honora cette cérémonie d'un très 
beau sermon. " 



reprendre possession de leur ancien 
couvent, qui était tout délabré et 
qu'ils furent obligés de reconstruire 
tout en neuf ; l'église et la maison. 
" On laisse à penser, dit le Père 
LeClercq, avec quel sentiment de 
douleur et de zèle, le Père Allard, 
cet autre Nébémias, considéra les 
tristes débris de notre ancienne 
maison. . . On lui marqua tout 1 em- 
placement que les constructions 
avaient occupé autrefois. Il fut 
longtemps "à défibérerr mais enfin il 
résolut de h- tir a^i même endroit, 
à une demi-liene de la ville. Secon- 
dé des charitables secours de mes- 
sieurs le gouverneur et intendant, 
l'on eut, en moins de six semaines, 
élevé un bâtiment en bois qui servit 




DEUXIÈME COUVENT DES RÉCOLLE PS. B m EN 1670 SOUS 
LE VOCABLE DE N.-D. DES ANGES 



— 44 



de chapelle et de. maison ; M. de 
ir etree (jVigr de Lava)-), nous fil 
l'honneur dy cédieorer ua première 
mes-e le jour ^~ xwûne x'ere iSéra- 
phique. St-l 1 rai.çois, quatrième jour 
d'octobre. La croix y fut plantée au 
concours de tout ce qu'il y avait de 
plus considérable à Québec, avec 
les cérémonies ordinaires, au bruit 
du canon et de la mous que ter ie, 
rien n'ayant manqué pour rendre 
cette action des plus soilenne/ les." 

En 1692, cet établissement fut 
vendu à Mgr de Saint-Vallier pour 
y fonder l'Hôpital-Général, tel que 
nous le voyons aujourd'hui. L'égli- 
se de l'Hôpital-Général, et ses dé- 
pendances fuient érigées en cure et 
paroisse le 3 mars 1722, sous le ti- 
tre de Notre-Dame des Anges. 
Mère Sainte-Ursule, religieuse de 
la Congrégation Notre-Dame, pris 
possession de l'Hôpital-Général, le 
30 octobre 1692, et Mgr de Saint- 
Vallier fit venir les pauvres qu'il 
entretenait dans la maison de Pro- 
vidence à Québec. Quelques voitu- 
res portaient les plus infirmes ; les 
autres marchaient en ordre sous la 
conduite de la Soeur Ursule, reli- 
gieuse de la Congrégation Notre- 
Dame, et de madame Denis c^mme 
assistante. Et le 1er avril 1693, les 
Mères de l'Hôte^Dieu du Précieux 
Sang, de Québec, remplacèrent 
Mère Ste-Ursule. Le fief des Hêcd- 
lets où est situé l'Hôpital-Général, 
est borné au nord-est nar la rue 
Caron, à l'ouest -par la rue Col- 
bert ; en ligne droite à la ch*m°"ne 
de Notre-Dame d ! e Lourdes et de b 
rivière Saint-C^arl ?. au coteau 
Ste-Genev ; èvp. Son. étendue est de 
106 amen t s de terres;. 

OARPTEVS TT>tt nOHVFNT D^, 
N.-D. r>E« ANttTCS 

Jamay, E. P. Denis, récollet, 
1615-1617. 

LeCaron, K. P. Joseph, 1617-1618 
et 1625 à 1629. 



DOlbeau, K. P. Jean, 1618-1622. 
Ganeian, ±x. P. UuiUaume, 16^2- 
1625. 

iiiiard, R. P. Germain, 1670. Nom- 
me eveque ûe Vence. 
Dcbarmourae, R. P. Gabriel, 1670- 

1673. 
Maupassant, R. P. Eustache, 1673- 

1675. 
Ozon, R. P. Potentien, 1675-1678. 
Leroux, K. P. Vaientin, 1678-1681. 
Uethune, R. P. Exupère, 1681-1683. 
Leroy, R. P. Henry, 1683-1686. 
Georgenesey, K. P. Séraphin, 1686- 

1689. 
Ladlan, K. P. Adrian, 1689-1693. 
Peirault, K. P. Hyacinthe, 1693- 

1697. 
Denis, R. P. Joseph, 1697-1699. 
Goyer, R. P. Olivier, 1699-1702. 
Denis, R. P. Joseph, 1702-1706. 
Gelasse de Champi, R. P. Mathu- 

rin, 1709-1713. 
German R. P. Joseph-Marie, 1713- 

1717.: 
DeLaulace, R. P. F. Hyacinthe, 

1717-1721. 
Durand, R. P. Justinien, 1729-1733. 
Pain, R. P. Eélix, 1733-1735. 
Imbault, R. P. Maurice, 1735-1740. 
DeGannes de Falaise, R, P. Berna- 

din, 1740-1744. 
Rainville, R. P. Julien, 1744-1-56. 
DeLacorne, R. P. Jean-Louis, 1756- 

Lajus, R. P. Jean-Baptiste, 1761- 

Be^rey, R- P. Félix, 1790-1800. 

1671 " Inscription de ce que 
nous avons mis dta les fondements 
de notre église gravé sur une lame 
de cuivre : 

Die XXII Junii Anno 167L 

Hvjvs Aedis in Honorem Dom. Noe 

Angelorum Gonsecrandae. 

Primum Lapidem posuit. 

Vir Ulvstris DD. Joa Talon. 

Régis Francorum Lud. XIV A se- 

cretior. sam^io'ribus Que. 

Conciîiis, etc. 



45 — 




L'INTENDANT TALON 



1667. " Contrat conventionnel 
pour les RR. PP. Récoîllets touchant 
leur habitation au Canada." 

C'est le texte par devant notaires 
et sur parchemin de la convention 
passée à Paris entre : " Messire 
Claude de Brion, chevalier, Baron 
de Survilîiers, etc., au nom et com- 
me syndic général et apostolique des 
Pères Réeoil'lets, de la province de 
Saint-Denis en France^ assisté en 
la présence et du consentement du 
révérend Père Germain Allard, gar- 
dien des Rée^llets du couvent de 
cette vilHè de Paris, au nom et com- 
me procureur du révérend Père Cas- 
eian Huguyer. provincial' de la dite 
province. Cet des autres révérends 
Pères dont les noms figurent au 
bas de ce document), et de M. Ro- 
main Becquet. notaire gardien otte 
en la ville et pr-pvostf* d^ Québec, 
capitale de la Nouvelle France, y 



demeurant étant ae présent en cet- 
te vnie de Pan., kge rue a« la Har- 
pe au i^ra.s antTCuK, et rtoinaine 
Bouuei, sa lemmè. u>-j »ui autorisée 
à 1 effet i^es présentes, disant les di- 
tes parties qu'il appartient aux dits 
Itévêrends Pères une pièce de terre 
scise près de la ville de Québec au 
lieu dit : " les Récollets", sur par- 
tie db laquelle était ci-devant bâti 
une église et un couvent avec gran- 
ge et autres commodités, desquels 
bâtiments ne reste à présent que 
quelques vestiges et fossés, le tout 
ayant été ruiné faute d ; entretene- 
ment et d'habitation, une autre 
partie de • laquelle, terre contenant 
huit et neuf arpents en hauts bois 
et fridoches, le tout, tenant et joi- 
gnant ensemble. Et d'autant que les 
dits Révérends Pères ne sont point 
présentement en état de ï'aller ré- 
tablir, au dit lieu, les dits Becquet 
et sa femme ont offert aux dits Ré- 
vérends Pères de _ l'habiter sur le 
dit lieu aux conditions qui en sui- 
vent . . . C'est à scavoir que les dits 
Becquets et sa femme ont promis 
de faire déserter et défricher tout 
ce qui reste de la dite terre plantée 
en haut bois et fridoches, et ioelle 
mettre en labour pour y recueillir 
tout grain qu'ils adviseront qui sera 
pour leur profit particulier à la réser- 
ve d*un arpent du plus grand bois et 
propre à bâtir qui sera réservé pour 
l'édifice et construction de l'église : 
plus de faire bâtir sur le dit lieu 
une maison logeable, grange, étable, 
fournil, cour et jardin, le tout faire 
enclore, auquel) lieu ils feront ac- 
tuelle résidence et mettront le tout 
en état le plustot que faire ©e pour- 
ra et entretenir une croix de bois 
de vingt pied^ on r>lus de hauteur, 
au 'ieu ou aparament a été l'église 
tant afin d ; v ^,— ^-r^ r ] a mémoire 
et le nom des Réeol!lets>. que pour 
empêcher le dit lieu d'être profané 
par aucun autre usage temporel. A 



46 



été convenu qu'au cas que Des dits 
Becquet et sa femme, leurs hoirs et 
ayans cause seront tenus de leur 
abandonner et remettre la dite terre 
en remboursant par eux au dit 
Becquet et à sa femme, les deux 
tiers de ^'augmentation qîui aura 
été faite sur la dite • mtc-, tantl pour 
le défrichement que bâtiment, sui- 
vant l'estimation qu'ils en feront 
faire par gens à ce cognoissans. 
dont ils conviendront amiablement 
chacun de leur part ; et pour l'au- 
tre tiers les dite Becquets et sa 
femme le remettent et abandonnent 
aux dits Rëvérendls Pères et parents 
trépasisés telles prières qu'ils advi- 
seront bon estre_ à leur discrétion 
pour le repos de leurs âmes. . . Fait 
et passé au dit couvent des Récol- 
lets établis au fauxbouirg Saint- 
Laurent les Paris, l'an mil six cents 
soixante sept, le unz. jour de mars. 

Au dos est écrit : u Le présent 
contrat! nous ayant esté îu dans la 
troisième séance de nostre cong.g.a. 
on à Paris, nous Pavons authorieée 
et signép auiourd'huy, viinrt deuxiè- 
me *vril mîl six cent soixante et 
sept." 

Signé : r*r. Cassian Huguier, 



Provincial, Fr. Olivier Voysembert. 
Fr. Jean Damascène LeBret, custo- 
de. Fr. Bibuard, Martin,^ deffiniteur. 
Fr. George Morin, deffiniteur. Fr. 
Marcel Desmaretz, deffiniteur. Fr. 
Polycarpe Millet, dlefnniteur. (Sixte 
Le Tac. p. 180.) 

Ce contrat ne prit pas effet. Mon- 
sieur Davauoour, par un acte du 29 
janvier 1662, fit donation à René 
Louis Chartier, Sieur de Lotibinière, 
des terres autrefois appartenantes 
aux Réçolilets. Cette donation est 
motivée, dit Monsieur Davauoour, 
" sur ce qui nous a été présenté et 
dit qu'a faute de travail fait sur îes 
terres autrefois appartenantes aux 
Récollets et abandonné par eux, il y 
a plus de douze à quinze ans. le pays 
ne se neut si souvent deffendre, etc., 
etc ..." Cadastre Abrégé des Sei- 
gneuries 1854,. No 16.) 

" Monsieur de Lotibinière le ren- 
dit aux RR. PP. Récollets, par un 
acte devant Rageot, Notaire, le 23 
octobre 1670. Déclarant qu'il a tou- 
jours eu in+e-n-h'^-n rlo r^-ndre et res- 
tituer aux dits' RR. Pères, leur dite 
terre et possession, lorsqu'ils vien- 

I riraient habiter en ce pays ; u leur 

j fait cession d'icelle." 



47 




Séminaire des Jésuites et leur première résidence à Québec, sur le bord 
de la rivière Saint-Charles, 1627 à 1643 



III 

CHAPELLE DIT SEMINAIRE 
DES JESUITES 

Située au Fort Jacques-Cartier, 
s<ur la Seigneurie de Notre-Dame des 
Anges, au nord de la rivière Saint- 
Chiairles, près dix monument Oa»r- 
tier-Brébeuf et Lalemant. 

Le monument Cartier-Brébeuf, 
érigé sur 'l'emplacement même du 
premier hivernage de Cartier (1535- 
1536) et de la première résidence 
des Jésuites à Québec (1627), au 
confluent des rivières Saint-Charles 
et Lairet. (Oeuvrq du Comité litté- 
raire et historique 'du Cercle Catho- 
lique die Québec, en 1889.) Cette ré- 
sidence des Jésuites était renfermée 
(1635) dans un enclos carra formé 
dte palissades, lequel renfermait deux 
bâtiments, dont l'un servait de ma- 
gasin, dfécurie et de boulangerie ; 



à l'opposé se trouvait la construc- 
tion principale, faite en planches 
unies par de la glaise, et recouverte 
d'une toiture en paille longue ; un 
seul étage, un grenier et une cave, 
ainsi que quatre chiaimbres, dont 
l'une servait de chapelle, l'autre die 
réfectoire et les deux dernières de 
cuisine et de logement pour les ou- 
vriers. Voilà ce qui formait l'en- 
semble de ce rustique bâtiment, dont 
l'ameublement était âe la plus pri- 
mitive simplicité. C'est aussi sur ce 
petit coin à jamais mémorable que 
furent déposés, par l'immortel dé- 
couvreur, les restes de ses vingts 
cinq compagnons, tombés victimes 
du scorbut. 

Les KR. PP. Charles Lalemant, 
Edmond Massé et Jean de Brébeuf, 
S. J., arrivèrent à Québec le 19 
juin 1625. Ils furent les hôtes des 
KécolletS', au couvent Notre-Darn^ 
dès Anges, jusqu'en 1827. L'es Pères 



48 — 




Monument CARTIER- BRE BOEUF 
Inauguré en 1889 



Récollets leur prêtèrent deux chiair- 
pentes de quarante-deux pieds sur 
vingt-quatre, pour leurs nouvelles 
constructions, sur la Seigneurie de 
Notre-Dame des Anges, qui avait 
été concédée le 10 mars 1626, par 
le due de Yantadour, lieutenant-gé- 
néral du Roi, aux Révérends Pères 
Jésuites, " en don irrévocable et 
perpétuel, " sans conditions ni ré- 
serves. 

Les Pères Mas? 6 et Anne de 
Noue. S. «T., ont été les derniers des- 
servants de cette résidence, en 1642 
(Rel. des Jésuites, 1643). Le Père 
Lalemant, après lai reddition du Ca- 
nada à la France, revint à Québec, 




JEAN DE BREBOifiUF, S. J. 



et prit soin,, en 1635, de l'église de 
Notre-Dame de la Recouvrance. Ce 
fut ce père qui commença à Québec 
les premières écoles pour les enfants 
français, et qui assista, M. de Chain- 
plfain à ses> derniers moments. Il re- 
tourna à Paris en 1651 2 et y décéda, 
le 18 novembre 1674, âgé de 87 ans 
(Tanguiay, p. 31). 

Le Père Massé, revenu au piays en 
1633, y travailla encore 13 ans. Il dé- 
céda à la résidence de Saint- Joseph 
de Sillery, le 12 mai 1646, et* y fut 
inhumé. On a érigé un monument 
aur son tombeau. Le Père de Brébeuf 
fut martyrisé par lws Iroquois, le 16 
mars 1649, avec le Père Gabriel La- 
lemant. (M. Ile Dr N. E. Dionne a 
fait l'historique de N.-D. des Anges, 
reproduit 'dans la Revue Canadienne 
de 1890.) 

Le 29 mai 1633. le sieur de Cham- 
plain vint entendre la messe en 
notre petite chapelle, dit le Père 
Lejeune ; nous le retinsmes à dis- 
ner ; de bonne fortune notre sau- 
vage nous avait apporté un petit 
morceau d'ours, nous lui en présen- 
taismes ; en ayant gousté, il se mit 



49 — 



à rire, et me dit : " Si on savait en 
France que nous mangeons des ours, 
on détournerait la face die notre ha- 
leine, et cependant vous voyez com- 
bien ila chair est bonne et deliciarbe. " 

Les Pères et les Frères Jésuites 
qui se trouvaient réunis à la rési- 
dence de Notre-Dame des Anges, le 
28 août 1635, sont les suivants : 

P. Pauil LeJeune, P. Charles L'ai- 
lemant, P. Jean Brébeuf , P. Jean 
Daniel, P. Claude Quantin, P. Anne 
de Noue, P. Edlmond Masse,, ?. An- 
toine Richard!, P. François Mercier, 
P. Charles Turgis, P. Charles du 
Marche, P. Ambroise d"Avost, P. 
Jiaioques Buteux, P. Jean de Quen, 
P. Pieire Pi j art, Frère Gilbert Bu- 
ie\ Frère Pierre 'le Tellier, Frère 
Jean Liégeois, Frèna Pierre Feaute. 
(Eel 1635, p. 23.) 




S. IGNACE DELOYOLA 
Fondateur de la Compagnie de Jésus 



S. IGNACE DE LOYOLA, S. J. 

Saint Ignace naquit en 1491, en 
Espagne ; il était fils, de Dom Ber- 
tram, seigneur d"Ognez et die Loyo- 
la, et de Marine Saez de Baldle. 1 1 :•- 
tituteur de la Compagnie de Jésus. 
Son institut fut confirmé par Paul 
III, le 27 septembre 1510. Il mourut 
le 31 juillet 1556, et il fut canonisé 
le 12 mars 1622, par Grégoire XV. 
Son corps repose d'ans l'église du 
Gésu, à Rome. 




ANNE DENoUE, S.J. 

" Le R. Père Anne de Noue, S. J., 
était fils d'un gentilhomme, dit Mgr 
Tanguay ; seigneur de Vil lers, en' 
Prairie, château et village situés à 
six lieues de la ville de Rheims. 
Dans sa jeunesse, il fut page de la 
cour ; mais, au milieu d'es déliées 
du monde, i] sut conserver son coeur. 



50 



et à l'âge de 30 ans, il entra, dans la 
Compagnie de Jésue. Il arriva à 
Québec le 14 juillet 1626, fit, cette 
même année, la mission des Hu- 
rons, et retourna en France, en 1629. 
Le 5 juillet 1632, de retour à Qué- 
be avec le Përe Paul LeJeune, il se 
mit à l'étude de l'a langue monta- 
gnaise ; mais voyant que sa mé- 
moire ne lui pieirmettait pas d'apr 
prendre les langues, il se voua tout 
entier au service des pauvres sau- 
vages, à Notre-Dame des Anges. Il 
alla passer Ifhiver de 1643 avec le 
Père LeJeune, au foirt Richelieu 
(aujorud ( 'hui Sorel). Le 30 janvier 
1646, étant parti des Trois-Rivières 
pour se rendre à ce/ fort, le Père, 
surpris par lai tempête, s'égara dans 
le9 îles du lac St-Pierre, et ne fut 
retrouvé que le 2 de février suivant, 
à près de quatre lieues au-dessus du 
Richelieu. Un soldat du fort qui, 



avec deux Hurons, c'était mis à sa 
recherche, vit au camp nommé de 
" Massacre ", à une lieue plu& haut 
que le Richelieu, un endroit où ce 
bon Père s'était reposé, et, trois 
lieues plus haut, vis-îl-vis l'île Plate 
et la terre ferme, entre deux petits 
ruisseaux, ils trouvèrent son corps 
congelé sur la terre découverte!, en 
ayant vidé la neige en rond ou en 
cercle ; son chapeau et ses raquettes 
étaient auprès de lui, il était penché 
sur le bord de la neige relevée, il 
avait les yeux ouverts, regardant 
vers le ciel, lieu de sa demeure, et 
les bras en croix sur sia poitrine. 
(Relation 1646, ch. III.) Il fat in- 
humé aux Trois-Rivières, le 7 fé- 
vrier 1646, à l'âge de 63 ans, dont 
il avait passé trentei-trois en reli- 
gion. Il est le deuxième Père Jésuite 
mort au seirvice des missions. "(Mgr 
Tanguay.) 




R. P. LEJEUNE, S.J. 



IV. 

La chapelle rflUo mplain érigée au 
Fort Saint-Louis, à Québec, en 
1632. Elle était située près de la 
chapelle de Notre-Dame de la Recou- 
vrance, suivant l'opinion de plu- 
sieurs hi°toriens. F! 1 ]? fu*" détruite 
lors de l'incendie du 14 juin 1640, 
avec la résidence des Pères Jésuites 
et la chapelle de Notre-Dame de 
Recouvrance. C'est dans cette cha- 
pelle, dit M. l'"M)é Ferland. dans 
]p vohime T p. 273. que le fondateur 
de Qnohpe f" 4 : "Vi^mé en décem- 
bre 1635. 

T p 01 «!^r>t^T>-Vtrp 1808 on a inau- 
guré un monument en l'honneur de 
M. de rhanvnlam Tonda'eur de Qué- 
bec. Il est placé put l'ancien pî+e du 
Fort Raint-Loui'p. près de l'Hôtel 



— 52 — 



Frontenac actuel. Dans une pro- 
chaine étude on donnera plus de 
détails sur la ™wmière chapelle 
Champlain, comprise dans la secon- 
de chapelle, qui fut commencée en 
1640. 



La chapelle érigée dans la mai- 
son de madame veuve Louis Hébert, 
par le R P. Le Jeune, en juillet] 1632! 
C'est dans cette maison que le 
li. P. LeJeune célébra la première 
messe après le retour des Frangais 
à Québec, en 1632. Citons l'abbé 
Beaudet : " La maison de Louis 
Hébert, le premier colon canadien, 
et, avec Champlain, -le premier qui 
ait cultivé les sciences en Canada, 
devait ê re à quelques pas au nord- 
est de Notre-Dame de Becouvrance. 
La Côte Lamontagne faisait, à cette 
époque et jusqu'après 1669, un dé- 
tour beaucoup plus considérable 
que celui qu'elle fait aujourd'hui. 
C'est probablement au coude qu'elle 
faisait à sa jonction avec la rue 
du Fort qu'était placée cette mai- 
son. En 1624, le 20 avril, nous dit 
Charrm^in, 1p p'gnon de la maison, 
qui é ait en pierre, fut emporté par 
un coup de vent violent. On le réta- 
blit ; mais Louis Hébert ne jouit 
pas longtemps de sa demeure, car 
il mourut à' la suite d'un accident. 



Il fut inhumé le 25 janvier 1627 r 
dans le cimeJière des Bêcoliets, à 
JNotre-Damo des Anges-, Il vint à 
Québec en 1617, avec sa famifJLe, et 
est le premier habitant canadien qui 
vécut du fruit de ses champs. C'est 
aujourd'hui le terrain qui s'étend 
de l'extrémité du cap jusqu'à 
l'Hôtel-Dieu et où sont bâtis uine 
partie de la Basilique, l'archevêché 
et, le Séminaire. 

Le B. Père Paul LeJeune, S. J., 
peut être regardé comme le père des 
missions des Jésuites au Canada, 
quoiqu'il n'y soit venu qu'en 1632, 
après la reddition de Québec à la 
France. Il partit de Honfleur avec 
le Père Anne DeNoue, et arriva à 
Québec le 5 juillet 1632. En peu de 
temps, il acquit une si parfaite con- 
naissance de ^a langue montagnaise, 
qu'il put écrire etn sauvage; un caté- 
chisme pour ses néophytes. En 1634, 
il établit. ^ P résidence aux Trois- 
Kivières. C'est lui qui, en 1635, fit 
l'oraison funèbre de M. de Cham- 
plain. Après avoir rempli la charge 
de supérieur îusqu'en 1639. il tra- 
vailla enoore dix ans parmi les sau- 
vaees. Le 30 octobre 1649, il repassa 
en France, où il remplit la charge 
de procureur des missions étrangè- 
res. H mourut en 1661. Le Père Le- 
Jeune a écrit huit vafumes des Re- 
lations de 1632 à 1639. (Mgr Tan- 
guay, p. 32.) 



— 53 




(1) EGLISE DE NOTRE-DAME DE RECOUVRANCE, A QUE ^EC 

Bâtie par M. de Champlain en 1633 



VI. 



Eglise die Notre^Daime o!e Itecou- 
vramce die Québec, construite par M. 

1 Le portique de l'églis* donnait du côté de la rue du Fort. 



die Cnamplain, en 1633. Le Père 
Charles Lalemant en fut 1< pre- 
mier desservant. On coin ença, 
cette menue année, à sonner i Ange- 



54 



lus régulièrement, miastin, midi et 
soir ; ce qui ne s'était pas' fait de- 
puis 1629, à la Baisse- Ville. 

Le Dr Dionne a. fait une jolie 
étude sur la chapeBe de Notre-Dame 
de Recouvrance, qu'il a publiée 
d/ans ]a Kermesse, du mois de mars 
1893, et elle a sa place ici. 



NOTEE-DAME DE RECOU- 
VRANCE 

Historique.— 1 633-1 640. 

Dans un mémoire adressé au roi 
die irance, en février 1613, Cham- 
plain exposait tous les avantages 
que la couronne pourrait retirer de 
la NouveLe-Erance, si elle savait 
bien exploiter les ressources natu- 
relles die cet immense pays. Puis il 
ajoutait : 

" Ce que lei sieur de Champlain 
dit d'abondant et entend! de faire 
sous lie bon vouloir de Sa Majesté,, si 
élite a pour agréable de commencer 
à poursuivre la dite entreprise et de 
faire à Québec, lieu de l'habitation 
du Sieur de Champlain, assise sur 
la rivière Saint-Laurent en un en- 
droit d'iceille rivière, qui peut con- 
tenir environ neuf cents à mille pas,, 
une ville de la grandeur presque de 
celle de St-Denis, laquelle ville s'ap- 
pellera, isj'il pillait à Dieu et au roi, 
" Ludovica " dans laquelle ville on, 
fera faire un beau temple au milieu 
dTicellet, dédié au Rédempteur, et 
nommé le Rédempteur, en signe et 
commémoration dui bien qu'il plaira 
à Dieu de faire à ces pauvres peu- 
ples, lesquels n'ont aucune connais- 
sance de son saint nom, de porter 
la volonté dlu roi à les faire venir 
à la connaissance de la sainte foi 
chrétienne et au giron de notre mè- 
re liai sainte église." 




Dr N. E. DIONNE 



Evidemment Champlain voulait 
changer le nom de Québec, d'origi- 
ne sauvage, en celui de " Ludoviea 
ou Louise (villSb) par déférence 
pour Louis XIII^ alors régnant en 
France. Cette substitution eut été 
facile à cette époque ; miaisi elle ne 
se fit pas, probablement à raison du 
peu d'accroissement de la popula- 
tion. 

A partir de 1618 jusqu'en 1632, 
Québec ne fut qu'un bourg misé- 
rable, à peine digne de ce nom, 
modeste pourtant : (/est à peine s'il 
y avait cinq ou six maisons de par- 
ticuliers, à part les couvents elles 
Récollets et desi Jésuites, et l'habita- 
tion de la Basse- Ville. 

Oele-ci servait de résidence com- 
mune aux employés dles compagnies, 



«r 55 



et les rares colons, livrés à leurs 
propres ressources,, avaient seuls 
construit des maisons pour y de- 
meurer avec leurs familles. Il n'y 
avait donc à Québec aucune appa- 
rence de ville, ni en 1618, ni en 
1632. L'apathie des compagnies- mer- 
cantiles qui voulaient tout retirer 
du Canada sans rien lui donner, 
n'aboutit en définitive à d'autre ré- 
sultat que l'abandon de Québec à 
l'initiative privée d'une poignée de 
pauvres gens : c'était vouloir sa 
ruine. 

Se voyant frustré dans ses pro- 
jets die bâtir une ville sur le rocher 
de Québec, Cbaniplam, durant les 
années de misère et de contradic- 
tions 1 qui marquèrent son adminis- 
tration, avait dû mettre de côte l'en- 
gagement qu'il avait pris de placer 
sous liai protection du Louis XIII une 
bourgade aussi ehétive que celle- 
là. 

Le temple qufil avait promis d'é- 
riger sous le vocable du Rédemp- 
teur, n'eut pas un sort plus heureux. 
Comment, en effet, aurait-il pu éle- 
ver une église; avec les moyens dont 
il pouvait disposer, et pourquoi aus- 
si l'eut-il érigée, guiand la chapelle 
d)e la baisse ville suffisait aux besoins 
dès cinquante ou soixante catholi- 
ques qui, durant le même intervalle, 
formaient la population de la colo^ 
nie tout entière,' ? 

Mais, après lia restitution du Ca- 
nada à la France, en 1632, les évé- 
nements prirent une meilleure tour- 
nure, et Champlain, à son retour à 
Québec, l'année suivante, résolut de 
mettre immédiatement à exécution 
le voeu qu'il avait formé de cons- 
truire une chapelle en l'honneur de 
Notre-Dame de Recouvrance, si le 
pays redevenait françiaisi. Ce voeu 
venait fort à-propos, car la r chapelle 
die la basse ville, due aux labeurs du 



Père d'Olbeiau, n'était plus alors 
qu ; un monceau de ruines, suivant la 
remarque du Père LeJeune, qui, eni 
mettant le pied à Québec, en 1632, 
avait dû célébrer lia messie dans la 
maison de lai veuve Hébert. Durant 
Fannée qui suivit;, les habitants se 
virent dans l'obligation de se rendre 
au monastère de Notre-Dame des; 
Anges, situé sur les) bords de la ri- 
vière Lairet. En sia qualité de supé- 
rieur de la mission canadienne, le 
Père Le Jeune y faisait les fonctions/ 
curiales, avec l'aidé du Père Anne 
de Noue. 

Quandi, en 1633, l'église de Notre- 
Dame-de-Reeouvriance fut livrée au 
culte, lies Jésuites durent agran- 
dir lie cercle de leurs missions, et 
l'on put dès lors compter à Qué- 
bec dieux résidences : Notre-Dame 
dfesi Anges et Notre-Dame-de-Reoou- 
vrance. Cette d'ivision était plus 
commode et pour les; Pères et pour 
les habitants. L'acicroissemejnt su- 
bit de la population en 1634 et 1635, 
le zèle ides citoyens à suivre les. 
exercices! religieux, engagèrent 
Champlain à convertir l'humble cha- 
pelle de bois en une petite église. 
H la fit agrandir de moitié ou en- 
viron, et à partir de ce jour les of- 
fices commencèrent à revêtir un ca- 
ractère die solennité inconnu jus- 
qu'JaJlors. Tous lies dimanches, u|n 
Jésuite y célébrait la grand'messe, 
et les chefs de famille y faisaient, 
l'offrande du pain bénit à tour die 
rôle. Un Père expliquait lé caté- 
chisme, l'aprè9-m ! :'.di, après les vêpres. 
Les Français assistaient régulière- 
ment à ces offices ainsi qu'aux ins- 
tructions^ dans le but de se perfec- 
tionner dans la foi et de donner 
le bon exemple à leurs enfants. 

Le Père Lalemant fut le premier 
Jésuite oui résida au pre c bvtère de 
la haute-ville, et c'est lui qui se 



— 56 — 



mit à la tête du mouvement reli- 
gieux. Le Père de Quen lui succé- 
da, et il sut conserver la tradition, 
en donnant aux exercice du culte 
une splendeur vraiment attrayan- 
te ^ : "Je confesse ingénument, écri- 
vait le Père Le Jeune, que mon 
coeur s'attendrit la première fois 
que j'assistai à ce divin service, 
voyant nos Français tous réjouis 
d'entendre chanter hautement et 
publiquement les louanges du grand 
Dieu, au milieu d'un peuple bar- 
bare, voyant de petits enfants par- 
ler le langage chrétien en un autre 
monde. 

^ Tl^me semblait qu'une Eglise bien 
réglée où Dieu e=t servi avec amour 
et respect, avait traversé la mer, où 
que je me trouvais tout d'un coup 
dans notre France, après avoir pas- 
sé quelques années au pays des sau- 
vages. Ce qui nous est commun en 
l'ancienne France, et qui ne touche 
que les âmes les mieux disposées,, 
nous réiouit jusqu'au fond du coeur 
dans nos petites églises bâties de 
bois étranger.'' 

Le voeu de Champ! ain semblait 
accompli, lorsqu'il mourut le 25 dé- 
cembre 1635. Avant que de rendre 
son âme à Dieu, il l%ua par testa- 
ment à la chapelle de Notre-Dam^- 
de^Pecouvr^Tice tout son mobilier 
et trois mille livres placées dans 
tes fonds de la Compagnie de la 
Nouvelle Frnnce, dont il fais*"* 
partie ; neuf cents nv^e® au'il 
avait risouées dans la Compagnie, 
parti or.lière formée au sein de la 
grande Compagnie, et enfin qua- 
tre c^nt® livres oris^s sur sa 
cassette privée (1). C'était toute 



(1) Nous lisons dans le Catalogue des Bien- 
faiteurs de Notre-Dame-de-Recouvrance, dont 
l'original se conserve aux archives du Sémi- 
naire de Québec, que ChamDlain fit d'autres 
petits legs à sa chanelle : "Item un grand 
coffre en bois ; item quelques serviettes: item 
environ deux douzaines de serviettes : item 
un petit coffre garny de peintures qui a été 
vendu 16 livres." 




LOUIS XIII 

Fils d'Renri IV. Né en 1601, roi en 
1610 et mort le 14 mai 1643 



la fortune de notre rjremier 
gouverneur. Ce testament fut con- 
testé et cassé. De sorte que Notre- 
Dame-de-Recouvrace n'hérita que 
d'une somme de neuf cents livres, 
produit de la vente du mobilier, qui 
fut consacré à l'achat d'un osten- 
soir, et d'un calice en vermeil, aveo 
un bassin et des burettes (1). 

!Nbtre-Daime de Recouvrance rece- 
vait entre temps des cadeaux desti- 
nés à son embefJlissement intérieur. 
Dnplessis-Bochart donna deux ta- 
bleaux en cuivtre, représentant la 
Nativité die la Sainte Vierge et la 
Pa^nte Famille. M. de Castillon, 
l'un des membres de la Compagnie 
des Cent- Associés, et alors seisrneur 
de 111e d'Orléans, offrit quatre -pe- 
tits tableaux ou images de saint 



(1) Archives du Séminaire de Québec ; ma- 
nuscrit de 1645. 



— 57 — 



Ignace, de saint François-Xavier, 
de sa^nt Louis de (ionzague et de 
saint Stanislas de Kostka, puis un 
grandi tableau de Notre-Dame. 

L'année qui suivit la mort de 
Champlain, les Jésuites firent la dé- 
dicace de Notre-Dame de Kecou- 
vrance, sous le vocable de Pimma- 
cuJliée Conception, qui fut, dès lors 
la patronne particulière de l'église 
paroissiale de Québec. L'inaugura- 
tion de ce patronage donna lieu à 
des réjouissances publiques. La 
veille die l'Immaculée Conception, 
c'est-à-dire le 7 décembre, l'on ar- 
bora un drapeau sur un. des bastions 
du fort Saint-Louis. La canon fit 
résonner de sa voix puissante les 
échos de la forêt voisine. Le lende- 
main les citoyens de Québec saluè- 
rent l'aurore de ce grand jour de 
fête par db nombreuses salves de 
mousqueterie. et tous se firent un 
devoir de s'approcher de lia Table 
Sainte. 

La dévotion à la Mère de Dieu 
devint bientôt générale dans toute 
la colonie. Aussi les grâces divines 
sernblèrent-eilles plus abondantes et 
la petite société en ressentit les bons 
effets, rendus non équivoques par 
des signes extérieurs qui faisaient 
l'admiration des missonnaires eux- 
mêmes. On vit ici dans une grande 
innocence, écrivait le Père Vimont ; 
la vertu y règne comme dans son 
empire ; les principaux habitants 
de ce nouveau monde, désireux de 
conserver cette bénédiction du cîéï. 
se sont ranerés sous les drapeaux de 
la Sainte Vierge, à ^'honneur die 
laquelle ils entendent tous les sa- 
medis, la sainte messe, fréquentent 
souvent les sacrements* et prêtent 
l'oreille aux discours qu'on leur fait 
des grandeurs de cette princesse. 
Cetife dévotion a banni les inimitiés 
et les froideurs ; «1]i a in+Todhn't de 
bons discours au lieu des paroles 
libres et a fait revivre la «coutume 



de prier Dieu publiquement dans 
les familles, soir eit matin. (1). 

La chapelle que M. de Champlain 
a fait dresser proche du fort, à 
l'honneur de Notre-Dame, écrit île 
Père LeJeane, a donné une belle 
commodité aux Français de fréquen- 
ter- les sacrements de l'Eglise, ce 
qu'ils ont fait aux bonnes fêtes de 
Tannée, et plusieurs tous Les mois, 
avec une grande satisfaction de la 
part de ceux qui les ont assistés spi- 
rituellement. Pendant le saint temps 
du Carême, non seulement (l'absti- 
nence des viandes défendues et le 
jeûne ont été gardés, mais encore 
tel s'est trouvé qui a pris plus de 
trente fois la discipline, dévotion 
bien extraordinaire aux soldats et 
aux artisans. Comme sont ici la pMi- 
part de nos Français, croirait-on 
bien que l'un d'eux, pour protester 
contre les dissolutions qui se font 
ailleurs au temps du carnaval, est 
venu, le mardi gras dernier, pieds 
et tête nus, sur la neige et sur la 
glace depuis Québec jusqu'à notre 
chapelle Notre-Dame des Anges, 
c'est-à-dire une bonne demi-lieue, 
jeûnant le même jour, pour accom- 
plir un voeu qu'il avait fait à No- 
tre Seigneur, et sans avoir d'autres 
témoins que Dieu et nos Pères, qui 
le rencontrèrent. Un autre a promis 
d'employer en oeuvres pieuses la 
d'ix'ème partie de tous les profits 
qu'il pourra faire pendant tout le 
cours de sa vie. 

La sage conduite et la prudence 
de M. de Chamnlain, gouverneur 
de Ouébee, retenant chacun dans 
son devoir, o^it fait que nos paroles 
et nos prpdïcatiors ont été bien re- 
çues... Le fort a uam une acadé- 
mie bien réglée. "M\ de Cham^ain 
faisant faW le^tu^e à sa t°blë le 
matin de ouelrmo bon hîstoreu, et 
le soir d>, la vie dies Saints ; le soir 



(1) Relation de 1640, p. 5. 



— 58 



se fait l'examen de conscience en 
sa chumb.e et les prières ensuite 
qui 60 récitent à genoux. Il fait 
sonner la Salutation Angélique au 
commencement, au milieu, et à la 
fin du jour, suivant la ecutume de 
l'Eglise. En un mot nous avons su- 
jet de nous consoler en voyant un 
chrf si zélé pour la -loire de Notre- 
Seigneur." (1). 

" Notre-Dame-de-Recouvrance ne 
subsista que sept années. Pendan' 
ce court laps de temp'sv, elle 
fut témoin des funérailles de 
son fondateur Dieu voulut 
épargner à Champlain la dou- 
leur de voir détruite par un incen- 
die désastreux un Fa'ifice qu'il avait 
entouré* de tant de sollicitude. La 
premier^ oraison funèbre qui y fut 
prononcée est du P^re Le Jeun * 
et ce fut l'éloge de Champlain." Il 
y avait ample matière^ " d'it ce Re- 
ligieux. Aussi le prédicateur snt-i 
célébrer, dans un langage digne 
d'un homme de sa distinction, les 
louanges du vertueux fondateur de 
Québec. 

" Le premier jouir 1 d'août 1639, la 
petite église de la haute-ville of- 
frait un joli coup d'oeil à son inté- 
rieur. Vers les sept heures du ma- 
tin, la nouvelle circulait dans tou- 
tes les bouche® que des religieuses 
et des religieux allaient bientôt ar- 
river à Ouébec. En effet une heure 
plus tard, l'on pouvait apercevoir 
dn sommet du promontoire une peti- 
te chaloupe s'avançant dans la rade 
et prenant terre sur le rivage d^ la 
basse-ville. La fièïe embarcation 
portait un collège de jésuites;, une 
m^on cfho c pitalières et un cou- 
vent d'ursulines. " Les habitants 
crurent être le jouet d'un songe 
tant cet événement leur parut ex- 
tra ordinaire. Mais en présence; ^ 
l'a réalité, "tous s'écrièrent en choeur, 



(1) Relation de 1634, p. 



dans la chapelle où le» nouveaux 
venus s'étaient empressés de se ren- 
dre : " Te Deum laudamus ". Puis 
le canon retentit de tous côtés, et 
l'on bénit le ciel et la terre. 

" L'Eglise die la Nouvelle-France 
allait prendre un nouvel essor, ton- 
jours sous la sage gouverne de3 hé- 
roïques apôtres de la Compagnie de 
Jésus. Le monastère des Ursuli- 
nes ouvrira bientôt ses portes aux 
petites filtes des Français et des 
sauvages et les salles de l'Hôtel- 
Dieu offriront aux malaides et aux 
infirmes les secours de la médecine 
de l'âme et du corps. 

" Dix mois après l'installation 
des nobles servantes de Dieu, l'église 
de Notre-Dame de Recouvrance 
était rédu r te en cendres par un in- 
cendie qui, en quelques heures, dé- 
truisit lia résidence des Jésuites et 
la petite chapelle de ChampDain. 
C'était le 14 ju : n 1640, le jour de 
l'octave de la Fête-Dieu. La rela- 
tion de cette année-là raconte ainsi 
cette malheureuse catastrophe : 

" On arrêterait plutôt un torrent 
que le cours d'une affliction, quand 
il plaît à Dieu de l'envoyer. Après 
ces pertes^ (deux Français s ? él°i*nt 
noyés peu de temp s auparavant 
dans la rivière Saint- Charles ï. le 
feu se mit en notre maison de Qué- 
bec, qu'il a réduite en poudre, et la 
chapelle de M. le gouverneur, et l'é- 
glise publique : tout a été consumé. 
Cela se fît si soudainement, qu'en 
moins de deux ou trois heures, on 
ne vit de tous ces bâtiments,, 
et de la plupart de tous nos meu- 
bles qu'un peu de cendres et quel- 
ques pans de murailles qui sont 
restés pour publier cette désolation. 
Le vent assez violent, la sécheresse 
extrême, les bois onctueux de sa^in, 
dont ees édifices étaient construits, 
plumèrent un feu si promut^ et sï 
violent, qu'on ne put quasi rien 



59 



sauver, toute la vaisselle erfc les clo- 
ches et ^°lices se fondirent... 

Cet incendie équivalait à un dé- 
sastre. Les registres de la paroisse 
furent consumés, et les Jésuites du- 
rent les reconstituer en ayant re- 
cours aux témoignages des particu- 
liers. Il leur fallut se reporter à 
ri - nf ans en arrière, pour réta- 
blir les actes de sépultures, de bap- 
têmes et de mariages. Otte beso- 
gne devenait d'autant moins ardue, 
que le nombre d'acte3 était assez 



restreint, et que la tradition avait 
pu se garder intacte par les Jésui- 
tes eux-mêmes, dont quelques-uns 
avaient vu tout ce qui s'était fait 
à Quéibec, depuis quinze ans;, et 
aussi ^ar l'intermédiaire de Guil- 
laume Cou illard, de la veuve Hé- 
bert et d'Abraham Martin. Leur ar- 
rivée au Canada remontait aussi 
loin que 1621, année qui coïncidle 
avec l'ouverture des registres pa- 
roissiaux. 



60 




EGLISE SAINT-MICHEL ARCHANGE DE SILLERY 

Bâtie par M. l'abbé Noël Brulard, Commandeur de Silleiy, en 1639 



VII. 

L'église et la deuxième résidence 
des Pères Jésuites à Saint-Joseph 
de Sitlery ; située près du bord die 
l'eau, à un mille au delà de l'église 
Saint-Colomb et à une lieue et de- 
mie de Québec. Cette résidence fut 
construite en 1637, par le chevalier 
Noël Brulart, commandeur de Sil- 
lery, mais/ les Pères Jésuites nV fu- 
rent résider qu'en 1638. M. le com- 
mandeur construisit cette même an- 
née quatre autres locrements pour 
les sauvages, et en 1639 il fit com- 
mencer la construction d'une éerlise 
que l'on dédia à saint Michel. Une 
personne de grand mérite et de pié- 
té, dit la "Relation de 1647, page 



42", ayant fait une aumône pour 
dresser en ces nouvelles contrée» 
une petite chapelle, sous le nom de 
Saint Michel Archange, nous nous 
sommes efforcez de suppléer à ce }ui 
manquait, pour en bâtir une petite 
église dtédiée à Dieu, sous ce glo- 
rieux archange. La croisée fait deux 
chapelles, ou la Sainte Vierge et 
son cher époux saint Joseph sont 
honorés. Ce petit bâtiment, fait tout 
exprès pour les Sauvages, n'a pas à 
la vérité la magnificence de oes 
grands miracles die l'Europe ; mais 
il y a quelques paroissiens, dont la 
^flndenr et ">a bonté sont autant et 
^Ins agréables à T>ieu rme l'or «£ 
l'azur de ces grands édifices. Ces 
bons Néophytes en sont ravis, no- 



62 




MGR DE LA VAL, donna, pour la pre- 
m ère fois, le 6 juin 1661, lu, confir- 
mation aux sauvages de Sillery. 



t animent la famille dont le chef 
porte le nom de ce glorieux arcnan- 
ge, selon les ttlesirs de ceux qui l'ont 
particulirèement secourue, Cette 
église, la résidence et l'hôpital de 
rjdôtel-Uieu qui était à Sidery 
alors, furent détruits par un in- 
cendie le 13 juin 1657, à 2 heures de 
l'après-midi. Journal des Jésuites, 
p. 216. 

Mgr Laval alla donner la CouHrina- 
tion à Sillery Le 6 juin 1661. Les Pè- 
res Jean De Quen, Gabriel Druil- 
lettes et Edmond Massé, furent les 
premiers desservants de cette mis- 
sion. Ce dernier mourut à la rési- 
dence de Sillery, le 12 mai 1646, âgé 
de 72 ans et y fut inhumé. Un mo- 
nument fut érigé sur son tombeau. 
Sir James Lemoine dit dans s^ 
notes de voyage : " Plus près de 'a 
Pointe à Puiseau. est l'anse de Sil- 
lery, où les Jésuites réunirent les 
Aleronauins et les "Montaemais qui 
voulaient se convertir au christia- 
nisme, et formèrent une réduction 
florissante. TV là. les lumières de la 
foi étaient portées par les néonhvtes 
au sein des plus profondes forêts : 



là, venaient s'exercer pour leur» 
missions lointaines les apôtres qui 
3e préparaient à annoncer la bonne 
nouveule au pays des Kurons, au 
bord du Mississipi, ou sur les cotes 
glacées de la Ba^e d'Hudson. De là, 
le P. Uruillettes partait pour aller 
porter quelques paroles de paix, de 
la part des chrétiens <ie Sillery, aux 
Abnaquiois de Kennebecki, et aux 
PurUams de Boston. Près de ce lieu, 
le Frère Liegois était massacre par 
les Iroquois et le P. Poncet fait pri- 
sonnier et emmené par les barbares. 

C'est au soutien de cette réduction 
et à la construction des édifices né- 
cessaires, que M. de Sillery consacra 
des sommes considérables. Une cha- 
pelle, une résidence pour les înis- 
sionnaiies, un hôpital, un fort, des 
maisons pour les néophytes s'élevè- 
rent sur le rivage et formèrent un 
vil.iage sauvage, autour duquel se 
rapprochaient autant qu'on pouvait 
le permettre, quelques habitations 
des Français. La résidence de la 
famille Dauteuil était sur le coteau 
qui s'élève en arrière ; et la véné- 
rable dame de Monoeaux, belle-mère 
du procureur-général Ruette Dau- 
teuil, pour satisfaire à sa piété, 
avait obtenu la permission d'habi- 
ter de temps en temps une petite 
ma 'son qu'elle avait fait construire 
près db la chapelle. 

L'établissement dte Sillery com- 
mença à être abandonné vers les pre- 
mières années du siècle dernier. 
Après la prise du pays, le soin des 
bâtiments fut néerligé et ils com- 
mencèrent à tomber en ruines, mais 
la ma'son des Pères fut conservée ; 
et les ruines des autres édifices sont 
restées assez longtemps debout pour 
ouVn rvui -se p-nr-ore les désigner sû- 
rement;. Plusieurs des anciens habi- 
tants ont vu abattre les mur* de 
l'égMse, qui étaient d'une sol ; dité 
surprenante. J'ai, moi-même, (en 
1835) il y a vingt ans, vu utv» par- 




SAINT-MICHEL- ARCHANGE, titulaire de l'église de Sniciy 



— 64 




M. Francis Parkman, instigateur 
du monument Masué et JSLlery. 

M. Parkman est né à Boston le 
16 .septembre 1823, mort le 11 no- 
vembre 1893. Il est l'auteur de 
plusieurs volumes sur le Canada, 
entre autres les Jésuites dans l'A- 
mérique dlu ^ord. 



tie de ces murailles s'élevant au- 
dessus du sol. Les ruines de l'hô- 
pital et du monastère n'ont été ra- 
sées que depuis une trentaine d'an- 
nées'; en les détruisant, on découvrit 
plusieurs objets, parmi lesquels un 
Ifarde-doigt d'argent, qui avait dû 
appartenir aux bonnes religieuses 
hospitalières." 

De toutes ces ruines, il reste un 
bâtiment assez solide l'ancieruye! 
résidence des Jésuites, avec de noirs 
souterrains pour caves, maintenant 
la demeure mas°iv\ çnn^rrtaKIip r+ 
élégante même de M. Beckett, le 
gérant de la maison anglaise Do- 
befl. 



En août 1868, l'éloquent auteur 
des "Jésuite m North America" 
irancxs Parkman, de Boston, le 
proiesseur P. A. H. Lame, de l'U- 
niversité Laval et moi, nous quit- 
tions Spencer Grange, pour visiter 
1 ancienne demeure des Jésuites, et 
les historiques ruines de l'Anse de 
Sillery. Lebout, tous trois sur les 
décombres à fleur de terre, die l'an- 
cienne église de Saint Michel, nous 
étions loin de nous douter que la 
dépouille mortelle du premier mis- 
sionnaire de ia Nouvelle-France, le 
P. Ennemond Massé, reposait de- 
puis plus de deux siècles à quelques 
pas de nous, sous le choeur de l'égli- 
se même, du côté le l'évangile. Le 
dévoué missionnaire, comme un hé- 
ros chrétien, enseveli, glorieux, sur 
le champ d'honneur même, dormait 
depuis le 12 mai 1646, du long som- 
meil, dans sa ehapeafle élevée sur la 
rive du fleuve die sa patrie adoptive 
et les recherches de nos amis les 
abbés Lavardière etf Casgrain, le 
3 octobre 1869, signalaient, à la vé- 
nération des bons habitants de Siïle- 
ry, la mémoire du saint, tandis que 
de mon côté, je demandais d'inscri- 
re sur le monument du missionnaire 
Massé un autre nom, aussi vénéré 
à Sillery, celui du chevalier rToëî 
"°t -Tort ( de Sillery, le fond'aieur de 
Sille-y. 

Vo'ci ce que disait naguère le 
Tournai de Québec : 

■* Les "hflrVtants de Silfëry ont 
r>ri=; la ré<^lution d'élever un mo- 
nnïïi°nt ouï rapnell'P'fa la mémoire 
dii "R. P. "FVm^rnrvrii^ IVfnss'é, ■p> T ^ rn "or 
rniqcîio-nnnirp du Canada.. ie "Delà 
nrip vn"^ a £t,s fon^tm'te nour re- 
convri^* les ifps+os/ -nré^'eux qu'ori 
v a r'r> Q rnTn^-nt dw^uvorts : 

Les habitants de Sillery ont érigé 
ce monument à l'a mémoire du P. 
Ennemond Massé, S. J., premier 
missionaire du Canada, qui fut 



65 — 



inhumé en 1646, dans l'église Saint 
Michel, en la résidence de S£lery, 
octobre, MDCCCLXIX. 

Sur le côté opposé, se lira cette 
autre inscription : 

L'église de Saint Michel, . 
Qui s'élevait en cet endroit 
Fut bâtie par le commandeur de 
Sillery, fondateur de la résiden- 
ce Saint Joseph. 

La souscription a atteint le chif- 
fre de $500. 

Le monument fut inauguré le 26 
juin 1870. 

L'église et la résidence des Pères 
Jésuites étaient bâtis sur le ter- 
rain de M. François De Ké de 
Gand, Conitmissiaire général au ma- 
gasin de Ouébec. Il avait donné 130 
arpents de terre pour faire une ré- 
duction pour les sauvages. M. de 
Gand mourut à Québec en 1641 et 
fut inhumé dans la chapelle de M. 
de Champlain le 21 mai 1641. On 
chanta un service solennel dans l'êV 
glise de Sillery pour le repos de 
son âme. 

C'est aussi dans cette église que 
l'on distribua le nain bénit pour la 
première fois dans le pays, le 6 jan- 
vier 1657 (Journal des Pères Je 
suites, p. 205). 

La seigneurie de Sillery fut ac- 
cordée aux sauvages par la Compa- 
gnie de la Nouvelle-France, le 13 
mare 1651, sous la tutelle dtas RU 
P^. Jésuite®, et le 23 octobre 1699, 
M. de Callière, gouverneur de la 
Nouvelle -France la transféra aux 
Pères Jésuites en propre. (Titres 
oîe la Seigneurie de Sillery, p. 50.) 

Liste des premiers censitaires de la 
- Seigneurie de Sillery. 

Concession par le ci-devant Or- 
dlre des Jésuites : 




Sir James Lemoine, instigateur 
du monument Massé et Sillery. 

Sir James Lemoine est l'auteur 
de plusieurs volumes sur Québec 
et ses environs!. Il demeure à 
Spencer Grange sur le chemin 
Saint-Louis. 



1652, 16 janvier, 
noster, 40 arpents 



— Nicolas Pater - 
; Mathurin To- 



ret, 40 arpente ; Madame DeL'Isle^ 
60 arpents ; Jean Jobin, 2 arpents 
de front ; Madame Dupont, 60 ar- 
pents. 

1660, 10 octobre. — Etienne de 
Neveu, 3 arpents de front. 

1661, 3 janvier. — Maurice Amyot, 
40 arpents. 

1663, 18 février. — Etienne Sp- 
dillot, 60 arpents ; Adrien Sedrl- 
lot, 60 arpents ; Jean Morin, 60 
arpents. 

1691, 6 mai. — J. B. Pin, 2 ar- 
pents de front. 

1697, 31 juillet. — Charles Sau- 
cier, 120 arpents. 

1697, 9 août. — Pierre Petitclerc, 
80 arpents.. 

1697, 10 septembre. — Pierre Pi- 
lote, 40 arpent s.. 



— 66 




R. P. GABRIEL LALEMANT, S. J. 

Desservant de Sillery, de 1646 à 1648. 

1697, 16 septembre. — N. Bonne- 
homme Dlulaef, 2 arpentst, 2 per- 
ches sur 20. 

1703, 17 décembre. — Guillaume 
DeGuise, 2 arpents die front. 

1705, 25 juillet. — Michel Moreau, 
52 arpents. 

1706, 20 février. — Frs. Poitras, 
120 arpents. 

1706, 19 juillet. — Jean Comeau, 
80 arpents 1 . 

1707, 27 mars.— Joseph Poitras, 
90 arpents. 

1710, 30 avril— Pierre Hamel, 2 
arpents et demi de front. 

1715, 7 septembre. — U. DeLapor- 
te DeSouvigny, 102 arpents. i 

1716, 27 avril.— P. Martin du 
Lino, 200 arpents. 

1717, 17 septembre. — Charles 
Maufait, 36 arpents. 

1717, 17 septembre. — Frs. Bonne- 
homme, 50 arpents. 



1725, 20 juillet.— S. Bernard 
Durbois. 90 arpente 1 . 

1742, 23 mars. — Jacques Drolet- 
te, 24 arpents;. 

1742, 23 mara — André Hamel, 
24 arpents. 

1744, 10 janvier. — Jean Grégoire, 
6 arpents sur un et demi dJe front. 

1744, 11 jianvier. — François Ole»- 
se, 2 arpente sur 1 de front. 

1744, 1er août. — Pierre Foumier, 
80 arpents. 

1764, 28 décembre. — Joseph Bis- 
son, 60 arpents. 

1777, 1er mai. — Héritiers de Jo- 
seph Masse, 194 arpents. 

Je certifie que la Cédule ci- 
dessus est un état correct des 
Concessions faites par le ci-devanit 
Ordre des Jésuites, tiré de copies 
notariés de* contrats de Concession 
dans les Archives die ce bureau. 

(Signé) J. Stewart. 

Bureau des Biens, des Jésuites. 
Québec, 31 mai 1842. 

(Extrait du Rapport des Commis- 
saires die 1843}. 

Rév. Père Guillaume Mathieu, 
arrivé le 5 août 1667, fut employé 
à Sillery de 1670 à 1674. Premier 
desservant à Charlesbourg en 1674 
et plus tard supérieur et procureur 
du Collège des Pères Jésuites à 
Québec. 

Rév. Père Gabriel Lalemant, S. 
J., desservant Sillery, de 1646 à 
1648. Né à Paris le 31 octobre 
1610, entra dans la compaguie de 
Jésus le 24 mars 1630. Neveu des 
pères Charles et Jérôme Lalemaut. 
il voulut comme eux se dévouer 
au service des missions du Canai- 
da. Il arriva à Québete lie 20 sep- 
tembre 1646, et, après avoir passé 
près de deux ans à la résidence dte 
Sillery, il partit, en 1648, pour le 
piays des Hurons, eu six mois 




MONUMENT MA^SÉ ET SILLERY 
Inauguré le 26 juin 1870. 



68 — 




Docteur Hubert Lame, instiga- 
teur du monument Massé et Sil- 
lery. 

Lei Dr Larue était professeur à 
l'Université Laval. Il est mort à 
Québec le 25 septembre 1831, âgé 
de -18 ans et 6 mois. M. Larue est 
l'auteur de plusieurs ouvrages sa 
rattachant au Canada. 



plus tard il devait avec le père die 
Brébeuf, endurer le plus cruel 
martyr. Saisis le 16 mars 1649 par 
les Iroquois,tous deux furent con- 
duits dans la bourgade de Saint- 
Ignace. C'ejst là qu'ils furent mi® 
à mort après avoir supporté avec 
un courage héroïque toutes les 
atrocité© de leurs féroces ennemis. 
Le père Lalemant était un homme 
faible et le plus délicat qu'on eut 



pu voir ; cependant, Dieu, par un 
miracle de sa grâce, a voulu faire 
voir en sa, personne ce que peut un 
instrument, quelque chétif qu'il 
soit, quand il le choisit pour sa 
gloire et pour son service. Ses tour- 
ments durèrent «sans interruption 
jusqu'au lendemain, 17 mars ; un 
coup de hache et un coup d'arquen 
buse qu'un des ennemis lui donna 
par compassion lui arrachèrent la 
vie. Son corps, mutilé et à demi- 
brûlé, fut enseveli le 21 du même 
mous. Une partie de ses ossements 
repose au monastère de lTIôtel- 
Dieu de Québec, ainsi que le crâ- 
ne du père de Brebeuf. (Mgr 
Tanguay, H. G., p. 46.) 



Du " Courrier du Canada " du 
27 juin 1870 : 

" Hier a eu lieu, à 4 heures p. 
m., la bénédiction de l'élégant mo- 
nument élevé par la population de 
Sillery sur l'emplacement de l'an- 
cienne église de Saint-Michel, dé- 
couvert, il y a quelque temps, par 
les abbés Laverdière et Casgrain et 
à l'endroit où ont été trouvés les 
lestes dtu Révérend 1 Père Enne- 
mcnci Massé, S. J. 

Bravant le désagrément d'une 
pluie soignée, plusieurs centaines 
de personnes assistaient à la fête. 
Nous avons remarqué entre autres 
spectateurs distingués, le R. P. 
Point, supérieur de la maison des 
Jésuites à Québec, et le R. P. Cot- 
man, MM. les abbés Laverdière et 
Casgain. T'hon. P. J. O. Chauveau, 
l'hon. M. Priée, etc. 

Avant la cérémonie de la bénédic- 
tion, M. le Grand Vicaire Cazeau 
a fait l'historique de la chapelle de 
Sillery et raconté la vie du Com- 
mandeur de Sillery et celle du 
Père Massé. En terminant son dis- 
cours, M. le Grand' Vicaire a rendu 
hommage au mérite des deux dé- 



69 




I 



K. P. PIERRE POINT, S. J., 

Supérieur de la Maison de Québec, 
en 1870. Décédlê à Montréal, le 
19 septembre 1896, âgé de 95 ans. 



couvreurs des précieuses reliques et 
à la générosité de Monsieur Leme- 
surier, le donateur du terrain sur 
lequel est érigé le monument. 

M. Diobell a pris au nom des 
souscripteurs anglo-protestants, la 
parole après M. le Grand Vicaire. 
Dans un discours plein de beaux 
sentiments^, M. Dobell a énuméré 
les titres du Père Massé à la re- 
connaissance du pays et en parti- 
culier à celle des habitants de Sil- 
lery. 

Après une courte et très heureu- 
se improvisation de l'hon. M. Chau- 
veau, M. le Grand Vicaire revêtit 
le surplis et procéda à la bénédic- 
tion. La cérémonie terminée, la 
foule se dispersa avec un empresse- 
ment qui accusait chez elle un vif 




désir de se mettre 
pluie. 



l'abri dé la 



M. CHS EELIX CAZEAU. 

Vicaire-Général, qui a béni le mo- 
nument. 



Nous allions oublier de mention- 
ner que les environs du monument 
étaient brillamment pavoises et que 
la présence du corps de musique ^ 
9me bataillon n'a pas peu contribué 
à rehausser l'éclat de la fête. 

Le monument rjccupe un très 
beau site et fait un très bel effet. 
C'est une colonne obélisoale en 
pierre de taille, haute de vingt 
pieds et surmontée d'une croix en 
marbre blanc. 

La colonne a sa base sur une 
voûte en brique blanche renfermant 
les ossements du Père Massé. Elle 
est entourée d'une palissade dans 
laquelle on a accès par une élégan- 
te barrière en noyer tendre. A l'in- 
térieur de la r^lissade. des poteaux 
en pierrq reliés entre eux par une 
rloublc chaîne, désigne précisément 
les conVuis de la grande nef et du 
choeur de l'église de Saint-Michel. 



— 70 



^^x 




\^\\\\^Nvr 



R. P. GUILLAUME MATHIEU, 
S. J., 

Peeservant Saint-Michel de SiMery, 
1670-1674. 



La colonne porte sur deux faces 
deux inscriptions françaises dont 
on lit la traduction en anglais sur 
les deux autreisi faces. 

Vo:'ei ce oue nous lisons dans 
"The Canadien Illusrated News" 
du 23 juillet 1870 : 

THE MONUMENT AT SILLERY 

" Most Canadian readers wili 
remember the discovery made so- 
me time ago in the ruins of the old 
church at Sillery, Québec, of the 
romains of the first missionnary to 
Canada, Rev. Ennemond Masse, S. 
J. Over a year ago it was determi- 
ned that a munumient should be 
erected on the spot to perpetuate 
his memory, amd on Monday the 
26th June, this patriotiic intention 
was carried to fruition. Nowiths- 
•tarnding the unpueasant statte of 
the weather, many of the most 



L'HON. P. J. 0. CIIAUVEAU. 

Premier ministre, qui prononça le 
discours de ciconstanoa, en fran- 
çais, à l'inauguration du monu- 
ment du Père Massé. 



promirent citizens of Québec were 
présent, along with a very large 
gathanng of the public. The very 
Rev. vicar General C. F. Cazeau, 
opened the proceedings with an 
éloquent iamd impresisive addresis, 
givng much information as to the 
early struggles of the first Jesuit 
missionaries ! , and especiatty of 
thèse of Father Masse, who was 
the pioiieer of ail, under the patro- 
nage of the pious and! noble Che- 
valier Noël Rruillart de Sii'lery, 
aftetr whom, the place ,where was 
erected the first church in Canadia, 
the church of St. Michel was na- 
med. It was in th-p ruiins of this 
ancient fane that the lemains of 
Père Mas?e were found. and thanks 
to the learned rescarches of the 
Abbes Caisgrain and Laverdière. 
the identification was placed L-'vond 



71 



dispute by historical facts. The cir- 
cumstanoe, so full of patriotic re- 
collectioiusi, inspired the people with 
the noble design of erecting a mo- 
nument ta psrpetuate the memory 
of the first Christian Missionary 
to Canada, anid now a plain but 
élégant structure, about twenty 
feet high, has been erected on the 
very spot where his remains were 
found. Itl is of eut atone, with four 
marbïe tablets surmounted by a 
marble cross. One of the tablets 
bears the followirg inscription : 

" The Inhabitants of Sillery 
Hâve erected this monument 

To the Memory of 

Père Ennemond Masse, S. J., 

First Missionary in Canada, 

Buried in 1646. 

In the Church of Saint Michel 

On the Domain of 

Saint Joseph of SiBery." 

On another table t is inscribed : 

" The Church of St. Michel, 

Which formerly stood on this Spot, 

Was built by 

The Commander of Sillery, 

Founder in 1637 of the 

St-Joseph Domain." 

After the learned and interesting 
adiaress oî the very ±tev. vicar Ue- 
nerai Oazeau, repue te with hi&tori- 
cal faots and patriotic sentiment, 
Mr. Do bedl, wiio résides in tJie 
iLjeighbouinood, and has nobiy se- 
conded the efforts of those engaged 
in getting up the monument, came 
forward anid! delivered anable 
speech, in which he sketched brief- 
ly the life of JS[oel Bruillart de 
Sillery, who was born ini France in 
1577, and after a brillant earear 
entered a religions orner and de- 
voted alï, his vast possessions to 
the church. He was descended. from 
a noble family of Savoy, and as he 



had been marked out as a Cheva- 
lier de Malte, he was sent when 
eighteen years of âge to the island 
to complète his éducation. After an 
absence of twelve years he retur- 
ned to Paris, was admitted to coufrt, 
and soon got into favour. Marie de 
M'ed-icis honoured him with the 
tiWB of Chevalier, and he verved 
as Ambassador a,t the court of 
Spain and afterwards at that of 
Eoîrie. 

" He it is> who is mentioned in 
the inscription as " Commander of 
Sillery." According to McMullen's 
History of Canada, they (the reli- 
gions) origaniised a mission at Sille- 
ry, four miles above Québec (oity)j 
for the conversion of the Indians, 
and where Bruillart de Sillery, once 
the magnificent Ambassador of Ma- 
rie de Medicis, and who sequently 
asisumed the* friiar's cowl, built a 
fortt^ a church, and dwellings for 
the natives." 

It was in this church, eight yeiars 
after ite construction, that the ro- 
mains of Farther Miaisse were depo- 
sited. Bruillart die Sillery died in 
Paris in 1640 having devoted the* 
later part of his life and the wkole 
of hiisi fortune to the cause of reli- 
gions. The trials and the triumphs 
of Fâcher Masse were such as may 
be imagined among the barbarous 
Indlians. His career, even before 1 
he devoted hirnself to the conver- 
sion of the Hurons, seems to hâve' 
been an eventful one ; a succession 
of hardishippj borne with singular 
cheerfulness and Christian forti- 
tudè. 

It was his lot to hâve been cast 
into prison, to hâve been captureid 
by pirates, to hâve been compelled 
to subsistt for two months at ai time 
on accorns and such roots ai?i he 
could gather in the forest such 
were amongs the incidente of hisJ 
life among the Indians at Sillery, 
and! who, 234 years ago, was called 



72 — 



to the rewiafrd of his laboursi. It isi 
honourable to the people of Québec 
that ail clasyes should havei unitedf 
to perpétua te his memory. 

Such monuments inspire the spi- 
rit of patriotism, 'and while re- 
minding us of the brevity of man's 
life, they show us also tbat his good 
deeds not only " fellow him," but 
lîve behind him for the édification 
and émulation of his fellowman. 
Among those who took part in 
the pToceedings wasi the pre- 
mier of the Provinces, Hon. Mr. 
Chauveau. who in an éloquent 
speech alludted, among other thingis;, 
to the Protestants of the Province. 
AU the speakers paid a high tribute 
to the Abbes Laverdière and Cas- 
grain, to whose patient and leaned 
reseiarchej the public was indebted' 
for the dliscovery of Père Maisise' 
romains, and' with whom the idea 
of the monument originated." 

Depuis quelques années 1 , l'hon. 
M. Dobell a fait l'acquisition d'une 
partie die l'Anise de Sillery, sur 1er 
quel est situé le monument et la 
vieille maison des Pères Jésuites 
(1) lesquels sont entretenus par le 
propriétaire avec soin ert orgueil qui 
fait beaucoup d'honneur aux catho- 
liques'. Nous devons, à l'honorable 
M. Dobell beaucoup de gratitude 
pour cette délicate attention. 

L'honorable Richard Reid Dobell 
eist né à Liverpool, Angleterre, le 
27 janvier 1836, fils de Georges 
Dobell. Vint à Québec en 1857, ma- 
rié à Mlle Elizabeth Macpherson, 
fille de sir David Macpherson, de 
Toronto. 

Elu député pour Québec-Ouest 
pux élections frénérales d> 1896. et 
le 13 juillet 1896, il fut i.upelé à 
faire partie du nouveau ministère 




(1) Hr.bités en 1901 par un M. P. 
Murphy. 



L'hon. RICHARD REID DOBELL 

Qui prononça le discours en anglais 
à I inauguration du monument 
du Père Massé et dn Comman- 
deur de Sillery. 

L'Anse de Sillery où est située la 
vieille maison dès Jésuites et le mo- 
nument du Père Massé et du Com- 
mandeur de Sillery. 



de l'honorable M. Laurier. M. Do- 
bell a son manoir princier à quel- 
ques pas du monument du P. Mas- 
sév sous le nom de Beauvoir. 

M. Henri Lemesurier, donateur 
du terrain du monument. 

M. Lemesurier est né à Saint- 
Denis, Rivière Richelieu, le 21 oc- 
tobre 1817. Il est mort à Québec le 
8 janvier 1871. Il était marié à 
Mlle Stewart, fille de l'hon. John 
Stewart. ancien maître de la Mai- 
son de la Trinité de Québec et an- 
cien propriétaire de Marchmont, 



— 73 — 




M. HENRY LEMESURIER. 



dont les Dames Ursulines viennent 
de faire l'acquisition* Il était fils 
de M. Henri Lelrnesuriei^ ancien 
maître de la Maison de la Trinité, 
moirt à Québec le 24 mai 1861 et 
de Julia Guérout, de Saint-Denis. 
Elle était canadienne-française, elle 
est morte à Québec le 19 décembre 
1869, âgée de 76 ans. Mme Leme- 
surier, née Stewart, demeure à To- 
ronto, elle est âgée 'de plus de 80 
ans. 

M. l'abbé Charles Honoré Laver- 
dière, découvreur des restes du R. 
P. Massé. 

M. Laverdière est né a a Château- 
Richer, le 28 octobre 1826, fils de 
Charles Laverdière et de Théotiste 
Caucbon ; ordonné à Québec le 3 
août 1851 ; prêtre du Séminaire de 
Québec, et bibliothécaire de l'Uni- 
versité Laval, décédé le 11 mars 
1873. M. Laverdière s'est beaucoup 
occupé de l'Histoire du Canada, dit 
Mgr Tanguay. " La première oeu- 
vre remarquable qu'il a publiée est 
la nouvelle édition de la Relation 
des Jésuites, terminée en 1858, et 
accompagnée d'une table précieuse. 
Il a ensuite publié le second volu- 
me du cours d'Histoie de M. Fer- 




L'ABBE LAVERDIERE. 

Découvreur dés restes du Pète Massé, 

land et les Oeuvres de Champlain, 
un abrégé d'Histoire du Canada à 
l'usage des maisons d'éducation. 
Outre ces travaux historiques nous 
lui devons encorei un recueil de Can- 
tiques, un chansonnier des Collè- 
ges, les Chants liturgiques à l'usa- 
ge dés églises, etc. 




L'ABBE H. R. CASGRAIN, 

Découvreur des restes du Père Massé. 



— 74 - 



M. l'abbé Henri Eaymond Cas- 
grain, découvreur des 1 restes du K. 
P. Massé, S. J. 

M. Casgrain est né à la Rivière- 
Ouelle. le 16 décembre 1831 ; or- 
donné le 5 octobre 1856 ; docteur 
ès-lettres de l'Université Laval ; 
membre de la Société Koyale du 
Canada, en 1883. Il demeure à 
Québec /chez les Dames du Bon 
Pasteur. 




Madame la duchesse d'Aiguillon, 
Fondatrice. 

VIII. 

La Chapelle de l'Hôtel-Dieu de 
Québec, fondée par la Duchesse 
d'Aiguillon, fut érigée en 1639, 
dans un grandi édifice que la Com- 
pagnie des Oent-Associés avait fait 
construire en 1638. Il était situé en 
face de la Place d'Armes, à l'angle 
des rues du Trésor et Ste-Anne, 
sur le terrain de la Cathédrale An- 
glaise à Ta haute-ville de Québec. 

Les révérendes Mères Marie Gué- 



net de Saintrlgnace, première su- 
périeure, Anne Laoointrei, de Saint- 
Bernard, et Manie Forestier, de 
Saint-Bonaventure, hospitalière© et 
fondatrices de l'Hôtel-Dieu, arrivè- 
rent à Québec le 1er août 1639, en 
même temps que les fondatrices des 
T'rsulineis et du R. P. Vimont, S. 
J., nouveau supérieur des RR. PP. 
Jésuites au Canada. Elles furent 
reçues avec grande réjouissance. 
(Voir pour leur réception l'histori- 
que de ISTotre-Datme de Recouvran- 
ce, p. 53, du présent ouvrage. 

La Compagnie des Cent- Associées 
leur prêta cette maison qui 
était à deux étages et avait plus 
de cent pieds de longueur pour leur 
servir âe logement et oVhôpital. Lee 
Hospitalières ne demeurèrent que 
onze mois dans cette première rési- 
dence. Le presbytène eb l'église de 
Notre-Dame furent détruits par un 
incendie, le 14 juin 1640. et les Re^- 
ligieuses offrirent aux Pères Jésui- 
tes leur chapelle et leur Hôpital 
pour servir d'église paroissiale et 
de résidences aux Pères Jésuites. Il 
fut décidé par Madame la, duchesse 
d'Aiguillon et le P. Vimont de bâ- 
tir le nouveau monastère dans l'an- 
se d'e Silfery, près de l'église Saint- 
Michel. En attendant que leur mai- 
son put les recevoir, elles furent lo- 
gées dans la maison die M. Puiseaux 
située sur la côte dé Sillery, vers 
l'église Saint-Colomb actuelle. 

Ce deuxième couvent était situé 
à un arnent plus à l'ouest de l'égli- 
se de Saint-Michel 1 de Sillery, dans 
une petite anse d'une couple d'ar- 
pents d'e terre ferme, bornée au nord 
par le cap et au sud par la rivière 
Si int- Laurent. 11) était bâti à deux 
étages. 

Elles prirent possession die leur 
nouveau knonastère, le 1er décem- 
1641. Il est bon de faire suivre ici 
quelques extraits de l'intéressante 
étude historique sur les oeuvres des 
Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de 



iO 




1er Hôtel-Dieu de _ Québec, érigé en 1639, sur le terrain de la cathé- 
drale anglicane, vis-à-vis la maison du Dr Vallée. 



Québec, par M. Stanislas Drapeau, 
parue dans la " Lyre d'Or ". 

A peine l'humble bourgade de 
Québec renfermait-elle cent cin- 
quante à deux cents personnes ve- i 
nues de la France, que Dieu inspi- 
rait dans le coeur d'une généreuse 
Dame, la Duchesse d'AiguilLon, 
nièce du Cardinal de Eichelieu, 
l'idée d'arborer en vies contrées l'E- 
tendard de la charité par la fonda- 
tion d'un hôpital pour les Français 
et pour les infortunés sauvages qui 
rnoura>T!t dans 1rs bob, privés' de 
tout secourus. 

Ayant lu en France, l'édifiante 
relation du P. LeJeune pour l'année 
1634, Madame la Duchesse sentit 
naître dans son coeur un besoin 
très pressant rie se livrer à des 
oeuvre^ de ch nT -i + é p+ de bienfaisan- 
ce en faveur de la Nouvelle-France, 
et, san^ plus tarder, elle communi- 
que son pieux dessein à ce très zélé 
religieux alons Supérieur de la 
Compagnie de Jésus à Québec. 



Voici en quels termes elle s'expri- 
mait : 

jjieu m'ayant donné le désir die 
travailler au salut des pauvres sau- 
vages, après avoir lu la Relation 
que vous -en avez faite, il m'a sem- 
blé 'me ce que vous croyez qui puis- 
se le plus servir à leur conversion 
est l'établissement d'es Religieuses 
Hospitalières dans la Nouvelle- 
France, de sorte que je me suis ré- 
solue d'y envoyer cette année six 
ouvriers pour défricher des terres, 
et faire quelque logement pour ces 
bonnes filles. Je vous supplie de 
vouloir prendre soin de cet établis- 
sement. 

Si je puis contribuer en quelque 
autre chose pour le salut de ces 
pauvres gens, pour lesquels vous 
prenez tant de peine, je m'estime- 
rai bienheureuse. (Relation de 1636, 
p. 5.) 

Cette illustre Dame, dont l'arden- 
te charité ne devait se laisser vain- 
cre ni par l'éloignement des lieux 



76 — 




2ème Hôtel-Dieu à Sillery, en 1641. 



ni par les difficultés qui pouvaient 
surgir, affecta des sommes considé- 
rables à I établissement des Hospi- 
talières de Dieppe à Québec, et ob- 
tint de Mgr' l'Archevêque de Kouen 
trois de ces intrépides religieuses, 
lesquelles furent : 

Marie de Saint-Ignace, Supé- 
rieure, âgée de 29 ans. 

Anne de Saint-Bernard, âgée de 
28 ans. 

Marie de Saint-Bonaventure, âgée 
die 22 ans. 

'Ce merveilleux courage de quit- 
ter ainsi patrie, parents, amis, et 
toutes les dbuceuris d'un beau pays ; 
de renoncer à la tranquilité et aux 
agréments qu'elles goûtaient dans 
une communauté bien établie, pour 
venir en ce pays dont le climat est 
des plus rudes, et où l'on manquait 
de tout, fut une action des plus hë- 
ro:que3 ! 

Les préparatifs du départ étant 
terminés, les Hospitalières s'embar- 
quèrent à Dieppe le 4 mai 1639, sur 
îe navire a'mirail de la flotte» le 
a Saint-Joseph ", accompagnées d"° 
plusieurs Pères Jésuites, et de 
Madame de la Peltrie qui venait 
fonder une maison d'TJrsulines à 
Québec. 



Après une traversée aussi longue 
que fâcheuse, elles arrivèrent enfin 
a, Québec le 1er août, sur les huit 
heures du matin, et débarquèrent 
au milieu des acclamations du peu- 
ple assemblé sur le rivage. 

M. de Montmagny, chevalier de 
Malte et gouverneur de la Colonie, 
accompagné des principaux habi- 
tants du pays, conduisit en pro- 
cession et au bruit du canon du 
Fort ces timides Amazones à 1 égli- 
se dé Notre-Dame de la Reoouvran- 
ce. 

Après le chant du " Te Deum " 
offert en actions de grâces- pour leur 
hr-ureuse arrivée sur cette terre 
sauvage qui ne pouvait offrir que 
des épreuves, des fatigues et un 
tombeau, eliles embrassèrent tendre- 
ment leurs dignes compagnes, les 
Ursulmesi, et se séparèrent les unes 
des autres pour aller chacune se 
cloîtrer dans les modestes demeures 
qui leur avaient été préparées. 

Les Hospitalières furent logées 
d'ans une mai-: on près du Fort, eur 
la montagne ou prémontoirei de 
Québec, et les IlrsulineSi, en atten- 
dant qu'on pu; f ' aviser à la construc- 
tion d'un couvent,, allèrent habiter 
quelques appartements de la mai- 



— 77 




M. Jean Lesueur de S t- Sauveur, 

Premier chapelain die PHôtel-Dieu 

de Québec, 1639 à 1650. 



son de Noël Jucheireau, sieur de® 
Chastelets, située sur le bord du 
fleuve. 

Une épidémie qui venait d'écla- 
ter dans la colonie quelque temps 
avant leur arrivée, sévissait surtout 
parmi les sauvages, et allait en aug- 
mentant. La salle destinée aux ma- 
lades devint bientôt trop étroite, et 
il fallut faire dresser d'ans? la cour, 
de grandes cabane© d'écoree qui 
servirent jusqu'à l'automne pour y 
mettre les pauvres malades. 

Comme ce fléau de la picote est 
une maladie fort dégoûtante', et que 
les sauvages étaient sans linge, il 
ffltrriva que le linge apporté de 
France manqua, bientôt ; et les 
Hospitalières furent obligées d'em- 
ployer le leur propre,, jusqu'à leurs 
guimpes et leurs bandeaux, et elles 
furent même dans l'obligation de 



couper une partie des couvertures 
en deux ou trois lisières, pour en? 
fournir par ce moyen à tous les ma- 
lades. 

Depuis leur arrivée jusqu'au 
mois de mai suivant, les Hospita- 
lières reçurent plus de 100 naïa- 
des, dont 24 moururent à l'hôpital, 
après avoir été baptisés, et furent 
ensevelis par ces héroïnes chrétien^- 
nés,, que personne n'osa aider dans 
la crainte de prendre le mal. A yftrt 
cela, elles eurent la charité de sou- 
lager plus de 200 autres sauvages* 
en leur donnant asile pour une ou 
plusieurs journées. Une vingtaine 
d'entre eux reçurent le baptême. 
(Relation de 1640, p. 39.) 

Un incendie ayant consumé dans 
l'après-midi du 14 juin 1640, la ré- 
sidence des Jésuites et la chapelle 
de Notre-Daane de la Recouvra ace, 
les Hospitalières firent l'offre à ces 
bons religieux d'une partie de leur 
maison, qu'ils acceptèrent avec em- 
pressement. Les malades furent mis 
dans les cabanes d'écoree élevées 
dans la cour, et lia chapelle de leur 
monastère fut destinée à desservir 
les habitants du 1 Fort de Québec. 

Afin de donner plus de connuiodi,- 
té aux RR. PP. Jésoiites, eti, aussi, 
pour se conformer au désir déjà ex- 
primé par Madame la duchesse 
d'Aiguillon, les Hospitalières avisè- 
rent aux moyens de transporter 
leur hôpital à Saint- Joseph de Sil- 
lery, au centre d'une petite bour- 
gade d? Algonquins et de Monta*- 
gnais qui se trouvait là tout éta- 
blie. Pour faciliter ce dessein, d'ail- 
leurs*, Madame la duchesse avait 
augmenté la fondation de nouvelles 
sommes, et elle avait fait passer 
d'autres religieuses en Canada pour 
aider les premières dans leur oeu- 
vre de miséricordie. 

Les Hospitalières laissèrent donc- 
la ville à la fin du mois di'iaeût, et, 
en attendant que leur hôpit'al de 



- 78 - 



Sillery fut en état de les loger — 
la première pierre n'ayant été posée 
que le 9 juillet — ils aillèrent demeu- 
rer dians la maison de M. Puiseaux, 
qui était d'ans le voisinage,, à l'en- 
droit qu'on a depuis nommé Anse 
Saint-Michel. Le 1er décembre sui- 
vant, elles en|tirèrenst dlans leur nou- 
velle résidence avec des transports 
de joie facile à comprenlre, quoique 
cette bâtisse ne fut adors que peu 



logeable. Durant l'année 1641, les 
Hopitalières leçurent dans» leur hô- 
pital G8 malades;, dk>nt 4 moururent 
et en outre, un grand nombre de 
seuvages pauvres, nourris par la 
communauté, durant l'hiver. 

En 1642, il y eut environ 300 ma- 
lades et nécessiteux admis, dont 6 
moururent, selon que nous en ren- 
seignent les relations des Jésuites. 

L'année suivante, il y eut envi- 




MEKE CATHERINE DE LONG PRE DE SAINT -AUGUSTIN, 

Morte en odeur de sain teté, le 8 mai 1668. 



— 79 




ECUSSON DE I/HOTEL-DIEU. 



ron 100 sauvages, de toutes nations, 
et 6 Français qui furent secourus. 

Enfin, au printemps de 1644, on 
comptait dans l'Hôpital 35 malades, 
dont 10 moururent, outre 50 autres 
sauvages nourris par charité du- 
rant l'hiver. 

Après ces quatre années de rési- 
dence à Sillery, les Hospitalières 
se trouvèrent tellement exposées, 

Ipar suite des irruptions des Iroquois 
contre les Algonquins, qu'elles fu- 
rent forcément obligées, quoiqu'à 
regret, die revenir à Québec. Elles 
laissèrent Sillery le 29 mai 1644." 
En arrivant à Québec, elles allè- 
rent demeurer à la Basse-Ville, 
dans la première résidence que la 
Vénérable Mère Marie de l'Incar- 
nation avait occupée avec ses com- 
pagnes en 1639,, où est l'hôtel 
Blanchard actuel. Elles y demeurè- 
rent quelques mois, jusqu'au 16 
mars 1646, date die leur entrée dé- 
finitive dans leur nouveau couvent 
à la Haute-Ville, situé sur la côte 
du Palais, Madame Combail'ot, dV 
chesse d'Aiguillon, avait obtenu de 
la Compagnie de la Nouvelle Fran- 
ce, le 1er décembre 1637, 12 arpents 
de terre d'ans la ville, pour y fonder 



son couvent d'Hospitalières, et 30 
arpents dans la banlieue de Qué- 
bec ; et une lieue die front sur le 
bord du Saint-Laurent) et sur dix 
de profondeur à être désigné par 
M. de Montrnagny, gouverneur de 
Québec, Titres et documents, p. 32. 

" Les années qui suivirent offri- 
rent également à PHôpitlal leur con- 
tingent de maladies, et il ne se pas- 
sait point d'anniêes que l'on ne fit 
faire quelques travaux pour rendre 
l'Hôtel-Dieu en état de pouvoir re- 
cevoir les personnes maila'des dont 
le nombre augmentait considéra- 
blement. 

Les grandes fatigues endurées 
nar les religieuses, et surtout par la 
Mère Saint-Ignace, nui étlait d'une 
constitution très délicate, plongea 
la. naissante communauté dams une 
trè* -nroforde affliction. 

Cette religieuse, la première su- 
périeure et l'une des fondatrices, 
atteinte du mal de poitrine et die 
l'asthme, tomba dangereusement 
malade vers la fin du mois d'août 
1646 et mourut le 15 novembre sui- 
vant. 

Comme le pays se peuplait de plus 
en pthis par l'immigration françai- 
se, les Hospitalières crurent devoir 
remplacer leur hôpital en bois, 
construit pièce sur pièce, et qui ne 
mesurait que 14 pieds de largeur, 
par un bâtiment plus solide, et en 
pierre, dont la première pierre fut 
posée le 14 octobre 1654, par M. de 
Lauzon, gouverneur, et en présence 
du clergé et des principaux habi- 
tants du pays. On procéda à la bé- 
nédiction de l'église, le 10 août 
1658 ; et, le 15 du même mois, les 
maladfes y furent transportés en 
même temps que la m.esiSe y fut cé- 
lébrée pour lia première fois. 

Comme le revenu de l'établisse- 
ment ne pouvait plus suffire et 
ou'il y avait diareef pour la com- 
munauté et l'hôpitaT si on n'avi- 



— 80 




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81 — 



sait à d'autres moyens, une requête 
fut faite à Mgr l'évêque de Québec, 
en 1064, pour permettre de faire la 
séparation d)u Bien des pauvres 
d'avec delui de la communauté, afin 
que, se réglant, à l'avenir, sur ce 
que l'on aurait à dépenser pour le 
Monastère et pour l'Hôpital, on put 
me t tre d<s* bornes aux grands frais 
qui se faisaient. Cette sage disposi- 
tion fut agréée de l'évêque, et elle 
n'a pas -ctessé d'exister depuis. On 
ne comptait alors dans Québec que 
soixante-dix maisons, et la com- 
munauté ne renfermait encore que 
treize religieuses. 

Les armoiries de l'ordre des re- 
ligieuses de la Miséricorde de Jé- 
sus se composent d'un écu à fonds 
d'argent au coeur d'azur, entouré 
d'un'e couronne d'olivier, surmon- 
tée du symbole de la Divinité, et 
ayant pour devise : Qui coronat te 
in misericordia. 




Mère Jeanne-Françoise Jucherteau, 

de Saint-Ignace. 
Première supérieure canadienne de 
l'Hôtel-Dieu de Québec. 
Mère Saint-Ignace est née à la 



baisse-ville de Québec, fille de Jean 
Juchereau db la Ferté et de Marie- 
Françoise Gifîard^ baptisée à Qué- 
bec le 7 juillet 1650. EUe fit pro- 
fession le 7 juin 1666 ; supérieure 
de 1683 à 1690 ; 1693 à 1699 ; 
1702 à 1708, et die 1711 à 1717. Elle 
a été la 6e supérieure de la comjmu- 
nautë et la première canadienne ap- 
pelée à cette charge. Mère Saint- 
Ignace a écrit l'histoire de l'Hô tel- 
Dieu de 1639 à 1721. Elle mourut 
le 14 janvier 1723, âgée de 73 .us. 
M. l'abbé IT.-E. Casgrain a, aut*s: 
écrit l'Histoire de l'Hôtel-Dieu U 
Québec en 1878. 

Huit religieuses de la Coiinn'i- 
^mté ont porté le nom de Saint- 
Ignace, nom de la première supé- 
rieure : 

lo. Marie Guenet de S-iint-Igna- 
ce. venue de France en 1639. 

2o. Mère Françoise Gifïard de 
Saint-Ignace, née à Beauport, pre- 
mière religieuse canadienne. Elle 
fit -nTotession I e 10 août 1650. 

3o. Mère Jeanne Françoise Juche- 
chereau de Saint-Ignace, nièce de 
la précédente et première supérieure 
canadienne. 

4o. Mère Marie-Angèle Aubert de 
Gaspé de Saint-Ignace morte Le 22 
novembre 1793, âgée de 80 ans. 

5o. Mère Marguerite Bolduc 
Saint-Tgnace, née à St-Valier. 

6o. Mère Cécile Gosselin 
Saint-Tgnace, née à St-Gervais. 

7o. Mers M.-Virginie Audette 
Saint-Ignace, née à Québec. 

8o. Augustine Simard de St-Igna- 
ce, actuelle, née à la Baie St-Paul. 

L'orme des Hécollets,, abattu en 
1846. (1) 

Voici ce que nous lisons dans le 
" Canadien " du 10 septembre 
1845, à propos de cet orme : — 

L'arbre de Jacques-Cartier. — Di- 
manche dernier, il plult à verse du- 



de 
d* 

de 



(1) Que l'on voit près dtu pre- 
mier HôteT-Dieu, p. 75. 

6 



82 — 



rant presque toute la journée, le 
vent soufflant die Test. Dana l'après- 
midi, il y eut du tonnerre et des 
éclairs, suivis d'un fort vent de 
nord-est, et la pluie continua jus- 
que bien avant dams la nuilt. 

" Pendant ce coup de vent, le se- 
cond oies trois troncs dans lesquels 
se divisait le bel et vénérable orme 
dans l'enclos de la eathédrale angli^. 
cane, appartenant autrefois aux Ré- 
collets, se rompit à l'endiroit db sa 
bifurcation .atvec Je (tronc principal 
à quelqes pieds de terre, et tomba 
heureusement d'ans l'enclos à coté 
de l'église, de manière à ne causer 
aucun accident. Le bois était tout 
pourri. Celui du tronc principal 
qui^ supporte encore le poids du 
troisième, outre le sien et celui de 
leurs _ vastes branehes>, est aussi 
pourn et fendu transversalement 
jusqu'à la moitié ; de sorte que 
pour la sûreté des passants et des 
propriétés voisines, il faudra l'abat- 
tre ou du moins 1 € décharger eonsi- 
utera-blemenjft. 

" On prétend que ce fut sous cet 
arbre que Jacques-Cartier s'établit 
avec ses compagnons db voyage, 
lors le son premier débarquement à 
re&r ^~ya-t-il des 
relations qui en font remonter 
lexisten _d« de deux cenS 

ans et d W b probable que, lors <fe 

Mon ami Jf a p twn.„ u 
§»»d amateur Ja^^tS 

mai 1846 ce qui restait db l'arbre 
fc Recolets fut abattu, de crainte 
de quelque malheur. Uri fragment 

trTavir^^ 3 Piedfe <^ 
teur) avait été déposé à cette ér>o- 

Que dans une desjalles det %%£ 
te Littéraire et Historique de Qué- 
bec, ou il a péri avec le reste du 





MERE CECILE LANDRY DE 
SAINTE-HELENE 

^% à la . Baie d ^s Chaleurs-, fille d< 
Sebastien Landry et soeur de feu 
le Dr Landry, de Québec. Elle fit 
profession le 21 janvier 1828. Elle 
porte bien ses 73 années de vie 
religieuse. 



musée, lors de l'incendie du 1er fé- 
vrier 1854.— J. V. (de LaRoche- 
Héron, p. 146.) 

L'année suivante, en 1665, lors 
du débarquement des troupes du ré- 
giment de Carignan-Sallièresi, il en- 
tra tout d"un coup à l'Hôpital, 200 
malades qui avaient le scorbut. La 
maison était devenue si remplie que 
l'on fut obligé d'en mettre dans l'é- 
glise et au grenier de la commu- 
nauté. M. Talon, intendant du Roi 
en ce pays, fut si satisfait du zèle 
et des soins de ces bonnes religieu- 
ses, qu'il leur fit) obtenir de la 
cour 3,000 livres de rente, outre un 
prêt de 12,000 francs des deniers du 
Roi pour leur permettre d'agrandir 
leur utile établissement. 

Grâce à certte intervention offi- 
cielle dte M. l'intendant Talon, 



83 — 




M. ANTOINE BEDARD, 

14e chapelain, 1796 à 1804. Mort 
curé de Charlesbourg, le 9 mai 

1837. 



dont l'application était constam- 
ment dirigée à faciliter les entrepri- 
ses utiles aux intérêts 1 du pays et de 
ses habitants-, à part les emtlraîne- 
ments ordinaires de son coeur cha- 
ritable et compatissant pour les 
pauvres, les Hospitalières firent 
ajouter à leur hôpital une double 
saille avec un pavillon et autres dé- 
pendances, dont les travaux com- 
mencèrent le 5 mai 1672. Le 20 du 
même mois, M. i'Intendanfti. pour 
prouver fla cousidlération par|ticu>- 
lière qu'il avait pour la duchesse 
d'Aiguillon, l'illustre fondatrice de 
la communauté, fit poser d'ansi les 
fondations une pierre sur laquelle 
il fit appliquer une pièce de cuivre 
portant les armoiries die madame la 
Duchesse, et une inscription latine, 
dont voici la traduction, que nous 
puisons dians l'histoire du monas- 
tère de cette glorieuse institution : 
" C'est en l'an 1672, en mémoire 
et à l'honneur du Précieux Sang 




M. FELIX GATIEN, 

15e chapelain, 1806 à 1807. Mort 

curé du Cap-Santé, le 18 juillet 

1844. 



que Jésus-Christ versa pour nous, et 
pour plaire à sa Sainte-Mèrei, la 
Mère de Miséricorde, que sous le 
pontificat de Clément X, et le règne 
dJe l'invincible et pacifique monar- 
que Louisi XIV, roi très chrétien, 
avec la bénédiction de Messire 
François de Laval, 1er évêque de 
Québec, pendant ia supériorité de 
la révérende Mère René de la Nati- 
vité, et les félicitations de ses Filles, 
au bruit des applaudissements de 
toute la colonie, et par les soins in- 
fatigables de Messire Jean Talon, 
intendant de Justice, Police et Fi- 
nance de la Nouvelle -France, et vu 
l'accroissement qu'il plaît à Dieu 
de donner au nombre des habitants, 
on a ajouté ce nouveau loge/ment à 
l'Hôtel-Dieu, par une continuation 
dea charités de sa célèbre fonda- 
trice, Pillusttre Marie de Vignerot, 
duchesse d'Aiguillon, nièce de l'in- 
comparable ministre d'immortelle 
mémoire, FElminentissime cardinal 
Armand, duc de Richelieu,' auxquels 
soit honneur et salut éternel. " 



84 — 




M. LS. JOSEPH DESJARDINS, 

16e chapelain, 1807 à 1836. Décédé 
à l'Hôtel-Dieu, le 31 août 1848. 



La duchesse d'Aiguillon ressentit 
une grande joie à. la nouvelle de ce 
qui venait die se passer, et; elle écri- 
vit à M. l'intendant une lettre très 
affectueuse pour le remercier Je ses 
bontés tant à son égard que pour 
les religieuses de Québec. Bientôt 
après, une affliction des plus acca- 
blantes vint fondre sur la commu- 
nauté. L'arrivée de la flotte du 
printemps de 1675 apporta la triste 
nouveiïïe diu décès de leur illustre 
fondatrice, Madame la duchesse 
d'Aiguillon. Voici comment s'expri- 
ment à ce sujet les annales de la 
communauté : 

" Nous la pleurâmes toutes amè- 
l'attachement respectueux que nous 
avions pour elle, était très sincère, 
remuent comme une mère, parce que 
et que nous étions consternées et 
pénétrées d'une très vive dloulcur... 
Les biensi qu'elle nous a faits mé- 



ritent qu'on s'en souvienne ici éter- 
nellement, et ses lettres pleines de 
piété et d'affection, que nous con- 
servons soigneusement, donnent 
une naute idée de sa vertu."' 

Marie Madeleine Vignerot, du- 
chesse d'Aiguillon, dit Fabbé Fer- 
land, était filue de René \ r ignje- 
rot, seigneur du Pont de Oouriay, 
et de Françoise Duplessis, soeur du 
cardinal de Richelieu. 

Mlle de Vignerot fut mariée à 
Antoine du Rouve de Combalot, 
dont elle n'eût point d'enfant. En- 
core jeune quand elle resta veuve; 
elle demeura auprès de son oncle 
qui lui donna, en 1638, la terre 
d'Aiguillon, érigée en duché. 

Elle partagea la bienveillance de 
son oncle pour la colonie de la Nou- 
velle France, et ne cessa d'en don- 
ner des preuves par les grands au- 
mônes qu'elle y fit distribuer. Sa 
principale oeuvre fut la fondation 
de l'Hôtel-Dieu de Québec, comme 
nous venons de le rappeler dans 
cette esquisse, et elle y consacra 
des sommes fort considlérables. Jus- 
qu'à sa mort, elle continua de veil- 
ler sur les intérêts de cet institu- 
tion, et d'entretenir une correspon- 
dance régulière avec les religieuses 
Hospialières. Ses lettres portaient 
ordinairement la signature de Dû 
Pont, nom de la seigneurie de son 
père. La duchesse d'Aiguillon, qui 
avait ainsi consacré sa vie aux pra- 
tiques de piété et aux oeuvres de 
charité - , mourût le 17 avril 1G75. 
Son oraison funèbre fut prononcée 
par l'abbé Fléchier, qui devint évo- 
que de Lavaur, en 1685. 

Quatre ans pftus tard, en 1073, 
une nouvelle tombe s'ouvrait dans 
la communauté pour y recevoir les 
dépouilles de la Mère Saint-Ber- 
nard, l'une des trois premières re- 
ligieuses venues de France en 1089. 
Elle mourût dPune fièvre viofente 
le 5 août 1679, âgée de 68 ans, dont 



85 — 




HOTEL-DIEU DE QUEBEC, ACTUEL 



40 ans passés dans la Nouvelle- 
France. 

Quoique les Hospitalières eusse ut 
beaucoup perdu au siège de 1690, 
et qu'une grande cherté eut succé- 
dé à la guerre, cependant eil-3 se 
virent obligées d!e rebâtir ieur et i- 
blissement, qui tombait en ruine 
en plusieurs endroits. 

Mgr de Saint-Valier s'intéressa 
vivernenO à l'entreprise. On £t 
creuser les fondations dans le mois 
d'octobre 1695, et le printemps s=ui- 
vant eut lieu la pose de la première 
pierre. 

M. de la Colombière, directeur 
do la communauté, fit placer dans 
le pignon du côté du nord-est, vers 
les parloirs, une plaque de ulomb 
sur laquelle étaient gravés le jour 
et l'année que fut commencé le 
nouveau bâtiment. Ce bâtiment fut 
terminé en 1698. 

Mère Saint-Bon aventure, la der- 
nière des religieuses venues de 
France, mourût le 25 mai ?(£8. 



âgée de 82 ans, dont 59 ans p^Siés 
au pays. 

" Un grand fléau vint fondre sur 
toute la Nouvelle-France', en 1702, 
et porter la désolation dans toute 
les familles. Un sauvage venant 
d'Orange apporta à Québec, vers 
l'automne, la maladie <M la petite 
vérole, dont il mourût. La maladie 
commença par la maison où il avait 
demeuré, et se communiqua en peu 
de temps partout, et avec une fu- 
reur incroyable ; il n'y eut point 
die maison épargnée d'ans la, ville, — 
racontent les annales de l'Hôtel- 
Dieu, — et ceux qui conservaient 
leur santé ne suffisaient pas pour 
soulager les mialades. Les familles 
entières se trouvaient frappées^ efc 
le peu de soin qu'elles recevaient, 
joint à l'infection et à la malignité 
de édite peste, les faisaient mourir 
fort promtptement. La mortalité fut 
si grande qne les prêtres ne pou- 
vaient suffire à enterrer les morts 
et assister les mourants. On portait. 



— 86 




M. MICHEL LEMIEUX, 

18e chapelain, 1848 à 1874. Mort à 
l'Hôtel-Dieu le 14 avril 1874. 



chaque jour les corps dans l'église 
de la basse-ville, ou dans la cathé- 
drale, sans aucune cérémonie, et le 
soir on les inhumait ensemble, quel- 
quefois jusqu'à 15 à 18 . 

Cela dura plusieurs mois, en sor- 
te que l'on comptait sur les regis- 
tres mortuaires plus die 2,000 oiorts 
dans Québec et ses environs, sans 
parler des autres endroits du pays 
qui n'eurent pas un meilleur sort. 

Jamais on n'avait vu autant de 
deuil ; chacun pleurait ses proches, 
l'un sa femme, l'autre son mari ; 
celui-ci son frère, celui-là ses en- 
fants ; les orphelin? pleuraient leur 
père et leur mère ; tout le monde 
était dans, les larmes ; et pendant 
tout l'hiver, on ne fit des assemblées 
que pour des funéraiïlesi, l'Hôtel- 
Dieu fui', remplie d'une si grande 
quantité die malades, que, rie pou- 
vant les y loger tous, et n'ayant pas 
d'endroit chaud pour les recevoir, 
ils furent placés dans le choeur des 
Religieuses, qui interrompirent les 
observances et autres cérémonies du 




M. Frs-Germain Rivard Loranger, 
17e chapelain, 1836-1848. 



cloî)tre. Les religieuses tombèrent 
malades presque toutes dès le coni- 
mencemenj de l'épidémie, dont cinq 
moururent. La mortalité fut géné- 
rale : les villes de Montréal et des 
Trois-Rivières, de même que les pa- 
roisses de la campagne, et les na- 
tions sauvages s'en ressentirent éga- 
lement. 

Dans "automne de 1710, un i-utie 
fléau vi/rt également apporter la 
terreur et la mort. Un vaisseau, 
appelé la " Belle Brune," arriva à 
Québec, venant des Isies, que l'on 
soupçonna dPêtre infecii'é de peste, 
parceque plusieurs hommes de l'é- 
quipage y étaient morts en moins 
de 24 heures. Des médecins! furent 
envoyés pour visiter les malades qui 
s'y trouvaient, et qui, par intérêt, 
comme on les en accusa plus tard, 
assurèrent! qu'il n'y avait rien à 
craindre ; et les autorités permi- 
rent alors' de les débarquer et de les 
faire transporter à l'Hôtel-Dieu. 
ÎJn des malades étant mort presque 



87 




M STANISLAS DRAPEAU, 

Né à Saint-Roch, en 1821, mort à 
la Pointe de la Gatineau, le 21 
février 1893. 



aussitôt après (son débarquement, 
l'infirmier qui procéda à Pense velir 
se sentit bientôt frappé du même 
mal, et mourut lui-même victime de 
son dévouement, On constata que 
ce mal était la maladie de Siam 
que des vaisseaux avient portée aux 
Isles. 

Durant l'hiver et l'été de l'an- 
née suivante, cette maladie devint 
très répandue et fit mourir presque 
tous ceux qui en furent les pre- 
miers atteints. En treize mois, 
vingt-quatre religieuses 1 furent à 
l'extrémité et reçurent les derniers 

Sacrements ; il en mourut six 

" Le Canada perdi plus de douze 
prêtres durant cetitie épidémie. 

L'IIôtel-Dieu eut encore à éprou- 
ver une bien cruelle épreuve. 

Le samedi, 7 juin 1755, en plein 
midi, voilà qu'un incendie vient 
éclater dans l'établissement. L'alar- 
me se répand aussitôt par la ville, 




MERE CATHERINE PICARD 
DE SAINTE-BARBE, 

Supérieure actuelle. 

Née à Saint-Pierre, Rivière du Sud, 
entrée au couvent le 2 octobre 
1863 ; elle fit profession le 5 juin 
1865, à l'âge de 22 ans. 



et it'ous volent au secours de cet 
asile des pauvres. 

L^ne religieuse, Soeur Marie- 
Anne La Joue, dite du Sacré- 
Coeur, périe dans cette conflagra- 
tion. Les religieuses, au nombre de 
quarante-neuf, allèrent se loger au 
monastère des TJrsulines. Elles y 
demeurèrent trois semaines, et allè- 
rent ensuite habiter dos logements 
fournis 1 par les RR. PP. Jésuites, 
jusqu'au 1er août 1757, époque où 
elles purent retourner dans leur 
monastère réédiifié, à l'exception de 
l'église qui fut commencé qu'en 
1800, et fut bénite en 1803. 

Durant le siège die Québec, en 
1759, les Religieuses furent- demeu- 
rer à l'Hôpital Général, après le 
siège elles retournèrent habiter une 
partie de leur monastère, car l'au- 
tre partie était occupée par les 
troupes du général Murray. C^om- 
dant, dès le 22 septembre, elles fu- 
rent en état de continuer leur oeu- 



— 88 




THOMAS LAURENT BEDARD 

Prêtre du Séminaire, 

Chapelain d'e PHôtel-Dieu de 

1782-85. 



vre et de .recevoir des malades, 
quoique en petit nombre, car les 
Anglais, — dit une chronique, — leur 
avait défendu d'en rece/oir 
ayant retenu les. stalles pour les 
troupes. Ceux-ci payèrent le loyer 
des appartements jusqu'en Tannée 
1784, époque où les «ailes furent 
de nouveau rendues aux besoins du 
public comme auparavant. 

Quoique le but principal de PHô- 
tel-Dieu fut le soin des malades, 
cependant les Religieuses se dé- 
vouèrent avec beaucoup de zèle à 
l'oeuvre des enfants trouvés, pen- 
dant quarante-cinq années. Alors 
elles se virent forcées d'abandonner 
cette oeuvre, la législature refusant 
de voter Pallouance nécessaire pour 
le soutien de ces petits infortunés. 
Les enfants abandonnés qui furent 
reçus à PHôtel-Dieu de Québec, de- 
puis le 15 novembre 1800, jusq'au 




M. J. B. BEDARD. 

Chapelain de l'Hôtel-Dieu, 
de 1795 à 1796. 

16 avril 1845, a atteint le nombre 
de 1375. 

M. Drapeau, dans son étude sur 
les institutions de charité, nous 
donne un tableau fait d'année en- 
année du nombre des malades et 
autres qui ont été secourus depuis 
1689 à 1877. Le total se monte à 
80,767. Et depuis 1877 au 1er jan- 
vier 1901, la révérende Mère Saint- 
André, archiviste actuelle de la 
communauté, a eu la bienveillance 
de me donner les diverses notes 
suivantes : 

" 19 octobre 1901. Depuis la pu- 
blication de l'histoire de l'Hôtel- 
Dieu, 22,208 malades ont été trai- 
tés et pensionnés à PHôtel-Dieu du 
Précieux Sang." 58 religieuses de 
choeur et 16 religieuses converses 
ont fait profession dans cette com- 
munauté, qui se compose actuelle- 
ment de : 61 professes de choeur ; 
19 professes converses ; 8 novices 
de choeur; 6 postulantes d'e choeur; 
2 postulantes' converses. 

Le nouvel hôpital a été inauguré 
le 12 décembre 1892. 



— 89 




SAINT-AUGUSTIN,£Evêque d'Hyppone, fondateur des Hospitalières d'Hyppone, 

né en Afrique, le 13 novembre en Van 354 ; évêque d'Hyppone, 

en l'an 395, mort en l'an 430 



90 — 




Nouvel hôpital de l'Hôtel-Dieu die Québec, inauguré en 1892. 



Malades traités depuis 1689 

à 1877 80,767 

Depuis) 1877 au 1er janvier 

1901 22,208 



Total 102,975 

Mères die choeur depuis 1639 

à 1901 272 

Soeurs converses die la même 
période 90 

Postulantes actuelles ... 16 



Total. 



378 



Religieuses mortes depuis 1639, 
282. 

Voici ce que rapporte le R. P. 
Charlevoix dans son Journal d'un 
voyage en Amérique, en 1720, vol, 
5, p. 112, sur l'Hôtel-Dieu de Qué- 
bec : 

" L'Hôtel-Dieu a deux grandes 
salles ; l'une pour les hommes et 
l'autre pour lies femmes. Les lits y 
sont bien tenus, lies malades bien 
servis, et tout y est commode eti 
d'une grande propreté. L'église est 
dierrière la salle des femmes, et n'a 
de considérable que le Maître- 
autel, dont lie rétable est fort beau. 
Cette maison est desservie par des 
religieuses Hospitalières de Saint- 



Augustin, die la Miséricorde de Jé- 
sus, et dont les premières sont ve- 
nues die Dieppe. Elles ont commen- 
cé à sie bien loger, mais selon toutes 
les apparences, e^les n'achèveront 
pas sitôt, faute de fonds. Co mm e 
leur maison est située à mi-côte, 
sur un platon qui avance un peu 
sur la Rivière Saint-Charles, elles 
jouissent d'une assez belle vue." 

Les religieuses Hospitalières de 
la Miséricorde de Jésus sont cloî- 
trées, et suivent la règle de Saint- 
Augustin. La Maison mère de Diepr 
pe, existait en France avant l'an- 
née 1220, et elle y était considérée 
comme formant un ordre régulier 
lorsqu'elle fut approuvée par une 
bulle du Pape Alexandre VII, du 
19 juillet 1664. Saint Augustin ré- 
digea cette règle en l'année 423 
pour lea religieuses d'Hyppone, 
dont il était le fondateur, et elle 
est encore suivie aujourd'hui par 
les diverses congrégations des deux 
sexes qui se glorifient d'avoir ce 
saint docteur pour père. 

Liste des chaplains de l'Hôtel- 
Dieu, incomplète jusqu'à M. Ca- 
tien : 

M. Jean Lesueur, de Saint-Sau- 
veur, 1639-1641. 

R. P. Claude Ménard, S. J., 1641- 
1644. 



— 91 




Mgr Jean-François HUBERT, 
Chapelain die l'Hâtel-Dieu,* 1768. 



M. de Saint- Sauveur, 1644-1650. 
M. Albert i»e bille, 1650-1050. 
M. Jean 1© Bey, 1056-1670. 
M. François Buisson, chanoine, 
1684-1685. 

M. Claude Trouve, 1685-1696. 

Etienne Trouve, 1696-1717. 

Goulvin Caiverin, 1717-1719. 

Anatole Royer, 1719-1731. 

Claude Poney, 1731-1761. 

Mathurin Jacreau, 1761-1764. 

Urbain Boiret, 1764-1768. 
Thomas Laurent Bédard, 



M. 
M. 
M. 
M. 
M. 
M. 
M, 
1782-1784. 

BM. J. B. Béidard, 1795-1796. 
Mgr Plessis, 1788-1792. 
M. Jean-François Hubert, 1768- 
1782. 

M. 

M. 

M. 
1836. 

M. F. X. Germain Rivard-Loran- 
ger, 1836-1848. 

M. Michel Lemieux, 1848-1874. 

M. Thomas -Eugène Beaulieu* 
1874-1899. 

M. M.J.Fillion, aumônier actuel, 
1899. 

M. l'abbe Casgrain donne un 



Antoine Bédard;, 1796-1804. 
Félix Gatien, 1806-1807. 
Louis- Joseph Desjardins,1807- 




Mgr Joseph-Octave; PLESSIS, 
Chapelain de l'Hôtel-Dieu, 1788. 



plan des salîtes, de l'église et de la 
sacristie, à la fin de l'histoire de 
l'Hôtel-Dieu. 

Il se trouve parmi les archives de 
l'Hôtel-Dieu de Québec plusieurs 
vieux dbeuments inédits concernant 
l'histoire du pays ; entre autres, ce- 
lui qui permet la fondation de 
l'Hôtel-Dieu en 1639. Ce document 
porte les signatures de Charries 
Huault de Montmagny^ gouverneur, 
du R. P. Barthélémy Vimondi, S. J., 
du R. P. Paul LeJeune, S. J., et des 
Mères St-Ignace, St-Bernard et St- 
Bonaventure, fondatrices. Nous 
avons le bonne fortune de dbnneT 
la primeur de ce précieux docu- 
ment : 

Nous, Charles Huault de Mont- 
magny, chevalier de l'Ordre de St- 
Jean de Jérusalem, lieutenant pour 
Sa Majesté en toute l'étendue du 
fleuve St-Laurent de la Nouvelle- 
France, certifions à tous juge appar- 
tiendra Que lies Révérendes Mères 
Religieuses Hospitalières de la vil- 
le de Dieppe Scavoir la Mère Marie 
de St-Ignace, supérieure, la Mère 
Anne de St-Bernard et la Mère 
Marie die St-Bonaventure, sont ar- 
rivées en ce lieu de Québeq, le pre- 



— 92 — 




Charles Huault de MONTMAGNY, 

2e gouverneur de la Nouvelle- 
France. 



mier jour d'août dé la présente an- 
née, mil six cens trente neuf, pour 
y establir un hospital, ayant été 
conduittes d'ans une barque gouver- 
née par M. Jacques Vastel, contre- 
maître du navire, du Captne Bon- 
temps, Amiral d'e la flotte de la 
Nouvelle-France, après avoir passé 
de Dieppe jusques à Tadoussac dans 
les navires du Captne Bontemps. Et 
sitost que nous fusimes certains que 
les révérendes Mères Religieuses Hos- 
pitallières estoient en la barque sus- 
dite Et vouloient descendre à Terre 
Nous envoyâmes une chaloupe les 
prendre et accueillir et all'asmes 
nous-mêmes les recevoir au bord de 
la rivière accompagnez des princi- 
paux habitants et suivis de la plus- 
part du Peuple qui en faisait pa- 
roitre une joye extraordinaire à la- 
quelle nous ooncourasmeis, par le 
bruit des canons dé notre fort et les 
amenasmes à l'Eglise où fut célé- 
bré la sainte messe et chanté le Te 
Deum laudamus pour remercier 
Dieu dé leur heureuse arrivée et du 
secours que nous en espérons' et 
qu'avons décià éprouvé au eran'd 
contentement de tous tant elfes- Fran- 
çois que des Sauvages. Les prières 



finies nous menasmes les Révéren- 
des Mères Religieuses Hospitalliè- 
res en un corps de logis apparte- 
nant à Messrs. de la Compagnie de 
la Nouvelle-France, situé proche le 
fort St-Louis qui leur a este preste 
en attendant que leur maison et 
Hospital soient bâtis et parachevez. 
Certifiions avoir vu Dettes dé Ma- 
dame la Duchesse d'Aiguillon qui 
nous tesmoigne les avoir fondées et 
envoyées en ce fais pour le soulage- 
ment des Malades et la conversion 
des pauvres Sauvages, délaissez et 
abandonnez. Avons aussi vu le 
contract de la dite Dame Duchesse 
fait avec les Révérendes Mères Re- 
ligieuses Hospitallières de la ville 
de Dieppe pour l'Effet susdit passa 
à Paris par devant les Notaires 
Gallois et Cousinault en d'atte du 
pndmier d'Avril mil six cens trente 
huit. Avons vu et considéré les let- 
tres patentes que Sa Majesté leur 
a dbnnées et octroyée* très favora- 
bles pour le mesme sujet dlattées du 
mois d'avril mil six cens trente 
neuf comme les précédentes aussi 
leur Obédience Déclarons eu outre 
que dtez les précédentes années nous 
avons accordé pour les dittes Révé- 
rendes Mères Religieuses Hospital- 
lières quelques terres avec un em- 
placement pour commencer leur 
Maison suivant l'Ordre et Commis- 
sion de Messrs. de la Compagnie de 
la Nouvelle-France en datte du 
premier de décembre mil six cens 
trente sep en leur assemblée géné- 
ralle tenue à Paris pour ces tins et 
causes. Avons reçu avec contente- 
ment les dittes Révérendes Mères 
Religieuses Hospitallières dé St- 
Ignace, St-Bemard et St-Bonaven- 
ture et avons Consentis par ces 
Présentes. Consentons de notre 
Pouvoir Authorite qu'elles s'éta- 
blissent en ce- pais de l'a Nouvelle- 
France pour v jouir entièrement, 
pleinement de l'Effet dés Lettres de 
Sa Majesté dé leur contract et v 
garder, observer leurs Reigles et 



93 




M. THS-EITGEKE BEAULÏEU, 

19e chapelain, 1874 à 1899. 



Instituts Religieux et assister les 
malades tant au dit lieu die Quebeq 
qu'aux autres endroits ou lie® Eran 
cois et Sauvages s'assembleront. Les 
•avons mis en possession de trente 
arpens de terre qui leur auroienl 
este concédez et y en avons ajouté 
autre trente db plus comme aussi 
de l'Emplacement destiné à leur 
Hospital et Maison consistant en 
sept arpens et demi de terre ou en- 
viron. Nous réservant de faire "bor- 
ner le tout quand P nous semblera 
bien estre. Déclarons en outre avoir 
este Requis par les dittes RéVérenr 
des Mères Religieuses Hospitalliè- 
res de faire signer au présent acte 
le Révérend 1 Père Barthélémy Vi- 



M. MAXIME FILIOK", 

20e chapelain, 1899, actuel. 



mond qui les a accompagnez en la 
Traversée a présent Supérieur de la 
Mission des Révérends Pères die la 
Compagnie de Jésus qui seuls se 
retrouvent 'd'Ecclésiastique en ce 
fais comme aussi pareillement le 
Révérend Paul Le Jeune qui a pré- 
cède le dit Révérend' Perei Barthé- 
lémy Vimond en la dite Charge. Ce 
que Avons fait et les dits Reve- 
rendis Pères nou# assurant db la 
vertu et courage des dîtes Révéren- 
des Mères Religieuses Hospitallie- 
res et de leur charité envers, les 
Malades ont avec nous signé la pré- 
sente faite au fort St-Louis de 
Quebeq ce quinzième de Septembre 
mil six cens trente neuf. 



94 




95 




L'Hôtel-Dieu die Québec a fourni 
par deux fois des essaims de reli- 
gieuses pour de nouvelles fonda- 
tions : La première fondation fut 
l'Hôpital-Général, fondé par Mgr 
die Saint- Yallier, en octobre 1692, 
(1) et la seconde fut l'Hôtel-Dieu 
de Lévis, fondé aussi en octobre 
1892, c'est-à-dire deux siècles plus 
tard, par M. Antoine Gauvreau, 
curé actuel de Saint-Eoch de Qué- 
bec. 

Voici ce que nous rapporte le 
Guide die Lévis pour l'année 1899, 
p. 14. 

" L'Hôtel-Dieu du. Coeur Agoni- 
sant de Jésus. 

L'Hôtel-Dieu de Lévis a été fon- 
dé en 1892, par M. l'abbé Antoine 
Gauvreau, curé de Lévis, et placé 
sous le vocable du Coeur Agonisant 



OTEL-DIEU DU COEUR AGO DISANT DE JESUS DE LEVIS. 

de Jésus. Il est desservi par les Au- 
gustines Hospitalières de la Misé- 
ricorde de Jésus, qui ont le berceau 
de leur congrégation à Dieppe, 
France. 

Le monastère de Québec, dédié au 
Précieux Sang, ,a fourni le© sujets 
qui ont fondé celui die Lévisi. 

Le contrat de fondation a été si- 
gné le 13 juin 1892, et les Hospita- 
lières ont été solennellement instal- 
lées dans leur nouveau cloître par 
Son Eminence le cardinal E.-A. 
Tasehereau, le 30 octobre 1892. 

Les fondatrices, au nombre de six 
étaient : Mère M. Philomène Le- 
moine de Sainte-Thérèse de Jésus, 
supérieure ; Mère M. Henriette 
Beaulieu. du Sacré-Coeur de Jésus ; 
Mère M. Séraphin© Marcotte du 
Précieux Sang ; Mère Hanora 
Shea de Sainte-Gertrude ; Mère Ué& 
Lajeunesse de Saint-Pierre Céles- 
tin ; Soeur Olympe Chouinard de 
Sainte-Marthe. " 



(1) Nous ferons plus tard l'es- 
quisse db l'Hôpital-Général. 



— 96 — 




M. M>bê Antoifme GAUVREAU, 

Fondateur de l'Hôtel-Dieu de 
Lévis, en 1892. 



La communauté se compose au- 
jourd'hui de douze Mères de Choeur, 
4 Soeurs converses et 9 postulantes. 

L'Hôtel-Dieu Agonisant de Jésus 
jdlet LèVis' arét'ë. f ondJé salivant les: djer- 
nières volontés de feue, Dlle Caroline 
Lagueux, par le révérend' M. An- 
toine Gauvreau, alors curé de Lévis. 
Mademoiselle Lagueux est née à Lé- 
vis le 17 mars 1830, fille de Pierre 
Lagueux et d'Angélique Guay (tante 
de l'hon, juge F. X. Lemieux), dé- 
cédée à Lévis, le 26 décembre 1891. 
P;ar son 1 testament, rédigé patf 
M. Philippe Huot,. notaire, de Que- 
feec, le 2 décembre 1890, elle dé- 
clare que son intention a toujours 
été de fonder un hôpital pour les 
malades sur la, propriété qu'elle oc- 
cuperait à sa mort, et sur celles 
avoisinantes, lequel sera sous Te con- 
trôle de la communauté des Soeurs 
de l'Hôtel-Dieu de Québec, et si les 



^5^^ 



MLLE CAROLINE LAGUEUX, 

Fondatrice de l'Hôtel-Dieu de 

Lêvils. 



d'ames de cette communauté refu- 
sent, il ,sera sous le contrôle de telle 
communauté qui sera choisie par 
M. le curé de la ville de Lévis ; et 
à cet effet, elle lègue les lots Nos 
202, 203, 204, 205,206,207,208,209, 
210, ainsi que les lots 197, 198 et 
199, du Cad. du C. Notre-Dame, 
ainsi que la petite ruelle St-Pierre, 
indiquée au Cadastre susdit. Elle 
lègue à M. le curé Gauvreau le lot 
No 235, sa vie durante, ainsi que 
$4,000.00 qu'il a données à U com- 
munauté. Elile a encore laissé plu- 
sieurs propriétés en valeur à la com- 
munauté et elle fit plusieurs dons 



à d'autres institutions de charité 
sans toutefois oublier sa famille. 

Les membres de cette institution 
devront prier Dieu pour elle, et il 
sera célébré chaque année à perpé- 
tuité un iservioe pour elle et feu 
Pierre Barras et son épouse. M. Naz. 
Oouillard! est nommé son exécu- 
teur testamentaire. Cette commu- 
nauté fut incorporée par un acte de 
la Législature, chapitre 86, 1893,, 
des statuts de Québec 





Mère Ste-THEBESE DE JESUS, 

Première supérieure actuelle die 
l'Hôtel-Dieu de Lévis. 

Mère Marie -Phil'oniène Lemoine 
die Ste-Thérèse de Jésus;, née au 
Château-Richer, fille de M. Louis 
Leimoine, surintendant de lai com- 
mission des chemins à barrières, de 
la rive nord. 

r 



inmiiiMiiiMiiiiiniiiiiiiii|iiiii)iiiimii|i||i|ni!iîi 

Buste du R.P.Jean de Brébeuf, S.J. 

D'après le B. P. Martin, ce buste 
que nous reproduisons ici, serait la 
copie d'un magnifique reliquaire 
envoyé par la famille du célèbre 
Père de Brébeuf au collège des Jé- 
suites à Québec, pour y déposer le 
crâne du glorieux martyre de la 
Foi. 

Les Hospitalières ont dû hériter 
de ce précieux dépôt dans la pério- 
de d'années qui s'étend entre la 
conquête du Canada et la suppres- 
sion du collège des Jésuites. 




M. l'abbé F. X. GOSSELLNT, 

Chapelkuh actuel. 



— 98 — 




CRUCIFIX OUTRAGE A MONTREAL, EN 1742. 



La communauté possède encore 
un autre précieux dépôt ; c'est le 
Crucifix outragé à Montréal en 
1742. Le Christ est en cuivre, de 
deux pouces de long ; il est cloué 
sur une croix de bois peinte en 
rouge foncé, de la longueur de 5 
pouces sur trois de largeur ; il est 
déposé dans un reliquaire avec l'au- 
thentique de Mgr de Pontbriant. 
Nous reproduisons ici l'image de ce 
reliquaire que M. le chapelain a 
eu la bienveillance de me laisser 
voir. Ce premier reliquaire est mis 
dans un autre plus grand placé au- 



dessus du Tabernacle du Maître- 
autel. 

Voici l'historique du Crucifix ou- 
tragé, dû à la plume de M. Nar- 
cisse Faucher de Saint-Maurice, 
dans ses Contes et Récits : 



"LE CRUCIFIX OUTRAGE" 

" Un procès de sorcellerie à Mont- 
réal.— 1742. 

Portés au culte de la légende, à 
l'amour du mystérieux, par la vie 
solitaire de la forêt, nos pères se 



99 



voyaient malheureusement les du 
pes de plus d'un charlatan rusé. 

L'impiété se faisait trappeur-, 
coureur des bois, et hier encore je 
la voyais, pimpantie, coquette, la 
moustache en croc, le déchaussé -sa- 
vamment plissé, la dague insolem 
ment relevée sous ia pression d'une 
main gantée, le chapeau à plumit 
sur le coin de la tête, l'air fron- 
deur, le sarcasme sur les lèvres, 
surgir d'un curieux procès conservé 
par un chercheur consciencieux, M. 
l'abbé Gagnier. 

Le savant prêtre avait extrait ce 
procès des archives de Montréal', 
pour l'insérer dans le manuscrit 
qu'il a laissé sous le titre de "La 
récolte de l'Ermite", intitulé ainsi 
d'après la mode littéraire de 1840, 
temps où le solitaire d'Ar! in court 
et l'ermite de la Chaussée d'Antin 
faisaient tapage dans le monde des 
lettres. 

En 1742, Montréal n'était pas la 
cité des palais, la rivale grandis- 
sante (de New- York. Elite avait la 
ligure un peu longue. Ses murailles 
étaient peu élevées et peu épaisses, 
n'étant qu'un simple revêtement! 
défendu par quelques bastions ; sa 
fortification irrégulière suivait les 
sinuosités du terrain. A l'une des 
extrémités, était une éminence de 
terre rapportée supportant une bâ- 
tisse très mal en ordre, et la ville 
elle-même n'avait, à proprement 
parler, que deux grandes rues lon- 
gues et étroites. Cependant c'était 
une ville où déjà 1 on commençait 
à bien vivre : la bonne chère, la 
munificence, y tenaient leurs quar- 
tiers, et ^ancienne bourgade d'Ilo- 
chelaga s ; acheminait lentement 
vers ce qu'elle est devenue aujour- 
d'hui, la résidence fastueuse des 
nabads du commerce et de la ban- 
que. 

La garnison modeste requise pour 
la défense de ses nalissades et de 
ses maigres nnrei!les coulait tran- 



quillement ses jours, grâce au cal- 
me qui régnai i depuis quelque 
lernpû &ur la colonie, il passait bien 
de mors en mois, certains trissons 
belliqueux ; mais on était loin de 
Versailles ; les Iroquors chassaient 
paisiblement tous les nautes iutaies 
qui protégeaient leurs cantons, et 
ion ne s occupait guère qu'à re- 
cueillir avidement ia moindre nou- 
velle concernant le voyage aventu- 
reux entrepris par de la Verendrve 
aux Montagnes .Rocheuses. 

Parmi les corps cantonnés alors 
à Montréal, se trouvait la compa- 
gnie de Lafrenière qui comptait au 
milieu de ses soldats, un enfant 
pendu de Paris, un peu l'ancêtre 
du zouave et du zéphir d'aujour- 
d'hui, égayant de temps à autre les 
ennuis de la caserne par quelques 
bons tours machinés contre les pé~ 
kins du temps, posant en loustic 
partout et quand même, et ne crai- 
gnant pas plus Dieu que le scapel 
de l'indien. 

Il no connaissait guère en ce 
monde d'autre mission que celle du 
gros préfet gascon Ramieu qui l'ex- 
pliquait; un jour si joyeusement à 
son confrère en espiègleries, Henri 
Monnier. 

Vois-tu, mon cher, disait-il, cha- 
que homme ici-bas accomplit sa 
destinée. La nôtre consiste à four- 
nir des documents à ceux qui plus 
tard rédigeront le martyrologue du 
bourgeois. 

Il n'épargnait pas plus ses cama- 
rades du régiment ; et le sergent 
de garde, chaque soir, prononçait 
en fronçant le sourcil, le nom aris- 
tocratique, mais toujours marqué 
absent sur le rôle d'appel de Char- 
les-François Flavart de Beaufort 
de l'Advocat. Flavart ne s'occupait 
guère du légitime courroux de son 
digne sous-offîcier : il faisait sa 
punition sans sourciller ; puis, le 
lendemain soir, il était repris à 
faire cascader intrépidement par 



— 100 — 



les deux uniques rues de la ville ses 
rares eeus et les charmes de ses 
vingt- six ans. 

Un jour, néanmoins, il lui fallut 
rengainer ses airs d'indépendance, 
sa fierté sauvage. Flavart était som- 
mé de comparaître devant le procu- 
reur du roi, M. Foucher. 

Un dernier esclandre avait jeté 
le fringant soldat entre les mains 
de ce haut justicier, qui produisait 
contre lui une charge entraînant 
l'application de la torture, la triple 
accusation de sortilège, de magie et 
de sacrilège. 

C'est l'e 30 juin 1742 que Flavart 
comparut devant le tribunal suprê- 
me, et comme ce qui se rattache à 
l'ancienne jurisprudence criminelle 
de la colonie peut être bon à conser- 
ver, je laisserai parler les témoi- 
r-n.ag-es- tells qu'ils figurent au dos- 
sier du procès, ^n réponse aux in- 
terrogations de Messire Jacques- Jo- 
senh Guiton de Monrepos, conseil- 
ler du "oi et son lieutenant civil et 
erfrrûnel. 

lis soulèvent un coin du voile qui 
couvre la vie intime, les habitudes, 
les superstitions et quelques locu- 
tions du temps. 

(Jnarles ± rançois Flavart de l'Ad- 
vocat, accusé. Je n'ai rien exigé 
y uU ï nus prétendues magies. Char- 
les Robidou m'a donné six livres 
sur les vingt qu'il m'avait offertes 
pour trouver 1 auteur du vol d'une 
somme de cinquante écus ou trois 
cents francs. Je n'ai point profané 
le crucifix, ni les saintes écritures ; 
ce n'était pas mon intention. Si je 
me suis servi de ces choses sacrées, 
ce n'était que pour intimider les as- 
sistants et découvrir ainsi le voleur. 
Madame veuve de Celles (Marg. 
Perreau), témoin. Jeudi soir, vers 
huit heures, je vis plusieurs person- 
nes chez Charles Robidou ; j'y 
étais allée à la demande de ma fiHe- 
En entrant, j'aperçus sur une tabL 
deux chandelles, un crucifix de bois 



un miroir au milieu et un petit li- 
vre dans lequel Flavarl lisait. Je le 
vis mettre quelque chose d'ans un 
n v •. !e faire' brûler, en parsemer 
les cendres sur le dossier du miroir 
avec autres poudres et ingrédients, 
puis faire trois barres avec du char- 
bon. 

— Madame Robidou, femme de 
Pierre Coquillard, de Longueuil. 
Jeudi au soir, étant allée chez mon 
frère Charles Robirtdu.je vk le nom- 
mé l'Advocat assis, un livre à la 
main, auprès d'une table où il y 
avait deux chandelles et un miroir 
au milieu. Il demanda un crucifix : 
on lui en apporta un en bois noir 
ou cerisier de France. L'ayant entre 
les mains,, il distilla une certaine 
lioueur sur le derièire de la croix, 
puis il fit brûler trois petits mon- 
ceaux de papier. 

— François Bariteau dit la Mar- 
che, cordonnier. J'étais présent en 
compagnie du témoin ci-dessus. En 
voyant mettre' des poudres sur le 
crucifix," je me retitrai. L'Advocat 
me joignit alors en m'invitant à 
mettre mon doigt dans l'huile qu'il 
avait d'ans le creux de sa main : 
je refusai. 

— Etienne LeGros dit Jasmin, 
soldat. J'étais chez Robidou : je 
vis un petit flacon et des cartes qui, 
disait-on, avaient servi à la sorcelle- 
rie. L'Advocat versa de la liqueur 
sur le bout d'e son doigt pour le fai- 
re toucher à ceux qui étaient pré- 
sents ; puis il mit de cette même 
liqueur sur les trois extrémités du 
dossier de la croix. Il l'essuya en- 
suite avec un morceau de papier 
qu'il fit brûler, alluma les deux 
chandelles qu'il avait éteintes!, prit 
le crucifix pouf en former trois bar- 
res sur la cheminée, mais n'ayant 
pas réussi, il se servit de charbon. 
— Mademoiselle de Celles confir- 
me les déclarations précédentes : 
L'Advocat demanda un crucifix, 
qu'un nommé Lanoue, cordonnier, 



101 — 




Son Eminenice le cardlinal 
Tas cher eau. 



fut chercher chez lui. Après quel- 
ques difficultés, il le livra au sol- 
dat qui le mit, la face renversée, 
sur le -dossier du miroir, et recom- 
mença sa lecture, faisant sur le d'os- 
sier de la croix les mêmes cérémo- 
nies que sur lie dossier du miroir. 
Après cela,, il fit couvrir les feux, 
éteignit les chandelles l'une après 
l'autre et les papiers qu'il faisait 
brûler. Après chaque verset qu'il 
lisait, il faisait découvrir un peu 
les feux, y jetant, les uns après les 
autres, de petits paquets qu'il avait 
devant lui. Lorsque les chandelles 
furent éteintes, je vis l'Advocat 
soulever par temps le miroir, tenant 
le haut du crucifix entre ses mains. 
Sa tête était baissée, et il marmot- 
tait des prière© en latin que je ne 
comprenais noint. Les chandelles 
étant rallumées, je le vis ôter le cru- 
cifix de dessous le miroir, le nrendre 
à la main et tracer avec le bois de 
la croix des barres sur Ta plate- 
bande de la cheminée. J'étais plus 



près de l'Advocat qu'aucune autre 
personne. Il invita ensuite les per- 
sonnes présentes à toucher une 'des 
trois barres, ajoutant qu'il devine- 
rait sans voir, laquelle ou aurait 
touchée. Je le vis k de suite prendre 
. le crucifix et le porter près du feu, 
mais je ne puis affirmer s'il l'a brû- 
lé ou passé seulement à la flamme. 

— Charles Robidou, âgé de vingt 
ans, cordonnier, demeurant en sa 
maison, sise faubourg St-Joseph, 
de cette ville. Jeudi matin, m'étant 
aperçu qu'on m'avait volé trois 
cents livres dans une cassette (dé- 
posée sur mon buffet, je racontai 
mon malheur à quelques personnes. 
Un soldat, le nommé l'Advocat, me 
dit que si je voulais lui donner 
vingt livres, il me ferait retrouver 
mon argent. L'espérance de le re- 
trouver me fit (accepter cette offre, 
mais l'Advocat ne voulut rien en- 
treprendre avants que je lui eusse 
donné six francs, ce que je fis, après 
i'es avoir empruntés. 

— Charles Lanoue. La femme de 
Robidou avait peur ; l'Advocat de- 
manda alors un crucifix qu'on en- 
voya chercher chez moi. Je ne sais 
qui alla le quérir ni qui le. donna à 
madame Robidou. 

Deuxième interrogatoire : 8 juil- 
let. 

Flavart de l'Advocat. — Je n'ai 
jamais demandé vingt livres à Ro- 
bidou, qui m'a donné six francs 
pour faire monter ma garde et ache- 
ter des ingrédients. Le crucifix ap- 
partenait à un nommé Lanoue, qui 
le fut chercher lui-mêm|e, me l'ap- 
porta .et me dit, en me le donnant 
dans la main : " N'aille pas ensor- 
celer mon crucifix. Je lui répondis : 
Il n'y a pas de danger ; je ne suis 
pas sorcier. Les drogues dont je me 
suis servi étaient de l'arcanson pilé, 
de la poudre à tirer et de l'huile 
d'a^nic. Quant à ce qui touche les 
t-rois barres, je m'entendais avec 
Lanoule. Il devait porter sa main 



— 102 — 




Narcisse-HenrihEd'ouard! Fauchter 
db Saint-Maurice, 

Ne à Beau-mont, le 18 avril 1844, 
mort le 1er avril 1897. 



en haut, ou sur l'estomac, ou la 
laisser pendre, ou bien eiicoie la. 
mettre dans les poches de son ha- 
bit selon qu'il toucherait à Tune oies 
barres. Laucanson a été pris chez 
Lanoue, i ; huLe était celle dont je 
me servais pour mon fusil, et la 
poudre appartenait à mon fourni- 
ment. 

— Charles Lanoue. J'ai vingt- 
cinq ans, je suis cordonnier de mon 
métier. Je connais l'Arvocat depuis 
un an, et je le garde pour loger, 
coucher ou manger quand il veut. 
J'ai prêté six francs à Robidou 
pour payer le soldat. Je ne suis pas 
allé quérir chlez nous le crucifix. 
Tout le complot qu'il y avait entre 
moi et l'Advocat était de l'aider à 
lui faire connaître quelle marque 
on avait touchée, suivant comme je 
poserais ma main. 

— M. Guiton de Monrepos. Où se 



trouve maintenant le crucifix ? 

— Charles Lanoue. Je l'ai remis 
à Mess ire Lault, curé de Montréal, 
qui est venu le chercher chez moi. 

Le lieutenant-gouverneur donne 
ordre d'aber chercher le crucifix qui 
est rapporté au gre%. Il l'enve- 
loppe d'une bande de papier, cache- 
té du sceau dp se« armes p t signée : 
Jacques- Joseph Guiton de Monre- 

Charles Robidou. — L'Advocat' te- 
nait un couteau à la main, sur la 
lame duquel il mit troisi morceaux 
de papier de chaque côté du tail- 
lant. Il souffla dessus, puis je le 
vis mâcher du papier, le mouiller 
avec de l'eau, le presser dans sa 
™-ain soi-"* 1« ^^^V d'u ~°u + eau, en 
faisait rlé^onler l'eau. Ces tours 
ont duré environ une heure. 

Ici se terminaient le premier et 
le deuxième interrogatoires, qui ne 
laissaient aucun doute dans l'esprit 
du Conseiller sur la culpabilité de 
Flavart. Ils impliquaient de plus 
dans cette affaire le cordonnier La- 
noue et Charles Robidou. 

Désireux de démêler la quote- 
part' qui appartenait à chacun 
d'eux, de Monrepos rappelait devant 
lui l'accusé le 11 juillet, et lui fai- 
sait subir un troisième interroga- 
toire. 

Mais il avait affaire à une rude 
tê'e. 

Flavart persista à dire que le cru- 
cifix appartenait à Lanoue, qui avait 
été le chercher lui-même et le lui 
avait remis entre les mains. Sur 
cette déclaration solennellement ju- 
rée, un mandat de priée de corps 1 
était lancé le lendemain contre les 
deux inculpés. 

Charles Rohidou, malgré sa con- 
fiance dans l'es loups-garous et 
les conjurations*, avait excellent 
flair. 

Voyant la mauvaise tournure que 
prenait le procès;, il frétait esqui- 
vé la veille, laissant derrière lui sa 






103 




MGE DE PONTBRIAND, 
6ine évêque de Québec. 



femme, qui fut assignée,, comparut 
bravement etj, dans sets réponses 
conformes à celles qui précèdent, 
ajouta " qu'après les cérémonies 
faites, ce fut elle qui porta le cru- 
cifix chez Lanoue. 

Sa* franchise n'empêcha pas la 
justice d'aller faire une descente 
chez elle ; heureusement, dans son 
émigration chez les Bastonnais, le 
prudent mari s'était fait suivre de 
ses meubles. Cela contribua de plus 
en plus à mettre. Robidou sur le 
coeur de Mi. de Monrepos, et le 7 
août de la même année, l'huissier 
de Coste " faisant battre la caisse, 
à défaut de trompette, assignait tou- 
jours le sacrilège à comparaître sur 
la place publique." 

l^onobstant cela, dit naïvement 
la chronique, il ne reparut plus. 

Moinsi heureux que son camarade, 
Lanoue, ampué en présence d'tm 
des témoins, mademoiselle de Celles, 
répète que c'est la femme de Robi- 
dou qui fut chercher le crucifix chez 
lui et le remit aux mains de Fla- 
vart ; que, pour sa part de l'affaire, 



il n'a fait que le reprendre, à la 
fin pour le porter à sa maison. 

Flavart, enchanté de pouvoir se 
donner un gai camarade de galère, 
jure de plus en plus que Lanoue fut 
non seulement le porteur, mais en- 
core qu'il s'en alla le chercher, et 
cela volontairement et très joyeuse- 
ment ; puis, les deux coquins, con- 
frontés l'un avec l'autre, se confon- 
dent en serments,, en conjurations, 
et en appellent à tous les éléments 
pour se mieux démentir, et mysté- 
ner le conseiller du roi. 

La discussion entre Flavaxft et 
Lanoue n'atvait ipas *££:J3on pour 
finir, lorsque, le "2,7 août, ie procu- 
reur du roi trancha dans le vif par 
son rapport. 

Il concluait à la preuve des trois 
chsfls d'accusatijojn — isortjilège, mja-f 
gie et sacrilège — pour réparation 
de quoi il demandait que Oharles- 
Frauçois Flavart de ifAdvocat fut 
condamné à faire amende honora- 
ble en chemise, la corde au cou, te- 
nant entre ses mains une torche de 
cire ardente du poids d)e deux li- 
vres, devant la grande porto et la 
principale entrée de l'église pa- 
roissiale de cette vilite', au premier 
jour de marché, et là, étant nu-tête 
et à genoux, dire et déclarer à haute 
et intelligible voix que, mécham- 
ment et mal avisé, il a profané les 
paroleig de Notre-'Seigneur Jésus- 
Christ crucifiéi, ce, pour faire le de- 
vin... et en outre, qu'il fut con- 
damné à êtnei battu et fustigé de 
yeirges, par les carrefours et lieux 
accoutumés de* cette ville, et qu'il 
fut banni de l'étendue de cette ju- 
ridiction pendant trois ans, et tenu 
à garder son ban. 

Ces conclusions étaient ratifiées 
îe 30 août par le jugement de la 
o.ouv de Montréal, qui ajoutait de 
plus : 

Flavart de Beaufort sera conduit 
par l'exécuteur die haute justice, 



104 — 



a^yant écrit au par devant ©t der- 
rière, : Profanateur des choses sain- 
tes''. 

Ce fait, l'avons condamné à servir 
de forçat dans les galères diu roi, 
i "espace de cinq années. 

(Signé) Guiton de: Monrepos. 

FLavart avait «il© l'énergie, et, 
erinquiétant fort peu de cette sen- 
tence, en appela au conseil supé- 
rieur de Québec. 

Ce dernier confirma de nouveau 
ce qu'avait fait le tribunal de 
Montréal, retranchant toutefois 
deux ans aux cinq années de galè- 
rse infligées. , 

De plus, son inséparable Lanoue, 
conduit par les archeirs die la maré- 
chaussée, devait assister Flavart de 
"Beaufort, lors die l'amende honora- 
ble, puis être blâmé en la manière 
accoutumée et payer trois livres 
d'amende au roi. Robidou que l'on 
tenait toujours à revoir, serait ad- 
monesté en la chambre d^audience, 
et là. laisserait trois 1 livres, d'aur 
mônes ; quant à Anne Lanoue, sa 
femmei, grâce à ses dix-sept ans. 
elle était renvoyée hors de cause. 

A quelque temps die là, un certi- 
ficat signé en date dhi vendredi, le 
5 octobre: 1742. par M. Fr. Daine, 
conseiller, p-t M. Portier, greffier, 
constatait l'exécution de la sentence. 



Le clergé catholique s'émut de c& 
sacrixège. far son mandement du 10 
àRjptemibre 1742, monseigneur die 
Pontbnand ordonnait une amende 
honorable et une procession de l'é- 
giiÈi© paroissiale à Bonsecouxs.. 
.ueux ans plus tar<d, le 1er mars 
l'i'44, cet évêque instituait la fête 
du crucifix outragé : elle devait 
être cétiiébriéiô le premier vendredi 
de mars de* chaque année, et, en 
1804, Mgr PJiessis la remettait au 
premier vendredi d'octobre, atta- 
chant à ce jour une» indulgence plé- 
nière accordée par un bref du pape 
en date du 28 mars 1802. 

Le crucifix du cordonnier Lanoue 
est encore dans le sanctuaire des 
Hospitalières die Québec, et au li- 
bre-penseur y allant en curieux 
connue à l'humble croyant venant 
y adorer son Christ, les religieuses 
de î'Hô tel-Dieu raconteront, sans se 
faire prier, Fhistoire du crucifix ou- 
tragé. 

La communauté possède encore 
d'autres précieux objets dont l'his- 
toire de. PHô tel-Dieu par l'abbé 
Casgrain fait mention, c'est-à-dire 
osi?ement« de saints, tableaux et 
statues. La cWbe de l'église est la 
même qui était dians le clocher lors 
de l'incendie des 1755. 



il 



105 — 




IX 

Première résidence des Ursulines de Québec, en 1639, sur remplace- 
ment qu'occupe actuellement l'église de Notre-Dame des 
Victoires, à la Basseville 



La première chapelle fut érigée 
à la Basse-Ville, où se trouve située 
l'iéglise l\otre-JJame des Victoires 
aujourd'hui, dans une maison de 
M. Noël Juehereau, sieur des Cha- 
telets. Les religieuses n'occupèrent 
que le bas de cette maison qui était 
à deux étages, l'étage supérieur ser- 
vait de magasin à la compagnie de 
la Nouvelle-France. Voici l'Acte de 
réception des premières Ursulines 
et de Mme de la Peltrie, 1639, tiré 
de l'histoire de la vénérable Mère 
Marie de l'Incarnation, première 
supérieure du monastère des Ursu- 
lines de Québec, par M. Chapot, 
d'après Don Claude Martin, son fils, 
religieux Bénédictin de la congré- 
gation de Saint-^Mlaur, «décédé en 
odieur de sainteté, à l'abbaye de 
Marmoutier, le 9 août 1696. Vol. I, 
p. 441 : 



" Nous, Charles Huault de Mont- 
magny, chevalier de l'ordre de 
Saint Jean 'de Jérusalem, lieute- 
nant pour Sa Majesté, en tonte 
l'étendue du fleuve Saint-Laurent 
de la Nouvelle-France, certifions à 
tous, qu'il appartiendra que les ré- 
vérendes Mères religieuses Ursuli- 
nes, savoir : la Mère Marie Guyart 
de l'Incarnation, la Mère Marie de 
Savonnière de Saint Joseph du 
couvent de lia ville die Tours, et la 
Mère Cécile Biche idie Sainte-Croix, 
de la ville de Dieppe, en la compa- 
gnie die la très religieuse et très 
dévote dame Madeleine de Chauvi- 
gny, veuve de feu de la Peltrie, 
mes sire Charles de Gruel», vivant, 
chevalier seigneur de la Peltrie, 
sont arrivées en ce lieu de Québec, 
^ premier d'poûfc de la présente an- 
née, mil six cent trente-neuf pour 



— . 106 — 




Mme DE LA PELTKIE, 

Fondatrice des Ursu-lines de Québec. 



y établir une maison et couvent de 
leur ordre de Sainte Ursule, à la 
gloire, de Dieu et pour l'éducation 
des petites filles, tant de? Français 
que des Sauvages du pays : ayant 
été conduites dans une barbue gou- 
vernée par Jacques Vastel, contre- 



maître du navire du capitaine Bon- 
temps, amiral de la flotte de la 
Nouvelle-France, aprè avoir passé 
de Dieppe jusqu'à Tadoussac, dans 
le dit navire ; et sitôt que nous 
fûme9 certain que les dites révé- 
rendes Mères religieuses Ursulines 



107 







Arm-es de Mme 'de la Peltrie. 



étaient en la barque susdite et vou- 
laient descendre à terre-, nous en- 
voyâmes une chaloupe pour les 
prendre et accueillir, et allâmes 
noms-même les recevoir au bord de 
la rivière, accompagné des princi- 
paux habitants et suivi de la niu- 
part du peuple, qui en faisait pa- 
raître une joie extraordinaire, à la- 
quelle nous concourâmes par le 
bruit des canons de notre fort, et 
les amenâmes à l'église, où fut cé- 
lébrée la sainte messe et chanté le 
Te Deum Laudamus, pour remer- 
cier Dieu de leur heureuse arrivée, 
et du grand bien que nous en es- 
pérons à la gloire de Dieu et à l'édi- 
fication- et l'utilité commune, com- 
me déjà il est manifesté au grand 
contentement des Français et des 
Sauvages. 

" Les prières finies, nous menâ- 
mes les dites révérendes Mères reli- 
gieuses Ursulines et la dame de la 
Peltrie en un corps de logis appar- 
tenant à Noël Jucher-eau, sieur des 
Chatelets, et ses associés, sis sur le 
bord de la rivière Saint-Laurent, 
au-dessous du magasin de messieurs 
de la Compagnie, de la Nouvelle- 
France, qui leur a été loué des 
Francs, par les dits associés du dit 
sieur des ChatieiDets, en attendant 
que leur maison et couvent soit 




R P BERTHELEMY VIMONT? 
S. J. 

Premier supérieur des Ursulines de 
Québec, 1639 



construit et édifié, certifions avoir 
vu leurs lettres d'obédience de Mes- 
seigneurs les révérendissimes arche- 
vêques, de Rouen et die Tours;, por- 
tant ample témoignage des vertus, 
mérites et saintes intentions des 
dites révérendes Mères religieuses 
Ursulines et de la dite dame de la 
Peltrie, laquelle, mue du zèle de la 
gloire de Dieu, de, la conversion 
des âmes infidèles, est venue exprès 
dans ce pays pour y fonder de ses 
biens la dite maison et couvent ; 
et pour ces fins et causes, nous 
avons reçu avec contentement les 
dites révérendes Mères de; l'Incar- 
nation, de Saint Joseph et de Sain- 
te-Croix et la dame de la Peltrie. 

" Et par ces présentes, consen- 
tons de notre pouvoir et autorité 
qu'eues s'éablissent en ce pays de 
la Nouvelle -France. r>our y garder 
et observer leurs règles et institut 
religieux et vaquer à l'éducation 



108 — 




M. ANTOINE FAULX 

2e chapelain de© Ursulines de Qué- 
bec, 1641 



des petites filles, tant des Français 
que des Sauvages ; et pour cet 
effet, leur avons départi et distribué 
six arpents ou environ, de terre eu 
nature de bois, en l'étendue de la 
ville de Québec, et soixante arpenta 
ou environ de terre aussi en nature 
de bois, situés dans la banlieue de 
la dite ville ; pour [celles terres, 
faire défricher, tant pr- y bâtir 
et élever leur dite, maison et cou- 
vent, que pour semer des grains 
pour leur entretennement. 

" Déclarons en outre avoir été re- 
quis par les dites révérendes Mères 
religieuses Ursuiliines et la diftu 
darne de la Peltrie, de faire signer 
au présent acte le révérend Père 
Berrheleini Vimont, qui lies a ac- 
compagnées en la traversée, à pré- 
sent supérieur de la Mission de la 
Compagnie de Jésus, qui seul se 
retrouve d'ecclésiastique en ce pays 
et pareillement le révérend Père 
Paul Lejeune, qui l'a précédé en la 
dite charge. Ce qu'avons fait, et 
les dits révérends Pères nous assu- 
rant de la vertu et courage des di- 
tes révérendes Mères religieuses 
Ursulines et de la dite dame de la 




M. GUILLAUME VIGNAL 

4e chapelain des Ursulines, 1648 



Peitrie, et du zèle qu'elles ont pour 
îiisauiie Isa. jeunesse, tant française 
que sauvage, à la piété et aux bon- 
nes moeuis, ont avec nous signé le 
présent acte. 

" Fait au fort Saint-Louis de 
Québec, ce vingt-huitième de sep- 
tembre mil six cent trentet-neuf. 

" Signé : G. H. de Montmagny, 
E. \imont, Paui Le Jeune, Soeur 
Marie de l'Incarnation, supérieure, 
Soeur Cécile de Sainte-Croix, assis- 
tante, Soeur Marie de Saint Jo- 
seph, Madeleine de Chauvigny,Mar- 
tiai Piranbé, secrétaire." 

Comme on ie voit par l'acte de 
réception, les religieuses Ursulines 
occupèrent trois chambres au-des- 
sous du magasin de la Compagnie 
des Cent- associés, qui était sur le 
site même de l'église de Notre- 
Dame des Victoires, à la Basse- 
Ville. Ce terrain fut donné à Mgr 
de Saint-Valier, par le gouverneur 
Denonville et l'intendant DeMeules, 
en 1686, pour y bâtir une église 
pour les habitants de la Basse- 
Ville. Le terrain étant devenu va- 
cant par l'incendie du magasin, le 
5 août 1682. Les Mères Ursulines 



— 109 — 




SAINTE-ANGELE: DE MERICI 

Fondatrice de l'Ordre de SainteUrsule, en 1535 



demeurèrent dans ce magasin jus- 
qu'au 21 novembre 1642, époque où 
elles prirent possession de leur nou- 
veau monastère à la Haute- Ville' 
de Québec. 

Les Dames Ursulines de Ouébec^ 
dit M. C. de Laroche-Héron, dans 
"Les Servantes de Dieu en Canada, 
p. 23. Cette fondation est due à 
Madeleine de Chauvigny, veuve de 
Grivel, sieur de 'ïa Peltrie, de la 



maison de Touvys ; elle date du 
28 mars 1639. 

" Mme de la Peltrie consacra ses 
biens> et sa personnel à la bonne 
oeuvre que le ciel lui avait inspirée 
pour l'éducation des jeunes filles du 
Canad'a. D'Alençon, où elle demeu- 
rait, elle se transporta à Paris pour 
y régler les affaires de sa fonda- 
tion ; puis à Tours pour y cher- 
cher des religieuses Ursulines. Elle 



110 




M. LE CHANOINE NICOLAS 
DUBOS 

Chapelain dès "[Insulines, 1699 



en tira l'illustre Marie Guyart, dite 
de l'incarnation, que l'on a appelée 
ia Thérèse de la i'rance, et la boeur 
Marie de S t- Joseph. JJe là, elle se 
rendit à Dieppe, où elle avait donné 
l'ordre qu'on lui frétât un navire ; 
■elle y acquit une troisième Ursuli- 
ne, et le 4 mai 1639, elle s'y embar- 
qua en compagnie des religieuses 
Hospitalières, comme nous l'avons 
dit plus haut. A leur arrivée, à Qué- 
bec, élites furent menées, dit ls 
Soeur Juchereau, dans une petite 
maison sur le bord de l'eau, où elles 
étaient très étroitement. 

En 1642, elles purent habiter leur 
monastère élevé sur le terrain mê- 
me qurô la communauté occupe au- 
jourd'hui. Bans la forêt voisine du 
couvent, la Mère Marie de l'Incar- 
nation instruisait, les sauvages ; 
et on voyait encore debout en 1850, 
dans l'enclos des Ursulines, l'arbre 
unique qui restât de la forêt de 
1639. C'était un frêne vénérable, au 
pied et à l'ombre duquel la sainte 
religieuse avait rassemblé, pendant 
plus de trente-deux ans, les petites 
filles sauvages, pour les instruire 




M. TEANCOIS DUPEE 

Chapelain des Ursulines de Québec, 
1701 



des vérités de la religion. Il était 
donc pour les I>ames Ursulines une 
relique précieuse, et elles l'ont vu, 
avec tristesse, tomber de vieillesse, 
le 19 juin 1850. (1) 

Mme de la Beâtrie, qui n'avait 
jamais désiré être riche, et qui s'é- 
tait faite pauvre de si bon coeur 
pour Jésus-Christ, aurait voulu 
avoir des trésors à sa disposition, 
pour procurer à toutes les nations 
du Canada les moyens d'arriver à 
la connaissance du vrai Dieu. Son 
zèle la porta même à cultiver la 
terre de ses propres mains, pour 
avoir de quoi soulager ses pauvres 



On dit °n plaisantant à Qué- 
bec, que Le vieux frêne des Ursu- 
lines est mort catholique,) tar(dijs 
que son contemporain l'orme des 
Kécoffle+s, est décédé protestant. M. 
l'ahbé Gagné, chapelain actuel, pos- 
sède une petite croix fait avec le 
bois de ce frêne vénérable. 



— 111 




MERE MARIE GUYAR.TDE L'INCARNATION 

Première supérieure des Ursulines de Québec, morte le 30 avril 1672 



112 




Armes de Mère Marie de l'Incarna- 
tion 



nèopnytes. Klie se uepouiLa ae tou- 
te sa garde-rooe pour vêtir les en- 
lants, et àà reste ae sa vie à Québec 
lut une suite d actions de la plus 
ne-roique chante. 

** Les Ursuiiiies vécurent à Qué- 
bec en monastère non encore ap- 
piouvé par i église, d'abord sans 
constitution propre^ et ensuite sous 
la règle composée pour elles en 1647 
par ie P. Jerorne- La-ieiuani, 6. o. 
Cet état de choses dura jusqu'en 
1682, époque à laquelle la commu- 
nauté s'alnlia à la Congrégation 
des Ursulines de Paris. , 

On sait que l'ordre des Ursulines 
fut fondé en 1535, à Brescia, par 
sainte Angèiie de Merioi, née le 21 
mars 1474, à Dorenzo, diocèse de 
Vérone, sur le Lac de Garde. Elle 
fut reçue du Tiers-Ordre de saint 
François en 1540 ; elle mourut le 
28 janvier de la même année. Elle 
fut canonisée par le Pape Pie VII, 
le 24 de mai 1807. 

La Congrégation de Tours, d'où 
étaient sorties les premières Ursu- 
lines de Québec, appartenait à la 
famille des Ursulines de Bordeaux, 
fondée en 1606 par la Mère Fran- 
çoise 'de Cazères, dite Mère Ste- 
Croix, et par le cardinal de Sour- 
dis, archevêque de Bordeaux. En 
1618, la maison de Bordeaux, et 
cinq autres maisons qui en étaient 




M. MICHEL BUISSON 

Chapelain des Ursulines, 1707 



sorties, furent érigées en vrais mo- 
nastères par une buile du Pape 
Paul V. La Mère de Sainte-Croix 
fonda la maison de Tours entre 
1620 te 1640, et mourut près de 
Bordeaux en 1649. La Congrégation 
de Paris, à laquelle les Ursulines 
de Québec s'affilièrent seulement en 
16S2, eut pour fondatrice, en 1607, 
Mme de Ste-Beuve. Elle fut auto- 
risée par brevet du roi en 1611, et 
érigée en monastère par bulle de 
Paul V, en 1612 ; ces religieuses 
sont cloîtrées. 

Les Damesi Ursulines de Québec 
avaient complété leur premier cou- 
vent en 1642, mais, le 30 décembre 
1650, elles eurent la douleuir de le 
voir détruire entièrement par un 
incendie, fiéau qui a été si souvent 
envoyé par Dieu aux communautés 
du Canada, pour exercer leur vertu. 
Quatorze Soeurs échappées au de- 
sastre, furent d'abord recueillies à 
l'Hôtel-Dieu, puis elles allèrent, le 
21 janvier 1651, habiter la maison 
de Mme die la Peltrie ; et à cette 
occasion une convention solennelle 
fut faite entre les supérieures des 



113 




v»nKilini MM "wiiMitAMUii»»i.it.itiiA«.»MMmi l , J , L ^, % 



PEEMIER COUVENT DES UE SUUKES DE QUEBEC, EN 1642 



Hospitalières et des Ursulines : 
afin, dit cette convention, " de pré- 
server entre les deux communau- 
tés une union et une affection per- 
pétuelles et indissolubles,, il y aura 
toujours entre elles une entière 
amitié, une participation dans les 
biens spirituels et un mutuel échan- 
ge de bons' offices etJ de prières. 

La Soeur St-Laurent, douée d'un 
mérite extraordinaire, contribua 
puissamment à la reconstruction du 
couvent", tant par son intelligence 
et son économie que par son travail 
manuel ; mais lei 21 octobre 1686, 
pendant que la communauté célé- 
brait solennellement la fête de Ste- 
Ursule, le feu prit encore au cou- 
vent et le réduisit complètement en 
cendres. Pour la, seconde fois', les 
Ursulines trouvèrent à l'Hôtel-Dieu 
la plus' affectueuse hospitalité, et 
elles y furent reçues au nombre de 
25. L'intérêt que la population 
tout entière prit à leur malheur, 
procura de promptes ressources 1 pour 



réparer le désastre, et les Ursulines 
purent bientôt rouvrir leur pension- 
nat, dont la perte aurait été si pré- 
judiciable aux intérêts religieux de 
Québec. 

Charlevoix rend hommiage à la 
persévérance et à l'habileté des 
Ursulines : " Elles ont essuyé deux 
incendies, écrivait-il en 1720 ; avec 
cela; elles ont m peu de fonds, et les 
dots qu'on reçoit des filles de ce 
pays sont si modiques que,_ dlès la 
première fois que leur maison- fut 
brûlée, on pensa à les renvoyer 1 en 
France. Elles sont «îéanmoins ve- 
nues à bout de se rétablir toutes, les 
deux fois, et l'on achève actuelle- 
ment leur église. 

Elle© sont, proprement et commo- 
dément logées : c'est lte fruit dé la 
bonne odeur qu'elles répandent dans 
la colonie, die leur économie, de 
leur sobriété et dé leur travail ; 
elles dorent, elles brodent,, toutes 
sont utilement, occupées, et ce qui 
sort de leurs main;, est ordinaire- 



— 114 




R. P. MAURICE IMBAUUT 

Récollet, chapelain des 1 Ursulines 1 , 
1735 



ment d'un bon goût." (Journal his- 
torique, etc., ou tome III, p. 75, 
édition in 4to.) 

— " De son côté, un auteur pro- 
testant rend hommage aux Ursuli- 
nes, lorsqu'après avoir exalté le ca- 
ractère héroïque de Mme de la Pel- 
leterie, il ajoute : " Les fruits de 
sa précieuse fondation se conti- 
nuent de nos jours,, par l'excellente 
éducation qui est donnée aux jeunes 
pensionnes dans le pensionnat! des 
TJrsulines.' ,, (Hawkins* Pioture of 
Québec, p. 206.) 

Les UrSulines de 1 Québec ont 
l'honneur de posséder dans la cha- 
pelle de leur couvent le tombeau du 
brave Marquis êe Montcalm, mort 
des suites de blessures reçues le 13 
Feotembre 1759. La dépouille mor- 
telle du héros ne peut être mieux 
placée que sous la garde de la pieté. 

L'Ecole Normale Laval fut fon- 
dée en 1857, pour Jes jeunes per- 
p on nés qui se destinent à l'enseiigne- 




M. JOSEPH RESCHE 

Chapelain des Ursulines, 1755 



ment. Le gouvernement, avec l'ap- 
probation de Sia Grandeur Mgr de 
Tloa, confia aux Ursulines ce nou- 
veau pensionnat avec certaines 
branches d'enseignement aux élèves 
maîtresses. 

La communauté a fourni des su- 
jets pour trois nouvelles fondations ; 
les Trois-Rivières, en 1697 ; Lac 
St-Jean, en 1882. et Stanstead, en 
1884, dont on parlera par la suite ; 
à part cela la communauté a contri- 
bué à d/autres fondations. 

La communauté des Ursulines de 
la Nouvelle -Orléans était en déca- 
dence en 1823, parce que dix-huit 
de ses religieuses s'étaient retirées 
à la, Havane, à la cession de la 
Louisiane aux Etats-Unis. Il n'en 
resta que six, et pour y ranimer 
l'esprit de Ste-Angèle, les Soeurs 
Félicité Borne, de Saint-Charles, 
Marie-Angélique Bougie, de Saint- 
Louis de Gonzague, eti Marie-Péla- 



115 




M. HEJSTKI FKS GKAVE DE LA 
RIVE 

Chapedain des Ursulines, 1780 



gie Morin, de St-Etienne, partirent 
de Québec pour la Nouvelle-Or- 
léans le 13 mai 1823. Mgr Dubourg, 
évêque de la Nouvelle-Orléans, en 
avait fait la demande à Mgr J. O. 
Plesisis'. 

Cette communauté con/tribua, aus- 
si à la fondation des Ursulines de 
Galveston (Texas). Mgr Odin, dansi 
un voyage à Québec en 1849, obtint 
deux Soeurs, Victoire White, de 
Ste-Jeanne db Chantai, et Cathe- 
rine Barbe, de St-Thomas, qui se 
joignirent à cinq de leurs Soeurs 
du couvent de la Nouvelle-Orléans, 
établies à Galveston, en 1846. Tous 
ces religieuses sont revenues mour- 
rir dans leur couvent de Québec. 



Par rétablissement des- deux com- 
munautés de 1639, nous voyons com- 
ment nos pères comprenaient la co- 
lonisation de pays sauvages, et les 
exemples ne nous manqueront pas 
dans la suite de ce récit. 

A cette époque, la religion était 
l'âme de toutes les entreprises, et 
l'on comprenait qu'elle seule peut 
servir de base à un édifice social, et 
lui préparer un heureux avenir. 
Comme l'a si heureusement dit le 
K. F. Félix Martin, S. J., dont les 
paroles auront un autre poids que 
les. nôtres : " Grâce à cet esprit, la 
colonie du Canada, et Montréal 
aussi bien que Québec, offrit à son 
origine quelque chose de particu- 
lier, et présenta un spectacle dont 
le monde avait été rarement le té- 
moin. On vit s'associer à tous les 
travaux die la civilisation et de l'a- 
postolat le coeur sensible et géné- 
reux de la femme. A cette époque, 
un écrivain moderne (Cretineau- 
Joly), remarque que la femme était 
appelée dans touiti le monde chré- 
tien à un grand apostolat de cha- 
rité. Elle s'y révélait la fortune du 
pauvre, la consolation de l'affligé, 
et, avec un coeur de vierge, elle 
avait un coeur de mère pour les or- 
phelins. Elle adoptait toutes les 
douleurs comme des soeurs que le 
ciel réservait à sa tendresse. Elle 
disait adieu aux jouissances eti au 
bonheur de l'existence, pour consa- 
crer à tout ce qui souffre sur la 
terre sa jeunesse et sa beauté. Ellle 
vint sanctifier ces missions lointai- 
nes, inspirer aux jeunes canadien- 
nes et aux enfants sauvages la pu- 
deur et la piété, et prodiguer aux 
malades les soins de la bienfaisance 
chrétienne." (Manuel du pèlerin de 
N.-D. de Bonsecours, à Montréal, 
P. 8.) 



— 116 — 




Monastère Saiut-Joseipn des Ursulin.es de Québec, actuel. 



Le site qu'occupe actuellement le 
monastère Saint- Joseph des Ursu- 
lines de Québec, leur a été donné 
par M. de Montmagny, gouverneur 
aie la Nouvelle-France, en 1639. Il 
est borné par les rues Ste-Anne 
JDesgavidijns,, : Stf Louis ou Grande- 
Allée et Ste-Ursulc. Le monastère 
se trouve complètement entouré 
par des résidences privées, à l'ex- 
ception de l'église et des parloirs 
que l'on voit sur la rue du Parloir 
et le pensionnat des élèves maîtres- 
ses de l'Ecole Normale. 

Lors ide l'abolition de la Tenure 
seigneuriale en 1854, M. Siméon 
Lelièvre, commissaire, nommé pour 
faire un rapport sur le fiief des 
Ursulines, lequel est rapporté dans 
le cadastre abrégé des seigneuries 
du district de Québec, voiT. I, No 
15, B. C, savoir : 

" Les titres originaux du Fief 
des Ursulines n'ont pu être trou- 
vés ; il appert dfun acte de foi et 
hommage fourni par les religieuses 
Ursulines du monastère de Saint- 
Joseph en cette ville de Québec, 



par M. Duehesnaux, lie vingt-et-un 
mai mil six cent soixante-et-seize, 
que ce fief consiste de : 

lo Un emplacement situé en la 
Haute ville de Québec, contenant 
six arpents de terre sur lesquels est 
bâti leur monastère, consistant en 
une église, plusieurs corps de logis, 
cours, jardin, aux dites relDigieuses 
appartenant, par acte qui leur en a 
été donné par Monsieur le cheva- 
lier de Montmagny, lors gouver- 
neur du pays, le quatorzième octo- 
bre mil six cent trente-neuf, et ra- 
tifié par M. de Lauzon, lors aussi 
gouverneur de ce pays, par titre du 
sixième mars, mil six cent cinquan- 
te-deux. 

2o Deux arpents de terre joignant 
les six arpents cij-devant énoncés 
et même ratificiation, et faisant de 
présent partie de l'enclos du dit 
monastère, aux dîtes religieuses, 
appartenant par donation qui leur 
en a été faite par madame Magde- 
leine de Chevigny, veuve de feu 
sieur de la Peltrie, leur fondatrice, 
passé par-devant Auidbuart, notaire, 



117 — 




Saint Joseph, patron titulaire du monastère des Ursul 



mes. 



— 118 




Eg/lise des Ursulines de Québec, bâtie en 1656 par madame de lia 

Peltrie, et brûlée en 1686. 



le quinzième octobre, mil six cent 
cinquante, à laquelle ils apparte- 
naient par acte énoncé à Ja cUte 
donation, le tout ratifié par le dit 
sieur de Lauzon, le septième mars, 
mil six cent cinquante-deux. 

3o Une perche de terre de lon- 
gueur, tout autour de l'endos du 
dit monastère, à la réserve de deux 
perches de longueur appartenant 
aux dites religieuses par titre qui 
leur en a été donné pa,r le sieur 
Daillebout, lors gouverneur du dit 
pays, dlu dixième septembre, mdji 
six cent cinquante-un, ratifié par le 
sieur de Lauzon, le dit jour, six 
mars, mil six cent cinquante-deux. 

4o Un demi arpent de terre situé 
au-devant et attenant au dit mo- 
nastère aux dites religieuses, ap- 
partenant par titre de concession 
qui leur en a été donné par le sieur 
Daillebout, le dit jour, dixième sep- 
tembre, mil six cent cinquante-et- 
un, ratifié par le dit sieur de Lau- 



zon, le dit jour, sixième mars, mil 
six cent cinquante-deux. 

5o Un arpent de terre joignant 
le dit monastère, attenant des deux 
arpents ci-devant énoncés, sur le- 
quel y a plusieurs maisons appar- 
tenant à deux particuliers par con- 
cessions faites par les dites reli- 
gieuses, auxquelles le dit ament de 
tene appartient, par donation qui 
leur en a été faite par le sieur Vi- 
gnal-ptrêtre, leur chapelain, passé 
par-devant Auctouart, notaire, lej 
vingt- deuxième août mil 1 six cent 
?inquante-huit, approuvé par Mon- 
sieur Dubois- D'Avaugour, lors gou- 
verneur du pays, le sixième juin, 
mil six six cent soixante-deux, au- 
quel s ; eur Vignal il appartenait 
par titre énoncé, à la dite donation, 
toutes les dites terres bornées dl'un 
côté les Pères Jésuites, de F autre 
la rue St-Louis, dite la Grande- 
Alice en part : e et les terres des 
pmpLrcenîents de lia fabrique, du 



— 119 




Mère Jeanne Godefroy de Saint 
François-Xavier, ancienne supé-t 
rieure des ITrsulines. Niée aux 
Trois-Rivières. le 11 avril 1644 
fille de Jean-Baptiste Godfroy de 
Linctot et die Marie Leneuf du 
Hérisson ; profession aux ITrsu- 
lines en 1660, décédlée le 28 juin 
1713. 



maître des hautes oeuvres, de Jean 
«Lemire et de sieur Oniartier, en ou- 
tre partie, d'un bout, i emplacement 
de Jacques de JLalor et celui de ia 
.Dame veuve du sieur Dupiessis, et 
a autre uout, les terres du sieur Du- 
pont i^inguet, dans iesqueiiles bor- 
nes, est aussi déclaré un petit em- 
placement situé au-devant du dit 
monastère, contenant six toises de 
largeur sur quatre toises de lon- 
gueur, acquis par les dites religieu- 
ses de Robert Oannon, par contrat 
passé par-devant nous notaire, le 
dix-huitième septembre, mil six 
cent cinquante-cinq, par lesquelles 
ratifie a tions ci-devant datées, et qui 
nous ont été présentées. Les dites 
terres sent en franc alleu et main 
morte au pouvoir de bailler les dits 
lieux en fiefs, cens et rentes, lods 1 
et ventes, saisines et amendes, sans 
que les d'tes religieuses soient te- 
nues à aucunes redevances, autres 
que les dévotions desquelles elles 



s'acquittent tons lies ans en faveur 
de Sa Majesté, et à la charge de 
donner un aveu et dénombrement 
des dits lieux de vingt ans en vingt 
ans, aux officiers de Sa Majesté, 
résidents à Québec." 

Je, soussigné,, l'un des commis- 
saires en vertu de l'acte seigneurial 
de 1854, auquel a été assigné le Fief 
des^TJrsulinesi, d'ans le district die 
Québec, afin d'en faire le cadastre 
certifié, pair les présentes,, que j'ai 
fait le présent cadastre du dit Fief, 
conformément à la loi, et que ce 
jour, le vingt-troisième de décem- 
bre de l'année mil huit cent cin- 
quante-neuf, le dit cadastre étant 
resté déposé pendant l'espace de 
temps voulu pair la. loi, je l'ai clos 
finalenient. 

Je certifie de plu® que j'ai consta- 
té que la valeur totale du dit Fief, 
c'est-à-dire, de tous les biens et 
droits lucratifs que les seigneures- 
ses du dit Fief possèdent comme 
telles, se monte, à la somme de 
cent cinquante-sept mille trois cents 
dollars et trente-cinq centins, com- 
me suit, savoir : 



Valeur des cens et ren- 
tes 

Valeur des lots et ventes . 

Valeur de la partie du 

Fief non concédée. . 



! 1,465 92 
15,834 43 

40,000 00 

$57,300 35 



Daté ce 23 décembre 1859. 

S. LELIEVRE, 

Commissaire. 

Les bâtiments qui composent le 
monastère St-Joseph des ITrsulines 
de Québec portent chacun un nom 
particulier, savoir : 

Saint-Augustin, corps principal 
érigé en 1642 ; brûlé en 1650 ; re- 
bâti sur les mêmes fondations, 130 
x 36, le 3e étage en 1832. 

Notre-Dame de Grâce : bâti en 
1854, 120 x 50. 



120 




Révérende Mère Emma Nault die 
Saint Joseph, maîtresse générale 
actuelle des Ursulines. FiSle de 
feu le Dr Jean-Zéphirin Nault 
et de feue dame Caroline Duret, 
de Québec. 



Saint-Joseph : bâti en 1858, 100 
X 56. 

Sainte-Famille, 1686 ; noviciat, 
bâti en 1712, 210 x 30. 

Saint-Thomas, , bâti en 1860, 63 
X 42. 

Marie de l'Incarnation, bâti en 
1874, 63 x 42. 

Externat, sur le site de la maison 
die Mme de la Peltrie, bâti en 
1643, rebâti et agrandi en 1836, 
66 x 38. 

L'église commencée en 1717, 100 
x 40 ; démolie en juillet 1901, et re- 
bâtie à la même place. 

Le Choeur des Religieuses, démo- 
li et rebâti en 1901, 100 x 38. 

Sainte-Ursule, bâti en 1656 ; 
brûlé en 1886, et rebâti en 1886-88, 
et démoli et rebâti en 1873 ; le par- 
loir bâti en 1716 et rebâti en 1869. 



Sainte-Angèle, en 1836, 100 x 40. 
Marie de l'Incarnation, à 4 éta- 
ges, les autres bâtiments n'en n'ont 
que trois. Il y a 124 pieds de passa- 
ge ; 'total : 1324 pieds. 

Les révérendes Darnes Ursulines 
de Québec ont publié une édition 
française en 4 volumes in-8, die 1639 
à 1877, des annales de la commu- 
nauté depuis la fondation, en 1639, 
et deux éditions anglaises, dont la 
première en trois parties jusqu'en 
1875, et la seconde en un seul volul- 
me in-8, en 1897, (illustrée.) Ces 
annales sont très utile® et indispen- 
sables à nos historiens pour connaî- 
trie notre pays. Mais, il y manque un 
tableau chronologique des noms des 
religieuses^ depuis la fondation jus- 
qu'à nos jours, donnant le lieu et la 
da'e die naissance, le nom du père 
eti die la mère dés 'religieuses. Ce ta- 
bleau serait d'un grand secours aux 
personnes qui écrivent l'histoire de 
leur paroisse et pour celles qui con- 
sultent le dictionnaire de Mgr Tan- 
guay, dans le but de connaître leurs 
ancêtres, car il faut remarqueir que 
plusieurs religieuses portent le mê- 
me nom de fille q<ue nost grandes 
mères ont porté ; ce qui éviterait 
de la confusion, j'en connais' quel- 
que chose. Cette reimairque peut s'ap- 
pliquer à toutes les communautés 
d'homme® et de femmes du Canada. 
L'histoire de la vie de la vénéra- 
ble Mère Marie de l'Inca/rnation, 
écrite par son fils Dont Claude Mar- 
tin, bénédictin, a été publiée à Pa- 
ris 1 en 1677. M. l'abbé Raymond 
Casgrain a aussi publié la vie die la 
Mère Marie die l'Incarnation, qui en 
est rendu à la 3ième édition, ainsi 
que M. Fabbé Richaudeau, aumô- 
nier des Ursulines de Blois, en 1873. 
M. Richaudeau a aussi publié les 
lettres die Marie db l'Incarnation, 
en deux volumes in-8. La première 
édition de ces. lettres a été publiée 
à Paris, en 1681, en un volume in-8. 
Une lettre d'approbation die Mgr 



— 121 — 




Couvent dtes Ursulines.de Tours, (France), 



die L'aval, envoyée à Paris, en 1677, 
qui devait être mise dans la pro- 
mdère édition de la vie de la vénéra- 
ble Mère Marie die l'Incarnation, 
écrite par son fils Don Claude Mar- 
tin, arriva trop tard pour être mise 
en tête du volume. Cette lettre pa- 
rut dans la seconde édition publiée 
à Paris, en 1892, par M. l'abbé Léon 
Chapot, chanoine honoraire d' Assi- 
se, aumônieir du monastère de Ste- 
TJrsule, de Nice. Nous avons cru 
qu'elle trouverait ici naturellement 
sa place. 

APPROBATION 

Donnée par Mgr de Montmorency- 
Laval, premier évêque de Québec 
au livre de Don Claude Martin, 
au moment die sia uu'blioation : 
" Nous avons lu avec admiration 
l'a vie de la vénérable Mère Marie 
de l'Incarnation, religieuse ursu- 
line, où, non seulement, nous n'a- 
voua rien vu qui ne soit conforme 
à la religion catholique, apostoli- 
que et romaine ; mais nous y avons 
remarqué de très puissants motifs 



pour exciter les âmes religieuses, à 
parvenir à la sainteté de leur vo- 
cation, et tous les fidèles à une so- 
lide vertu. Noua tenons à bénédic- 
tion particulière la connaissance 
qu'il a plu à Dieu nous en donner, 
l'ayant soumise à notre conduite 
pastorale : et le témoignage que 
nous en pouvons rendre est qu'elle 
était ornée de toutes les vertus dans 
un degré très éminentj. surtout d'un 
don d'oraison si éclairée et d'une 
union, à Dieu si parfaite, qu'elle 
conservait sa présence parmi les 
différentes occupât ions où sa voca- 
tion rengageait et au milieu de 
l'embarras des affaires les plus dif- 
ficiles et les plus distrayantes. Elle 
était tellement morte à elle-même, 
et Jésus-Christ la possédait si plei- 
nement, que l'on peut assurément 
dire d'elle comme de l'Apôtre. tfu'el» 
le ne vivait pas, mais Jésus-Christ 
en elle, et qu'elle ne vivait et n'a- 
gissait que par. Jésus-Christ. 

" Dieu, l'ayant choisie pour don- 
ner commencement à l'établissement 
des Ursulines au Canada, lui avait 
donné la plénitude de l'esprit de 



122 




Mère Olympe Gagnon die Sainte- 
Marie du Carmel, Soeur de la 
révérende Mère Sainte Antoinet- 
te, supérieure actuelle des Ursu- 
lines die Québec. 

1_ _- 



son institut. C'était une parfaite 
supérieur^, une excellente maîtres- 
se des novices ; elle était capable 
de tous les emplois die la religion. 
Sa vie, commune à l'extérieur, mais 
très régulière et aniûnée dl'un inté- 
rieur tout divin, était une règle vi- 
vante à toute sa communauté. Son 
zèle pour le salut des âmes et sur- 
tout pour la conversion des sauva- 
ges était si grand et si étendu, qu'il 
semblait qu'elle les portait tous en 
son coeur, et nous ne doutons point 
qu'elle n'ait beaucoup contribué par 
ses prières à obtenir de Dieu les 
bénédictions qu'il a répandues sur 
cette Eglise naissante. 

" C'est le témoignage que nous 
avons cru devoir rendre à la vertu 
et au mérite de cette grande ser- 
vante de Dieu et l'approbation que 
noug donnons volontiers, dans la 
créance que ceux qui liront cett a 




Sceau des Ursulines de Québec. 



vie en tireront un grand! fruit, 
comme nous savons que ceux qui 
ont eu le bonheur de converser 
avec elle et de voir l'exemple de 
ses vertus en ont été parfaitement 
édifiés. 

" Donna à Québec, le douzième 
jour de novembre mil six cent 
soixante et dix-sept. 

<< FRANÇOIS, 

" Evêque de Québec." 

La vénérable Mère Marie Guyart 

de l'Incarnationi, née le 28 octobre 
1599, fille de Florent Guyart et d'e 
Jeanne Micbelet, mariée en 1618 à 
M. Martin de Tours, devenue veuve 
en 1620. Première supérieure des 
Ursulines db Québec en 1639, 
morte à Québec le 30 avril 1672. 

La Révérende Mère Annaliste des 
Ursulines a eu la bienveillance ^ de 
me donner la liste des Aumôniers 
d'e la Communauté depuis l'a fon- 
dation jusqu'à aujourd'hui avec le 
nombre des religieuses pouu la mê- 
me Dériodé : 




— 123 



Ls-Philippe Des jardins, V. G., or- 
donné le 19 octobre 1777,arrrvé au 
Canada le 3 mars 1793 ; mission- 
naire, cette même année, à Niaga- 
ra ; en 1802, chapelain des Ursu- 
lines de Québec ; Vicaire Général 
de Pari?, où il est décédé le 21 
octobre 1S33. 



Mères de Choeur, 
Soeurs converses 
Postulantes 1 ou novices 



1639-1901. . 282 

" . . 105 

. . 15 



Total 



392 



•Mères de Choeur, actuelles. . 61 
Soeuris converser " 23 

SUPERIEURES DE 1839 A 1901 

Mère Adélaïde Plante db St-Ga- 
hriel ; 1836-1812 ; 1848-1854 ; 
1857-1863 ; 1866 à 1872. 

Mère Isabella McDonell de St- 
André, 1842-1842 ; 1854-1857 ; 
1863 à 1866. 

Mère Adèle Cimon de Ste-Marie, 
1872^ à 1875. 

Mère Georgiana Va,n Felson de 
St-George, 1875-1878 ; 1884-1890. 

Mère Elizabeth Tims de Ste-Ca- 
therine, 1878 à 1884. 
. Mère Georgiana Létourneau de 
Marie de l'Assomption, 1890 à 1896. 




M. Jean-Denis Dauiïé, chapelain 
des Ursulines de Québec, 1815- 
1832 ; ordonné à Paris le 21 mars 
1790, devenu aveugle, il se retira 
à l'Ancienne Lorette, où il mou- 
rut le 16 novembre 1852. 



Mère Flavie Gagnon de. Ste-An- 
toinette, 1896, supérieure actuelle. 

Mère Em/ma Nault de S t- Joseph, 
Maîtresse Générale actuelle. 

LISTE DES AUMONIERS 

1639.— R. P. Berthelémi Vimont 
1641.— M. l'abbé Antoine Faulx. 
1643.— M. l'abbé René Obartier. 
1648.— M. l'abbé Guillaume Vi- 

gnal. 
1658.— RR. PP. Jésuites. 
1660. — M. l'abbé Philippe Pèlerin. 
1661. — R. P. Jérôme Lallemand', 

S. J. 
1673.— R. P. Thierry Besehefer, 

S. J. 
1689.— R. P. Ch. Michel Germain, 

S. J. 
1699.— M. l'abbé Nicholas Dubos, 

chanoine. 
1701. — M. l'abbé François Dupré. 



124 




M. Célestin Gauvreau, V. G., cha- 
petl-ain des Ursulines de Québec 
1832, né à Québec le 13 mai 1799, 
fils de Louis Gauvreau et Marie 
Vincent ; ordonné le 3 octobre 
1824 ; mort au oollègie Ste-Anne, 
le 9 juin 1862. (Oncle de M.Gau- 
vreau, curé oJe St-Roeh. 



1707.— M. l'abbé M. Buisson. 
1713.— R. P. Léonard Martm<S.J. 
1715.— R. P. Pierre Jos. de la 

Chasse, S. J. 
1735.— R. P. Maurice Imbault, 

RécoUet. 
1740.— R. P. Jean Bte de St. Pé, 

S. J. 
1741.— M. l'abbé René Jean de la 

Villangevin. 
1747. — M. l'abbé Benjamin Ls. de 

Villars. 
1755. — M. l'abbé Joseph Resebe. 
1767.— RR. PP. Jésuites. 

R. P. Pierre Luc dtu Jaunay, 

S. J. 
1776. — Messieurs du Séminaire. 
1780.— M. l'abbé Henri Frs, Gra- 
vé de la Rive, V. G. 
1802.— M. l'abbé Ls. Philippe 

Desjardins, Y. G. 




M. Thomas Maguire, V. G., chape- 
lain des Ursulinies de Québec, 
1832 à 1854. Né à Philadelphie, 
le 9 mai 1776 ; fils de^ John Ma- 
guire et de Marguerite Swite ; 
ordonné le 11 août 1799, vicaire 
à Québec ; 1832, chapelain de?j 
Lrsulinies, mort le 17 juillet 1854. 



1802.— M. l'abbé Antoine Lan- 
g-lois. 

1804.— M. l'abbé Jean Denis 
Daulé. 

1832.— M. l'abbé Thomas Magui- 
re, V. G. 

1832.— M. l'abbé Célestin Gau- 
vreau (suppléant) . 

1854. — M. l'abbé George Louis 
Lemoine. 

1888.— M. l'abbé George McCrea. 

1889, — M. l'abbé Louis Laurent 
Paradis. 

1894.— M. l'abbé Lionel St Geor- 
ge Lindeay. 

1900.— M. l'abbé Charbs Edouard 
Gagné. 



125 — 




Eglise des Ursulines de Québec en construction, vue prise lie 

niovem bre 1901. 



21 



Voici ce que M. le chevalier C. 
E. Rouleau écrit dans le "Soleil*' 
du 7 septembre 1901, sur la démo- 
lition et reconstruction de la nou- 
velle église des Ursulines : 

' La première église du monas- 
tère des Urusiiinies de Québec, dite 
église de Madame de la Peltrie, fut 
commencée en 1656. Monsieur de 
Lauzon, alors gouverneur de la Nou- 



velle-France, fen posa la première 
pierre le 25 mai 1656. 

En 1667, Monsieur le Marquis de 
Tracy fit ajouter à l'église des Ur- 
sulines, à ses propres frais, une 
chapelle dédiée à S'te-Anne. Lui 1 - 
• 3me en rosa ?a première pierre 
sous la bénédiction de Monseigneur 
de Laval. 

Cette église fut soillennellemienrfc 



— 126 — 




C. E. Rouleau, président des Zouaves pontificaux du Canada* créé 
chevalier de POrdire de Saint- Grégoire le Grand, en 1901, par Sa 
Sainteté Léon XIII. _. _j 



inaugurée le 17 août 1667 par Mon- 
seigneur de Laval Elle fut détruite 
par l'incendie de 1686. 

La seconldie églisie du monastère 
des Ursulines de Québec, commen- 
cée en 1720, ne fut terminée qu'en 
1722. Monseigneur de Saint- Valider 
en fit la dédicace la veille de la fête 
de l'Assomption de l'année 1722. 

Cette seconde égBsé fut démolie 
au printemps de 1901. 



Voici ce que nous lisons dans les 
annales du monastère sur ces deux 
églises : 

C'est le 19 mai 1656 (Annales p. 
18), que la première pierre de la 
première église du Monastère fut 
posée par M. dé Lauzon, gouverneur 
dé la Colonie et ami de l'établisse- 
ment. Il paraît qu'on omit alors, 
faute die moyens, la construction 
d'une chapelle de Ste-Anne, qu^ 



127 — 




Intérieur die l'église des Ursulines de Québec, démolie en 1901. 



eut lieu plus tard' dans cette église ; 
et l'on ne pleut douter, qu'il n'en 
soit fait aucune mention, que l'on 
ne travaillât au choeur des religieu- 
ses en même temps qu'on édifiait 
l'église. 

La Dame de la Peltrie, toujours 
généreuse, fit un don en cette occa- 
sion de dix mille francs (10,000), 
somme considérable pour ces temps 
et qui équivaudrait p^ut-être à cin- 
quante mille (50,000) francs de nos 



jours. L'église, disent les Annales 
p. 20, fuit bénite le 6 janvier 1659, 
et le lendemain la première messe 
célébrée par le rév. Père de Quen, 
jésuite et supérieur dles Missions du 
Canada. Jusqu'à l'arrivée de Mon- 
seigneur de Laval en cette même 
année 1659, moins les deux derniè- 
res années, les monastères furent 
soumis à la direction des Jésuites, 
comme chefs des Missions. Pendant 
les deux années mentionnées, l'abbé 



128 — 




M. Geo. Louis Lemoine, chapelain 
d'es Ursulines 'de Québec 1854- 
1868, n,é à Québec le 11 août 1816, 
fils de Benjamin Lemoine et de 
Julie McPherson ; ordonné le 16 
mars 1839 ; vicaire aux Trois- 
Rivières. 1842, curé de Beau- 
port; ; 1848, missionnaire de La- 
val, Valeartier et d'u Lac Beau- 
port ; 1851, curé de si Ecureuils ; 
1854, chapelain des Ursulines de 
Québec, décédé le 22 janvier 1890. 



de Caylux (quelques auteurs écri- 
v'&nt de Quélus), les gouverna ea 
qualité de Grand-Vicaire de l'Ar- 
chevêque de Rouen, qui, sur une 
faible apparence de droit, s'attri- 
bua la jurisdiction sur ces pays. 

Mais, demandera-t-on avec em- 
pressement, où était située cette 
église ? où ce choeur de religieu- 
ses ? 

Cette église, allant du nondi du 
sud, s'élevait à l'endroit où se trou- 
ve aujourd'hui le parloir du monas- 
tère. La nef, la partie destinée au 
public, occupait une partie des rues 
Donnacona et idlu Parloir. 

C'est dans les mêmes années 1716 
et 1717 qu'on jeta les fondations de 
cette église et de ce choeur. Mais la 
Mèrn des Anges n'en vit qu'une 
partie des murs s'élever à la hau- 




M. George MoCrea, chapelain des 
Ursulines de Québec, 1888-1889. 
Né le 12 mai 1850, à St-Calixte 
de Somerset, fils die George Me- 
Créa et de Euphroïne Rousseau ; 

, ordonné le 24 février 1878 ; vi- 
caire au faubourg St-Jean ; 1888, 
chapelain des Ursulines ; curé 
actuel de S t- Casimir. 



teur du rez-dje-ehaussêe. Les ouvra- 
ges se poursuivirent avec activité 
les années suivantes, et les bâti- 
ments purent être bénits la veiBe 
de l'Assomption de l'année 1722. 
Cependant ils servirent peu d'abord 
parce qu'ils ne furent parachevés 
que pour la fête de saint Joseph de 
l'année suivante, époque où l'on 
commença à y faire régulièrement 
tous les offices. 

Les Annales mentionnent (p.113) 
qu'après avoir commencé le bâti- 
ment des parloirs, et ceux de l'égli- 
se et du choeur sur une trop vaste 
échelle, on fut contraint de dléf aire, 
à très grand frais, beaucoup die tra- 
vail, et de changer tous les plans, 
mais l'oeil du connaisseur voit aveo 
combien peu de succès pour l'art et 
même pour la commodité. 



129 




M. Louis Laurent Paradis, cbape 
lain des Ursulines de Québec, 
1889-1894 ; né le 28 février 1859, 
fils de Louis-Laurent Paradis et 
de Mery-Jane Eagan ; ordonné 
le 3 juin 1882 ; vicaire à _S1> Jo 
seph die Lévis ; 1884, à St-Roch 
de Québec ; 1889, chapelain de 
l'hôpital de Marine ; 1889, cha 
pelain dtes Ursulines ; curé ac 
tuel de Lotbinièrte. 




1894-1900. -Ne le 1er mai 1849, 
fils de William Lindsay, greffier 
de l'Assemblée législative ; ordon- 
né le 20 février 1875 ; professeur 
au Collège de Lévis ; 1894, cha- 
pelain des Ursulines ; 1900, ins- 
pecteur des écoles des couvents 
du dl : ccèee. 




M. Lionel St-George Lindsay, cha- 
pelain des Ursulines de Québec, 



M. Charles-Edouard Gagné, chape- 
lain des Ursulines de Québec, né 
à St-Isidore, le 12 octobre 1856, 
fils d'Alexis Gagné et d'Esther 
Bilodeau ; ordonné le 7 juin 
1884 ; vicaire à St-Vital de 
Larnpton ; mêm^e année à Des- 
chambault ; 1888, professeur au 
collège Sainte-Anne ; 1891, cha- 
pelain de l'Hôpital-Général ; 

1900, aux Ursulines de Québec. 



9 




Sainte Ursule, martyre, patronne des Ursulines en général. 



- 131 — 
X 

MONASÏÈEE DES DAMES URSULINES DES 
TROIS-RIVIÈRES 

Fondé en 1697, par Mgr de Saint-Vallier et les Ursulines deQuebic. 



Voici ca que nous lisons clans 
l'Histoire des Ursulines des Troiisi- 
Rivières, vol. 1er,, p. 9, sur la fon- 
dation die leur monastère : 

"^ C'était une belle fête pour lai 
pjetife ville des Troie-Rivières, 
quand, piar un radieux matin d'un 
des premiers jours d'octobre, le bri- 
gantin de M. de Ramsay, gouver- 
neur de la ville, entra fièrement 
dans le port, ayant; voiles déployées 
elt pavillons flottants. Les canons 
du fort, les salve© joyeuses de la 
mous quête rie, éveillante les échos 
d'alentour, avaient mis dès l'aurore 
la population sur pied. Cette foule 
heureuse et empressée bordait la 
plaige, attendant avec impatience le 




Mgr De SAINT-VALLIER, 

Fondateur des Ursulines des Trois- 
Rivières. 



débarquement des intéressarits 
voyageurs. L'a garnison, la milice, 
fournées en ligne^ donnaient à ce 
groupe un aspect martial. La petite 
colonie d'Ursulines put donc se 
croire un moment dans un camp 
plutôt qu'en une ville qui récla- 
mait les pacifiques travaux des fidè- 
les émules de Marie de l'Inoam»- 
tion, elles qui, jadis, enseignaient 
à l'ombre du frêne die! la forêt." 

" I|ét(at major du gouverneur, 
le révérend Père Filiastre, supérieur 
des RR. PP. Récollets, les fonction- 
naires publics,, quelques-uns des 
principaux citoyens et leurs dames, 
montés sur des esquifs, allèrent sa- 
luer les passagers, et revinrent bien- 
tôt allègrement en leur compagnie. 
" Soixante ans s'étaient écoulés 
depuis, que la barque de M. Lavio- 
lette avait conduit les ouvriers qui 
venaient construite le premier fort 
aux Tr ois-Rivières. Le succès avait 
couronné les travaux de nos hardis 
pionniers et, après un demi-siècle 
dlexistence, la modeste ville des 
T rois-Rivières comptait un b n n 
nqmbre de citoyens distingués, de 
valeureux guerrier^ *?t d'honnêtes 
laboureurs. 

" Ces familles éminemment ca- 
tholiques, reconnaissaient depuis 
longtemps la nécessité de procurer 
à leurs jeunes filles le bienfait d'une 
éducation solide et religûeusn Elles 
s'adressaient dans ce but au digne et 
vénéré prélat alors chargé du Ca- 
nada. Monseigneur de Saint-Vallier- 
ne voulant céder à personne son 
d'roit de fondateur,^ s'adressa aux 
Ursulines de sa. ville épiseopale, et 



— 132 




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133 — 



'(engagea généreusement à doter 
ui-inêime le futur établissement des 
Trois-Rivières. 

k" La siaint évêque fît un voyage en 
Europte, d'ans le but d'iintênesiser 
ses amis die la vieille France à la 
nouvelle fondation qu'il méditait. 
Dès le mois d!' octobre 1694, le prélait 
avait adressé une circulaire au cler- 
gé, le prévenant de son absence et 
des motifs qui l'exigeaient. Il le 
priait d'iappeler les bénédictions du 
ciel sur l'entreprise qu'il avait en 
vue. 

" Ce ne fut que le septembre 
1697, après trois ans d'absence, que 
le vénéré prélat revint au milieu 
de son troupeau. Dès son arrivée 
à Québec, Mgr die Saint-Vallier re- 
prit les négociations entamées avec 
les Ursulines de celte ville, au sujet 
d'une maison de leur ordre au 
Trois-Rivières ; le 10 septembre', il 
alla traiter cette affaire avec la com- 
munauté, offrant de paver six cents 
livres de rente annuelle, pour l'en- 
tretien dte dix lits à l'hôpital ; il 
proposait d'e faire lui-même l'acqui- 
sition de la plus belle maison qu'il 
y eut alors aux Trois-Rivières. Si- 
tuée au bord du grand fleuve et en- 
tourée de jardins, cette maison, bâ- 
tie pour servir db résidence au gou- 
verneur, offrait l'aspect le : nlus 
agréable ; les élèves pourraient y 
jouir de la vue du Sainr-Laurent 
dt du pays'age charmant de la rive 
opposée, tandis que " la brise cares- 
sante " y viendrait rafraîchir jour- 
nellement le front douloureux des 
pauvres malades. 

" La communauté dé Québelc 
ayant élu pour supérieure du nou- 
veau couvent la Mère Marie Drouet 
db Jésus, Monseigneur, qui connais- 
sait et vénérait ses vertus, confirma 
avec plaisir cette élection, et fit 
lui-même choix de la Mère Marie 
Lévedllant de Ste-Cécile, pour assis- 
tante, et de la Soeur Françoise Gra- 
ve! de Ste-Anne, religieuse oon- 




R. P. LUC FILIAS.TKE, Récollet, 

Premier supérieur des Ursulines des 
Trois-Rivières. 1697. . 



verse. Il fut jugé nécessaire que la 
supérieure du monastère de Québec, 
accompagnée des soeurs destinées à 
la fondation des Trois-Rivières, fit 
le voyage pour visiter la maison, 
avant de passer le contrat d'acqui- 
sition ; M. de Ramsay s'offrit à leur 
servir die conducteur. Le 8 octobre, 
les futures miss'iomnai.res s'embar- 
quèrent, iacjcouipagnées) de> M. de 
Montigny, bachelier de Sorbonne et 
chapelain du monastère de Québec ; 
ils atteignirent les Trois-Rivières le 
jeudfi, le 10 du même mois ; il était 
six heures du matin. Après avoir as- 
sisté au saint sacrifice de la messe, 
M. le gouverneur de Ramsay con- 
duisit les Ursulines à s;ai résidence ; 
les dames et citoyens de lai ville 
s'empressèrent d'aller rendre à nos 
mères fondatrices les devoirs que la 
joie de leur arrivée autorisait beau- 
coup plus encore que les exigences 
du' cloître. 

" M. de Ramsay, 'toujours préve- 
nant et généreux, faisant valoir son 
titre primitif de conducteur des! 
Ursulines, voulutt Jften encore pour- 



134 — 




R. M. Ls.-S. EHEAULT, chanoine, 

Chanelain actuel des Ursulines des 
Trois-Rivières. 



voir aux frais au retour de M. de 
Montigny dans la capitale. 

" La révérende Mère Marie des 
Anges ne fut pas plutôt à Québec, 
que Mgr de St-Vallier se rendit- au 
monastère peur y passer le contrat 
de fondation. Pa>r cet acte, Mgr die 
St-Viallier et les Ursulines des Trois- 
Rivières sfengagieadent à fournir' à 
frais communs, moitié par moitié, 
la somme die 11,000 livres, payables 
en 'trois ans, pour l'acquisition d'un 
terrain .d'environ d'eux arpents et 
demi, situé sur le Platon: de la ville 
des Trois-Rivières, sur lequel s'éle- 
vait une maison à dieux étages, en- 
tourée dFun jardin et dles dépen dam- 
ées nécessaires : cette résidence 
Rivait été jusque-là, Ta demeure du 
gouverneur dfe Ramsay. De plus,, la 
communauté die Québec s'enga- 
geait à laisser aux Ursulines ve- 



nues die France, la jouissance, de 
leurs rentes viagères, et à assurer 
aux professes canadiennes, une pen- 
sion annuelle de cent livres, outre 
linge, habits, livres, meubles, etc. 
Monseigneur eut encore le généro- 
sité d'insister 'sur son droit de fon- 
dateur, pour meubler la salle des 
malades. Tout étant ainsi réglé, le 
23 octobre fut fixé pour le départ 
dles trois 'religieuses choisies rjour 
aller 'rejoindre et assister les trois 
premières fondatrices. Voici leurs 
noms : Mère Mairie-Madeleine 
Amiot de la Conception, Mère Ma- 
rie Drouardl de St-Miohe! e Mère 
Marie-Louise de Lanaudiière de Ste- 
Ca thermie. 

" Nos Mères, en arrivant à la ré- 
sidence du gouverneur, furent 
frappées du grand aspect de ces 
lieux. En effet, on trouverait diffi- 
cilement un site plus kirgemnt ou- 
vert que celui dtu Platon. C'est unt 
petite colline située sur le bord d'u 
grand fleuve. 

" D'après de bons documents, 
c'est à cet endroit que M. de Lavio- 
lette arborai le drapeau fleur-de-lis, 
le 4 juillet 1634 ; c'est sur cette 
éminence qu'il éleva aussi le pire- 
mjie»r fort qui devait servir à la dé- 
fense dles colons des Trois-Rivières." 

Mère Mari© Dronet de Jésus, ve- 
nue de France en 1671 et première 
supérieure des Ursulines des Trois- 
Rivières, mourut le 9 octobre 1709. 

Le R. P. Luc Filiastr©. Récollet, 
arrivé en 1678, et décédé le 17 juil- 
let 1727, fut le premier supérieur 
des Ursulines des Trois-Rivières. 

L'Histoire die& UT/sulf-nes des 
Trois-Rivières a été publiée en 3 vol. 
in-8. 1888 à 1898. C'est la révérende 
Mère die lai Nativité qui est la supé- 
rieure actuelle. 



135 — 




Monastère des Ursulines de Roberval, fondé en 1882 



Le monastère des Ursulines à 
Roberval fut fondé pair Mgr Domi- 
nique Racine, premier évoque de 
Cbieoutimi. -C'est le 1er août 1882 
qu'eut Heu cette installation solen- 
nelle dies Ursulines dans leur monas- 
tère d)e Roberval, cérémonie qui fut 
présidée par Mgr Racine, entouré 
d'un clergé nombreux et d'une mul- 
titude dJe fidèles. Après avoir béni 
l'édlifiea qui allait être le berceau 
de lai nouvelle institution, le pontife 
adressa une touchante allocution 
aux filles de Marie d'e l'Incarnation, 
qui venaient continuer en cet en- 
droit reculé l'oeuvre admirable de 
leur fondatrice. Puis, après une 
dernière bénédiction die l'évêque, les 
religieuses franchirent le seuil de 
leur monastère, et les portes se re- I 
fermèrent sur elles ; c'étaient les 
révérendes Mères Saànt-Rsiphaël, 
née Giaigné, supérieure ; St-ïïenri, 
née Dion, assistante ; S't-François 
de Paul, née Gosselin, dépositaire ; 
Soeur Marie de la Nativité, née Lê- 



tourneau ; Soeur S t- Alexandre, née 
Poiftras, et dieux Soeurs converses, 
St-Joachim et *St- Vincent. 

dette communauté a éé bien 
éprouvée, le 6 janvier 1897, pair un 
incendie désastreux : lia, perte de 
leur couvent et la perte de sept; re- 
ligieuses, qui ont péri dans les 
flapnmea ; c'étaient Mè^ Elise Gos- 
Eelin de St-Fran^ois de Paul, na- 
tive dé St-Jean-Chrysostôme ; Mère 
Emma Létourneau de la Providen- 
ce, native de Québec ; Mère Co^ 
rinne Garneau de Ste-Ursule, fille 
de Charles Gameau, ancien ser- 
g^nt-d'armes de 1" Assemblée légis- 
lative dei Québec ; Mère Louise Hu- 
don de S te- Anne, native d'Hébert - 
ville ; Mère Catherine Bouille de 
S t- Antoine dé Padoue, native de 
Deschanibaudt ; Sr Marie-Louise 
Gftrard de St-Doniinique, native de 
Roberval ; Sr Rose Gois/selin de St- 
Louiis, naitive de Deschambault. 

Mère Staiint-Raphaël est la supé- 
rieure actuelle. 



— 136 — 



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Incendie du Monastère des Ursulines de Roberval, 6 janvier 189' 





MERE STErURSULE, 

L'une des victimes de», l'incendie du 
6 janvier 1897. 




M. THOMAS MARCOUX, 

Chapelain actuel des Ursulines de 
Roberval. 



137 — 




Mer DOMINIQUE RACINE, 

Fondateur des Ursuline» de Roberval 



Mgr Dominique Racine, premier 
évêque d)e Ohiooutiimi, est né à St- 
Ambroise die la Jeune Loœette, le 24 
janvier 1828, fils de Michel Racine 
et die Douiise Pépin ; ordonné à Qué- 
bec le 24 septembre 1853 ; vicaire 
à Québec ; 1858, curé de Saint- 
Basile ; 1859, d)e St-Paitrice de la 
Rivière-du-Loup ; 1862, vicaire fo- 
rain et curé de Chicoutimi ; nom- 
mé premier évoque die Chicoutimi, 
le 28 mai 1878, sacré dans la, Basi- 
lique de Québec le 4 eout suivant 
par Mgr Taschereau ; décédé à Chi- 
coutimi, le 28 janvier 1888. Il était 
le frère die Mgr Ajntoine Racine, et 
db M. Michel Racine, mort vicaire 
de St-Roch. 




M. JOSEPH LIZOTTE, 

Premier chapelain des Ursulines de 
Roberval. 




MARQUIS DE MONTCALM* 

Décédé le 14 septembre 1759 et! ïnv 
humé dans l'église des Ursulines 
de Québec. 



— 138 — 




MONASTERE DES UKSULINES DE STANSTEAD, Fondé en 1884. 



La troisième fondation des Ursu- 
lines ne Québec a été le monastère 
die Stanstead, fondé par Mgr An- 
toine Itacine, premier évêque de 
Sherbrooke, en 1884. Voici ce que 
nous lisons dans sa notice biogra- 
phique, p. 18. " Le 26 décembre 
1881, Sa Grandeur écrivait à la Mè- 
re Ste-Catheirine, supérieure dtes 
Ursulines de Québec : 

" Plus heureux que moi, l'évêque 
de Chicoutimi voit déjà s'élever à 
Jésus, Mairie, Joseph,, un monas- 
tère d'Ursulines au Lac St-Jean. 
Cet événement n'a surpris personne 
plus que l'évêque de Sherbrooke. 
H croyait alors avec bien d'autres, 
que les Ursulines de Québec ne dé- 
siraient pas s' éloigner des vieux 
murs de leur monastère. Aussi, la 
mission du Lac St-Jean lui donne 



des espérances pour l'avenir, et il 
ne manquera point de vous en faire 
part, à son prochain voyage à Qué- 
bec. Et si ia Providence, qui dirige 
toute chose d'une manière invisible 
mais souveraine, dirige les filles de 
Ste-Angèle vers le diocèse de Sher- 
brooke, soyez persuadée que le jour 
die leur arrivée sera un grand jour 
pour F évêque de Sherbrooke. 

" Dans un voyage fait à Québec, 
au mois de janvier 1882, Sa Gran- 
deur propose aux Ursullines la fon- 
dation d'une maison à Stansteaa, 
et dans une lettre qu'elle leur adres- 
se en date du premier février sui- 
vant, Elle leur dit : Les avantages 
d'une fondation à Stanstead seront 
plus spirituels que temporels. Vous 
travaillerez à l'extension diu royau- 
me de Dieu, par l'éducation chré- 



139 — 




MGR ANTOINE RACINE 

Fondateur des Ursulines de 
Stanstead. 

Mgr Antoine Racine, né à St-Am- 
broise, le 26 janvier 1822 ; ordon- 
né à Québec, le 12 septembre 1844 ; 
vicaire à la Malbaie ; 1849, curé 
et missionnaire de St-Loui's de 
Bknford, die Bufetrode et de Stan- 
stead ; 1851, curé de Saint-Joseph 
de la Beauoe ; 1853, desservant de 
1 église Saint-Jeian-Baptiste de Qué- 
bec. Préconisé premier évêque de 
Sherbrooke, le 1er septembre 1874 • 
sacré dams l'église St-Jean-Baptis'tie, 
le 18 octobre 1874. Mort à Sher- 
broke, le 17 juillet 1S93. Onze 
evêques, un abbé mîtré et 176 prê- 
tres ont assisté à ses funérailles. 



tienne dles enfants catholiques, et 
-en triant pour la conversion des 
autres qui sont en grand nombre 
hors de l'Eglise catholique. 

" Les Ursulines acceptent la fon- 
dation (die Stanstead au prix de 
quels sacrifices, Dieu seul le sait. 
Mgr Racine presse l'exécution de 
leur projet. MM. les abbés M. Me- 



M. l'abbé J. A. DUFRESNE 

1er Chapelain des Ursulines de Stans- 
tead, 1884 à 1891 ; 1891, curé de 
Saint-Philippe de Windsor -Mills. 



Auïey et J. A. Dufresne, successi- 
vement curés de Stanstead, le se- 
condent de tous) leurs efforts, et à 
l'autoim,ne de 1884, les Ursulines 
arrivaient à Stainstead pour" y ins- 
truire les enfants des deux sexes, 
et pour donner à tous, protestants 
comme catholiques, les exemples de 
toutes l'es vertus chrétiennes-. Mgr 
Racine écrivait le 29 décemhre 
1885, à la Mère Ste-Catherine : 

" L'année 1884 sera une année 
mémorable pour le diocèse de Sher- 
brooke, par la fondation du monas- 
tère de Stanstead que je dois à vo- 
tre charité et au zèle des Ursulines 
de Québec. 

" C'est St-Joseph qui est chargé 
de conduire les Filles die Marie de 
l'Incarnation en Egypte, âe les y 



140 — 




M. l'abbé E. WILFRID DUFRESSE 

2e Chapelain et chapelain actuel des 
Ursuiines de iStanstead. il est le frère 
de M. Joseph- André Dufreane, le pre- 
mier chapelain. 

protéger de toutes manières, jusqu'à 
ce que l'Ange du Seigneur l'aver- 
tisse die les conduire dians la patrie 
céleste. Conduites par ce saint et 
puissant protecteur, lies Filles Je 
Ete-Angèle seront en lieu sûr, com- 
me celles qui se dévouent au mo- 
nastère de Québec. Ce monastère 
de Stanstieaidi sera un centre de priè- 
res, un autel d'immolation, qui at- 



tirera sur les religieuses et les en- 
tants qui ^habiteront, sur la pa- 
roisse die Stanstead! et le diocèse de 
Sherbrooke l'abondance des grâces 
célestes. 

Le monastère de Stanstead a pro- 
gressé rapidement. Le Sacré-Coeur 
de Jésus l'a béni, St-Joseph lui a 
attiré des élèves db toutes les par- 
ties des Cantons de l'Est, et déjà 
les bonnes religieuses se voient obli- 
gées d'agrandir leur maison pour ne 
pas refuser celles qui se présentent 
tous les jours pour suivre les clas- 
ses. Les Ursulinos observent un de- 
mi^eloître. Leur monastère est com- 
plètement séparé die celui die Qué- 
bec ; il compte aujourd'hui (1894) 
18 membres, dont 12 professes, 5 
novices 'et une postulante, 

Fondatrices des Ursulines de 
Stlanstead, Ite 18 # août 1884 : 

Mère Marie Dion de S'te^-Eulalie, 
supérieure ; Mère McDonald du 
Sacré-Coeur, assistante ; Mère Ma- 
rie Létoumeau de la Concert ion, 
dépositaire ; Soeur Roy de Marie 
dès Anges ; Soeur MurT'ay de Marie 
db la Purification ; Soeur Coupai 
de Ste-Euphéuiie ; Soeur Lindsay 
de Ste-Agiathe ; S'te-Luee et St- 
Roeh, soeurs converses. 

Mène S'te-Eulalie, supérieure ac- 
tuelle. 



La communauté de Stanstead 
compte aujourd'hui (1901), vingt- 
cinq religieuses y compris quatre 
novices non professes. 



141 — 



frtffl. 



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x. 



CHAPELLE PAROISSIALE DE QUEBEC 

Erigée dams La maison des Cent- Associés, de 1640 à 1657 ; le collège 
et la résidlence des Jésuites, de 1640 à 1651, et le magasin et les 
bureaux de la Compagnie, de 1638 à 1663 ; ainsi que la trésorerie. 



Chapeile paroissiale de Québec, 
érigée dans ia maison die la Com- 
pagnie des Cent Associés de lia tfou- 
relie-France en 1640. Cette manou 
était située dans l'enclos de la ca- 
thédrale anglaise actueUle, en lace 
de la Place d'Armes, vis-à-vis la 
résidence du Dr Vallée. Cette cha- 
pelle, qui était à l'étage supérieur, 
avait été à l'usage des Mères de 
l'Hôtel-Dieu de Québec, lors de ieur 
arrivée à Québec, en 1639. Après 
l'incendie de l'église de Notra-Da- 
me de Recouvranee, le 14 juin 1610, 
les révérendes Mères l'offrirent au 
R. P. Vimiont, S. J., supérieur de 
la Compagnie de Jésus au pays et 
cuire de la paroisse de Notre-Dame 
de Québec, qu'il accepta avec joie, 
disent les annales de l'Hôteî-Dim 
Au mois d'août suivant, les Paies 
Jésuites prirent possession do ijout 
Pétage supérieur et une partie du 
bas de cette grandie maison ; l'autre 



partie servait de bureaux à la Com- 
pagnie des Cent Associés, et de ré- 
sidence à François de Ré, sieur cle 
Gand, commissaire général de la 
Compagnie, où il mourut le 20 Jiai 
1641. 

Les offices paroissiaux eurent lieu 
dans cette chapelle, de 1640 à 1657, 
c'est-à-dire au 30 mars 1657 (Jour- 
nal des Jésuites, p. 208), époque où 
les travaux de l'église de Notre- 
Dame de Québec actuelle furent 
terminés. Les Pères Jésuites se * *r- 
virent de cette maison comme rési- 
dence et comme collège jusqu'en 
1651, époque où le collège des Jé- 
suites fut en état de recevoir Les 
élèves. On fit «abattre plusieurs cloi- 
sons pour agrandir l'a chapelle et 
l'on fit faire un petit clocheton avec 
cloche pour annoncer les heures 
d^office?. On fit faire aussi un esca- 
lier à l'extérieur, pour conduire à 
la chapelle. 



142 — 




E. P. PAUL EAGUENEAU, S.J., 

3m© curé dje la chapelle paroissiale 
de Québec, de 1650 à 1653. 



Voici les noms des Pères qui u«t 
desservi la chapeke paroisiale com- 
me curés : 

E. P. Barthélémy Vimont, S. J., 
1640-1644. 

E. P. Jérôme Lallennant, S. J., 
1644-1650. 

E. P. Paul Eagueneau, S. Z., 
1650-1653. 

E. P. François LeMercier, S. J., 
1653-1656. 

E. P. Jean DeQuen, S. J., 1353- 
1657. 

On voit dans les registres de la 
paroisse, que M. de Gand eut apri 
service funèbre dians cette chapelle, 
le 21 mai 1641. Voici l'acte de sé- 
pulture : " lie 20 die mai, le lende- 
main de la Pentecôte. 1641, mourut 
François die Eë dit M. Gand 1 ^ com- 
missaire guntéral <au magasin de 



FRANÇOIS DE RÉ SIEUR DE 
UAND 

Décédé au-dessous de la chapelle 
paroissiale de Québec, le 20 mai 
1641, et inhumé dans la chapelle 
Charnpiain. 



Kébec, et ce en la chambre, qui eH 
sous la sacristie, et chapelle du dit 
liébec, où il avait passé l'hiver. Le 
même jour, on chanra les vêpres c^s 
trépassés pour lui, et le lendemain, 
21 du même mois, après l'office des 
morts et la messe chantée solennel- 
lement, il fut enterré en la chape \e 
de M. die Champlain". 

L'année suivante, le 22 octobre 

1642, lie E. P. Charles EayniDault, 
S. J., eut son service dans la cha- 
pelle et fut inhumé dans la chapelle 
Champiiain. Voici ce que rapporte 
la Eelation de la Nouvelle-Fran-e, 

1643, p. 2, sur la mort de ce Père : 
" Notre Seigneur a appelé à soy 
cette année le Père Charles Eayui 
bamt ; c'est le premier religieux 
de notre Compagnie qui soit mort 
en ces quartiers ioy. Il avait va. 
zèle très-grand pour l'établissement 
de la Colonie françoise, et pour la 



— 143 



conversion de ces peuples. Il avait 
procuré en iîrance quelques années 
jtes affaires die notre Mission, avec 
beaucoup de prudence et de cha- 
rité ; son zèle le porta à demander 
avec instance d'être du nombre dos 
ouvriers dk cette nouvelle Eglise, 
ce qui lui fut accordé. Il fut envoyé 
il y a quatre ans aux Hurons, à la 
Request© de nos Pères qui sont là, 
qui connaissaient sa prudence ei ? r n 
courage ; ils espéraient s'en ser/re 
pour la descouverture de quelques 
nations plus éloignées, et comme la 
langue Algonquin© y est nécessaire, 
on l'envoya aux Nipissiriniens, j.*l- 
P'ies Algonquins, avec le P. Claude 
Pi j art, où les voyages et les ira- 
vans sont incroyables. Il y gagna 
une maladie lente qui le consom- 
mait peu à peu ; ce qui obligea sos 
Pères de l'envoyer ici-bas, où !a 
commodité de vivres et de remèdes 
est plus grande ; mais notre b^u 
Dieu le trouva mur pour le Ciel, il 




R.P. RAYMBAUT, S. J. 

Décédé à la chapelle de Québec, le 22 
octobre 1642 ; il est le premier Père" 
de la Compagnie de Jésus mort au 
pays. (Relation, 1643, p. 2.) 




Chapelle érigée sur le Tombeau de Champlain. à la Haute-Ville de Qaébec, par 
M. Charles Huault de Montmagny, 2e gouverneur de la Nouvelle-France 



144 — 



mourut Fan passé, le 22 ojatobre} 
104:2, après une langueur de trois 
mois, qu'il passa d'ans une grande 
tranquillité eu esprit, une entière 
conformité à la volonté de Dieu, ot 
une consolation bien particulière de 
mourir en la Nouvelle-France, et 
d'avoir gagné son mal en travail- 
lant pour le salut des sauvag?s. 
Monsieur le gouverneur, qui esti- 
mait sa vertu, désira qu'il fut on- 
terré près du corps de feu Monsieur 
die Champlain, qui est dans un e- 
pulchre particulier érigé exprès 
pour honorer la mémoire de ce si- 
gnalé personnage, qui a tant obi' g 3 
la Nouvelle-France". 

La deuxième chapelle fut érigée 
sur le tombeau de Champlain, par 
Charles Huault de Montmagny, che- 
valier de Saint-Jean de Jérusalem, 
second gouverneur de la Nouvelle- 
Francre, après l'incendie du 14 juin 
1640, qui avait détruit la première. 
Cette chapelle était située à la Hau- 
te-Ville de Québec, près du Fort 
Saint-Louis. Fuirent inhumés dans 
le caveau d|e cette chapelle : Samuel 
de Champlain, décédé le 25 décem- 
bre 1635, François de K/é, Sieur de 
Gand, décédé le .20 et inhumé le 21 
mai 1641, et le Kév. Père Charles 
Raymibault, inhumé le 22 octobre 
1642 ; c'est le premier Jésuite mort 
au pays. 

Pair Hjes documents officiels, Ion 
retrace l'existence de cette chapelle 
jusqu'en 1661. Puis elle disparaît, 
ou plutôt est oubliée pendant pins 
de deux siècles, par nos antiquaires 
et nos historienSj qui tout à coup, 
s'imaginèrent en avoir découvert les 
ruines et le site en 1866. C'est alors 
que nos érudlijtis et nos chercheurs ar- 
chéologues se déclarèrent une guerre 
fameuse par le nuage de poussière 
qu'elle fit sortir ides vieux bouquins. 
Cette discussion historique est con- 
nue sous lie nom de " Querelle des 
Antiquaires". 



En 1898, le 21 septembre, "L'E- 
vénement de (Québec publia, à i oc- 
casion de l'inauguration solennelle 
du monument Champlain, une édi- 
i«.oii a nonneur qui reiiKermaiit, en- 
tre autres articles de haute valeur 
littéraire et historique, une étude 
intitulée "La Chapelle Champlain", 
par il. Ernest Myrand. Ce travail, 
reproduit in extenso dans le " Bul- 
letin des Kecherches Historiques ", 
de cette même année, 1898, me pa- 
raît être le document le plus com- 
plet encore paru, non seulement sur 
l'historique de la "QueUelle des An- 
tiquaires", miais encore sur l'histoi- 
re même de cette chapelle, dont la 
disparition inexplicable fait le dé- 
sespoir des archiviste en quête de 
sa découverte. 

L'étude historique de M. Ernest 
Myrand, documentée avec soin et 
remplie de notes extrêmement pré- 
cieuses, toutes se rattachant à la 
chapeUie Champlain, avait sa place 
marquée dans det ouvrage-ci. 

L'auteur m'a fait l'amitié de m'en 
permettre lia reproduction entière, 
avtec les plans qui accompagnent le 
texte de son travail, belle page d'ar- 
chéologie qui a mérité les éloges mê- 
mes du Père De Bochemonteix, l'au- 
teur du célèbre ouvrage : " Les Jé- 
suites de là Nouvelle-France". 

" J'ai lu, écrivait-il ô*e Versailles 
à M. Myrand, à la date du 16 juilîjet 
1900, j'ai lu votre travail sur la 
Chapelle Champlain dans le " Bul- 
letin dles Beeherches Historiques". 
C'est l'oeuvre d'un chercheur pas- 
si onné. Je suis de votre avis : Il . 
estt impossible au'on n'ait pas con- 
servé le (souvenir, quelque part, de 
la destméie faite aux cendres de 
Champlain. Si jamais je puis con- 
tribuer à faire passer en certitude 
ce que vous donnez comme prohabi- 1 
Kté, j'en Fierai vraiment heureux. 
He pera un moyen bien faible, sans 
dbnte, de vous remercier et de con- 



LEGENDE 



a. Fort St-Louis. 

b. Grande Eglise. 



Sénéchaussée. 

Grand chemin du Cap Rouge 

Jardin du Fort. 

Cimetière. 



Maisons des particuliers. 

Rues. 

Place d'Armes. 

Projet de'fortiflcations. 

Projet d'une batterie sur le fh 




145 




M. ERNEST MYRAND 

Auteur de la présente ét^de sur la 
Chapelle Champlain 

tribuer à une oeuvre historique qui 
m'est particulièrement chère." 

Je laisse maintenant la parole à 
M. Ernest Myrand. 

XI. 

LA CHAPELLE CHAMPLAIN 

Au Château Saint-Louis,, le jour 
de Noël, an de grâce mil six cent 
trente-cinq, décéda Samuel de 
Champlain, premier gouverneur du 
Canada, fondateur de Québec et 
" Père de la Nouvelle-France ". 
Paul Le Jeune, témoin de cette il- 
lustre mort, précieuse devant Dieu 
et glorieuse devant l'Histoire, en 
parle avec une douce et sereine élo- 
quence. 

Le vingt-cinquième de décem- 
bre, dit-il (1), jour de la naissance 

(1) Relations des Jésuites — an- 
née 1636,, page 56. 



de Notre Sauveur en terre. Mon- 
sieur de Champlain, notre gouver- 
neur, prit une nouvelle naissance 
au ciel ; du moins nous pouvons 
dure que sa mort a été remplie de 
bénéficiions. Je crois que Lieu lui 
a fait cette faveur en considération 
des biens qu'il a procurés à la Nou- 
velle-France où nous espérons qu'un 
jour Dieu sera aimé et servi de nos 
Français et connu et adoré de nos 
Sauvages. Il est vrai qu'il a\ait 
vécu dans une grande justice et 
équité, dans une fidélité parfaite 
envers son Roi et envers Messieurs 
de l'a Compagnie ; mais à la mort 
il perfectionna ses vertus avec des 
sentiments de piété si grands qu'il 
nous étonna tous. Que ses yeux je- 
tèrent de larmes ! Que- ses affec- 
tions pour le service de Dieu s'é- 
chauffèrent ! Quel amour n'avait-il 
pour les familles d ! 'ici ! disant qu'il 
les fallait secourir puissamment 
pour le bien du pays, et les soulager 
tin tout ce qu'on pourrait en ces 
nouveaux commencements', et qu'il 
le ferait si Dieu lui donnait la san- 
té. Il ne fut pas surpris dans les 
comptes qu'il devait rendre à Dieu; 
il avait préparé de longue main une 
confession générale de toute sa vie, 
qu'il fît avec une grande douleur 
au Père Lallemant qu'il honorait 
de son amitié ; le Père le secourut 
en toute sa maladie, qui fut de deux 
mois et demi, ne l'abandonnant 
point jusqu'à la mort. On lui fit 
un convoi fort honorable, tant de la 
part du peuple que des soldats, des 
capitaines et des gens d'église. Le 
Père Lallemant y officia et on me 
chargea de l'oraison funèbre, où je 
ne manquai point de sujet. Ceux 
qu'il a laissés apjrès lui ont occa- 
sion de se louer que s'il est mort 
hors de France son nom n'en sera 
pas moins glorieux à, la postérité." 
La relation du Père LeJeune ne 
nous dit pas où fut inhumé Samuel 
de Cham-plflin. et son acte de sépul- 
ture fut détruit, avec les recristres 

10 



146 — 




M. l'abbé Charles Honoré Laver- 
dière, 

Auteur d'une critique sur la cha- 
pelle Champlain dans le "Journal 
de Québec", en 1866. 

de la paroisse, par l'incendie du 14 
juin 1040. On présume cependant, 
avec beaucoup de raison, que le cer- 
cueil du premier gouverneur fut dé- 
posé dans les voûtes de Notre-Dame 
de Reeouvrance. Mais ce grand per- 
sonnage ne dormit pas longtemps 
sous le sanctuaire béni de la cha- 
pelle. Dès l'a première année de son 
administration, M. de Montmagny 
(2) voulant consacrer, par un hon- 
neur suprême, la mémoire de son il- 
lustre prédécesseur- lui fit élever un 
sépulcre particulier. Ce monument 
funéraire prit le nom de " Chapelle 
du gouverneur". On l'appelait aussi 
" Chapelle Champlain." 

" Quel site occupait la chapelle 
Champlain ; quand et pourquoi d'is.- 
parut-elle " ? Je ne prétends' pas 
répondre victorieusement à cette 
triplé question, l'une dés plus d if fi- 
les et des plus compliquées de l'ar- 



(2) Charles Huault de Montma- 
gny, chevalier de Saint- Jean de 
Jérusalem— 1636-1648. 



chéologie canadienne, mais l'étudier 
derechef à la lumière d'un nouveau 
document trouvé dans les " Archi- 
ves du monastère ", à l'Hôtel-Dieu 
du Précieux-Sang, à Québec. 
* * * 

Le 22 novembre 1866, M. l'abbé 
Charles-Honoré Laverdière publia 
dans le " Journal de Québec " une 
lettre *-»i fit grand bruit dans Lan- 
aerneau. 'louu notre petit monde 
savant fut mis en émoi. Notre cé- 
lèbre archéologue annonçait la dé- 
couverte du tombeau de: Champlain, 
découverte qu'il allait opérer, à date 
fixe, conjointement avec son grand 
ami, l'abbé Raymond Casgrain. Us 
avaient lu Sagard, les "Voyages" 
de Champlain, les "Relations" des 
Jésuites, leur "Journal", compulsé 
les registres de la paroisse Notre- 
Dame de Québec, bref, mis à con- 
tribution tout ce qui pouvait servir 
à les ^uider dans la solution de ce 
problème ardu. 

Un mois ne s'était pas encore 
écoulé que leurs démarches et leurs 
fouilles étaient apparemment cou- 
ronnées du plus éclatant des suc- 
cès. 

Avec une, modestie qui leur fai- 
sait beaucoup d'honneur et qui 
prouvait bien la délicatesse de leurs 
sentiments, ils s'excusaient devant 
le grand public de n'être pas de l'a- 
vis de leur illustre confrère, l'abbé 
Jean-Baptiste-Antoine Ferland, le- 
quel .avait écrit, cinq années aupa- 
ravant, en 1861, dans son " Histoire 
du Canada ". que "le corps clu fon- 
dateur de Québec fut inhuma dans 
une chapelle qui paraît avoir été at- 
tenante à Notre-Dam^ de Reeou- 
vrance, et ^ui était désignée sous 
le nom de Chapelle d ! e Champlain." 

•Cela était très fâcheux pour l'o- 
pinion de l'abbé Ferland, mais en- 
fin la science avait S'ps rïnoits im- 
prescriptibles — l'archéologie en par- 
ticulier — et. ar>rès avoir, "'de nov^". 
examiné, étudié, discuté les régis- 



— 147 — 




SAMUEL de CHAMPLAIN, 

Premier gouverneur de la Nouvell< 

France, né en 1570, décédé à Québec 

le 25 décembre 1635 



très de Notre-Dame, MM. Laver- 
dlière et Ca&grain conclurent défini- 
tivement que la "Chapelle de Cham- 
plain" n'était autie que la " Chapei- 
le de Québec", oons'truite en 1615 
par Samuel de Champlain lui-mê- 
me. Cette chapelle;, suivant eux, 
était siuitée au pied dfun escalier (no- 
tre "Break neck steps" actuel), qui 
faisait communiquer la Côte de La 
Montagne à la "Petite rue Cham- 
plain". 

Et d'ailleurs les faits — rien de 
positif comme les faits, n'est-ce 
pas ? — ne venaient-ils pas à l'appui 
de cette prétention savante ? L'évé- 
nement confirmait l'hypothèse. On 
avait trouvé une voûte, précisément 
au pied de cet escalier ; non seule- 
ment une voûte y avait été décou- 
verte, mais encore des ossements 
humains. M. Baldwin. de Boston, 
surintendant des travaux de notre 
aqueduc en 1854 étWt l'auteur de 
cette dernière trouvaille;, " the Iast 
but net the least". Tout indïauait 
conséauerament que l'on était hien 
en présence des corps de Champlain 



et dbs. deux personnages (1) enter- 
rés à ses côtés pour lui faire hon- 
neur. Bien plus, cette voûte était 
en si bel état de conservation que 
sur l'une de ses pierres quelques 
lettres d'une inscription permet- 
taient de reconstituer, sans se don- 
ner tnop de mal, le nom de "Samuel 
dé Champlain." 

Le proverbe dit : "les absents ont 
toujours tort". Celui de l'abbé Fer- 
ïand fut d'être mort le 13 janvier 
1865. Vivant, il eût très certaine- 
ment été en mesure de répondre à 
ses contradicteurs et d'établir,, com- 
me le fit un d'e ses partisans,, que le 
fondateur de Québec était inhumé 
dans une chapelle, voisine de Notre- 
Dame de Recouvranee, et désignée 
sous le nom de " Chapelle Cham- 
pîain." 

Ce partisan n'était autre que M. 
Stanislas Drapeau. Il eut le coura- 
ge de contredire carrément MM. La- 
verdière et Gasgrain et se fit le tei- 
ntant de l'historien Ferland. 

" A l'arrivée des Récollets, écri- 
vait-il, M. de Champlain et le Père 
Dolbeau choisirent nn lieu conve- 
uable noui y construire une chapel- 
le. Ils procédèrent de suite à sa 
construction et un mois après l'ar- 
rivée dés missionnaires, le 25 juin 
1615, on y célébrait l'a messe. Cette 
chapelle, connue dans l'histoire 
pous le nom de " Chapelle de Qué- 
bec ", servit d'église paroissiale 
îmsmi'à l'a prise de Québec par les 
Kerth, en 1629. 

" Que devint cette " Chapelle de 
Québec " ? Elle d'ut subir le même 
sort mie l'"Habita H^n de Québec", 
laouelle fut incendiée durant lie sé- 
jour des Anglais dans la Colonie et 



(1) François de Ré, sieur de 
Gand, Commissaire Général, 21 
mai 1641, et le Père Charles Raym- 
bault, 22 octobre 1642. "Cf. Regis- 
tres de la paroisse Notre-Dame de 
Ouébec." 



— 148 



avant le retour des Français en 
ltioï. Le témoignage du Père Le- 
Jeune est explicite à ce sujet. 

" Nous vîmes en bas du Fort la 
pauvre " Habitation de Québec ' 
toute brûlée, en laquelle on ne voit 
plus que des murailles de pierre 
toutes bouleversées." Puis il ajoute: 
" Nous allâmes célébrer la sainte 
messe en l'a maison la plus ancien- 
ne die ce pays-ci, la maison de Ma- 
dame Hébert qui s'est habituée au- 
près du Fort, du vivant de son ma- 
ri. " 

" Un manuscrit qui se trouve 
dans les archives du séminaire de 
Québec, cite par M. l'abbé Faillon 
(1),, relate ce qui suit à propos? de 
l'incendie de la " Chapelle de Qué- 
bec " : " et en attendant qu'on put 
en construire une nouvelle ("cha- 
pelle"), on dressa un autel dans le 
fort où les colons se réunissaient les 
dimanches et fêtes. C'était là que 
les Pères Jésuites allaient leur ad- 
ministrer les sacrements. 

" Ces divers témoignages- sont 
tellement clairs que je ne vois pas 
la nécessité qu'il y aurait d'offrir 
plus de preuves pour affirmer que 
la " Chapelle de Québec " de 1615 
n'existait plus à l'arrivée des Jé- 
suites en 1632. C'est cette même 
chapelle que MU. Layerdière et 
Cas^rain veulent à tout prix con- 
fondre avec la " Chapelle de Chamr 
plain " que mentionnent les " Re- 
lations" des Jésuites de 1641 et 
1642, lanuelle chapelle n'a jamais 
existé au temps de Ohamplain." 

Ainsi parlait M. Stanislas Dra- 
peau. Non seulement l'audacieux 
typographe révoquait en d'ouïe la 
conclusion hâtive de MM. Laver - 
dière et Casgrain, mais bientôt 
échauffé par la discussion où ^en- 
traînait ses adversaires, il refusa 
carrément d'y ajouter foi et mit le 



Cl) Faillon : " Histoire de la 
Colonie Française en Canada", to- 
me 1er. p. 272. 




MONUMENT-CHAMPLA1N, 

Inauguré le 21 septembre 1898, sur 

l'ancien site du château Saint- Louis 

à Québec 



public en garde contre ce qui lui 
semblait être une hérésie archéolo- 
gique. 

Telle fut Porigine de cette fa- 
meuse " Querelle des Antiquaires " 
qui! ne faut pas confondre, malgré 
son beau tapage, avec la " Querelle 
des Investitures, " si parva licet 
comnonere magni**". On se battit à 
coups de brochures, de correspon- 
dances et d'articles d'ans» les jour- 
naux. La galerie, très intéressée, 
suivit avec passion toutes les péri- 
péties de cette joute remarquable. 
La victoire resta aux abbés. L'opi- 



149 




M. l'abbé Henri-Raymond Oasgrain, 

Auteur d'une critique sur la char 
pelle Ohamplain. dans 1© "Journal 
de Québec"' en 18 6 6, et dans 
r"Opinicn Publique" de 1875. 



nion publique leur donna gain de 
cause, et M. Drapeau en fut pour 
ses frais d'arguments et de preu- 
ves. Leur fore© et leur justesse 
convainquirent moins que la renom- 
mée littéraire et scientifique de ses 
antagonistes. Déjà, à cette époque;, 
l'abbé Raymond CasgTain s'était fait 
un grand nom comme historien re- 
ligieux ; quant à l'autorité de La- 
verdière comme archéologue elle se 
recommandait justement de deux 
nouvelles découvertes, absolument 
brillantes : l'emplacement de la 
maison d'e Louis Hébert et les fon- 
dations de Notre-Dame de Recou- 
vrance.- M. Stanislas Drapeau se 
retira de la discussion condamné, 
mais non pas convaincu, oar le ver- 
dict d"un tribunal dont il niait la 
compétence après en avoir tout 
d'abord accepté la juridiction en 
plaidant devant lui. 



Neuf années s'écoulèrent. Un ma- 
tin, celui du 4 novembre 1875, 
" L'Opinion Publique ", de Mont- 
réal, publia dans ses colonnes l'ar- 
ticle suivant, intitulé ' " Docu- 
ments inédits relatifs au Tombeau 
de Ghamplain ". Cette correspon- 
dance s'gnée " Henri-Raymond Cas- 
grain w eût un succès égal à celui 
de la fameuse lettne de F abbé La- 
verdière. datée le 22 novembre 1866. 
La voici : 

" En dépouillant, avec mon ami 
le regretté M. Laverdière. les pa- 
piers originaux que M. Faribault 
(1) a légués à l'Université Laval, 
noua avons trouvé une -pièce im- 
portante tm>ut la question oui nous 
occupe. Elle porta pour suseription 
ces mots écrits sur le revers 1 de la 
feuille : 
" Une place située dans la Grande 

Place de Québec réservée par 
M. le Gouverneur/' 

Voici la copie textuelle de ce 
document : 

" Louis d'Ailleboust, lieutenant 
général dans toute l'étendue du 
cr*ar»d fleuve Saint-Laurent, en la 
Nouvelle-France, rivières et lacs y 
rv/Nq rendant r "- lieux qui en dépen- 
dent, 

" En vertu du non voir à nous) 
donné par Messieurs de la Compa- 
ornie dta la Nouvelle -France et sous 
le bon plaisir d'i celle, en faisant la 
distribution d'une pince située d'ans 
Penelog de Québec. Nous nous soni- 
^eq réservé une ;pla.ee située dans 
le d'it enclos " contre la Chapelle 



Oh n mol 



nmoiam 



contenant un arrpent 



(1) George-Barthélemi Faribault, 
célèibjre antiquaire. Il mounut le 21 
décembre 1866, léguant à l'univer- 
sité Laval tous ses livres, manus- 
crits, gravures et tableaux relatifs 
à l'Histoire du Canada et de l'A- 
mérique. 

Cf : Annuaires de l'Université 
Laval, No 18, p. 81, 



— 150 — 



do terre ou environ ; tenant, du 
côté du nord-est à un chemin qui 
court sud-sud-est et nord- ouest qui 
est entre la dite terre et les terres 
de l'Eglise Paroissiale do ce lieu, 
d'autre côté, au sud-ouest, aux ter- 
res non concédées, d'un bout, au 
nord-ouest, à un chemin piedsente 
qui est entre la dite terre et les 
terres de Jean Côté, d'autre (bout) 
au sud-sud-est à un chemin qui est 
entre la dite terre et la dite Cha- 
pelle Champlain — (ici les mots " la 
Chapelle Champlain ,lf sont raturés 
et remplacés, entre lignes, par les 
mots " la Grande Place) — pour en 
jouir par nous du dit arpent âe ter- 
re ru environ, nos successeur® ou 
ayant cause à toujours pleinement, 
et naisiblement aux charges ou'il 
plaira à Messieurs de la dite Com- 
paenie Nous ordonner. 

" Paît au Fort Saint-Louis de 
Québec ce dixième iour fa février. 
mil six cent quarante-neuf. 

D'AILLEBOUST." 

M. l'abbé Casgrain explique au 
lecteur pourquoi, d'ans la désigna- 
tion de la limite sud-sud-est le nom 
de " l'a Chapelle Champlain " a été 
nature pour être remplacé par ces 
mots : " la Grande Place." Le mo- 
tif qui a 'déterminé cette modifica- 
tion dans l'acte est que l'espace oc- 
cupé par la Chapelle Champlain 
n'étant pas suffisant pour servir de 
borne unique de ce côté, on y subs- 
titua les mots " la Grande; Place " 
comme étant une désignation plus 
précise. 

Ce point réglé, l'historien se de- 
mandait : 

Quel endroit occupait dians l'"en- 
clos de Québec " cet arpent de terre 
réseirvé par dPAillebous(t ? 

Et, répondant à sa nronre ques- 
tion, il en déterminait l'emplace- 
ment par l'acte de vente d'une moi- 
tié de cette même réserve, trouvé 




M. l'abbé J. B. Antoine FERLAND 



Auteur do rHistoirre de 
Nouvelle-France. 



la 



dans les minutes d'u notaire Peu- 
vret. 

Voici cet acte,, date le 30 juin 
1658 : 

" Contrat de rente foncière due par 
Jean Jobin à M. Ls D'Ailleboust. 
" Par devant Jean-Baptiste Peu- 
vret, notaire, en la Nouvelle-Fran- 
ce, et témoins soussignés, fut pré- 
sent, eu sa personne, Messire Louis 
D'Ailleboust, chevalier, seigneur de 
Coulonges, gouverneur et lieute- 
nant-général pour le Roi en ce 
pays, étendue du fleuve Saint-Lau- 
rent, Lequel a, reconnu et confessé 
avoir baillé, cédé et •transporté à ti- 
tre de rente foncière de bail d'héri- 
tage annuelle et perpétuelle non ra- 
che table, du tout à ton j ours* et pro- 
met garantir de tous troubles et 
empêchements généralement quel- 
conques à Jean Jobin, maître-tail- 
leur d'habits habitant de ce pays. 



151 




M. STANISLAS DRAPEAU, 

Auteur d'une étude' sur le Tombeau 
de Champlain. 



à ca présent preneur et acquéreur 
au dit acte pour lui, .ses hoirs et 
ayant cause : 

Une place sise en cette ville de 
Québec contenant demi arpent de 
terre ou environ faisant moitié d'un 
arpent de terre au dit seigneur bail- 
leur appartenant, joignant d'un 
côté à la rue qui passe entre l'é- 
glise paroissiale et la dite terre, 
d"ai]tre côté à Jacques Boisselle en 
partie et à Louis Côté, d'un bout à 
une rue qui passe entre le Fort 
des Sauvages et la dite terre, ex 
d'autre bout à la place d'Abraham 
Martin en partie et aux terres non 
concédées, au dit seigneur bailleur 
appartenant par concession qu'il en 
a nrise le dixième jour de février 
mil six cent quarante-neuf, ratifiée 
et signée -ar IL de J>uzon, ci-de- 
vant gouverneur de ce pays, le 
vingt-deuxième iour d'avril mil six 
cent cinouante deux." 

D'après ce contrat il appert que 



le terrain réservé par M. D'Aille- 
boust était borné d'un côté par une 
rue passant entre l'église paroissia- 
le et la dite terre, c'est-à-dire u l'a 
rue Buade " ; d'autre côté par la 
rue qui passe entre le fort des sau- 
vages et la dite terre, c'est-à-dire 
" la rue du Fort " ; d'autre côté 
par un chemin piedsente, c'est-à- 
dire " la rue du Trésor ", enfin, 
aux terres non concédées : elles ne 
le sont, pas encore et ne le seront 
jamais, c'est noitre "Place d'Armes" 
actuelle. 

Conséquemment, par l'examen 
des titres mentionnés, on est amené 
à conclure que la Chapelle de 
Champlain s'élevait d'ans le carré 
où se trouvent aujourd'hui cons- 
truits le Bureau de Poste, le Bu- 
reau des Billets de l'"Intercolenial" 
et du "Grand-Tronc" et la propriété 
des héritiers Clapham. Dans l'hy- 
pothèse où la chapelle. Champlain 
aurait été construite au centre du 
terrain quelques vestiges auraient 
pu subsister encore sous le sol. 
C'est dans cet espoir que MM. les 
abbés Laverdiière et Casgrairi exé- 
cutèrent plusieurs excavations dans 
l'a cour du Bureau de Poste, en dif- 
férents endroits : mais ils n'y trou- 
vèrent aucune trace de fondations 
ou de muraille?. Le sol, creusé jus- 
qu'au roc vif, ne paraissait pas 
avoir été remué. 

Trouver l'emplacement de la "Ré- 
serve" de D'Ailleboust c'était, du 
même coup, fixer le site tant cher- 
ché de Ta " Chapelle Champlain ", 
puisqu'elle servait de b-irne immé- 
diate à cette " Réserve ". 

PoiTcip-i-pemment. l'abbé Caserain 
dut conclure que la Charnelle Cham- 
plain se trouvait " quelque part " 
dans le carré maintenant occupé par 
notre Bureau de poste, l'a cour y at- 
tenant, le bureau des billets 1 du 
" Grand-Tronc " et de l'"Interoolo- 
niiT" et la mfaison Clapham. 

Ferland avait donc raison d'é- 
crire, en 1861, " que le corps du 



— 152 



fondateur de Québec avait été inhu- 
mé dans urne chapelle qui paraît 
avoir été attenante à Notre-Danie 
de Kecouvrance et qui était dési- 
gnée sous le nom de Chapelle Cham- 
plain/' Et M. Stanislas Drapeau 
n'avait pas eu tort, en 1866, d'avoir 
soutenu, envers et contre tous;, que 
la Chapelle de Québec de 1615 n'é- 
tait pas la Chapelle de Champlain 
de 1636, que les confondre était 
commettre une faute grave en/ ma- 
tière d'archéologie, et qu'il fallait 
chercher à la Hautes Ville le tom- 
beau de notre premier gouverneur. 

Les documents trouvés dans les 
" Papiers Faribault " justifiaient 
pdeinement la prétention de M. Sta- 
nislas Drapeau. C'était, pour l'an- 
cien typographe, un très beau suc- 
cès que cette revanche prise sur 
l'opinion publique qui s'était à 
veugle déclarée contre lui dans la 
" Querelle des Antiquaires ". Seu- 
lement cette joie légitime du triom- 
phe fit plagie à un sentiment d'or- 
gueil exagéré. M. Drapeau, non 
content d'avoir deviné juste, voulut 
encore renchérir sur la belle décou- 
verte documentaire de l'abbé Cas- 
grain. Il publia une brochure où 
non seulement il établissait — ce qui 
fut de suite admis' — que la Chanel- 
lé Champlain se trouvait à la Hau- 
te-Ville, mais il voulut encore en 
fixer le site précis. Cette tentative 
échoua misérablement (1). 

Mgr Henri Têtu, dans son bel 
ouvrage : " Histoire du Palais 
Episeopal de Québec ", a prouvé, de 
manière à défier toutes contradic- 
tions, que ce tombeau n'était autre 



(1) " La Question du Tombeau 
de Champlain, par Stanislas Dra- 
peau. — Ottawa- -Imprimerie du Ca- 
nada, 1880 : 

" Je place donc le Tombeau de 
Champlain d'ans l'angle ouest du 
cimetière de la montagne", etc., etc,. 
page 17. 




M. Charles HuauTt de Montmagny, 

2e gouverneur de la Nouvelle- 
Erance. 1636 à 1648. 



chose qu'une voûte destinée à un 
tout autre usage que celui de sépul- 
cre. C'était probablement un cel- 
lier ; la question se présenterait 
alors sous un aspect beaucoup plus 
réjouissant.''' 

Ce ne fut pas sans amertume que 
M. l'abbé ïtayniond Casgrain re- 
nonça à son idée première. Mise en 
présence de ces documents nou- 
veaux, l'hypothèse que Laverdière 
et lui avaient si laborieusement 
imaginée ne pouvait plus se main- 
tenir et croulait d'elle-même. Ces 
pièces officielles et authentiques 
remettaient tout en question et con- 
traignaient les archéologues à re- 
prendre le problème sur de nouvel- 
les données. " Elles semblent, écri- 
vait l'abbé Casgrain, elles semblent 
de nature à déconcerter plus d'une 
idée préconçue, à remettre en ques- 
tion certains faits qui paraissaient 
bien établis. Il est regrettable sans 
doute que ces documents ne vien- 
nent pas à l'appui des recherches 
qui ont été faites pour retrouver le 
lambeau de 'Ohamplain w qu'ils 
ébranlent même les convictions des 
pièces authentiques déjà connues. 
Cependant, nous n'avons pas cru 



— 153 




MGR HENRI TETU 

Auteur àe l'Histoire du Palais Episcopal de Québec 



inutile de faire connaître ces' docu- 
ments nouveaux dans l'intérêt de 
la vérité historique. ; d'autres pour- 
ront s'y joindre plus tard qui fini- 
ront peut-être par résoudre définiti- 
vement cette questiomi, l'une des 
plus difficiles et des plus étudiées 
de notre histoire." 

On ne saura pâmais trop admirer. 



dans cette circonstance, la sincérité, 
la loyauté, le d es inté nés sèment avec 
lesquels l'abbé Casgrain signalait 
au public, en 1875, ces documents 
authentiques inestimables. 

Dans ce remarquable article paru 
dstojs l'"Opinio>n Publique^' de MJont- 
tence de la Chapelle Champ] ain 
ne trouve aucun vestige de l'exis- 



154 



ten.ce de la chapede Champlain 
après 1 année 16*y. Ceci était vrai à 
la date du 4 novembre 1876, niais 
cette assertion, répétée aujourd'hui, 
ne serait plus exacte. Il existe un 
document encore inédit — qai permet 
d'établir que douze aaia plus tard, 
à la date du 15 juidet 1661, la Cha- 
pelle Champlain extetialft encore, 
qu'elle était bâtie sur les terres de 
la Oemsdve de la Fabrique de Qué- 
bec, et quelle servait die borne à 
un terrain acheté par Guillaume 
Huboust, sieur de Longchamp. 

En 1880, au temps où j'étudiais, 
à l'ïïôte'a-Dieu de Québec, les pré- 
cieuses annales du monastère, en 
train de préparer l'histoire d'un siè- 
ge (Phips devant Québec), l'archi- 
viste du couvent, la Révérende Mère 
Siaint-Axidré, attira, piartnculière- 
ment mon attention sur le document 
qu'on va lire et dont la capiiale im- 
portance, au point de vue du sujet 
ici traité, n'échappertai à personne. 
Ecrit de la main même de Madame 
veuve D'AiÏÏJeboust, Barbe de Bou- 
logne (1), l'endos sentent die cette 
pièce authentiquie se lislaiit comme 
suit : " Contrat de concession de 
MM. l'es Marguilliers au Sieur de 
Long champ d'une terre qui m'ap- 
partient proche l'église de Québec". 
Voici la teneur du document : 
"Par devant Guillaume Audouiard, 
secrétaire du Conseil établi par le 



(1) On siadt que la veuve du gou- 
verneur d'AiUeboust, Barbe de Bou- 
logne, après la mort de son mari, 
(décédé à Montréal, le 1er juin 
1660), se retira à l'Hôtel-Dieu de 
Québec, où elle mourut le Y juin 
1685. Le 15 juillet 1670, elle fît don 
à l'hôpital de tous ses biensi. Ce qui 
explique comment les papiers per- 
■sonnjeillsi die Madame d'Aillebousft 
font aujourd'hui partie des archives 
particulières de iVHôtel-Dieu de 
Québec. 




DRN. E. DlOîsNE 

Auteur d'une brochure sur le Tombeau 
de Champlain 

__> i n 

ixoi à Québec, noiaire en la Nou- 
veiie-Eranoe, et témoins soussignés, 
turent présents en leurs personnes 
Jacques Loyer, sieur de ia Tour, 
Jean Juchereau, sieur de la Ferté, 
Matthieu D'Amour, écuier, sieur 
û Esohaufïdur, tous rnaiguiilders de 
l'église paroissiale de Notre-Dame 
de Québec, et du consentement de 
Monseigneur illustrissime et révé- 
rendijîsime François de Laval, évê- 
que de Pê-rée, vicaire apostolique en 
toute tè tendue de la Nouvelle-Fran- 
ce, ont concédé et concèdjent au nom 
et comme dit est ci-dessus à rentes 
foncières de ba>i,l d'héritage et non 
r achetable à Mathieu Huboust sieur 
Deslongchamps, Fun des dits Mar- 
guilliers et receveur de présent, les 
rentes dues à la dite église parois- 
'si^le, iee^ui Huboust présent et ac- 
ceptant pour lui, ses hoirs et ayant 



- 155 



cause à l'avenir : " la consistance 
de douze perches et demie de uerie 
sise ein la viJie de Québec, tenant 
d'un côté aux terre» de Ja dite église 
paroissiale où est de front bâtie la 
chapelle rappelée vulgairement la 
Chapelle Ohamplain, de l'autre côté 
aux lierres de la dite église, par haut 
aux terres du sieur d'Ail3lebou;t, par 
bas à un chemin qui passe entre la 
dite place et la maison de La d'ito? 
église où demeure à présent le be- 
deau (1), icelle pièce contenant 
deux perches et demie de large, les 
dites terres appartenantes à la Fa- 
brique de la dite église, à cause de 
la donation faite par Monseigneur 
die Lauzon, ci-devant gouverneur et 
lieuteniantrgénéral pour le Roi en ce 
pays, ayant pouvoir de la faire par 
Messieurs de la Compagnie Géné- 
rale, ainsi qu'il appert par la paten- 
te du dit sieur De Lauzon, en date 
du vingt mai mil! six cent cinquan- 
te-six, la dite concession dessus 
dite de douze perches et diemie de 
terre faite par leis dits sieurs mar- 
guilliiers au dit Mathieu Huboust 
pour en jouir, lui, ses hoirs et ayant 
cause à £ avenir en toute propriété 
aux conditionis suivantes, savoir : 

Que le dit Huboust, lui, ses hoirs 
et tyant cause, à F avenir payeront 
annuellement à la Fabrique- de la 



(1) Cette maison du bedeau oc- 
cupait le site précis du presbytère 
actuel de la paroisse Notre-Dame 
de Québec. 

" A la fin de 1661, Mgr de Laval 
quitta les Ursulines pour aller pas- 
ser l'hiver chez les révérends Pères 
Jésuites. Au printemps de 1662 il 
acheta une vieille maison, située à 
l'endroit du presbytère actuel de 
Québec et s'y logea avec sa petite 
famille." (MM. de Bernières, Tcor- 
capel et Pèler'n).— L'abbé Auguste 
Gosselin : Vie de Mgr de Laval, 
tome 1er, poge 171. 



dite égJise et paroisse de Québec^, 
dieux sols pour chacune des d^'ies 
perches de terre, réelle pièce die 
terre contenant deux perches et de- 
mie de large sur cinq de long, la 
dite renie faisant en tout la somme 
de une l'ivre, cinq sols de rente fon- 
cière et non racheta ble et un double 
de cens pour toute la dite concession 
que le dit Huboust, lui, ses hoirs et 
ayant cause, payeront annuellement 
à la Fabrique de la dite église die 
Québec, aux marguilliers et rece- 
veur de présent étant en charge à, 
ses successeurs pour toute redevan- 
ce et le dit payement se fera au jour 
et fête de la Saint-Martin d'hiver 
échéant l'onzième jour die novem- 
bre, et le premier paiement se fera 
dès la présente année pour conti- 
nuer de là en avant. Les dites rede- 
vances portant lods, et ventes, sai- 
zinjes et amendes selon la coutume 
de la ville, prévôté et vicomte de 
Paris, comme aussi par le dit pre- 
neur de s'y bâtir et y avoir feu et 
iieu dans un an et demi. En telle 
sorte que le,s dits cens et rentes puis- 
sent être perçus par chacun an. Et 
à faute de ce, sera permis aux dEts. 
Rieurs marguilliers ou à leurs suc- 
cesseurs à l'avenir de rentrer en 
possession de dites douze perches et 
demie dte terre par eux délaissées de 
plein droit sans forme ni figure de 
procès et sans aucun remboursement 
de frais qu'il aurait pu faire. Car 
ainsi a été accordé, Pro mettant, 
OKh'eeant, Renonçant, etc. 

Fai f . et passé à Québec, en l'étude 
du notaire susdit, soussigné, le 
quinzième jour de juillet, mil six 
cents soixante et un, en présence de 
Jacques Penouard 1 de Beillaire eti 
Jacques d'Esthées, témoins soussi- 
gnés, avec les parties. 

Cetfe cop'e d'acte — l'original en 
est introuvable dans le greffe d'Au- 
douard — porte à l'enclos une irnote 
écrite de la main même de Barbe de 
Boulogne : " Contrat de concession 



— 156 




DR J. M. HARPER 

Inspecteur des Ecoles supérieures, au 

teur d'une brochure sur le Tombeau 

de Chainplain 



de MM. les marguilliers a,u Sieur 
de Longobanip ''' d une terre qui 
m ; apparient " proche aie l'église de 
Québec/'' Cette note, pour la raison 
même die létrange contradiction 
qu'elle semble renfermer, es»" fort 
instructive. 

Comment messieurs les margnil- 
liers pouvaient-ils concéder à liu- 
boust die Longchamp une terre qui 
appartenait à Madame d'Ai'ilebouït ? 

Nous sommes en présence d*une 
affaire contentieuse, où deux occu- 
pants de bonne foi se disputent la 
possession et la propriété d'un mê- 
me terrain. 

Le 10 février 1649, ^ en vertu du 
pouvoir à lui donné par Messieurs 
de la Compagnie de la Nouvelier- 
Erance, et sous leur bon plaisir, " 
le gouverneur df Ailleboust se réser- 
vait " une place siîttuée dan® l'enclos 
de Québec, contre la chapelle Cham- 
plain, contenant un arpent de "terre 
ou environ," pour en jouir à tou- 



jours pleinement éti paisiblement 
aux charges qu'il plairait aux Mes- 
sieurs de la dite Compagnie lui or- 
donner. 

Cette concession du 10 février 
1649 fut ratifiée et signée par le 
gouverneur de Lauzonj, le 22 avril 
1652. 

Quatre ans plus ftard, le 20 mai 
1656, ce même de Lauzon concédait 
à l'église et paroisse de Québec, un 
terrain qu'il nous est impossible 
d'identifier parce, que le plan sur 
lequel il était désigné est aujour- 
d'hui perdu. — "Lf emplacement étant 
autour de l'église ainsi et tel qu'il 
est désigné d'ans un plan paraphé 
et signé de Nous, " ne, varietur ", 
ce jour cfl'hui, date des présentes. " 

lies marguilliers de l'église et pa- 
roisse de Québec s' autorisèrent, de- 
là concession du 20 mai 1656 pour 
s'ecmparer de près de lia moitié de 
la " Réserve dfAillehoust " malgré 
les protestations énergiques de Ma 1 - 
dame d' Ailleboust qui prétendait 
bien rester en possession de) tous les 
biens immeubles composant la suc- 
cession de son mari. Mais la Fabri- 
que passa outre et fLti acte d" autorité 
en concédant, le 15 juillet 1661, à 
Mathieu Huboust, sieur de Long- 
champ, la consistance de douze' per- 
ches et; demie de terre sur la " Ré- 
serve drAilleboust." Non seulement 
les inarguilliers prétendaient avoir 
acquis le territoire contesté, mais 
voici qu/ils le vendaient. Ils ne pou- 
vaient mieux affirmer leur droit. 

Ce conflit df intérêts eut, partout 
ailleurs, causé un procès ; un avocat 
n'eût certes pas manqué dfen sug 1 - 
gérer lie moyen à Barbe de Boulo- 
gne. Mais, à cet âge d'or de la Nou- 
velle-France, il n'y avait pas d'avo- 
cats au Canada, les autoritési colo- 
niales ayant strictement Jéfenidu 
aux membres de l'ordre de sf établir 
dans le pays. Chacun plaidait sa 
cause lui-même et la justice ne s'en 
portait pas plus mal. Il y aurait eu 
d'ailleurs à Québec, au I7ième siè- 



157 



oie, un Barreau distingué que ni 
Mgr de Lavai ni Madame d'Aillé- 
bouslii n'eussent réclamé les bans 
offices de l'un quel con que de ses 
membres. Leur différend, pour gra r 
ve qu'il fût, ne dégénéra jamais en 
querelle opiniâtre. 

Madame dfAilleboust fut la pre- 
mière à désarmer. Cet acte de géné- 
rosité n'était que le prélude d^un sa- 
crifice encore plus magnifique, et ne 
lui conta que de la joie. Donner à 
l'Eglise les prémices d'un bien au- 
quel elle ne semblait s'intéresser que 
pour le 'léguer encore plus entier 
aux pauvre® dis l'Hôpital (1), n'é- 
tait-ce point prêter déjà au Grand 
Débiteur, avancer déjà à l'Incompa- 
rable Ami cet or de la; charité chré- 
tienne qui porte intérêt an centu- 
ple et dans le temps et dans l'éter- 
nité ? 

Le " Contrat de concession " à 
Mathieu Huboust sieur de Long- 
champ, en date du 15 juillet 1661, 
n'estenooreaujourd'hui que le " se- 
cond " des documents authentiques 
" connus * qui nous .parlent de l'a 
Chapelle Champlain. Cette pièce' ra- 
re confirme absolument l'hypothèse 
émise par l'abbé Raymond Cas- 
grain en 1875, quand 1 il publia la 
précieuse archive trouvée dans l'es 
" Papiers Faribault ", à savoir : 
que la Chapelle: Champlain s'élevait 

(1) Le 15 juillet 1670, Madame 
dl'AillebouSitl fit à l'Hôtel-Dieu de 
Québec une donation absolue de 
touisi ses biens. 

Trois/ ans plus tard 1 — 1673 — quand 
l'Hôtel-Dieu voulut concéder à 
Toussaint Dubeau. tsur partie du 
terrain de la " Réserve d'Aillev 
boust," la Fabrique Notre-Dame de 
Québec intervint, -prétendant encore 
que ce terrain faisait parte de la 
" Cer.sive " et lui appartenait en 
vertu de la concession de M. de Lau- 
zon en date du 20 mai 1656. Le dif- 
férend fut réglé à l'amiable. — Cf. 
Gilles Rageot, 4 juillet, 1674. 
dans le cairré où se trouvent au- 



jourd'hui le Bureau de Poste et set 
dépendances, le Bureau des Billets 
de l'"Intereolonial" et du " Grand- 
Tronc ", et la propriété des héritiers 
Clapham. 

L'établissement bien connu de no- 
tre estimable concitoyen, M. John 
Darlington, le doyen des tailleurs de 
Québec, celui du restaurateur La- 
pointe,, " Hôtel des Illusions ", ce- 
lui de l' a Imprimerie Général'?, " de 
M. Augustin Côté, (auijourdrhui 
1901) remplacée par Te " Waldorf 
Restaurant " die Haas, et la pro- 
priété de M. Docile Brousse au (où 
le " Courrier du Canada " futi pu- 
blié jusqu'en 1896), actuellement oc- 
cupée par les bureaux du " The 
Québec Chroniclle ", ces quatre mai- 
sons, dis-je, couvrent aujourd'hui 
l'exacte superficie (45 x 90 pieds) 
de terrain concédé, le 15 juillet 
1661, à Guillaume Huboust, sieur 
de Longchamp, par la Fabrique No- 
tre-Dame de Québec. 

La découvere de l)a minute d'Au- 
douard dans les " Papiere D'Ailler 
boust" permet aujourd'hui de con- 
tredire sûrement plusieurs avancés 
téméraires, hypothèses hasardées, 
affirmations gratuites d) écrivains 
bien intentionnés sans 1 doute, mais 
distraits, qui ont oublié que toute 
lia. preuve n'est point faite', toute la 
lumière n'es pas encore concentrée 
sur cette obscure et difficile ques- 
tion de la "Chapelle Champlain". 
L'un d'eux, M. le Dr Dionne, écri- 
vaiiti en 1880 : 

" Cette chape^ile semble après cet- 

"te époque (10 février 1649) être 

"tombée en ruine, puisqu'il n'en 

"est fiait mention nulle part." (1). 



(1) Cf : Bibliothèque du Parle- 
ment, Québec — Mélanges litttérai- 
•i-3 hiistoriquies, e f G ., No 221. Etudes 
Historiques : Le Tombeau de 
Chamip'liain, et autres réponses, par 
1ST.-E. D'onne, M. D. lauréat, pages 
45 et 46. 



158 




M. THOMAS O'LEARY 

Biblothécaire de la Société .Numismati- 
que, auteur d'une étude sur le Tom- 
beau de Champlam, paru sur le Tdc- 
gra±h de Québec, le 5 mai 18l>4, 
(trère de l abbé O'Leary qui a fait le 
voyage d Atrique. en 169y). 



Avait-il bien cherché partout au 
préalable '( Ignorait-rl que 205 an» 
avant que les "Papiers. Fanbault" 
eurent été jéjgnes a 1 uxuversiue 
Laval, l'Hôtel-Dieu die Québec pos- 
sédait, dès 1070, tous les "Papiers 
JJ Aiiuebousf, et que le document 
reulatif à "La! Réservie' ', oublié par 
l'abbé Casgrain en 1875, était au 
nombre de ces archives '( 

Il ajoutait : " M. de Montmagny 
avait quitté le Canada en 1648 et 
son successeur, M. D'Aillleboust, 
" ne mit peut-être pas autant de 
soins que son prédécesseur à con- 
server de monument précieux". 

Ceci n'est pas 1 seulement une hypo- 
thèse hasardié/e, c'est encore une in- 
sinuation malveillante que rien ne 
jujstfiifije'v L'injure du eomplimenlj 
n'atteint pas seulement D'Ailleboust, 
mais il rejaillit encore sur trois au- 
tres de ses successeurs, de Lruzon, 
iVArgenson, D'Avaugour, car la 



Chapelle Champlain est debout en 
1661. 

Enfin, à la page 46 de ces mêmes 
"Etudies Historiques" : 

" Cn se perd, dit-ii, en conjectu- 
res sur le sort qui fut réservé à ce 
sépulcre et aux ossemjents qu'il ren- 
fermait. H eelt] probable que,, voyant 
la ruine de la chapelle, dtes particu- 
liers achetèrent les terrains de la 
Grande Place où iïfe se taillèrent 
des lots à bâtir. Les autorités reli- 
gieuses, prévoyant la démolition du 
sépulcre, préférèrent transporter ces 
ossements dians un lieu plus sûr. 
En 1649,1'église paroissiale ne faisait 
que sertir de ses ruines, mais lors- 
quelle fut terminéle en 1651, l'édi- 
fice pouvait offrir un lieu propice à 
l'inhumation de i\L de Champlain". 

Toutes les hypothèses de M. le Dr 
Dionne croulent à la seule lecture 
du " Contrat de concession " de 
MM. les Marguilliers à Guillaume 
Hubousti, sieur de Longchamp. La 
chapelle Chiatmplaiin ne tombait pas 
en ruines sous ^administration 
D'Ailleboust) puisqu'en 1661, au 
temps de D'Avaugour, nous la re- 
trouvons " de front bâtie n sur les 
terres de l'égliee paroissiale. Les 
cendres dei Samuel de Cbamnlain 
ne furen'l pas davantage transférées 
à la cathédrale en 1651, miais après 
le 15 juillet 1661, dix ans plus tard. 
Enfin, " les particuliers n ! 'achetè- 
renlt pas les terrains de la Grande 
Place pour s^y tailler des lot© à bâ- 
tir' en 1649 ou 1651, mais vingt- 
deux ans plus tard, en 1673*. Et 
vo>"'ci la preuve de mon assertion. 

Je me suis demandé à quelle date 
avaient été construites les premiè- 
res maisons des rues Buade et Du 
Fort. J'ai conséquernment préparé 
un» plan figuratif de la Censive de 
la Fabrique Notre-Dame de Qué- 
bec d'après les titres des conces- 
sions primitives déposés, les uns au 
Bureau des Archives Judiciaires, 
sur la rue Ste-Anne, les autres à la 



159 — 




R. P. PAUL LeJEUXE, S. J., 

Qui a prononcé l'oraison funèbre d'e 
Samuel de 'Champ! a in. 



Cure de la Basilique. Je ne saurais, 
à ce propos, trop remercier M. l'ab- 
bé Ehéaume, du Sémi maire de Qué- 
bec, pour les bous services qu'il 
m'a rendus dans la préparation de 
ce cadastre tout spécial. Il m'eût 
été difficile de rencontrer un plus 
sûr auxiliaire, choisir un collabora- 
teur mieux qualifié à poursuivre 
ces longues et fastidieuses recher- 
ches, véritable chasse aux docu- 
ments authentiques, essentiels à la 
question, qui nous préoccupe. 

Inutile d'offrir au lecteur une 
explication minutieuse de ce plan. 
"Cm coup d'oeil en saisira tout le 
détail. Qu'il veuille, seulement, re- 
marquer combien de fois le millési- 
me 1673 apparaît sur cette petite 



carte. Louis Chapelain, 1673 ; Ti- 
mothée Roussel, 1673 ; Jacques De 
Chambly, 1673 ; Jean De Hosny, 
1673 ; Tousssaint Dubeaiu, 1673 ; 
Martin Boutet, 1673 ; rue Buade, 
1673 ; rue Du Fort, 1673 ; chemin 
piedsente (notre rue Du Trésor ac- 
tuelle) 1673. 

Cette répétition dhi millésime, 
fort significative à mon sens, est 
très facile à expliquer. 

un des premiers soucis de Fron- 
tenac, a son arrivée à Québec, au 
mo'is de septembre 16/JJ fut de taire, 
préparer un pian nouveau de la vil- 
±v puur laquelle il s était pris den- 
niousiuame. " ixien ne ma paru si 
beau, et si magnmque, écrivait-il à 
u/oioei't, que ±ia situation de la ville 
de Québec, qui ne pourrait pas être 
mieux postée quand elle devrait de- 
venir un jour la capitale d'un 
grand empire.' Québec alors était 
peu de chose ; sur le plateau, trois 
couvents : Jésuites, Ursudines et 
Hospitalières, puis la cathedra^ et 
le séminaire, plus quelques maisons 
serrées auprès de la grande église. 
Presque tous les édifices particur 
liers avaient poussé à l'aventure 
selon la fantaisie de chacun. " Il 
faudra remanier tout cela d'après 
un dessin d'ensemble, déclarait 
Frontenac, car dans les établisse- 
ments comme ceux-ci, qui peuvent 
un jour devenir très considérables, 
on doit songer non seulement à l'é- 
tat présent dans lequel on se trou- 
ve, mais encore à celui où les cho- 
ses peuvent parvenir". Aussi, com- 
me l'action, chez Frontenac, suivait 
de près la détermination, il advint 
que dès 1673, la rue qui jusqu'alors 
avait été connue sous le nom de rue 
Notre-Dame, fut alignée, élargie 
•et verbalisée sous le nom de rue 
Buade. La rue du Fort qui jusqu'a- 
lors aussi faisait angle obtus- avec 
la future rue Buade, fut redressée 
de manière à la couper désormais à 



— 160 



angle droit (1). Lnruédiatement la 
Fabrique Notre-Dame de Québec 
et l'Hôtel-Dieu, concéldièrent des 
lots à bâtir sur les nouvelles rues 
ainsi alignées. 

En mai 1673, la Fabrique de 
Québec concède au chirurgien Jean 
de Mosny un terrain mesurant qua- 
rante pieds de front sur trenrte-six 
pieds ide profondeur au coin dies 
rues Buade et du Fort ; en sep- 
tembre, même anniée, à Jacques de 
Chambly, capitaine d'un dléfcachie- 
ment die la Marine, et Timothée 
Roussel, chirugien, nouvelles don- 
cessions de terrains (2). Quant à 
Louis Chapelain, maître tourneur, 
voisin de Timothée Roussel en 1673, 
il paraît tenir sa conicession du gou- 
vernement et non pas de la Fabri- 
que. En. octobre, l'Hôtel-T>ieii vend 
au cordonnier Toussaint Duibeau ce 

(1) Comparer le Plan du Haut 
et Bas Québec, 1660, tel que 
publié dans l"'Evénement" du 
21 septembre 1898, avec le 
Plan de la Censive de la Fabri- 
que de Québec, du 10 mai 1674, 
collationné par Daulier Deslandes, 
secrétaire général de lia Compagnie 
des Indes Occidentales, publié dans 
V Opinion publique, de Montréal, du 
4 novembre 1875, page 518. 

(2) Terrain de Jacques de Cham- 
bly, 34 x 36 pieds ; terrain de Ti- 
mothée Roussel, 46 x 36 pieds ; ter- 
rain de Louis Chapelain, 36 pieds 
de profondeur, front inconnu ; ter- 
rain de Toussaint Dubeau — de for- 
me irrégulière — 72 pieds sur la 
Place d'Armes, 54 sur la rue Du 
Fort et 12 seulement sur la rue 
Buade. Le terrain de Matthieu Hu- 
boust, sieur de Long-champ, mesu- 
rait 45 pieds de front sur 90 de 
profondeur ; la rue Du Fort 24 
pieds de large, la rue Buade, 30, la 
rue Du Trésor, 15. 



terrain de forme irrégulière où se 
trouve enclavé le rectanlcle possédé 
en 1661 par Guillaume Huboust 
sieur de Longchamp puis, en 1667, 
par ^Intendant Talon. Enfin,, au 
mois de juin, toujours en 1673, le 
professeur de mathématiques, Mar- 
tin Boutet, qui depuis 1669 demeu- 
rait à l'angle de la rue Sainte- 
Anne et du Chemin piedsente» 
prend son titre dé concession. Le 
sentier lui-même est converti en 
ruelle — quinze pieds die largeur — > 
qui portera plus tard le nom pom- 
peux de Rue du Trésor. 

Je constate donc qu/en 1673 le 
cadastre de la Censive de la Fabri- 
que Notre-Dame de Québec subit 
unie métamorphose complète. Je 
m'en explique les remaniements 
multiples par l'exécutioni du plan 
nouveau que Frontenac venait de 
tracer pour la ville. On sait l'acti- 
vité dévorante de ce gouverneur 
qui menait de front, et au pas gym- 
nastique, les affaires civiles, mili- 
taires et municipales de son gou- 
vernement. 

Si donc je me permettais d'assi- 
gner une date positive à la dispa- 
rition de la Chapelle Ohamplaint, 
je choisirais l'année 1673 et j'en 
attribuerais la cause au change- 
rue n>t radical qui s'imposait — et qui 
s'opéra — dans la topographie du 
liant Québec. 

Il se peut également que la dé- 
molition de la Chapelle Champlain 
ait eu lieu plus à bannie heure et 
pour toute autre "cause. Dans le 
a? de cette dernière hypothèse, elle 
serait .advenue entre les aimées 
1661 t 1673 ; peut-être même avant 
1667. En voici la raison. Quand 
Guillaume Huboust, sieur de Long- 
champ vendit — à la date du 19 fé- 
vrier 1667, (dévanit Maître 'Galles 
Rpgeot — à l'Inltendant Talon le 
terrain qu'il avait acheté le 15 



— 161 — 

PLAN DU HAUT ET BAS QUÉBEC 

Comme il est en l'ak 1660 




Ce plan, superbement gravé par Marlier, est publié à la page 373, tome 3, de 
l'ouvrage de l'abbé Faillou : Histoire de la Colonie Française en Canada. Je n'en 
reproduis ici qu'une partie, celle qui se rattache directement au sujet traité dans 
cette étude. — bî. M. 

LEGENDE 



a Le Fort Saint-Louis. 
b La Grande Eglise. 
/ Le Cimetière. 



h Les maisons des particuliers. 

i Les rues. 

j La Place d'Armes. 



juillet 1661, la Chapelle Champlain 
n'apparaît plus eommie borne au 
terrain décrit. Je fais la même ob- 
servation pour les concessions fai- 
tes en 1673, à Toussaint Dubeau, 
Jean de Mosny, Jacques die Cham- 
bly, et Timothée Roussel. Or ces 
quatre emplacements étaienlt limi- 
trophes de celui où nous plaçons la 
Chapelle Champlain. Elle aurait dû 
apparaître comme borne à l'uni 
d'eux si, à cette époque, elle eût 
encore été debout. J'en conclus 
donc qu'en 1673 la Chapelle Cham- 



plain était certainement 



disparue. 



Mais, encore unie fois, il ne faut 
jurer de rien ! Ce proverbe est 
d'une extrême sagesse : je m'en suis 
fait une règle stricite de conduite, 
et tout particulièrement dans lie 
présent débat. 

Il y aura bientôt trente-deux ans 
— 22novembre 1866 — 21 septembre 
1898 — qu'une enquête historique 
est ouverte sur la question de sa- 
voir où fixer l'emplacement de la 
Chapelle Champlain et la preuve 
faite jusqu'aujourd'hui se réduit 

11 



162 



encore à trois documents authenti- 
ques (1) : celui du 10 février 1649 
relatif à l'a Réserve D'Ailleboust ; 
celui du 30 juin 1658, étant le con- 
trat de rente foncière due' par Jean 
Jobin au gouverneur D'Ailleboust, 
minutie importante qui permettait 
de déterminer l'endroit précis occu- 
pé par la Réserve D'Ailleboust dams 
l'enceinte de Québec ; enfin cette 
copie d'acte d' Audouard, dattée le 
15 juillet 1661, qui prolonge de dou- 
ze années l'existence du mausolée 
Cliamplain. Douze ans ! "Granide 
aevi spatium !" disait Tacite me- 
surant cet espace de temps sur la 
durée d" une vie humaine ; le répé- 
terait-il pour l'âge d'uni monument ? 
S'il se trouvait parmi nous un 
second Monsignor Tanjguaiy qui eût 
le courage, la patience et le temps 
de consulter à loisir et à fond! les 
Archives judiciaires — beaucoup 
plus historiques que judiciaires — 
du Bureau du Protonotaire à Qué- 
bec, ce bourreau de travail complé- 
terait probablement cette preuve si 
intéressante^ P'augme raterait sûneh 
ment de quelques nouvelles pièces 
justificatives. S'il existait, j>ar ex- 
emple, un contrat de démolition de 
lia Chapelle de Ohamplain, le dé- 
couvreur de cette perle archéologi- 
que ne se trouverait-il pas royale- 
ment compensé de ses peines ? 

Mais à quoi bon égarer un hon- 
nête archiviste dans un labyrinthe 
sans issue s lui faire entreprendre 



(1) 11 ne faut pas compter ici au 
nombre des pièces probantes les 
Relations des Jésuites, 1611, 16-12 
1643, qui ne font que signaler l'ex- 
istence de la Chapelle Champlain, 
car la Querelle des Antiquaires, 
comme aujourd'hui la présente étu- 
de, disputait sur remplacement et 
n or, pas sur l'existence de la Cha- 
pelle Chanrplain laquelle n'a jamais 
été contestée. 



une oeuvre interminable, poursui- 
vre une recherche dont le recul 
éternel trompe et désespère comme 
un mirage ? Sans doute les milliers 
d'actes déposés au Département 
des Archives, rue Ste-Anne, sont 
tenus danis un très bel ordre chro- 
nologique — ce qui fait le plus 
grand honneur à niotre habile ar- 
chiviste, M. Françoiis-Xavier Ma- 
heux — mais ce mérite de classica- 
fition n'offre pas à l'historien, en 
quête de renseignements, un avanr 
tage suffisant d'informations rapides. 
La moitié, plus de la moitié 
mêma — '44 sur 72* — deë? greffes 
des vieux notaires français qui 
ont instrumenté, à Québec et dans 
la région " laquelle " du district de 
Québec, — db 1636 à 1763, année 
du! Traité die Paris 1 — manquent 
d'index et de répertoires. Audouard 
lui-même, Guillaume Audouard, se- 
crétaire du Conseil Supérieur à 
Québec, et dont chacun des actes, 
au dire de Laverdière, possédait la 
valeur d'un document historique, 
Maître Audouard attend encore au- 
jourd'hui qu'on lui fasse l'honneur, 
ou l'aumône, d'un index et d'un 
répertoire ! 

Mettons l'affaire au mieux et sup- 
posons qu'un intrépide acrchéologue, 
réfriaetaire au plus abâ issant en- 
nui (1), s'ensevelisse tout vivant, 



(1) Pour filer à travers les ar- 
chives, l'espace db treize années 
(1661-1673) " le contrat die démoli- 
tion " de 'la chapelle; Champlain, sa- 
vez- vous combien de greffes et com- 
bien données de ces greffes il fau- 
dirail consulter ? Veuillez compter 
avec moi. — Audouard, 3 ans ; Au- 
beirt, 13 ians ; Badeau, 6 ans ; Bee- 
quet, 13 ans ; DuqiHet, 6 ans ; Fi- 
îion, 6 ans ; Gloria, 2 ans ; Gour>- 
d'eau, 2 ans ; Leeoutre, 1 an ; 
Miouche, 9 ans ; Gilles Rageot, 8 
ans ; Roy, 11 ans ; Vachon, 13 ans. 
Cela suffit, n'est-ce pas, à mesurer la 
tâche ? 



— 163 — 
CENSIVE DE NOTRE DAME DE QUÉBEC EN 1673 



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PIECES JUSTIFICATIVES 



Concession Chapelain 
Roussel. 
CJiambfy. 
Mosrty. 
{Mathieu Uuboust. 
1 Intendant Talon. 

« Toussaint Dubeau. 

f Jean Jobin. 
\ Mde D' Ailleboust. 
Charles Jobin. 



— Greffe de Becquet : minute du 3 septembre 1673. 



10. 



Jacques Boissel. 
Martin Boutet. 



Audouard, 
/Gilles Rageot, 
\ Becquet, 
/Gilles Rageot,' 

Peuvret, 
Gilles Rageot, " 

T Peuvret, " 

< Diiquet, " 

l Gilles Rageot," 
/Audouard, " 
\ Becquet. " 



X. Edifice démoli lors du redressement de la rue Du Fort en 
Plan du haut Québec, en 1660, sur le côté ouest de la rue Du Fort, 
Quel était cet édifice que la légende du plan de 1660 ne spécifie' 
l'inconnue du problème ? 

Y. Maison du bedeau achetée par Mgr de Laval en 1662. 

Z Emplacement du presbytère actuel. 



22 mai 1673 
15 juillet 1661. 
19 février 1667. 
15 juin 1678. 
12 octobre 1673. 
i juillet 1674 
30 juin 1658. 
1 février 1669. 

30 juin 1658. 

8 a 7ril 1668. 

4 février 1669. 
15 novembre 1619. 
22 janvier 1673. 

1673, et qui apparaît sur le 
en face du Fort des Uuroyis. 
pas ? X représenterait-il ici 



— 164 — 



porte, en jefïet, 
Champlaiin ait 
pendant " on 



comme un fiafciir, dane les archives 
judiciaires; du Palais de Justice e'u 
en exhume, par un miracle de pa- 
tience et de travail obstiné, ce "con- 
trat de démolition " que je soup- 
çonne, avec raison,, exister au 
grelie de quelque vieux notaire 
français. Trouverait-il une récom- 
pense honnête, satisfaisante, un/3 
rémunération intellect nelle digne 
de tant d'efforts opiniâtres et persé- 
vérants, dans la vérification futile 
d'une date, d'un quantième, d'un 
mi^lé-ime ? Découverte stérile s'il 
en fût jamais, véritable enfantil- 
lage historique. Et que nous ini- 
que Lai Chapelle 
disparu " avant, 
" après ' l'année 
1673 ? Ce qui nous intéresse uni- 
quement dans la démolition du 
mausolée e'esiti le trésor qu'il ren- 
fermait, ce " sépulcre particulier " 
où reposaient les cendres de Samuel 
de Champliaiin. Si, comme nous le 
supposons avec assez de vraisem- 
blance, la Chapelle Chaniplain, bâ- 
tie sur le carré du Bureau de Poste 
actuel, a été démolie en 1637,1e tom- 
beau qu'elle renfermait n'a-t'-il pas 
été en même temps mis à découvert 
et détruit pour faire place aux ca- 
ves profondes creusées sous les mai- 
sons construites sur le côté est die 
la rue Du Fort ? L'événement eu 
est fort probable. 

Je doute beaucoup, lorsque le 
Conseil de Ville fera démolir la 
propriété Clapham, que l'on trouve 
dans ses fondations un débris de 
muraille qui puisse amener nos ar- 
chéologues à quelque conclusion sé- 
rieuse. La» rue Du Fort elle-même 
serait inutilement fouillée aujour- 
d'hui. Les ouvriers du département 
de l'^qnedue, et ceux de la Compa- 
gnie en Gaz l'ont tron de fois ou^ 
vp-r+o et o™-n?é° en tous sens nour 
Psrwer nn''l nm'?^ ^ £f rA ^ ;WTIVPT , + 
ou^Wq r mV^ nnmvftlV mi- laquelle 

On ?e Tv*rf?) ^ eon lectures sur 



le sort qui fut réservé au sépulcre 
et aux cendres de Champlain. Tous 
les ^uébecquoir instruits sont una- 
nimes à croire — à souhaiter du 
moins— que notre vénérable Basili- 
que soit devenue le tombeau dui 
Père de la Nouvelle-France. " Il 
n'est pas impossible, écrivait l'abbé 
Casgrain à la date déjà lointaine 
du 29 octobre 1875, il n'est pas im- 
possible qu'à l'époque de la ruine 
(ou de la démolition) de la Cha- 
pelle Champlain, le sépulcre dont 
il est parlé dans la Kelation de 
1643 ait été ouvert et qu'on ait fait 
à la cathédrale la translation des 
restes^ qui y étaient déposés sans 
que l'on ait songé à mentionner 
cette sépulture dans les registres." 
g Et, à l'appui de cette hypothèse, 
il cite un exemple— qui n'est pas 
a suivre— d'une pareille omission à 
une époque beaucoup plus rappro- 
chée d'e nous. Vainement, en effet 
chercherait-on dans les registres de 
a paroisse Notre-Dame de Québec 
lacté d inhumation des ossements 
de nuatre de nos pins illustres goû- 
teurs transposés de l'Eglise des 
KPcollets, incendie 1 e 6 senVmhre 
179« aux mft+m ^ ],,, , hnueUo ^r . 

r;. r K *'**** P7 »^ *»™ w 

> r,^s *> nr t na „ ^ lw p7oc _ 

*w m, alors cmn* fa On'flbe* Kif 



(1) Annonce faite au prône du 11 

-K-K. PP. Peeollets. on a trouvé les 
ossements réunis &mi certain nom- 
bre d'anciens religieux, et même 
quelques cendres de* anciens orm- 
verneurs du< - — oui y avaient été 
enterrés. On a mis tous c^ pré- 
cieux restes dans rm ^r^ne 1 '! roirt 
êtpp- j-ran^povfés et mTmnifo dnn« la 
cathédrale. Cette translation ste fera 



165 — 



prebquie seu~e à «.iï'<*uisHiett-l3 le sou- 
venir ue eue événement remarqua- 
ble. 

Oette lacune ciUns nos areniv-u., 
tonte xieig'xeuabjbe (jurelie soit, eut 
été réparante si Ion avaib en le soin 
de marquer dlnne inscription Le 
cercueiiL renfermant les précieux 
restes de Louis de Buade, comte 
de iroiitenac, Louas-HieatOT de Oal- 
lières, .Philippe de Bigaud, marquis 
de Vaudreuii et Jacquesi-Bierre de 
Tafranel, marquas die la Jonquière. 
Les services rendus à l'Eglise pair 
ces illustres mor^s leur méritaient 
bien l'aumône d'une feuille de 
ploonb (2). On sait les conséquences 
de cette criminelle incurie. En 1877, 
alors que l'on poursuivait à la Basi- 
lique des travaux d'excavation et 
d'exhumation, on chercha vaine- 
ment à identifier à travers un fouil- 
lis d ; ossements les cendres de nos 
gouverneurs français. Vain labeur, 
peines inutiles ! Jetée au vent, leur 
poussière n'eût pas été perdue davan- 
tage, et leurs squelettes, confondus 
dans la terre comme ils l'avaient été 
dans le cercueil,, sont demeurés en- 
core plus introuvables que le cada- 
vre d'un disparu en mer. 

Je m'explique lia légif ime indigna- 
tion de l'intelligent curé de Sainte- 
Croix, M. l'abbé Georges Côté, en 
présence d'un tel état de choses. 



immédiatement après la grand'messe 
de ce jour, (17ième dimanche après 
la Pentecôte), et vous êtes priés 
d''y assister. " 

_ Le premier comme le plus ancien 
livre de prône de la cure Notre- 
Dame de Québec date de l'année 
1771. 

(2) M. l'abbé François Faguy, le 
curé actuel de la Basilique, a noble- 
ment réparé la négligence grossière 
des fabrieiens de 1796, en faisant 
ériger, à ses frais personnels, un 
marbre commémoratif aux quatre 
gouverneurs français inhumés d'ans 
son église. 



" Lorsqu'on sacDU, disait-il, le nom- 
bre si considérable de sépultures 
qui ont eu lieu dlans réélise parois- 
siale, de Notre-Dame die Québec, 
lorsqu'on se rappelle cette série de 
noms qui résument tous les genres 
d'illustra ions et dont quelquesi-uns 
même sont si glorieux pour l'his- 
toire de notre pays, on est saisi d'un 
vif regret en eonstatari;< que l'on a 
laissé à la postérité si peu de 
moyens d'identifier avec certitude 
les reliques précieuses de *ant de 
personnages distingués. ' ; 

Puis il ajoutait avec un accent 
d'amère tristesse : " Faut-il donc 
croire que l'on n'ait pas songé à 
me''tre dans un coffret, spécial les 
restes des gouverneurs lorsqu'on les 
tira des ruines de l'église des Bé- 
collets pour les transporter à la ca- 
thédrale ? " (1). 

Cependant nous -pouvons affir- 
mer, en touta sécurité de preuves 
historiques (2), que Frontenac, Cal- 



Ci) Cf. " L'Abeille ", 5 décembre 
1878, No 12. — On avait très judi- 
cieusemenK choisi M. l'abbé Côté, 
alors premier vicaire à la Basilique, 
comme directeur et surveillant de 
ces travaux d'exhumation si inté- 
ressants à étudier au point de vue 
de l'histoire. 

(2) Nous avons un témoin ocu- 
laire de la translation die leurs cen- 
dres dans, lai personne de M. James 
Thompson, le grand ami de M. Phi- 
lippe Aubert De Gaspé, le compa- 
gnon d"armes de Wolfe. " Il vit, de 
ses yeux ", inhunUer les ossements 
des anciens gouverneurs — - " dans 
là chapelle de Notre-Dame de Pitié, 
près de la muraille, côté de l'Evan- 
gile. " 

Cf. Tanguay : " Dictionnaire gé- 
néalogique '", 'tome 1er, pagei 244. 

Une seconde translation eut lieu 
en 1829. Mgr Signay étant alors 
curé de Québec ; les ossements, en- 
fermés 'dans une boîte, furent placés 



— 166 — 



Hères, Vaudreuil et La Jonquière 
reposent " quelque part " dans la 
Basilique. Mais hélas ! ceite telle 
assurance s'évanouit, les meilleurs 
éléments de certitude nous échap- 
pent dès l'instant o hons 
à établir que cette même Basilique 
a Hemplacé le sépulcre d'honneur où 
Montinagny, l'illustre chevalier do 
Malte, déposait, il y a plus de deux 
oenti soixante ans,, là dépouille 
mortelle de Samuel de Champlain. 

Tout d'abord, il m'a répugné de 
croire à la démolition de la. Cha- 
pelle Champlain pour raison de 
vieillesse caduque. Cette hypothèse 
semblait insulter à la bonne renom- 
mée de nos ancêtres, accuser d'in- 
gratitude nationale lea contempo- 
rains dé celui qui fut le Père de la 
Nouvelle-France. Admettons un ins- 
tant la vraisemblance de cette con- 
jecture, et convenons', pour le be- 
soin de la discussion, que D'AiUe- 
boust, De Lauzon, D'Argenson, 
D'Avaugour, peu soucieux de vivre 
au Canada, encore moins d'V mou- 
rir, indifférents à la mémoire et à 
l'oeuvre d'e Champlain), eussent lais- 
sé tomber en ruine son mausolée 
d'honneur, croyez- voua qu'il ne se 
fut pas trouvé quelqu'un pour en- 
tretenir de soins pieux cet autel 
consacré au souvenir du Gmnd 
Français ? 

Il net ait pas loin 1© protecteur 
dévoué. Constant et fidèle, envelop- 
pant de sa sollicitude, comme d'un 
manteau royal, lés vivants et les 
morts de son église. Ce 1 ouelqu'un 
n'était autre oue François dé Laval 
"En effet, l'événement aujourd'hui 
en e®t incontestable. Monseigneur 



sous les voûtes de l'a chapelle Sfei- 
Anne. dans le sanctuaire près de la 
muraille et du côté de l'Evangile. 
Enfin, ils ont subi l'horreur d'un 
troisième déménagement en 1877. 
Cette fois Pinsi''allaition promet 
d^être définitive. 



de Laval vit de ses yeux la Chapel- 
le de Champlain. Or, pouvait-il fai- 
re moins pour Samuel de Cham- 
plain qu'il ne fit pour SafTrey de 
Mésy ? Qu'avait-il donc faH pour 
Saiiiej de Mésy ? Planter une 
croix sur sa tombe, au Ci- 
metière dés Pauvres de l'Hôtel- 
Dieu, afin que les cendres 
de ce gouverneur, autrefois sou 
meilleur ami, ne fussent pas con- 
fondues dans la poussière des morts 
obscurs et vulgaire^, échapassent à 
l'anonymat du sillon, aux terribles 
promiscuités de la fosse commune 
où le successeur dé D'Avaugour 
avait voulu descendre par un acte 
magnifique de suprême humilité. En 
face d'un tel exemple, croiriez-vous 
que ce même François dé Laval eût 
permis, eût toléré que Samuel de 
Champlain, le fondateur de sa ville 
épiscopalé, n'eût, pour rappeler sa 
noble et douce mémoire), qu'une cha- 
pelle en ruine et qufun tombeau 
déshonoré ? 

Et cependant, " le vrai peut, ouel- 
ouefois, n'être p>as vraisemblable". 
Ce vers est. en même temps, un 
axiome dé littérature et d'histoire. 
M. Hanotaux l'ancien ministre dés 
affaire^ étrangère» en France, ne 
vient-il pas d'écrire, au cours d'un 
article sune^be consacré au fonda- 
teur de Québec : 

u Les contemporains n'ont guère 
" appr éeié les mérites dé Cham- 
" plain. Ses successeurs ne se sont 
i{ pas toujours montrés d'ignés de 
" Ih'éritage qu'il avait laissé. Mais, 
" après trois siècles, sa renommée 
" renaît pure et sans tache." 

On sait la compétence à juger du 
célèbre académicien ; son livre de 
" Richelieu " la rend irrécusable. 

En y réfléchissant d)a<vantage. 
j'en arrive à me demander si, véri- 
tablement, les Canadiens- français 
du dix-septième siècle estimèrent à 
sa valeur Samuel de Champlain ? 
Ce grand homme fut-il jamais pour 



167 — 



eux le savant écrivain, le géographe 
étonnant,, le découvreur hardi, 1 ; ex- 
plorateur sagac© qui nous apparaît 
aujourd'hui radieux, dans un© gloi- 
re d'apothéose ? Nos aïeux connais- 
saient-ils son oeuvre ? En ont-ils 
seulement soupçonné le mérite, 
prévu les résultats' ? Qui d'entre 
eux l'a pesée dans les balances de 
l'Histoire ? Champlain lui-même, 
dans son admirable modestie, 
croyait sans doute ne bâtir qu'une 
ville alors qu'il fondait un immense 
empire. Ce nui fait que nous accla- 
mons ce héros avec un grand en- 
thousiasme toujours grandissant, 
c'est que " nous voyons aujourd'hui 
nos rivages couverts dhi fruit de ses 
bienfaits " ! 

Ce sont les paroles même die la 
" Cantate " que trois cents voix 
d'écoliers chanteront' demain au 
pied die sa statue. 

* * * 

Sa statue ! Oui., nous lui avons 
enfin élevé une statue ! Elle coûte 
30.000 dollars. Elles sont rares), à 
ce prix, même en. terre de France, 
où le marbre et le bronze semblent 
appartenir) à la flore de ce merveil- 
leux pays tant ils s'y épanouissent 
en purs chef'd'oeuvres. N'en soyons 
que plus orgueilleux ! et ne regret- 
tons jamais de nous être montrés 
magnifiquement prodigues ! 



Ce monument historique prouve- 
ra, à l'étranger et à nous-mêmes, 
comment nous pratiquons la Reli- 
gion du {Souvenir, quelle pompe 
quelle richesse, quelle ferveur nous 
savons apporter au cuit© public des 
ancêtres, donateurs illustres, mor 
dèles parfaits, génies tutélaires de 
la patrie canadienne-française. 

Les grands hommes, comme les 
tableaux de maître, ne se regardent 
bien qu'à distance. L'histoire me- 
sure à la postérité ces recueils précis, 
ces lointains nécessaires qui lui 
permettent de contempler, d'admi- 
rer, d'applaudir le hérosi aperçu 
dans une belle et bonne lumière 
d'immortalité. Quelques-uns même 
semblent grandir dans la fuyante 
perspective. Ils montent à l'horizon 
comme des astres. Champlain, La- 
val. Frontenac, Vaudreuil, Mont- 
calm, Lévis, sont de ceux-là. Ils 
auront le sort, dirait Chateaubriand 1 , 
de cette figure d'Homère qu'on 
aperçoit derière l'es âges : quelque- 
fois elle est obscurcie par la pous- 
sière qu'un siècle fait en s'êcrou- 
lant : mais aussitôt que le nuage 
s'est dissipé, on voit reparaître. îe 
majestueux visage, encore agrandi, 
dominant les ruines nouvelles de 
toute la hauteur du ciel. 

ERNEST MYRAKD. 



— 168 — 




Immacu' e Concept" on, titulaire de l'Eglise de Notre-Dune de Québ 3 c 



169 



T?u&- ]Bu/ri?e- 










Plan de Québec, m. uiuaat le site de l'église de iSotre-Dame de Recouvrance et 
celui de i'Egiiae Cathédrale actuede 



XII. 

Eglise de, Notre-Dame de Quôbce 
commencée en 1644, sous la direc- 
tion du révérend Père Jérôme Lal- 
lemant. S. J ., alors supérieur et 
commissaire général de l'Eglise de 
la Nouvelle-France. Cette église est 
située sur lo Fief Notie-Dame de 
Québeq ; le terrain qui compose 
maintenant ce Fief, a été acquis par 
la Fabrique de Notre-Dame de 
Québec, par les divers titres sui- 
vants : 

" lo. Concession par Monsieur 
D'Ailleboust, du 4 juillet 1651, 
" d'une place située dans l'enclos 
du dit Québec, contenant trente- 
huit perches et demi de terre ou 
environ, tenant d'un bout à la 
Grande Place, d'autre bout au 
Sieur Guillaume Couillard, d'un 
côté à la terre de l'Eglise et d'autre 
côté au Grand chemin qui va du 
magasin, chez le dit Sieur Couil- 
lard." 

" 2o. Concession par 1p même. ^ du 
7 juillet 1651, " àVne place située 
dans l'eneTos du diit Québec conte- 
nant un arpent de terre environ, te- 



nant d'un côté à la rue de devant la 
dite église, d'autre côté à une gran- 
û6 rue qui passe devant le logis du 
dit Martin Boute t, d'un bou'D à la 
rue qui va des révérends Pères ou 
Mères (Jrsulines, et d'autre bout à 
la terre du dit Boutet." 

" 3o. Donation par Guillaume 
OoJuills.rd et autresi, exécutée par 
devant M'tre Audouard, notaire, l€ 
15 janvier 1652, " d'une pièce de 
tqrre seize au dit Québec, au lieu 
où est présentement en partie bâtie 
la dit te Eglise Paroissiale du dit 
Québec, icelle contenant quatre- 
vingt perches de terre ou environ 
ayant été borné ainsy qu'il en suit 
par Monsieur Jean Bourdon. Ingé- 
nieur et Arpenteur, pour Messieurs 
de la Grande Compagnie die ce 
Pays;, ainsi qu'il apparait par son 
procès-verbal en diatte du neuvième 
jour de Janvier, mil six cent cin- 
quante deux, sçavoir : du côté du 
sud les terres appartenantes de pré- 
sent à la d'itte Eglise, d'autre côté 
au ISTord les terres appartenantes au 
dit, Sieur Couillard. d'un bout î 
l'Ouest les terres appartenantes 
aussi à la ditte Eglise d'autre bout 



170 — 




M. JEAN TORCAPEL, 

1er curé de Québec, 1659-1660. 

Arrivé à Québec le 16 juin 1659 ; accom- 
pagne Mgr Laval, le l'ô août suivant, 
nommé premier curé de Québec ; mais 
il ne resta qu'une année dans cet em- 
ploi et la faibleste de sa santé le nt 
repasser en France, le 18 octobre 1660, 
(Journal des Jésuites). 




à l'Est le Chemin rendant au Fort 
du dit Québec." 

" 4o. Concession par Monsieur de 
Lauzon, du 15 mai 1652, " de la 
consistance de 140 perches de terre 
ou environ, bornée ainsy qu'il ei 
suit, sçavoir : est du eôto du Sud en 
partie la Grande Place de- devant 
l'Eglise et le long des pieux de 
l'emplacement des Révérends. Pères 
de k Compagnie de Jésus), d'autre 
côté au Nord, la clôture des pieux 
du Sieur Couillard, laquelle clôtu- 
re fait la séparation entre le dit 
Sieur Couillard et le d'itte pièce de 
terre^ avec un petit coteau qui va 
aboutissant au coing- de l'enclos des 
dits Révérends Pères, tinant à 
l'Ouest du bout à l'Est les terres 
oui sont à l'entour do l'église de 
Québec à colles a.rmartenant du cos- 
tê du dit Sieur Couillard." 



M. FRANÇOIS DUPRE 

4e curé de Québec, 1687-1707 

Il arriva an Canada le 28 mai 1673. En 
1675, il était missionnaire du séminaire 
de Québec, en 1684, 1er curé de Cham- 
plain : 1687, curé de Québec, 1701, 
chapelain des Ursulines de Québec ; 
1711, curé de L<;rette, où il mourut. Il 
fut inhuiié le 29 juin 17^0. 



" 5o. Concession et érection en 
Fief, par Monsieur' de Lauzon, "de 
l'emplacement estant autour de l'E- 
glise), ainsy et tel qu'il est désigné, 
dans un plan paraphé et signé de 
nous, " ne varietur ", ce jour d'hui 
datte des présentes, pour jouir du 
dit emplacement par la dite Fabri- 
que en France aumosne à perpétui- 
té sans aucune charge, avec pou- 
sion ci-dessus par la Compagnie des 
Indea, du 10 avril 1674. Cadastre 
voir de donenr à cens et rentes, part 
et portion d'ioeluy et mêmes les 
places cy devant accordées, à quel- 
ques particuliers, et les Maisons 
quel sont basty dessu seront désor- 
mais en la cencive de la. dittia Fa- 
brioue, pour en oeroevoir les droits 
seigneuriaux tels qu'ils peuvent 
être dus." 



171 




M. PIERRE POCQUET 

5e curé de Québec, 1707-1711 

Décédé le 16 avril 1711, à l'âge de 44 
ans. Il est inhumé dans la Cathédrale. 



" 6o. Confirmation de la Conces- 
abrégé dès Seigneuries du district 
do Québec, vol. I. p., ~No 15,, signé 
par S. Lelièvre." 

D'après le recensement fait par 
M. Thiboult, cuire de Québec, en 
1716, et publié pair M. l'abbé Beau- 
diet, en 1887. il se trouvait dans la 
paroisse 465 familles, y compris les 
habillants die la Petits-Rivière. Nous 
avons dans ce recensement non- 
seulement le nom de chacun des ha- 
bitants, leur âge, leur emploi, la 
rue où ils demeurent, te mari, la 
femme, les enfants, les domestiquer, 
les commensaux, tout ce qui compo- 
se une maison. 

" Recensement général des habi- 
tants de Québec et des environs 
dans le district de la paroisse de 
Québec, ou état des âmes die la, pa- 
roisse de Québec en 1716. . . . 

" La piairoisBe de Québec renferme 
dans son étendue : lo la Haute- 
Ville : 2o la. Basses Ville ; 3o la 
Canardière ; 4o S't-Jean ; 5o la Pe- 




M. THOMAS THIBOULT, 

6e curé de Québec, 1711-1724 

Il arriva à Québec le 16 août 1710, fut 
nommé grand pénitencier du chapitre 
de Québec. 11 passa près de deux j*ns 
en France, pour les affaire du chapitre. 

11 fut aussi supérieur du séminaire, et 
mourut à l'Hôtel Dieu de Québec, le 

12 a vi il 1724, à l'âge de 43 ans. M. 
Thiboult à fait le recensement de la 
paroisse de Québec en 17 i 6. 



tite-Rivière, et 6o St-Michel. M. 
Thiboult est curé, et M. Calvarin, 
vicaire. 

"La Haute-Ville renferme : lo le 
château où loge monsieur le gou- 
verneur ; 2o le palais où loge mon- 
sieur l'intendant ; 3o le palais épis- 
copal ; 4o> le séminaire ; 5o les Jé- 
suites 6o les Récollets ; 7o les hos- 
pitalières die l'Hôtel-Dieu, et 8o les 
Ursulines. Le palais est dans le fau- 
bourg St-Nicolas. 

v " Saint- Jean se prend depuis 
la porte die la ville jusqu'à la mai- 
son die Prévost inclusivement. 

" La. Canardière, depuis la mai- 
son de Larché jusqu'à la maison 
deLagroix inclusivement. 



172 — 




M. ETIENNE BOULLARD, 

7e curé de Québec, 1724-1733 

Né à Château-du-Soir, dans la Maine. Il 
fut nommé curé de Beauport le 3 
novembre 168 1, chanoine en 1700. Il 
mourut à l'Htôtel-Dieu de Québec, le 
28 septembre 1733, à l'âge de 75 ans, 
et fut inhumé dans la Cathédrale. 

M i 



" La Petite-Rivière, depuis Fhô- 
pital général jusqu'à la maison de 
Dion inclusivement 

" La paroisse et la cathédirale 
sont une même église. Il y a une 
chapelle succursale à la Basse- Ville. 
Il y a aussi une petite communau- 
té de Soeurs de la congrégation à la 
Basse- Ville pour faine les petites 
écoles des tilles ; elles soriti six 
soeurs. 

" Les hospitalières de l'Hôtel- 
Dieu sont 58 religieuses et pour- 
ront augmenta r. 

" Les Ursuîines sont 42 en tout, 
sans compfer les pensionnaires. Les 
hospitalières de l'Hôpital Général 
sont en tout 17 ou 18 religieuses. 

" Il n'y a à St-Michel que la mai- 
son dte proœlenadie du séminaire. 

" Habitants, de lai Haute- Ville. 
Rue S ( :<-Louis, depuis le Fort jusque 
chez monsieur Dartigny, 51 famil- 
les. 

" Rue qui est le long du jardin 
du Fort, 3 familles. 




M. JEAN LYON de ST - FERREOL, 

9e curé de Québec, 1734-1737 

Arrivé à Québec en juillet 1721. Il 
mourut eu octobre 17^7. 



" Rue des Jardins, depuis lies Jé- 
suites en montant jusqu'à la rue 
St-Louis, 11 familles. 

" Rue Ste-Anne, depuis la Place 
d'Armes qui est vis-à-vis la 'tour 
bastionnée près le jardin des Jésui- 
tes jusqu'à la Place devant le Fort 
au coin du mur du jardin des PP. 
Récollets, 14 familles. 

" Petite rue depuis la place du 
Fort jusqu'au cime'.ière qui joint 
au presbytère, (rue du Trésor), 3 
familles. 

" Rue de Buad?j, bornéfs d'un bout 
par la place qui est devant la cathé- 
dnaile et les Jésuites, et de FauCre 
par celle qui est devant revêché, 9 
familles. (Escalier de la rue Buade.) 

" Rue qui pre-rd depuis la Bou- 
langerie du Séminaire jusqu'aux 
Remparts et rue St-Joseph. (Rue 
Ste-Famille et rue Garneau.) 7 fa- 
milles. 

" Rue Oouillard. dtepuis la mai- 
son de Relleville jusqn'aru cimetiè- 
re de l'HôteJ-Dieu. (Le cimetière 



— 173 




M. CHARLES PLANTE, 

lie curé de Québec, 1739-1744 

Né le 18 céc mbre 1680,à llled'Orléans, 
fils de Claude Plante et de Marie 
Patenote ; ordonné à Québec le 22 
décembre 17^3, desservant St-Michel 
et Beaumont jusqu'en 1718. 11 décéda 
à l'Hôtel- Dieu de Québec, le 20 mars 
1744, âgé de 64 ans, et fut inhumé 
dans la Cathédrale. 



des Pauvres, au nord-est de la rue 
Collins.) 18 familles. 

" Eue des Pauvres, depuis le 
grand portail de la Cathédrale jus- 
qu'à la porte die la ville. (Côte du 
Palais). Eue de la Fabrique, partie 
de la rue St-Jean et rue du Palais. 
16 familles. 

" Eue St-Jean, depuis le coin du 
Jardin des Pauvres de l'Hôtel-Dieu 
jusqu'aux forticationsi, 8 famillies. 
(Le jardin des Pauvres occupait, 
entre les rues Coliins et du Palais, 
tout le bloc où se trouve l'hôtel Al- 
bion, aujourd'hui hôtel Victoria). 

" Faubourg S t -Ni col a s ou quar- 
tier du Palais, 25 familles. 

BASSE- VILLE 

" Eue du Sauilt au Matelot, 78 
familles. (Cette rue renferme le 
plus grand nombre d'habitants.) 




M. JEAN FELIX RECBER 
13e curé de Québec, 1749.1768 

Arrivé en août 1747, chanoine honoraire 
et directeur du séminaire de Québec ; 
il mourut le 16 mars 1768, âgé de 44 
ans et trois mois, il esr, inhumé dans 
la chipelle du séminaire. 

1 i 



" Eue de la Montagne, depuis la 
porte d-e i'Evêché jusqu'au jardin 
de M. JJelirio 27 familles. 

" Eue Notre-Dame, depuis lia fin 
de la rue du Sauit au Matelot jus- 
qu'à l'église de la. Basse-Viille, 28 
iamilles. 

' k Eue DeMeules et Champlain, 
depuis le haut de }'iesealier jusqu'au 
bout du Cap au Diamant, 77 famil- 



Eue du Cul de Sac, 34 famil- 



les. 



" Eue Sous le Fort, 49 familles. 

" Habitant de la Petite Eivièrq, 
7 familles. (44 âmes). 

La rue St-Pierre et la paroisse 
Saint-Ecch n'étaient point encore 
habitées à cet époque, à l'exception 
d'une couple de familles près de la 
Côte à Coton, et l'Hermitage Saint- 
Eoch, dies EE. PP. Eécollets, près 
de la Eivière Saint-C^arïbs, dont 
on parlera plus tard. 

Les limites actuelles de la parois- 
se, depuis 1886, pour les catholiques 
parlant la langue française, sont 



174 — 




M. BERNARD SYLVESTRE DOSQUE 

14e curé de Québec, 1769-1774 

Arnvé en 1758, Jut nommé eu 1750, 
cuié de rJeauinuiit ; eu 1769 curé de 
Québec, mure a l'Ilôtel-JJieu de Qué- 
bec, le 29 janvier 1774, à l'âge dts 47 
ans, et inhumé dans la Cathédrale. 



au milieu 'de la rue St-Eustache et 
au milieu de la Graaide-Alilée jus- 
qu'à Marchmont et de la rue Saint- 
Koch en suivamt la Rivière jus- 
qu'au Cap Dianiand, 

La population catholique de lan- 
que française de la paroisse est de 
5,213, (1901). M. tfabbé F. X. Fa- 
guy est le curé actuel et a pour vi- 
caires M. l'abbé A. Faucher et M. 
IVbbé J. B. Paradis. 

Notice historique sur l'église pa- 
roissiale de Notre-Dame de Québec, 
diaprés le " Journal de Québec, w 
lors des travaux, en 1844 : 
" L'églkei paroi'ssi°V - 
mencée la première fois en 164-4, 
s ouïs le titre de "Notre-Dame die la 
Paix ; elle fut bâ'ie «*i ■ 
croix, largie d°< 33 pieds ot longue 
de 100 pieds, y compris les murs. 
EI(fo avai+ deux chapelles, l'une du 
côté de l'Epi tre, d"te de ^-Josp^n. 
0t l'autre, dm coté de l'Evangile, 
ditei rl)e S 'e- A une. 

" En 1650, le P. P. Poncet dit la 




M. AUGUSTE DAVID HUBERT, 

16e curé de Québec, 1775-1792. 

Né à ^uéibec, le 15 février 1751, fils 
de Charles Hubert et de Charlot- 
te Thibault ; ordonné le 26 fé- 
vrier 1774 ; dessert St-Joseph de 
Lévis en 1774 ; 1775, curé de 
Québec, noyé à l'âge de 41 ans, 
le 21 mai 1792, inhumé dans la 
Cathédrale, 



première messe à l'église nouvelle 
et la bénit en même temps. (24 dé- 
cembre 1650.) 

" Vers 1655, il fut érigé r.n clo- 
cher sur île milieu de l'église. 

" En 1666, le 2 juillet, dédicace 
soleiwifelle de l'église sous le titre 
de lTmmaculée Conception. 

" En 1688,_ l'église ayant été trouf- 
vée 'trop petite, on l'allongea de 50 
pieds et on fit ériger deux tours car- 
rées, l'une de chaque côté du por- 
tail. 

" En 1744, la charpente étant 
pourrie, il fut déterminé die bâtir 
une nouvelle église,, sur le même 
terrain ; il n'est pas fait mention 
que l'on se soit servi des vieux murs, 
mais il est dit qu'elle fut allongée 
de 40 pieds et élargie par deux bas- 



175 — 




M. JOSEPH OCTAVE PLESSIS, 

17e curé de Québec, 1792-1805. 

Né à Montréal, le 3 mars 1763, fils 
de Joseph. Plessis et de Louise 
Ménard ; ordonné le> 11 mars 
1786 ; nommé évêque en 1800. 

1 — 

côtés de 28 pieds de lao-ge chacun, 
y compris les murs. Les additions 
faiitjes à l'église en 1688 et 1744 cor- 
respondent exactement avec l'éten- 
due actuelle de cet édifice, savoir : 
200 pides de long- sur 66 <Ja large, 
compris l'épaisseur des murs. 

" En 1759, la ville de Québec, 
étant assiégée par les forces britan- 
niques, sous le commandement du 
général Wolfei, pfendant le bombar- 
dement, l'église fut entièrement 
incendiée la nuit du 22 au 23 juil- 
let, par des bombes ou boulets rou- 
ges lancés des batteries anglaises 
érigées sur les hauteurs de la Pointe- 
Lé vy, mais la construction des murs 
et la partie de la tour octagone se 
trouvèrent tellemnet solides qu'ils 
restèrent debout, ainsi qu'on peut le 
voir dans une ancienne gravure re- 
présentant l'état de l'église et dé 
cette partie de lai ville, après le 
siège de Québec, en 1759. 

" En 1771, l'église fut rétablie 
telle qu'elle est actuellement quant 




M. L.^JOSEPH DESJAUDINS, 

18e curé de Québec, 1805-1807. 

Vicaire de 1801 à 1805 ; chapelain 
de l'Hôtel-Dieu, 1807 à 1836, 
mourut le 31 août 1848. 



à son intérieur, de sorte qu'elle a 
conservé jusqu'à ce, jour la forme 
qui lui avait été donnée en 1744, 
d'apiès les plans et dessins de M. 
Cfoaussegros de Léry, ingénieur en 
chef de la colonie. 

" En 1844, e.n travaillant à la dé- 
molition actuelle du portail, l'on a 
trouvé dans le mur cinq boulets 
(du calibre de 24 livres) tous mar- 
qués à la patte d'oite, à environ 
trente pieds au-dessus du sol ; en 
déblayant les anciennes fondations 
on a découvert un morceau de fon- 
te pesant 8 livres, formant partita 
de la crampe de la cloche qui était 
suspendue au clocher lors dfe l'in- 
cendie en 1759, et qui (es* vraisem- 
blablement lai même qui fut donné 
à l'église par <un nommé Robert 
Hache en 1651. et qui, était du 
poids d'environ 1,000 livres ; et on 



176 




M. ANDRE DOUCET, 

19e curé de Québec, 1807-1814. 
Né aux Trois-Riviènes, le 30 novem- 
bre 1781, fils de Jean Doucet et 
de Madeleine Mireau ; ordonné 
le 1er décembre 1805 ; 1806, vi- 
caire à Québec ; 1807, curé, 1814 , 
fcihapeliain idM l'IBôpii'ta^é^éraj) 
de Québec ; 1817, missionaire à 
Halifax. Décédé à Tracadie, le 22 
décembre 1825,' âgé de 44 ans. 



a aussi trouvé plusieurs fragments 
de bombes au milieu d'une épaisse 
couche de cendres et de bois brûlé. 
Le portail: que l'on démolit actuelle-' 
ment doit être remplacé immédiate- 
ment par un autre construitl en 
pierre db taille de la Podnte-aux- 
Trembles, dans le genre dorique, 
d'après un plan que l'on peut voir 
chez M. Baillargé, architecte. 

Une coïncidence assez remarqua- 
ble, c'est que les trois époques^ de 
cet édifice vénérable sont à un siècle 
l'une de l'autre. L'église fut couir 
mencée en 1644, rebâtie en 1744 et 
elle subit maintenant, en 1844,, des 
améliorations considérables quant à 
son extérieur. " 




M. JOSEPH SIGNAI, 

20e curé de Québec, 1814-1831. 

Né à Québec le 8 novembre 1778, 
fils de François Signai* et de Mar- 
guerite Vallée ; élu coadjuteur 
de l'évêque de Québec, le 20 mai 
1827, curé de Québec jusqu'au 7 
octobre 1831. 



En 1874, Mgr Taschereau, arche- 
vêque de Québec, dans "une circu- 
laire datée du 8 septembre 1874, 
adressée au clergé, dit que sa cathé- 
drale a été mise au nombre des Ba- 
siliques Mineures, par Sa Sainteté 
Pie IX* à l'occasion ;| - deuxième 
centenaire du siège épiscopal de 
Québec. 

Aussi à cette, occasion, Sa SainJ- 
teté a donné une magnifique mosaï- 
que de lai Sainte Vierge pour être 
placée dans la Basilique. 

M. Eaguy, curé actuel', a fait 
f sire beaucoup de réparations à son 
église. Iî a fait peinturer et dorer 
l'intérieur ; renouveler les bancs ; 
changer le système de chauffage, a 
fait poser la lumière électrique, etc., 
etc. 



— 177 



LISTE DES CURES DE QUEBEC 

Avant l'arrivée de Mgr de Laval. 

Première chapelle de Québec sous 

le voeaible de St-Charles 

— A la Basses Ville — 

D'Olbeau, R. P., Jean,, Eécollet, 
1615-1616. 

Jamiay, B. P./» Denisi, Eécollet, 
1616-1617. 

LeCaron, R. P., Joseph, Eécollet, 
1617-1618. 

D'Oiseau, E. P., Jean, Eécollet, 
1618-1622. 

Galleran, E. P., Guillaume, Bél- 
collet, 1622-1625. 

DeLîaroche-D aill on, Jean- Joseph!, 
Eécollet, 1625-1626. 

LeCaron, E. P., Joseph, Eécollet, 
16201-1629. 

Eglise de Notre-Dame de Bécou^ 
vrancfe, à la Haute- Ville. 

LeJeune, E. P. Paul, S. J., 1632- 
1635. 

Lallemandj, E. P. Charles, S J 
1635-1639. 

Vimont, E. P. Berthelemv, S J 
Ï639-1640. 

Chapelle paroissiale de Québec, 
sur la; rue du Trésor. 

Vimont, E, P. Berthelemv, S J 
1640-1644. 

Lalltemant, E, P. Jérôir/?, S. J 
1644-1650. 

Bagueneau, E. P. Paul, S. J., 
1650-1653. 

LeMercier, E. P. François, S. J., 
1653-1656. 

DeQuen, E. P. Jean, S. J., 1650- 
1657. 

Eglise de Notre-Dame de Québec. 

Queylus, M. Gabriel/, dé 1657w 

1658. i I ; v-j 

IieMercier, E. P. François, S. J., 
1658-1659. 




M. CHS. FES. BAILLABGEON, 

21e curé de Québec, 1831-1850. 

Né le 25 avril 1798 ; fils de Fran- 
çois Baillargeon et de Marie 
Louise Langlois ; ordonné le 1er 
juin 1822 ; chapelain de l'église 
St-Eoch ; 1826. curé de St-Fran- 
çois. Ile d'Orléans ; 1827, du 
Château-Eicher et de l'Ange- 
Garcïien ; 1831, de Québec ; dét- 
cédé évêque de ^uébec, en octobre 
1870. 



LISTE DES CURES DE QUEBEC 
Après l'arrivée de Mgr de Laval. 

1er, 1659-60, M. Jean Torcapel. 

2e, 1660-1672 et 1673-87, Henri de 
Bernières. 

3e, 1672-73, Louis Ango des Mai- 
zeijets. 

4e, 1687-1707, Frs Dupré. 

5e, 1707^-1711, Pierre Pocquet. 

6e, 1711-1724, Thomas Thibault. 

7e, 1724-1733, Et, Boulard. 

8e, 1734, Bertrand de la Tour. 

9e, 1734-1737, Jean Lyon de St- 
Ferréol. 
10e, 1738-1739, Jacques Dartigues. 
llie, 1739-1744, Charles Plante. 
12e, 1744-1748, Mathurin Delbois. 
13e, 1749-1768, Jean-Félix Eéeher. 

Lfi! , ! : h 



178 




M. LOUIS) PROULX, 

22e ©uré de Québec, 1850-1851. 

^écédé Te 6 juillet 1871, à Ste-Ma- 
rie de la Beauoe. 



14e, 1769-1774, Bernard Sylvestre 
Dosque. 

15e, 1774-1775, Louis Beaumont, 

16e, 1775-1792, Auguste David Hu- 
bert. 

17e, 1792-1805, 'Joseph Octave Plb*- 
sis. 

18e, 1805-1807, Ls Joseph Desjar- 
dins. 

19e, 1807-1814, André Doueet. 

20e, 1814-1831, Joseph Sigmaï. . 

21, 1831^-1850, Chs Ers Baillargeon. 

22e, 1850-1851, Louis Proulx. 

23e, 1851-1887, Joseph Auclair. 

24e, 1888-..., Frs Xavier Faguy, 
curé actuel 

Cette liste de curés de Québec a 
été prise dans "l'Abeille," du Sémi- 
n'aire de Québec, et modifiée avec 
celle du Dr K E. Dionne. 

Il de trouve dans la liste qu'il y a 
dans l'entrée de la Basilique, quel- 
ques-noms qui ne se trouvent pas 
dans celle-ci. 

Les voici : M. F. Elzéar Vallier, 



Mathurin Jacreau et Siinéoii Le 
.dansais. 

Les prêties qui se sont succédé 
à la cure de I^otre-Dame de Qué- 
bec, et la prise de possession de 
cette cure par le titulaire actuel, le 
5 janvier 1888, d'après le "Soleil'' 
du 3 juin 1899. 

Afin d'ajouter un nouvel attrait 
à notre édition du samedi, nous 
avons entrepris la tâche dy insérer 
l'historique d'une des paroisses du 
diocèse de Québec, avec en même 
temps quelques notes biographiques 
sur le curé actuel. 

Cette tâche est plus ardue que 
nous le présumions. 

Il nous en a coûté bien des re- 
cherches, bien des pas et des démar- 
ches pour obtenir les quelques ren- 
-seignements que nous publions ci- 
dessous sur la cure de Québec. Nous 
devons dès à présent dire que nous 
sommes redevables à M. le Dr Dion- 
ne, bibliothécaire du Parlement, un 
chercheur et un littérateur, d'une 
bonne partie de nos renseignements. 

Les principaux points qui ofïent 
matière à discussion sont les dates 
de nomination à la cure. Ainsi on 
ne peut établir sûrement quand M. 
Poequet, M. Thiboult^ M. Boulard, 
M. de la Tour, M. Lyon St-Ferréol, 
M. Dartigues furent nommés curés 
de Québec. H y a aussi des difficul- 
tés à résoudre au sujet de la date 
de l'abandon de cette charge par 
MM. Lyon St-Ferréol et Plessis. 

D'après "L'Abeille", les Jésuites 
auraient été curés de Québec avant 
l'arrivée de Mgr Laval, de 1625 à 
1657 et de 1658 à 1659. Eiien ne 
nous porte à croire cependant que 
les Jésuites aient été revêtus du- 
rant cette charge d'une autorité 
autre que celle de missionnaire. 

La colonie tout entière était con- 
sidérée comme pays de mission. Le 
recteur ou supérieur de la Oomoa- 
gnie dis Jésus à Québec était revêtu 



— 179 — 




M. JOSEPH AUCLAIH, 

23e curé de Québec, 1851-1887. 

Né à St-Ambroise le 16 juin 1813, 
décédé le 29 novembre 1887, in- 
humé dans l'a Basilique. 



du titre de Supérieur général des 
missions du Canada. Les Jésuites 
étaient chargés de l' administration 
spirituelle. Ils recevaient leurs pou- 
voirs, dit Ferland, du nonce du 
Pape à Paris ou directement de la 
Congrégation de la Propagande, à 
Rome. Miais enfin ils n'étaient que 
des missionnaires, exerçant les fonc- 
tions de curé sans en avoir le titre. 

Voilà ce que prouvent tous les 
documents que nous avons feuille- 
tés. Nuûie part, ils ne sont considé- 
rés comme étant des curés dans l'ac- 
ception propre du mot. 

M. de Queylus fut-il le premier 
curé de Québec ? 

Quelque temps après: son arrivée 
au pays, M. de Queylus reçut du 




M. FRS.-XAVIEB FAGUY, 

24e curé de Québec 1888 et curé 
actuel. 



P. Poucet les clefs de l'Eglise de 
la paroisse. Le journal des Jésuites 
dit qu'il prit charge de la cure le 
12 septembre 1657. Dans les Archi- 
ves de la paroisse Notre-Dame de 
Québec, on trouve une note dans 
laquelle il est dit qu'à son arrivée, 
M. i abbé de Queylus, " devenu cu- 
ré de Québec", et se trouvant sans 
presbytère, intenta une action aux 
Pères Jésuites pour leur faire re- 
mettre à la paroisse le nouveau J lor 
gis qu'ils venaient de bâtir ou rem- 
bourser les 600 livres qu'ils avaient 
acceptées en 1645 pour construire 
eux-mêmes un presbytère sur le 
terrain de l'église. 
Il ne peut donc pas y avoir de 



ISO 




ANCIENNE PLACE DU MARCHE 

Première Cathédrale de la Nouvelle-France, commencée en 1644 et terminée en 
en 1657, sons ia direction du R. P. Jérôme Lallemant, S. J. Commissaire 
et supérieur de la Compagnie de Jésus au Canada 



discussion sur le compte die M. de 
Queylus non plus qu'an sug'et de 
son successeur M. Torcapel. 

Le "Journal des Jésuites" men- 
tionne ce dernier conune curé lors- 
qu'il raconte la cérémonie inaugurée 
à la date du 1er janvier 1660, par 
l'évêque de Pétrée et que le prélat 
avait annoncée dans la chaire de lia 
paroisse. 

Après M. Torcapel vient M.Hen- 
ri de Bernières qui fut curé de 1660 
à 1672, M. Ango des ïvCaizerets lui 
succédant pour une année. 



En 1672, M. des Miaizerets fut 
nommé supérieur du Séminaire, et 
il exerça cette charge jusqu'à l'an- 
née suivante, lorsqu'il fut remplacé 
par M. de Bernières qui reprit en 
même temps ses anciennes fonctions 
de curé "titulaire". M. de Berniè- 
res fut le premier curé en titre de 
Québec depuis 1664. 

M. Dupré fut curé die Québec de 
1687 à 1707, pendant 20 ans. 

Le cas de M 1 . Pocquet, n'est pas 
aussi clair. Fut-il toujours cura 
titulaire de 1707 à 1711. On est 






181 



fondé à croire qu'avant d'être nom- 
mé cuié, il remplit les fonctions die 
curé d'office. Il a signé comme tel 
dans les registres de la paroisse à 
plusieurs reprises. 

Il en est de même de M. Thi- 
boult, qui de .1711 à 1713, paraît 
dans les archives comme curé d'of- 
fice. 

M. Bertrand de la Tour fut nom- 
mé curé pendant qu'il était en 
France, et n'en exerça jamais les 
fonctions. Il était absent depuis 
deux ans lorsqu'il reçut la nouvelle 
de sa nomination, qu'il ne voulut 
pas accepter et il dut faire un acte 
de résignation à cet effet, en date 
du 8 mai 1734. 

En 1738, M. Dartigues fut nom- 
mé curé die Québec. . Il avait succé- 
dé à M. Lyon Saint-Ferréol, mort 
en 1737. Dans l'intervalle, M. Chs 
Plante desservit la cure en qualité 
de vicaire, charge qu'il occupait 
depuis 1718. 

M. Dartigues se démit le 27 no- 
vembre 1738 et fut remplacé cette 
fois par M. Plante, comme curé, 
mais sa nomination othcielle ne 
date que du 25 avril 1739. Il rem- 
plit les fonctions curiales jusqu'à 
sa mort arrivée le 20 mars 1744. 

La cure continua à être adminis- 
trée par des vicaires jusqu'au 3 no- 
vembre 1749, lisons-nous dans les 
notes historiques sur le chapitre de 
la cathédrale de Québec, par M. G. 
V. Langevin. Il y a eu un curé de 
Québec du nom de Delbois, die 1744 
à 1749. Comme M. de la Tour et M. 
Dartigues, M. Delbois dut sa nomi- 
nation au Séminaire des Missions 
Etrangères die Paris, et pour des 
raisons inconnues il ne crut pas de- 
voir prendre possession de sa cure 
et ne vint jamais au Canada. 

M. Vallier faisait les fonctions 
de curé à Québec lorsqu'il mourut 
le 17 janvier 1747. M. de Villars le 



remplaça jusquà la nomination par 
iéveque de iu. J. E. Récher, le à 
novembre 1749. 

Quant à M. Dézéry, que nou3 
trouvons comme curé de 1768 à 
1769, ce doit être M. E. X. La Tour 
Dézéry, le premier canadien fran- 
çais aggrégé au séminaire de St- 
Sulpice. 

A sa mort (M,. Récher), le 16 
mars» 1768, l'évêque lui donna com- 
me successeur un jeune prêtre com- 
me curé d" office, puis M. Dosque, 
au bout de 18 mois. 

M. Dosque mourut le 29 janvier 
1774, et M. A. D. Hubert ne lui 
succéda qu'en 1775. Durant cet in- 
tervalle, M. L. Beauuiont agit com- 
me curé d'office de la cathédrale. 

La seule difficulté à résoudre est 
au sujet de M. le curé Plessis. Le 
"Répertoire du Clergé" dit qu'il 
succéda à Mgr Denaut et prit pos- 
session de son siège épiscopal le 27 
janvier 1806. Il dut donc se démet- 
tre de sa charge de curé vers cette 
époque, vers la fin de Fannée 1805, 
Il aurait été ainsi curé de Québec 
de 1792 à 1805. 

M. L. J. Desjardins était vicaire 
à la cathédrale depuis 1801 ; en 
1805, il devint curé d'office jusqu'à 
l'arrivée de M. André Doucet, en, 
1807. 

A partir de M. Doucet jusqu'à 
M. Faguy, cinq curés se sont succé- 
dé à des dates bien connues et in- 
discutables. 

La moyenne de la durée des fonc- 
tions de chacun d"eux pendant cette 
période de 230 ans a donc été d'un 
peu plus de 10 ans. Ceux qui ont 
fourni la plus longue carrière com- 
me curé de Québec, ont été : M. 
Auclair, 36 ans ; M. H. de Berniè- 
res, 26 ans ; M. Dupré, 20 ans ; 
MM. Récher et Baillargeon, 19 
ans ; MM. Huber^et Signay, 17 
ans. 



— 182 — 




M. Faguy prit possession de la 
cure de Québec le 5 janvier 1888. 
A une heure trente de l'après-midi, 
M. le curé Faguy se rendait à la 
chspelie du Palais de Son Emi- 
nence le cardinal Tasekereau, et, 
devant ce dignitaire, faisait la pro- 
fession de foi obligatoire avant de 
prendre possession de la cure de 
Notre-Dame de Québec. 

D'ordinaire, aucune cérémonie 
religieuse ne marque l'entrée en 
charge d'un nouveau curé, vu que 
toujours ces dignitaires sont sus- 
ceptibles d'être remplacés. 

Tel n'est pais le cas pour le entré 



de Notre-Dame, qui, une fois nom- 
mé, ne peut être remplacé, vu qu'il 
est nommé à vie. 

La prise de possession par Mj. 
l'abbé Faguy se fit avec un éclat 
inaccoutumé. 

Après avoir prononcé la profes- 
sion de foi devamt Son Eminence, 
le titulaire se rendit à la sacristie 
des vicaires, où il revêtit le surplis 
et Pétale. Il entra ensuite au choeur 
par l'une des portes latérales, se 
signant avec Pesai bénite, et se ren- 
dit au pied de l'autel, où il pria 
quelques instants. 

M. ie curé, accompagné de Mon- 



183 - 



seigneur Legaré, protonotaire apos- 
tolique, et qui en cette qualité avait 
été chargé par !Son Eminence d ; ins- 
taller le nouveau dignitaire, se ren- 
dit ensuite au bas choeur, aiin de 
s entendre donner lecture aes docu- 
ments suivants : d'abord, lecture 
uie i acte mortuaire de feu M. l'ab- 
bé Audair ; ensuite, celle du bref 
de nomination émanant de Sa Sain- 
teté, et troisièmement, Lecture du 
bref de promulgation, signé par 
bon Eminence ie cardinal. 

Cette partie de la cérémonie étant 
faite, M. le curé s'est rendu à l'au- 
tel dédié à la Sainte -Famille, qui 
est l'autel paroissial. 

Le choeur, composé des élèves du 
Petit Séminaire, chanta le "Bene- 
dictus", après quoi M. le curé prit 
possession de l'autel en le baisant, 
en touchant le Missel de sa main 
droite, en ouvrant le tabernacle, 
dont il retira le ciboire, qu'il repla- 
ça ensuite. 

M. l'abbé Faguy, accompagné 
d'un cergé nombreux, se rendît en- 
suite aux fonds baptismaux, dont il 
prit possession, et de là se rendit 
dans la chaire dont il baisa 1 le re- 
bord. 

Vint ensuite la prise de posses- 
sion de la sacristie réservée au 
curé, sonnerie de la cloche, prise de 
possession du confessionnal!, de la 
St p ille et du banc d'oeuvre. 

M. le curé s'est ensuite rendu à 
l'autel de In Sainte-Famille et le 
choeur entonna le chant du " Te 
Deum". 

Le nouveau bénéficiaire se ren- 
dit de là à la sacristie, accompagné 
de Mgr Légaré, vicaire général et 
protonotaire apostolia.uie, die NN". 
S S. Bolduc, Paquet, Têtu et Ma- 
rois, et les révérends M. Boyer, re- 
présentant les Oblats de Marie Im- 
maculée : Beaudry. Bonneau, Bé- 
langer, curé de St-Roch ; Paquet, 



Page et plusieurs autres, dont les 
noms iiuu=> ecnàppent. 

^.u nombre de ceux aussi pré- 
sents à la sacristie, on remarquait 
les înaigu-Uiers dont les noms sui- 
vent : MM. Louis Biiodeau, mar- 
guiliïer en charge ; F. Cxourueau, 
toirois, N. Lemieux, L. Poulm, Le- 
te^iier, J±. Marcoux, Brousseau et 
M. le chevalier Robitaille ; tous 
les dignitaires ecclésiastiques men- 
tionnas plus haut, plusieurs Frères 
de la Doctrine Chrétienne, les re- 
^.cociiuuu.s ae la presse, etc. 

Toutes ces personnes ont apposé 
leur signature au compte-rendu of- 
ficiel, qui fait partie des registres 
de la paroisse. 

Le 9me Bataillon était représenté 
par son' colonel, M. G. Amyot, par 
les majors Boy et Evanturel, et par 
l'adjudant du bataillon, le lieute- 
nant Jolicoeur. Ces militaires, qui 
avaient tenu à faire preuve du res- 
pect et de l'amour qu'ils professent 
envers leur compagnon de peine et 
de labeur dans la campagne du 
.Nord- Ouest, avaient été invités à 
prendre place au bas choeur. 

Le révérend F. X. Faguy est né 
au faubourg Saint-Jean, le 15 oc- 
tobre 1853. Il est par conséquent 
ap'é de 46 ans. Il est le fils de feu 
Franc. Faguy et de Marguerite 
Voyer. 

Il fit ses études au Séminaire de 
Québec et gradua à l'Université 
Laval. 

Le 7 juin 1879, il était ordonné 
prêtre. 

Pendant huit années, il fut pro- 
fesseur de littérature au Séminaire 
nuis successivement vicaire à Char- 
lesbourg, St-Jean^Baptiste et St- 
Koch ; il desservait aussi la. con- 
grégation de cette paroisse. 

Lorsqu'éclata. l'insurrection du 
Nord-Ouest, M. l'abbé Faguy, am 
était alors aumônier du 9e batail- 
.lon, partit vaillamment et accom- 



— 184 — 




CROQUIS DE L'INTERIEUR DE LA BASILIQUE DE QUEBE 



185 




rr^'ï 



lliiEr« 







Vue des ruines de la Cathédrale de Québec, en 1759. 



pagna nos pious-pious, les récon- 
fortant, leur faisant oublier les fa- 
tigues de la campagne par son inal- 
térable bonne humeur. 

Il est président de la commission 
scolaire. 



(1) ETAT GENERAL DES HA- 
BITANTS DE QUEBEC, 
EN 1666. 

Noms et prénoms, âges, qualités et 

métiers de toutes les personnes 

qui sont dans la haute et 

basse-ville, y compris la 

Grande-Allée. 



Messieurs dju Séminaire de Qué- 
bec et leurs domestiques. 

Messine François de Laval, évê- 
que die Petrée, nommé par le roi 



(1) Manuscrits relatifs à l'his- 
toire de la Nouvelle-France, 2e. sé- 
rie, vol. 3. . 



premier évêque de ce pays ; de Ber- 
nière, grand vicaire, supérieur du 
Séminaire ; de Charny, gnand vi- 
caire ; de Maizerets, Dudouyt, Pom- 
mier, Morel, Morin ; M. Joliet, clerc 
de l'église ; Denis Laberge, 33 ans, 
et Claude Carpentier, 30 ans, do- 
mestiques engagés ; Pierre Lampe- 
rier, 27 ans, engagé. 

Les RR. PP. Jésuites du collège 
die Québec avec les noms des Frères 
et domestiques d'icelui : 

François le Mercier, supérieur ; 
Claude df'Ablon,ministre ; Héroïsme 
La'demnnd, Claude Pijiart, Pierre 
Chasteilain, Joseph C^aumono^ 
Claude Bardy, Thierry Beschlefer, 
Raffeix, Julien Garnier, frère Am- 
broise Brouart, Florent Bonnemer, 
médecin ; Louis Ganbert, Pierre 
Massot, Joseph Boursier, Guillaume 
Laugier, Louis Leboesme, Frères 
gris donnés : Charles Boyvin, Mar- 
tin Boutet, Jacques Louvier, Jac- 
ques Aubry. Charles P^nie, Char- 
les Bousquet, Poisson. Hommes de 
travail du dit collège : René Voy- 
sin. 20 ans. et Thomas Pageau, 21, 
tailleurs d'habits ; Thomas Trigal- 



18< 




M. ANTOINE-CHARLES GODE- 
FROY DE TONNANCOUR, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1725- 
50. Né aux Trois-Rivières, le 13 
mai 1698, fils de René Godefroy 
de Tonnancûur. conseiller du roi 
et lieutenant-général, et de Mar- 
gmerï+ei i^eau : fut ordonné le 
38 décembre 1723. Clianoine du 
chapitre dp Québec, il mourut le 
30 sentembre 1757. Inhumé dans 
l'a cathédrale. 



Ion, 50, et Jacques Blay, 30, menui- 
siers, mariés en France ; Pierre Le- 
sot, 23, et Pierre Girard, 25, tra- 
vaillants ; Mathurin Legras, 20, 
tonnelier : Pierre Rollandeau, 22, 
maçon : Urbain Champlain, 32. 
maître d'école ; François du Mous- 
sard, 23, maître de musique. Il y a 
dans le dit eollège,20 pensionnaires, 
dont 4 sont de France et les autres 
enfants du pays. 

Les dames religieuses et TJrsu- 
lines avec leurs pensionnaires et do*- 
mestiques : Mme de la PeHrie, 63 
ans. fondatrice ; Marie Guvsirdl dite 
de l'Incarnation. 66. supérieure ; 
Ann^ LeBugle ditn, Sainte-Clair^, 
59. dépositaire : Mareruerite Flu- 
rptte dii + fi de Saint-Athanase. 52 : 
Cécile Rieher dite de Sainte-Croix. 
50 ; Marie- An ne Iieboue dite de 




R, P. BERNARDIN DEGANNE- 

FÀLAISE, Récollet. 

Vicaire de N.-D. de Québec. 1736, 
et 1739-45. Ordonné le 24 sep- 
tembre 1729 ; 1731, curé de Bou- 
cherviUe ; 1732, des Trois-Riviè- 
res ; 1734, chanoine à Québec ; 
1741, supérieur des Récollets à 
Québec, 

Notre-Dame, 46 ; Marie de Villers 
dite de Saint-André, 3.6 ; Phiiïppe 
de Boulongue dite de St-Domini- 
que, 59 ; Charloute Barré dite de 
Saint-Ignace, 46 ; Geneviève-Marie 
Bourdon dite de Saint-Joseph, 27 ; 
Soeurs professes : Anne Bourdon 
dite Agnès, 21 ; Marie Bouttet dite 
de Saint- Augustin, 22 ; Jeanne 
Bourdon de SainJt -François, 22 ; 
Angélique Poisson, 14. Soeurs con- 
verses : Anne Lefrançois dite de St- 
Laurent, 51 ; Catherine Lereau 
dite de Saintei-Ursule, 53 ; Fran- 
çoise Ouin dite de Sainte-Magde- 
leine, 44 ; Antoinette Mignon dite 
ois Sainte-Marthe, 34 ; Marie Do- 
dier dite de la Passion, 23. 

Pensionnaires : Mlarie-Anne de 
Saint-Denis Juchereau, 12 ans ; 



187 




M.PIEBBE LAURENT BEDARD 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1752. 
Né à Charlesbourg, la 6 juillet 
1720, ordonné en 1752, puis curé 
au mois de novembre 'de la même 
année à St-François du Sud. Il' 
mourut le 11 mars 1810, âgé! de 
81 ans, après avoir été 58 ans 
©inné dei cette paroisse. 



Jeanne Couillard] de Lepinay, 12 ; 
Miarie-Magdeleiiie de Lanzon, 12 ; 
Anne Catherine de Lauzon, 7 ; Ma- 
rie-Marguerite Pinguet, 12 ; Ma- 
tburine Bellanger, 13 ; Barbe For- 
tin, 12 ; Marie-Jeanne Moral de 
Saint-Quentin, 13 ; Catherine- Au- 
gustin© Bissot, 12 ; Claire-Fran- 
çoise Bissot, 8 ; Marie Bissot, 8 ; 
Simone- Bisson, 12 ; Marie-Ursule 
Boucher, 11 ; Mairie Perrot, 9 ; 
Anne Goupil, 12 ; Marie-Louise Le- 
maistre, 8 ; Marie Lagarenne, 7 ; 
IMarie-Magdeleine Desmoulins, 5 ; 
Marie-MagdeTein© Boissel, 12 ; Sé- 
bastienne Lognon,, 13 ; Marie Glo^ 
ria, 12. Domestiques : Pierre Mou- 
ret ert Pierre Caillant, domestiques 
engagés ; André Foutyaet, Julien 
Bouttard, Michel Eenninville, JeatrÉ 
Crépeau et Jean Avoir, engagés. 




M. CHAULES - MAKIE - MADE- 
LEINE YOUVILLE-DUFBOST, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1752- 
53. Né le 19 juillet 1729, à Mont- 
réal, fils de François d'Youville 
et de Marguerite Dufrost, fonda- 
trice des Soeurs de la Charité ; 
ordonné le 26 août 1752, la même 
année curé de St-Joieph de Lé- 
vis, avec la desserte de St-Henri, 
de 1666 à 1774 ; vicaire-général 
en 1775 ; 1774, curé de Boucher- 
ville jusqu'à sa mort, le 10 mai 
1790. 



Les damies religieuses Hospita- 
lières, ensemble leurs pension- 
naires et domestiques : Marie Le- 
fortier dite de Saint-Bonaventure de 
Jésus, supérieure. ; Jeanne Thomas 
ditle Agnès de Saint-Paul, assise- 
tante ; Anne Lecointe dite de Saint- 
Bernard, Catherine Le coûte dite de 
Sainte- Agnès, Marie Deschamps dite 
de Saint-Joachim, Catherine Yéron- 
njeau dite de Saint-Joseph, Marie- 
Benée Bouille dite de la Nativité, 
Marie Trouin dite de la Concep- 
tion, Marie-Catherine Joseph dite 
Simon de Saint- Augustin, Margue- 
rite Bourdon dite de Saint-Jean, 



188 — 




R. P. LUC COLLET, Récollet, 

Vicaire de K-D. de Québec, 1753- 
55. Né le 3 novembre 1715 ; or- 
donne à Québec, le 24 février 
1763 ; 1753, vicaire à Québec ; 
1755. aumônier de la Presqu'îfe et 
Rivière-aux-Boeuf'9 ; 1759, au- 
mônier des troupes. 

Antoinette Dutartre dite Marie de 
la Visitation, Marie-Magdelaine Le- 
poutrel dite Augustine de» Saint- 
Michel, Jeanne-Françoise Juchereau 
dite de Sain t -Ignace. Soeurs con- 
verses : Catherine Lechevalier dite 
de la Passion,, Clémence du Hamel' 
dite Marie oe l'Incarnation, Mar- 
guerite Fiquet dite Joseph de Sain- 
te-Marie, Jeanne Poisson dite Fran- 
çoise de la Présentation. Pension- 
naires : Marie-Joseph de Lauzon 
Charny, 9 ans ; Marie-Louise Ju- 
chereau, 13 ; Louise Bissot, 14 ; 
Charlotte-Magdelainje Juchereau,ll ; 
Marguerite-Renée Denis, 10. Domes- 
tiques du dit hôpital : Jaicques de 
la Métairie, 30 ; domestique non en- 
gagé : Denis Dieudo une, 55 ; jar- 
dinier non engagé : Jean Guitard, 

31, cordonnier, marié en France ; 
Jean Carrier, 30, etl Jean Gaulin, 

32, travaillants non engagés ; Ni- 




M. J.-JACQUES BERTHIAUME, 

Vicaire de K-D. de Québec, 1770- 
71. Né à Montréal le 20 septem- 
bre 1739 ; ordonné le 19 août 
1770 ; la même année curé des 
Eboulements ; 1775, die St-Joseph 
de Lévis ; 1783, de Beaumont ; 

1794, de Chambïy ; 1796, du Châ- 
teau-Richer, jusqu'à sia, mort, le 
26 février 1807. 



coLas Botrel, 45, domestique enga- 
gé ; Michel Riffand, 30, maçon en- 
gagé ; M-arc Tessier, 25, engagé. 
FAMILLES Di^S HABITANTS, 
Québec, Haute et Basse Ville. 

Louis Rouer de Villeray, 37 ans, 
conseiller au conseil souverain ; Ca- 
'iherinfe Sèves tre, 22, sa femme ; 
Augustin, 3 ; Nicolas Langlois, 22, 
tisserand, domestique. 

Jean Juchereau sieur de la Ferte, 
43, conseiller au dit conseil, veuf. 
Tous ses enfants sont en pension. 

Charles Legardeur,, écuyer, sieur 
de Tilly, 50 ans, conseiller au con- 
seil ; Geneviève Juchereau, 33^ sa 
femme ; Catherine, 17 ; Marie, 15 : 
Pierre-Noël, 13 ; Jean-Baptiste, 11; 



189 




M. MICHEL MASSE, 

Vicaire de K-D. de Québec, 1788 
89. Né à Ste-Foye le 2 janvier 
1764, fils de Michel Masse et de 
Joisephte Berthiaume ; ordonné 
le 24 août 1788 ; 1789, curé de 
Sainfi.-Pierre-lls^-jBeaquets et idja 
Saint- Jean Deschaillons ; 1796, 
de Saint-Joseph de Lévis ; 1830, 
Ôainte-Foye ; dlécéidlé le 20 octobre 
1845 et inhumé à S t- Joseph de 
Lévis. 



Marguerite, 9 ; Charles, 7 ; Eené, 
6 ; M'arie-Magdelaine, 4 ; Augus- 
tin, 2 ; Geneviève, un mois ; Jean 
Bray, 22, et Jean Duval, 22, domjesi- 
tiques engagés ; Jean Denis;, tireur 
de pierre, 21 ans, engagé ; Gilles 
Oadieu, 20, engagé. 

Mathieu d'Amour, écuyer, sieur 
die Chaufïour, 48 /ans, conseiller au 
conseil ; Marie Marsollet, 29, sa 
femme ; Louis, 11 ; Mathieu, 10 ; 
Isabeau, 8 ; Eené, 6 ; Charles, 5 ; 
Claude -Louis, 3 mois ; André Par- 
mentier, 25, chandelier engagé, ma- 
rié en France ; Pierre Lonnae, 22, 
engagé domestique. 

liouia-Léanctrîe Chiartierj, écuyer, 




M. PIEEEE CLEMENT, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1816- 
1820; 1821, curé de Beauharnois; 
1826, des Eboulements ; 1835, de 
la Petite Eivière ; 1844, de'St- 
Urbain ; 1860, retiré à la Baie 
St-Paul, où il décède le 15 no- 
vembre 1877. 




Mgr FES XOEBEET BLANCHET, 

Vicaire de K-D. de Québec 1820- 
21. Né à St-Pierre, Eivière du 
Sud, le 3 septembre 1795, fils de 
Pierre Blanchet et de Pose Blan- 
chet ; ordonné le 18 juillet 1819 ; 
1er évêque d'Oregon-Cité, en 
^45. Il décéda le 18 juin 1883. 



— 190 — 




M. CHS ERS PAINCHAJD, 
Vicaire die N.-D. de Québec, 1805- 
1806. Né à l'Ile aux Grues le 7 
septembre 1782, fondateur _ du 
Collège Ste-Annia de Lapocatière, 
décédé le 8 février 1838. Son corps 
ia, été disposé dans une^ chapelle 
spéciale, érigée dlans le jardin dfu 
collège, en 1892. 



sieur die Lainière, 54 ans ci-de- 
vant lieutenant-général d!e la séné- 
chaussée ; Elizaibeth. d'Amour, 53, 
sa femmje ; Paul-Louis, 24 ; Mane- 
Erançoise, 19. 

Jean-Baptiste Pauvret, sieur de 
Mesnu, 33 ans, greffier du dit con- 
seil ; Catherine Nau, 32, sa femme; 
Louis, 4 ; Claude- Armand et Alexan- 
drte, 18 mois ; Pierre Rault', 40, do- 
mestique engagé ; Jean Lavallée,18, 
engagé ; Pierre Odieure, 22, et Mar- 
tin Bouffart, 24, travaillants. 

La dame veuve du sieur d'Aille- 
boust, 45 ans, ci-devant gouverneur 




M. CHS B. de BOUCHERVILLE, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1807- 
1808. Né le 29 décembre 1781, fils 
de René-Amable Boucher de 
Bouicherville et d!e Madeleine de 
Simblin ; ordonné le 6 juin 
1805 ; vicaire à Longueuil ; 1806, 
à Québec ; 1807, curé du Châ- 
teau-Richer ; 1808, de Charles- 
bourg, où il est décédé le 16 jan- 
vier 1823. 



dje ce pays ; Aiméa Chastel, 45, ser- 
vante ; Pasquer Hubert;, 20, domes- 
tique. 

Marie Eavery, 50, veuve du feu 
sieur de Repentigny ; Ignace Lef- 
gardeur, escuyer, 18 ; Mairie-Char- 
lotte Godefroy, 14 ; Michel La- 
marre, 27, domestique engagé. 

Jean-Biaptiste Legardeur, escuyer, 
sieur db Repentigny, 34 ; Margue- 
rite Nioolet, 22, sa femme ; Pierre, 
8 ; Jean-Paul, 4 ; Augustin, 2 ; 
Alexandre, 3 mois ; Pierre Martin, 
22, et Ers Tourment* 13, domestique. 

Les domestiques de M. le Bar- 
roys, agent général 1 de messieurs 
dé la compagnie : Jac. Doublet dit 
de Lysle, 28, engagé ; Jacques Rif- 
fort, 21, tonnellier, engagé ; Greor- 
ge Bert, 24, matelot, engagé. 



191 — 




M. JOSEPH PROVENCHER, 

Vicaire die N.-D. de Québec, 1812- 
1813. 1er évêque de St-Boni£aice, 
en 1847. Né à Nicolet, le 12 fé- 
vrier 1787 ; ordonné le 21 décem- 
bre 1811. 1814, curé de la Pointe- 
Claire ; 1816. dh "Kamo'uraska ; 
décédé le 7 juin 1853. 

Nicolas Dupont, escuyer, sieur 
de Neufville, 26 ; Pierre Buguier, 
19, domestique engagé ; Frs. G-nos- 
Matre, 25, engagé. 

Robert Mosion dit Lamouche, 24, 
tailleur^ d'habits, habitant ; Anne 
Tavernier, 24, sa femme, 

Henriette Desprez. veuve d*i 
sfieur Dupilessis'-Guililemot, 88 ; 
Anne. 16 ; Jean Piron, 19, tailleur 
d'habits, engagé. 

Le sieur Charles Bazire, 24, mar- 
chand ; Geneviève Maceard 1 , 15. sa 
femme ; Jean Casse, 35, domesti- 
que. 

Jean Madrv. 38, maître chirur- 
gien ; Françoise Duquet. 19, sa 
femme ;' Charles 1 Dubois, 2?>. chi- 
rurgien, engagé ; Charles Bellan 
ger. 28, domestiaue engagé, marié 
en France. 

Jacques Loyer sieur Délateur, 
40. marchand : Marie Sevestre, 26, 
sa femme ; Charles. 7 ; Charles 
Montpellier, 14, son neveu ; Guil- 




M. LAURENT THOS. BEDARD, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1813- 
1817. Né à Oharlesbourg le 14 
octobre 1787, fils de Laurent Bé- 
dard et de Gertrude Gendron ; 
1817, curé de Stei-Croix ; 1819, 
chapelain de l'Hôpitail-Général ; 
décédé subitement à St-Joseph de 
Lévis, le 20 avril 1859. Il était 
curé d'office. 

laume dit Lallemant, 24, domesti- 
que engagé. 

Pierre Denis, escuyer, sieur de la 
Ronde, 35, habitant ; Catherine Le- 
Neuf, 26, sa femme ; Jacques, 8 ; 
Simon-Pierre, 6 ; Marguerite, 9 ; 
Angélique, 5 ; Françoise, 2 ; Frs. 
Savin, 26, domestique engagé ; Jac- 
ques dit Laverd'ure, 30, Jacques dit 
le Sauvage, 32, et Charles,18, enga- 
gea • Marie Boyleau, servante, 16. 

Claude Charron sieur Delabarre, 
40, marchand ; Claude Camus, 37, 
sa femme ; Claude, 14 ; Charles 8; 
Jacques. 6 ; Claude, 2 ; Gabriel 
Dumas, 40, Frs. Dumas, 24, et Et.- 
Pierre, 24, maçons engagés ; René 
Pelletier, 20, charnentier engagé. 

Marguerite Couillard. veuve de 
Nicolas Maceard, 38 : Ignace, 12 ; 
Charles, 9 ; Anne, 13 ; Catherine, 

10. ■ | '■ ' ! t . , ' 



192 




M. MICHEL DUFRESNE, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1814- 

1820. Premier desservant de la 

chapelle des congréganistes de la 

Haute- Ville, en 1819 ; en même 

temps desservant à Ste-Foye. 



Jean Maheut, 23, marchand ; 
Marguerite Corriveau, 40, sa fem- 
me, veuve de René Maheut ; Jean- 
Paul, 17, et Louis, 15, enfants de 
feu René Maheut ; Jacques Jc-re, 
21, engage domestique ; Et. Barbe 
Halay, 20, servante. 

Jean Le Mire, 40, maître-char- 
pentier ; Louise Marsollet, 26, sa 
femme ; Jeanne, 8 ; Marie, 6 ; Jo- 
seph, 4 ; Anne, 2 ; Pierre Yvelin. 
20, domestique engagé ; Jacques 
Gaultier, 20, engagé. 

Guillien^tte^MIarie Héjbert, 58,! 
veuve de sieur Couillard ; Charles 
Couillard, siieuir dies Isles, 19 ; Jiaic^ 
ques Auband, 26, dbmestique enga- 
gé ; Laurent Levasseur. 18 ; Pierre 
Lanoult, 21, et Jean Bernard, 18, 
eneragé. 

Antoine Brassard', 57, maçon, ha- 




M. HYACINTHE HUDON, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1818- 
1819. Premier desservant de l'é- 
glise de St-Roch de Québec, en 
1819. 

bitant ; Françoise Mery, 45, sa 
femme ; Guillaume, 18 ; Antoine, 
16 ; Jean-Baptiste, 14 ; Louis 12 ; 
Dorothée, 9. 

Berthelemy Gandin, 58, tonne- 
lier, habitant ; Marthe Goignat, 60, 
sa femme ; Jean, 16 ; Marguerite, 
14. 

Denis de Rome dit des Carreaux, 
42, maître taillandier ; Jacqueline 
RouHlois, 22, sa femme ; Pierre 
Boubier, 26, domestique taillandier. 

Michel Fillion, 33, notajre royal ; 
Marguerite Aubert, 45, sa femme ; 
Urbain Douesmont. 23, domestique 
engagé ; Elie Voyzin. 25, Mathu- 
rin Lelièvre, 23, et St-Jean Pe- 
zart, 35, engagés. 

Charles Amiot, 30, bourgeois ; 
Geneviève Chavigny, 20, sa femme; 



— 193 — 




M. SEVERE -JL-K, DUMOULIN, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1818- 
1819. 1823 curé de Saint-Fran- 
çois, Rivière du, Sud ; 1825, d'Ya- 
machiche, où il décède le 27 juil- 
let 1853. 




M. PIERRE-PAUL GÀGNON, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1677- 
80. Né à Québec, le 5 septembre 
1649 ; ordonné le 21 novembre 
1677, premier curé de la Baie St- 
Paul. Il se noya le 6 avril 1711. 
Inhumé à Ste-Anne. 




M. CHARLES DE GLANDELET, 

Vicaire de K-D. de Québec, 1680- 
92. Arriva au Canada au mois 
d'août 1675. Pi fut le premier des- 
servant de l'église de la Basse- 
Ville. Il mourut aux Ursulines 
des Trois-Rivières en juin 1725. 




M. PATRICK McMAHON, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1823- 
26, et 1829-48. Premier chapelain 

, de Féglise Saint-Patrice, dont il 
dirigea la construction, décédjéi 
le 3 octobre 1851. 



33 



194 



Geneviève Ghavigny, 20, sa fenime ;i 
Marie, o ; Qhaiiles, 1. 

Pierre normand sieur de Labriè- 
re, 28, marchand "taillandier ; Ca- 
therine JSonnand; zu, sa îemme ; 

Pierre, 2 mois ; iUine i>dlam<âu.Te, 
21, peiisioimaire. 

JJv-nis oaiyon, 33, fermier ; Eli- 
zabeth Boucher, 20, sa femme ; Ja- 
cob, ô ; Mâthnrin (iiraid 1 , 20, dô- 
mes tique engagé. 

E'UiStaohe Lambert, 48, marchand; 
Marie Laurence, 34,, sa femme ; 
Gabriel, 8 ; Eustiache, 7 ; Marie, 4; 
Jean Adam, 22, menuisier engagé ; 
Thomas Lefebvre, 24, Pierre Berge- 
ron, GO ; André Berger eau,, 23 ; et 
Gabriel Boyferon, 23, engagés ; 
Andné Robidou, 26, matelot. 

Toussaint Toupin, 50, maître de 
barques ; Marguerite Boucher, 32, 
sa femme ; Jean,, 16 ; Marie, 14 ; 
Antoine, 10 ; François, 5. 

Jean Poytras, 27, menuisier ; 
Marie-Xainte Vivier, 26, sa fem- 
me ; François, 3 mois. 

Jacques Grimaur, 28, habitant ; 
Jacquet te LeDoux, 26, sa femme ; 
Françoise, 6 mois. 

Jacques Rat te, 36, menuisier ; 
Anne Martin, 21, sa femme ; Mi- 
chelle, 3 ; Marie-Anne, 1. 

Jean De Lespinasse, 35, maître 
arquebusier ; Jeanne de Launé, 25, 
sa femme ; Pierre, 2 ; François, 1. 
Bertrand Ohesnay sieur de la Ga- 
renne, 40, marchand' ; Marie Made- 
leine Bellaiiger, 24, sa femme ; 
Marie, 8 ; Jean, 4 ; Anne, 18 
mois ; Robert; Tourneroche, 20, 
tailleur d'habits engagé ; Anne 
Gaigneur, 13, servante. 

Jeanne Duguay, 50, veuve du 
sieur Antoine LeBoesme. 

Nicolas Marsollet, 65, bourgeois ; 
Marie LeBanbier, 47, sa femme ; 
Jean, 14 ; Marie. 4 ; Jean Belle- 
ville, 22, domestique engagé. 

Jacques Hedouin, 38, taillandier : 
Jeanne Brassard, 32, sa femme ; 
Pierre, 7 ; Marie, 4 ; Jean-Baptis- 
te, i. •;: ii uisniuiHir 




M. THOMAS PEPIN, 

Vicaire- de N.-D. de Québec, 1825- 
27. Né à Charlesbourg le 20 avril 
1801, fils de Thomas Pépin et de 
Dorothée Lefebvre ; ordonné le 
3 octobre 1824 ; 1827, curé die St- 
Pierre-les-Béoquiets et d'e Saint- 
Jean ; 1833, du S^ult-au-Recol- 
let ; 1836. de St-Roch de l'Achi- 
gan : 1840, de Bou'ebervine ; dé- 
oélc'ié le 29 décembre 1876. 




M. ET.-EDOUARD PARENT, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1831- 
32. Né à Québec le 6 novembre 
1799 ; 1833, curé du Cap Saint- 
Ignace ; 1843, curé de Ohâteau- 
Rieher ; 1861, de l' Ange-Gardien, 
décédé le 13 juin 1873, à Saint- 
Pierre, Ile d'Orléans. 



195 — 




M. JAMES ^ELLIGAN, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1830- 
37. Né à Dingle, en Irlande ; 
ordonné le 26 septembre 1830 ; 
1837, curé de Saint-Sylvestre ; 
1851, chapelain de l'église Saint- 
Patrice de Québec ; 1856, curé 
de Saint- Joseph de la Beau ce 
où il décéda le 24 juin 1868. 




u. KluQLAS-TOLENTIN 
HEBERT 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1833- 
40. Ne le 1.0 septembre 1810 ; 
1840, curé de St-Paschal ; 1852, 
de St-Louis de Kamouraska ; dé- 

cédfc en 1887. 



Louis Fontaine, 33, pilote de na- 
vire ; Marie Brassard, 24, sa fem- 
me ; Marie-Anne, 8 ; Louis, 6 ; 
Jean, 4 ; Pierre, 3 ; Jean-Frs. 2- ; 
Simon, 8 mois ; Nicolas Fournier, 
24, domestique engagé. 

Gabriel LelVlieux, 40, maître ton- 
nelier ; Marguerite Lebeuf, 26, sa 
femme ; Hélène 6 ; Gabrielle, 3 ; 
Marguerite, 6 mois. 

Louis Couillard sieur de Lespi- 
nay, 34, bourgeois ; Geneviève L>es- 
prez, 27, sa femme ; Jeanne, 12 ; 
Jean-Baptiste, 8 ; Louis, 7 ; Gene- 
viève, 6 ; Jacques, 1 ; Pierre Cre- 
tel, 25. cordonnier, engagé. 

Charles Roger sieur des Colom- 
biens, 38, bourgeois ; Marie Gas- 
chet, 40, sa femme ; Louis Colom- 
be, 25, engagé domestique ; Michel 
Guenet, 21, engagé. 

Jean Lemelin, 34, maître menui- 
sier ; Marguerite Brassard, 19, sa 
femme ; Marie, 5 ; Louis, 3 ; 
Jean, 1. 

François Blanchard, 30, jardi- 
nier ; Madeleine Boucher, 23, sa 
femme. 

Pierre Soumande, 48, maître tail- 
landier ; Simone Costé, 28, sa fem- 
me ; Louis. 14 ; Marie, 11 ; Jean, 
10 ; Anne, 8 ; Jean, 5 ; Louise, 2 ; 
Mathieu Grégoire, 20, engagé do- 
mestique ; Mathieu Lauvendin. 22, 
taillandier engagé ; Mathurin Crois- 
set. 50, engagé. 

Jean Levasseur, 44, premier huis- 
sier au conseil ; Marguerite Ri- 
chard, 36, sa femme ; Louis, 16 ; 
Annet, 14 ; Jean-François et Noël. 
11 ; Ursule. 9 : Thérèse 7 ; Angé- 
lique, 5 ; Charles, 10 mois ; Fran- 
çois Thibault, domestique engagé. 

Pierre Niel, 26, bourgeois ; Jac- 
quet te I/efranc, 21, sa femme ; Ma- 
rie 6 ; Pierre 3 : Jf-an, 1 : Louis 
Guilbaut, 29, domestique engagé ; 
Pierre Garart, 22, engagé. 
« Pic'^e Birrm, 39. ^""îss^ier au QÎ1 
conseil : Jeanne Poireau, 22. ?a 
femme ; Pi erre- Joseph. 2 ; Fron- 



— 196 — 



çois, 4 mois ; Pierre Legrand, 22, 
uomes tique engagé. 

Nicolas Boisfry, 26, maître pâtis- 
sier ; Françoise Lesjardnis, vl, sa 
femme ; Beauiieu, 20, engagé do- 
mestique ; Guillaume Gervais, 13, 
pâtissier engagé. 

Frs. Bissot, 53, bourgeois ; Ma- 
rie Couiilard, 34, sa lemme ; Ge- 
neviève, 12 ; Guillaume. 6 ; Fran- 
çois, 2 ; Léonard Meusnier, 45, en- 
gagé domestique ; Jacques Meus- 
nier, 19 ; Martin LantiJé, 19, et 
Jean Léger, 24, engagés ; Margue- 
rite Lucas, 23, servante. 

Michel Guyon, 32, bourgeois char- 
pentier ; Geneviève Marsollet, 22 ; 
sa femme ; Joseph 2 ; Geneviève, 
5 mois ; Louise Leblanc, 13, ser- 
vante. 

Marie Bourdon, veuve de sieur 
Jean Gloria, Marguerite, 6 ; Ma- 
deleine, 4 ; Jacques Levasseur, 33, 
domestique engagé ; Frs Charron, 
45. servant. 

Les domestiquas du sieur de la 
Chesnay-Aubert, lequel; est «en 
France ; Pierre Pourtet, 60. engagé 
domestiques ; Adrien Isabel, 28 ; 
Pierre Audiger, 24 ; Jean. Frotté, 
25, et Nicolas Grofïée, 27, engagés. 

Jeanne Eieher, 60, veuve du sieur 
Jean Bonnard ; Milaire, 20, en- 
gagé domestique. 

Anne Couvant, 65, veuve du sieur 
Jsicquies Maheut ; Robert Marinet, 
22, domestique engagé. 

Jacques Sevestre, 50, habitant ; 
Frs Hurault, 20, pellletier, engagé. 

Guillaume 'Fleinion, 35„ marv 
chand ; Anne-Magdelaine Gaultier, 
16. sa femme ; Sébastien Nollet, 
22, domestique engagé. 

Charles Pallatin dit Lapointe, 
35, cordonnier, habitant ; Jeanne 
Bossier, 34, sa femme. 

François Blondleiau, 34, habitant ; 
Niicolle RoEfand, 25, sa? femme ; 
Joseph, 7 ; Marie, 5 ; Maurice, 4. 

Etienne Eageot, 45, habitant ; 




M. WILLIAM DUNN, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1836- 
39. Né le 25 octobre 1806 ; 1841, 
curé de Frampton ; 1849, de Ste^ 
Catherine de Fossambault ; 1859, 
de St-Gilles ; 1860, de Leeds ; 
1866, retiré du ministère, décédé 
à' Ste-Anne de la Pocatière, le 
10 janvier 1875. 




M. AUGUSTIN BEAUBRY 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1837- 
44. Né à la Pointe aux Trembles, 
le 10 juin 1812, fils de Pierre 
Beaudry et de Félicité Delisle ; 
ordonné le 23 septembre 1837 ; 
1844, curé de Sainte-Famine, Ile 
d'Orléans ; 1847, de la Malbnie 
1862, de Charlesbourg ; 1887, re- 
tiré du ministère et va demeurer 
à l'Hôpital -Gêné rai, où il décéda 
le 16 août 1896. 



— 197 




M. ED.-GABPJEL PLANTE, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1836- 
51. Né à Québec, le 14 décembre 
1813, fils de Gabriel Plante et de 
Marie-Ursule Huot ; ordonné le 
1er octobre 183G ; 1851, chape- 
lain de l'Hôpit ai-Général ; décédé 
le 13 septembre 1809. 



Marie Rouer, veuve Nicolas Du- 
bois, 50, sa feimne. 

Ji-cques de la liaue, 42, maître 
menuisier, habitant ; Anne Fossé, 
45, sa femme '; François, 20. 

Noël Jérémie, sieur de la Monta- 
gne, 37 ; Jeanne Pelletier, 21, sa 
femme ; Catherine-Gertrude, 2 ; 
Pierre Pelletier, 20, diomestique. 

Louis Lefbbvre dit Battanviiïe y 
24, brasseur, habitant ; Suzanne, 
de Eure, 30, sa femme ; Angéliaue. 
5 ; Jacques Pinchon, 20, cordon- 
nier engagé. 

Mathieu Amio.t dit Villeneuve.. 
37, habitant ; Marie Mi vile, 33. 



sa Emilie ; Charles, 14. ; Pierre, 
13 ; Arme-Marie, 11 ; Marguerite, 
9 ; Jean-Baptiste, 8 ; Jean, 6 ; 
Françoise, 5 ; Catherine, 3 ; Da- 
niel, 6 mois ; Antoine Ducos, 26, 
domestique engagé. 

Vincent Renault, 57, cordonnier, 
habitant ; Marie Martin, 52, sa 
femme ; Gabriel, 8 ; Jacques Eozat, 
22, domestique engiagé. 

Vincent Poirier, 38, habitant ; 
Judith JKenaudeau, 36, sa femme 
en seconde noces ; Anne, 10 ; Thé- 
rèse, 8 ; Charles, 19 ; Louis, 16, 
et tlentide Launay, 14, enfants de 
la première femme du sieur Poi- 
rier ; Jean Petit, 21, domestique 
engagé. 

Pierre Peilerin dit Saint-Arnaud, 
45, cloutier, habitant ; Louise de 
Mousseaux, 30, sa femme ; Pierre, 
9 ; Ignace, 7 ; Marie, 5 ; Louise, 
2 ; Marguerite, 2 mois ; Philippe 
Gezin, 25, et Didier Pérotte, 22, 
cloutier, domestiques engagés ; Be- 
noit Presle, 20, domestique engagé. 
Simon Ladue, 46, fournisseur 
d'épées, habitant ; Magdelaine Le^ 
moyne, 38, sa femme. 

Thierry de Lestre dit le Vallon, 
36, maître tailleur d'habits, habi- 
tant. 

Noms des personnes qui ne sont 
point mariées, ou mariées en Fran- 
ce, habitant Québec ; Jean Amou- 
net, 38, maître fondeur ; Etienne 
Blanchon dit Larosfe, 25, taillemfr 
d'habits ; Gilles du Tartre, 26, ar- 
quebusier ; Jean Bourdon dit Ro- 
1DI5 invilte, 37, huissier, au conseil ; 
Et"' une Landbron, 24, pâtissier-cui- 
sinier ; Nicolas Gonnieau, 29, ar- 
murier-serrurier ; Mathurin Orieux, 
25, armurier-serrurier ; Jean Mont- 
fort, 81, maçon ; Pierre Bessonnet, 
38, menuisier, marié ; Pierre Mo- 
r^eciu, 32, mfairie en France ; Pierre 
Dnquet. 24, notaire rovpl ; Frs 
"Ri- Jet, - ? Jv tonnelier, marié. 



— 198 — 




M. JOSEPH .noNENFANT, 

Vicaire do N.-D. de Québec, 18-10- 
43. 1845, curé de * ±>erthier de 
Bellechasse, où il est décédé le 3 
septembre 1882. 



Noms acs Vv-ic-'iifcaires non habi- 
tants demeurant uans Québec : 

Guillaume Loyer sieur de Che- 
neveis, o(), mia-ctu-nn ; Augusum 
Uondouin, 33, marchand ; jYiicnei 
tieanJcroii, 26, cord'camier ; Abra- 
ham Peinturé, 20, travaillant ; 
Claude de la Sevré, 10, tlailieur 
d'habits ; Antoine Ganloii, 27, tail- 
landier ; Jacques Gaillon, 18, tail- 
landier ; François Mfclrsais, 22, 
cordier ; Pierre Hudcn, 18, boulan- 
ger ; Robert de la Marre, 50, tra- 
vaillant ; François Guilbault, 25, 
travrilant ; Reine Gaultier, 30, tra- 
vaillant ; Pierre Fevre, 25, mate- 
lot ; François Ratté, 21, travail- 
lant ; Loni's Leparcq, 25, ouvrier 
en ferVianc ; Merlin Camuset, 30. 
travaillant ; Jacques Rousseau, 30. 
travaillant : Je^n Hérisson, 33. tra- 
vaillant • - T i c "n Fcrr-n, 42. rciptit dp 
p*&rr° : M^+hirrin Morisset, 45,mar- 
ehanrl, marié. 




M. ANTOINE CAMPEAU, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1837- 
42. Né à Québec le 23 septembre 
1812, fils de Antoine Campeau et 
de Perpétue Bigaouette ; ordon- 
né le 4 juin 1837 ; 1812, mission- 
naire à Percé ; 1844, vicaire à 
Lotbinière et à Ste-Croix ; 1845, 
curé de St-Gcorge de Grallion ; 
1857, de Beaumont ; retiré en 
1880 ; décédé le 1er février 1890. 
à li Pointe aux Trembles. 




M. LOUIS-HONORE GRENIER, 

Vicaire de N.-D. de Québec,1843- 
46. Né à Beauport le 30 novem- 
bre 1818, fils de Rémi Grenier et 
d'Adélaïde Rochereau ; ordonné 
le 26 février 1843 ; 1846, curé de 
St-Elzéar de la Beauce ; décédé 
le 2 janvier 1890. 






— 199 — 




M, MICHEL MAKTINEAUl 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1845- 
50. Né à St-Miehel de Bellecnias- 
s-e, le 31 mai 1815, fils de Joseph 
Martine au et de Françoise Dal- 
laire ; ordonné le 24 août 1841. . 




M. PIERRE SAX, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1846- 
50. Né à Québec le 11 novembre 
1822, fils de William Sax et de 
Osithé Tremblay ; ordonné le 1er 
octobre 1846 ; 1851, missionnaire 
à Laval ; 1854, curé de St-Ilo- 
muald ; où il est décédé le 19 
décembre 1881. 




M. L. O. BRUNET, 

Vicaire de N.-D. deQuébec, 1848- 
49, 1851-54. Né à Québec, le 10 
mars 1826. fils de Jean-Olivier 
Brunet et de Cécile Lagueux ; 
ordonné le 1er octobre 1848; 1854 
curé de St-Lambert ; 1858> ap- 
pelé à rUniversité-Laval ; décédé 
le 2 octobre 1876, inhumé dans 
la chapele du Séminaire de 
Québec. 




M. P. G. CLARKE, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1848- 
50. Né à Grantham, le 18 juin 
1821 ; ordonné le 11 juin 1848 ; 
1850, missionnaire à la Grosse- 
Ile. et curé de Valcartier ; 1858, 
vicaire de St-Pa triée ; 1864, curé 
de Saint-Basile, où il est décédé 
le 14 octobre 1873. 



200 — 




M. G. F. E. DEOLET, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1849- 
58. Né à Québec, le 4 mars 1827, 
fiis de Eiavien Drolet et de Ma- 
rie-Anne-Emelie Amiot ; ordon- 
né le 30 septembre 1819 ; 1855, 
chapelain de la chapelle de Saint- 
Laurent, havre de Québec, (Près 
de ville) ; 1858, curé de St-Syl- 
vestre ; 1862, de St-Michel ; 1876, 
de St-Coùomb de Sillery ; 1887, 
se retire du ministère pour cause 
de santé. Décédé le 20 avril 1895, 
à Lévis, 




M. JOHN McDONALL 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1814- 
15. Ne en 1781, ordonné le 4 juin 
1814 ; 1815, à Kingston ; 1822, 
curé de Perth, Hi ut-Canada, vi- 
caire-général ; assiste au concile 
de Québec en 1863, décédé en 
mars 1879, âgé de 98 ans. 




M. ED. SEVEEIN FAFAED 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1853- 
54. Né le 16 mars 1829, à l'Islet* 
fils de Joseph Faf ard et de Marie 
Angèle Fortin; ordonné à Québec 
le 24 septembre 1853 ; vicaire à 

Québec, 1854; missionnaire de Dou- 
glastown ; 1860, premier curé 
de Portneuf ; 1862, de St-Syli- 
vestre ; 1873, de St-Joseph de 
Lévis, où il est encore curé. M. le 
curé Faf ard s'esi, 1 procuré une ga- 
lerie de portraits des anciens cu- 
rés de St-Joseph, parmi lesquels 
cinq ont été vicaires à Québec. 




M. LEANDEE GILL, 

Vicaire de N.-Ï). de Québec, 1850- 
53. 1853. curé de la Grande- 
Baie ; 1857.de la Petite-Eivière ; 
1859, des Gron dînes, où il est dé- 
cédé le 29 juillet 1885. 



201 ■— 




M JOS. RENE L. HAMELIN 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1854- 
56. Né à Ste-Anne de la Péracfë, 
le 4 octobre 1828; fils d'Augustin 
Hamelin et de Thérèse Beaupré ; 
ordonné le 22 mai 1853 ; 1856, 
missionnaire à Percé ; 1863, curé 
de St-Thomas de Montmaignv ; 
1869 à 1891. çhepel&ïi: de l'Hôpi- 
tal Général, où il se retire encore 

actuellement. (1902.) 




M. ATHANASE LEPAGE 
Vicaire dte N>D. dte Québec, 1865- 
66. Né à St-Erançois, Ile d'Or- 
léans, le 7 septembre 1836 ; fil? 
de Louis Lepage et de Josephte 
Vallée ; ordonné le 22 mai 1864 ; 
1868. aumônier de la prison de 
Québec ; décédé le 29 décembre 




M, NICOLAS MATHIAS HUOT 
Vicaire de N.-D. db Québec, 1862- 
63 ; né le 10 mars 1835, à l'Ange- 
Gardien ; ordonné le 20 septem- 
bre 1862 ; 1863, curé de Saint- 
Pierre de Broughton ; 1869, de 
Sainte-Agathe ; 1876, de Saint- 
Vital • 1889, retiré à l'Ange-Gar- 
dien, Décédé le 8 août 1897. 




M. AUG. HONORE GOSSELIN 
Vicaire dje N.-D. de Québec, 1868- 
69. Né à St-Charles de.Belle- 
chaisse,, lie 29 déecmbre 1843 ; fils 
de Joseph Gosselm et de Angèle 
Naudl dit Labrie ; ordonné le 30 
septembre 1866 ; secréiaire de 
l'archidiocèse ; 1869, curé de Ste 
Jeanne de Neuville ; 1887, de St- 
îlerréol ; retiré du ministère et 
demeure à St-Charle?;, sa parois- 
se natale. M Goseelin est l'auteur 
de plusieurs vclumes sur T'his oi~ 
re du Canada. 



202 




M. PIERRE LAGACE, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1862- 
65 et 1866-71. Né à Sainte-Anne 
de la Pocatière, le 17 octohite 1830, 
fils de Pierre Lagaoé et de Jo- 
sephte Lévêque ; ordonné à Qué- 
bec, le 23 juillet 1854, professeur 
au collège S te- Anne, et supérieur 
en 1862 ; 1865, curé de Sainte- 
Claire ; 1871, principal de l'E- 
cole Normale-Laval ; décédé le 6 
décembre 1884. 




M. ELZEAR-LEON MOIS AN, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1882- 
86. Né au Faubourg; Saint-Jean,, 
le 23 mars 1852, fils de Antoine 
Moisan et de Louise Patry ; or 
dorme le 26 mai 1877 ; économe 
au séminaire de Québec ; 1882, 
vicaire à Québec ; décédé à l'Hô- 
nital Général, décembre 1886. 




M. F.-H. BELANGER, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1876- 
85. Né à Montréal, le 26 avril 
1850, fils de François Bélanger, 
gérant des ateliers de l'imprimeur 
de la Peine et d'Elmire Chalut ; 
ordonné le 28 mai 1876 ; 1885. 
curé de Saint-Roch, jusqu'à sa 
mort arrivée le 23 juin 1895. 




M. ADOLPHE GODBOUT, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1871- 
78. Né à S t- Anselme, le 5 avril 
1842,. fil© de Joseph Goôlbout et 
d'Adélaïde For'tier ; ordonné le 
6 juin 1868 ; prêtre du séminai- 
re ; 1878, chapelain de Notre- 
Dame de la Garde ; 1882, curé de 
Saint-Romuald ; 188&. chapelain 
des Soeurs de la Charité de Qué- 
bec, 



— 203 — 




SCEAU DE "LA FABRIQUE DE 
N.-D. DE QUEBEC 




M. NAPOLEON THIVIERGE 
Vicaire de K-D. de Québec, 1858- 
60. Né à St-Jean de File d'Or- 
léans, le 31 mars 1834 ; fils de 
Lanrent Thivierge et de Marie 
Blouin ; ordonné le 26 septembre 
1858 ; 1860, curé de St-Antonin, 
et missionnaire du Lac Témis- 
eouat.a : 1863, premier curé de 
St-Epipliane. retiré dn ministère 
et demeure No 342 rue dlu roi, à 
Jacques-Cartier, de Québec. 




.M. F.-X. LACTANCE MATRAND 

Vicaire de N. D. de Québec, 1887- 
S8. ISTe le 26 mai 1850 ; ordonné 
le 30 mai 1874 ; 1888, curé de 
Saint-Jean. Ue d'Orléans ; 1899, 
eu~é de Saint -Isidore. 




M. JOS.-DAMASE BEAUDOIN, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1889- 
94. Né à Saint-Isidore, le 29 oc- 
tobre 1858, fils de Damase Beau- 
doin et d'Eléonore Lefebvre _ dit 
Booilanger ; ordonné le 3 juin 
1882 ; 1896, onré de Saint-Char- 
les de Bellechasse. 



204 




M. J.-Bte COUILLARD DTJPUIS, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1882- 
87. Né le, 3 novembre 1852, à St- 
Thomas, fils, de Louis Oouillard 
Dupuis et de Henriette Giasson ; 
ordonné le 12 mars 1881 ; # 1887, 
se rend à Rome ; 1888, mission- 
naire aux Etats-Unis ; 1901, curé 
de S>airit-Odilon de Cranboume. 




M. FERNAND DTJPUIS, 



Eoch des Aulnaics, fils de Jean- 
Bte. Couillaird Dupuis et de Jus- 
tine Letellier die S>aint-Just ; or- 
donné le 2 juin 1882, à Rome ; 
1883, professeur an collège de Lé- 
vis ; 1896-, curé de Berthier en 




Vicaire de N.-D. r*e 

96. Né le 20 juin 



Onob'-c, 189" 
1858 à Sainl 



M. HENRI DeEOY, 

Vicaire de N.-D. de Québec. 1394- 
98. Né à Toronto le 27 mai 1859, 
fils de Joseph-Adolphe DeFoy et 
de Henriette Valade ; ordonné le 
30 mai 1885'; 1898, premier curé 
de la nouvelle paroisse de Sainte- 
A--Me de Snint-Malo ; 1900,. ren- 
tre chez les Pères du Très-Saint- 
Sacrement. 



205 — 




M. ART. HIL. VAILLANCOURT, 

Vicaire de N.-D. de Québec, 1887- 
1892. Né à Saint-Roch de Qué- 
bec, le 26 Juillet 1857, fils de 
Charles Vailiancourt et de Loui- 
se Launière ■ ordonné le 22 mai 
1881 : curé actuel de Saint-Ca- 
îixte de Somerset. 




Mgr CYPRIEN TAiNGUAY, 

Prélat de la Maison Pontificale. Né 
à Québec, le 15 septembre 1819, 



fils de Pierre Tanguay et de Rei- 
ne Barthell ; ordonné le 14 mai 
1843. Mgr Tanguay est l'auteur 
du Dictionnaire Généalogique dea 
familles canadiennes en 7 volu- 
mes, et du Répertoire du Clergé 
Canadien, dans lequel j'ai puisé 
largement pour les notes biogra- 
phiques des curés et des vicaires. 
11 est juste que son nom et son 
portrait figure dans l'histoire de 
la première paroisse de Québec, 
avec les curés et vicaires de No- 
tre-Dame de Québec. 




M. EDOUARD GUILMET 

Vicaire à N.-D. de Québec, 1856-57. 
Ne à Beaupionti, le 17 août 1830 ; 
fils de Simon Guilmet jet de Ca- 
therine Lefebvire ; ordonné lie 20 
septembre! 1856 ; 1857, mission* 
naire à Pencé ; 1869, curé de Ste- 
Luce ; 1872, arohipr/êtna ; 1876, 
retiré aux Trois-Pistoles ; décé- 
dé le 15 février 1885 ; inhumé 
dans cette paraisse!. 



— 206 — 




M. PIERRE-GEORGE COTE, 

Vicaire de N.-D. <fe Québec, 1872- 
82. Nô à Saint-Charles de Bel- 
lechasse, le, 20 février 1845. fils de 
Jean Côté et de Julie Couture ; 
ordoné le 11 juin 1870 ; profes- 
seur au séminaire ; 1882. fait le 
vo^ape d'Europe ; 1883, curé de 
Saint-Lambert ; 1884, curé de 
Sainte- Croix. 




M. JOS.-BENJAMIN PARADIS, 
Vicaire actuel de N.-I). de Québec. 



1900. Ne à St-Isidore le 9 juillet 
1868, fils de Hyacinthe Paradis 
et de Luce Oanveau ; ordonné 
le 27 mai 1893 ; maître de disci- 
pline à l'Ecole Normale Laval ; 

1894, vicaire à D: ïschambault ; 

1895, à St-Foch ; 1897. va étudier 
à Rome ; 1900. vicaire à Québec. 




M ANDRE-ADJ. FAUCHEE» 

Vicaire de N.-D. de Québec le 1er 
octobre 1896. Né à St-Roch de 
Québec le 14 février 1866, fils 
d'André Faucher et de Angèle 
Turgeon ; ordonné à la Basilique 
de Québec par Son Eminence le 
cardinal Taschereau. lé 23 mai 
1891 ; vicaire à St-Joseph de 
Lévis le 9 juillet 1891 ; le 1er 
octobre 1896, à Notre-Dame de 
Québec ; 1898, chapelain de No- 
tre-Dame des Victoires de Qné 
bec. ! ; fWH 



207 




M. GEORGE EUGENE TETU, 

Vicaire de N.-D. die, Québec, 1887- 
90. Né le 24 avril! 1863, fils de 
Ludjger Têtu eU de Clémentine 
Dionne ; ordonné le 15 mai 1887 ; 
1890, entre dan© la Congrégation 
du Tirès-Saint-Sac-rement. 




M. ARSENE ROY 

Vicaire de N.-D. de Québec 1899- 
1900 ; frère du curé de Jacques- 
Cartier, aujourd'hui dominicain. 



Liste des vicaires de la Paroisse 

do Notre-Dame de Québec de 

1059 à 1902. 



D'apièis les Registres paroissiaux 
de 1650 à 1790, et d'après les 
Almanache et les Calendriers 
de Québec, de 1791 à 1902, et 
aussi d'après le Répertoire du 
■ clergé d'e Mgr Tanguay : 



J. 



-00. — Philippe Pèlerin. 

-04. — ±'rs. .Leivleroier, S. 

-70. — Germain Morm. 

-75. — 1rs. Uutpré. 

-78. — Jean Basset. 

-80. — Pierre P. Gaignon. 

-92.— Ohs. de Glandelet. 

-88. — •Pierre Duphin. 

-92. — Nicolas Dubos. 

-88. — Chs. Amador Martin. 

-91. — Pierre Volant. 

-06. — J .-Bte. Devarennes. 

-11. — Chs. Hazeur Dessoïi- 



1059 

ib60- 

1665 

16 7 3 

1675 

1677 

1680 

1685 

168G 

1687 

1690 

1700 

170G- 
neaux. 

1712-20. — Goulvin Calvarain. 

1721-24,— Louis Mauûls. 

1722-24.— Etienne BouHard. 

1725-33.— Chs. Plante. 

1725-50.— Ant. Chs. Gcdefroy de 
Tonnancour. 

1735-40. — Jacq. Ls. Guyon-Eres- 
nay. 

1735-40.— --Chrétien Lechasseur. 

1736-45. — Bernadin Deganne-Fa- 
laise, Récollet.. 

1740-42. — Joachim Fornel. 

1742-43. — J..Bte Marquiron. 

1743-45.-^J.-Bte Pelle t. 

1746-47.— Elzéar Vallier. 

1747-48.— B. L. Devillars. 

1745-50.— J.-Bte Poulin. 

1748-49. — Siméon Lebansais, S.J. 

1749-50. — Jean Aug. Mercier. 

1750-51. — Ers. Lamiq. 

1751-52. — Sébastien Duguay. 

1738-52.— Mathurin Jacreau. 

1752- . — Pierre Laurent BédardL 

1752-53.— C. F. M. Youville D#> 
frost. 



— 208 










Mgr BENJAMIN, PAQUET, 



1753- 
1754 

marais. 
1754- 
1757- 
1758- 

bois. 
1760- 
1764- 
1766- 
1767- 
1768- 
1769- 
1769- 
1770- 
1772 
1773- 
1774 



Vicaire 'de N>D. de 

•55. — Luc Collet, Récollet, . 
.$p, — Ignace Gamelin Laje- 

•60. — Phi. Joseph Vizien. 
58. — Pierre Clément Parent. 
.59 .—Joseph R. Filiau Du- 

64. — Gravé de la Rive. 
•66. — Jean Pierre Ménard. 
.68.— F.X. Dfeérv. Sulpieien. 
•70.— J. Eté Corbin. 
■69. — Pierre Gibault. 
.80. — J. F. X. Lefebvre. 
■70.— P. C. Parent, 
•71. — Jean J. Perthiaume. 
_73._^j; Rte Noël Pouget. 
■76. — Louis Beanmont. 
-76. — Antoine Foucher. 



Québec, 1857- 1862. 



1775-85. 
collet. 

1776-77.- 
1777-79.- 
1779-80.- 
1780-84.- 
1782-84.- 
1784-85.- 
1785-90.- 
1785- .- 
1785-86.- 
1786-87.- 
1786-89.- 
1785-86.- 
1787-88.- 
1787^88.- 
1 78.8- .- 
1788-89.- 



— J. F. X. Lefebvre, Ré- 



-Joseph Et. Démente. 
-Joseph Verreau. 
-J. Olivier Guichaud. 
-P. N. L'abadie. 
-J. Et. Chauret. 
-Antoine Lamo ! te. 
-René P. Lanctôt. 
-Charles Delbois. 
-Frs Joseph Deguî Q e. 
-Esprit Z. Chenest. 
-Frs Pruriet. 
-Paul le Landriaux. 
-Louis Teli^re. 
-J.-Pte A ^nrohoir^n, 

-.L-Bte ToliflîTIe. 

-Michel "Nf^s-p. 



209 



1787-89.— L-B te Gatien. 

1789-91.— J.-Bi;e Dubord. 

178&-90.— J. M. Boissonnault. 

1790-91.— J. F. Sabrevoia de 
Bleury. 

1790-91.— F. R. Paquet. 

1790-92.— Jean Marie Vidal. 

1791-94.— L. A. G. Langlois. 

1792-96.— Michel A. Amiot. 

1794-96.— Chs Berthelot. 

1796-97.— Jacq. Delavaivre.. 

1796-98.— J.-Bte Bédard. 

1797-99.— Alex. Dorval. 

1798-1802.— Tbs Maguire. 

1799-1800.— F. Ignace Renvoyzé. 

1802-1805.— Ls J. Desjardins. 

1802-1805.— Pierre Vézina. 

1805-1807.— André Doucet. 

1805-1806.— Chs F. Painchaud. 

1806-1811.— P. A. Tabeau. 
1807-1808.— Ohs Boueherville. 
1808-1811.— F, Mahias Huot. 
1808-1811.— Antoine Gagnon. 

1810-13— Barthélémy Fortin. 
1812-12.— Antoine Dufresne. 
1812-13. — Joseph Proarancber. 
1812-13.— Pierre Viau. 
1813-14.— Charles Freneb. 
1813-14. — Joseph L'acisse. 
1813-15.— P. M. Mignau.lt. 
1813-18.— Laurent Thos Bédard. 
1814-15. — Frs Marooux. 
1814-20.— Michel Dufresne. 
1815-16.— John Ma-cdonalct 
1816-17.— P. A. Tabeau. 
1816-17.— Ohs Prfmeau. 
1816-20.— Pierre Clément. 
1818-19.— Hyacinthe Hudon. 
1818-19.— S. J. K Dumoulin. 
1819-24— Louis Lefebvro. 
1820-21.— B. B. Decoigne. 
1820-21.— Frs N. Blanchet. 
1821-22.— Loun s Gingras,. 
1821-26.— L. F. K Jacques. 
1822-23.— H. MeKengney. 
1823-26.— Patrick McMahon. 
1824-25.— Pierre Béland. 
1825-27.— Thomas Peuin. 
1826-28 — FWh Paistev. 
1826-28— Obvier Vian. 
1827-28.— J.-B. Dérome. 
1828-30.— G. S. Déromo. 
14 



1828-30.— Chs Dion. 

1829-32.— Michel Carrier. 

■ 1829-30.— J.-B. Ferland. 

1831-32.— Ef. Ed. Parent. 
1831-34. — Joseph Brassard! 

1831-37.— James Kelligan. 

1834-38.— Théo. Fréchette. 

1833-40— N. T. Hébert. 

1829-48.— P.. McMahon. 

1830-31.— Michel Mctlarron. 

1837-39.— AV. Dunn. 

1838-39.— Augustin Beaudry. 

1839-50.— Edouard Plante, 

1839-45.— Antoine Campeau, 

1841-44.— J. Bonnanfant. 

1843-46.— L. R Grenier. 

1845-50— Michel Marrjineau. 

1846-51.— Pierre Sax. 

1848-54.— L. O. Brunet. 
1849-50.— M. Kerrignan. 
1848-50.— P. G. CTarke. 

1850-53.— Léandre Gill. 

1849-58.— G. F. E. Drolet. 

1853-56.— E. Fa'fardL 

1853-58. — Dominique Racine, 

1854-57.— J. D. L. Hamelin. 

1856-58.— E. Guilmet. 

1857-62.— B. Paquet. 

1858-60.— K Thivierge. 

1859-60.— S. Morel. 

1860-77. — Raymond Casgrain. 

1862-63.— K M. Huot. 

1864-71. — Pierre Lagacé. 

1865-66. — Anselme Lepage, 

1868-69.— A. H. Gosselin. 

1871-78.— A. Godbout. 

1872-82.— P. George Côté 

1876-85.— F. H. Bélanger. 

1882-86.— F. L. Moisan. 

1882-87.— J. B. Dupuis. 

1887-88.— L. Myrand. 

1887-92.— Arthur Hiïaire Vaillan- 
court. 

1887-90.— G. F. Têtu. 

1889-94.— T. D. Baudoin. 

1893-96— F. Dupuis. 

3804-9S.— Henry Defoy. 

1897-1902.— AncLé A. Faucher. 

1898-1900.— A. Rov. 

1900-1902— J, B. Paradis. ' 
MM. André A. Fauchor et J. B: 
Paradis sont les vicaires actuels. 



— 210 — 

CHAPITRE XIII 




PREMIER CHATEAU SAINT - LOUIS A QUEBEC,SOUS LOUIS 
XIII ET LOUIS XIV. 

Construit par Charles Huaulfe de Montmagny, 2e gouverneur de la 
Nouvelle-France, en 1647 et démoli en 1694. Histoire du châ- 
teau. Gagnon, page 17. 




LOUIS XIH,nls d'Henri IV, né en 

1601, roi en 1610, mort le 14 

mai 1643. 




LOUIS XIV. 

~Né en 1638, roi en 1643, mort en 
1715 



— 211 — 



CHAPELLE DU CHATEAU 
SAINT-LOUIS 

Cette chapelle fut érigée on 1647, 
par M. Charles Huault dje Mon-t'- 
magny, 2e gouverneur de la Nou- 
velle-France. Elle fut desservie dfa- 
bordl par les EU. PP. Jésuites, jus*- 
au ; en 1672, ensuite par les RR. PP. 
Récollets jusqu'à la conquête, en 
1759. M. Ernest Gagnon, secrétaire 
du département des Travaux publics 
du gouvernement de Québec, a écrit 
l'histoire du Fort et du Château 
Saint-Louis de Québec, en 1895, en 
un volume in-12, de 376 pagres. 

Cet ouvrage est illustré de plu- 
sieurs vues et plans des anciens 
châteaux, et donne la liste des gou- 
verneurs qui les ont habités), J'au- 
rai l'occasion par la suite de citer 
cet ouvrage. 

Vingt-six gouverneurs ou admi- 
nistrateurs ont demeuré dans cje 
château, ainsi que les vice-rois qui 
sont 1 venus au pays sous la domina- 
tion française, et plusieurs' gouver- 
neurs sous la dlomination anglaise. 

M. Pierre Kalm,, suédois de natio- 
nalité, savant botaniste, naturaliste 
ei'J géologue, qui visita le Canada en 
1749, dit dans son journal de voyage 
en Amérique, sur la chapelle du 
château et aies autres édifices publics 
de la ville de Québec, ce qui suit : 

" Québec, la ville la plus impor- 
tante du Canada, est située sur la 
côte occidentale de la rivière St- 
Laurent, tout au bord die l'eau,, sur 
une langue de terre bornée par la 
rivière à l'eisffc et par la rivière St- 
Charles au nord ; la moni'agne sur 
laquelle la ville est bâtie, s'élève 
encore plus haut au sud, et derrière 
commencent de grands pâturages ; 
la^ même montagne s'étendl encore 
loin du côté âk l'ouesid La cité est 
divisée en haute et basse ville. La 
basse ville est sur le -bord de la ri- 
vière, à l'ouest de la haute ville. La 




SAINT-LOUIS ROI de FRANCE. 

Patron titulaire du fort et de la 
chapelle Saint-Louis de Québec. 



— 212 




SAMUEL DE CHAMPLAIN. 
1er gouverneur de la Nouvelle- 
France die 160S à 1629 et de 
1633 à 1635. 




ARMES DE SAMUEL DE 
CHAMPLAIX. 



langue de terre qr-je j'ai mention- 
née plus haut, s'esil' formée par i'ac- 
cumulation séculaire dta limon sur 
le roc, et non par la diminution 
graduelle de l'eau. La haute ville 
domine la bas-e, sur une colline élfe- 
vée couvrant une étendue de terre 




ARMES D'EMERY DE OAEJST. 
Administrateur de la Nouvelle- 
France, de 1632 à 1633. C'est à 
lui, ainsi qu'an sieur Duplessis- 
Bochart, que le fort de Québec 
fut remis, le 23 juillet 1632, par 
Louis Kertk, commandant du fort, 
depuis le 16 juillet 1629, date de 
la capitulation de Champlain. 



cinq ou six fois plus grande, quoi- 
que moins peuplée. La montagne sur 
laquelle la hauT'e ville est située 
s'étend' bien au-dessus des maisons 
de la basse ville., bien qu'elles aient 
trois ou quatre étages de haut ; 
rien qu'à jjeter un coup d'oeil du 
palais sur la basse ville, dont par- 
tic se trouve immédiatement au- 
dessous, c'est assez pour donner le 
vertige,. 

" Une seule rue mène à la haufte 
ville, et elle a été pratiquée en fai- 
sant sauter une paritie de la mon- 
tagne ; elle eJ 5 t très roi de. malgré 
ses sinuosités. Cependant on y monte 
ou descend la côte en voitures et 
en wagons. Tous les autres chemins 
sont tellement (escarpés qu'il est 
très difficile die gravir lia rocher. La 
plupart des marchands habil'ienrt' la 
basse ville, dont les maisons s°nt 
serrées les une? contro les antres. 



— 213 




Chartes Huault de MONTMJAGNY, 
2e gouverneur de la Nouvelle- 
France, de 1636 à 1648. 




Armes du Chevalier Charles Iluault 
de Montmagny. 




LOUIS D'AILLEBOUST, 

Chevalier de Coulonge, 3me gouver- 
neur de ' la Nouvelle-France, de 
1648 à 1651, et administrateur de 
1657 à 1658. Décédé à Montréal le 
31 mai 1660. 




Armes du Chevalier Louis d'Aille- 
boust de Coulonge. 



214 — 



Les rues sont étroites, raboteuses.et 
presque toujours humides. Il y a 
dans cjette partie de la cité une 
église et un peiîit marché. 

11 La haute ville est habitée par les 
gens die qualité., fonctionnaires, né- 
gociants, ou autres. Elle renferme 
les principaux édifices de la cité, 
donc voici ceux qui méritent une 
mention particulière : 

" lo Le palais, qui est situé sur 
le côté ouest, et le côté le plus es- 
carpé de la montagne, jusi'e au-des- 
sus de. la basse ville. Oe n'est pas 
précisément un palais, -mais un 
grandi bâtiment, en pierre à deux 
étages, s'étendant du nord au sud. 
L'entrée est'. 1 à l'ouest, sur une cour 
entourée partie par un mur, et par- 
tie par des maisons. Une galerie, 
large d'environ dieux brasses (12 
pieds), pavée en dalles et fermée 
par une balustrade en fer, règne 
tout' le long cta la façade die l'est, 
qui donne sur la rivière ; on y a 
une vue splendide de la cité et dfu 
fleuve. C'est le promenoir par ex- 
cellence de l'après-dîner, et aussi die 
ceux qui ont affaire au gouverneur 
général, en attendant' qu'il puisse 
les recevoir. Le palais est la rési- 
dence du gouverneur général dfu 
Canada ; un piquet de soldat® y 
moru M e la garde tant devant la gran- 
de porte que dans la cour, et à l'en- 
trée ou sortie dhi gouverneur, ou de 
l'évêque, ces militaires doivent pré- 
senter les armes au son du tambour. 
Le gouverneur général a une cha- 
pelle privée, ce qui ne l'empêche pas 
dPalîer souvent',' entendre la mes^e à 
l'église des Récollets, qui est proche 
diu palais. 

" 2o Les églises, qui sont au nom- 
bre de sept ou huit, toutes bâtie? en 
pierre : 

" lo La oai'hédrale : elle est à 
main droite en allant de la basse 
ville à !a haute ville, un peu au- 




JEAN DE LAUZON, 

Chevalier de Saint-Michel, 4-e gou- 
verneur de la Nouvelle-France de 
1651 à 1656. Né en 1582, mort le 
16 février 1666, en France. 




*%P* 



ARMES DU CHEVALIER JEAN 
DE LAUZON, 



delà die l'évêché. On travaille en ce 
moment à l'orner. Elle est surmon- 
tée à l'ouest d'un clocher rond à 
d'eux divisions, dlomt 1 la plus basse 
contient quelque? cloches. L'a chaire 
est dorée, ainsi que plusieurs autres 
parties de l'églisa Les sièges sont 
très beaux. 



215 — 




Chartes de Lauzon-Charny, 
Administrateur de la Nouvelle- 
France de 1656 à 1657, fils de 
Jean de Lauzon qui précède. 



" 2o L'église d!ea Jésuites, bâii'ie 
en forme die croix;, et surmontée, 
elle aussi, d'un clocher rond. C'est 
la seule église qui ait un cadran ; 
j'en ferai tout à l'heure une men- 
tion plus spéciale. 

" 3o L'église d'es Récollets v vis-à- 
vis la porte du palais à l'ouest, qui 
est un bel édifice ; son clocher, en 
forme die pointe et passablement 
élevé, contient un?i division en bas 
pour les cloches. 

" 4o L'église des Ursulines. sur- 
montée d'un clocher rond. 

" 5o L'église dfe PHÔpital. 

" 6o La chapelle die l'évêqujbi. 

" 7o L'église dfe la basse ville, 
construite en 1690. 

" 8o La petite chapelle âa gou- 
verneur général peut être mise au 
nombre des églis4s. " 

File avait nour titulaire saint 
Louis, roi de France. 

Je croîs qu'il sera intéressant 
pour plusieurs die mettre dlans cette 



^4 * 




MAEC-ANTOINE BEAS-DE-FEE 
DE CHATEAUFOET., 

Administrateur de la Nouvelle- 
France, de 1635 à 1636. 




Armes de Marc- Antoine Bras de 
fer dJe Châteauguay 



notice historique die la chapelle du 
châtjean Saint-Louis les portraits et 
les armes des gouverneurs qui ont 
habité le Château. 



216 — 




PIERRE de VOYER, 

Vicomte d'Argenson, 

5e gouverneur de la Nouvelle- 
France, 1658-1651. 




Armes de Pierre de Voy/er, vicomte 
di'Argenson 




PIERRE DuBOIS, 

Baron dAvaugour, 

0e gouverneur de la Nouvelle- 
France, 1661-1663. 




ARMES DIT ±5ARON PIERRE 
DuBOIS d'AVAUGOUR. 



217 




M. CHARLES HAULT DE MONTMAGNY. 

Fait une promenade avec le premier cheval venu au pays. 



218 



Fait une promenade dans la ville avec le premier cheval qui soit 
venu au pays et que les habitants lui donnèrent le jour de la Saint- 
Jean, le 25 juin 1647. (Journal des Jésuites, page 90). Diapré® un 
tableau qui est dans le salon de M. l'abbé Gag-né, aumônier des 
Ursulines de Québec. 




AUGUSTIN de SAFFRAY-MESY, 

Te gouverneur de la Nouvelle- 
France. 1683-1665. Mort à Qué- 
bec, en 1665. 





JACQUES LENEUF DE LA 
POTERIE 

Administrateur (non reconnu) 



>••••«« ««, 





ARMES D ? AUGUSTIN de SAF- ARMES DE JACQUES LENEUF 
FRAY-MESY. I DE LA POTERIE 



— 219 — 




Madame Catherine Courtin de Tan- 
queux, épouse du marquis db De- 
ll onville. 



La liste des femmes qui séjour- 
nèrent au fort Saint-Louis, sous le 
régime français, n'est pas longue, 
nous dit M. Gagnon à la page 116 : 
" Nous avons déjà nommé madame 
d'Aillieboust, madame la marquise 
de Brisay de- Denonville et ses trois 
filles : Bénigne, Catherine et Ma- 
rie-Anne, m ainsi que madtemoiselle 
Halltat d'Honville. A ces ,noms, il) 
faut ajouter ceux de madame la 
marquise Philippe de Vaudreuil et 
de ses deux filles. Mairie-Louise Eli- 
sabeth, celui de Mademoiselle Es- 
ther Wheelright et celui de la 
marquise Pierre de Vaudreuil-Ca- 
yagnal. Les deux premières châte- 
laines du Fort Saint-Louis (Mada- 
me d'Ailleboust et la marquise de 
Benonville) étaient françaises : les 
peux dernières (la marquise de Phi- 
lippe de Vaudreuil et sa belle-fille 







Madame Lagrange-Trianon, épouse 
de Frontenac. 



1 ~ 

la marquise Pierre de Vaudreuil 
étaient, l'une aeadienne et l'autre 
canadienne. 

Les deux premières habitèrent le 
premier château, au dix-septième 
siècle ; les dieux dernières habitée 
rént le deuxième château, au dix- 
hu'tième siècle. 

A la pagre 121 M. Gagnon, cou-* 
tinue : " Vers les premiers jours de 
l'automne de 1708, la sentinelle du 
fort Saint-Louis présentait les ar- 
mes à un religieux de la Compa- 
gnie de Jésus, qui se dirigeait vers 
le château. Le Père Bigot, un des 
ulus zélés missionnaires de l'Aca- 
die, venait rendre compte au mar- 
quis de Vaudreuil de l'heureux ré- 
sultat de démarches commencées 
depuis ^ quelques années pour tirer 
des mains des Abénaquis une jeune 
Anglaise, une enfant de onze ans, 
Esther WeeMght, enlevée à ses pa- 



220 - 




Mère Esther Wheeïright de l'Eu-» 
fant Jésus, supérieure des Ursu- 
lines de Québec, en 1760. Décédéë 
le 26 octobre 1780, âgée de 84 ans 
et huit mois. 



rents dans une journée de carnage, 
et qui, depuis IiOts, avait partagé 
les misères d'une famille sauvage 
qui l'avait adoptée. Le missionanire 
avait aperçu un jour sa Hanche 
figure au milieu d'un groupe de 
petits Abénaquis, et avait fait con- 
naître sa captivité à sa famille, 
qui habitait le voisinage de Boston. 
M. de VauoVeuil s'était occupé 
activement du rachat de cette en- 
fant. H lui donna asile au château 
Saint-Louis et voulût la traiter 
comme un membre de sa famille. 
Madame' de Vaudreuil la prît aus- 
si en affection, et, comme elle 
comptait partir dans queloues mois 
pour la France, elle résolût de la 
placer chez les TJrsulines avec sa 
fille, Marie-Louise de Râgaud 
âge"e de près de huit ans. Le jour- 
nal où registre des TJrsulines du 18 
janvier 1709, contient la note sui- 
vante : " Madame la Marquise 
nous a donné une petite Anglaise 
peur pensionnaire. Elle paiera 40 

êcus." ' ! 'M nrr 



Esther Wheeïright appartenait à 
une excellente famille et était ad- 
mirablement douée, au physique et 
au moral. Elle se fit religieuse chez 
les Ursulines de Québec, le 12 avril 
171-t, et prit le nom de Mère de 
l'Enfant-Jésus. Sa mère ne la re- 
vit jamais ; elle se déclara satis- 
faite de la savoir heureuse et se 
contenta de lui écrire des lettres 
P'ieines de tendresse, et de lui en- 
^'•yer de riches cadeaux. 

M. de Vaudreuil. par égard pour 
Ja famille de la jeune fille, ne vou- 
lut pas d'abord prendre la respon- 
sabilité d'autoriser l'entrée en reli- 
gion de Mademoiselle Wheeïright. 
No pouvant l'a confier à personne* 
r >eur la conduire à Boston, il la 
?anda auprès de lui, avec ses pro- 
pres enfants, de 1710 à 1712. année 
oe son entrée au noviciat. 

La jeune étrangère, dont l'enfan- 
ce avait été si tourmentée désirait 
ardemment vivre de la vie oalme du 
cloître ; aussi ficelle une religieuse 
modèlie. Ses parents de la Nouvelle- 
Angleterre eurent à plusieurs repri- 
ses, des rapports pleins de cordiali- 
té avec. les "[Insulines. Un de ses ne- 
veux vint mêmje à Québec pour y 
voir sa légendaire parente. On lui 
donna la permission d'entrer dans 
le cloître, et lia pauvre petite pri- 
sonnière des Abénaquis, devenue 
religieuse professe et captive volon- 
taire, put s'enquérir à loisir de tout 
ce qui concernait sa famille. 

On lit 'dlans l'histoire djes_Ursuli- 
nes de Québec, vol. III, p. 46 : 

" Une autre fête, que les circons- 
tances rendirent publique, fut celle 
du 12 avril 1764, jour où notre ré- 
vérende Mère supérieure la Mère 
Esther Wheelwright de l'Enfant- 
Jésus, renouvelait ses' voeux de cin- 
quante ans de profession entre les 
mains de M. Briaridl, vicairje géné- 
ral du diocèse vacant, et notre très 
digne supérieur. Rien ne manqua à 
la solennité ; M. Resche. notre très 
digne confesseur, joua de l'orgue, 



221 — 




DANIEL DE REMY DE COITR- 
CELLES 

8e gouverneur de la Nouvelle-Fran- 
ce, 1665-1672. 

! 

et l'on chanta plusieurs motets pen- 
dant la sainte messe. M. Récrier, de 
son côté, nous favorisa di'un très 
be.au sermon sur la vie religieuse. 
Le " Te Deum," se chanta à l'issue 
de la miesse, et nous eûmes le soir, 
la bénédiction d'u Saint-Sacrement. 
"Cette bien-aimée jubilaire é'ait 
la première supérieure anglaise de 
notre maison, et, par une singulière 
coïncidence., elle entrait en charge 
au mois de décembre 1760, précisé- 
ment à l'époque où la domination 
anglaise s'établissait en Canada. 
Cette vénérée et chère mère, qui de- 
vait tant à l'hospitalité française, 




ARMES DE M. DI 



COURCELLES 



semblait dire que h mélange des 
deux races n'altérerait jamais en 
rien la charité, et que si, d'un côté, 
le monastère restait toujours pro u 
fondement français; il saurait, de 
l'autre apprécier le mérite djes filles 
dP Albion. " 

La révérende Mère Esther Wheel- 
right de l'Enfant-Jé.sus est décédée 
le 26 octobre 1780, âgée de, 84 ans 
et huit mois. 

^ Mademoiselle Alice Baker est 
l'auteur de la vraie histoire des 
captives die la Nouvelle-Angle 1 ' erre, 
publiée en 1897, à Cambridge. 



— 222 




CHATEAU SAINT-LOUIS 1683. (Gagnon, p. 42.) 



- 223 - 





LOUIS DE BUADE 

Comte de Palluau et de Frontenac, 
9e et 12e gouverneur de la Nou- 
velle-France de 1672 à 1682, et de 
1689 à 1698. Né en 1620, mort le 
29 novembre 1698, à Québec. 




LEFEBVEE DE LA BARRE, 

10e gouverneus de la Nouvelle- 
France. 1682-1685. Mort en 
France en 16S8. 



*-v 



ARMES DU COMTE 

DE FRONTENAC 




^^^SS^ 



ARMES D'ANTOINE LEFEB- 
VRE DE LA BARRE 



224 — 





CACQUES RENE DE BRISAY, 

Murquis de Denonville, lie gouver- 
neur de la Nouvelle-France, 1635- 
1689. 



LOUIS H, DE OALLIERES 

13e gouverneur de la Nouvelle- 
France, 1698 à 1703. Décédé le 
26 mai 1703. à Québec. 




s M.ES DU MARQUIS DE DE- 
NONVILLE 




ARMES DU CHEVALIER LOUIS 
HECTOR DE OALLIERES 



- 2i!5 




PHILIPPE DE RIGAUD 

Marquis de Vaudreuil, 14 e gouver- 
neur de la Nouvelle-France, 1702- 
1725. Mon. à Québec, le 10 octo- 
bre 1725, 





8? mm : 



Claude de Ramesay, administrateur 
ûte la Nouveile-JTrance, 1714-16, 
durant l'absence de H. de Vau- 
dreuil. 




ARAIES DU MAROUrS PTIT- 
LIPPE DE RIGAUD 



Armes de Claude de Ramesay. 



20 




'Charles -LeMoyûê, 1er baron de Lon- 
g-ueuil, administrateur, 1725-2G. 



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1 — ~ ^sLy "1 



Armes de Charles LeMoyne, 1er 
Baron de Longueuil. 




Charles, marquis de Beauharnois, 
15e gouverneur de la Nouvelle-- 
France, 1720-1727. 




Armes du marquis de Beauharnois. 



— 227 




Rolland-Michel Barrin, comte de la 
G-aïissonnière, administrateur, 
1747-1749. 





Jaoques-Pienfe de Taffanel, mar- 
quis de la Jonquière, .16e gouver- 
neur de la Nouvelle-France 1749- 

1752. 




Armes dn comte de la Galissmnière. Armes dn marquis do la Jon 



iquiere. 



228 




Charles LeMoyne, 2e baron de Lon- 
gueuil, ackiiiiiistr.iteiir, 1752. 




Duqueene, marquis de Menncville, 
17e gouverneur de la Nouvelle- 
France, 1752-1755. 





Armes du 2me baron de Longueuil. 



Armes du marquis Duquesne de 
Mennoviile. 



229 




f J ;î 



Pierre de Rigaud, marquis de 
VaiidreuiLCavagnal. 18e gouver- 
neur de la Nouve]le-Franjce,1755- 
1760. 





R. P. SERAPHIN GEQRGESNE, 

Réeollet, 

Aumônier de la chapelle du châ- 
teau. 




R. P. Emmanuel Crespel, Réeollet, 
aumônier du château. 



R. P. Léonard Palin, aumônier du 
château. Né à Charlesbourg, le 21 
janvier 1696, fils de Mathurin 
Palin et de Louise' Renaud. 



— 230 — 




ARMES DU ROI DE FRANCE. 



Lista m gouverne ns et 
a iBiristratcnrs français 



1608-1629, 1er.— De Champlain 
Samuel. 

1632-1633.r-Ee; Caen, Emery, 
administrateur. 

1633-1635.— De Champlaû'^ 2me 
fois. 

1635-1636. — De Ciiai^aJtPorJ, 
(Marc-Antoine Bras de fer), admi- 
nistrateur. 

1636-1648, 2nie. — De Montmagny, 
Charles Huault. 

1648-1651. 3me. — D'Ailleboust de 
Cottlo-nge, Louis. 

1651-1656, 4me. — De Lauzon, 
Jean, gouverneur. 

1656-1057.- -De Lauzon Chamy, 
Charles, administrateur. 

1657-1658.— D'Ailleboust de Cou- 
longe, Louis, administrateur. 



1658-1661, 5me,— \ D'^rgenson, 
Pierre de Voyer, vicomte. 

1661-1663/. 6mie.— D'Avaugour, 
Pierre du Bois, baron. 

1663-1665,7mc. — De Saffray Mesy, 
Augustin. 

1665. — De la Poterie, (Jaques le 
Neuf, adm. (non reconnu). 

1665-1672, 8me— De Courcelles, 
Daniel de Kémy. 

1672-1682, 9m!e. — De Frontenac, 
Louis de Buiadle, comte de Palluau. 

1682-1685, 10me.— De la Barre 
Lefebvre. 

1685-1689, lime.— De DencnviÏÏe, 
Jaequss-Ilené de Brisay, marquis. . 

1689-1698, 12me. — De Frontenac, 
Louis de Buade, comte, 2me fois. 

1698-1703, 13me.— De Callières, 
Louis -Hector. 

1703-1725, 14me.— De Vaudreuil, 
Philippe de Rigaud. 

1714-1716. — De Bamesay, Claude, 
marquis, administrateur: 

1725-1726.— De Longueil,Charles4 
Lemoyne, 1er. Baron, administra- 
teur. 

1726-1747, 15mej — De Beauhar- 
nois, Charles, marquis. 

1747-1749.— De la Galissonnière, 
Folland - Michel Bar r in, comte, 
adm. 

1749-1752, — 16ième de la Jon- 
quière. Jacques Pierre de Taffanel, 
marquis. 

1752.— De Longueil, Charles Le- 
moyne, 2me baron, administrateur. 

1752-1755, I7me— Duquesne De 
M*enneville, marquis. 

1755-1760. ISme.— De Vauclreuil- 
Cavagnal, Pierre de Rigauld, mar- 
quis. 



— 231 — 




INTERIEUR DE LA CHAPELLE DU CHATEAU SAINT-LOUIS, 

EN 1749 



- 2tV2 




CHATEAU SAINT-LOUIS 



Kecc-nstruit par le comte de Fron 
soufi' le gouvernement 

Au commencement du chapitre 
concernant la chapelle du château 
Saint-Louis, j ? ai dit que je ferais 
suivre la liste des gouverneurs 
français de celle des vice-rois et 
lieutenants-généraux. Je crois de- 
voir ajouter à cette dernière liste. 
les noms de quelques hauts rei sonria- 
ges qui se sent intéressés à la décou- 



tenac, 1694-1698 ; terminé en 1700, 
de M. de Call'ières. 

verte de notre pays. Tels que Fran- 
çois 1er et Henri IV, rois de Fran- 
ce, ainsi que Vérazzano, Poutrin- 
court, Bout-Grave et le cardinal de 

Richelieu, etc. 

Les notices au bas des portraits 
sont dues en grande partie au pe- 
tit dictionnaire Larousse. 



233 




FRANÇOIS 1er, ROI" DE FRANCE 
Promoteur des expéditions de Vérazzano, Jacques-Cartier et Robervaî, 
au Canada. (1494-1547.) 



— 234 — 




Henri IV, roi de France. Né en 
1553, roi en 15S9, assassiné par 
François Ravai-îac le 14 mai 1610 

Ce ne fut que sons le régime de 
Henri IV qu'eurent lieu de sérieu- 
ses tentatives de colonisa don sur 
les bords du St- Laurent. Ce prin- 
ce le plus intelligent peut-être 
qu'ait eu la France, songea, q<u>aitic|! 
il eut mis fin à la guerre crvii'e et 
reconstitue ies linances publiques, 
à jeter les fondement-' q un vaste 
empire -coloria.],. L'un des gen- 
tilshommes qui l'entouraient, M. de 
Monts, organisa, au moyen d'une 
subvention qui lui fut octroyée sur 
i'a cassette royale, et aussi avec le 
concours pécuniaire de plusieurs 
négociants, une expédition pour 
Terreneuve et le Canada. Parmi 
les personnes qui montaient les 
quatre bâtiments affrétés au Ha- 
vre en 1604, et dont M. de Monts 
prit le commandement, se trouvait 
l'armateur diéppois Champeaiin Ce 
fut ce dernier qui eut bientôt la 
directiori idle l'entreprise, M. de 
Monts étant retourné en France en 
1606, après avoir exploré l'Acadie 
et le Canada. (Canivet : Les co- 
lonies perdues, p. 4.). 




JEAN VERAZZANO 

Navigateur florentin, 

Dieppe ; chargé par François le 
de faire un voyage d'exploration 
en Amérique, en 1523. Il visita 
les côtes de Virginie jusqu'à 
Terre-Neuve, en 1524 ; il donna 
aux pays découverts le nom de 
Nou velle-Fr a nce. 




Armes de Jean Vérazzano 



— 235 




K -v 



JACQUES-CARTIER 

Célèbre navigateur, né à Saint- 
Mialo en 1494, et qui découvrit le 
Canada en 1534-1535. Il' y fit 
trois voyages et jeta, en 1541, les 
premiers fondements de la Nou- 
velle-France. 





Armes de Jacques-Cartier 



JEAN FRANÇOIS DE LA 
ROQUE 

Seigneur de Roberval, premier vice- 
roi dans la Nouvelle-France, 
(1540); envoya Cartier au Ca- 
nada en 1541 ; il y vint lui-mê- 
me en 1542. 




Armes de Roberval 



— 236 




PONT-GRAVE ou DUPONT 
GRAVE 
Négociant de Saint-Malo, chaîné 
avec Champ-lain, par M. de Chas- 
tes, d'explorer le Canada pour y 
créer un établissement ; il entra 
dans le port de Tadbussae, fit al- 
liance avec les sauvages de* Fen- 
•droit (1603), et remonta le St- 
Laurent jusqu'au saut Saint- 
Louis ; il fit aussi plusieurs 
voyages en Acadie (1604-1607). 
Pendant les vingt: années suivan- 
tes il voyagea du Canada en 
France, et fit la traite sur le 
fleuve ; il vivait encore en 1629. 




Armes de Pont- 



Ltrave 




JEAN DE BIENCOURT 



Sieur de Poutrineourt. associé de 
De Monts, accompagna Cham- 
pïain en Acadie où il fut un d'esl 
fondateurs de Port-Royal, qui lui, 
fut concédé en 1605 ; ruiné paT 
l'invasion d'Argall, il a bar. donna 
l'Acadie pour toujours ; mort eu 

1615. 




Armes de Pout 



nu court 






237 




TBOILUS DU MESGOUEZ 

Marquis de la Roche, premier lieu- 
tenant du roi d'e la NouveBe- 
■France (1598) ; reçut le privilège 
exclusif de la traite avec les sau- 
vages, et fit une tentative d'établis- 
sement qui n'aboutit qu'à îa 
perte d'une cinquantaine de mal- 
heureux laissés sur File de Sable 
(1598); mort en 1606. 





PIERRE DE CHAUVIN 

Sieur de Tontuit ; 2e lieutenant- 
généml du roi dans la Nouvelle- 
Fiance. Jouissant! du. privilège 
exclusif de la traite, il établit un 
comptoir à Tadousac (1699), et 
ne s'occupa guère que de son 
commerce ; fit deux voyages' au 
CanP'd'a et se préparait à un 
troisième lorsqu'il mourut' en 
1603. 



Armes du marquis de La Roch 




Armes du . c ieur de Chauvin 



238 




COMMANDEUR AYMAR- 
CHASTES 

v m'pt (jps saints. 
Gouverneur -de. Dieppe, et troisième 
lieutenant-général dans la Nou- 
velle-France (1603) ; forma la 
•compagnie des marcinànds de 
Rouen, et choisit Oha.mpl'ain ain- 
si oue Pont-Gravé nour f aire N une 
exploration du Canada (1603) ; 
mourut la même année. 





DE U-ffiB 



PIERRE DE GUAST 

Sieur de Monts, quatrième lieutenant-général 
de la Nouvelle-France (1693) ;eut le privilège 
exclusif de la traite pour dix ans ; transporta 
sa colonie de l'Ile Sainte-Croix, (Acadie), à 
Port-Royal (160ô); envoya Champlain fonder 
Québec, en 1608 ; remit à la marquise de 
Guerche ville, après la mort de Henri IV, 
tous les intérêt-; auxquels il pouvait pré- 
tendre au Canada ; vivait encore en 1628 



Armes du commandeur de Chastes 




Armes du sieur de Monts 



239 




CHAULES DE BOURBON 

Comte de Soissons, deuxième vice- 
roi, en 1612 ; prince aussi remar- 
quaiblb par sa piété que par sa 
nuisance, sous la protection du- 
quel Champlain mît la Nouvelle- 
France, api es de Monts, 1612. 





Henri de Bourbon, prince de Cou- 
ché, troisième vice-roi de la Nou- 
velle-France, 1612-1620 



Ë^=Ls^&J 



:^W / 



Armes du comte des Soissons 




Armes de Henri de Bourbon, 
prinee de Coudé 



240 




Maréchal Poi:is de Lausière Tliémi»- 
nes, lieutenant du roi en la Nou- 
velle France, 1616. 




Armes du Marfclial Pons de Lau- 
sières Thémines 




Henry, duc es Montmorency, ima- 
réchal de France, quatrième vice- 
roi de la Nouvelle-Frai 1 ce, 1620- 
1625, mort en 1632. 




Armes du Duc de Montmorency. 



241 — 




Henri de Lévis, duc de Ventadour, 
cinquième vice-roi de la Nouvel- 
le-France, 1625. 




Armes de Henri de Lévis, duc 
Ventadour 
16. 



do 




Cardinal duc de Richelieu, Grand- 
Maître de la Nouvelle-France, 
Ministre de Louis XIII ; fut un 
des plus grands hommes d'Etat 
qu'ait eus la France ; iï orga- 
nisa le compagnie des Cent- 
Associés en 1627, et protégea la 
colonie missante du Oanada,dont 
il contrôla les affaires durant 
son administration 1585-1642. 




Armes 



d'Armiand-Jean, 
de Richelieu. 



Cardinal 



242 




Armand' MkiliKé, duc de Bnézjê 1 , 2ine 
grand maître de la Nouvelle- 
France, 1642. 





François-Christophe de Lévis Ven- 
tadour, duc de D<ampvilîe, six- 
ième vice-roi de la Nouvelle-Fran- 
ce (1644), frère du duc de Ven- 
tadour 5e vice-roi ; mort le. 19 
septembre 1661. 



A mes d'Armand Maillé, duc de 
Brézé. 




Armes du Duc de Dampville, comte 
de Tournon. 



243 — 




Isaac de Pas, marquis de Feu- 
quières, septième vice-roi de la 
Nouvelle-France (1660). Né le 
16 mai 1618. 




Maréchal G-odefroy, comte d es- 
trades, huitième vice-roi de la 
Nouvelle-France. 1662-1686 




Armes du Marquis de Feuquières. 



Armes du Maréchal, comte d'Es 
trades 



244 — 




Alexandre d'e Prouville, marquis de 
Tracy, 5e tieutenant-gépéral! de 




Maréchal Jean, Comte d'Estrées, 



e vice-roi de lh Nouvelle- 
la Nouvelle-France 1663-1667. Franœ> 168 6-1707. 




Armes du marquis de Tracy. 



Armes des Maréchaux comtes d'Es- 
trées. 



— 245 




Maréchal Marie-Victor, comte d'Es- 
trées, dixième vice-roi de la Nou- 
veLle-Eranice, 1707-1737 ; Fils du 
précédent, il fut le dernier vice- 
rai de la Nouvelle-France. 





Louis V, le Bien-Aimé, fils du duc 
de Bourgogne, arrière petit-fils 
de Louis XIV ; roi à 5 ans 
(1715) sous la régence de Pliilip'- 
pe d'Orléans ; son règne fut fatal 
•à la France, qui perdit presque 
toutes ses colonies, y compris le- 
Canada, en 1760 ; mort en 1774. 
C'est lui qui a signé l'acte de 
cession de la Nouvelle-France à 
l'Angleterre, ainsi que le traité 
de Paris, le 10 mars 1663. 



Madame la marquise de Feuquières. 



Liste des Vice-Rois. Lieutenantis- 
Oénér^ux et Grands -Maîtres de la 
NouveKe-France et de l'Amérique. 

1534 — Cartier Jacques, Capitai-I 
ne-général. 

1540 — Roberval JepiVFrs. de la 
lionne de, 1er vice-roi. 
1598 — Laroche, marquis de. 1er 
Lient-srén^raî. 

1599— .Chauvin. Si eu* de Ton- 
tuït. 2e Li eut-général. 
1 603 — Oh» s t o s . Corn m an deur de , 
3e Lieut-2péné^ai f . 

1603— Pp Mnr.ts. Sieur Pierre, 
4e Lieut-fféneral. 

161? — Bnsorhon. Charles de, com- 
te de Soissons, 2e vice-roi. 



— 246 — 



1612 — Bourbon, Henri de, prince 
de Condé, 3e viee-roi. 

1616 — Thiêmines* Maréchal Ponjs 
de Lausières, lieutenant dn roi. 

1 620 — Montimo r ency, Mar êcha 1 } 
Henri, duc de. 4-e vice-roi. 

1625 — Vent,adour, Henri de Lévis, 
duc de, 5e vice-roi. 

1626 — Richelieu, CardinaO duc 
de. 1er Grand-Maître. 

1642 — Brezé. Armand Maillé, duc 
de, 2e Gr^nd-Mioître. 

1644— Dampvile, Frs.i-Ohristo- 




Charles 1er, roi d'Angleterre, de 
la maison des S tu art Is ; né en 
1600 ; condamné à mort par le 
Parlement, exécuté en 1649„ 



phe de Lévis Ventadour, duc de, 6e 
vice-roi. 

1660 — Eeuquières, Isaac de Pas, 
marquis de, 7e vice-roi. 

1662 — D'Estrades, Maréchal 
Gcdefroy comité, 8e vice-roi. 

1663 — Tracy, Alexandre deProu 1 - 
ville, marquis de, 5e Li eut-général. 

1686 — D'Estrées, Maréchal Jean 
comte, 9e vice-roi. 

1707 — D'Es fiées. Maréchal Marie- 
Victor, comte, 10e vice-roi. 




GEORGE III, roi d'Angleterre, 
1760-1720. 



— 247 




r-iise de Québec en 1629.— Ilcnnepin, page 341, 



248 — 




Sir Jeffrey Amlierst, né en 1717, 
marccha'i et commandant des 
forjees britanniques en Améri- 
que, où il remplaça Abercrom- 
by ; s'empara de Louis bourg- et 
du fort Duquetne en 1758, de 
Ticonderoga éi de Crown Point, 
l'année suivants ; reçut la capi- 
tulation de Montréal et acheva 
la conquête de la Nouvelle- 
France, qu'il gouverna le 176U 
à 17G3 et qu'il d visa en ! rois 
gouvernements ; Québec, Mont- 
réal e' Troîs-Rivipres : créé 
baron Amherst de Montréal en 
17G0 ; mort en 1797. 





Armes du baron Amherst. 



James Murray, deuxième gou- 
verneur anglais du Canada 
(1763), se distingua sur les 
plaines d'Abraham et commanda 
les troupes après la morit! 'de 
Wolfe (1759). Il gouverna Qué- 
bec de 1760 à 1763, puis fut 
nommé gouverneur en chef de 
\n province après le 'départ 
d'AmlicrsT, en 1766 ; mort en 
1794. 




Armes de James Murray 







Armes de la Brand'e Bretagne 



_.._ 249 — 




Sir Guy Carleton, d'abord lieut- 
gouverneur de 1766 à I768.puis 
'troisième gouverneur anglais; 
chi Canada (1768-1778) ; rem- 
placé par Haldimand, il revint 
ensuite et gouverna le pays sous 
le nom de Lord D'orehester, de 
1786 à 1796. les faits les plus 
remarquables de son adminis- 
tration sonh l'acte de Québec 
<de 1774, l'invasion Américaine, 
et l'acte constitutionnel de 1791. 
Tî fut très populaire parmi lies 
canadiens ; mort en 180S. 




Armes de lord Dorchester 




Sir Frederick Haldimand, qua- 
trième gouverneur du Canada, 

de 1778 à 1785 ; mort en 1791. 




Armes de sir Frederick Haldimand 




Armes de Robert Prescott, cinquiè- 
me gouverneur du Canada, 
de 1796 à 1799 ; 



250 




Sir James-Henry Craig, sixième 
gouverneur du Canada, de 1807 
à 1811 ; de 1799 à 1807 la pro- 
vince fut gouvernée par des adr 
ministrateurs ; Sir Kobert-Sho- 
re Milnes et l'honorable Tho- 
mas Dunn. 




ArnK„ ae sir James Oraig 




Sir George Prévost, septième 
gouverneur du Galnada,, 1811- 
1815 ; organisa les milices cana- 
diennes pour repousser ^"inva- 
sion de 1812 ; s'appliqua à faire 
oublier les animosités, que la 
conduite de Craig avait pu lais- 
ser dans les coeurs ; éleva les 
canadiens aux elharges impor- 
tantes, ce qui fut cause de son 
rappel mais lui assura pour 
Toujours l'estime et la confian- 
ce de ces derniers ; il se ren- 
dait en Angleterre pour réponl- 
dre aux accusations de sir Ja- 
mes Yeo, lorsqu'il mourut pen- 
dant! la traversée. 




Armes de sir George Prévoit 



— 251 — 




\ H< 



Sir John Coape de Sherbrooke, 
huitième gouverneur du Canada, 
de 1816 à 1818, sage, conciliant 
et généreux, il suggéra au gou- 
vernement impérial plusieurs me- 
sures importantes, entr'autres la 
reconnaissance officielle du titre 
de l'évêque catholique de Québec, 
et sa continuation au Conseil 
Législatif ; il demanda son rap- 
pel pour éviter les difficultés 
qu'allait faire surgir la ques- 
tion des Subsides ; mort en 
1830. 





Armes de sir John Coape de Sher- 
brooke 



Charles Gordon Lennox, Duc de 
Richmond, neuvième gouverneur 
du Canada, de 1818 à 1819 ; mort 
en 1819 à Richmond, des Can- 
tons de l'Est, inhumé dans la 
Cathédrale anglaise de Québec. 




Armes du duc de Richmond 



— 252 — 




Géorgie, Comte de Daihousie, dixiè- 
me gouivemeun* du Canada ld'e 
1820 à 1828. Son administration 
offre deux faits remarquables ; 
le projet d'union des deux Cana- 
das en 1822. et la crise politique 
en 1827-1828 amenée par le re- 
fus de laisser aux membres de 
l'Assemblée le vote et le contrôle 
des finances publioues ; on lui 
d'oit le monument érigé à la mé- 
moire de Wnlfe et de Montcialm ; 
mort en 1838. 




Armes du comte Daihousie 




Guillaume IV, roi d'Angleterre d> 
1830 à 1837. frère de George IV 
et du due de Kent, père de la 

reine Victoria. 




George IV, fils de George III, ré- 



gent en 1810, roi d'Angleterre 
de 1820 à 1830. 



253 — 




Madame la Baronne Aylmer, 

Ce portrait ainsi que celui du Ba- 
ron Aylmer. sont dus aux Révé- 
rendes Dames TJrsulines de Qué- 
bec qui ont bien voulu me per- 
mettre d'en prendre une copie. 
Ces portraits leurs avaient été 
donnés par Lad'y Aylmer le jour 
de leur déjpart de Québec, le 17 
septembre 1837 à deux heures de 
l'après-midi. 




M. le baron Aylbier 

Mathew Withworth, Baron dfAyl- 
mer onzième gouverneur du Ca- 
nada, de 1830 à 1835 ; so mon- 
tra modéré et conciliant. Les dé- 
bats au sujet des 92 résolutions 
et le choléra de 1832, qui sévit 
surtout à Québec ainsi que la 
destruction complète du château 
St-Louis par Te feu, le 23 jan- 
vier 1834, sont les principaux 
événements de son administra- 
tion ; né en 1775 et mort à Lon- 
dres en 1850. 




Armes du Baron Aylmer, 



254 







Arehibai ^ccheson, comte de Gos- 
ford, douzième gouverneur du 
Canada de 1835 à 1838, où il ar- 
riva avec le titre de Commissaire 
royal, assisté de deux adjoints. 
Grey et Gipps, chargés comme 
lui de faire une enquête sur l'état 
au pays et sur les griefs des Ca- 
nadiens ; le rapport ayant été 
défavorable aux Canadiens, Gos- 
ford du reste bien disposé, de- 
manda son rappel et fut rempla- 
cé par sir John Colborne en 
1838 ; mourut en 1849. 




Armes die Lord Gosford 




Sir John Co'Iborne, ensuite lord 
Seatoni, lieutenant-gouverneur' 
du haut Canada de 1829 à 1835 ; 
administrateur du Bas-Canada 
depuis le départ du comte Gos- 
ford jusqu'à l'arrivée de lord 
Durham en 1838, puis 14e gou- 
verneur après le départ de celui- 
ci jusqu'à l'arrivée de lord Sy- 
denham (1838-1840) ; son ad- 
ministration est célèbre par la 
u'évérité de ses mesures pour re- 
primer les troubles de 1837-1838, 
la création du conseil spécial' ety 
le procès des insurgés par une 
cour martiale. 




A^rmes de sir John Colborne (Lord 
Seaton.) , ; 



255 




John-George Laimbtoii, Lord Dir- 
ham, treizième gouverneur du 
Canada en 1838 ; congédia le 
conseil de Colborne, fit une en- 
quête sur les affaires du pays, pu- 
blia un rapport important sur la 
situation politique du Bas-Cana- 
da, dans lequel il demandait Vu* 
nion des provinces, l'abolition et 
l'anglifioation des Canadiens. Il 
amnistia aussi les prisonniers 
politiques, moins vingt-quatre ; 
cette amnistie fut désavouée en 
Angleterre et amena le rappel 
de lord Dnrham ; il n'avait oas>- 
sé aue*5 mois e^» Canada ; né en 
1792, mort en 1840. 





Charles -Ed. Poulett Tboanson, Lord 
Sydenham, quinzième gouverneur 
du Canada, de 1839 à 1841 ; né 
en Angleterre en 1799 ; remplaça 
sir John Colborne ; inaugura 
l'union des deux Canadas le 10 
février 1841 et introduisit le gou- 
vernement responsable ; mourut 
en 1841 à Kingston, où il 1 fut en- 
terré. 



ARMES DE LORD DURHAM 




Armes de Sir Poulett Tomson, 
Lord Sydenham 



— 256 





Sir Charles Bagot, seizième gou- 
verneur du Canada, 1842-1843. 
Né en 1781 ; mort à Kingston en 
1843. 




Armes de Sir Charles Bagot 



Baron Charles-Théophilus Metcal- 
fe, dix-septième gouverneur du 
Canada, de 1843-1845 ; mort eiï 
1846 ; il se montra énergique et 
dévoué aux intérêts des Cana- 
diens. 




ARMES DU BARON METCALFE 



257 




Charles Murray, comte die Oath- 
oarth, dix-huitième gouverneur 
du Canada, de 1845 à 1847 ; 
homme paisible et conciliant, il 
laissa dans le pay& une bonne ré- 
putation ; mort en 1859. 





James Bruce, comte d'Elgin et 
Kincardine, dix-neuvième gou- 
verneur du Canada, de 1847 à 
1854 ; se distingua piar la sagesse 
de son administration, qui fut 
pour le Canada une ère de prospé- 
rité et de progrès ; zélé pro- 
moteur de l'éducation, il s'iden- 
tifia avec les intérêts des Cana- 
diens ; mort en 1863. 



ARMES DU COMTE DE 
CATHCARTH. 



17 




ARMES DE LORD ELGEN" 



— 258 — 




Sir Edmund-Walker Head, vintiè- 
me gouverneur du Canada, 1854 
à 1861. Son administration fut 
marquée par le choix d'Ottawa, 
par l'a Reine, ccmime siiège du 
gouvernement ; la construction 
du Pont Victoria et la visite dki 
Prince de Galles en 1860. 




ARMES DE SIR EDMUND- 
W. HEAD. 




Charles-Stanley, vicomte Momck, 
vingt-unième gouverneur du Ca-> 
nada, de 1861 à 1868, premier/ 
gouverneur dé la Confédération 1 
Canadienne. Il fut remplacé par 
sir John Young, lord Lisgard, en 
1868. 




ARMES DU VICOMTE MONCK. 

Gouverneurs et administrateurs 
sous la domination anglaise : 

1629-1632— Kerck Louis, adm. 

1760-1763— Amherst J., général. 

1763-1766 — Murray James, gouv. 

1766- — Irving, Paulius E., 
adm. 

1766-1778 — Dorchester, lord, gou. 

1770-1774 — Cramahe Hector 
Theopfoilus, adm. 

1777-1784— Frederick Haldimand, 
gouv. 

1784-1785— Hamilton. Henry, lt, 
gouv. 



259 



1785-178(3 — Hcipe, Henry, lt. gou. 

1780-1796 — Dorcihestei*, lord, gou. 

1791-1793— Ciaike Alurea, lt. 
gouv. 

1796-1799— Pi escott, Robert, gou. 

1799-1805— Milnes, Robert Shore, 
'lt. gouv. 

1805-1807— Dunn, Thomas, adm. 

1807-1811 — Onaig James Henry, 
gouv. 

1811- — Dunn, Thomas, adm. 

1811-1815 — Prévost, George, gouv. 

1813- — De Ruttunberg, adm. 

1813- Glasgow, adm. 

1814-1816 — Drummund. sir Gor- 
don, adm. 

1816- — Wilson, John, adm. 

1816-1818 — >Sheirbrooke, sir John 
Coape, gouv, 

1818-1819— Riehmond, Chs Gor- 
don, Lennox, dus de gouv. 

1819-1820— 'M'onk. James, adm. 

1820- — Maitland, sir Per*- 
grine, adm. 

1820-1828— Da'lhousie, George 
comte de, gouv. 

1824-1825— Burton, Francis ]STa- 
tnamel, lt. gouv 

1828-1880- Kempt, sir James, 
arm. 

1830-1835-Aylmeir, Baron Ma- 
■thiew Whithworth, gouv 



1835-1838— Gasford, Arohibald 
Ateheson, gouv. 

1838-1839— Colborne, sir John 
(lord Seat on), gouv. 

1838- — Durham, John Geor- 
ges, lt. gouv. 

1839-1841— Sydenham, Poul'ett, 
Thomson, lt. gouv. 

1841- — Olithero'W, John, adm. 

1841-1842— Jackson, sir Richard 
Downes, adm. 

1842-1843— Bagot, sir Charles, 
gouv. 

1843-1845— Metcalfe, Baron Ohs. 
Theophilus, gouv. 

1845-1847-^Cathoart, Chs Mur- 
ray, comte de, gouv. 

1847-1854— Elgin, To,rd James 
Bruce, comte d\ gouv. 

1849- — Rowan, William, adm. 

1853-1854— Rowan, William, adm. 

1854-1861— Head; sir Edmound, 
gouv. 

1857- — Eyre, sir Williams, 
adm. 

1860-1861— Williams, s i r Wil- 
liam Feirwick. adm 

1861-1867-Monck. Charles Stan- 
ley. vicomte de giouv 

1866-1867-Michel, sir John, adm. 




É8^ 



Québec en 1610. 



— 260 




Sceau de la Compagnie de Jésus 
CHAPITRE XIV 

La chapelle du Collège des Jé- 
suites, commencée le 11 juillet 
1650 et inaugurée en 1651 (Jour- 
nal des Jésuites page 142), par le 
Père Paul Ragueneau, alors supé- 
rieur et commissaire général de la 
Compagnie de Jésus, de la Nouvel- 
le-France. Le collège était situé 
sur remplacement qu'occupe ac- 
tuellement l'Hôtel-de-Ville de Qué^ 
bec, qui a été inauguré en 1896, 
par l'honorable M. Paient, le maire 
actuel de Québec. Ce collège fut 
commencé en 1648 sous le R. P. 
Jérôme Lallemand', S. J., supérieur 
alors, sur un terrain que la compa- 
gnie de la Nouvelle-France avait 
accordé le 18 mars 1637, pour cons^ 
truire ce collège. Voici l'acte No 
29 : Concession de douze arpents 
pour le collège des Pères' Jésuites. 

La compagnie de la Nouvelle- 
France, a tous présents et à venir. 

Les révérends Pères de la Socié- 
té de Jésus nous ont fait entendre 
le dessein qu'ils ont d'établir un 
collège et séminaire en le Nouvelle- 
France, pou r y instruire le9 en- 
fants des sauvages, les hurons éloi- 
gnés de deux cents* lieues de Qué- 
bec, leur en ayant déjà envoyé six 
avec promesse de leur en envoyer 
un grand nombre à l'avenir, et 
aussi pour instruire les enfants 



des Français qui résideront sur les 
neux, et qu à cet erïet, ils auraient 
besoin a'une place compétente dans 
le Heu désigné pour la ville que 
notre dite compagnie veut faire 
construire à Québec, pour y bâtir 
l'église, les logements des régents 
et écoliers, cours et enclos du dit 
collège et séminaire ; à ces causes 
désirant contribuer de notre part 
à une si louable et si salutaire en- 
treprise, avons donné, concédé et 
octroyé, et en vertu du pouvoir ac- 
cordé par le roi à notre dite com- 
pagnie, donnons, concédons et oc- 
tryons par ces présentes aux dits 
révérends Pères, eux et leurs suc- 
cesseurs, à toujours, en toute pro- 
priété, et y faire bâtir le dit collè- 
ge et séminaire, l'église, logements 
et appartements, la présente ces- 
sion sans aucune autre charge, si- 
non que les dits révérends Pères, 
eux et leurs successeurs, relèveront 
la dite terre et place de la dite 
compagnie, et seront tenus de com- 
prendre les dits douze arpents ci- 
dessus concédés dans l'aveu et dé- 
nombrement qu'ils sont obligés de 
fournir à notre dite compagnie 
pour les autres terres qui leur ont 
été ci-devant concédées par l'acte 
de l'Assemblée générale de notre 
dite compagnie du quinzième jour 
de janvier dernier ; et que ci-après 
lorsqu'il se fera quelque assem- 
blées publiques au dit collège pour 
l'exercice des écoliers ou autre- 
ment, les; associés de notre dite 
compagnie qui se trouveront sur 
les lieux y tiendront le rang et pla- 
ce telle qu'on les donne aux fonda- 
teurs des maisons pieuses, et que 
de toutes les personnes que les 
dits révérends Pères feront passer 
soit pour bâtir le dit collège, soit 
pour v servir et demeurer en ice- 
lui, ils seront tenus d'en donner 
une rolle tous les ans, au bureau 
de notre dite compagnie, à Paris, 
et de faire ob'^ver l'édit du ^oi 
fait pour l'établissement d'icelle, 
san9 permettre ni so^fTrire <m'au- 
cunes personnes et celles qu'ils au- 



— 261 — 




Collège des Jésuites; 



/commencé en 1648 et inauguré en 1651, et 
■démoli en 1878. j 



ront fait passer en la Nouvelle- 
France pour demeurer dans le dit 
collège, traitent des peaux et pelle- 
teries au dit pays, autrement 
qu'aux, conditions portées par le 
dit édit. 

Mandons au sieur de Montma- 
gn^ notre associe, 'gouverneur de 
Québec, son lieutenant ou autre, 
qui sera par lui commis, qu'il 
mette en possession les dits Révé- 
rends Père; de la société de Jésus, 
ou pour eux, le porteur des pré- 
sentes, des dites terres à eux con- 
cédées par icelles, et d'icelles ter- 
res les fasse jouir pleinement et 
paisiblement l'es leur assignant et 
bornant dans l'enclos désigné pour 
la ville, en lieu et endroit commo- 
de ainsi ou'il sera avisé, pourvu 
que ce soient terres non encore 
concédées, dont sera dressé procès 
verbal, duquel sera envoyé copie 
en France, au bureau de notre dite 
compagnie au premier retour 

des vaisseaux. 

Fait et concédé en l'Assemblée 
des directeurs de la compagnip de 
la Nouvelle-France, tenue en l'hô- 
tel de M. Fournie!, conseiller du 
roi <pj)^ se? conseils d'état et privé. 
à ; Paris, le dix-huitième mars* mil 
six cent trente-sept. 



Par la compagnie de la Nouvelle 
France. 

LAMY 
(Signé), DUPUYS et 

BEGON. 

La fondation du collège des Jé- 
suite©, à Québec, date de l'année 
1635. un membre de leur ordre, 1« 
révérend Père René Roault, fils 
aîné du Marquis de Gamache, 
ayant donné 6,000 écus d'or de sa 
fortune personnelle pour cette fon- 
dation. En 1640, l'église et le col- 
lège de Notre-Dame de Reeouvran- 
ce, bâtis par cette pieuse donation 
furent complètement détruit© par 
le feu. Ce collège n'était autre que 
le presbytère de la paroisse. Il était 
situé près de l'église de Notre- 
Dame de Recouvrance, (voir l'a 
gravure de Notre-Dame de Recou- 
vrance). Nous lisons dans la Rela- 
tion de la Nouvelle-France, 1641, 
page 56. " Monsieur le marquis de: 
Gaanaone défunt, a mérité le pre- 
mier de porter ce titre ; car il a 
ouvert la première norte aux gran- 
des missions que nous avons entrer- 
prises en ces derniers confins' du 
monde. Son fils s'étant donné à 
notre Compagnie, finit ses iours 
l'an passé, avec la co-nronne d'une 
riche persévérance en la vertu. Ha 



262 




Nicolas Kouaiu., Marquis de 
Gamaches, Fondateur du Col- 
lège des Jésuites en 1635 ; épou- 
sa Dame Françoise Mangot. 
Père de B-né Ro-vuït, Jéisuite, 
aussi fondateur du Collège, 



Armes du Marquis de Gamache. 



voient maintenant tous deux, sain- 
tement et utilement que ces gran- 
des libéralités sont employées et 
^omme une belle action faite dans 
.es temps, fructifie pour l'Eter- 
nité." 

I>e son côté, voici ce que dit le 
Père Charlevoix dans ses lettres 



de vcyage du mois d'octobre 1720; 
vol. 5, page 111 : ** Vou^ aurez 
sans doute vu, Madame, aans quel- 
ques relations que le Collège des 
désuites est un très bel édifice. Il 
est certain que, quand cette vi'Je 
n'était qu'un amasi informe de 
Biarraquasi Frangaisteei et de Ca- 
bannes Sauvages, cette Maison, la 
seule, avec le Fort, qui fût bâtie 
de pierres faisait quelque figure ; 
les premiers voyageurs, qui en 
jugeaient! par comparaison l'a- 
vaient représentée comme un très 
beau Bâtiment ; ceux, qui les ont 
copiés, ont tenu le même langage. 
Cependant tes Gabannes ont dis^ 
paru et les Barra ques ont été 
changées en Maisons, la pluoart 
bien bâties de porte qaie le Collège 
dépare aujourd'hui la ville, et 
menace ruine de toutes nprts. (On 
n depuis peu rebâti t<r»t le Ccllè- 
ge, et il est maintenant fort beau.) 
La situation n'en est pas même 
avantageuse ; il est privé du plus 
grand agrément, qu'on eut pu lui 
rrccurer, oui est celui de l'a vue. 
Il avoit d'abord celle de la rade 
en perspective, et ses fondateurs 
a voient été *ss^z V~ns. poyrjs'ima- 
p-irer qu'on les en laisserait jouir ; 
mais ils se sont trempes. La Ca- 
tbicldr^le et le Pêminar-e Ipur -Pont 
un masque, oui ne leur laisse 
taPiw our la vue de la Pla^e. la- 
quelle n'a p°s de quoi les dédom- 
mager de celle,, qu'ils ont perdue. 
La cour de ce Collège* est petite 
et mal-propre, rien ne ressemble 
mieux à une Cour de métairie. 
Le Jardin est grard et bien entre- 
t^i?|n>. et il est terminé par un pe- 
tit Boi3. reste précieux dé l'anti- 
que Forôt, nui couvroit autrefois 
toute cette Montagne." 

Liste des Canadienis qui sont 
entrés 1 dans la Compagnie de Jé- 
sus, avant l'année 1800 : 



2b8 




Québec! h '8 mars* 1692, fils de 
Gervais Baudoin, médecin et de 
Anne Auibcrt, (27 ams 1692) ; or- 
donné '.à Argoulèane le 11 décem- 
bre 1713 ; arriva au Canada en 
1728 ; Supérieur à la ISTouvelle- 
Orléars 'de 1749 à 1759, et de 1762 
à 1763 ; mort après 1768. Mère 
de St-Au^ustin des Ursulines était 
sa soeur. 



R. Frère Noël Juchereau, pre- 
mier Jésuite -Canadien, né à Qué- 
bec le 3 juillet 1647, file de Jean 
Juchereau de la Ferté et de Marie 
Françoise Giffard ; entré dans 
l'ordre en 1685 ; arriva au Caqa- 
da en 1668 ; i'1 se noya à Québec, 
le 3 novembre 1672. Frère de la 
Mère St-Ig-nace, première Supé- 
rieure Canadienne de l'Hôtel - 
Bieu de Québec. 




R. Père Michel Baudoin, 
deuxième Jésuite Canadien, né à 




R. Père François-Xavier -Du 
Pileisjsis, troisième JéfâUjite Cana- 
dien, né à Québec le 13 janvier 
1694, fils de George Du, Plessis et 
de Marie LeRoy ; ordonné en 
France le 7 janvier 1717, mais 
n'est jamais revenu au Canada ; 
mort à Charenton près de Paris 
le 2 décembre 1771. Mère Gene- 
viève de l'Enfant Jésus' des Ursu- 
lines était sa soeur. 



264 




El. Frère Jean-Baiptiislte-Nieolas 
Demers, quatrième Jésuite Cana- 
dien, né à Saint-Nicolas, comté de 
Lévis, le 12 janvier 1722, fils de 
Nicolas Demers et de Anne Ro- 
cher on ; entra o^pz lels Jésuites à 
Québec le 14 juillet 1748 : fit ses 

premiers voeux à Miichillimachi- 
nac, le 16 juillet 1750, mort après 

179,(H 




R. Père Joseph- Nicolas Martel, 
cinquième Jésuite Canadien, né à 



Québec le 21 avril 1721, Jîls de 
Jean Martel et de Marie- Anne 
Rouville ; ordonné en France ; 
mais ayant quitté! l'Ordre en 
1763, il revint au Canada, le 6 
juin, 1764, et fut nommé Ta même 
année curé de Saint-Laurent, Ile 
d'Orléans. 11 se noya le 29 juillet 
1772. à l'âge de 51 ans, et fut in- 
humé à Contre-Coeur. 




Statue miraculeuse de Notre- 
Dame de Recouvrance, patron- 
ne titulaire du premier collège 
des Jésuites 1 à Québec, fondé 
en 1635. 

Liste des Supérieurs de la 
Compagnie de Jésus de la Nou- 
velle-France et des Supérieurs du 
Collège de Québec ; d'après le 



265 



Catalogue du Révérend Père Ar- 
thur-Edouard Joncs, S. J. 
1611-1613— Port-Royal et Saimt- 
Sauveur, R. P. Pierre Biard ; 
mort à Avignon le 19 novembre 
1622. ■, I; ■ | t,!;| | j | 




R. Père Pierre-François-Xavier 
Chanlevoix, S. J., vint au Ca- 
nada de 1705 à 1709 et de 1720 
à 1722. Décédie à La Flèche, le 
1er février 1761. Auiteur de 
plusieurs volumes sur la Nou- 
velle-France et sur F Amérique, 
par 'Pautorité du Roi de France. 
1625-1629^-A Québec, R. P. 
Charles Lalemant ; mort à Paris 
le 18 novembre 1674. 

1632-1639— K. P' Paul Le 
Jeune ; mort à Paris le 7 août 
1664. 

1639-1645— R. P. Barthélémy 
Vimont : mort à Vannes le 13 
juillet 1667. 

1645^1650— R; P, Jérôme Lale- 
mant. frè^e de Charles et ooDjcîle 
d° Cabri el Lalemant : mort à 
Québec le 26 janvier 1673. 

1650-1653— R. P. Paul Rague 
neau ; mort à Paris Te 3 sep- 
tembre 1680. 



1653-1656— R. P. François Le 
Mercier ; mort dans l'isle Marti- 
nique le 12 juin 1690. 

1656-0-659— R, P. Jean De 
Queu ; iiioit à Québec le 8 octo 
o.re 1659. 

1659-1665— R. P. 
mant (2e fois). 

1665-1671— R. P. 
Mercier, (2e fois). 
1671-1680— R> P. 



Jérôme Laie- 
François Le 



Claude Da- 



mort à Québec le 3 mai 



P. Thierry Bes 
Rheims le 4 fé- 



P. Claude Da- 



blon 
1697. 

1680 1686— R. 
chefer ; mort à 
vrier 1711. 

1686-1693— R. 
blon, (2e fois). 

1693^1698 — R, P. Jacques 
Bruyas ; mort au Sault-St-Louis 
le 15 juin 1712. 

1698-1704— R. P. Martin Bour- 
v*rt ; mort à Québec Te 10 août 
1705. 

1704-»1710— R. P. Vincent Bi- 
got, frère de Jacques : mort à Pa- 
ris 1 Te 7 s°ntembre 1720. 

1710-1716— R. P. Joseph Ger- 
main ; mort à Québec en janvier 
1722. 

1716-1 7X9^-R. P. Julien Car- 
m'er : mort à Québec le 31 jan- 
vîpt- 1730. 

1719-1729— R. P. Pier-oi çfc L'a 
Chasse : mort à Québec le 27 
septembre 1749. Il était à Qué- 
bec de^ufs 50 ans'. 

1726-1732— R P. Je»n-Bamtîs- 
te Du Parc ; <mort à Québec le 31 
janvier 1742. 

1732-1739— R'. P. Pierre de 
Lanzocn ; mort à Québec le 5 
septembre 1742. 

1739-1748— B. P. Jea.n-B^aptis- 
te de Saint-Pé ; mort à Québec le 
le « -InHUt 1770. 

1748-1754— R. P., Gabriel Mar- 
mol ; mort à Québec le 17 octobre 
1755. 



— 266 



1754-17G3— Pour Québec et 
Montréal'^ E. P.Jean-Baptiste de 
St-Pé, (2e fois.) 

1763-1790— E, P. Augustin- 
Louis De Glapi on ; mort à Québec 
le 24 février 1790. 



1690-1800— E. P. JeaiîrJoseph 
Casot ; mort à Québec le 16 mars 
1800. A la mort de ce Eévéreiid 
Pèire, la Compagnie de Jésus 
cessa d'exister au Canada. 



— 267 




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268 



Eglise des Jésuites, située à la 
Haute- Ville, près du Collège, dans 
la rue Desjardins, et vis-à-vis l'hô- 
tel Clarendon actuel, où passent les 
■chars électriques. Monsieur de Tra- 
cy mit la première pierre, le 31 maî 
1666, Monsieur le gouverneur posa 
la pierre de la première chapelle et 
]\I. l'Intendant posa celle de la se- 
conde chapelle, Monsieur le Baroys, 
de la part de Messieurs de la Com- 
pagnie, posa la première nierre du 
portail, M. de Charny, Grand-Vi- 
x oaire, en l' absence de l'Evêque, a 
officié. (Journal des Jésuites, pas:o 
344.) Le Père Beaulieu, S. J., mis- 
sionnaire de Tadousac, donna le 
sermon dans cette nouvelle église, 
le 1er janvier 1667. Cette église fut 
construite sou* la direction du Père 
Le Mercier, alors supérieur. 




R. P. Charles Lalemant, premier 
supérieur de la Nouvelle-Fran- 
ce 1625-1629. Premier profes- 
seur du collège de N.-D. de Re- 
couvrance en 1635. 




R. P. François Le Mercier, S. Jj 
Su] érieur de 1653 à 1656 et de 
1665 à 1671. Il fut le premier 
vicaire de ia Cathédrale en 1660. 



En 1823, la Chambre d,Assem- 
blée du Bas-Canada, nomma un 
Comité spécial pour s'enquérir de 
l'Education dans la Province. Il 
fut produit devan,t ce comité les 
rapports des Commissaires nom- 
més en 1787, par Lord Dorchester 
pour s'enquérir du mêone sujetj 
ainsi que du bien des Jésuites. 
Ces documents nous donnent 
l'historique du Collège ou Caserne 
et des terrains avoisinant le Col- 
lège. 

Le rapport de ce Comité form« 
l'appendice Y des Journaux de la 
Chambre d'Assemblée de 1823-24. 
En voici quelaues extraits : 

A SON EXCELLENCE, &e. 
" Rapport FrovisionneTI des 
Commissaires, &c. (25 février)^ 

Nous, la mojorité des Commis- 1 
saires assemblés à Québec, faisons 
unanimement rapport à votre Ex J 
cellence aue nous avons trouve efl 
fm't ^nédier les principaux titres 
des fiefs et autres immeubles pos u 



269 



sédés par les religieux connus 
sous le nom de l'Ordre des Jésui- 
tes en cette province, et que nous 
sommes prêts à commencer le pa- 
pier terrier des dits fiefs et im- 
meubles pour parvenir à consta- 
ter les points contenus en la dite 
commission, mois que nous ne pou- 
vons le faire qu'a a préalable d'une 
proclamation, éouivaïente aux 
lettres de panier terrier, n'ait été 
publiée, enjoignant an nom de Sa 
Majesté que dans le délai qui y 
serait fi*ê à toutes personnes te- 
nant fiefs, arrière-fiefs, tons te- 
nanciers en roture et tons autres 
débiteurs de rentes mê^e par hy- 
pothènup. ou à titre d'immeubles, 
envers 1° dit O"^™ r 'li.<?'euT. de 
^mi^arartre ^t déclarer la foi et 
l'iiommaa^e. les 1 aveux, der»omr>rp- 
jtoent. ou les cens et rentes sei- 
gneuriales:, rentes constituées et 
autre? charges réelles dont il 9 
sont tenus selon leurs titres, 
ou'iJ^ exb'b^ront. selon les lois et 
cout";m c K de cette nrovince, et se- 
lon, l p s peines y portées. 

" ]fono concevons aue les motifs 1 
oui suivent montrent lia nécessité 
de la dite pro?il,amation. 

1. La commission à nous adres- 
sa nous enjoint cle procéder sans 
délai et en due forme de Ijoi. 

2. Les lois et coutumes de fiefs 
et propriétés d'immeubles en cette 
province, rétablies ou maintenues 
par les statuts 14 Geo. III. chap. 
83 et 88, n'acico-Hdent ces fiefs et 
pronriétés oue seVn les lois, teilles 
qu'elles étaient u'sit es avant la 
connuêtie. 

3. Selon ces lois et coutumes, il 
n'y a aue le roi qui .ait droit de 
ffnre expédier et nublier dl p is let- 
tres d^ papier terrier*, vidé Per- 
rièr û . T)icton' n iaire ri droit ou In- 
troduit]' on-verbo Pamier terrier. 

A. Sans W 1 nroelamation éoui- 
valente à ces lettres de papier ter- 



rier, les vassaux et tenanciers ne 
seront pas légal-onent tenus, ni 
prévenus, ni exacts à déclarer et 
exhiber tous leurs titres : il en 
résulterait une multitude de refus, 
de difficultés ou de retardation. 

5. Et ei-tin, depuis la conquête, 
notamment dans les années 1777 et 
subséquentes, les gouverneurs 
pour Sa Majesté en cette province 
ont publié plusieurs proclamations 
pour le papier terrier domanial. 

Nous concluons ce rapport provi- 
sionnel par soumettre humblement 
à votre seigneurie les motifs ci- 
dessus pour l'obtention de la dite 
proclamation, ou de tel autre moyen 
qu'elle voudra bien accordé : 

" A Son Excellence le Très Ho- 
norable Guy Lord Dorchester. etc. 

" Second rapport provisionnel 
des commissaires nommés par let- 
tres patente.? du 29 décembre 1787. 
pour s'enquérir des biens immeu- 
bles ci-devant tenus, possédés et ré- 
clamés par une certaine commu- 
nauté connue sous le nom et l'Or- 
dre des Jésuites, dans la nrovince 
de Québec. Nous Kénélm Chandïer, 
Thomas Scott, John. Coffin .senior, 
Gabriel Elzéar Taschereau, John 
Anthonv Panet, Georges Lawe, 
James McGill. Quinson de St-Ours 
et Jean Hertel de Pouville, écoliers, 
soussignés, commissaires pour faire 
l'enquête des dits biens, en obéis- 
sance à l'ordre de votre Excellence, 
du vin°rt^quatre de ce mois, qui 
nous 1 enjoint de nous conformer au 
rapport du comité de tout le con- 
seil, du vingl-deux de ce mois, 
contenant : 

"' Qu'il est expédient que nous 
soyons requis de faire au plutôt 
rapport à Votre ExceileÈéeé. 

" 1. A quel point nous avons été 
jusqu'à présent capables d'exédu- 
ter la confiance qui nous a été com- 
mise. 

" 2. iOe oui reste à faire pour 
la remplir ? 

" 3. Quels obstacles se rencon- 
trent ? 



— 270 — 



u \ Et par quels moyens nous 
concevons quils peuvent être levés 
et l'intention de la dite commission 
remplie ?" 

No us faisons humblement à Vo- 
tre Excellence ce second rapport 
que nous considérons comme le pre- 
mier provisonnel, et leprésentons 
très respectueusement que nous 
croyons avoir, en due forme de loi 
et sans délai, tel que requiert ex- 
pressément la dite commission, pro- 
cède, comme le constatent nos déli- 
bérations et résolutions contenues 
au livre A dont copie certifiée est 
ci -jointe : 

u Nous demandons la liberté cPé- 
tablir actuellement le mérite du 
présent rapport, en suivant Tordre 
des quatre questons proposées par 
le dit rapport du conseil. 

" Sur la première question. — A 
quel point nous avons été jusqu'à 
présent capables d'exécuter la eon- 
fiance qui nous a été commise ? 

" Nous avons très attentivement 
considéré tous les points que la dite 
commission nous requiert de cons- 
tater en due forme de loi et au 
plus tôt ; et nous constatons le 
point auquel nous avons été jusqu'à 
présent capables d'exécuter la con- 
fiance qui nous a été commise, en 
comparant ici en marge chaque 
point proposé par la dite commis- 
sion, avec le rapport que nous po- 
sons à enté autant qu'il nous est 
possible de 1« faire quant à présent, 
sauf à établir sur la quatrième 
qnPC!+*o,n Vs moyens de mieux rem- 
plir l'attention de la dite commis- 
sion. 

" 1er point de commis , sion. — Quels 
étaient les biens et terres tenus, 
roçcpf^ç a j. réelarnés par le dit Or- 
dre des Jésuites ? 

RAPPORT 

" Nous avons obtenu du très ré- 
vérend Père Augn. Louis do Q-]«- 
pi<ou Snnérieur ^' fv a Tpe'-Mtorç ^n 
eetto nrovince, et P. P. Jean Jo- 
seph Casot. procureur du collège 



de Québec, qui nous ont volontai- 
rement communiqué tous iea tif 
très originaux et autres des biens- 
immeubles en. vertu desquels la 
dite communauté connue sous le 
nom de l'Ordre des Jésuites en 
cette province les tenait, possé- 
dait et réclamait, comme les rap- 
ports Nos. 1, 2, 3 et 4 les consta- 
tent. Desquels titre3 copie au-' 
thentique est contenue aux livres 
Nos. 1 et 2, intitulés : " Titte 
deeds Jesuits' estate ". 

11 Et nous observons que quof-' 
que jusqu'à présent il paraisse que 
nous avons copie de tous les titres 
originaux, on en découvrirait pro- 
bablement quelques autres, en 
procédant au papier terrier dont 
nous parlerons ci-après. 

" 2e Point. — La manière et les 
moveras par lesquels ils les ont 
acnuïs ? 

RAPPORT 

" Nous trouvons que la dite com- 
munauté ci-d'ajvant connue sous le 
nom et TOrdre des Jésuites dans 
la province de Québec demandè- 
rent et obtinrent par concession,, 
acquisitions, ou échange pour les 
motifs et pour les causée mention- 
nées dans chaque titre, dont les 
dits rapports Nos 1, 2, 3 et 4 font 

que les concessions acquisitions, 
ou échanges ne pouvant régulière- 
l'analyse pour chaque bien, mais} 
ment valoir en main morte selon 
les lois de ce pays avant la con- 
quête, sans les lettres d'amortisse- 
ment, qui doivent porter leurs cau- 
ses et conditions, ils obtinrent de 
Sa Majesté très chrétienne, pour 
la majeure partie de leurs bien» 
un diplôme en forme de Lettres 
Patentes du 12 mai 1678, dûment 
reo-istrées au Consoîl souverain de 

Québec, dont copie authontirme 
p*t nn livre intitulé : " Title 
deeds Jesuits' estâtes." voî. I, pagft 



271 







B P. Isaac Joques, S. J\, arriva 
"au Canada en 1636. Il fut mar- 
tyrisé par les Iroquois le 18 
mars 1646. Il était âgé de 48 
ans. 



1ère ; lequel diplôme, en repérant 
aux titres primitifs de chaque! 
bien amorti, porte em ces termes : 
« à ces causes, voulant favora- 
blement traiter les exposans, con- 
tribuer autant qu'il nous! serai 
possible à la plus grande gloire 
de Dieu et à rétablissement de la 
religion catholique, apostolique et 
romaine dans le dit pays du Ca- 
nada, et les obliger à continuer 
leurs prières pour notria prospérité 
et santé et la conservation de cet 
état, de notre grâce spéciale; pleine 
puissance et autorité royale nous 
avons agrée, confirmé et amorti. 
&c." 

" 3e Point,— Quelles sont les 
parties ou portions id'iceux qui 
ont été par eux aliénées et échan- 
gées ? . 



RAPPORT 

" jSous rapportons que les par» 
lies ou portions des biens ancien- 
nement des dits Jésuites, aliéné^ 
et échangés, sont constatés par lie 
rapport -No. 2, page 1ère et suivan- 
tes. Ji.t que pour s'assurer quç 
les Jésuites, notamment depuis la 
conquête, n'ont pas aliéné et 
échangé la totalité ou quelques 
parties des biens dont nous avons 
copie des anciens titres, il serait 
nécessaire de commander légale* 
ment les sujets de Sa Majesté de 
déclarer formellement et par écrit 
dans un délai suffisant et absolu, 
à .ceux qui peuvent avoir acquis 
le tout ou partie des biens ci^de- 
vant tenus, possédés ou réclamés 
par le dit Ordre des Jésuites 1 en 
cette province, et de produire, les 
titres et prétentions que ces su- 
jets, ou chacun d'eux, prétendent 
y avoir ; et nous en proposerons le 
moyen sur la quatrième question. 
" 4e Point. — 'Quelles sont les 
parties ou portions d'ieeux dont 
Sa Majesté est présentement re^ 
vêtue, et qu'elle peut donner et 
concéder en l'a manière demandée 
par Geoffroi lord Amherst, ses 
héritiers et ayant cause ? 

RAPPORT 

" Nous trouvons, quant à la 
possession effective et actuelle, 
qu'immédiatement après la con- 
quête une partie du collège de 
Québec fut occupée par les provi- 
sions du roi jusqu'en 1776, et que 
jusqu'à présent les troupes de Sa 
Majesté en garnison à Québec oc> 
cupent oomime Casernes, depuisi 
1776, la majeure^partie du dit coin 
lège bâtie en cette haute-ville, et 
que les dits révérends Pères de 
GMapion et Casot occupent ï^ reste 
du dit collège et l'église de leur 
ordre, et qu'il est de notoriété pu-r 



— 272 — 



blique en cette province que les 
dits révérends Pères de Griiapiony 
et Casot font la recette des reve- 
nus des cens et rentes, lots et ven- 
tes, profits des moulins et des ren- 
te» foncières dues à cause des ter- 
res situées dans le district de 
Québec, qu'ils font faire la recet- 
te d'une partie du fief St-Gabriel, 
et du moulin de l'a Jeune-Lorette 
pour le vibage des Hurons, et que 
le révérend Père Weli occupe une 
partie de la maison bâtie à Mont- 
réal pour l'a mission établie au 
dit lieu, et le reste est occupé par 
le gouvernement pour prison ci- 
vile, et que le dit révérend Père 
Well foit la recette des cens, ren- 
tes, lots et ventes, profits de mou- 
lins et des rentes foncières et au- 
tres, dues à cause de tenres situées 
dans- le district de Montréal. 

" Que quant aux parties ou por- 
tions des dits Biens dont Sa Ma- 
jesté est présentement revêtue, et 
qu'elle peut donner et concéder 
en la manière demandé» oar Geof- 
froi Lord Amherst, ses héritiers etf 
ayants cause, nous ne croyons 
pouvoir être en état d'en foire 
rapport qu'après que les Sujets de 
Sa Majesté qui peuvent avoir 
queloues droits de jouissance, de 
nronriété, de charees, serv^des 
ou retours, soit à titre de fonda- 
tion de succession, d'achat ou au- 
trement, aient été commandes 
d'en foire dans Te délai suffisant 
leur dédiai tion formelle, pt de 
produire les titras et nreuves 
au'ils peuvent avoir pour les 1 an- 
puyer. et nous en proposerons les 1 
movens sur la ouatrième question. 
" Et ou'il n'y a aucun doute 
que Sa Majesté n'ait ses droits de 
souveraineté à couse de la coorauê- 
te de ce pavs, sur tous les dit® 
hiens des Jésuites, ainsi que sur 
ceux de ses sujets Canadiens ; 
niais que pour former un rapport 



sur un poinit aussi important que 
ceiui de constater ce que Sa i\l'a- 
jesté peut donner et concéder des 
dits Biens en la manière deman- 
dée par Geoffroi Lord Amherst, ses 
héritiers et ayants cause, il con-, 
vient ipréailaiblienient de constater 
tous les points de Ha dite commis- 
sion, afin, que les réclamations 
dont nous venons de parler soient 
mûrement considérées avec ou par 
les droits de Sa Miajesté, pour, 
connaître la pure et simple pro- 
priété et possession, telle qu'elle 
paraît être demandée en conces- 
sion : et nous en< proposerons aus- 
si le moyen sur îa quatrième ques-J 
tion. , 

" 5. Lai nature et les qualités 
des dites terres. 

" 6. La nature des titres en 
vertu desquels elles sont actuelle- 
ment possédées. 
" 7. Leur valeur présente. 
" 8. La nature et étendue des 
droits seigneuriaux. 

" 9. La naturp des concessions 
en vertu desquelles lies posses- 
seurs en jouissent. 

" 10. Leur situation locale avec 
exactitude. 

" 11. L'état de culture et de po- 
pulation dans lequel elles sont. 

Nous avons sérieusement consi- 
déré la manière de constater tous 
ces points dès le 14 février 1788, 
comme aproert par notre résolution 
au livre A, pagre 22, qui nomme 
unanimement Messieurs Tasehe- 
rpau, Scott et Lawe. trois de nous^ 
pour se transnorter sur les terres 
avec le Notaire et lies; Arpen- 
teurs choisis par les résolutions 
précédentes, aura de mesurer les 
terres et procéder au Panier Ter- 
rer dans le district de Québec, et 
Messieurs MoOill, De Bouville et 
d^ St-Ours, dans le district de 
Montréal, mais* pour les motifs 
conterais au Bvre A des procédé s,, 



— 273 — 



page '62 a i>4, nous résolûmes le 
x. mais lYtto, de laire, ex nous 
e uanes i ù'uiukar ne laire à Votre 
jEjXOcneiiice nocre premier rapport 
^ _ vibionnei oonieiiu au dit livre 
A, page 11^ par lequel nous sup- 
pliâmes Votre Excellence oie vou- 
loir oien accorder unie proclama- 
tion afin de procéder réguiière- 
mtnt au Papier Terrier ou d'en 
ordonner selon votre sagesse. Le 
15 septembre .1788, nous donnâmes 
par écrit au Comité du Conseil le© 
motifs et citations de lois conte- 
nus au dit livre A, page , qui 
paraissaient rendre la dite pro- 
clamation nécessaire ou utile. 

" Eu attendant la solution, nous 
avoine fait diverses recherches qui 
n'ont produit que des listes et in- 
dices contenus au Livre nnarq.ua 
qui ne sont soutenues d'au- 
cuns titres ni de preuves légales, 
et qui sont incapables de fonder 
notre rapport final, et considérant 
actuellement .que nous m'obtien- 
drons point la dite proclamation^ 
nous établirons un autre moyen 
sur la quatrième question. 

" Quand au dixième point, de 
la situation locale des terres avec 
exactitude, nous avons fait faire 
les copies des anciens plans que 
nous produisons avec ce rapport 
selon la liste marquée, mais nous 
ne pouvons les vérifier, ni consta- 
ter avec exactitude la situation, 
les lignes et bornes actuelles et 
certaines qu'en procédant sur les 
lieux au Papier Terrier et faisant 
faire de nouveaux plans', tant pour 
les parties 1 qui en ont d'anciens 
que pour celles qui n'en ont point. 

12e Point.— S'il y en a quelques 
parties qui ont été données au dit' 
Ordre Religieux par des particu- 
liers et qui sont réclamées par les 
Héritiers des Donateurs, quelles 
sont ces parties, et quelles sont 
les- partît réclamantes ? 
18 



RAPPORT 

Les lèrs et 2èmes rapports qui 
font i'ana'iyse des titres primitifs 
des biens du dit Ordre des, Jésui- 
tes, constatant à quel point nous 
avons pu connaître par ces titres 
mêmes les parties qui leur ont été 
données par des particuliers ; mais 
pour savoir si ces parties ou quel- 
ques autres seront réclamées par 
les héritiers des donateurs, queiHes 
sont ces parties, et quelles sont 
les partis réclamantes, nous pen- 
sions qu'une autorité légale devait 
commander les sujets de déclarer 
dans un délai absolu toutes leurs 
réclamations!, à peine d'en être 
déchus ; et voyant que nous n'a- 
vons pas 1 obtenu^ l'a proclamation 
demandée pour la confection du 
Pa<pier Terrier, nous établissons* 
un autre moyen sur la quatrième 
question. 

" iSur la seconde question. Ce 
qui reste à faire pour remplir la 
Commission. 

'• Nous trouvons deux procédés 
très essentitifô pour remplir la 
dite Commission. 

" Le premier, de commander en 
due forme de loi ou simplement 
de requérir tous ceux qui préten-i 
dent quelques droits de jouissan- 
ce, de propriété, de charges, servi- 
tudes, de retour, soit à titre fon- 
dation de succession, d'achat ou 
autrement, d'en faire dans le dé- 
lai qui sera absolu ou simplement 
fixé, leur déclaration par écrit, et 
d'en produire les titres et preuves 
qu'ils peuvent avoir pour les ap- 
puyer. 

" Le second, de commander pa- 
reillement en due forme de loi ou 
simplement reauérir tous les te- 
nanciers de déclarer dans le délai 
qui sera aussi absolu ou simple- 
ment fixé, tous les devoirs, cens 
rentes, charges, redevances quel- 
conques, exhiber leurs titres et 



— 274 




."R. P. Joseph-François Lafîtau, S. 
J.. vint au Canada de 1712- 
1713 et de 1717 à 1727. 



passer titre nouvel dans la forme 
requise pour procéder au Papier 
Terrier. 

" Sur la 3e question. Quels 
obstacles se rencontrent ? 

Nous n'avons trouvé aucun obs- 
tacle de fait, excepté ceux qui se- 
lon nos procédés, livre A, ne pa- 
raissent pas de cionséquence ; mais 
ayant trouve celui de loi, savoir, d'e 
commander légalement ceux qui 
prétendent quelques droits sur les 
dits biens de les déclarer dans un 
délai absolu, et pareillement les 
sujets de Sa Majesté qui sont ac- 
tuellement tenanciers dans les Sei- 
STieuries* ou débiteurs de rentes fon- 
cières ou d'autres redevances, de 
les déclarer, exhiber leurs titres et 
passer titre nouvel au Papier Ter- 
rier autorisé nar les lois eff^rmes 
die ce pays, nous avons soumis cet 
obstacle de loi par n<o+™> nremier 
roprW"t nrovisionueî fait à vo f-r e 
K*o^l:lfiiir>. et n'attendant ^n« la 
proclamation que nous avions de- 



madée à cet égard, nous procédons 
par un autre moyen que nous ai- 
iwus expliquer. é 

" bar la 4e et dernière question, 
et par des moyens, nous concevons 
que ces obstacles peuvent être levés 
tt l'intention de la mte Commis- 
sion remplie '( 

" • Comme nous 1 n'attendons plus 
la proclamation qui pourrait légale- 
ment commander tous ceux qui 
peuvent réclamer des droits de les 
déclarer dans un délai absolu, et 
les tenanciiers et débiteurs de dé- 
clarer les redevances, exhiber leurs 
propres titres et en passer actes au 
Papier Terrier, nous avons résolu 
de faire insérer dans la "Gazette 
de Québec," et afficher à l'a princi- 
pale porte des églises paroissiales 
où sont situés les dits biens, un 
avertissement au public, pour l'in- 
former que nous sommes revêtus de 
la dite Commission, et requérons 
tous ceux qui prétendent quelques 
droits sur les dits biens de nous les 
déclarer par écrit et produire leurs 
titres et preuves dans les offices de 
la dite Commission, tenus, savoir : 
Québec, à Montréal et a 

le premier mardi de chaque mois, 
jusque et t'ompris le premier mardi 
d'octobre prochain, à dix heures du 
matin ; et les tenanciers ou débi- 
teurs de redevances de venir les 
déclarer, exhiber leurs titres, et en 
oasiser acte de déclartion, savoir : 
pour les biens situés dans la ville 
et district de Québec et d'e Mont- 
réal, à chacun des dits offices res- 
pectueusement, le premier mardi 
de (Braque mois jusque et compris 
le premier mardi d'octobre pro- 
chain, à onze heures du matin, et 
sur les terrains ou biens affectée 
aux dites redevances, savoir : uour 
ceux situés dans la ville ou ban- 
lieue de Québec et de Montréal res- 
pectivement sur chaque terre lors- 
que les Commissaires s'v présente- 
ront entre* le premier juin et le pre- 
mier juillet prochain. e f dans cha- 
que seigneurie après le premier 



275 



Juillet prochain aux lieux et temps 
qui seront indiqués par un avertis- 
sement qui sera affiché à l'église 
paroissiale de chaque lieu, jusqu'à 
la perfection du Bapier Terrier, à 
laquelle résolution et lequel aver- 
tissement, sont contenus au livre A, 
de nos procédés. 

" (Les deux premières 1 pages 
manquent.) 

a Afin d'y bâtir cette église, ce 
collège et des logements pour y 
instruire les enfants des Français 
et Sauvages du Canada. Ils ne 
pouvaient, à cause de leurs voeux 
de pauvreté évangélique et person- 
nelle, tenir aucuns biens,, excepté 
ceux à titre de collège fondé en 
faveur des enfants dn pays " ad 
stutendum et orandum " ;» et de ne 
fut qu'à titre de collège que le roi 
après la cession à lui faite de ce 
oays, confirma et amortit tous leurs 
biens, qu'il mit hors de sa proprié- 
té utile par un diplôme solennel et' 
exprès, pour la propagation de la 
religion catholique apostolique et 
romaine en Canada, et l'instruction 
de la jeunesse de cette colonie. 

" Les seigneuries furent données 
par les mêmes citoyens, notamment 
pour cathéchiser, instruire et en- 
seigner, même par pour l'assistance 
que doivent redevoir les habitants 
d'u^ pays. Cette seigneurie, et celles 
qui vont être menti onn es ,furent 
pareillement amorties à perpétuité 
pour les mêmes causes et pour l'é- 
tablissement de ce collège, de son 
église et de la même religion. 

" La presqu'île sur la rivière St- 
Charles, nommée la Vacherie, près 
de Québec, affermée à David Lynid. 
écuyer, fut ^ concédée en remplace- 
ment des six arpents retranchés 
d^<3 drmze arpents pom* le pollw 
pour les mêmes motifs et fins que 
aorte aux titres de Charlesbourg. 
Ellle fut pareillement amortie et 
annexée au rjollège. 
> " Les deux Lorettes, ou seigneu- 
ries de St-Gabriel, ne furent (Ton- 
nées que par bonne amitié aux Jé- 



suites par M. Kobert Gïffarcf, alors- 
seigneur du Heu et de Beauport, 
ancêtres de messieurs Duchesnay 
et De Salaberry. Cette donotion 
était prohibée et nulle, par leurs 
voeux et par les lois du pays, com- 
me faite à des pédagogues. Le do- 
nateur et ses descendants ou ayants 
cause n'ont suspendu la restitution 
du bien ainsi donné qu'en considé- 
ration de ce qu'à leur prière et en 
faveur de leur postérité, le roi 
alors consacra et amortit à perpé- 
tuité ce bien, en expliquant le don 
pour le collège d'étude et l'établis- 
sement de leur religion. S'il n'y a 
point de Jésuites il n'y a point 
de donataires, " quia dans ope- 
riane falsa fait deceptus" com- 
me ce qui a été donné ou laissé "ob 
rem " peut être répété faute de 
faire la chose. Et le droit règle 
qu'en ca.s de dissolution d'une com- 
munauté ou société, chacun a son 
droit et reprend le sien. 

" Belair ou l'a montagne à Bon- 
homme. Cette terre de peu de va- 
leur ne fut acquise que par de mo- 
diques épargnes des revenus du col- 
lège. Les mêmes doutes et explica- 
tions qui furent laissés à l'égard 
du Cap de la Madeleine gont on va 
parler, sont applicables en faveur 
du collège. 

Le Cap de la Magdeieine, vers 
les Troiis-Bivières, ne fut donne 
par M. Deferté, l'un des Cent- As- 
sociés, que pour rétablissement de 
la^ foi chrétienne, et donner aux 
Jésuites les moyens de leur subs- 
tance. Hais les Jésuites ayant dé- 
pensé sur ce bien les épargnes du 
collège de Québec, sur leur crainte 
d'être troublés faute d'une meil- 
leure explication, M. Duchesneau, 
intendant alors pour le roi, ne con- 
firma^ ce bien qu'en faveur et pour 
le collège de Québea Enfin, n'amor- 
tit ou ne mis ce bien hors de sa 
propriété que pour le collège d'étu- 
<3e et rétablissement de la religion 
ctes Canadiens. 

Batiscan, donné par M. Delà- 
ferté, pour l'amour de Dieu, ne fut 



276 — 



expliqué que par le même inten- 
dant, et sur les justes craintes des 
Jésuites, à cause de dépenses faites 
avec les épargnes du collège, qu'en 
favepr du collège de Québec, au- 
quel 11 fut encore annexé par le roi 
suivant l'amortissement. 

" L'île St-Christophe, aux Trois- 
Kivières, qui ne donne aucun reve- 
nu, fut concédée pour l'utilité que 
la religion reçoit par l'instruction 
et conversion des Sauvages. Le roi 
accorde l'amortissement. 

" Un lopin de cinquante-huit 
perches en superficie, hors des 
murs de cette ville,, quartier du 
Palais, acquis par les épargnes du 
collège, fut amorti par le roi, et 
en considération de la religion et 
du collège. Un lopin de cent 
quatre toises et demie en superfi- 
cie, côté sud-ouest de la rue des 

Jardins, fut aussi acquis des 

épargnes du collège, moyennant 
£12-18-4 sterling. 

" Un autre lopin rue des Jar- 
dins, fut pareillement acquis des 

«pargnes du «ollègei, moyennant" 
£14-11-8 sterling. Et un petit ter- 
rain triangulaire ou sont présen- 
tement les maisons du sieur Lièvre, 
au coin de Ua rue des Jardins et 
S te- Anne, de la veuve Séguin et 
du (sieur Bezeau,, acquis moyen- 
nant £6-5-0 sterling, payés des 
épargnes du collège. Ces petites 
portions de terres inculte, alors 
couvertes de bois ou de carrières 
et cavités 1 , servirent à tirer de la 
pierre, et par dégrés les adminis- 
trateurs du collège en distribuè- 
rent, moyennant de très modiques 
rentes foncières, payables au col- 
lège, des emjpilajcemeinte au|x ci- 
toyens qui y bâtirent les maisons 
et jardins à eux appartenants, en 
laissant les rues alignées selon les 
plans des ingénieurs et architec- 
tes de lai ville, dont ces citoyens 

pourront faire preuve ainsi que 
des cens et rentes et lots et ventes 



qu'ils ont dûment payés au do- 
maine du roi, .seigneur direct en 
cette partie. 

" L'église paroissiale de Qué- 
bec, dûment amortie, concéda en 
roture aux Jésuites, qui ne pou- 
vaient avoir de propriété qu'à 
titre de colvège, en trois lopins de 
terres qui font présentement par- 
tie de la rue de la Fabrique, carre- 
four et partie sud de îa rue St- 
Jean savoir : soixante-dix perches 
en superficie chargées de 8s 4d 
sterling de cens et rentes ; vingt- 
huit perches en superficie chargées 
de 3is Gd .sterling de cens et rentes, 
et onze perches .quatre-vingt-seize 
«pieds superficiels pareillement 
chargées de £l-7-6d et demi ster- 
ling de cens et rentes. j 

" Ces iopinis alors incultes et en 
carrières, ont fourni les rues pu- 
bliques, et furent distribués par 
petites portions aux c)toyen & , 
moyennant de très modiques ren- 
tes foncières, payables au collège. 
Et l'église paroissiaie ayant la 
seigneure u|tiïe en cette partie, 
a, pour son entretien, les iods et 
ventes comme profits casuels par 
les mutations 1 selon les titres et 
lois de propriété en cette colonie. 
Le domaine du roi, les fiefs de l'é- 
glise paroissiale, du Séminaire et 
des Ursulines en cette ville, 
étaient sépares par les anciens 
plans de cette ville,' et finaleoent 
par cehii qui fut fait en l'année 
1758, par . La Morille, arpenteur 
juré, confirmé par l'intendant pour 
le roi. 

" Le terrain où sont l'église et 
la maison de mission de Montréal 
fut acquis en roture par le même 
révérend Père DaUfon, supérieur 
alors des Jésuites, et recteur du 
Collège de Québec, et approuvé 
par lie séminaire légalement éta- 
bli en l'Ile de Montréal, nommé 
seul seigneur de la dite Ile, bien 
amorti par le roi, dédié et consa' 



277 — 



cré au culte de lia religion des Ca- 
nadiens et à leur instruction. 
" La totalité du terrain restant 

pour cette mission oonsi'ste en 

trois arpients soixarite-dix-huit 
perches et un tiers en superficie, 

clos suivant le plan, et le reste 
est en dehors de la ville. Cette 
mission ne fut établie en l'année 
1692 que par les épargnes du Col- 
lège de Québec, qui seul pouvait 1 
tenir ce bien à titre d a collège en-j 
voyant en mission ; car les mis- ; 

'feiornaines Jésuites ne pouvaient 
avoir aucune propriété selon leur 
institut e + les lois." 



" Laprairie de la Magdelein, 
dans le district de Montréal, fut 
concédée à cause de Y assistance 
que reçoivent des Jésuites lès ha- 
bitante du Canada. Mais encore à 
cause des dépenses faites aver les 
épargnes du collège de Québec, sur 
quelques murmures des habitants, 
et sur les craintes des Jésuites 
d'être troubles, faute d'explication 
M. Du Chesneau, intendant pour 
le roi, à kur requête, ne confirma 
cette seignerie qu'en faveur du col- 
lège de Québec. Enfin, l'explication 
générale et finale par le roi, n'a- 
mortit cette seigneurie et les au- 
tres biens désignés aux lettres Pa- 
tentes, qu'en considération du col- 
lège de Québec, et pour l'établis- 
sement de la religion qui y est ex- 
pressément mentionnée. Il est iû 
sur cette seigneurie aux ayans cau- 
se de M. Michel Martel, une som- 
me capitale de vingt mille live -s 
tournois, portant rente annuelle 
constituée par contrat passé avant 
la conquête, et enregistré. 
< " Une terre en franc alleu rotu- 
rier à St-Nicolas, fut premièremeir 
: ° «coroée et amortie par le seigneur 
de Lauzon en faveur de i'év&w» 
de Québec. Il fît donation de cette 
terre au séminaire de .«ette ville, 




Statue de l'Enfant Jésus, patron 
titulaire de l'Eglise des Jésuites. 
Après la mort du Père Casot ar- 
rivée en 1800, l'autel et la statue 
de i'Enfant-Jésus furent acquis 
par le Séminaire de Québec) pour 
leur chapelle ; l'autel a brûlé 
avec la chapelle du Séminaire, le 
1er janvier 1888, mais la statue 
de l'Enfant-Jésus fut sauvée du 
désastre, et nous la voyons enco- 
re dans le couloir du vieux sémi- 
naire de Mgr de Laval. 



278 — 




279 



qui la céda ensuite aux Jésuites 
par transaction pour une partie de 
l'Ile Jésus, donné par un citoyen, 
et que le roi avait amortie en fa- 
veur de la religion et du collège 
d'études alors géré pair les Jésuites. 

Une terre de onze arpents en ro- 
ture à la Pointe Lévi, fut aussi 
confirmée et même amortie par le 
roi pour le collège. 

" L'Ile aux Reaux .au-dessous de 
l'Ile d'Orléans ,fut concédée par les 
Cent-Associés pour apparemment 
l'entretien dlu bois die chauffage de 
la maison des Jésuites. Cette Ile 
fut amortie par le roi selon le di- 
plôme en faveur du collège. 

" Six arpents de terre en super- 
ficie à Tadousac, pour y bâtir une 
cfliapelle, presbytère et cimetière, 
qui y sont, furent amortis par le 
roi. 

" Un lopin de terre, sous le nom 
de fief Paohirigny, aux Trois-Ri- 
vières, concédé pour les mêmes mo- 
tifs que ceux du titre de Sillery, 
confirmé et amorti par le roi. Un 
autre terrain au dit lieu, par échan- 
ge avec les habitants, amorti par 
le roi. Plus, un restant de terrain 
contigu et allant jusqu'à une petite 
rivière en montant vers le lac St- 
Pierre, pareillement amorti par le 
roi pour la religion et le collège. 

" Plusieurs petites 1 portions de 
terre contigues, en rotures, situées 
en la haute ville de Québec, autour 
d'il jardin du ciollège, entre le côté 
sud d'une partie de la rue St-Jean, 
et le côté nord de la rue Ste-Anne, 
prolongée, le tout paraissant avoir 
été acquis anciennement par les 
Jésuites des épargnes (lu collège, 
•t être composé, savoir : de deux 
arpents en sunerficie, pour le prix 
de £4-3-4 sterling, amorti par la 
compagnie et par le roi pour la 
religion et le collège. Deux autres 
arpents en superficei, pour le prix 
de £8-6-8 sterling, amortis 1 par la 
compagnie, encore par le roi. Un 
lopin de terre de quarante pieds, 
concédé pour placer leur église et 



satisfaire à la dévotion publique, 
amorti par le roi. Un autre lopin 
de onze pieds, concédé par l'évêque 
da Pétrée, qui fut le premier évêque 
de Québec, pour agrandir la place 
de la dite église, et la rendre plus 
commode à l'utilité publique : le 
titre fut dûment registre au Con- 
seil Souverain de Québec. Un autre 
lopin de huit arpents, acquis par 
échange d'une terre appartenant au 
collèga, situé à Notre-Dame des 
Anges, approuvée et amortie parj 
la compagnie, ensuite rar le roi. 

" Un terrain aux Miamlis, sur la 
rivière St-Joseph, qui ne donne au- 
cun revenu, fut concède exempt de 
charges et indemnités envers le roi* 
pour bâtir une chapelle et maison 
de mission en faveur des natifs et 
habitants du Tien. Cette chapelle 
est "tombée en ruine à cause des 
troubles de la guerre et faute de 
missionnaires. Ce petit établisse- 
ment commencé, était à titre de 
Mission, comme celle de Montréal, 
dépendant du collège de Québec. 

" Quelques autres biens que le 
vulgaire croyait appartenir aux Jé- 
suites missionnaires, ne sont ni à 
eux ni au collège • piar exemple, une 
portion dans l'Ile Jésus qui a été 
échangée pour la terre à St-Nieo- 
las. dont il' a été déjà parlé. 

" Le Sault de St-Louis, près de 
Montréal, fut concédé aux Jésuites 
pour les- sauvages iroquois, reconnus 
en être propriétaires, sous la con- 
dition expresse d'être réversible au 
roi quand les dits sauvages juge- 
ront à propos de se retirer du lieu; 
et ce fut avec fondement et justice 
que les Iroquois obtinrent contre 
un missionnaire lie jugement équi- 
table de Son Excellence Thomas 
Gages, gouverneur de Montréal, et 
de sou conseil, composé du colonel 
Frédéric Haldiman, du major Ga- 
briel Christie, et autres adminis- 
trant ïa iustice après îa conquête, 
qui, considérant l'institut cites Jé- 
suites, les titres, et que les dite« 
concessions n'avaient été faites que 



— 280 



dans ks vues d 7 y fixer les natifs, 
ordonna que les uits Iroquois fus- 
sent immédiatement mis en posses- 
sion et jouissance paisible pour 
eux et leurs hiâ:dtiers, de toutes les 
ttrres du Sauit St-Louis en ques- 
tion, avec les édifices qui y étaient 
obligeant les Iroquois d'entretenir 
l'église et la maison des mission- 
naires ; et qu'à cet effet les rentes 
due 3 par les habitants ancienne- 
ment, établis au dit lieu, et autres 
revenus du Sault St-Louis, seront 
recouvrés annuellement et em- 
ployés, savoir : le nécessaire au 
maintien de l'église, et le reste aux 
Iroquois. qui en disposeront comme 
ils jugeront à propos 1 . 

" Le quai ou emplacement de 
grève en la basse-ville de Québec, 
aveo la maison dessus construite, 
rue St-Pierre, connu sous le nom 
de quai Guillemin, mais présente- 
ment appartenant à l'honorable 
William Grant, écuyer, fut e'oncédé 
et ensuite venidlu par les Jésuites à 
Charles Guillemin, moyennant 
£333-6-8 sterling, sous la condition 
expresse et l'obligation des Jésui- 
tes, d'employer cette somme en au- 
tres fonds olus utiles, ou aux répa- 
rations du collège de Québec. 

" La rivière et belle seigneurie 
de l'Assomption, dont parle le rap- 
port du 17 juin 1789, et la cédule 
Ko 2, y annexée., dressées par 
l'agent du lord Amherst, comme 
président, et trois autres commis- 
saires, n'est ni aux Jésuites- ni au 
collèe-e. Elle fut accordée à Char- 
les de Lanzon, chevalier de Char- 
ny. qui la céda aux Jésuites. Mais 
<1ette seigneurie se trouvant entière- 
ment eoncédé^ à M. LeCardeur de 
"Rérentign^, les titres poistérieurs 
restèrent inutiles, depuis ce temos. 
Le lopin de terre »m sud'-ouest 
du Sault de l'a Chaudière, côte de 
Lauzori. (] on t narl^ ] a mé^e eédule, 
concéda dans le dessein dV étaMir 
un<^ Mission r»our les sauvages Ahé- 
nakjs, np fut. nii'im nroipt que les 
Abénaquis n'aidèrent noint. ' 



" Enfin, la même cédule parle 
du terrain de deux arpents par 
quatre-vings sur la rivière des 
Akanças, concédés à la Louisiane, 
afin d'y bâtir un chapelle et mai- 
son ; mais ces terrains étaient et 
sont hors des limites de la dolonie 
de Québec. 

" Maintenant, quil plaise à Vo- 
tre Excellence de considérer ce qui 
doit résulter, etc. 

" Le 26 août, les commissaires 
et quelques Jésuites étant mandés 
d'aller, le 15 septembre, à un comi- 
té du conseil à l'évêché, les commis- 
saires y furent, et remirent par 
écrit les causes qui retardaient 
l'accomplissement de la commis- 
sion. Le comité fit lire la lettre du 
révérend Père De Glapion, supé- 
rieur des Jésuites du Canada, qui 
lui était adressée, priant de l'excu- 
ser s'il se pouvait y aller en per- 
sonne, et de considérer que leurs 
biens ont été donnés pour la subsis- 
tance des missionnaire et l'instruc- 
tion des 1 Canadiens ; enfin, que leur 
nropriété était bien reconnue dans 
la capitulation. 




R. P. Augustin-Louis, de Glapion, 
S. J., dernier supérieur et der- 
nier commissaire des Jésuites au 
Canada, mort à Québec le 24 fé- 
vrier 1790. Inhumé sous la chaire 
-'de la Basilique. 



281 






Québec, le 10 de Tbre 1788. 
Lettre du P. Augustin L. de Gla- 

pion à M. Hugues Finlay, du 

Conseil législatif. 
Monsieur le président. 

Je vous fais meis excuses de ce 
que j'ai tant retardé à répondre à 
la lettre qu'il vous plut de m'adres- 
ser le 26 d'août dernier. 

" Si vous jugez indispensable 
eue nous paraissions devant l'hono- 
rable comité, nous nous y assiste- 
rons le 15 du présent mois, à l'heu- 
re prescrite. Mais nous ne pourrons 
y di*e que oei que j'ai l'honneur de 
vous écrire di-dessous : 

" lo Depuis que nous sommes 
s<»us la domination anglaise, nous 
avons été, nous sommes encore et 
nous serons toujours sujets soumis 
et fidèles à Sa Majesté britannique. 
Nous osons nous flatter que les* 
gouverneurs anglais, qui ont com- 
mandé dans cette province, ne nous 
refusenaien-t pas leurs certificats de 
notre fidélité et de notre obéis- 
sance. 

" 2o II paraît donc que c'est 
moins de nos personnes, que de nos 
bien» temporels qu'il s'agit en cette 
circonstancié. Nos biens ou nos 
fondis nous sont venus de trois sour- 
ces différentes : lo Les rois de 
France nous en ont donné une par- 
tie ; 2o Quelques particuliers nous 
en ont donné une autre partie. Ces 
dons ont été faits en vue de pour- 
voir à la subsistance des Jésuites 
missionnaires employés à l'instruc- 
tion des sauvages et des Canadiens. 
Le plus grand nombre di'entre eux 
n'a cessé de se livrer à ces* oeuvres 
de charité, que quand ils ont cessé 
râ!e> vivre ; et ceux qui leur survi- 
vent s'apipliouent aux mêmes exer- 
cices et sont, dans Ta volonté de 
s'y appliquer jusqu'à leur mort 
qui, selon le cours de la nature, ne 
peut être bien éloignée. 

** o. Enfin, nos prédécesseurs ont 
acheté de leurs propres deniers, la 
troisième partie de nos fonds. 



*' o-3o. Tous les titres de posses- 
sion qui sont bien et dûment enre- 
gistrés au greffe de la province, dé- 
montrent que tous ces biens ou 
fonds nous ont toujours appartenu^ 
en toute propriété ; et nous les 
avons toujours régis et administrés 
comme nos propres, sans contradic- 
tion, ni empêchement. 

" 4o. Notre propriété a été bien 
reconnue dans la capitulation du 
Canada signée au camp devant 
Montréal, le 8 de septembre 1760 ; 
puisque, par l'article 35e le lord 
Amherst nous permettait de vendre 
nos biens fonds et mobiliers en 
tout ou en partie, et d en passer en 
France le produit. 

" 5o. Quoiqu'il en soit, monsieur, 
nous sommes entre les mains de Sa 
Majesté qui décidera selon son bon 
plaisir. Mais des sujets, et des en- 
fants irréprochables ne peuvent at- 
tendre qu'une décision favorable 
de la part d'un roi aussi bienfai- 
sant, et d'un aussi bon pare que 
l'est Sa Majesté Georges III. 

" J'ai l'honneur d'être avec pro- 
fond! respect, monsieur, votre très 
humble et très obéissant serviteur, 
AUG. L. de GLAPION 
Sup. des Pésuites en Canada. 
Lettire du Révérend Père de Gla- 
poin à M. Ls. Germain, fils (Lan- 
glois), 

" La pJuis grande partie die» 
biens, terres et possessions dont 
lies Jésuites existants en Canada 
ont joui et jouissent encore, tant* 
en fief et seigneurie qu'en roture, 
leur a été donée par le roi de Fran- 
ce, le Duo de Vantadour, la Oom-i 
pagnie Commerçante du Canada, 
et par de généreux particuliers; 
pour la subsistance des dits Jé- 
suites, à conldlition qu'ils s'em- 
ployeroient à l'instruction des 
Sauvages et des jeunes 1 François; 
Canadiens. Les Jésuites se sont si 
bien acouitési de cfs deux obliga- 
tions, qu'ils ont mérité que Louis 



— 282 — 



XIV, die glorieuse mémoire, renou- 
vella et ratina en leur faveur par 
son magnifique diplôme de toutes 
ces concessions et tous ces dons à 
eux faits.. Quelques autres portions 
de biens ont été achetées par les 
anciens Jésuites, de leurs propres 
deniers, #t ces achats ont été ap- 
prouvés par le diplôme susdit : 
mais en octobre 1789, les Jésuites 
existants en Canada sont réduits 
au nombre de quatre, et tous à un 
âgé avancé. Par conséquent, ils 
ne sont pfltas en état d'acquitter 
par eux-mêmes les obligations sti- 
pulées, d'instruire les Sauvages et 
les jeunes Canadiens. Cest pour- 
quoi ils renoncent purement, vo- 
lontairement et de bonne foi à 
toute propriété et possession des 
dits dons et des dites concessions 
à eux ci-devant faits et faites, et; 
en cèdent et transmettent la pro- 
priété et possession aux Citoyens 
Canadiens, en faveur desquels elles 
ont été faites, afin que sous la 
direction et l'autorité, et de l'ap- 
probation de Monseigneur Jean- 
Erançois-Xavier Hubert, Hlius-* 
trissime et Eévérend'iissime, Evo- 
que de Québec, et de ses succes- 
seurs Evoques, il soit pourvu à 
l'instruction des Sauvages du Ca- 
nada et des jeunes Canadiens. 

u Cette démission, renonciation 
et transport de propriété faite au 
pr ont des citoyens Canadiens et de 
la Province du Canada, aux clau- 
ses et cionldli tiens suivantes : 

lo. Que les Jésuites résidents à 
Québec jouiront, jusqu'à la mort 
du dernier deux, du bâtiment 
qu'ils, occupent, dont la vue est 
sur leur jardin d'en haut, et qui 
fait face au sud qu'ils jouiront 
du dit jardin d'en haut, et du bos- 
quet ou bocage qui est au bout du 
dit jardin vers lie norldhouest ; qu'ils 
jouiront dé leur toangard, écuries, 
glacièlre, baisise^dour, buanderie, 



puits et bûcher ; qu'ils jouiront 
de leur bibliothèque, des meubles 
qui sont dans leurs chambres et 
dans tout le bâtiment qu'ils se ré- 
servent ; qu'ils jouiront de leur 1 
église, de leur sacristie, et de tous 
lies meubles et ornements qui sont 
dans les dites église et sacristie ; 
de leur vestibule, et de la Congre- 1 
gation ou lies citoyens congréganis- 
tes s'assteimblent au moins une fois' 
par semaine avec l'édification du 

public, que ies dits Jésuites 

résidents à Québec, continueront à 
recevoir tous les ans une certaine 
quantité de foin qui leur est due 
en vertu d'un contrat passé entre 
eux et le< Sieur Jean-Baptiste Nor- 
mand, demeurant près du passage 
de la Rivière St-Charles. 

" Seconde condition. Que le 
Père Etienne Thomas de Vilieneuve 
Girault, Missionnaire de3 Hurons 
de la Nouvell|e Lorette, jouira pen- 
dant toute sa vie de son église et 
sacristie, et de tous les meubles et 
ornements qui y sont ; qu'il jouira 
de tous les bâtiments et de tous 
les meubles et ustensiles, du jar- 
din, die la cour et de toutes les 
pirairies dont il) a joui jusqu'à ce 
jour ; que le dit Père Girault au- 
ra droit pendant toute sa vie, et 
sans payer, au moulin de la Nou-i 
velle-Lorette, le bl ! é dont il aura be- 
soin pour sa subsistance et celle de 
ses domestiques. 

" Troisième condition. Que le 
Père Bernard Wei. continuera 
pendant toute sa vie à jouir de la 
Chapelle et Sacristie, et des orne- 
ments et meubles qui y sont, et 
payeront tous les ans à chacun des 
quatre Jésuites qui vivent encore, 
une pension viagère die trois mille 
livres au taux de la Province ; la- 
quelle pension sera payée en deux 
termes, c'est-à-dire : qu'ils paye- 
ront à chacun des quatre Jésuites 
quinze cents livres tous les six 



283 — 



:mois ; et la dite pension cessera 
d'être payée pour chacun d'eux au 
décès de chacun d'eux. 

Québec, 31 décembre 1789. 

Monsieur. 

tPai oublié die orévienir Mes- 
sieurs les Citoyens Canadiens que 
notre résidence de Montréal est 
ehairgée d'un constitut de 20000 
livres au capital, en conséquiemcej 
duquel les Pères Flbquet et Well 
o,nt payé, depuis bien des années, 
à Monsieur Panet, Juge* à Qué- 
bec, la rente annuelle de 1,000 li- 
vres. Je vous plrie de le leur dire, 
et vous obligerez votre serviteur, 

GLAPION, Jésuite. 

(Adressée à M. Louis Germain 
Langljois, fills, Négociant à la Hau- 
te-Ville, à Québec.)" 




R. P. Arthur-Edouard Jones, S.J., 
supérieur actuel du collège Lo- 
yola, à Montréal ; auteur du 
Cataljogue des anciemsi mission- 
naires de la Nouvele-France. 



Lii='te Cihronoiiogiique des Mis- 
sionnaires Jésuites, venus au Ca- 
nada, avec la date de leur arrivée,, 
et la date e ceux qui sont décèdes 
à Québec. Par le R. P. Jones, 
8. J. : 

1611— R. P. Pier-re Biard. 

1611 — R. P. Enneimond Massé. 

1618 — R. P. Jacques Quentin. 

1625— R. P. Jeian de Breboeuf. 

1625— R. P. Charles Lalemant. 

1626— R. P. Anne die Noue. 

1626— R. P. Philibert Noyrot. 

1628 — R. P. François Ragueneau. 
1629— R. PL Alexandre Viteux- 
ipont. 

1629— R. P. Barthélémy Vimont. 

1632— R. P. Antoine Daniel. 

1632— R. P. Ambroise Davost. 

1632— R. P. Paul LeJeune. 

1634— R. P. Jullien Perrault. 

1634— R. P. André Richard, 
mort à Québec, le 21 mars 1681. * 

1634— R. P. Jacques Buteux. 

1635— R. P. Pierre PiJart. 

1635— R. P. Frs. LeMercier. 

1635 — R. P. Jean Dequen, mort 
à Québec, le 8 octobre 1659. 

1635— R. P. Claude Quentin. 

1635— R. P. Charles Turgis. 

1636— R. P. Nicolas Adam. 

1636— R. P. Pierre Chastellain, 
mort le 14 août 1684. 

1636— R. P. Charles Garnier. 

1636— R. P. Paul Ragueneau. 

1636— R. P. Charles Dumarché. 

1636— R. P. Isiaac Jogues. 

3636 — R. P. Georges Eudemare. 

1637— R. P. Claude Pijart, mort 
h. 16 novembre 1683. 

1^37 — R. P. Nicolas Gomdin. 

1637— R. P. Jacques LaPlace. 

1637— R. P. Charles Raymbault, 
mort le 22 octobre 1642. 

1638 — R. P, Jérôme Lallemant, 
mort le 26 janvier 1673. 

1638 — "R. P. François DuPerron. 
inhumé le 16 novembre 1665. 

1638 — R. P. Ri mon Lemoyne. 

1639 — R. P. Jacques Bargon. 



284 — 



1639— R. P. P.-Joe.-Marie Chau- 
inont, mort le 21 février 1693. 

1639— K. P. Jos.-Ant. Ponce t. 
1640— R, P. Jos-Iinbert Du 
Perron. 

1640— K. P. René Ménard. 

1640 — R. P. Jean Dielebeau. 

1642 — R. P. Francesieo-G. Bres- 
sani. 

1643— R. P. Noël Chabanell 

1643— R. P. Gabriel Druilletes,; 
mort le 8 avril 1681. 

1643— K. P. Lfronaffd Garreau. 

1643— R. P. Martin Lyonne. 

1646— R. P. Adrien Diaran. 

1646— R. P. Aimable Frétât. 

1646— R. P. Gabriel Lalemant. 

1647— R. P. Pierre BaidJLoquet. 

1647 — R. P. Jacques Bonin. 

1647— R, P. Adirien Grêlon. 

1648— R. P. Jean Schenie'l. 

1649— R. P. Charles Albanel. 

1655— R. P. Claude Dablon, 
mort le 20 septembre 1697. 

1655 — R. P. Jacques Fremin, 
mort en -juillet 1691. 

1658— R. P. Claude-Jean Al- 
louez. M ' MIF'M 

1662— P. P. Henri Nouvel. 

166? — P. P. Julien Garnier,mort 
le 31 janvier " 1730. 

1662— P. P. OKarles Simon. 

1663— R. P. Pierre Raffeix, mort 
le 29 août 1*84. 

1664— R. P. louisi Nicolas. 

1665— R. P. Thierrv Beschefer. 

1665— "R. "P # c^ude Ba-rdy. 

1^6^ — P. "" Jacques Broyas. 

K6*— P. P. Ft : enme Carheil, 
mort h 07 iunllerfc 1726. 

-lfifi«_-R p Jacques -Mlarqulette. 

166^— R. P. HWi Pierrou. 

1667— R. P. Phillî-nme Pierson, 
mort à Lurette en 1688. 

1667— R, P. Pierre Milet, mort 
le 99 vnflir*. 1709. 

1668— R. P. Jeon-Barnard Blan^ 
ehet. ! . ' ! 



1669 — R. P. Louis André, mort le 
19 sept. 1715. 

1669 — R. P. François Boniface» 
mort le 19 septembre 1715. 

16*0 — R. P. Jean Lambervilie. 

1670— R. P. François VailUant. 

1670 — R. P. François Crespieul, 
mort en octobre 1702. 

1670— R. P. Guil. Mathieu. 

1670 — K. P. Jacquesi Robaud. 

1671 — R. P. Antoine Dalmas. 

1673— R. P. Jacques Vaultier. 

1673 — Martin Bouivart, mort le 
10 août 1705. 

1673— R. P. Antoine Silvy, mort 
Je 8 mai 1711. 

1673— R. P. Jean-Bte Boucher. 

1674r-R. P. Pierre Cholencie» 
mort lie 30 oct. 1723. 

1674 — R. P. Jacques Lamberville. 

1674 — R. P. Jean M-orain, mort 
le 24 février 1688. 

1676— R, P. André Bonnault. 

1676— R, P. Jean Enjalran. 

1677— R. P. Claude Chauchetière, 
mort le 17 avril 1709. 

1679— R. P. Jacques Bigot, mort 
en avril 1711. 

1679— ^Nicolas Potier, mort le 4 
mai 1689. 

1680— R P. Vincent Bigot. 

1683— R. P. Henri Ga«ssot, mort 
le 12 décembre 1685. 

1685 R. P. Claude Aveneau, mort 
le 21 septembre 1711. 

1685— R. P. François Chicart, 
mort le 21 février 1693. 

1685 — R. P. Jacques Gravier. 

1686— R. P. Gaspard Dupuy. 

1687 — R. P. Jos. Jacques Marest. 

1687— R. P. Joseph Germain, 
mort en janvier 1722. 

1687— R. P. Jean Viguier. 

1688— R. P. Boïiaventure Fabre, 
mort le 6 déc. Î700. 

1688— R. P. François Fontenoy. 

1689— R. P. Sébastien Rasle. 

1690— R. P. M. Germain de Cou- 
vert, mort en octobre 1715. 

1691— R. P. Julien Bîneteau. 

1694— R. P. Joseph Aubery. 



285 






1694— B. P. Pierre Lagréné, mort 
en 1736. 

1694— R. P. Pierre G. Marest. 

1694^-R. P. François Pinet. 

1695— R. P. François Bradehale. 

1697— R. P. Jos. Ant. Poncet. 

1697— R. P. Augustin Leblanc. 

1698— R. P. Louis d'Avaugour. 

1698 — R. P. Joseph Limoges. 

1699— R. P. Jean Mermet. 

1699— R. P. Jean Baurie. 

1699— R. P. J.-Bte Chardon, 
mort le 11 avril 1743. 

1699— R. P. Paul BuRue. 

1699— R, P. Pierre La Chasse, 
mort le 27 septembre 1749. 

1700— R. P. Pierre Bouge. 

1705 — R. P. P. F. X. Charlevoix. 

1705— R. P. Claude Bu Puys. 

1706— R, P. J.-Bte Loyard. 

1706— R. P. Jean Marie Ville. 

1706— R. P. Pierre Marevil. 

1707— R. P. J.-Bte BuParc, mort 
le 31 janv. 1742. 

1707— R. P. François LeBrun, 
mort le 16 juillet 1721. 

1708— R. P. Jacques B'Heu, mort 
en janvier 1742. 

1711 — R. P. Pierre Lauré, mort 
le 23 juin 1738, aux Eboulements. 

1711 — R P. Etienne Lauverjat, 
mort le 16 nov. 1761. 

1712— R. P. Jos, Frs. Lafiteau. 

1713— R. P. Léonard M. Bumans, 
mort le 27 mars 1715. 

1714 — R. P. François Buisson. 

1714— R. P. Pierre Renault. 

1714— R. P. Pierre B. Richer, 
mort à Lorette le 17 janvier 1770. 

1715— R. P. Jean P. Banielou, 
mort le 23 mai 1744. 

1715— R. P. Louis B. Gérard, 
mort le 30 déç;. 1735. 

1715 — R. P. Jean Chs Guymon- 
neau. 

1716 — R.P. Michel Guignas, mort 
le 6 fév. 1752. 

1716— R. P. Jos. Frs* Kereben. 

1716 — R. P. Pierre Lauzon, mort 
le 5 sept, 1742. 

1716— R, P. Jean Ant. T^eBoul- 
lenerer. 

1716— R. P. Jaicq. Frs. LeSueur. 



1716^R. P. Guil. Loyard. 

1716 — R. P. Jacques fcJirême. 

1717— K. P.Frs.-Xavier BuPles- 
sis. 

1718 — Ri. P. Nicolas* Ig. de Beau- 
bois. 

1719— R.P. J.-Bte Saint-Pé, mort 
le 8 juillet 1770. 

1721 — R. P. Jaoq. Quintin de la 
Bretonnière, mort le 1er août 1754. 

1722 — R. P. Vincent AHioux. 

1722— R. P. Chs Michel Mesai- 
ger. 

1723— R. P. Gaibriel Marcel, mort 
le 17 oct. 1755. 

1724-^Et. P. Charles Joseph Bé- 
sert. 

1725— R. P. Nicolas de Gonnor, 
mort le 16 déc. 1759. 

1725— R. P. Rodolphe de la Ger- 
mandière. 

1725— R. P. Armand de la Ri- 
chardie, mort le 17 mars 1758. 

1726— R. P. Joseph Beslandes. ' 

1726— R. P. Jean Dumas. 

1726— R. P. Paul BuPoisson. 

1726— R. P. Mathurin Lefetit. 

1726— R. P. Jean Souel. 

1726-^Ri. P. Jacques Ferchaud, 
mort le 14 fév. 1758. 

1727— R. P. Alexis Guyenne. 

1727— R. P. Etienne Outreleau. 

1727— R. P. René Tartarin. 

1728— R. P. Michel Beaudoin. 

1730— R. P. Pierre Incarville. 

1730— R„ P. J.-Bte Maurice, mort 
le 20 mars 1746. 

1732— R. P. Frs. Bertin Gues- 
nier, mort à Québec, le 18 déc. 
1734. 

1732— R. P. Pierre de Vitry. 

1732— R. P. Philibert Watrin. 

1733— R. P. Vast Huet, mort le 
19 août 1733. 

1734 — R.P. Jean Pierre Aulneau. 

1734— R. P. Pierre BuJaunay, 
mort à Québec, le 16 juil. 1780. 

1734— R. P. Barthélémy Galpin. 

1734 — R.P. Jean Louis LaPierre. 

1734— R. P. Luc Frs. Nau. 

1734— R. P. Antoine Sénat. 

1735— R. P. Guil. Frs. Morand. 

1736— R. P. Louis Avond. 



— 286 



1736— E. P. Jean-Bte LaMorinie. 

1737— R. P. Alexis Maguet, mort 
le 2 mars 1775. 

1738— R. P. Claude Coquart, inj 
huiné à Tadousac en 1793. 

1738— R. P. Guil. Ignace Cohade, 
inhumé à Kamouraska en 1756. 

1738— R. P. Charles Germain. 

1738— R. P. Jean Frs. Germain, 
mort le 19 déc 1739. 

1739— R. P. Augustin Louis 
de Glapion, mort le 24 fév. 1790. 

1740— R. P. Yves LeSaux. 

1740— oR.P. Louis Chs Boismilon, 
mort le 11 sept. 1740. 

1740— R. P. Claude J. M. Canot, 
mort le 23 avril 1751. 

1741— R. P. Joseph P. Bonne- 
camps. ; 

1741— R. P. Laurent Ths, Cor- 
thier. 

1741— R. P, Gaspard Klasten. 

1741 — R. P. Sébastien Ls. Meu- 
rin. 

1741— R, P. J.Bte Tournois. 

1743— R. P. Pierre Potier. 

1743— R, P. J.Bte Salleneuve. 

1744— R. P. Pierre René Floquet, 
mort le 18 oct. 1782. 

1745 — R. P. Siméon LeBansais. 

1747— R, P. Pierre Régis Pillard. 

1747 — R. P. Julien Joseuh Fourré. 

1748— R. P. Nicolas Lefebvre. 

1748— R. P. Antoine Gordan. 

1748— R. P. Simon Pierre Gou- 
non, inhumé à Deschambault, en 
17^4. 

1748— R. P. Marin Louis Le 
Franc, mort le 25 mai 1776. 

174S— R. P. J.-Bte de Neuville. 

1749— R. P. Louis Vivier. 

175<>— R. P. Louis Frs. Carette. 

1750— R. P. Maximilien LeRoy. 

1750— R.P. Claude Joseph Virot. 

1752 — R. P. Pierre Audram. 

1752— R, P. J.-Bte Noël. 
. 1754— R. P. J.-Bte de T^Brosse, 
inhumé à Ta don sac, en 1782. 

1754— K P. J.-Bte Aubert. 

1751— R. P. Jnljen Duvemai. 

1754— R. P. Et. Ths. de V. Gi- 
rault, mort le 8 oct. 1794. 



1751— R. 
dour. 

1756— R. 
baud, eixpu 

1757— R. 
mort le 16 

1757— R. 

1757— R. 

1764— R. 
tel. 



P. Jean Jaeq. Lepré- 

P. Pierre Ant. Rou~ 
Usé die l'Ordre en 1760. 
P. Jean Joseph Casot,. 
mars 1800. 
P. Joseph Huguet. 
P. Bernard Well. 
P. Joseph Nicolas Mar- 




R, P. Jean-Joseph Casot, S. J., né 
le 4 oqtobre 1728, à Palizeux ; 
entra dans l'ordre comme frère 
laïque, le 16 décembre 1723 ; ar- 
rivé au Canada en 1757 ; pour 
perpétuer l'Ordre^ il fut ordonné 
à Québec le 20 décembre 1766, 
décédé le 16 mars 1800, à 71 ans 
et 5 mois. Il mourut au collège 
des Jésuites à Québec, et fut in- 
humé dans la Cathédrale. Il est 
le dernier membre de la compa- 
gnie de Jésus, après la conquête. 



Liste des " Magistri." (Magis- 
ter) ou professeurs jésuites. 

N. B.— <Sous- le nom " Magistri n 
on désignait les jeunes Scolastiquesi 
approuvés qui se livraient aux étu- 



— 287 — 



des ou à l'enseignement, avant 
d'être ordonnés prêtres. 

Notes du R. P. L. Champagne, 
S. J., supérieur actuel de la maison 
de Québec 



1640— M. 
166^-M. 



René Goupil. 



Jean Frs. Elye. 

167") -M. Claude Thouvenot. 

1689-^M. Jacq. Philippe Bunon. 

1689— M. Jean Pearon. 

1794 — M. Jacq. Philippe Ruel. 

1795 — M. Jacques Duperet. 

1699 — M. Pierre Mallemain. 

1700— M. Pierre Urbain de la 
Tour. 

1709— M. Louis Villette. 

1720 — Jean François LeMarché. 

1723 — M. Charles Antoine de 
Courcy. 

1726— M. Jean Guil. Butler. 

1729— M. Louis Joseph Gouïon. 

1738 — M. Jean Frs. Germain, 
mort à Québec, le 19 déc. 1739. 

1740— M. Jacq. Simon Joseph de 
BeugAj. 

1741 — M. François Marie Ser- 
vière. 

1747 — M. Pierre Jean LeMaître. 

1748 — M. René Maoé. 

1750— M. Julien Frs. Derville. 

1751— M. François Moyne. 

1750 — Mi Yves Hyacinthe Salien. 

175;! — M. Pierre de Phlenamy. 

1755 — M. Charles Alex. Molière. 

1755 — M. René Pivalin ; retour- 
na en France en 1759 ou en 1760. 



Liste des Frères Jésuites 

1612— Fr. Du Thet. (Gilbert). 

1613— Fr. Jejan Dixon. 

1625— Fr. Gilbert Burel. 

1625 — Fr. François Carton. 

1625' — Fr. Jean Gaufestre. 

1629— Fr. Louis Malot. 

1634 — Fr. Jean Liégeois, déca- 
pité par les Troquois le 29 mai 

1635— Fr. Pierre Teilier. 

1636 — Fr. Louis Gaubert, mort à 
Q"«bec le 20 juillet 1679. 

1636 — Fr. Jacques Ratel. 



1639 — FK Dominique Scot. 

io.Jk> — jc'r. Clause Jager. . 

1640 — Fr. François Azou 1 . 

104U' — i v r. Christophe Kegnaut. 

Iu4± — Fr. iunbroise Brouet. 

1646 — Fr. Pierre Masson, mort 
à Québec le 18 octobre 1695. 

1047 — Fr. iSicolas Noirclair. 

1647 — Fr. Nicolas Faulconier. 

1647 — Fr. François Malherbe, 
inhumé sur le bord du Lac St- 
Jean, lie 19 avril 1696. 

Jo49 — Fr. Jean Feuville, mort 
à Q'uébeci le 8 décembre 1701. 

1654 — Joseph Boursier. 

1656 — Fr. Lou'is Le Boesnie. 

1659 — Fr. Guillaume Lauzier, 
mort le 10 avril 1670. 

1664 — Fr. Jacques Largilier. 

1668 — Fr. Noël Juchereau, noyé 
à Cvuébec le 3 novembre 1672.. 

1671— Fr. Claude Dûment. 

1673 — Fr. François Jetreau. 

1673 — Fr. Gilles Mazkr, mort à, 
Québec le 10 avril 1712. 

1673— Fr. Jean Vitry. 

1674 — Fr. Jean Beruys. 

1675 — Fr. François Foyart. 

1079 — Fr. Pierre Valentin, mort 
le 28 avril 1712. 

1680— Fr. Nicolas Frailon. 

1681 — Fr. Michel Lanion. 

1686 — Fr. Jean Boussat, mort à 
Québec en avril 1711. 

16Î6 1 — Fr/. J'ean-Bte. Sandroix, 
mort à Ouébec le 30 oct. 1691. 

1686— Fr. Sébastien LehlorJi 
mort à Quéheio le 6 àêc. 1717. 

1695 — Fr. Germain Pierrart. 

-|fi95— Fr. Ponce Vacelet. 

1698— Fr. Jean Guibert, mort à 
Quéforc ta 5 mai 1728. 

1f^a_-pr .Alexandre 

1699 — Fr. Louis Harem, mort à 
Québee le 25 mars 1746. 

1700 — F 1 *. Benoit Lucas, mort 
à Loretta le 8 sept. 1711. 

1700 — Fr, Antoine Robe. 

1700 — Fr. Jean-Jncquies Marc, 
mort à Québec le 9 janvier 1746. 



— 288 



1708— Fr. Guillaume Fortin. 
1711 — Fr. Nicolas Leclere. 
1713 — Fi. Jean-J. Boiispineau, 
mort à Québec en 1744. 

1713— Ft, Pierre LeiTdlier, 
mort à Québec le 23 dee. 1759. 

1716 — Fr. Jean-Bte Daivacque, 
mort à Québec le 2 février 1753. 
171&— Fr. Michel Penauit. 
1720 — Fr. Philippe Crucy. 
1721 — Fr. Charles Boispineau, 
mort à Québec le 30 janvier, inhu- 
mé à Charlesbours: le 10 juin 1760. 
1 723 — Fr. Antoine (Jolumeau. 
1727 — Fr. Jacques Ferchaud, 
mort à Québec le 14 février 1758). 
1727 — Fr. Antoine L'Ourse, mjrt 
à Québec le 8 mai 1751. 

1737 — Fr. Jean-Frs. Parisel. 
1738— Fr. Jean-Bené Duival. 
1738 — Fr. Georges iSenet, mort le 
17 septembre 1751. 

174il^-Fr. Michel Chambon. 
mort à Québec en 1744. 

1741 — Fr. Pierne Gournay, dit 
Latour, mort à Montréal en 1767. 
17441— Fr. Charles-Phi. Bohen. 
1746 — Fr. Charles Magrendie. 
1746' — Fr(. S-Iimon Mlailard. 
1748— Fr. J.-Bte.-Nicolas De- 
mers. 

1749 — Fr. Etienne-M. Racine. 
1751 — Fr. Martin Bacq. 
1753 — Fr. Julien Peruelle. 
1755— Fr. Jean-Bte. Benette. 



Liste des Supérieurs de l,a Mis- 
sion des Jésuites à la Louisiane 
aprèâ la siép>aration de celle du' 
Canadia. en 1723 : 

1723-1725— Bw P. Joseph-Fns. 
KJer&ben. 

1725-1728— B., P. Nicolas -Ig-. 
Beaubois. 

ï 728-1739— R. P. M,athurin Le 
Petit. 

1739-1749— B. P. p; Prm Vitrv. 

1749-1759— B. P. Michel Beau- 
d.oin. 



1759-1762— B. P. Louis Carette. 

1762-1763— B. P. Mie. Beaud^in. 

Sur 320 Jésuites venus au Ca- 
nada ; \d\e 1625 à 1759, 169 y 
sont morte dont 82 sont morts et 
iuhutmiés à Québec, lie premier est 
le Père Baymbault et le dernier 
le Père Casot, mort en 1800. 




B. P. Jacques Marquette, S. J., né 
en 1637, à La on, Picardie^ arriva 
à Qulébec le 20 septembre 1666. 
Il est un des plus Illustres mis-; 
sionnaires du Canada. 111 décou- 
vrit, avec Louis Joiiet, en 1673, 
le Mis:sdssipi. Mort subitement îe 
18 mai 1675, sur le bord' (d'une 
rivière qui porte aujourd'hui son 
nom. 



289 — 



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Plan des fondations de la cha- 
pelle des messieurs les congréganis- 
>tee dans les casernes des Jésuites et 
des fouilles faites par ordre du 
gouvernement sous la direction d« 
M. Faucher de Saint-Maurice, lors 
de la démolition du vieux collège 
des Jésuites en 1878, montrant la 
disposition de la découverte des 
tombes, des Jésuites inhumés dans 
cette chapelle ; du frère Liégeois, 
mort le 29 mai 1655 ; du révé- 
rend Père François DuPéron, mort 
le 10 novembre 1658, et du ré- 
vérend Père Jean DeQuen, 
mort le 8 octobre 1659. Lorsque 
l'on découvrit ces ossements, on les 1 
fit mettre dans une boîte que l'on 
transporta dans le caveau du cime- 
tière Belmont, mais les personnes 
intéressées ignoraient où se trouvait 
cette boîte. Ce ne fut aue dix ans 
plus tard que le R. P. Désy, S. J., 
alors- supérieur à Québec, a pu la 
retracer. Il la fit transporter avec 
tous les honneurs et solennité uar 
une procession de la barrière Ste- 
Foyp à l'église des LTrsulines de 
Québec, le 12 mai 1891. (Voir les 
journaux du temus.) Voici une noté 
de M. Ernest Gnguon. écrite au 
crayon dp mine, à la fin des rela- 
tions de M. Faucher sur ee «tfuÂefc : 
" Le 17 juin 1889, l'hon. M. P. Gar- 
19 



neau, commissaire des Travaux Pu- 
blics, et M. Ernest Gagnon, secré- 
taire du département des Travaux 
Publics, se rendaient au cimetière 
Belmont, où ils trouvèrent le R. P: 
Désy, supérieur des Jésuites de 
Québec, et le Dr Aug. Hamel, de 
Québec : tous quatre reçurent la 
déclaration de M. Bolduc, gardien du 
cimetière, relativement à des osse- 
ments trouvés dans les ruines de 
l'ancien " collège de Québec ou 
collège des Jésuites," et déposés dans 
la voûte publique du cimetière Bel- 
mont, denuie 1879. Un corps entier 
(ossements) d'homme était placé 
d'ans un grand cercueil. Les autres 
ossements étaient rolacés dans un 
petit cercueil." — E. G. 

A lia mort du R. P. Casot, S. J. 
arrivée le 16 mars, 1800. dernier 
Jésuite au Canada, les biens des 
Jésuites furent confisqués par les 
autorités impériales sous le règne 
de George III, après la suppression 
de l'Ordre des Jésuites, et ils 
ont été subséquemment transmis 
aux autorités db l'ancienne pro- 
vince du C'aniada ; une partie con- 
sidénable de eei?i biens a été côd'ée 
à l'époque de liai confédération et 
depuis, aux au tarîtes! de la pro- 
vince dé Québec. 



— 290 — 




Projet d'un monument élevé sur 
le terrain du collège, à Québec, à la 
mémoire des révérends Pères Jér 
suites. (Je reviendrai sur ce projet 
plus tard.) 



En vertu ,dPun Writ dfu Roi daté 
du 18 mars 1800 adressé à M 1 . Ja- 
m^s Sheppard. Shérif de Québec, 
celui-ci fit la saisie de tous les biens 
des Jésuites, meubles 1 et immeubles. 
voici la liste dies meuble» 'dfu col- 
lège : 

" Inventaire des effets fraïwis" par 
le Shérif du district d« Québec, a 
et pour l'usage de Sa Majesté, ap- 



partenant au feu révérend 1 Père 
Cazot, comme représentant le ci- 
/dievant Ordtre des Jésuites dans la 
province -idïui Bais-Canada, en vertu 
du Writ du Roi a lui adressé, por- 
tant d^te du huitième jour de mars 
1800. . , 

" Les effets suivants délivrés par 
Mes&ire Josefph Ocftave PÛessis, 
Goadjuteur de Québec, savoir : 
(d'Argent). 

1 ostensoir ou soleil, 3 calices, 
2 ciboires, 3 paires de burettes, 3 
plate pour diitto, 6 chandeliers et 
croix, 2 chandeliers portatifs, 1 
bénitier, 1 croix procession aie., 2 
bras ou girandoles, 2 ditto, 4 pots 
à fleurs avec les fleuris, 1 encen- 
soir et navette, 1 liaimpe, 1 piscine, 

1 statue de la S tei- Vierge, 1 ditto 
St-Ignaoe, 1 ditto St-Pr'ançois- 
Xavier, 14 cuillères potagères, 24 
ditto de table, 4 grandes fourchet- 
tes, 24 fourchettes de table, 2 
cuillères à café, 2 écuelles avec 

leurs couvercles, 2 gobelets (ar- 
gentés), S chandeliers et croix, 6 
ditto petits, 6 pots à fleure, 4 sta- 
tues, 2 reliquaires) d'iargent, 6 
chandeliers, 8 diitto dont un cassé, 

2 christs, 4 petits chandeliers por- 
tatifs. 

Ornemens. — Devants d'autel, 16 
chasubles garnies, 3 chapes 1 , 2 
dalmatiques. 1 étole et vieilles do. 

Linge. — 1 dirap mortuaire, 24 
aubes, 29 surplis, 15 nappes (cPau- 
tel 14 ditto de communion, 9 dou- 
zaines ditto de purificatoire» 17 
corporaux, 12 pâlies, 123 amicts, 
40 linges à lavabo, 15 corjdons, 8 
essuiemiains. 1 paquet de linge sale, 
1 ditto, 1 ditto, 1 d'Hto, 1 ditto. 
1 oaneau rouge, 5 vieux t«»pv3. 6 
petits tableaux, 1 statue de cire, 
1? bouquets, 4 missel^, 2 pupitres. 
1 livre de chanta 1 table de marbre, 
1 lustre de cu'Vre, quelques vieux 
fauteuils, chaises* etc., 1 pendule. 
1 christ d'ivoire, 3 couronnes de 






291 




L'hon. Henry Starnes, président 
du Conseil Exécutif et Législatif, 
lors de la démolition du collège 
des Jésuites, en 1878. Mort le 3 
mars 1896. 



fleurs, 3 reliquaires die bois doré, 4 
garnitures de canon d'autel. 

Les dieux coflres suivants de li- 
vres et de papiers, sont déposés au 
bureau du secrétaire de la pro- 
vince, accompagnés d'une boîte 
contenant l'aveu et dénombrement 
des biens qui appartenaient au ci- 
devant Ordre des Jésuites dans le 
Bas-CanaJdla, savoir : 

Un coffre marqué "No 1" — 
'"Papiers des Jésuites", contenant 
comme suit : 

1 livre de parchemin in-folio de 
comptes, endossés "des Anges", 

1 livre in-folio, couvert en nar- 
chemin, enidossé "Montagne à Bon- 
homme ou Bel air." 

1 ditto 4to. contenant des con- 
trats, etc. 

1 ditto folio ditto. 

1 ditto Idle velin vert, endossé 
sfr.r la pre-rKre feuiîile, "J. M. J." 




Statue du R. P. Jacques Marquette 
placée au capitole de Washing- 
ton, en l'honneur du découvreur 
du Missisôipi. 



Ce livi-e a été commencé le treiz© 
juin 1753. Fief St-Gabriel. 

1 ditto en mouton, première 
feuiPe intitulée "Fiefs de N" D 
des Anges". 

1 ditto idle veau rude, la première 
naïes" cmmG0 & lnt " Sî ™™t an- 



— 292 



1 ditto de parchemin, la pre- 
mière feuiifre commençant "Missio 
et Anno 1642 et 1643'. 

1 ditto de vélin vert, sur la pre- 
mière feuilie, U J. M. J." Ce livre 
a été commencé le huit mars 1754. 
"Fiefs die N. D. des Anges''. 

Un papier endossé, "1773 .réper- 
toire de la Jeune Lorette pour le 
révérend Père Girofult , \ 

Un livre couvert en papier, en- 
dossé, "Reépdrtoire de Fief St- 
«Oa.br iel, etc. 

Un livre couvert en papier, in- 
titule : "Aveu et dénombrement du 
Fief et Seigneurie du Cap de la 
3tagdeleîne." 

' 1 ditto intitulé : "Extraits des 
i registres; dtes insinuations do con- 
seil supérieur de la Nouvelle- 
France,' 7 endossé avec un crayon-, 
"Déclaration. Ade 1743". 

Uni livre sans couvert, ^ marque 
sur la première feuille "A" lia pre- 
mière ligne "L'article permier de 
quatre lieues d'étenidue". 

Un ditto avec un couvert de par- 
chemin, endossé- "Gabriel". 
Un ditto, "Sillery, 1719". 
Un carton en veau rude, conte- 
nant, savoir : un livre couvert en- 
papier, endossé. "No 1, Notre-Dame 
des Anges, 1 église, 1 presbytère et 
un terrain d'environ 4 arpents en 
superficie." 

Un livre intitulé, " No 2, Ancien- 
ne et Jeune Lorette, deux églises 
et deux presbytères., 3 arpents en 
superficie." 

Un ditto, endossé, " 1733, 385 C. 
S. Notre-Dame des Anges." 

Un ditto. commençant. " L'an 
mil sept cent auatre-vingt-un, le" 
vingt juillet, etc." 

Un ditto, intitulé " Narration du 
vovage fait, etc." 

Un ditto, ditto, €i L'an mil sept 
cent ouatre-vinigf-im, le 12 juillet, 
etc." Et autre? papiers. 

Carte réduite des mers du nord. 



Un livre in-folio de parchemin^ 
la première feuille commençant, 
continuation ûes registres préc£ 
dents, dans lesquels tous les rec- 
teurs de œ collège ont écrit ce qui 
s'est passe de considérable dans ce 
pays, etc. 

un au lo, de veau rude jaune, 
quarto, intitulé " Comptes des mis- 
sions depuis 1758." Comptes de la 
résidence. 

Un livre in-folio de parchemin 
marqué sur le couvert, " JRépertoiré 
des fiefs Saint Gabriel et Sillery." 
Un ditto de veiin vert, intitulé 
" Répertoire pour servir à recevoir 
les cens, et rentes peur le fief de 
Notre-Dame des Anges, " avec un 
plan détaché du trait-quarré de 
Oharlesbourg, 

Un ditto de veau rude vert, con- 
tenant des comptes. 

Un ditto de parchemin, intitulé. 
" J. M. J. " Ce livre a été com- 
mencé le . . . décembre 1758, fief d© 
Sillery. 

Un titre de papier intitulé " Ta> 
ble des habitants nommés dans le 
papier Terrier." 

Un ditto de parchemin, intitulé 
" Fief de Bélair." 

Un ditto, un couvert marqué in- 
titulé, "Domestiques de Notre- 
Dame des Anges, en février 1757." 
Un ditto in-folio de parchemin 
marqué, " Terrier du Fief Bélair." 
Un ditto quarto, contenant des 
donations, concessions, contrats, etc. 
commençant par un certificat de 
l'intendant Bouteroue, 3 paquets, 
titres concessions, donations, actes, 
etc., marqué A. B. C. 
Un ditto; titres de Notre-Dame des 
Anges. 

Un ditto, contrats de concessions 
à Batis-ean, 1798 et 1799. 
Un ditto, concessions: pour Mon.s. 
Desjardins, dans la seigneurie de 
St-Gabriel. 

1 ditto, actes, etc.. etc.. marqué D. 
1 livre, extraits des registres du 



293 



1 diito-, actes, etc., etc. F. 
i auto, concessions aans la, sei- 
gneurie de St-U-abriel. G. et H. 
I aitto, divers papiers, I. 
I aitto, contrats ae concessions, 

I procès verbaux, obligations et 
baux, L. 

Goitre No 2, papiers des Jésuites^ 
savoir : — 1 paquet de comptes et 
CïUifcLaîioes. M et !N"., 1 ditto, papiers 
concernant St-Gabriel, O. 1 ditto, 
ditto à Sillery, P. 1 ditto, procès- 
verbaux, etc., etc., Q. 1 paquet de 
papiers concernant les Trois-Eiviè- 
res, i\. I ditto, Batiscan, S. 1 ditto. 
Cap ac ia Magdeleine, T. 1 ditto. 
Bélair, Y. 1 ditto, K-D. des Anges 
13. 1 ditto, ditto, W. 1 ditto, de la 
cité de » 'uebeci, X. Une boîte mar- 
quée, " Aveu et dénombrement deg 
biens autrefois aux Jésuites, conte- 
nant les dits aveux et dénombre- 
ment." compris 49 feuilles. Tous- les 
articles suivants ont été laissés au 
collège des Jésuites. 

LIVRES, SAVOIR : 

Dictionnaire fdia Trévoux, foljio, 
7 vola. Ditto de Boutas, 3 vols. Dit- 
to Economique, 2 vols. Pontifical 
romain, 1 vol. Entretiens du P. 
Hovel, 4to, 1 vol. Méditations du P. 
Dupent,, 1 vol. Martyrologe romain, 
1 vol. Abrégé de Géographie, 8vo. 
1 vol. Sermons sur les Mystères, 1 
vou. ^ Confessions de St-August'in, 
Pratiques die piété, retraite de St- 
Ignace, Année du Chrétien, 13 
wlb. Mystères du Père à deux 
Etoiles, Sermons du Père Chemi- 
née, 3e vol., ditto sur divers sujets 
moraux, Le Maître Italien, Le ca- 
ractère de la véritable et de la 
fausse piété, Les .oeuvres db St- 
François de Sales, Offices à l'usa- 
ge dje la Société de Jésus, Théolo- 
gie Française, Dictionnaire Géo- 
graphique. Sermons de M. Mayo- 
les, 2 vols, Conférences sur Ifusure 



et la restitution, 1er vol, Sermons 
au Pè'ie Trey ; de Neuviljie, o vols, 
Leçons de lia sagesse, La véritable 
manière de prêcher, Sermons' diu 
Père Bretonneau, 3 vols, Institu- 
tions au droit français, 2e vol, Pa- 
négyrique dies Saints, 1er vol, Pen- 
sées du Pèle Bourda'Loue, La 
Sainte Bible, 2 vols, Le Chrétien 
en soiitujae, Les Progrès de la vie 
spirituelle, Vie du Père Régis, 
Traité die 1J Amour de Dieu, En- 
tretiens de Monsieur le Comman- 
deur, lettres éjdifiantes, 2 vols, 
Mémoires du Levant, 8e vol, En- 
tretiens de Cicéron, 2e vol, Nou- 
veaux mémoires des Missions de la 
Compagnie' de Jésus, 9 vois, His- 
toire de France, 12 vols, Spectacle 
de la nature, 2 vols, Oeuvres de 
Monsieur Boiieau, 3e vol, Exerci- 
ces de Piété, Méditations du Père- 
Dupont, Histoire Sainte, 2 vols,. 
Actions Chrétiennes, 4e vol, Eta- 
blissement de la Foi, 2e vol, Tré- 
sorier et venenie, Paradisus Anna 
Christiana, Le véritable arti du 
Blason, 2 volfs, Nouvelle Chirurgie 
Médicinale, Les entretiens physi 
"■■■"' i;i. 3 vols, Les sermons du Père 
Térasison, 4e vol., Epistolae Prae- 
positorum Generaîium ald' Patres 
et Fratres Societatis Jesu, Prati- 
ques de Piété. Les Souffrances de 
Jésus-Christ, Introduction à la vie 
Dévote, 3 vote. Officia ad usum 
P P Societatis Jesu, Supplément, 
Le Journal des Saints, 2 vols, 
Conduite Chrétienne, La Conduite 
die St-Ignace, Jésus Maria, Extrait 
dn rituel romain, Le Nouveau Tes- 
tament, Breviarium rorwanum, 
Traité de la Nouvelle Orthogra- 
phie, Ordo ad'ministraindi Sncra- 
menta. Livres d!e Prières, Méthode 
pour converser avec Dieu, 2 Bre- 
variumv La Dévotion à Jésus- 
Christ, "Règle 'cfe la CornmaeTiie de 
Jié G us, P'ratioue deis Oériérrinn 1 '* 3 © 
de la Sainte Messe, Pratique facile 



294 



pour élever l'âme, Avis donné aux 
Confesseurs, Un coffre de Papiers 
privés. 

Dans l'a chambre et cabinet du 

JR. P. Cazott — Un , Deux 

bergère», huit chaises, Un poêle, 
de fer avec huit feuilles !de tuyautx, 
Une table avec un tapis bleu, Un 
prie-Dieu, Un tabouret, Dix cadres, 
Trois pièces matelas et Ht garni, 
Deux tables, Trois vieilles chaises, 
Deux valises, Une redingote noire, 
Deux soutanes, Cinq plans en rou- 
leaux, Deux ditto sans ditto, Cinq 
paires souliers, Un bonnet quarré, 
vinort.-huit bouteilles vides, Une 
canne, Une file, Une pièce toile 
cirée, douze paires vieilles culottes, 
Deux gilets, Une ceinture, Un 
vieux chapeau, Une longue vue. 

Au Réfectoire. — Un poêle avec; 
17 feuilles, une penldlule, une table 
pliante, 2 jarres. 1 quart a l'eau, 
3 cruches de grais, 1 pilon de — Y, 
8 douzaines et 3 assiettes de grais, 
5 holles! (de grais. ft soupières d'é- 
tain, 1 ditto grais. 24 plats- ditto, 
1 bombe de cuivre, 5 sallières de 
cristal, 6 verres 1 à patte, 6 chaises, 
deux petits tabourets, une comj- 
mcdey 12 verres à vin. 5 pots die 
grais. 7 flacons, 7 ciaraffes, 1 beur- 
rier, 1 théière. 10 tasses à café, 1 
plat à barbe, 2 sucriers, 1 douzaine 
couteaux et 1 douzaine fourchettes 
à manches noirs. 9 couteaux com- 
muns. 3 douzaines vin blanc, 2 
Sauciers dp errais. 

A 14. cuisine. — 1! table, 1 buffet, 
1 fontaine de cuivre, 1 tournebro- 
dhe. 3 noeles à ^rke, 1 lèchefrite, 9 
casseroles', 3 marmites, 2 chau- 
(#ièr*»s de cuivre. 2 passoires, 1 
prrilîe. 1 é^imoire et cuillère à 
pot, 3 cafetières 2 phpindipliens de 
cuivre, 1 frillon de fer-blanc, 2 
Ranima, 2 grandes fourchlettes, 1 
Oiiart à l'oau. 2 naires de pincettes, 
1 -nni-ro; $ P chenets. 2 nelî!.^, 24 
+ré^i^ds, 1 b'Prîeau à hacher, 1 
Soufflet, 3 entonnoirs', 1 moulin à 



poivre, 1 tableau, 1 chaudière de 
fer-blanc, 1 fanal. 

Au cabinet.'— 1 table, 1 quart vin. 
blanc à moitié vide, 1 escabeau, 6 
tergettes de fer, 7 petites boites, 1 
redingote, 3 soutanes. 

Décharge. — 1 armoire S tables, 3 
chaises bourées, 8 vieux tapis, 2 
cruches-, 20 qmarts vides, 12 chaises 
vieilles, 6 tinettes vides, 2 tinettes 
de beurre, 1 bassin cuivre, 1 vieille 
bergère, 2 bolées blanches, 3 gran- 
des casseroles de cuivre:, 1 sac de 
riz, 1 baril de plomb, 1 tourtière 
de cuivre, 1 paire balances de cui- 
vre, 1 poissonnière, 1 vieux bau- 
det, 2 saloirs avec un p — de lard; 
1 vieille fontaine de cuivre, 2 
vieilles géographies, 3 chaudières 
ditto, 1 sellier, 1 chaudron, 2 vieil- 
les aiguines, 2 marmites, 22 bou- 
teilles vin blanc. 1 palan, 1 chaise 
coanmcdi.té, 2 vieux sceaux, 2 sap- 
pes, 1 hache, 5 fera à repasser, 
des vieilles serrures, 1 paire bottes 
de peau de mouton, 3 flacons, 1 
petite fontaine de fer-blanc, 1 
seringue, 1 boite avec un peu) de 
chandelle, 1 bassin. 

Hb°mbde iocupée plor les domes- 
tiques. — 2 Hits garnis, 3 vieilles 
chaises, % poêles avec 4 vieilles 
fenilles de tuyaux, 1 balais de 
crin, 9 images, 1 vieux soufflet. 

L'nge. — 42 chemises. 8 mouchoirs, 
27 draps, 2 bonnets coton, 32 essuie- 
mains, 39 bonnets de toile, 61 
nappes- 25 paires chaussons de 
toile, 6 taies d'oreillers, 52 tor- 
chons. 

Chambrfi de François Dorval. — 
1 poêle 'Pveo son tuvan, 5 vieilles 
chaises. 1 armoire. ~i rideau vert. 1 
table, 1 chantier de cuivre, 1 lit 
garni, 1 prie-Dieu. 

Ecurie. — 1 cheval et une vache, 1 
charrette. 1 calèche. 1 harnois 
complet. 1 cnriolp, 300' bottes de 
foin aux environs. 

Miïêe. — 2 cloches, 1 -netit chariot, 
1 hôte, 7 quarts vides, 1 vieille 



295 



faux, 1 baudet, 1 faux Serri, 1 
vieux tuyau, 2 vieux sceaux de fer- 
blanc, 1 barrique à Feau, 1 garde- 
feu, 1 poêlon de cuivre, 8 siqeaux 
de çuitf, 2 vieilles haches, 2 esca- 
beaux, 4 tables sans piejdis, 1 vieille 
bergère, 1 petite charrette, 1 gar- 
niture de cariole, 1 bèche> de fer, 
1 paire de raquettes. 







Sir Henri Gustave Joly de Lowtn- 
nière, premier ministre et com- 
missaire d'Agriculture et des Tra- 
vaux Publics, à Québec, lors de 
la démolition du collège des Jé- 
suites en 1878 ; gouverneur ac- 
tuel de la Colombie Anglaise de- 
puis 1900. 




Glacière. — 2 jarres, 4 quarts 
vides, « minots d ; avoine, 1 berline, 
fierraiilies, 2 cuves, 1 fléau, 1 chau- 
dron, 2 craches, 1 plat de saindoux, 
des poids a peser, 2 sappes, 2 pa- 
niers. 

Chambre de Monsieur Desjar- 
dins. — 1 lit complet avea des ri- 
deaux a'indienne, 3 chaises tour- 
nées, 1 bergère, 1 bibliothèque, 1 
fauteuil, 1 tiahle, 1 prie-Dieu, 1 
armoire, 5 pains de sucre d'érable, 
1 chandelier de cuivre, 1 chaise 
commodité 1 , 1 miroir. 

Chambre du sacristain. — 1 jpoèle 
a veto 13 feuilles de taule, 2f ar- 
moires, 1 petite table, 1 bergère, 8 
chaises communes, 3 vieux ri|d!eaux 
dîindienne, 4 chaises en bois, 1 
sceau de cuivre, 5 chjaises bourrées, 
quelques vieux rideaux verts, 1 ar- 
moire double, 4 couches, 1 lit garni. 

Argent monayé. — Cet argent est 
considère ctonume la propriété per- 
sonnelle de feu Kevjdl Père Cazot. 
Chez MM. Lester et 

Morrogh £65 12 9 

Entre les mains de- M. 

Perrinault 50 

Argent prêté à divers 

personnes 16 2 

En caisse 25 11 8 



Armes de la famille 
binière. 



Joly de Lot- 



— £157 6 5 

Québec. 28e mars 1800. 

(Signé), Ja. Sheppardj, 

Shérif. 
(Endossée 
Inventaire des meubles apparte- 
nant au ci-devant Ordre des Jé- 
suites dans le B^s-Canada, saisis 
p£ T le Shérif du district de Québec. 
Déposé nour faire foi,, dans lia 
Ho-- IrVi Tlp^n ,<lu Koi à Québec, 
le 16 avnl 1800. 

fSisrne). Js. P. 

" En vertu dm "WHt ci-in^lus, 
jty.ï saisi et "nris la possession 
réelle et actuelle d'e "Notre Souve- 
rain Seigr-ipnr le Koi, toutes et 
cba^-nno des Terres, Propriétés 1 
et Biens -or euibles et immeubles de 



296 





Armes de la famille Mercier. 



quel|que nature et description 
qu'ils soient, sis et situés dans le 
district die Québec, dans lai Pro- 
vince du Bas-Canada, qui appar- 
tenoient autrefois au ci-devant 
Ordre des Jésuites, ou dont le dtit 
ci-devant Ordre des Jésuites étoit 
en possession, ou a.voit ou recla- 
moit quelque droit, titre, intérêt 
ou (demande, et qui ont été occu- 
pés par les anciens Membres sur- 
vivants du dit ci -devant Ordre ées 
Jésuites nommé* au d't Writ, ou 
par aucun d'eux, ou par Jean- 
Joseph Cazot, y nommé, et plu* 
particulièrement tous et chacun 
des Fiefs, .Seigneuries, Terres et 
biens immeubles qui y sont par w 
ticulirrement décrits, et les biens 
meubles contenus dans la cédule 
annex'e i°u présent ; tout ce oue 
<?i-dessus en la Cour du Banc du 



Roi de Sa Majesté pour le dis- 
trict vie Québec, tel qu'il m 7 est 
enjoint par le dit Writ. 

" Donné sous mon Seing- et Sceau, 
en la cité de Québec, dans la ditx» 
.Province du Bas-Canada, le 16 
avril 1800. 

wmnfàiz™), Ja. Sheppard v 
iÏJllPD! ' , Shérif. 




L'HON. HONORE MERCIER 

Comte romain Grand'Croix de 
l'Ordre de St-Grégoire le Grand, 
officier de la Légion d'Honneur 
et ex-premier ministre de la pro- 
vince de Québec ; ancien élève 
des Jésuites au collège Sainte- 
Marie, à Montréal. Né à Saint- 
Athanase, le 15 octobre 1840, fils 
de J. B. Mercier et de Marie 
Catherine Laflamme ; marié 
en premières noces le 29 mai 
1866, à Mlle Léopoldine Boivin ; 
en secondes noces le 9 mai 1871, 
à Mlle Virginie St-Denis. Mort 
à Montréal, le 30 octobre 1894. 



297 




SA (SAINTETE PIE IX 



— 298 



Pape de 1846 à 1878. Jean Marie 
J.-Bte., Pierre Pelegrin Isidore, de 
la Maison Contale de Mastaï-Fer- 
retti. Né à Sinigaglia, le 23 mai 
1792 ; 1ère messe le 11 avril 1819 ; 
archev.-évêque d'Imola, le 17 déc, 
1832 ; cardinal du titre de Saint- 
Marcelin et Saint-Pierre, le 14 déc, 
1840 ; exaltation au pontificat, le 
16 juin 1846 ; définition de l'Im- 
maculée Conception, le 8 déc. 
1854 ; concile du Vatican, le 8 
déc. 1869 ; proclamation de l'In- 
faillibilité pontificale, le 20 juillet 
1870 ; autorise Mgr Taschereau de 
s'entendre avec le erouvernement 
pour régler la question des biens 
des Jésuites, en 1876 ; Décédé le 
7 février 1878. 




t> Sainteté Léon XIII (Joachim 
Pecci). Né à Carpineto, le 2 
mars 1810 ; ordonné prêtre le 23 
déc 1837 ; sacré évêque, le 19 
février 1843 • transféré à l'évê- 
cbé de Pérouse, le 13 janvier 
1846 ; crée cardinal, le 19 déc. 
1853. Elu Pape, le 20 février 
1878, 



LES BIENS DES, JESUITES 

Lus Evêques de Québec qui ont 
succédé à Mer Hubert ont toujours 
reclamé les biens des Jésuites 
comme appartenant aux Cana- 
diens et pour l'éducation et les 
missionnaires des 'Sauvages. Les 
fonds se sont accumulés jusqu'en 
1832, lorsque le gouvernement sous 
Lord. Ayimer, se décida de pren- 
dre une partie de ces fonds pour 
l'éducation. Les_ troupes ont oc- 
cupé le Collège comme Casernes 
de 1776 à 1871, année où le gou- 
vernement . Britannique retira ses 
troupes du Canada. En 1876, 
Mgr Taschereau rentra en corres- 
pondance avec le gouvernement 
de Québec, qui était devenu res- 
ponsable de ces biens depuis la 
Confédération en 1867. Mgr se 
disait autorisé par Sa Sainteté 
Pie IX, de régler cette ques- 
tion. Mais elle fut encore 
temporisée. Ce ne fut qu'en 
1888, que l'Honorable Honoré 
Mercier, alors premier ministre 
du gouvernement de Québec, -prit 
la ohos^ e^ iriîiv J\ s q Ht auto- 
riser par Sa Sainteté Léon XIII, 
et des intéressés pour en venir 
à une solution, et, fit passer la 
loi suivante : 

CHAP. XIII. 

Acte relatif au règlement de la 
question des " Biens des Jé- 
suites.'' 

TSanctionné le 12 juillet, 1888.] 
Attendu qu'à l'ouverture de la 
présente session de cette Législa- 
ture, il a plu à Son Honneur le 
lieutenant-gouverneur de pronon- 
cer, dans son gracieux discours du 
tronir les na^oles suivantes : 

u Je suis heureux de vous in- 
former que la question des "Biens 
des Jésuites." pendante demiis si 
long-temps entre les autorités re- 
ligieuses et civiles, et qui a créé 



299 — 



tant de malaise dans ce pays, 
recevra bientôt une solution iavo- 
rable et satisfaisante pour tous 
les intéressés et que mon gouver- 
nement espère soumettre à votre 
approbation, pendant cette session, 
même, un règlement à ce sujet. 

" Les obstacles qui empêchaient 
la vente du terrain de l'ancien 
collèges des Pères Jésuites, situé 
en cette ville, ont disparu ; le 
principe de la restitution en na- 
ture est abandonné par qui de 
droit, et il ne reste plus qu'à fixer 
à l'amiable le chiffre de la com- 
pensation à être accordée. 

" À l'occasion du règlement de 
cette délicate question, certaines 
institutions d'éducation protes- 
tantes recevront une allocation 
raisonnable, proportionnée /à 
l'importance numérique de la mi- 
norité, en cette ^province ; " 

Attendu que les dits biens ont 
été confisqués par les autorités 
impériales sous le règne de Geor- 
ges III, après la suppression de 
l'ordre des Jésuites, et qu'ils ont- 
été subséquemment transmis aux 
autorités de l'ancienne province 
du Canada ; 

Attendu qu'une partie considé- 
rable de ces hier. s a été cédée, à 
] 'époque de la confédération et 
depuis, aux autorités de cette pro- 
vince ; 

Attendu que des représenta- 
tions énergiques ont été faites 
aux autorités civiles, au sujet de 
ces biens, par les autorités reli- 
gieuses et les citoyens de ce pays, 
et notamment par Mgr Jean- 
François Hubert, évêque de Que- 1 
bec, le 10 novembre 1799 ; • — par 
les citoyens de Québec, le 4 fé- 
vrier 1793 ; — par Nos Seigneurs 
les évêques Jospphl évêojue de 
^QuébecV Pierre-Flavien Turgeon, 
évêaue de Sydime. coadjuteur de 
Québec,- et Jean- Jacques Larti- 
gue* évêque de Telmesse, suffra- 



gant de l'évêchô de Québec et 
grand-vicaire au district de ivlont- 
réal, le ou vers Tannée 1835 ; — 
par JNTos Seigneurs les évêques 
Joseph, archevêque de Québec, 
Pierre-i lavien Turgeon, évoque 
de Sydime, coadjuteur de Québec, 
Puis, évêque de Kingston, Pa- 
trick, évêque de Carrha, coadju- 
teur de Kingston, Ignace, évêque 
de Montréal, T. Charles, évêque 
élu de Martyropolis, coadjuteur 
de Montréal, Michael, évêque de 
Toronto, en janvier 1845 ; —par 
le clergé des diocèses de Québec 
et de Montréal, en juin' 1847 ;— 
par le révérend Père Théophile 
Charaux, supérieur général de la 
mission des Jésuites en Canada, 
en janvier 1874 ;— par Nos Sei- 
gneurs les évêques, E, A., arche- 
vêque de Québec, L. F., évêque des 
Trois-Eiivières, Jeans, évêque de 
! i : 'ncnski, Edouard Charles, évê- 
que de Montréal, Antoine, évêque 
de Sherbrooke, J. Thomas, évêque 
d'Ottawa, L. ZL, 'évêque de St- 
Hyacinthe, Dominique, évêque de 
Cïrcoiitimi, le 9 octobre 1878 ; — 
enfin, par Sa Grâce l'archevêque 
de Québec, les 2 janvier, 8 avril 
et 27 avril 1885 ; 

Attendu que dans sa lettre du 2 
janvier 1885, adressée à l'honorable 
John J. Ross, alors premier minis- 
tre de cette province, Sa Grâce 
Monppigueur l'archevêque de Qué- 
bec disait : 

" J'ai l'honneur de vous infor- 
mer qu'en vertu d'un induit du 13 
octobre 1884, je suis personnelle- 
ment _ autorisé par le Saint-Siège 
à traiter avec le gouvernement 
provincial de Québec et à termi- 
ner, moyennant juste compensa- 
tion, la question de la propriété 
des biens autrefois possédés dans 
cette Province par les PP. PP. 
J^isui+es lors de la suppression de- 
leur Institut en 1773 • " 



300 — 



Attendu qu'en réponse à une de 
ces représentations faite le 8 avril 
1885, par Sa Grâce Monseigneur 
l'archevêque de Québec, l'honorable 
John J. Ross, alors premier minis- 
tre, répondit comme suit, le 25 
avril de la même année : 

" Si Son Honneur le lieutenant - 
gouyerneur en conseil décide de 
rouvrir et de reconsidérer cette 
question des biens des Jésuites, je 
ne manquerai pas d'en prévenir 
Votre Grandeur et les révérends 
Pères de la Compagnie de Jésus, 
afin que, avec votre concours et le 
leur, il -puisse, s'il y a lieu, propo- 
ser à la législature une mesure qui 
devra régler cette question d'une 
manière satisfaisante et définitive.'' 

Attendu que à la suite de ces 
différentes représentations, et sur- 
tout de celle du 9 octobre 1878, si- 
gnée par les évêques de la provin- 
ce, et protestant contre la mise en 
vente par le gouvernement du ter- 
rain de l'ancien collège des Jésui- 
tes, à Québec, telle vente n'a pas 
eu lieu, et que ce terrain est tom- 
bé dans un état de dégradation re- 
grettable ; 

Attendu que le 17 février 1888, 
l'honorable Honoré Mercier, pre- 
mier ministre de cette province, 
écrivit la lettre suivante : 

" Rome, 17 février 1888. 

" A Son Eminence le cardinal Gio- 
vanni Simeoni, préfet de la Sa- 
crée Congrégation de la Propa- 
gande, , 

Eminence, 

" Une dépêche de Votre Eminen- 
ce, en date du 7 mai dernier, 1887, 
informait Son Eminence le cardi- 
nal Taschereau que le Saint Père 
se réservait de régler lui-même la 
question des biens des Jésuites au 
Canada. 

" Au nombre des biens ainsi ap- 
pelés " Biens des Jésuites " se 



trouve le terrain de l'ancien collège 
des Pères situé en face de la Basi- 
lique, au centre même de la capi- 
tale de la province de Québec. 

" Mes prédécesseurs, dans le gou- 
vernement, avaient cru devoir, vers 
1876 je crois, ordonner la démoli- 
tion de ce collège, et la division du 
terrain en lots à bâtir, en vue 
d'une vente prochaine, qui cepen- 
dant n'eut pas lieu, vu certaines 
représentations faites en haut lieu 
dans le temps. 

" Pour éviter de nouvelles diffi- 
cultés, je suppose, mes prédéces- 
seurs ont laissé dormir la question 
et tomber le terrain dans un si tris- 
te état d'entretien qu'il est devenu 
le refuge des animaux et même le 
récentacle d'immondices, de telle 
sorte oue l'on dit tout haut, à Oué- 
bec, que cela constitue une vérita- 
ble honte publique. 

" Dans ces circonstances, je crois 
de mon devoir de demander à Vo- 
tre Eminence, si Elle verrait quel- 
que objection sérieuse à ce que le 
gouvernement vendit ce terrain, en 
attendant le règlement final de la 
question des biens des Jésuites. 

" Le gouvernement considérerait 
le produit de cette vente comme un 
dépôt spécial dont il serait disnosé 
plus tard, suivant les conventions 
qui seraient arrêtées entre les par- 
ties intéressées, avec la sanction du 
Saint-Siège. 

" Comme il sera peut-être néces- 
saire de consulter à cette égard, 
la législature de notre province, 
qui doit être convoquée très pro- 
chainement, j'ose solliciter respec- 
tueusement une réponse immédiate. 

" Daignez croire, Eminence, à la 
considération filiale avec laouelle 
j'ai l'honneur de me dire de Votre 
Eminence, le très dévoué serviteur. 

(Signé) Honore Mercier, 

Premier ministre de la 
province de Québec. 



301 — 






A laquelle lettre il fut répondu 
•comme suit : 

(Traduction) 

" Rome, le 1er mars 1883. 

Illustrissime Seigneur, 

" Je m'empresse de signifier à 
votre seigneurie, qu'ayant présenté 
votre demande au Saint-Père dans 
l'audience d'hier, Sa Sainteté a 
daigne accorder la faculté de ven- 
dre le terrain qui appartenait aux 
Pères Jésuites avant la suppres- 
sion, à la condition expresse, toute- 
fois, que la somme qui en sera reti- 
rée soit déposée et laissée à la libre 
disposition du Saint-Siège. 

" En vous communiquant la pré- 
sente je vous souhaite tout bien 
dans le Seigneur. 

" De votre seigneurie le très 
affectionné, 
(Signé), 

Giovanni Cardinal Simeoni, 
Préfet, etc." 

Que le 21 mars 1888, le télé- 
gramme suivant fut envoyé de 
Québec, à Son Eminence le Car- 
dinal Simeoni, à Rome : 

" Dans l'affaire des biens des 1 
Jésuites, le gouvernement objecte 
respectueusement [à la condition 
imposée dans la lettre de Votre 
Eminence du premier mars cou- 
rant, et ne peut espérer aucun 
succès dans le règlement de I cette 
q; rP délicate, que si permis- 
sion de vendre terrain est accor- 
dée dans les conditions et suivant 
les termes mêmes de ma lettre? 



x-sept février dernier. 



Je sollicite respectueusement 
réponse favorable immédiate dans 
l'intérêt même du règlement final 
de la question. 

" (Signé) HONORE MERCIER, 

" Premier ministre." 



Que le 24 mars 1888, la répon- 
se suivante fut envoyée de Rome, 
par Son Eminence le cardinal 
Simeoni : 

Pape permet que le gouverne- 
ment conserve le produit de ven- 
te terrain Jésuites, dépôt spécial 
à disposer plus tard avec sanc- 
tion du Saint-Siège ; " 

Attendu qu'à la suite de ces né-: 
gociations la correspondance sui- 
vante fut échangée entre le Pre-> 
mier Ministre et le Très Révé- 
rend Père Turgeon, Recteur du. 
Collège Ste-Marie, à Montréal, et 
agent du Saint-Siège : 

" Collège Ste-Marie, 

25* avril, 1888. 
" Honorable Honoré Mercier, 
Premier Ministre, Province 
de Québec, 

" Monsieur le Premier Ministre, 

" J'ai l'honneur de vous trans- 
mettre copie de la lettre officielle, 
datée de Rome, le 27 mars, 1888, 
par laquelle la Sacrée Congréga- 
tion autorise les Pères Jésuites à 
traiter avec le gouvernement, 
Jésuites ". 

" J'ai aussi l'honneur de vous 
faire connaître que, dans une as-? 
semblée de la corporation de la 
Compagnie de Jésus, en date du? 
2 avril 1888, j'ai été nommé pro- 
cureur général et spécial à cet 
effet. 

" De plus, le 9 avril dernier, le 
Révérend Père Supérieur de la 
Mission du Canada m'a donné sa 
procuration par un acte fait et 
passé en la cité deM ontrôal, dis- 
trict de Montréal, en l'étude de 
maître L. O. Hétu, notaire, avec 
plein pouvoir de traiter avec le 

gouvernement,; aux conditions 
énoncées dans la lettre de la Sa- 
crée Congrégation. 



- 302 — 



" J'ai l'honneur d'être, Mon- 
sieur le Premier Ministre, votre 
très humble serviteur, 
" [Signé] A. D. Turgeon, S. J. 

" Procureur des Jésuites, 

à Montréal." 



[Traductiory.] 

" Ronie, le 27 mars, 1888. 
" Très Révérend Père, 

k * J'ai le plaisir de signifier à 
Votre Paternité,, que la question 
concernant la revendication des 
biens aes Pères Jésuites aans le 
lias Canada, ayant été référée à 
une commission spéciale de cardi- 
naux, le zU mars courant, il a été 
proposé de résoudre le doute sui- 
vant : 

" Si, comment, et à qui il con- 
vient de donner 1 autorisation de 
réclamer du gouvernement de la 
province de Québec, les biens qui 
appartenaient aux Pères Jésuites 
avant la suppression de la Com- 
pagnie. 

14 Alors les Eminentissimes car- 
dinaux ont répondu : Affirmati- 
vement, en faveur des Pères de 
la Compagnie de Jésus, et selon 
le mode prescrit ailleurs, c'est-è- 
dire, que les Pères de la Compa- 
gnie de Jésus traitent en leur 
nom avec le gouvernement civil, 
de façon repondant à ce que 
pleine liberté soit laissée au Saint- 
Siège, de disposer de ces biens 
comme il le jugera oportun, et en 
conséquence, qu'ils aient grand 
soin qu'aucune condition ou qu'au- 
cune clause ne soit mise dans 
l'acte public de «ession de ces 
bieris, oui puisse, en aucune fa-' 
p^-n. affecter la liberté du Saint- 
Siège. 

" Va plus, quelle oue soit la 
somme que les Pères de la Com- 



pagnie de Jésus reçoivent du gou- 
vernement, qu'ils soient tenus de. 
la déposer en un lieu sûr à être 
déterminé par la Sacrée Congré- 
gation. 

" La susdite résolution a été 
référée au Saint-Père, dans l'au- 
dience de ce jour, et Sa Sainteté 
a daigné l'approuver dans toutes 
ses parties. 

" En conséquence Votre Pater- 
nité est autorisée à revendiquer 
les mêmes biens aux condition* 
déiià énoncées. 

" En vous communiquant cette 
information, je prie le Seigneur de 
vous conserver et de vous faire 
prospérer. 

" De V. P., le très afîectioné, 
(Signé), 

Jean Card. Simeoni, 

Préfet. 
D. Archev. de Tyr, 

Secr. 
" Très révérend Père Procureur 

des Jésuites de Montréal." 



" Cabinet du premier ministre, 
Province de Québec. 
Québec, le 1er mai 18S8. 

li Révérend Père Tugeon, procu- 
reur des Jésuites à Montréal,, 
Montréal. 

" Très révérend Père, 

" J'ai soumis à mes collègues la. 
copie de la lettre de la Sacrée Con- 
grégation de la Propagande, datée 
de Rome, le 27 mars dernier, et qui 
autorise les Pères de la compagnie 
de Jésus à traiter en leur nom avec- 
le gouvernement de la province, au 
sujet des biens dits " Biens des- 
Jésuites." 

* Je leur ai soumis aussi votre 
lettre du 25 avril dernier, par la- 



303 



quelle vous me transmettez celle de 
la Propagande, dans laquelle vous 
m'informez que vous avez été nom- 
mé --ocureur général et spécial à' 
l'effet susdit et que le révérend 
Père Supérieur de la mission du 
Canada vous a donné une procura- 
tion devant ma tre Hêtu, notaire, 
avec plein pouvoir, etc., etc. 

" Avant d'entrer en négociation 
avec vous au sujet de ces biens, le 
gouvernement désire vous rappe- 
ler : 

" 1. Qu'il vous faut déposer chez 
un notaire l'original de la lettre 
susdite de la Sacrée Congrégation, 
avec deux déclarations solennelles, 
reçues au désir de la loi, et identi- 
fiant les signatures des préfet et 
secrétaire de la dite Congrégation 
qui se trouvent au bas de ce do- 
cument - 

" 2. Que des copies authentiques 
de cette lettre et de ces déclara- 
tions solennelles, ainsi que de la 
résolution de votre corporation 
adoptée le deux avril dernier et de 
la procuration du révérend Père 
Supérieur des Missions en Canada, 
nous soient transmises ; 

" 3. Qu'en consentant à traiter 
avec vous, au sujet de ces biens, le 
gouvernement ne reconnaît aucune 
obligation civile, mais seulement 
une obligation morale, à cet égard; 

" 4. Qu'il ne saurait être ques- 
tion d'une restitution en nature, 
dont le principe a été abandonné 
par nui de droit, mais seulement 
d'une oompensation on argent à 
êt^e fiyf'e a^ec vous à l'amiable ; 

11 5. Que la somme fixée comme 
compensation devra être exclusive- 
ment employée dans la province ; 

" fi. One vous ferez au gouverne- 
ment de la province de Québec une 
cession complète, uarfaite et À per- 
n<Huité, de tous les biens oui ont 
pu anoartenir, en Canada, à quel- 
nue titre que ce soit, aux Pères de 
l'ancienne Compagnie, et aue vous 
renoncerez à tous droits générale- 



ment quelconques sur ces biens et 
sur leurs revenus en faveur de no- 
tre province, le tout, tant au nom 
de l'ancien ordre des Jésuites et de 
votre corporation actuelle, qu'au 
nom du Pape, de la Sacrée Congré- 
gation de la Propagande et de l'é- 
glise catholique romaine en géné- 
ral ; 

" 7. Que toute convention faite 
entre vous et le gouvernement de 
cette province ne vaudra qu'en au- 
tant qu'elle sera ratifiée par le 
Pape et la législature de cette pro- 
vince ; 

" 8. Que le montant de la com- 
pensation fixée restera en la pos- 
session du gouvernement de la pro- 
vince comme un dépôt spécial, jus- 
qu'à ce que le Pape ait ratifié le 
dit règlement et fait connaître sa 
volonté quant à la distribution de 
ce montant dans ce pays ; 

" Que votre corporation recevra 
l'intérêt de ce dépôt à quatre pour 
cent, à compter du jour de la signi- 
fication au secrétaire de la provin- 
ce, de l'acte du Pape confirmant le 
même arrangement ; et cela jus- 
qu'au paiement du capital qui de- 
vra se faire à qui de droit dans les 
six mois de la signification au dit 
secrétaire de la province, de la dé- 
cision du Pape quant à cette dis- 
tribution ; 

9. Enfin, que la loi qui ratifiera 
ces conventions contienne une 
clause décrétant qu'à l'occasion de 
ce règlement, la minorité protes- 
tante recevra une allocation pro- 
portionnée à son importance numé- 
rique, en faveur de ses oeuvres 
d'éducation. 

" Voilà, Très révérend Père, les 
bases sur lesquelles le gouverne- 
ment désire traiter avec vous cette 
délicate question des biens dits 
" Biens des Jésuites." 

" Espérant que vous seconderez 
nos désirs de la régler le plus tôt 
possible, à l'avantage de toutes les- 
parties intéressées. 



304 — 



" J'ai l'honneur de me souscrire 
rotre tout dévoué, 

(Signé^ Honoré Mercier, 

Premier ministre. 




Son Honneur Auguste Real Angers, 
lieutenant-gouverneur, lors de la 
solution du bien des Jésuites, en 
1898. Né le 4 octobre 1838 ; lieu- 
tenant-gouverneur, le 28 octobre 
1887. 

Québec, 8 mai 1888. 
" L'honorable Honoré Mercier, pre- 
mier ministre, province de Qué- 
bec. 

" Monsieur le ministre. 

" J'ai l'honneur d'accuser récep- 
tion de votre lettre du 1er mai der- 
nier, dans laouelle vous me dites 
avoir soumis à vos collègues, l'in- 
duit de la Sacrée Congrégation de 
la Propagande, daté de Rome, le 27 
de mars dernier, autorisant les 
Pères de la Compagnie de Jésus à 
traiter, en leur nom, avec le gou- 



vernement de la province de Qué- 
bec, la question dite " Biens des 
Jésuites." 

li Vous me dites aussi avoir sou- 
mis à vos honorables collègues, ma. 
lettre du 25 avril dernier, par la- 
quelle je vous informe que j'ai été 
nommé procureur général et spé- 
cial à l'effet susdit, et que le révé- 
rend Père supérieur de la Mission 
du Canada, m'a donné une procu- 
ration devant maître Hêtu, notai- 
re, avec plein pouvoir, etc., etc. 

" Agréez mes remerciements, 
monsieur le ministre, pour avoir 
bien voulu donner à cette commu- 
nication une attention aussi 
prompte. 

" J'ai l'honneur de répondre, par 
la présente, aux différents points 
que votre gouvernement désire me 
rappeler, en suivant l'ordre indiqué 
par numéros, dans la vôtre du 1er 
mai : 

" 1. L'original de la lettre sus- 
dite de la Sacrée Congrégation, 
avec déclarations solennelles reçues 
au désir de la loi, et identifiant les 
signatures des préfet et secrétaire 
de la dite Congrégation, qui se 
trouvent au bas de ce document, 
ont été déposés chez maître Cyrille 
Tessier, notaire, résidant dans la 
cité de Québec. 

" 2. Veuillez trouver sous ce pli 
les copies authentiques de cette let- 
tre et de ces deux déclarations so- 
lennelles, ainsi que de la résolu- 
tion de notre corporation, adoptée 
le 2 avril dernier, et de la procura- 
tion du révérend Père supérieur de 
la Mission du Canada, dont l'origi- 
nal, sous le numéro onze mille huit 
cent cinquante-quatre, est laissé 
dans l'étude de maître L. O. Hêtu., 
notaire, résidant dans la cité de 
Montréal. 

" 3. L'obligation morale aue le 
gouvernement reconnaît avoir, en 
consentant à traiter avec moi. 
m'est une garantie suffisante pour 
entrer en négociation. 



— 305 



a 4. Le Saint-Siège, les supé- 
rieurs de la Compagnie de Jésus, 
et la Corporation que je représen- 
te, tout en louant votre désir de 
rendre justice aux Pères de la 
Compagnie de Jésus, veulent aussi 
aider le gouvernement à régler cet- 
te question, et donner une preuve 
de leur dévouement envers le pays 
et la province de Québec en parti- 
culier ; en conséquence ils seront 
satisfaits d'une juste compensa- 
tion, eu égard à la valeur des biens 
et propriétés, autrefois en posses- 
sion des Pères Jésuites, au lieu 
d'une restitution en nature. 

" Cette compensation en argent 
sera fixée à l'amiable, comme me le 
fait esnérer la grande bienveillance 
que vous m'avez accordée jusqu'ici, 
monsieur le ministre, et le con- 
cours généreux que nous prêteront 
vos honorables collègues aussi bien 
que les honorables membres des 
deux Chambres. 

" Si, cependant, il devenait né- 
cessaire d'avoir recours à l'arbitra- 
ge, aucune des parties intéressées 
ne pourrait s'y opposer. 

" 5. M'appuyant sur les constitu- 
tions de la Compagnie de Jésus et 
sur les intentions des anciens do- 
nateurs, je puis vous affirmer que 
la somme fixée comme compensa- 
tion, et que les Pères Jésuites re- 
cevront, sera exclusivement em- 
ployée dans cette province. 

" G. Le gouvernement de la pro- 
vince de Ouébec recevra une ces- 
sion complète, parfaite et à perpé- 
tuité de tous les biens qui ont pu 
anpa r tenir, en Canada, à quelque 
titre que ce soit, aux Pères de l'an- 
cienne Compagnie, et les Pères Jé- 
suites renonceront à tous droits 
généralement quelconques sur ces 
biens et sur leurs revenus en fa- 
veur de la province, le tout, au 
nom du Pape, de la Sacrée Conarré- 
gatlon de la Propagande et de l'E- 
gl'so catholique romaine en géné- 
ral. 



" 7. Toute convention faite entre 
le gouvernement de cette province 
et les Pères Jésuites, ne vaudra 
qu'en autant qu'elle aura été rati- 
fiée ^ar le Pape et la législation de 
cette province. 

" 8. Le montant de la compensa- 
tion fixée restera en la possession 
du erouvernement ' de cette provin- 
ce, comme un dépôt spécial jusqu'à 
ce que le Pape ait ratifié le dit 
règlement et fait connaître sa vo- 
lonté quant à la distribution de ce 
montant dans ce pays. 

" Notre corporation recevra l'in- 
térêt de ce dépôt à quatre pour 
cent à compter du jour de la signi- 
fication au secrétaire de la provin- 
ce de l'acte du Pape confirmant tel 
arrangement, et cela Jusqu'au paie- 
ment du canital qui devra se faire 
à qui de droit, dans les six mois de 
la signification au dit secrétaire de 
la province de la décision du Pape, 
quant à cette distribution 

" 9. Cette clause ne touchant pas 
la question que je suis chargé de 
traiter avec le gouvernement, je 
vous prie, monsieur le ministre, de 
vouloir bien me dispenser d'y ré- 
pondre. 

" Tl ne me r^ste plus, monsieur 
le ministre, qu'à vous exnrimer en- 
core une fois toute ma reconnais- 
sance et à vous promettre mon 
oouoours "nour vous aider à régler 
1p r»lus -romnip-ment possible cette 
dé^'cotp cm^stion. 

" J'ai l'houuonr d'être. Mon- 
s*f Ur le Ministre, votre très hum- 
M-. sp-rvïteur 

rSig&S], A. D. Turgeon, S. J., 

" Procureur des Jésuites." 



" Cabinet du Premier Ministre. 

" Québec, le 14 mai, 1888. 
" Mon Révérend Père, 

" En réponse à votre lettre du 
8 courant, j'ai l'honneur de vous 



306 



informer que le gouvernement est 
prêt à recevoir __votre demande 
par écrit, quant à la compensa- 
tion à être accordée. 

" Il espère que cette demande 
sera très raisonnable et modérée, 
vu les difficultés financières de la 
province et autres. 

"Croyez-moi, respectueusement, 
votre dévoué, 

[Signé], Honoré Mercier, 

" Très Révérend Jère Turgeon, 
S. J.» I 



Québec, 20 mai, 1888. 

" L'honorable Honoré Mercier, 
Premier Ministre de la pro- 
vince de Québec, 

Vk Monsieur le ministre, 

" J'ai l'honneur d'accuser ré- 
ception de votre lettre du 14 cou- 
rant, dans laquelle vous m'infor- 
mez que le gouvernement est prêt! 
à recevoir ma demande d'une 
compensation raisonnable et mo- 
dérée. 

" Voici, Monsieur le Ministre, 
ce que je crois devoir répondre en 
faveur de la cause que j'ai l'hon- 
neur de défendre. 

" D'après les rapports afficiels 
que vous avez eu l'extrême obli- 
geance de me communiquer, je 
constate que les biens des Jésuites 
sont évalués à la somme de $1,- 
200,000.00. 

" Ce n'est qu'une valeur ap- 
proximative, et je la crois bien 
inférieure à la valeur réelle., 

" Des hommes compétents que 
j'ai consultés à Québec, à Mont- 
réal et aux Trois-Rivières, n'hé- 
sitent pas à affirmer que les biens 
fies Jésuites valent au moins 
$9 000.000.00. 
" Ils culculent : 



" 1. Les seigneuries 

fiels à. . . . $5,000,000.00 
" 2. La propriété au 
centre de la 
ville de Mont- 
réal, d'une éten- 
due de 330,- 
003 pieds, peut 
être évaluée à 
$3(,00 du pied } 

— des évjalua- 
teurs autorisés 

prétendent 
même que le ] 

prix réel est 
de $6(.0j0 du 
pied, comme 
il est de $10.00 
sur la Place 
d'Armes et de 
$16.00 au car- 
ré Victoria — 
représentant, 
pour la moi- 
tié de la valeur 
réelle une som- 
me de. .. . 990,009.00 
" 3. A Québec, le ter- 
rain de l'an- 
cien Collège 
est évalué, dans 
les rapports offi- 
ciels, à un prix 
variant de $50.- 
000.00 à $200,- 
00G/.00,— disonal. 100,000.00 
" 4. Les revenus de- 
puis 1867 ont 
atteint le chif- 
fre de. . . . 400,000.00 
" 5. Le capital des 
lods et ventes 

est de 92,572.00; 

" 6. Une propriété, 
Notre-D'ame- 
des-Anges a été 
vendue. . ' . . 18,200.00 
" Ce oui donne un total de 
pins ^o deux millions de piastres. 
" Remarquez. Monsieur le Mi- 
nistre, qu'aucune mention n'est 



307 



faite des intérêts, même depuis 
la Coniédération. 

" C'est donc en présence de ces 
documenta que je dois faire la 
demande d'une compensation rai- 
sonnable et modérée, avant de 
mettre le gouvernement dans la 
pleine jouissance et la légitime) 
possession de tous les biens des 
Jésuites en Canada. 

" OrUna proposition raisonna- 
ble et modérée, la voici : Je de- 
mande au gouvernement de la 
province de Québec, la moitié de 
la valeur réelle d'une seule des 
propriétés que nos Pères ont ache- 
tées de leurs propres deniers — de 
notre propriété de Montréal, c'est- 
à-dire $990,009.00, et les Pères Jé- 
suites abandonneront toutes les 
autres propriétés. (Voir la liste 
des biens). 

" Voici les raisons sur lesquel- 
les j'appuie ma demande modérée : 

" 1. Je ne demande que la moi- 
tié d'une seule propriété et j'en 
cède vingt autres, (voir la liste 
des biens) ; n'est-ce pas raison- 
nable et modéré ? 

" 2. Nos dettes actuelles s'élè- 
vent à $200,000.00 ; pour nos 
trois maisons d'études et de for- 
mation, il ne faut pas moins de 
$30,000.00 de revenus annuels ; 
pour faire les réparations urgen- 
tes que demanderaient nos mai- 
sons de Québec, Trois-Hivières, 
Montréal. Sault-au-Kéeollet et du 
lac Nominingue, il ne faudrait 
pas moins de $ 9 0,000.00, donc ma 
demande est raisonnable et mo- 
dérée. 

" 3. Le gouvernement trouvera- 
t-il ma demande exagérée, quand 
il considérera que la vente d'une 
seule propriété peut le rembour- 
ser et au-delà ? 

a Ainsi, lo Ch^mn-de-Mars. à 
#n.00 du pied, r*uu<">rterait $t,- 
024110.00 • n'obtiendrait-™! t>*s 
un pareil résultat avec la sei- 



gneurie du Cap de la Magdeleine, 
dont létendue est ae 40 lieues i 
Voua pourquoi, Monsieur le Mi- 
nistre, je considère ma demande 
raisonnable et modérée. 

" Je n'ignore pas, Monsieur le 
Ministre, que dans un document 
présenté à Rome, il y a quelques 
années, on a évalué tous les biens 
des Jésuites à la somme de $400,- 
000 ; mais l'inexactitude de cette 
évaluation est démontrée même 
d'après les raports officiels cités 
plus haut. 

Le même document contient 
d'autres propositions non moins 
inexactes, pour prouver eue la 
Compagnie de Jésus est incipable 
nar elle-même de recouvrer ses 
biens, à cause de l'opposition qu'el- 
le rencontrerait dans la Législatu- 
re. 

" En protestant contre cette 
insinuation, je suis heureux d'af- 
firmer que depuis que la Compa- 
gnie de Jésus est entrée en négo- 
ciation avec le gouvernement, elle 
a été l'objet delà plus grande bien- 
veillance de votre part, Monsieur 
le Ministre, de la part de vos ho- 
norables collègues et. des honora- 
bles membres des deux chambres. 

" En terminant. Monsieur le 
Miristre, je me permets une sug- 
gestion. 

"Dès que le règlement s^* con- 
clu, ne serait-il pas possible, en 
dehors de la compensation accor- 
dée, dp donner aux Pères Jésuites 
un terrain oui fût comme le mo- 
•rniment commém o v atif de l'acte 
i5«^;-i- e7ïlTr , e Tit catholique et conser- 
vateur oue vous niiez faire ? — 
Je propose la " Commune ' de 
Ta-n-^airio ; ce terrain, dans l'état 
où il cx'.sto est de n^ 11 de vale/nf, 
mais il peut nous suffire oour le 
but ^ommernorotif indiqua. 

" TI est aussi un* manière do 
commémorer, dans l'histoire poli- 



308 — 



tique du pays, ce concordat glo- 
rieux dont l'acte restera attaché 
au nom de votre ministère, dès 
que le Saint Père l'aura ratifié ; 
c'est que les établissements des 
Pères Jésuites en cette province, 
soient toujours admis, selon leurs 
mérites et s'ils le demandent, à 
partager les largesses que le gou- 
vernement de cette province accor- 
dera à d'autres institutions, pour 
encourager l'enseignement, l'iédu- 
cation, l'industrie, les arts et la 
colonisation. 

" La raison de cette faveur c'est 
que ces allocations se feront, en 
grande partie, sur les fonds des 
" Biens des Juséites.^ 

" Ne serait-il pas étrange, pour 
ne rien dire plus, de refuser aux 
Jésuites une part accordée à d'au- 
tres, dans les encouragements pé- 
cuniaires tirés du revenu de ces 
mêmes biens dont les Jésuites ont 
enrichi la province. 

" Voilà, monsieur le ministre, 
ce que j'ai cru devoir vous dire 
avant de savoir ce que le gouverne- 
ment est prêt à m'offrir, comme 
compensation des biens des Jésui- 
tes. 

" En attendant l'honneur d'une 
réponse, je compte sur la justice 
de ma réclamation, et sur îa libé- 
ralité d'un sage gouvernement. 

"J'ai l'honneur d'être, monsieur 
le ministre, votre très humble ser- 
viteur, 

Signé, A. D. Turgeon, S. J. 

Procureur des Jésuites. 




R. P. Turgeon, S.J., Procureur des 

Pères Jésuites. 
" Cabinet du Premier ministre, 

Province de Québec. 
Québec, le 4 juin 1888. 

a Très révérend Père, 

" J'ai l'honneur d'accuser récep- 
tion de votre lettre, datée du 20 
mai dernier. 

" Vous m'y faites connaître les 
conditions auxquelles vous êtes 
disposé à régler la question dite 
" Biens des Jésuites " au moyen 
d'une compensation équivalent à la 
moitié d'une des propriétés ache- 
tées par la compagnie de Jésus, de 
ses propres deniers. 

" J'ai soumis votre lettre à mes 
collègues réunis en conseil, et nous 
sommes arrivés à la conclusion de 
vous répondre ce qui suit : 

u lo. Vu les difficultés qui en- 
tourent le règlement de cette ques- 
tion de la province, nous sommes 
obligés, à regret, de vous dire que 
nous ne pouvons vous offrir plus de 
$400,000.00. 

u 2o. Pour arriver à ce chiffre, 
nou3 ne prenons pas pour base la 
valeur intrinsèque des biens, atten- 



— 309 



du que depuis long-temps les auto- 
rités religieuses ont abandonné la 
demande de restitution en nature, 
et se sont contentées invariable- 
ment de réclamer une indemnité. 

" Le montant de cette indemnité 
à même été indiqué par les autori- 
tés religieuses de ce pays, à Rome; 
lesquelles autorités se sont déclarés 
prêtes, dans différentes occasions, 
à accepter $400,000.00. 

" 3o. 11 nous est en conséquence 
impossible d'aller au-delà de ce 
montant. 

Nous sommes prêts à vous l'of- 
frir aux conditions posées dans ma 
lettre du 1er mai dernier. 

" 4o. De plus, comme commémo- 
ration de ce règlement, nous rétro- 
céderons les droits que le gouver- 
nement possède sur la commune de 
La prairie. 

" Ces droits, minimes il est vrai, 
sont toutefois les mêmes que les 
Pères Jésuites s'étaient réservés 
par l'acte de concession aux habi- 
tants de Laprairie de la Magdelei- 
ne reçu le 19 mai 1694, devant 
Mtre Adhémar, notaire royal de 
l'Ile de Montréal, moins les quel- 
ques changements faits à ces 
droits par actps de la législature. 

" Voilà, Très révérend Père, les 
offres que mes collègues m'ont 
chargé de vous faire. 

" Espérant que. vu les circons- 
tances exposées ci-haut, vous pour- 
rez Ips aco^nter. 

" J'ai l'honneur d'être, votre 
tout dévoué. 

Signé, Honoré Mercier, 

Premier ministre. 
1 Très révérend Père Turgeon. 
Agent du Saint-Siège, 
Québec, P. Q. 

Québec, 8 juin 1888. 
" L'honorable Honoré Mercier, pre- 
mier ministre, province de Qué- 
bec. 



" Monsieur le ministre, 

" En conséquence de votre lettre 
du 4 juin courant, déclarant qu'il 
est impossible au gouvernement 
d'offrir plus de $400,000.00; en pré- 
sence des raisons que vous donnez 
et des difficultés que vous allé- 
guez, je crois remplir le mandat 
dont je suis chargé et entrer dans 
les vues du Saint-Siège et des su- 
périeurs de la compagnie de Jésus, 
qui ont à coeur de voir disparaître 
le malaise par cette question en 
ce pays, en acceptant vos proposi- 
tions, si minimes qu'elles soient, et 
en espérant que le Saint-Siège les 
aura pour agréables et daignera 
les ratifier. 

" J'ai l'honneur d'être, monsieur 
le ministre, votre très humble ser- 
viteur, 

Signé, A. D. Turgeon, S. J. 

Procureur des Jésuites. 

" Cabinet du Premier ministre. 
Province de Québec. 

Québec, le 8 juin 1888. 
" Très révérend Père. 

J'ai l'honneur d ? accuser récep- 
tion de la vôtre de ce jour, dans 
laquelle vous m'informez que vous 
acceptez, en votre qualité officielle, 
l'offre que le gouvernement vous a 
faite dans ma lettre du 4 juin cou- 
rant. 

" Il ne me reste plus qu'à faire 
préparer les documents nécessaires 
et à les soumettre à qui de droit. 

''' Croyez, Très révérend Père, à 
la haute considération de votre 
tout dévoué, 

Siené, Honoré Mercier. 

Premier ministre. 
" Très révérend Père Turgeon, 
Procurer des Jésuite*, 
Québec, P. Q. 



310 



" Attendu que copies des dites 
lettres du Très révérend Père Tur- 
geon, en date du 25 avril 1888, et 
du Premier ministre, en date du 
1er mai 1888, ont été communi- 
quées à Son Eminence le cardinal 
Taschereau, comme il annert dans 
la correspondance qui suit : 

" Cabinet du Premier ministre, 
Province de Québec. 
Québec, le 3 mai 1888. 
A Son Eminence le cardinal Tas- 
chereau, Québec. 

Eminentissime Seigneur, 

" J'ai l'honneur de vous trans- 
mettre, sous ce pli, pour l'informa- 
tion de Votre Emmence, copies des 
documents suivants : 

" lo. Lettre des préfet et secré- 
taire de la Sacrée Congrégation de 
la Propagande, datée Rome 27 
mars 1888, autorisant le Procureur 
des Jésuites, à Montréal, à. traiter 
avec le gouvernement de cette pro- 
vince, la question des Biens des Jé- 
suites, version italienne ; 

* 2o. Version française de la 
même lettre ; la traduction étant 
des révérends Pères Jésuites ; 

3o. Lettre du révérend Père 
Turgeon, transmettant cette lettre 
de la Propagande ; 

4o. La réponse du gouverne- 
ment au révérend Père. 

' Veuillez croire. Eminence, à la 
respectueuse considération de vo- 
tre tout dévoué. 

Signé, Honoré Mercier, 

Premier ministre. 
A laquelle communication il 
plut à Son Eminence de répondre 
comme suit, le 4 mai 1888. 
" Monsieur le Premier ministre, 
_ " J'ai l'honneur d'accuser récep- 
tion de votre lettre d'hier et des 
documents qui l'accompagnaient 
relatifs à l'affaire des Biens des Jé- 
suifces. 



" Je vous prie d'accepter mes re- 
merciements et de me croire votre 
tout dévoué. 
Signé, 

A. E. Card. Taschereau, 

Archev. de Québec. 



Attendu Que les documents trans- 
mis par le Très rvérend Père Tur- 
geon, avec sa lettre susdite du 8 
mai 1888, sont dans les termes sui- 
vants, savoir : 

" Extrait des minutes de la cor- 
poration de la compagnie de Jésus, 
à une assemblée des membres de la 
dite corporation, tenue le deux 
avril mil huit cent quatre-vingt- 
huit, en la " Mission de l'Immacu- 
lée Conception de Montréal," rue 
Rachel : 

(Traduction.") 

" Le P. Adrien Turgeon est 
nommé procureur ^général et spé- 
cial du Révi. P. Supérieur, pour 
traiter avec le gouvernement de 
la Province de Québec, la ques- 
tion des biens de l'ancienne Com- 
pagnie en Canada " Biens des 
Jésuites " ou toute autre ques- 
tion." 

(Signé), F. VIGNOT s. J., 

Secret." 

ACTE DE DELEGATION DE 
POUVOIRS 

" Par devant Léonard Ovide 
ELétu, notaire public, dûment ad- 
mis pour la Province de Québec, 
l'une des Provinces de la Puis- 
sance du Canada, résidant en la, 
cité de Montréal, dans le district 
de Montréal, dans la dite Pro- 
vince de Québec, soussigné, Fut 
présent : 

" Le Révérend Père Pierre Ha- 
mel. Supérieur de la Compagnie 
de Jésus en Canada, résidant en 
la cité de Montréal, dans le dis- 



311 



tri«t de Montréal. Lequel pac 
ces présentes fait et constitue son 
proc tireur général et spécial le 
±Cévérend Père Adrien iurgeon, 
recteur du Collège Ste-Marie, ae 
la cité et du district de Mont- 
réal ; auquel il donne et délègue 
tous les droits et tous les pou- 
voirs qu'il possède ou qu'il pourra 
posséder par la suite, soit en sa 
qualité personnelle, soit en sa 
qualité de Supérieur de la Com- 
pagnie de Jésus, soit en qualité 
de délégué, procureur ou chargé 
d'affaires du Saint Siège, relati- 
vement aux biens des Jésuites 
actuellement détenus par le gou- 
vernement de la Province de 
Québec et à toute affaire se rap- 
portant directement ou indirecte- 
ment à la question des anciens 
biens des Jésuites en Canada, _ et 
relativement à toute transaction 
de quelque nature qu'elle soit qui 
pourrait être faite à compter de 
ce jour avec le gouvernement ou 
la législature de la province de 
Québec ou avec aucun ministre 
ou membre du pouvoir public 
fédéral ou provincial en Canada, 
et aussi relativement à toute re- 
quête, projet de loi, mesure, qui 
pourraient être soumis aux parle- 
ments ou législatures du Canada 
par la Compagnie de Jésus ou 
par aucune maison de l'Ordre des 
Jésuites, ou soumis aux dits par- 
lements ou législatures par d'au- 
tres personnes, mais affectant di- 
rectement on indirectement en 
qnoi qne ^e soit les droits ou in- 
térêts de la Compagnie de Jésus 
nn r?« rn'plq-n'n-p.o do ^es maisons ; 
notamment le pouvoir de deman- 
der e+ recevoir ô!p rmi il apartien- 
dra, les biens, meubles et immeu- 
bles et sommes mobilières on 
-•TnT^obiliovpc: fninrt?Pnnt. à l*i 
Oomnasmie do Jésus ou dont le 
flnna+îtnant. ^ni quelon'nne do sep* 
qualités susdites, aura le contrôle. 



ia charge, l'administration ou la 
disposition à quelque titre que ce 
soit, le pouvoir de vendre, céder, 
ecnanger, transporter,, louer les 
aits biens à telle personne, par 
telle voie, et aux prix, charges, 
clauses, conditions et considéra- 
tions que le procureur constitué 
trouvera avantageuses ou accep- 
tables, s'engager à toutes garan- 
ties, recevoir les prix des dits 
biens et en donner quittance., 
accepter toute indemnité et con- 
sentir à tous compromis, arran- 
gement de quelque nature que ce, 
soitj recevoir les dites indemnité 
ou compensation et en donner 
bonne et valable quittance, nom- 
mer et constituer tous avoués, 
défenseurs ou avocats, arbitres,, 
sur-arbitres, experts, etc., substi- 
tuer une ou plusieurs personnes 
en tout ou en partie des présents 
pouvoirs, les révoquer et en sub-« 
8t.it.uer d'autres, et signer tous» 
actes pour les effets ci-dessus, et 

'■■' ■"■"dément faire, de la manière 
ïfl plus ample, tout acte que le 
dit constituant, ès-dites qualités,, 
pourrait faire lui-même, quoique 
nnn prévu en ces présentes, les 
ratiflant et promettant les rati- 
fier à première demande, ces pré- 
sentes toujours valables jusqu'à 
révocation expresse, nonobstant 
snranuation et lans de temps». 

" Fait et passé en la cité de 
M"or>+ T â 3 X district de Montréal, 
<m l'étude élu notaire soussigné, 
V ,-, rv,'] }jin't p>«n.t onat^e-vinsrt- 
krpt. le neuvi^T^^ -Jour du. mois 
d'avr'l. "Très-T^'^ï. pour 1^ numéro 

Onze mill n "uit po-nf e""onante- 

ono+rp. Tïlt ]a ^omp^rant a signé 
avec moi, no+aire. 

P. HA MET, S. T. 
9'~r>*, L. O. TTFTTT. 7^ p 

fVraie copie de la minute de- 
meurée en mon étude.^) 

Signé, L. O. HETu/n. P. 



312 



" L'an mil huit cent quatre- 
vingt -liait, le cinquième jour de 
mai, & comparu devant le no- 
taire public, pour la province de 
Québec, Canada, résidant en la 
cité de Quéoec, soussigné : 

" Le très Révérend Père Adrien 
D. Turgeon, de la cité de Mont- 
réal, membre de la Compagnie de- 
Jésus, recteur du collège Sainte- 
Aï a rie. à Montréal, en sa qualité 
de représentant on procureur, sui- 
vant acte de dél%ation de pou- 
voirs, du 9 avril dernier, 1888. 
devant L. O. xiétu, notaire, à 
Montréal, du très Révérend Père 
Pierre Hamel. de la dite cité de 
Montréal, Supérieur de la Com- 
pagnie de Jésus en Canada, en 
les différentes qualités détaillées 
au dit acte. 

" Lequel dépose, par les pré- 
sentes, à Cyrille Tessier. notaire. 
sousigné. et le requiert de mettre 
au rang de ses minutes à la date 
de ce jour, le brevet original d'une 
lettre fou induit) ru langues ita- 
lienne et latine, adressée au très 
Révérend V^re Procureur des Jé- 
suites de Montréal, par Son Emi- 
nenee Jean. Cnrdinal Simeoui) 
rx,'4" p + ;ï ] a Congrégation de la 
Propagande. dat.pe à Rome, le 
vingt-sept de mars dernier. 

Laquelle lettre revêtue de la 
signature de Monseigneur l'Ar- 
chevêque d° Tvr, Secrétaire de la 
dite congrégation. est demeurée 
annexée à la minute des présentes 
après avoir M&. par le comparant. 
certifié véritable et signée en pré- 
sence du dit notaire. 

A la minute du présent acte 
sont aussi annexées deux déclara- 
tions solennelles vérifiant et iden- 
i.'4»„ r , + -| p<5 piVnatures apposées au 
bnc; rlo If, di+o lptt r o ; l'une de 
Monsei<meur TTenri Têtu, de Qué- 
bec. r)T , etr° cqr ^ 1 * 1 *^^ (s^oy^f de S^ 
Sainteté Léon XTIT, aumônier de 



l'Archevêché de Québec, et l'autre, 
de Monseigneur Cyrille Alfred 

Marois, prêtre, camérier secret 
de Sa Sainteté Léon XIII, secré- 
taire de FArchidiocèse de Québec, 
lesquelles déclarations portent la 
date de ce jour et ont été reçues 
par Cyrille Tessier. notaire sous- 
signé. 

Dont acte, à Québec, sous îe 

numéro sept mille quatre cent 
soixante-dix-neuf des minutes de 
Cy. Tessier, notaire, soussigné. 

En foi de quoi le comparant a 
signé avec le dit notaire, lecture 
faite. 

Signé, A. D. Turgeon, S. J. 

Signe, Cy. Tessier, K". P. 

(Vraie copie de la minute de- 
meurée en mon étude.) 

Signé, Cy. Tessier, N. P. 

"S. Congregazione di propaganda 
" Segretaria 
" No. 1590. 
" Oggetto. 
" Roma li 27 Marzo 18S8. 

~&mQ ±*ADRE, 

" Ho il piacere di significare 
alla P. V. eue deterita la questione 
concernente il nasquisto dei béni 
dei' Padri Gesuiti nel basso Cana- 
da ad una spéciale commissione 
Cardinalizia nel giorno 20 corr. 
Marzo fu ad essa proposto a risol- 
vert» il dubbio seguente : u Se. 
corne, ed a chi convenga dare 
l'autorizzazione di reclamare dal 
Governo délia Provincia di Que- 
bec i béni appartenuti ai PPi 
Gesuiti ^rima délie soppressione 
délia compagnia." Ora gli Emi 
Cardin ali risposero : " Affirma- 
tive, favore PP. Societatis Jesu, 
et iuxta modum alias praescrip- 
tum, scilicet PP. Societatis Jesu 
suo nomine cum civili Gubernio 
agant, ita tamen ut Sedi aplicae 
pl^na libertas maneat de îis bonis 
disponendi, prout opportunum 



313 



iudicaverit, et ideo corandum 
îliis omni studio est, ut nulla 
conditio vel clausula in publiée- 
instrumento cessionis bonorum 
apponatur, quibus S. Sedis liber- 
tas quocumque modo afficiatur. 
Insuper quamcumqjue summan 
PP. Societatis Jesu percepturi 
erunt a Gubernio. deponere tenean- 
in loco tuto a S. Congne deter- 
minando." 

" Riferita la suda. risoluzione 
nelil'Udienza del giorno stesso 20. 
Marzo al S. Padre* Sua Santità si 
degno opprovarla in tutte le sue 
parti Quindi è che la P. V. è auto- 
rizzata a revendicare i béni stessi 
con le condizioni già esposte. 

" In questa intelligenza prego il 
Signore, che La conservi. e La 
prosperi. 

" Di V. P. 

Affmo 
Giovanni Gard. Simeoni, 

Prefetto. 
"Revmo 



" Pe Procuratore 



Jesuiti di 



Montréal. 
D. Arciv. di Tyr Segret. 

" Ceci est le brevet original de 
la lettre dont il est fait mention 
en un certain acte de dépôt fait 
par moi ce jour devant Cy. Tessier, 
notaire, à Québec, laquelle lettre je 
certifie - véritable. 

" Québec, 5 mai 1888. 

Signé, A. D. Turgeon,, S. J. 

" En présence de 

Signé, Cy. Tessier, ~N. P. 

[Vraie copie], 

Signé, Gy. Tessier, N. P. 

''' Je, Henri Têtu, prêtre, camé- 
rier secret de Sa Sainteté Léon 
XIII, aumônier de l'Archevêché 
de Québec, demeurant en la cité 
de Québec, déclare solennellement 



que les signatures : " Giovanm 
Card. Simeoni, Prefetto " et " D. 
Arciv. di Tyr. Segret." au bas de 
la lettre — ou induit — en langues 
italienne et latine, adressée au ré- 
vérend Père Procureur des Jésui- 
tes de Montréal, en date à Rome, 
du vingt-sept mars dernier 1888, et 
portant le numéro 1590, sont, res- 
pectivement les signatures du car- 
dinal Simeoni, préfet, et de Mon- 
seigneur l'archevêque de Tyr, se- 
crétaire de la Congrégation de In 
Propagande. 

" Et je fais cette déclaration so- 
lennelle, la croyant consciencieuse- 
ment vraie et en vertu de l'acte 
passé dans la trente-septième an- 
n.pA du rè^ne de Sa Majesté, inti- 
tulé : il Acte pour la su-nnression 
des aprments volontaires et extra- 
judiciaires. 

Rismé. H. Têtu, Ptre, C. S. 

" Déclaré devant moi, notaire, à 

Ouébpc, ce cinqi mai 1S88. 

Sis-né. Cy. Tessier. K P. 

" Ceci est une des déclarations 
solennelles dont il est fait mention 
dans un certain acte de dénôt fait 
par moi. ce jour, devant Cy. Tes- 
sier. notaire à Québec, à la minute 
duquel acte elle est demeurée an- 
nexée. : ' 

" Québec, 5 mai 1888. 

Siqiié. A. D. Turgeon, S. J, 

" En présence de 

Signé. Cy. Tessier, N. P. 

" Vraie copie. 

Signé, Cy. Tessier, JS". P. 



314 — - 




" Je, Cyrille Alfred. Marois, prê- 
tre, cainerier secret de ba Sainteté 
j^eoii uYill, secrétaire de 1 arcni- 
diocese cie t^ueDee, demeurant en 
la cité de Queoee, déclare solennel- 
lement que les signatures : " Gio- 
vanni Card. feimeoni, Prefetto." et 
" 1). Arciv. di Tyr Segret," au bas 
de la lettre — ou induit — en langues 
italienne et latine, adressée au ré- 
vérend Père Procureur des Jésui- 
tes de Montréal, en date à Home 
du vingt-sept mars dernier 1888, et 
portant le numéro 1590, sont res- 
pectivement les signatures du car- 
dinal Simeoni, préfet, et de Mon- 
seigneur l'archevêque de Tyr, se- 
crétaire de la Congrégation de la 
Propagande. 

•' Et je fais cette déclaration so- 
lennelle, la croyant consciencieuse- 
ment vraie et en vertu de l'acte 
passé dans la trente-septième année 
du règne de Sa Majesté, intitulé : 
" Acte pour la suppression des ser- 
ments volontaires et extrajudi- 



eiaires. 
" Signe, 



C. A. Marois, ptre, C. S. 



" Déclaré devant moi, notaire, 
à Québec, ce cinq de mai 1888. 

" Signé, Cy. Tessier, N\ P. 

" Ceci est une des déclarations 
solennelles dont il est fait men- 
tion en un certain acte de dépôt 
fait par moi, devant Cy. Tessier, 
notaire, à Québec, à la minute du- 
quel acte elle est demeurée an- 
nexée. 

" Québec, 5 mai, 1888. 
" Signe, A. D. Turgeon, S. J. 

" En présence de 

" Signé. 'Cy. Tessier, K. P. 

" (Vraie copie,) 

" Signé, Cy. Tessier, N*. P« 

" Attendu qu'il convient de 
mettre nn au malaise qui existe 
dans cette province, relative- 
ment à cette question des bien» 
des Jésuites, en la réglant d'une 
manière définitive (; En cosné- 
quence, Sa Majestéjpar et de l'avis 
et du consentement * de la Légis- 
lature de Québec, décrète ce qui 
suit : 

1. Les conventions susdites, ar- 
rêtées entre le Premier Ministre 
et le Très Révérend Père Tur- 
geon, sont ratifiées par les pré- 
sentes et le lieutenant-gouverneur 
p n conseil est autorisé à les met- 
tre à exécution dans leur forme 
et teneur. 

2. Le lieutenant-gouverneur en 
conseil est autorisé à payer, à. 
même tout argent public à sa dis- 
position, la somme de quatre cent 
millo piastres, de 1a manière et 

Hnns les «onditions mentionées 
dans les documents ci-dessus cités. 
<p f do faire tout acte mi'il jugera 
nécessaire pour la pleine et en- 
tipr^ exécution des dites conven» 

fions 

3. Tir> lip-ntori£»' n +-qro - nvo T " , ">pi7r en 
conseil ost autorisé à céder à la 



315 — 



Compagnie de Jésus, société cons- 
tituée en corporation,, en vertu de 
l'acte de cette province, 50 Victo- 
ria, chapitre 28, tous les droit» 
de cette province sur la Commune 
de Laprairi*. 

4. Dès que ce règlement sera 
effecté. le lieutenant-gouverneur 
en conseil pourra payer, à même 
les fonds publics à sa disposition, 
une somme de soixante mille 
piastres au comité protestant du 
conseil de l'instruction publique, 
somme dont le placement sera 
fait par le dit comité. 

L'intérêt provenant de tel pla- 
cement sera distribué annuelle- 
ment par le comité protestant, 
avec l'approbation du lieutenant- 
gouverneur en conseil, aux insti- 
tutions protestantes d'éducation 
supérieure, en sus de toute som- 
me maintenant accordée par lpj 
loi pour les fins de l'éducation su- 
périeure dp la province, et de la 
même manière. 

5. Le lieutennnt-g-ouverneur en 
conseil est autor'sé à faire valoir 
auprès de qui de droit, tonte ré- 
clamation qui pourra échoir au 
gouvernement de cette nrovino*> 



par suite de l'exécution des sus- 
dites conventions. 

ti. Le lieutenant-gouverneur en 
conseil est autorisé par les pré- 
sentes, à disposer, de la manière 
qu'il croira la plus avantageuse à/ 
la province, de tous biens, meu- 
bles, immeubles, intérêts et droits 
généralement quelconques de la 
province sur les dits biens appe- 
lés Biens des Jésuites. 

L'acte de cette législature, 48 
Vict., chap. 10, nonobstant la sec- 
tion 5 du dit acte ou autre loi, 
s'appliquera aux dits biens,, dont* 
le produit pourra être employé, 
nonobstant toute loi à ce con- 
traire pour les fins ci-dessus men-i 
tionnées ou pour toutes autres 
fins approuvées par la législature) 



Après la solution du règlement 
des Biens des Jésuites, le gouver- 
nement vendit à fia cité de Québec 
une partie du terrain de l'ancien 
collège des Jésuites pour y cons- 
truire l'Hôtel-de- Ville, que nous 
voyons actuellement, l'autre partie 
fut vendue aux Frères de l'Acadé- 
mie Commerciale. Voici l'acte de 
vente : 




Armes de la famine de Boucherville 



310 — 




o 
'o 



317 




I/hon. John-Jones Ross, 
premier ministre. 



ancien 




François Langelier. maire de Qué- 
bec, qui a signé l'acte de vente à 
la Corporation,, du coMège pour 
y construire l'Hôtel-de-Ville. 




L'honorable David-A. Ross, qui 
est autorisé à signer l'acte de 
vente du terrain du collège pour 
y construite l'Hôtel de Ville. 

ACTE DE VENTE 

De partie du terrain de l'ancien 
collège de Québec, ou col- 
lège des Jésuites 
à Québec 

L'an mil huit cent quatre-vingt- 
neuf, le deuxième jour de novem- 
bre, devant Joseph Allaire, notaire 
public, pour la province de Québec, 
résidant à Québec, soussigné, ont 
comparu : l'honorable David A. 
Ross, demeurant en la banlieue de 
la cité de Québec, commissaire des 
Travaux Publics, " ad intérim," de 
La province de Québec, dûment au- 
torisé à l'effet des présentes par un 
ordre de l'honorable Conseil Exé- 
cutif de la province de Québec, en 
date du trente octobre mil huit 
cent quatre-vingt-neuf, et dont 
copie est annexée aux présentes ; 

Et l'honorable François Lange- 
lier, maire de la cité de Québec, et 
y demeurant, agissant ici pour et 
au nom de la cité de Québec, et au- 
torisé à cet effet par une résolution 
du Conseil de la cité, en date du 
vinsrt septembre dernier, 1889 ; 

Lenuel dit honorable David A. 
Ross, es dite qualité, a vendu avec* 



318 



garantie de tous troubles quelcon- 
ques à la cité de Québec, ici repré- 
sentée par l'honorable François 
Langelier, agissant et acceptant 
ici pour le bénéfice et avantage, de 
la dite cité, le lot de terre ci-aprèa 
décrit, savoir : une certaine por- 
tion du terrain de l'ancien Col- 
lège de Québec, ou Collège des 
Jésuites, compris entre la place 
de la Basilique, la rue Ste-Aime, 
la rue de la Fabrique, etc., et une 
ligne tirée de la porte eochèrô 
donnant sur le dit terrain, rue 
Ste-Anne, jusqu'à la propriété de 
l'Institut Canadien tel que le 
tout est indiqué en rouge sur le 
plan ci-annexé et marqué par les 
lettres A, B, C, D, E, F, G, H, 
avec en outre le droit de passage 
sur les rues ou ruelles qui doivent 
être ouvertes en arrière du dit 
terrain, le dit terrain faisant par- 
tie du numéro 2816, deux mille 
huit cent seize, du cadastre du 
quartier St-Louis, de la cité de 
Québec. 

" Cette vente est faite aux 
charges et conditions suivantes, sa- 
voir : 

" lo. A la charge de l'acqué- 
reur, de toutes les servitudes ac- 
tives et passives de mitoyenneté" 
et autres qu iexistent ou peuvent 
exister sur la dite portion de ter- 
rain et le droit de sortie, au béné- 
fice des propriétaires de l'autre 
partie du terrain, tant pour une 
rue ouvrant sur la rue Ste-Anne, 
prise moitié sur le terrain vendu, 
et moitié sur la dite autre partie 
du terrain, et par une autre rue 
à être ouverte par la corporation 
partant de celle qui vient d'être 
indiquée, et allant rejoindre celle 
de '- Fabrique à l'endroit où il y 
a déjà une nu Ole : les dites rues 
projetées d'au moins soixante 
pieds de lange ; 

" 2o. La dite cité de Québec, 
fera construire e1 terminer un 
Hôte] de Ville, ruv la dite portion 
f ! ;i terrain, dans le délai de cinq I 



ans de la date du dit acte de vente. 
" 3o. Le dit terrain ne pourra 
être employé que pour y mettre 
un hôtel de ville et dépendances à 
T usage de la dite corporation ; 
" 4o. Aucun bâtiment ne sera 
érigé sur le dit terrain à une dis- 
tance moindre de cinquante pieds 
de la ligne G, H, du dit plan ; 

" 5o. La dite Cité de Québec 
fera élever un monument en (mar- 
bre ou en bronze en l'honenur de 
Samuel de Ohamplain, le fonda- 
teur de Québec, en face du dit 
hôtel de ville si le Séminaire de 
Québec ou le gouvernement de la 
Province consentent à en faire 
ériger un au même endroit en 
l'honneur de quelqu'autre person- 
nage illustre de l'histoire du Ca- 
nada. (1). 

Cl) On voit par cette clause de" 
l'acte de vente que la cité de Qué- 
bec est engagé de faire ériger un 
monument à la mémoire du Fon- 1 
dateur de Québec, ou à un per- 
sonnage illustre de l'nistoire du 
Canada. Celui de Samuel de 
Oliamnlain a été érigé en 1898, 
^rès du Château Frontenac. Il ne 
reste à la corporation pour rem- 
plir son engagement, que le choix 
du personnage illustre. Il me 
semble que ce personnage illustre 
est tout trouvé : C'est le B. PlJ 
Jean-Joseph Cazot. S. J.. le der- 
nier Jésuite qui a hahité le Collè- 
ge r»rès d'un demi -siècle et qui 
y est décédé le 16 mars 1800. On. 
pourrait placer sa Statue dans le 
oarterre, entro la rue Ste-Anne et 
l'Hôetî de Ville, 1° dev-nier coin de 1 
terre occupé pa v les Jésuites après 
la ~^quêtc. J,q oit' 5 pourrait 
fuis*; ou même temns faire r>lacer 
la Statue du oremVr masristrnt 

fin O^nh^n nll j fl. fait "^"St r\l'l " ! 

pf habite le premier- l'Hôtel '% 
V*"^^ a 11 nom ri^q c^^^^ns ^ Ta* 

wî «ailla r»i tf' rlo Hhq'hmVUÎr». Cet*'* 

■nn-pf pvvn rmf •»•<-» li ■»•"« do la Faori- 
nuo et l'Hôtel do Ville. 



319 



" En outre, pour et moyennant 
le prix de vingt mille piastres, 
que le dit honoralble David A. 
Ross reconnaît et décllare avoir 
reçu de la Cité de Québec, dont 
quittance. 

" Fait et passé à Québec, au 
bureau du dit honorable David-A. 
Ross, les jour, mois et an susdits, 
sous le numéro quatre mille trois 
cent trois des minutes du dit 
Mtr^ Allaire, et, lecture faite, les' 
comparants ont signé avec moî 
dit notaire, de ce requis. 

(■Sî"né) " David-A. Ross. 

" F. Langelier, 

Maire de Québec 1 . 
" Jos. Allaire. K P." 

Vraie copie de la minute de- 
-meurée en mon étude. 

(Signé) Jos. Allaire, KP. 




MGR JEAN FRANÇOIS HUBERT. 

— IXe Evêque de Québec. 
Armes de Mgr Hubert. 

MGR HUBERT n'avait point d'armes 
personnelles, il se servait* des armes 
du diocèse, pour les documents offi- 
ciels, dit Mgr Marois. 



Lettres de Monseigneur Hubert, 
Evëque de Quietec, néeii,amant le 
Collège et les revenus des biens des 
jésuites pour fonla'er une Univer- 
sité, adressé© au Juge en chef, 
llion. Willam Smith, pour être 
référée à la Commission nommée 
pour s'enquérir sur les moyens de 
fonder une Université, etc., etc. 
Québec, 18 novembre 1789. 

" L'Hom. William Smith, Juge 
en chef. 

" Monsieur, 

" Voici le résultat de mes re- 
liée tiens sur le projet que vous 
m avez lait ! honneur de me com- 
muniquer p'ar \otre lettre du 13 
août. 

" Kien n'est plus digne du sage 
gouvernement sous lequel nous vi- 
vons, que iû! encourager lies sciences 
par tous les moyens possibles, et 
j'ose aire en mon particulier que 
rien ne saurait être plus conforme 
à mes vues et à mes désirs. Au 
nom d'une Université éftahlie dans 
la Province de Québec, ma patrie, 
je bénis lie Seigneur d'en avoir 
inspiré le dessein, et le prie d'en 
favoriser l'exécution. Xéannioins, 
comme il par oit que l'on recevroit 
avec plaisir mon opinion sur le 
projet lacune Unversité, je dois 
faire à IfHonoirable Conseil,, et au 
Comité de la part duquel je Sup- 
pose, que vo-us m'avez écrit les ob- 
servations suivantes : 

" Il est fort dont eux que la Pro- 
vince puisse fournir présentement 
un nombre suffisant d r Ecoliers 
pour occuper les maîtres et profes- 
eeuJrs qre ifon mettrait dans une 
Université. D'abord', tant qu'il y 
aura beaucoup de terres à défri- 
cher en Canada, on no doit pas at- 
tendre que les habitants des cam- 
pagnes soient curieux des arts li- 
nrraux. Un ouliti va tenir n,isiél qui 
désirera, laisser un born héritiage à, 
ses enfant-, aimera mieux cemmu- 



320 — 



■îent l'es appliquer à r'agricul- ; 
ture e-t employer son argent à leur 
acheter des fonds, qu'à leur pro- 
curer des connoissances, dont il ne 
eonnoit, et dont il n'est guère pos- 
sible qu'il connaisse le prix. Tous 
pays du monde ont successive- 
ment donné des preuves de ce que 
j'avance, les sciences n'y ayant 
fleuri que quand il s'y est trouvé 
pta d'habit ans qu'il n'en fallait 
pour lia culture ides terres. Or ceci 
n'a pas encore lieu en Canada. 
jays immense dont les terres peu 
avancées offrent de toutes parts de 
ouoi exercer l'industrie et pîawar 
Fintérêt de ces Colons:. Les villes 
seraient donc les seules oui mis- 
sent fournir des sujets à l'Uni- 
versité. 

■' Il y a quatre villes <âians la 
Province ; une, Wiëiam-Henri, 
( Sera!) qui est encore déserte ; 
une autre, ^ois-Rivières, qui mé- 
rutenait à peine le nom,' de bourg. 
Restent Québec et Montréal, dont 
Te peuple, comme l'en sait n'est; 
pas fort nombreux. En outre, est- 
il probable, attendu lia rareté: ac- 
foeffle^ de l'argent ert la pauvreté 
des citoyens, qw Montréal puisse 
envover un grand nombre de sujets 
à FU r i versée ? Tous Tes idl^ux p.r>«, 
rare dizaine, ou un° douzaine di'E- 
nollers de IV'^ntréa] sont PPWOy-és 
w»'î po"r étudi'er h Philosophie. Il 
t»Vti faut pas d'avantase ronr 
faire murmurer toute leur ville. 
Plusieurs, faute de move^s Siiffi- 
«ans. .sont contraints db borner à 
la HbétoT-ioue finie lte dOtKS d>^ 
Ilenrs études. "N"piar" v rio"ns le Sémi- 
naire de Québec donne gratnitie- 

m*-> + Sr.ç 'ncfruoti'oTiq ;91ir ]. R r>liilo'~ 

tfonlbip ^oniTTip pjuir les antres scaen- 
i 7 ^. et la "niltiis -Port mens^on alimen- 
taire ou'il ox'p^e dVn EeolW. ne 
Tnontp jamais h 19 liv^s s+crli-njr 
pnr pu. Je ro-n^luer^i^ de font p^lq 
que le moment n'est pas encore 



venu de fonder une Université à 
Québec. 

" 2. — J'entemlufe par Université 
uxie Compagnie, Uotmniuauté ou 
Corporation, ciomipoisée de plusieurs 
Coilièges, dans laquelle ces Pro- 
fesseurs sont établis pour ensei- 
gner diverses sciences, La fonda- 
tion d'une Université présupose 
donc l'Iéitablas sèment des Collèges 
qui en dépendent, et servent à la 
former par les sujets qu'ils four- 
nissent. Suivant les Cnronologis- 
tes les plus suivis, ^Université de 
Paris, la plus ancienne du monde, 
n'a été fondée que dans lie douziè- 
me siècle, bien que le Royaume kte 
France subsistât depuis le cinquiè- 
me. Rien ne presse donc de faire 
un pareil établissement dans une 
Province de nouvelle exisianee, qui 
ne compte encore que d'eux petits 
Coljlèges, qui seroit peut-être obli- 
gée de chercher dons Des pays 
étrangers des Professeurs pour 
remplir les Chaires, et des Eco- 
liers pour entendre Jeurs leçons. 

" On objectera que lies Anglo- 
Américains, nos voisins, quoiqu'ils 
ne datent pas de bien loin l'éta- 
blissement de leurs Colonies, sont 
néanmoins narvenus à se procurer 
une ou plusieurs TIniversitésw 
Mais il f°ut 0'hs^rv p r que le. voisi- 
nage die la mer, dont nous som- 
mes privés, ayant étendu nrom-nt^- 
mentl leur commerce, multiplilé 
leurs viBes, et augmenté lia popu- 
lation die leur Provinces, on ne 
doit pas s'étonner de les voir plus 
avaeés que nous, et qu^ le progrès 
de deux pavs aussi différemment 
situes r«fo sauroit être uniforme. 

"3i — En supposant que ces denx 
Premières, réflexions fussent dé- 
truites par des rënexions plu* ju- 
^icie^ses e+ nlfus sages, je voudrais 
p^a^t de faire aucune diemarehe 
vis-à-vis mon Clergé ni vis-à-vis 
des Canadiens en général, concer- 



— 321 — 






liant rétablissement proposé, sa- 
W.I- sur quel p^an on se proposait 
ci administrer ueue Uom.a.i.uiiciLxte î 
.Ue projet dune Université! en gé- 
uera* ne me satisiait pas. je ue-. 
sirerais quei'que cnose |ue plus uw- 
tailié. Combien de sciences dirté- 
rentes voudroit-on y enseigner i 
Cette question! .est importante ; 
un pilais grand noniibre de sciences 
ûjemanlulant un plus grand nombre 
de Professeurs, et par conséquent 
des revenus puîus amples. Un rCec- 
teur seroit-il préposé à l'Université, 
ou bien seroit-eile régie par une 
Société de Directeurs i En y sup- 
posant un Recteur, seroit-ri perpé- 
tuel ou amovible après un certain 
nombre d'années ? Qui en auroit 
la nomination, ainsi que celle des 
Directeurs, si cette manière d ad- 
ministration avoit lieu ? Seroit-ce 
le roi, ou le Gouvernement, ou les 
Citoyens de Québec, ou la Provin- 
ce en général ? Quelle place desti- 
nerait-on à l'Evêque ainsi qu'à son 
Coadjuteur dans l'établissement de 
cette Société ? Ne conviendr oit-il 
pas que tous deux, ou que du 
moins l'un dés deux, y eut une pla- 
ce distinguée ? 

" Ceci n'est pa« tout. On a an- 
noncé d'avance une Union qui pro- 
tégeroit le Catholique et le Protes- 
tant : voilà des termes bien va- 
gues. Quel moyen prendroit-on de 
procurer cette union si nécessaire ? 
En proposant à l'université, dira 
quelqu'un, dés hommes sans préju- 
gés ? Mais cjeci ne fait qu'accroî- 
tre la difficulté, loin de la résou- 
dre. Car -qu'est-ce que l'on appelle 
deig hommes sans préjugés ? Sui- 
vant la force de l'expression, ce 
devroient être dés hommes ni fol- 
lement prévenus en faveur de leur 
nation, ni témérairement zélés pour 
inspirer les principes' de leur com- 
munion aux jeunes gens qui n'en 
auroient pas été imbus, Mais aus- 
si, d'un autre cô + ^ ce devroient 
21 



ètie des hommes honnêtes et de 
Donnes moeurs, qui se dirigeassent 
&ar les principes de r évangile et 
au. cnriscianisme ; au lieu que, 
dans le langage des écrivains mK> 
ojeiués, un nomme sans préjugés 
est un homme opposé a tout prin- 
cipe de religion, qui, prétendant se 
conduire par la seule loi naturelle, 
devient bientôt sans moeurs, 6ans 
subordination aux lois qu il est 
néanmoins si nécessaire ue faire 
respsectfer aux jeunes gens» si Ton 
veut les former au bien. Des hom- 
mes de ce caractère (et notre siècle 
en abonde pour le malheur et la 
révolution des états) ne convien- 
droient aucunement à l'établisse- 
ment proposé. 

" Après ces observations préli- 
minaires, qui m'ont paru essentiel- 
les, je vais tâcher, Monsieur, de ré- 
pondre à vos différentes questions. 

" Texte. — Condition ou état ac- 
tuel de l'éducation. 

" Une liste des paroisses et cu- 
rés, et du nombre des paroissiens 
dans chacune, ou de leurs revenus 
respectifs provenant dés contribu- 
tions ecclésiastiques. 

" Réponse. — Rien n'est si aise à 
donner qu'une liste des paroisses 
et des curés ; mais ij sera démon- 
tré ci-après, que cette liste est inu- 
tile à l'affaire en question. Il ne 
seroit pas également! passible de 
faire connaître les revenus dés cu- 
rés. 

I. Ce que l'on appelle contribu- 
tions ecclésiastiques ou oblation®, 
est purement casuel. 

" Les dîmes ne se lèvent oas avec 
la même rigueur, ni dans la même 
proportion qu'en Europe. Elles ne 
sont que la vingt-sixème partie du 
froment, de l'avoine et des pois-, 
rendue à la vérité, chez le cfuré. 
Voilà à. quoi se réduit en Canada 
la dîme que l'on nomme prédicale 
en^ Angleterre. Quand à la dîme 
mêlée qui se paye sur les cochons, 
le lait, la laine, etc., ainsi que la 



322 



dîme personnelle qui se paye sur 
l'industrie dépendante des ^travaux 
manuels, comme sur les métiers, la 
pêche, etc., elle sont absolument in- 
connus et hors d'usage en <:e pays. 
^"otre dîme ne roulant donc que 
sur les grains, est sujette àl dje 
grands changements d'augmenta- 
tion ou de diminution d'une année 
à l'autre, suivant que la saison se 
comporte bien ou mal. Par consé' 
quent il seroit difficile de détermi- 
ner avec précision quels sont les 
revenus de messieurs les curés. 

" Texte. — Quelles sont les écoles» 
et quel est le genre d'instruction 
qu'on y donne actuellement ; com- 
ment se soutiennent-elles ? 

" Réponse. — Les Révérends Pè- 
res Jésuites de Québec ont tou- 
jours tenu ou fait tenir jusqu'en 
1776,, une école très bien réglée, où 
l'on enseignoit aux jeunes gens la 
lecture, l'écriture et l'arithmétique. 
Cette école était ouverte à tous 
t/eux qui en vouloierit pirofiter. 
Mais le gouvernement ayant trouvé 
bon de placer les archives dans le 
seul appartement de. leur maison 
qui put recevoir des écoliers, les 
dits Révérends Pères n'ont pu con- 
tinuer la bonne oeuvre. Il y a dans 
la ville quelques Canadiens parti- 
culiers qui montrent à lire et à 
écrire en payant. Leurs écoles se 
tiennent régulièrement tous les 
jours ; elles sont assez fréquentées, 
et les parents qui y envoient leurs 
enfants sont uassablement contents 
de leurs progrès. 

" A Montréal le séminaire en- 
tretient depuis son étafblissemerit 
une école où les enfants de toute 
condition apprennnt gratuitement 
à lire et à écrire. Les livres néces- 
saires à cet effet leur sont fournis. 
On a compté plus de trois cents 
enfants en même temps dans cettd 
école renommée par sa régularité 
extrême. 




Hon. JAMES SMITH, juge en chef.— 
Né en 1728 ; Juge en 1769 ; premier 
président du Conseil Législatif du 
Bas-Canada, en 1791 ; mort à Qué- 
bec, le 6 décembre 1793. 



" Pour l'instruction des jeunes; 
demoiselles, il y a de nombreux 
pensionnats cihez les soeurs de la 
Congrégation à Montréal, un chez 
les Dames Ursulines, de Québec 
et aux Trois-Rivières, et à l'Hôpi- 
tal-Général de Québec. Les demoi- 
selles sont conformées dans ces 
maisons à la lecture, à l'écriture, 
à l'arithmétiaue et aux ouvragée 
manuels convenables à leur sexe, 
comme la broderie, etr., mais sur- 
tout à la vertu. Des écoles publi- 
ques sont ouvertes aux jeunes fille 
dans les trois villes de cette Pro- 
vince ; une à Montréal chez les; 
soeurs de la Congrégation, une^ aux 
Trois-Rivières chez les Ursulines, 
et deux à Québec, dont l'une chez 
les Ursulines et l'autre chez les 
soeurs à la Basse-Ville. Il ne faut 
pas oublier les missions des soeur* 
de la Congrégation établie? dan* 



— 323 — 






la campagne où elles répandent 
beaucoup d'instruction. Chacune 
de ces communautés soutient de ses 
propres .fonds l'école qui ae fait 
chez elle. Outre cela, elles sont 
soutenues et encouragées par l'at- 
tention et la vigilance des Supé- 
rieurs ecclésiastiques, qui ont soin 
que les fondations soient remplies. 
Dans toutes les écoles susdites; on 
s applique sur toutes choses à for- 
mer les moeurs des enfants, et à 
leur donner et inspirer beaucoup 
d'amour et de respect pour la reli- 
gion dont on leur fait connaître 
les maximes. 

" Les villes .de Québec, de Mont- 
réal et des Trois-Rivières ont aussi 
des .particuliers qu i sont maître* 
d'écoles angloises. Mais j'ignore 
également les différentes branches 
"•ne l'on enseigne et la manière 
dont elles sont tenues. 

" Texte. — Est-il vrai que sur un 
qalcul de proportion, il n'y a pas 
plus d'une demi-douzaine de per- 
sonnes dans chaque paroisse qui 
puissent lire et écrire ? 

'\ Réponse. — 1[ est vrai que ce 
bruit a été répondu dans le public, 
mais malicieusement, si je ne me 
trompe, et pour vilipender les Ca- 
nadiens. On a pu en inspirer sur 
cet article à Son Altesse Royale, le 
Prince William-Henri. Il ne seroit 
pas ,si aisé de le persauder à un 
homme qui connaît la Province de 
longue main. Pour moi, je suis 
fondé à croire, que sur un calcul 
de proportion, on trouveront facile- 
ment dans chaque paroisse entre 
24 à 30 personnes capables de lire 
et écrire. A la vérité, le nombre 
ans femmes instruites excède oeluî 
des hommes. 

Texte 2.— 'Cause de la mauvai- 
se situation ou se trouvent les 
•^îencp* r^Ouelles sont les instruc- 
tions publiques ou générales qui v 
sont actuellement : D'où provien- 
nent les fonds ; Quels sont-ils' et 
quels sont les revenus ; Comment. 



et à quels objets sont-ils actuelle- 
ment employés l 

" j^Jcipoaise. — \Les humiainités et lia 
rhétorique s'enseignent publique- 
ment dau^ le collège depuis 1773, et 
1 oii commence à y enseigner la géo- 
graphie 1 , l'arrthimetnqiue et l'anglois. 
J ; ai lieu d) espérer qeu cet éfcaibiiieise- 
ment encore nouveau, pro|dluira ; iavec 
le temipis, de très bons effets. Les 
propriétaireisi dru collège se sont 
adressés à moï en septembre der- 
nier, pour avoiir dans, cette maison 
un professeur de philosophie et de 
ma tiiérna tiques ;, je fertid mon pash 
siblie pour leur en envoyer un. Ce 
collège appartient à messieurs les 
fabrilssiens de la paroisse ,de Mont- 
léai II n'y a pas dTautres fonds 
que les pensions des écoliers et la 
libéralité dru Séminaire. Les miar- 
guililers paroisseint avoir fort à.i 
coeur le soutien de cette maison, 
qui en effet. e©t déjà d'une très 
grarHfe utilité. Les jeunes gens qui 
ne peuvent y dimieureir. faute de 
moyens en qualité de pensionnai- 
res, sont reçus comme externes, 
moyennant la rétribution modique 
d'une guinée par an. 

" Le Séminaire de Québec a été 
fondé et doté par monsieur Fran- 
çais idb Laval de Montmorency .i pre- 
mier évalue dhi Canada. H se sou- 
tient db ses revenus^, dont rermpil(oi 
est soumis à l'inspection de l'évê- 
que, qui chaque année examine les 
compter dé dépense et de recette, 
ainsi que l'aeiqiuitJ dtas fonda tionis ■ 
Cette maison n'est obligée par ses 
titres, qu'à former dé jeunes ecdlé- 
piiastioues pour le service dfu dio-, 
cèse. Cependant.! depuis la conquête 
de la province par Sa Majesté Bri- 
tannique, le Séminaire s'est chargé 
volontairement et gratuitement dé 
instruction publique. Outre lk 
theo.ogie, on y enseigne les hmua- 
■nates, la rhétorique, la nlrlosophie, 
ia physique, la géographie, l'arith- 



— 324 



uiétique,: et toutes les branches des 
matlïélmiatiques. Il en est sorti, et il 
en sort tous, lea jours, idjes sujets 
ha biles pour toutes les cieuces dont 
ils ont la clef, et capables d!e faire 
hcnneur à leur éducation et à leur 
patrie : témoinlg, M. De Lery,, M A 
De Slalaberry, M. Ougnet, fils,, M. 
Desichesneaux ©te, sans compter un 
grand nombre dTeciclésiastiques qui 
se distinguent dans notre clergé. 

" Lorsqu'il s'est présente au Sé- 
minaire de jeunes messieurs An- 
gloisi; on leis a aldimils comme Ijes- 
canadiens sans aucune distinc- 
tion ni prédilection ; seulement on 
les exemptaient des exercices reli- 
gieux de la maison, qui ne s? accorde 1 
pia's avec le principe de leur croyan- 
ce. ' ! 




Hon. JEAN ANTOINE PANET, 
commissaire royal pour le cadastre 
des biens des Jésuites —Né en 1751 ; 
premier orateur de l'Assemblée Lé- 
gislative du Bas-Canada, en 1792 ; 

mort le 17 mai 1815. 



" Je ne dois pas omettre que», ((De- 
puis la conquête, les évêques de 
v^ujeiDtc ont toujours demeure- aii 
Séminaire, qui s est fait un devoir 
oe les loger et de Ijes nourrir gra- 
tuitement et honorablement'. £n 
outre, cette maison a été renom- 
mée die tous temps par les aumônes! 
journalières, et par le zèle avec le-» 
quel elde S'est montrée quand il' 
s'est agi !dle quelque contribution 
publique. 

" Texte. — D'où proviennent les 
oécouragements et les fiantes ? 

*' Iteponse. — On peuc répondre 
que de tons letsi jeunes gens d'un 
bon naturel,, studieux et vertueux, 
qui ont commencé leurs études dans 
un âge complètent, aucun ne s'est 
découragé au Séminaire, et qu'iiljs 
en sont sortis pleins elle reconnais- 
sance pour les principes qu'en leur 
y avoit inculqués ; à l'a vérité, il 
s'est, trouvé dans le grand nombre 
des. esprits indoeiiljes,, peu propres 
i-ux sciences, ou ennemis d'une eer~ 
ta: ne contrainte nécessaire, cepen- 
elnt, pour la formation des bonnes 
moeurs ; ceux-là sont sortis igno- 
rants, et malheureusement on a 
établi sur leur incapacité un juge- 
ment très désavantageux aux étu- 1 
!dies du Séminaire. De là, l'opinion 
assez généralement répandue que 
l'on n> admet tdaiïs les cHasses de) 
cette mlaison, que les sujets qui sle 
disposent à l'état ecdlésiastiiquo ; 
que les étudies que l'on y fait se bor- 
nent là, et consistent en fort peu 
de chosej — opinion qui n'a pu être 
dlétruite oar l'écrit insiéré 'dlans la 
Gazette de Québec du 4 octobre 
1787, ISTo 1155, oui armorneoit pour 
les jeunes Anigloïs et FrfmçoisJ'on- 
veirture de la classe ordinaire de 
mathématiques an* Séminaire db 
Ouipibec 'dbînis l'ainuellie, suivant l'usa- 
ge observé Idtaplïîis vinpt an®, dé- 
voient être, enseiirn^PS rnn'tbmipti- 
nue. la ^pom'étrie. lia trïgononie- 



325 — 



trie^j et de plus, les* sections conir 1 
ques et la tactique le tout dans les 
deux langues-, et sans frais de la 
piart des écoliers. 

" On pourroit peut-être ajouter 
comme une cause de décourage- 
ment, l ( a préférence qui est donnée 
pour le;; charges et emplois publics, 
aux anciens sujets», même aux 
étrangers établis dans cette provin- 
ce, sur les Canadiens ; mais outre 
que ceci n'est peint de mon ressort, 
et qu'il ne m'ajppar tient point 




M. QTJINSON DE SAINT-OURS, 

commissaire royal sur la question des 
biens des Jésuites, fils de Pierre- 
Roch, sieur d'Eschaillons, et de Char- 
lotte eDschamns de Boihébert.mort 
aux 'Indes Orientales. Il avait une 
de ses s œ urs pensionnaire à l'Hôpital 
Général de Québec, Mlle Geneviève 
de Saint-Ours, qui donna tous ses 
biens au monastère, nous dit l'anna- 
liste du couvent, dans un temps où 
nos finances étaient encore dans un 
état assez critique. C'est pourquoi 
l'on changea le nom de la rue de 
l'Hôpital en celui de St-Ours, pour 
honorer la mémoire de leur bienfai- 
trice. Mais depuis, ce nom respecta- 
ble est disparu de la liste des rues 
de Québec, ce que la Corporation 
n'aurait jamais dû permettre. 



d'examiner si telles plainte© sent 
légitimes ou. non ; je dois, avec 
tous mes compatriotes, des remer- 
eiermeaits infinis au très honorable 
lord Dorehester pour Des bontés 
dlont il a bien voulu combler notre» 
nation en toute rencontre. 

" Texte 3. — Remèdes ou moyens 
pour procurer l'^dtacation. Que 
peut-on flaire pour rétablis sèment 
d'une Université en cette provin- 
ce ; pour préparer des écoles pour 
une université ? 




\RMES DE LA FAMILLE ST-OUR|S 



" Réponse. — A cela je répondis : 

1. Que, suivant ma première ob- 
servation, mise à la tête de cet 
écrit il paroit que le temps n'est 
pas encore venu de fonder une Uni- 
versité à Québec. „ 

2. Que pour mettre lia province; 
en état dis jouir par la suite des 
temps d'un Aussi précieux avantage 
que l'es't- une université, on doit 
employer tous les moyens possibles 
de soutenir et d'encourager les étu- 
des déjà êKùhlis dans le collège de 



— 826 — 



Montréal et dans le séminaire kile 
Quémec ; c'est sur quoi je veille? 
avec la plus gi'anae attenuon. (xei 
néraleanent payant, les écoliers^ au 
sortir de ces études, seront tou- 
jours en état d'embrasser avec suc- 
ces tel genre de science que leur 
présenteront une université soit 
jurisprudence^ soit médecine, chi- 
rurgie, navigation génie, etc. 

3. Un objet non moins essentiel 
pour le prékcnt^ seront 'die procurer 
à notre jeunesse un trodsiièmie lieu 
df instruction publique. On deman- 
dera sus doute, par quel! moyen. ? 
En voilai un qui n'iestt peut-être pas 
impraticable. Nous avons au. milieu 
de Québec un beau et vaste collège,, 
dont la plus grande partie est oc- 
cupée par les troupes de la garni- 
. son; ne pourroit-on pas rapproche* 
cette maison >d'e son institution pri- 
mitive.! en substituant à ces trou- 
pes, sous le bon plaisir de Son Ex- 
cellence, quelques classes utiles, 
comme seroient celles dh d^oit ci- 
vil et de navigation, auxquelles: on 
pou rr oit ajouter <, si l'on veut, la 
classe de mathéiua tiques qui se fait 
présentemrent au Séminaire ? Ce 
même collège ne pourroit-il pas, nar 
la su 'te des temps, être érigé lui- 
même en Université. e r t se eor'+epîr 
en partie par les revenais des fonds 
actuellement appartenants aux Jé- 
suite® ? Cette manié 1 * 01 k?l° -procéder 
smaidluleilljem'enlt à Fetablis sèment 
d''une université me paroi tr oit 
beaucoup» plus prudente et mllus 
Bure. Je rends aux Révérende Pères 
Jésuites tourte la justice nui'ils mé- 
ritent pour le zèle avec lenuel ils 
ont travaiMIé dans cette colonie à 
VWtruiottî ou t flu , Sia iJlu^ des âmes. 
^éaniin™^s, je ne «erols uas ip/loie"ne 
de prenldire dès main terrant d'es me- 
s^re^ pour lassurer leur collpfre. 
ainsi Que Tes autres bi^usj an ner»- 
t>V Canadien, sous l 'autorité de 
l'Evêque die Québec. Mais à qui ap- 



y,drtaandioit Jb gouvernement du 
collège dies Jésuites, s'il; étoit renne 
sur pied '( D'abord au révérend 
Père de Uilapion jusqu'à s-a mort, 
et ensuite à ceux qui lui seroaent 
sub^Uiuiés par l'Evêque. Est-on 
surpris d'uni tel projet ? Voici 
i analyse des primaiipas surc les- 
quelles je l'établis : 

' k 1. Le fonds de ce collège ne 
consistera que dans les biens des 
Jésuites. 

" 2. La province n'a droit de ee 
les approprier qu'à raison de leur 
destination primordiale. 

" La propagation de la foi catho- 
lique est le principal motif de tous 
les titres. 

*' 4. Les circonstances des dona- 
tions et la qualité des donateurs 
prouveroient toutes, que c'étoit là 
leur intention. Les Canadiens con- 
sidérés comme catholiques, ont 
donc à ces biens un droit inconte* 
table. 

" 5. L'instruction des Sauvages 
et la subsistance de leurs mission- 
naires paroissant entrer pour beau- 
coup dans les motifs qui ont d'iri- 
sé les donateurs des biens des Jé- 
suites, n'est-il pas ai propos que 
l'évêque de Québec, qui députe ce? 
missionnaires, puisse déterminer 
on leur faveur l'a^rolication de la 
partie des dits biens qui sera jugée" 
avoir' été donnée nour «ux, plutôt 
que de les voir à eharge au gouver- 
nement nomme plusieurs l'ont été 
depuis un certain nombre d'années? 
Or. en conservant les biens des Jé- 
suites aux Canadiens, sous l'auto- 
rité de l'Evoque, celui-ci seroit en 
heu de faire exécuter cette partie 
essentielle de l'intention de<= dona- 
teurs, et il est d'ailleurs très pro- 
bable eue le collège et le public 
eraio-n^roient à c^t arrangement. 

Texte^ 4.— ^Comment inspirera- 
ton le p-out des connaissances dans 
les ncsroisses. 

" Réponse. — Ceci dpv rn it. à mon 
avis, être remis au zèle et à la vi- 



— 327 — 




Hon. JAMES McGILL, commissaire 
royal sur la question des biens des 
Jésuites. Il est le fondateur du col- 
lège McGill, à Montréal. Mort le 19 
décembre 1813. 



gilance des curés soutenus des ma- 
gistrats en campagne ; un écri- 
vain calomnieux a malicieusement 
répandu dans le public que le cler- 
gé de cette province s'eliorçoit de 
tenir le peuple dans l'ignorance 
pour le dominer. Je ne sais sur 
quoi il a pu fonder cette proposi- 
tion téméraire, démentie par les 
soins .que le dit clergé a toujours 
pris de procurer au peuple l'ins- 
truction dont il étoit susceptible : 
la rudesse du climat de ce pays, 
la dispersion des maisons dans la 
plupart de nos campagnes., la dif- 
ficulté pour les enfants d'une pa- 
roisse de se réunir tous dans un 
même lieu, surtout en hiver, aussi 
souvent qu'il leur faudrait pour 
l'instruction, l'incommodité pour 
un précepteur de parcourir succes- 
sivement chaque jour un grand 
nombre de maisons particulières : 
voilà des obstacles qui ont rendu 




Hon. GABRIEL-ELZEAR TASCHE- 
REAU, commissaire royal sur la 
question des biens des Jésuites. 
Grand'père du cardinal Taschereau. 
Mort le 18 septembre 1809. 




ARMES DE LA FAMILLE TAS- 
CHEREAU 



328 



inutiles les soins de plusieurs cu- 
rés, que je connois, et leurs e£*> 
forts pour l'instruction de la jeu-, 
nesse de leurs paroisses ; au con- 
traire, dans celles qui ont des 
bourgs ou hameaux, telles' que 
l'Assomption, Boucherville, la Prai- 
rie de la Magdeleine, Terrebonne, 
la Rivière du Chêne, etc., on a 
pour ordinaire la satisfaction d'y 
trouver un peuple passablement 
instruit, y ayant peu die bourgs 
qui soient dépourvus de maîtres 
d'écoles. 

" Texte 5. — .Les principaux ci- 
toyens s'uniront-ils dans une de- 
mande pour une charte ? 

" Réponse. — J'entends par charte 
des lettres patentes qui firent et 
consolident l'établissement d'une 
maison ou d'une corporation quel- 
conoue ; sur quoi je dis, qu'une 
telle charte que l'on attendroit 
d ; abord en faveur du collège des 
Jésuites! T-e,s suscitai, pourvoit don- 
ner un grand relief à -ces établisse 1 - 
mentg et beaucoup d'encourage- 
ment au peuple. 

" Texte 6.— N'y a-t-il noint ici 
aucun terrain de la couronne, qu'il 
seroit convenable à la société d'a- 
voir en concession à -perpétuité 
pour l'usage d'une université ? 

Réponse'. — Avec le temps on 
viendra à bout die tout ; dlans la 
Buppositi'On faite cii-dessus, crue les 
biens irtas Jésuites fussent laissés 
au public en faveur de l'instruc- 
tion de la jeunaese, une nantie d!e 
ces biens pourrait s'améliorer par 
la suite et donner die® revenus ca- 
pables de porter une; partie des d'é^ 
penses nécessaires au soutien loPume 
universSitéi. Intâlépemliamirrlent; de 
c°la.< r-e nouvons-nnus n^s espérer 
nue Sln' IVraiesté; pleine dfe_ bienveil- 
lance nour Ta prospérité de setei su- 
jets, leu^ aoeorderoit. pour une 
oeuvre rie cette naturo, ouolnue 
con cession nouvelle, soit en rature. 
soit en faf iT*i»» les terres non en- 
core conoêlliéos ? 



" Texte T.— Les fonds et projets 
étant confiés, ajinsi que le gouver- 
neur glanerai pourra le soaihaiter, 
ne peut-on pas beaucoup attendre 
d'hommes sans préjugés qui rem- 
plissent les chaires die professeurs 
établis pour les différents arts et 
sciences ? 

" Réponse. — REa troisième obser- 
vation préliminaire semble répon- 
dre suffisamment à cet article. J'a- 
jouterai donc seulement ici que la 
théologie s'enseignera toujours au 
Séminaire;, et que pa;- conséquent; 
cet objet ne siéra aucunement à 
charge au public. 

Voilà, monsieur, mes réueetions 
et mes réponses, sur le projet d'u- 
niversité prcrooisé par l'honorable 
Conseil législatif ; je vous ai fait 
connoître aveic liberté et sincérité 
rue. l'étiablite^ment prochain dPune 
université à Québec ne me oarois- 
«cit nn,s bien couuVnié avec les cir- 
constances où se trouve actuelle- 
ment l'n pronneo ; à cette oeoa- 
«a'*on., îVi expolse mes vues et ma 
-C"r><yn ri" p°n? ! er i c^ti verront ^ 
l'éduca+iorp, #? notre ■'euneiose. Tî 
T.-.C rwrf-o à vo^s prier, monsieur, 
c>- r'^TCr net ff^'t «n comité an- 
r-oV^é: -po^r li 'éinab"'issi n ment en 
nT»i« : Rt*on .. pu T^ssur^Ut oue v* n<* 

r^lpizjrd T"îen t ; T.t rtnp (\lr* PO"" proV "~" 

r.-n toutes cfo^eis mon repp-^Ht nomr 1 

ble Ponse'!, nveo. ce 'me io dois a 
m^ uatiou u à T>-on ciïeraré et à Ha 

-' 1 W r"i-HP>, ■?'•** înr' n~- «V^V tÔV^ 

m t -(el^ de soutenir jusqu'à la fin cTe 1 
*-«n vie. 

"Monsieur, 
Votre très> h^mblei et très obéissant 
serviteur, 

Jean-François Hubert,) 
Evêque die Québec. 



— 329 




Hon. JEAN HERTEL DE ROU- 
VILLE, commissaire royal pour le 
cadastre des biens des Jésuites. 
Mort le 30 novembre 1817. 




ARMES DE LA FAMILLE HER^ 
TEL DE ROUVILLE 



CHAPITRE XV 




Eglise Saint-Jean, érigée par Jean Bourdon près de sa maison,,, en 
165Q, vis-à-vis le che min du Belvédère. 



- 330 — 



Eglise Saint- Jean, située sur le 
Coteau Sainte-Uenevieve, près du 
Jdonument des braves ; érigée en 
JG50 par Jean Bourdon et 1VL. de 
«Saint-Sauveur, prêtre, sur le tei r 
rain qu'occupent actuellement M.. 
Sylvio Deniers de r a Evénement ', 
et al. Jolin-iL. et Mlle ± rancis- 
Evelyn Ross, au nord du chemin 
Ste-Eoye, et viv-à-vis de la route 
comme sous le nom de chemin de 
Belvédère. 'Cette église était des- 
servie par M. Jean Lesueur de 
Saint-Sauveur, qui demeurait avec 
la famille de Jean Bourdon, dont 
la maison touchait à l'église. Voi- 
ci ce que nous lisons dans l'his- 
toire des Colonies françaises de 
l'abbé Faillon, vol. 3, page 373 : 
" Cette dernière année (1660) on 
comptait huit églises dans le gou- 
vernement de Québec : la princi- 
pale, sous le titre de l'Immaculée- 
Conception ; celle des RR. PP. 
Jésuites, les églises des Ursulines 
et des Hospitalières, celle de Sil- 
lery, celle du Château-Richer, cel- 
le de Sainte-Anne du Petit Cap 
et celle de Saint-Jean, située tout 
auprès de Québec. Ces deux der- 
nières étaient construites en bois, 
à l'exception des fondements, et 
les six autres en pierre : le Châ- 
teau-Richer» Sainte-Anne et St- 
Jean tenaient lieu de paroisses 
(1), quoique non érigées canoni- 
quement." 

" De son côté, l'abbé A. Gosse- 
îin dit à la page 29 de la vie de 
M. Jean Lesueur : " Il est proba- 
ble que lorsqu'il fut chargé, vers 
1650, de la desserte de la chapelle 
deSaint-Jean en la Côte de Ste- 
Geneviève, il reçut du supérieur 
des Jésuites, d'une manière géné- 



rale, tous les pouvoirs nécessaires 
v uur desservir les habitants de 
cette mission. Sans avoir le titre 
de curé, il y exerçait de fait les 
fonctions curiales. Les habitants 
du Coteau Ste-Geneviève regar- 
daient cette chapelle comme leur 
église paroissiale et y remplis- 
saient leurs devoirs religieux, à 
l'exception du devoir pascal (2). 
Il est probable que ]\L Lesueur 
avait même la permission de les y 
marier, avec l'obligation toute- 
fois de faire enregistrer tous les 
actes à la paroisse. Nous voyons 
qu'il y célébra au moins neuf ma- 
riages, sans compter ceux que M. 
Louis Ango de Maïzerets y célé- 
bra aussi de son temps." 

Je dois à l'obligeance de Mi 
Louis Dufresne, du département 
du cadastre, la localisation du fief 
et de la maison Saint-Jean sur le 
Coteau Sainte-Geneviève, en la 
Banlieue de Québec. Ce fief avait 
huit arpents de large, c'est-à-dire, 
quatre arpents de chaque côté de 
la route Belvédère et partait à 
quatorze toises de la Grande-Allée 
jusqu'à la cime du Coteau Sainte- 
Genevilève. Jean Bourdon avait 
obtenu en 1637 ce fief qui fut ra- 
tifié le 5 août 1639 ; outre ce fief 
Saint-Jean, il possédait le fief 



(1) Arch. de la Propagande, vol. 
America. 3. Canada, 256 : R^latio 
^fissionis 1660, art. 3e, fol. 10. 



(2) Le P. Lalemant tenait à ce 
qu'il fut bien compris qu'il n'y 
avait qu'une seule paroisse, celle 
de Québec. Il ne faisait pas mê- 
me d'exception pour Silleryl 
Comme il lui est arrivé un jour 
de donnpr le titre de paroissiens 
aux habitants de cette localité, il 
se renrend aussitôt : "Quammiam 
non ita vocandi, dit-il, car Sille- 
ry ne doit nullement passer pour 
"ne narois«îf\ sed nonr maison de 
In Comnap^î'v' C Journal des Jé- 
suites, p. 99.) 



.- 331 — 



ri** 



jF*rt /r o/rs 




Plan des environs du chemin du Belvédère et du chemin de Ste* 
Foye, montrant le site de l'église et* de la maison Saint-Jean et 
le monument des braves, dessi né expressément pour ce cha- 
pitre, par M. Louis iJufresn e du département du cadastre 



Saint-François de soixante et 
quinze arpents, qui lui avait été 
concédé le 10 mars 1646. Ce fief 
était borné par la rue du Coteau 
Sainte-Geneviève actuelle aux 
Giacies, à partir de douze toizes 
de la Grande-Allée, à la cime du 
Coteau Sainte-Geneviève. Lt- 31 
de la même année, un autre 
fief de cinquante arpents fut con- 
cédé à vénérable et discrète per- 
sonne Messire Jean Lesueur de 
Saint-Sauveur, habitant de la 
Nouvelle-France. Ce fieif était 
voisin de celui de Jean Bourdon, 
et s'étendait de la rue du Coteau 
Sainte-Geneviève à la rue Deli- 
gny actuelle. On a souvent con- 
fondu ce fief Saint-François de 75 
arpents, avec celui de 60 arpents 



que le même Jean Bourdon eut 
plus tard de la Compagnie, soit 
en échange ou autrement : Ce 
dernier fief est voisin de la pa- 
roisse de Ste-Foye, et lui sert de 
limites. 

Ils concédèrent plus tard, le 30 
décembre 1653, les fiefs en bas du 
Coteau Sainte-Geneviève à la Ri- 
vière Saint-Charles, qui est cette 
partie comprise en bas des fiefs 
St-Jean et St-François actuels, et 
qui comprend aujourd'hui, les pa- 
roisses de Saint-Sauveur et de 
Saint-Mlalo/. 

Recensement de 1667, des ha- 
bitants des côtes Ste-Genevièvje, 
St-François et St-Kichel : 

Henry Pinguet, 80 ans. 



332 — 



Noël Pinguet, 38 ans ; Marie- 
Magdelainç Dupont, sa femme, 33 
ans ; Marie-Magdelaine, 14 ans ; 
Jean, 12 ans ; Pierre, 10 ans 
Marie-Anne,. 7 ans ; Catherine, 
5 ans ; Nicolas, 1 an ; domesti- 
ques : Louis Delaunay, 17 ans ; 
Urbain Laforest. 25 ans ; 10 bes- 
tiaux, 63 arpents en valeur. 

Maison de M. Bourdon : M. 
Jean Lesueur, prêtre, écuyer, 
-sieur de Saint- Sauveur 65' ans ; 
le Sieur Jean Bourdon procureur 
général pour le roi, 64 ans ; Anne 
Gassnier. sa femme, 52 ans : 
Jacones Bourdon, sieur d'Autray, 
neveu d~n sieur Bourdon, 19 ans ; 
IT^tup GWia. 13 ans : Març-ne- 
r ;+ P Gloria, 9 ans : Mae*dploinp 
Glo^'a, 4 ans. plants ^e J^an 
Gloria et de Marie Bonrdnr. 
(nièce du sieur Bourdon) : domes- 
tiques,, Pierre Lahiye fLafaye"), 
meunier, 40 ans ; Jacques Beau- 
jour, cuisinier, 30 ans ; Pierre 
Mercereau, 18 ans ; Jacques Ha- 
mel. 22 ans ; Jean Léonard, 17 
ans ; Nicolas Longval, 22 ans ; 
le nommé Provençal dit Pierre 
Jourdain, 18 ans ; Lucian Talon, 
24 ans ; Jean-Baptiste Halle, 9 
ans ; 30 bestiaux, 100 arpents en 
valeur. 

Noël Morin, 38 ans ; Hélène 
Desportes, sa femme, 48 ans : 
Alphonse, 17 ans ; Charles, 13 
ans ; (premier prêtre canadien^ ; 
Marie-Mk^delaine, 10 ans ; Za- 
charie Jolly, apprenti, 17 ans ; 
Jean B^llier, domestique, 28 ans ; 
12 bestiaux et 40 arpents en va- 
leur. 

Douis SediUot (Montrent. 60 
ans ; Marie Grimou, sa f &nini e. 
60i ans ; Jean. 20 ans ; 3 bes- 
tiaux. 40 arpo-n+a pr> valeur. 

Adrïe* S-dillot. 30 ans : An 

A la ferrnp ^e M. de la Ches- 
nave : André Brodechon, 30 ans ; 



François Caron, 28 ans ; Louis 
Doré, 28 ans ; Paul Quartier, 25 
ans ; Louis Chiron, 20 ans ; Ni- 
colas Vaaé, 56 ans ; Etienne 
Magnier, 20 ans (Magnan) ; 12 
bestiaux, 150 arpents en valeur. 

Jean Larchevêque, 22 ans ; 
Marie-Anne Poussin, sa femme, 
24 ans ; Joseph Simon, 2 mois ; 
ses frferes. Jacques Larebevêqïue, 
20 ans ; Henry, 18 ans ; Jean, 8 
ans ; 5 bestiaux, 40 arpents en va- 
leur. 

Nicolas Bonhomme, 56 ans ; 
Catherine Gouger, sa femme, 50 
ans ; Ignace, 22 ans ; Pierre, 18 
ans ; Nicolas, 15 ans ; Catherine, 
12 ans ; Thomas Gandouin, do- 
mestique, 18 ans ; 5 bestiaux, 40 
arpents en valeur. 

Jean Jouineau, 68 ans ; Anne 
Vuideau, sa femme, 25 ans ; Ma- 
rie-Hélène. 2 ans ; Charles De- 
launay, 20 ans ; 6 bestiaux, 30 ar- 
pents en valeur. 

Mery Pasquier, fermier de la 
dame Gloria, 30 ans ; domesti- 
oues : Jacques Trissier, 30 ans ; 
Julien Meunier, 20 ans ; 7 bes- 
tiaux. 30 arpents en valeur. 

Jacques Bourbonnière, 30 ans : 
1 tête de bétail, 6 arpents en va- 
leur. 

Pierre Duval, 66 ans ; Jeanne 
Labarbe, sa femme, 6Q ans ; 12 
arpents en valeur. 

Mathun'u Moreau 25 ans ; Ma- 
rie Girard, sa femme, 34 ans ; 
Jea". 1 5 pus ; C^^les, 13 ans : 
Noël, 10 ans : Marie. 6 ans ; 5 
bestiaux. 10 arpents en valeur, 
fiv/r-mo Mnrpau était veuve lors- 
ou'^ll^ ^int au pays avee ses 4 
en^nts.^ 

J°an Jnbin, 56 ans : Marie Gi- 
rard. s«> -fo-rvv^e. 54 ans • domestî- 

mipS ; Mi^^el T^flfcr^ot^ 30 a^s A t 
"Franpo'Q P"n-^r>û. 94. p^q : 5 bes- 
tia 11 ^. I e * r>-»^vnis en valeur. 

Lebeau, sa femme, 45 ans : An- 



333 — 



toine, 20 ans ; Simonne, 13 ans ; 
j^ane, 1U ans ; o ean-i? rançois, 'i 
ans ; 4 bestiaux, 12 arpents en 
valeur. 

Jean Chesnier, 45 ans ; Marie 
Serre (Uresiau), sa iemme, 20 
ans ; François, 12 ans ; Jean, 10 
ans ; Marie, 7 ans ; Marguerite, 

5 ans ; François-Joseph, '6 ans ; 
Anne, 18 mois ; 3 bestiaux, 10 ar- 
pents en valeur. 

Gervais Buisson, 24 ans ; Ma- 
rie Boutet, sa femme, 22 ans ; 
Joseph, 4 mois ; 2 bestiaux, 8 ar- 
pents en valeur. 

Joaehim Girard, 30 ans ; Marie 
Hailé, sa femme, 28 ans ; Marie 

6 ans ; Jacques,, 5 ans ; Antoine, 4 
ans ; Barbe, 3 ans ; 2 bestiaux, 
10 arpents en valeur. 

Nicolas Uaudry dit Bourbon 
nière, 47 ans ; Agnès Morin, sa 
femme, 27 ans ; Hélène, 11 ans ; 
Jacques, 9 ans ; Ohristine-Ghar- 
lotte, 7 ans ; Marie-Françoise, 5 
ans ; Nicolas, 3 ans ; Jean Mlal- 
herbaut, domestique, 20 ans ; 4 
bestiaux, 8 arpents en valeur. 

Jean Hamel, 33 ans ; Marie Àu- 
vray, sa femme, 30 ans ; Jean- 
François, 6 ans ; Pierre, 4 ans ; 
Ma rie- Anne, 1 an ; 1 tête de bé- 
tail, 10 arpents en valeur. 

François Prévost, 30 ans ; Mar- 
guerite G-aillard, sa femme, 30 
ans ; Anne-Claude, 2 ans ; do- 
mestiques : Jacques Damiens, 26 
ans ; Pierre-François, 60 ans ; 
tête de bétail, 12 arpents en var 
leur. 

Hubert Simon de Lapointe, 33 
ans ; Marie Viez, sa femme, 24 
ans ; Marie-Anne, 7 ans ; Pierre, 
6 ans ; Jeanne Angélique, 5 ans ; 
Guillaume, 3 ans ; Jacques, 2 ans ; 
2 bestiaux, 12 arpents en valeur. 
Guillaume Bonhomme, 24 ans ; 
Françoise Boucher, sa femme, 22 
ans ; Nicolas, 2 ans ; 1 tête de bé- 
tail, 8 arpents en valeur. 

Pierre Maufay, 40 ans ; Marie 
Duval, sa femme, 40 ans ; Pierre, 



12 ans ; Jeanne, 11 ans ; André, 
y ans ; Marie, o ans ; Simonne, 4 
ans ; Catnerme, 1 an ; Pierre 
I5)6iiard, domestique, 24 ans ; 6 
bestiaux, 16 arpents en valeur. 

Pierre Picner, 30 ans ; Cathe- 
rine Durand, sa femme, 28 ans ; 
Jean-Baptiste, 1 an ; 12 arpents 
en valeur. 

Etienne Sédillot, 28 ans ; Mag- 
deiaine Garbonnet, sa femme, 34 
ans ; Marie-Magdelaine, 2 ans ; 
10 arpents en valeur. 

Charles Danays, 37 ans ; Marie 
Deshayes, sa femme, 34 ans ; Mi- 
chel Hébert, domestique, 26 ans ; 
10 arpents en valeur. 

Jean-Baptiste iMorin de Belle- 
roche, 23 ans ; 2 bestiaux, 8 ar- 
pents en valeur. 

Jean Neau (dit Saint-Crespin), 
40 ans ; Marie Bonhomme, sa fem- 
me, 20 ans ; 8 arpents en valeur. 
Pierre Cochereau, 25 ans ; Ma- 
rie Vauclin (Roblin), sa femme, 
20 ans ; 20 arpents en valeur. 

Romain Duval, 22 ans ; Marie 
Leclerc, sa femme, 19 ans ; 12 ar- 
pents en valeur. 

Laurent Herman, 26 ans ; Ma- 
rie-Anne-Agathe, 30 ans ; 12 ar- 
gents en valeur. 

Jean Levasseur, huissier, 45 
ans ; Marguerite Richard, sa fem- 
me, 38 ans ; Louis, 18 ans ; Anne, 
15 ans ; Jean-François et Noël 
(Jumeaux), 13 ans ; Ursule, 10 
ans ; Thérèse, 9 ans ; Angélique, 
6 ans ; Charles, 3 ans ; Anne- 
Félicité, 6 mois ; Nicolas, domes- 
tique, 25 ans ; 12 arpents en va* 
leur. 

François Génaple, 25 ans ; Ma- 
rie-Anne Delaporte, sa femme, 24 
ans ; Marie-Anne, 8 mois ; 10 ar- 
pents en valeur. 

Michel Legardeur, 31 ans ; Ma- 
rie Gamber (Gaillard), sa femme, 
30 ans ; Marie-Mlagdelaine, 3 ans. 
Louis Samson, 32 ans ; Marthe 
Ragon, sa femme, 33 ans ; An- 



334 



toine, 2 ans ; 12 arpents en va- 
leur. 

Simon (Jean) Chappacou, 40 
ans ; Marie Pacaud (Vincente Pa- 
caud), sa femme, 40 ans ; Louis, 
13 ans ; Marie, 8 ans ; Marie- 
Agathe, 20 mois ; 8 arpents en va- 
leur. 

Jean Gauvain, fermier du sieur 
Dupont, 24 ans ; Anne Magnan, 
sa femme, 17 ans ; 10 arpents en 
baleur. 

Jean Garnier, fermer du sien 1 
Ping-net, 24 ans ; 10 arpents en 
valeur. 

Total : 187 âmes, 129 bestiaux, 
832 arpents en valeur, 

(Suite, Histoire dest Canadiens- 
Français, vol. 4. p. 65.) 




Jean Bourdon, ingénieur et ar- 
penteur général de la Nouvelle^ 
France, procureur du roi. Arriva 
au Canada le 8 août 1634 avec M. 
Lesueur de St-Sauveur, prêtre ; 
marié à Québec le 9 septembre 
1635 à Jacqueline Potel ; décédi 
le 12 janvier 1668 ; sa femme dé- 
cédée le 11 septembre 1654 à la 
suite d'une chute. Il épousa • en 
secondes noces, le 21 août 1655, 
Anne Gasnier, veuve de Jean Clé- 
ment Duvault, seigneur de Mon- 
ceaux, chevalier de St-Louis 
inhumé le 27 juin 1698. Jean 
Bourdon eut huit enfants de son 
premier mariage : Jacques, rȎ 1 
26 mars 1637. Geneviève, née le 
24 novembre 1638. religieuse -in- 
suline, dite mère St-Joseoh ; in- 
'humée le 13 décembre 1700. Ma- 



rie, née le 19 octobre 1640, reli- 
gieuse hospitalière, dite soeur. Ma- 
ne-lhérèse de Jésus, inhumée le 
29 novembre 1660. Marguerite, 
née le 12 octobre 1642, hospita- 
lière et une des quatre fondatri- 
ces de l'Hôpital-Général de Qué- 
bec, décédée le 9 octobre 1706. 
Anne, née le 29 août 1644, Ursu- 
line dite mère Ste-Agnès et 6e 
supérieure, inhumée le 4 novembre 
1711. Jean-François, né le 2 fé- 
vrier 1647. Henri, né le 28 novem- 
bre 1650, inhumé le 27 octobre 
1665. Jacques, né le 30 septem- 
bre 1652. Il n'y eut pas d'enfants 
du second lit. 

Il obtint plusieurs seigneuries 
pour avoir mis la ville naissante 
de Québec à couvert des attaques 
des Iroquois par des fortifications. 
Le vicomte d'Argenson érigea en 
Manoir sa maison de St-Jean, 
Tan 1661, et presque tous les ha- 
bitants du coteau Ste-Geneviève 
étaient ses vassaux. Voici l'acte 
de sa sépulture aux registres de 
Notre-Dame de Québec : " Le 12 
de janvier 1668 est décédé en com- 
munion de Notre Mlère la Sainte- 
Eglise, après avoir reçu les saints 
Sacrements de viatique, confes- 
sion et Extrême-Onction, le sieur 
Jean Bourdon, ancien habitant de 
ce pays ; et le lendemain, après 
son service fait, il a été enterré 
solennellement en la chapelle du 
Scapulaire dans l'Eglise de Xotre- 
Dame de Québec.''' M. Bourdon 
s'était remarié (1655) j quelques 
mois après la mort de sa première 
femme, dit l'abbé A. {Gosselin 
dans les notes sur M. de St-Sau- 
veur. Il avait énousé Aune Gas- 
nier, veuve de M. de Monceaux. 
Citait une clame de qualité, nui 
joignait à une grande distinction 
de naissance et de manières, la 
pr^ti^n^ des plus solides vertus : 

" Elle est un exemple de piété 
et de charité dons tout le T»ays>, 
écrit Marie de l'Incarnation. Mme 



— 335 — 



d'Ailleboust et elle, sont liées en- 
senuble pour visiter les prisonniers, 
assister les criminels, et les por- 
ter même en terre sur un bran- 
card Elle est continuellement 
occupée à ces bonnes oeuvres.* 
Enfin, est la mère des misérables, 
et l'exemple de toutes sortes de 
bonnes oeuvres. (Lettres de Ma- 
rie de l'Incarnation, t. II. p. 404.) 

" Une des oeuvres principales de 
Mme Bourdon, dit l'abbé Gosselin, 
ce fut de s'occuper de placer, de 
nourrir et d'entretenir, en atten- 
dant qu'elles fussent demandées 
en mariage, le grand nombre de 
personnes du sexe que Ton en- 
voyait au Canada, afin de procurer 
de bonnes et honnêtes épouses aux 
colons qui s'y rendaient chaque 
année, et aussi aux soldats du ré- 
giment de Carig-nan qui furent 
licenciés après l'expédition de M. 
de Tracy contre les Iroquois 
(1666). On vit alors à Québec, 
sous la direction de Mme Bourdon, 
ce qu'on aurait pu appeler l'oeu- 
vre des femmes émigrées ; et ce 
fut sur le coteau Ste-Geneviève 
où l'on avait déjà pu admirer le 
pensionnat sauvage de Mme Hu- 
beu, que Mme Bourdon s'exerça à 
cette nouvelle oeuvre de patrio- 
tisme et de dévouement. 

" Elle fit plusieurs voyages en 
France, afin de voir par elle-mê- 
me à ce que le recrutement des 
personnes envoyées au Canada ne 
se fit que dans des milieux res- 
pectables ; et elle les amenait au 
pays. La plupart du temps ces 
personnes, appartenant à des fa- 
milles pauvres mais honnêtes des 
diverses provinces de la France, 
étaient venues à Paris pour y ser- 
vir dans les hôpitaux ou autres 
institutions de ce genre. Si quel- 
que personne de confiance leur di- 
sait qu'en allant au Canada elles 
y trouveraient le bonheur, l'aisan- 
ce, la liberté, les plus courageuses 
n'hésitaient pas à quitter leur pays 



pour cette contrée lointaine. Mme 
.bourdon était là qui les encoura- 
geait, enregistrait leurs noms, ceux 
ue leurs parents, celui de leur 
pays natal, et se chargeait d'avoir 
soin d'elles duran la traversée. 
Un jour, elle amena à Québec, 
" Sur un vaisseau normand," pas 
moins de cent cinquante filles. 

" Naturellement, malgré le soin 
qu'on avait pris de les choisir, 
ces filles n'avaient pas toutes un 
caractère facile, ni la même édu- 
cation : 

" Elles ne lui ont pas peu donné 
d'exercice durant un si long tra 
jet, écrit Marie de l'Incarnation, 
car comme il y en a de toutes con- 
ditions, il s'en est trouvé de très 
grossières et très difficiles à con- 
duire. Il y en a d'autres de nais- 
sance, qui sont plus honnêtes et 
m lui ont donné plus de satis- 
faction." 

Puis elle ajoute : 

" Les vaisseaicx ne sont pas plu- 
tôt arrivés que les jeunes hommes 
y vont cborcher des femmes, et 
dans le grand nombre des uns et 




Madame Jean Bourdon, née Aniie 
Gasnier 



des autres, on les marie par tren- 
taines. Les plus avisés commen- 
cent à faire une habitation un an 



336 — 





Armes de la famille Bourdon. 



avant que de se marier parce que 
ceux qui ont une habitation trou- 
Vent un meilleur parti ; c'est la 
première chose dont les filles s'in- 
forment, et elles font sagement, 
parce que ceux qui ne sont point 
établis souffrent beaucoup avant 
que d'être à leur aise." 



" Quant à celles qui ne trou- 
vaient pas de suite à se marier, il 
fallait leur procurer un asile, il 
fallait pourvoir à leur subsistan- 
ce, à leur entretien, ou du moins, 
leur trouver de l'emploi, du tra- 
vail. Avec un dévouement au- 
dessus de tout éloge, Mme Bour- 
don, aidée de quelques amies, se 
chargeait de tout. Elle se faisait 
la mère, la conseillère, la protec- 
trice de toutes ces jeunes person- 
nes, en attendant leur établisse- 
ment ; et lorsque quelque bon par- 
ti se présentait,, elle éftait heureu- 
se de contribuer à la formation 
d'un ménage bien assorti et chré- 
tien. Que de familles canadien- 
nes, en remontant à leur origine, 
trouveraient probablement le nom 
de Mkne Bourdon associé à celui 
de leurs ayeux ; Qui ne garderait 
un souvenir reconnaissant à cette 
dame de qualité qui exerça autre- 
fois à Québec une oeuvre si pa- 
triotique ! Et d'un autre côté, 
comment oublier le digne prêtre, 
(M. LeSueur) le commensal et 
l'ami de cette dame, qui l'aida 
*ans ^out^ bien souvent de ses 
conseils et s'associa à ses oeuvres 
de zèle ! " 



337 




Site-Geneviève, patronne titulaire du Coteau de la Banlieue de Qué- 
bec. Née à Nanterre, petit bourg situé à trois lieues de Paris, vers 
Tan 422. Au baptême, l'enfant reçu le nom gracieux de Geneverfa 
(Geneviève), qui. en langue gauloise, signifie fille du ciel ; elle 
sauva la ville de Paris, et, fut reconnue la patronne. 



22 



338 — 




M. Jean x«dSu«*^, de bJ-ekuveur, 
desservant l'église St-Jean de 
1650 à 1668. Nous aurons l'occa- 
sion, plus tard, de parler de M. 
de Saint-Sauveur. 




Armes de la famille LeSueur, de 
Normandie 



M. LeSueur de Saint-Sauveur, 
Jean, prêtre, curé de St-»Sauveur 
de Xhury, en Normandie, fut 1« 
premier prêtre séculier qui vint au 
Canada. Arrivé à Québec, le 8 
août 1634, avec M. Jean Bourdon» 
fut le premier chapelain de l'Hôtel- 
Dieu de Québec, et desservit la 
chapelle St-Jean, sur le coteau Ste 
Geneviève, de 1650 à 1668. Il se 
retira du minitère et mourut à 
l'Hôtel-Dieu, le 29 novembre 1668, 
âgé de 70 ans. 

" Le journal des Jésuites men- 
tionne très souvent le nom de M- 
de Saint-Sauveur, dit l'abbé Gosse- 
lin, à l'occasion des offices parois- 
siaux de Québec ou d'une foule de 
petits incidents que l'on croyait 
bon de noter. Il est facile de voir 
que les Pères de la Compagnie de 
Jésus, à Québec, le tenaient en 
grande estime, qu'ils le traitaient 
comme un des leurs, qu'ils le re- 
gardaient pour ainsi dire comme 
étant de la famille." 

" Très souvent le " Journal " ac- 
cole son nom à celui de quelques 
Pères, lorsqu'ils partent le même 
jour pour aller faire l'office à diffé- 
rents endroits : " Le Père Poncet 
dit la messe de minuit à la nouvelle 
église, le P. Mercier céans, le P. 
LaPlace à l'Hôpital, le P. Garreaù" 
chez Martin Grouvel, et moi Qe P* 
Lalement) chez M. GifTard, à Beau- 
port, M. de Saint-Sauveur, à la 1 
côte de Ste-Geneviève." 

l( Les Jésuites font une large 
part à M. LeSueur dans les office» 
de la paroisse ; ils l'invitent à 
chanter le messe, à confesser : H 
y eut ^à la messe de minuit 1656) 
trois confesseurs : les Pères Vi- 
mont, Chastelain et de Saint- 
Sauveur." 

" Ils tiennent à ce qu'il soit de 
toutes leurs fêtes. Le P. Lalement 
avant un jour remarqué son ab-. 
sence : " M. de Saint-Sauveur n'y 
était point, dit-il ; il faut IV invi- 



339 — 



ter une autre fois." Et dans une 
autre occasion il se fait remplace/ 
par lui ; " Je ny assistai pas ; 
M. de Saint-Sauveur lit l'office." 

Nous avons dit déjà que M. Le 
Sueur est quelque part désigné 
dans les registres comme " prêtre 
habitué de la paroisse.'' Les Jésui- 
tes, dans leur journal, rappellent 
le " principal officier de notre pa- 
roisse." Ces paroles semblent expri- 
mer un grande considération pour 
M. LeSueur. Les Jésuites le regar- 
daient comme leur lieutenant, leur 
assistant, comme un homme de 1 " 
confiance capable de leur rendre 
tous les services possibles», dans 
l'occasion. 

u Souvent ils l'invitent à dîner 
" en leur réfectoire," soit les jours 
de grande fête, soit à l'occasion de 
quelque profession religieuse aux 
Ursulines ou chez les hospitalières, 
mais dans ce dernier cas, ce sont 
ordinairement les religieuses elles- 
mêmes ou quelque haut personna- 
ge qui font les frais du dîner : 
" Le 8 décembre 1650, la Soeur S-t- 
Dominique fit sa profession aux 
Ursulines ... M. le gouverneur, M. 
Menoil. M. de Saint-Sauveur et M. 
Vignal vinrent dîner en notre ré- 
fectoire, M. le gouverneur nous 
traitant.'' 

" Le 27 décembre ^même année), 
la Soeur de la Passion fit sa pro- 
fession aux Hospitalières... M. de 
Saint-Sauveur et M. Vignal vin- 
rent dîner en notre réfectoire, les 
Mères Hospitalières nous ayant 
envoyé de quoi." 

u Le Jour de l'An, à cette épo- 
que patriarcale dp l'Jiistoire, quel 
bel échange de polisses, de bmv 
fies et franches visites, de petit? 
Présents, entre ces prêlrps, ces rp- 
ligieux. ces citoyens de la coloni*» 
df Québec." 

M. le gouverneur nous n»* 
vint, écrit le P. Lalement. à la 
date du 1er janvier 1646 ; il était 



ici à sept heures pour saluer touj 
les itères, qui! demanda les una 
après les autres, de 1 allai saluer 
après la grand/messe. ; une fois, il 
taut le prévenir. M. Gititard aussi 
nous vint voir, et les religieuses 
envoyèrent des lettres de granu 
matin pour taire leur compliment ; 
les Ursulines, force " belles étren- 
nes, avec bougies, chapelets, cru- 
cifix, et sur le dîner deux belles 
pièces de tourtières. Je leur en- 
voyai deux images de saint Igna- 
ce et de saint Erançois-Xavier, en 
email. Un donna à M. Gitfard un 
livre du P. Bonnet, de la vie de 
i\ otre-iSeigneur ; à M. Des Chate- 
lets, un des petits tomes de Drexel- 
Hus de Aeternitate ; à M. Bour- 
don, des reliquaires, chapelets, mé- 
dailles, images ..." 

Une autre fois, le 1er janvier 
1648, ce sont les Hospitalières qui 
envoient aux Jésuites, " le matin, 
lettre par M. de Saint-Sauveur, et 
le soir d'auparavant un petit quart 
de vin d'Espagne ... Je leur en- 
voyai, dit le P. Lalement, une let- 
tre le même jour, et un livre, l'a- 
brégé du P. Sufïren." 

" Une autre fois encore : " M. 
le gouverneur <M. d'Ailleboust), et 
M. Bourdon nous firent force pré- 
sents de gibier, de viande, de 
poissons, et d'autres d'un baril de 
vin d'Espagne." Et ailleurs : " M. 
Giffard m'envoya dpux chapons. M. 
Jean Guyon, un chapon et une 
Perdrix, Mme Couillard, deux pou- 
les vives." 

De leur côté, les Jésuites ne res- 
taient jamais en frais de polites- 
ses : " J'allai saluer M. le gouver- 
neur, dit 1p P. Lalenieut, dès èe 
matin ^ler janvier 1661). Je don- 
nai à Madame un reliquaire 

J'envovai à M. Couillard un calu- 
met de piprrp. à M. Menoil une 
srande médaille de saint Jsnape, 
" annui soeculan's," à Mlle dp p P , 
nenti'— i m reliquaire." Et pil- 
leurs : " Je donnai aux Rospita- 



340 



Hères un livre de P. Bonnefous, 
aux Ursulines un tableau de saint 
Joseph, à M. Boutonville, secrétaire 
de M. le gouverneur, un chapelets 
musqué avec un Agnus Dei. v 

u Mais dans la distribution des 
et rennes du " jour de Fan,' 7 M. Le- 
Sueur n'était jamais oublié par les 
Jésuites. On lui donne, une année 
il l'évangile du P. Mcntreuiï, un 
pain de bougie et un canif : u une 
autre fois, " un pain de bougie, 
un crucifix et un Gerson." 

'' Le Journal des Jésuites men- 
tionne la présence de M. LeSueur 
à la procession solennelle du Saint- 
Sacrement le dimanche dans l'oc- 
tave de la Fête-Dieu, 30 mai 1660; 
puis, à partir de cette date, il n'est 
plus question de ce digne prêtre : 
sans doute, parce que les Jésuites, 
ayant cessé d'exercer les fonctions 
curiales à Québec depuis l'arrivée 
de Mgr de Laval (1659), et ne 
s'oceupant plus que de leur collège 
et de leurs missions, n'avaient 
plus de rapports journaliers avec 
lui comme auparavant. Il n'était 
plus " le principal officier de leur 
paroisse," et n'entretenait plus 
avec eux que des relations d'esti- 
me et d'amitié," 

Il serait intéressant de savoir 
par quelques vieux documents quels 
furent les rapports de M. LeSueur 
avec Mgr de Laval, puis avec les 
premiers prêtres du Séminaire de 
Québec. M. LeSueur vécut en effet 
plus de neuf ans encore après l'ar- 
rivée de Mgr de Laval au Canada. 
Il fut témoin des luttes énergiques 
du saint prélat contre la traite de 
l'eau-de-vie ; il fut témoin de son 
zèle et (le son dévouement nour la 
conversion des sauvages : il assis- 
ta à la fondation du séminaire de 
Ouébec, à la consécration de l'é- 
glise^ paroissiale qu'il avait Vu bâ- 
tir, " la consécration de l'église 
Ursulinps. aux grandes fêtes qui 
purent lieu à. Québec à l'occasion 
de la translation des reliques des 



saints martyrs Flavien et Félicité, 
-bien des fois, sans doute, il eut 
occasion de rencontrer Mgr de 
-bavai, soit lorsque le vénéré pré- 
lat visitait la chapelle du coteau 
Ste-Geneviève, qu'il continuait à 
desservir, soit lorsqu'en sa qualité 
d ancien chapelain de l'Hôtel-Dieu 
il était invité à quelque profession 
religieuse chez les Hospitalières. 

" A défaut de documents, il est 
bien permis d'affirmer que M. Le 
Sueur professait à l'égard du pre- 
mier évêque du Canada,, les senti- 
ments de la plus profonde vénéra- 
tion. Il était l'ami intime et le 
commensal de Jean Bourdon ; or, 
celui-ci fut toujours, dans le pays, 
et surtout au conseil, le bras droit 
de son évêque ; il l'appuya en 
toute occasion, et fut même, com- 
me l'on sait, victime de son atta- 
chement énergique, à ce qu'i? 
croyait être la cause de la justice 
et de l'équité. Il n'est pas probable 
que M. LeSueur entretint des sen- 
timents différents de ceux de son 
ami, ni parconséquent de son évê- 
que." 

" D'un autre côté, Mgr de Laval, 
qui avait une grande estime pour 
Jean Bourdon, devait nécessaire- 
ment témoigner à M. LeSueur une 
bienveillance toute particulière. 
Aussi, voyons-nous l'ancien curé 
Thury continuer à desservir com- 
me du temps des Jésuites, la petite 
église du coteau Ste-Geneviève, y 
faire souvent acte de juridiction, 
y célébrer plusieurs mariages." 

" Le dernier acte de M. LeSueur 
consigné dans les registres de Oué 
bec. est daté du 5 juin 1666. C'est 
le mariage d'un Rouennais, com- 
patriote et probablement ami de 
Bourdon. " Romain Becquet, fils 
de Julien Becquet et d'Anne Vas- 
sé. rie la paroisse de Beco. proche 
de la ville de Rouen, et Romaine 
Boudet, veuve de feu Jean Nor- 
mand." Ce mariage h\t oêléhr® t»«*t 
M. LeSueur " en la chapelle S*> 



— 341 — 







Saïnt-Jean-Baptiste, patron de la chapelle St-Jean et du sieur Jean 
Bourdon, d'après son testament 



34,2 — 



Jean/' en présence de Jean Bour- 
don, François Becquet, Louis Mi- 
chelet, Pierre Normand, Pierre 



DuOuet, tout une petite colonie 
rouennaise transportée sur le co- 
teau Ste-Geneviève." 




Lee demoiselles Bourdon. — 1. Gène viève, dite Mère St-Joseph, ursu- 
line ; 2. Marie, dite Mère Ste Thérèse de Jésus, hospitalière ; 3. 
Marguerite, dite Mère St-Jean- Bantiste. hospitalière ; 4. Anne, 
dite Mère Ste-Agnès, ursuline. 



TESTAMENT DE JEON 
BOURDON 

Extrait de son voyage à la Baie 
d'Hudson, par notre savant auteur 
M. J. E. Roy : 

" Au nom du Père et du Fils et 
du Saint-Esprit. Comme il n'est 
rien plus certain que la mort, et 
rien nlus incertain que l'heure, je 
fais ce mien Testament pour ne 
mourir intestat et faire connaistre 
ma dernière volonté.- Premièrement 
je donne mon âmes à Dieu, le sup- 
pliant par le mérite de la mort et 
passion de Jésus Christ mon Sau- 
veur, d'avoir pitié de moy et par 
les intercessions de la glorieuse 
Vier— Marie, et Jean-Baptiste, 
mon patron, et tous les saints et 
saintes de la Cour Céleste, je veux 
et entends que sy Dieu me retire 
de ce mortel monde dans le voyage 



que je vais entreprendre que aussy- 
tôt qu'on aura nouvelle de ma 
mort que l'on face dire trois servi- 
ces solennels à l'église de nostre 
dame de la Conception à Québec, 
ma paroisse, *et pour ce je laisse 
pour une fois payé la somme de 
cinquante francs. Item je donne et 
lègue à la paroisse de Québec, six 
francs de rente à perpétuité à 
prendre sur le plus beau et plus 
clair de bien rachetable par mes 
enfants s'ils le désirent par deux 
cens francs pour dire un service 
tous les ans au mêsme jour que 
l'on pourrait avoir nouvelle de ma 
mort. Item je laisse aux révérendes 
Mères Hospitalières RR. MM. Ur- 
sulines à chacune trente francs 
par une fois payée seulement pour 
dire un service à la nouvelle de ma 
mort. Item je leur donne et lègue 



343 — 



à chacune des d. maisons hospita- 
lières et Ursulines la somme de 
oent sols de rente à perpétuité à 
prendre sur le plus beau et plus 
clair de mon bien pour prier Dieu, 
pour le repos de mon âme racheta- 
ble par mes enfans sy le désirent 
par cent francs. Item je laisse pour 
les pauvres sauvages la somme de 
cinquante francs par une fois payée 
■qui sera employée par les révé- 
rends Pères des Missions, ainsy 
qu'ils jugeront à propos. Item je 
laisse à la charité de Québec six 
minots de bled froment à prendre 
a la mesterie de St-François paya- 
ble pour une fois seulement. 

c..u.i. je \eux et entend qut 
Anne Gasnier à présens mon es- 
pouse soit tutrice et procuratrice 
de mes enfans quelle gouverne 
leur bien jusques a ce qu'ils soient 
en âge sans leur en rendre comp- 
te aucunement sinon que de le. 
entretenir selon leur condition et 
sera tenue la d. aime Gasnier à 
présent mon espouse de lamellio- 
rer tout ainsy qu'un bon père de 
famille doit faire. Et sy la d. 
anne -Gasnier par son bon mesna- 
gement fesoit accroitre le d. bien 
comme bastire désert et négocier 
profiter tout ce • qu'elle pouvait 
faire durant sa vie je veux et en- 
tend quelle en -jouisse sans aucun 
contredit sa vie durant. Et après 
sa mort le tout retournera >à mes 
enfants. Et dautant que la com- 
munauté d'entre feu ma femme 
Jacqueline Postel continue et con- 
tinuera jusques à ma mort, Et 
que la moitié de tout le bien que 
je possède leur appartient ne pou- 
vant pas en disposer selon les 
coustumes, mon désir est de néan- 
moins que je souhaitte et deman- 
de que le bien ne soit point par 
tagé mais demeure comme sy je?- 
tais vivant, parce que ayant bien 
considéré pézé et reshershé je nay 
trouvay aucune personne pour le 



mieux et plus fidèlement adminis- 
trer et avoir plus de soing de lé- 
ducation de mes enfans que La 
ditte anne Gasnier ma femme. Et 
en cas que mes enfans estant ar- 
river en âge voulussent que ma 
femme leur rendist compte de la 
moitié du revenu de leur bien, je 
veux et entend qu'ils lui payent 
la moitié de leur nourriture et en- 
tretien, jay escript ceci dautant, 
que ils ont à prest la moitié du d. 
bien à cause de deffuncte leur mè- 
re, car pour ce qui est de l'autre 
moitié qui mapartient je veux et 
entend de reshef quelle ne leur en 
rende aucun compte ; mais com- 
me je croy que ayant la connais- 
sance que ça esté icy ma dernière 
volonté espérant de leur bon na- 
turel en voyant le mien testa- 
ment qu'ils n'y contrediront point 
je croy d'eux qu'ils y apporteront 
du Respect, et comme ils verront 
Dieu aydant que leur présente 
mère les aura gouvernez ils auront 
encor plus de subjet de laymer et 
l'honorer voyant que c'est la celle 
que les aura eslevez depuis le.uj: 
tendre genesse, et connoistront 
que ça esté pour leur proffit que 
j'en ai ainsy disposé. Et pour ma 
fille anne Bourdon estant arrivée 
en âge compétant d'élire une vo- 
cation sy Dieu et la très Sainte- 
Vierge lay inspire d'entrer en Ife-r 
ligion je veux et entend qu'il Tuy 
soit donné la somme de deux mil- 
le francs et pour cinq cens francs 
de hardes à son usage à prendre 
sur tout le bien qui me puis com- 
petpr Et appartenir Et aussy de 
deffuncte sa mère d'autant qu'ils 
y ont la moitié comme jay des ja 
dit. Et de plus paver sa pension 
pendant son noviciat, suppliant 
en ce cas le R. P. Supérieur qui 
sera pour lors de luy ayder en se 
rencontré comme ont fait les su- 
périeurs parcy devant à mes an- 
tres filles, Et pour l'exécution de 



344 — 



ce mien testament je supplie Mes- 
sixe Jean le Sueur Ptre escuyer 
et euro de Saint-Sauveur de vou- 
loir prendre la peine de faire 
mettre ce mien testament a due 
et entière exécution le priant de 
vouloir continuer de demeurer 
dans ma maison avec ma femme 
et mes enfans ainsy comme il a 
fait parcy devant et que tant que 
Dieu donnera du pain aux miens 
Il en sera participant ainsy com- 
me jay faict avec luy, c'est ce que 
je désire de part et d'autre et lu^ 
sera faict comme à présent cest 
de quoy je suis certain de ma fem- 
me quelle luy portera tout Thon 
neur et resprect comme elle doit, 
le choisissant pour curateur de 
mes d. enfans sy luy plaist en 
prendre la peine comme il a faict 
par cy devant, et dautant qu'il 
vient avec moi en mon voyage sy 
Dieu disposait de luy aussy bie. 
que de moy je supplie Monsieur 
Vignal, prestre de en sa place 
prendre le mesme soing cest ce 
que j'espère de sa bonté et sharité 
révoquant touts autres testamens 
que je pourois avoir faict parc; 
devant^ fait le vingt-neuf d'avril 
mil six cens cinquante sept e: 
XJrésence du Révérend Père Jea 
De Quen Suppérieur Général des 
Missions de la Nouvelle-France 
et du R. P. Barthélémy Vimont 
et du R. P. Pierre Chastelaiii Re- 
ligieux de la Compagnie de yjésns. 
de Monsieur de Sainct Sauveur, 
Ptre escuyer. curé de . Sainct Sau- 
veur et de Monsieur Vignal. ptre 
chappelain des Ursulines lesquel? 
jay .priz de signer avec moy < 
mien testament. 



Bourdon-Jean de Quen-Barthe 
lemy Vimont-Pierre Chastelain- 
Le Sueur, 1657, .Et Vignal, ptre. 

" Ce jourdhuy vingt Septembre 
mil six cens soixante quatre seinr 



desprit .et de vollonté sans sugges- 
tion ny Induction de personne je 
renouvelle ce mien Testament en 
forme de coaiene, qui est ma der- 
nière vollonté, ayant receu com- 
mandement de Monsieur de Mésy 
nos ire gouverneur de passer en 
France dans le navire ie Sainct 
J eaii-.baptiste ou commande le ca- 
pitaine LeMoyne .de dièpe estant 
en cette rade de Québec, et com- 
me le temps presse déxécutef .lof • 
donnance de mon dit Sieur le 
gouverneur japrouve et .ratiffie 
en la meilleure forme et manière 
qui se puisse faire pardevant tous 
juges ou autres à qui il appar- 
tiendra que .le mien Testament cy 
devant fait est et sera prestment 
et à tous jours ma dernière vo- 
lonté sy dans le voyage ou Je suis 
commandé d'aller Dieu dispose 
de ma .personne, Et pour les bons 
et agréables services que Anne 
Gasnier ma femme ma rendu 
parcy devant pendant .toutes les 
incommoditez des gouttes qu'il a 
pieu à Dieu m'eirvoyer dont , 
suis .affligé et que j espère quel! 
me rendra sy Dieu continue ma 
santé et à elle pareillement, je luy 
donne .laisse entièrement la jouis 
sance d'un appartement d'un logis 
de Quebecq qui consiste en la 
chambre cabinet cave, qui est au 
bas de la descente ou shemin de 
la haute à la .-basse ville de Qué- 
bec pour eu jouir disposer par la 
d. Anne Gasnier .me femme pour 
son logement sa vie durand pr 
après retournera à mes enfans, 
Et .de plus luy fais don d'une va- 
che a elle en propre, avec une 
traye. pour en jouir disposer com- 
me bon lui .semblera, comme a 
elle en propre sans que le présent 
escript puisse pjudicier à .son 
Contrat de Mariage, avec le petit 
lict gamy leouel se «démonte a vix 
qui est a Québec en la chambre du 



345 — 



milieu. Et jeu cas que mes en- 
fans ne pussent, ou ne voulussent 
saccommoder avec la d. Anne 
Gasnier ma /femme, je laisse à son 
shoix de prendre ce qui est porté 
par son contrat de .mariage avec 
la Donnation cy dessus. Et de 
plus comme Monsieur de .Sainct 
Sauveur ptre Escuyer, depuis 
trente ans avons esté liez d'une 
amitié très parfaite Et que depuis 
vingt deux ; ans ou environ à esté 
demeurant en mon logis, et ayant 
toujours pris soing de ce )qui me 
regarde, ayant instruit mes en- 
fans en la 'crainte de Dieu, leur 
ayant appris à lire et escrice, et 
l'ayant prie et esleu destre cura- 
teur de mes dits enfans,, nous 
ayant fait l'honneur et -la faveur 
de dire la messe en la Qhapelle 
ditte Sainct ;Jean, sy en ce cas 
mes enfans ne voulussent ou ne 
pussent saccommoder avec le d. 
^ieur de Saint Sauveur quant il 
seront en aage, je laisse, donne en 
la meilleure forme et manière .que 
puisse estre le Revenu du moulin 
de Sainct. Jean à la charge de l'en- 
tretenir comme un bon père de 
famille, Et pareillement sa cham- 
bre pour logement ou il est a pré- 
sent avec La Chapelle, Sainct 
Jean en la présence de Monsei- 
gneur François k de Laval, premier 
Evêque de ce pays nommé par le 
Roye Messire henry de Bernières 
Curé de la paroisse de Québecq, 
Messire Jean Dudouyt .^restre 
et du révérend Père Hiérosme 
Lallemand suppérieur gnal àV 
missions des ^révérends Pères Jé- 
suites, et du révérend Père Pierre 
Chastelain, mon sonfesseur les- 
quels touts jay ; priez avec moy de 
vouloir signer le présent codicille, 
fait les jours et an que dessus." 

" Sont ainsy signez au dit codi- 
cille .Bourdon, François Evesque 
de Petrée. H. DeBernières, Du- 



douyt, H. Lallemand, Et Pierre 
Chastelain. 

" Registre au présent Registre 
des Insinuations au désir de lor- 
donnance de Monsieur le lieute- 
nant Général civil et ,'criminel de 
cette ville de Quebecq au bas 
d'une requestre a luy > présentée 
aux fins du dit Enregistrement en 
date du vingt troisième jour de 
février dernier 1668. Faict et 
registre par moy greffier soubsi- 
gné ce deuxième Septembre mil 
six cens soixante huit, Et est la 
ditte ordonnance Et le dit .Testa- 
ment en Liasses. 

(Signé), /RAGEOT. 




Dr Michel Sarrazin, médecin de 
Roi, ncien habitant de la maison 
St-Jean. 



Le chemin du Belvédère, qui 
passe sur la terre de Jean Bour- 
don,, a dû être le chemin dont il 
sp servait avec ses voisins pour se 
rendre à la Grande-Allée et à la 
ville : car il faut remarquer que la 
rue Saint-Jean n'a été ouverte 



— 346 



qu'en 1667, t et que Jean Bourdon 
était déjà rendu là, avec plusieurs 
colons, en 1638. ( 

Le Dr Michel Sarrizin, membre 
de l'Académie es .Sciences, méde- 
cin du Roi et membre du Conseil 
Souverain, a habité le , Manoir de 
Jean Bourdon. Voici ce qu'écri- 
vait en 1858, l'abbé Ferland : ," Je 
n'ai encore pu découvrir la rési- 
dence du .Dr Sarrazin à Québec. 
Il me semble en avoir vu quelque 
chose je ne sais ou. Le yplus sou- 
vent il demeurait sur son beau 
fief de Saint- Jean, .sur le chemin 
Ste-Foye ancien fief Bourdon, 
chapelle St- Jean. C'est une par- 
tie du fief ou du moins tout au- 
près qu'est le monument commen- 
cer pour commémorer la bataille 
de. 1760. Le Dr Sarrazin est né 
à Nuys le 5 septembre 1659 ; mort 
à Québec le 9 septembre /1734. 

Les propriétaires actuels de 
l'emplacement de l'ancienne mai- 
son St-Jean, sont : M. Chs-B. 
Langlois, C. R., M. Sylvio _ De- 
mers, de l'Evénement, marié à 
Mlle Blanche Laçasse, fille de M. 
P.-'C. Laçasse, opticien, qui a son 
"beau manoir voisin du monument 
des braves, du côté de la viliîe, et 
M. John et de Mlle Rosis oui sont 
propriétaires de trois résidences. 

On pourrait croire, d'à. près les 
documents officiels, que les hau- 
teurs clf la ville et de la Banlieue 
de Québec ont été mises sous le 
■patronage de Sainte-Genoviève, 
^ui est 1h patronne de Paris) 
soit psr Champlain ou la Corm>a- 
gnie des Oent-Associés, ou bien 
par Jean Bourdon, premier ar- 
penteur géographe de la Compa- 
gnie eri 16^4 ou en^or^ uar les 
"Pères Récolletis on Jésuites', lW 
Premiers missionnaires de la Colo- 
nie, et nui étaient tous des envi- 
rons dp Paris. Le nom de Sainte- 
Ocneviève donné au Côtoau, re- 
monte au première concessions ac- 



cordé aux colons du lieu. Toute 1? 
paroisse Saint-Jean-Baptiste de 
Québec actuelle comprend le baë 
du Coteau jusqu'à la seigneurie de 
Sil'lery ; le haut du Coteau com- 
prend la Grande-Alliée, y compris 
Sipencer-Wood, les Plaines d' Abra- 
ham, etc., depuis la seigneurie de 
SifljLery jusqu'à la porte Saint- 
Louis. Les habitants de la haute- 
ville donnent encore le nom de 
coteau Ste-Geneviève au jardin 
du fort et ses environs. Il y a 
encore une rue Ste-Geneviève, 
près de ce jardin. Les Jésuites, 
dans leur journal, disent les habi- 
tants du haut du coteau Ste-Ge- 
neviève, en parlant de la Grande- 
Allée, et bas du coteau Ste-Gene- 
viève en parlant de ceux qui ha- 
bitaient vers le chemin Ste-Foye, 
qui n'était 'pas ouvert alors. Voici 
ce que rapporte le Journal, à la 
page 22 : " Le' pain bénit du di- 
manche fut transporté au lundi, 
jour de la Circoncision, 'M. le 
Gouverneur le donna ; il y eut 
quelque parole ensuite, :à qui on 
le donneroit après luy, & il fut 
trouvé plus à propos de le donner 
aux deux marguillers, M. Giffar 
& M. des Chastelets, & puis com- 
mencer par le haut de la Coste 
Sainte-Geneviève, comme 'par une 
rue : puis revenir par le bas, com- 
me par une autre 'rue, continuer 
de la sorte. Le Père Virnont en 
dressa un catalogue." 

" Le 6. jour des Roys, il n'y eut 
pas s de pain bénit, mais seule- 
ment le dimancho d'après : tous 
les deux marguillers le firent en- 
semble, Sçavoir M. des Chaste- 
lets & M. GifTar. & puis on le 
donna à M. Maheu la plus proche 
maison sur le Costeau de Sainte- 
Geneviève pour continuer." Jac- 
ques Maheu avait sa maison sur 
la Grande-Allée ; ensuite, vint le 
tour de Madame Nicolas Marso- 



347 — 



let de Saiiit-Agnan qui demeu- 
rait aussi sur la Grande- Allée. 

JNous lisons dans 1 historique de 
N.-JD. des Victoires, par le Dr 
Dionne : " La dévotion à Sainte- 
Geneviève a toujours de temps 
immémorial attiré une foule de 
ndeies au pied de cette petite cha- 
pelle dédiée sous le vocable de 
■cette grande sainte. La fête est 
-suit le 3 janvier de chaque année, 
célébrée le premier dimanche qui 
Après rintonnation du Gloria, à 
la messe le chapelain ou le prêtre 
qui le remplace, bénit des petits 
pains sans levain, de la grosseur 
d'une noix, distribués aux femmes 
qui appréhendent les douleurs de 
la maternité. Cette coutume re- 
monte de très loin et elle n'est pas 
tombée en désuétude." La chapelle 
possède une relique de Sainte-Ge- 
neviève. 




François Gaston, marquis de Lévis, 
commandant de l'armée lors de 
la bataille de Siainte-Foye, le 28 
avril 1760. Né le 23 août 1720 ; 
mort en 1787. 



— 348 




Moulin célèbre de Dumont, bâtit sur le ruisseau près du monument 
des braves, et situé sur le fief Saint-Jean, d'après le plan de M. 
Dufresne, déjà cité. 



349 — 






y 




•v*-^ 



***isp *r ' -•«• ;-t-~ **&».* .: .; 



5* / 









: 7 




Monument desi Braves de 1760. 



— 350 



Ce monument conomémoratif de 
ia bataille du 28 avril 1760, a été 
cédé par la Société &t-Jean-.bap- 
tiste de Québec au gouvernement 
du Canada, et déclaré propriété 
publique par l'acte ^7-28 Victoria, 
chapitre i>5 U864). Conformémenx 
aux dispositions de la section 109 
de l'Acte de l'Amérique Britanni- 
que du Nord, le terrain du monu- 
ment est devenu propriété provin- 
ciale a dater du 1er juillet 1867 : 
le monument lui-même appartient 
donc à la province de Québec ; 
l'entretien cependant en est laissé 
à la Société &t- Jean-Baptiste se- 
lon les termes de l'acte 27-28 Vic- 
toria, chapitre 55, déjà cité. 

Voici un extrait du rapport gé- 
néral du Commissaire des Tra- 
vaux publics de 1901, par M. Er- 
nest Gagnon, secrétaire d'une étu- 
de sur cette colonne : " Le monu- 
ment des braves de 1760 " a été 
construit d'iaprès dessin de M 
Charles Baillargé. de Québec. On 
nous permettra de répéter ici une 
description que nous avons déjà 
donné : 

" Ce monument consiste en une 
colonne de bronze cannelés, placée 
sur un piédestal de belles propoi 
tions dont les coins suotienneiK 
quatre mortiers également en broi 
ze. La face du piédestal qui don- 
sur le chemin Ste-Foye, porte cette 
inscription : " Aux braves de 1760. 
— Erigé par la Société St-Jean- 
Baptiste de Québec. " Du coté de 
la ville, le nom de Murray se des- 
sine en relief auédessus des armoi- 
ries de l'Angleterre : du côté rît* 
Ste-Foye, celui de Lévis se lit p">- 
dessus des emblèmes de la vieille 
France. En arrière, un bas-relief 
représente le célèbre moulin de 
"Dumont, qui fut tour à tour occu- 
pé T>ar les Anglais et les Français, 
pt définitivement pmilevé- nnr 1°" 
grenadiers de la ^ei^p. smis lp 
commandement de "M". d'Aiguebellep 



après un combat furieux contre le& 
montagnards écossais au colonel 
± raser. " 

- une statue de Bellone, de dix 
pieds de hauteur, cadeau du priin^ 
Jérôme .Napoléon, cousin de .Napo- 
léon Ail, couronne le monument, 
déjà haut de soixante-cinq pieds. 
Le bas de la statue est tourné vers- 
la ville, tandis que la tête, au con- 
traire, tournée vers cette partie du 
champ de bataille qu'occupait l'ar- 
mée française au matin du 28 avril» 
Entre les épaules et les hanches, il 
y a un mouvement de grande har- 
diesse, et le buste paraît littérale- 
ment tordu. La victoire hésitante,, 
comme on a appelé ce beau bron- 
ze, semble prendre à regret une di- 
rection nouvelle, et ses regards per* 
sistent à se tourner vers les trou- 
pes si longtemps et encore une fo, 
victorieuses dont les clairons ne 
devront plus résonner sur les rem- 
parts d ela capitale de la Nouvelle 
France. 

" Les ossements humains trou- 
vés sur l'emplacement du moulin 
de Dumont, en 1854, avaient été 
transportés en grande pompe à la 
cathédrale de Québec, et, avant 
leur inhumation à l'endroit où s é- 
lève aujourd'hui la colonne com- 
mémorative, l'archevêque Turgeon; 
dans une cérémonie extrêmement 
solennelle, avait prononcé sur ces 
restes des combattants rivaux les 
paroles d'espérance et de foi en la 
résurrection de la liturgie catholi- 
que. '" 

" L'année suivante, le 18 juillet 
1855. le général Rowan, adminis- 
trateur, gouverneur intérimaire du 
Canada, posait la uierre angulaire 
du " Monument des braves," eii 
présence de M\ de Belvère, com- 
mandant de la corvette " La Ca- 
pricieuse,'' le premier vaisseau de 
guerre français qui est remonté le 
fleuve St-Laurent depuis 1759 : en 
présence aussi du 16e régiment 
d'infanterie, avec dapèaux, d'un 



351 — 



corps d artillerie, d'un détacheoient 
de marins de la corvette françai- 
se, l'arme au bras, d'un groupe de 
Ilurons de Lorette portant le cos- 
tume de guerre, et d'une foule im- 
mense de spectateurs." 

" Oe fut à cette occasion que 
M. Chauveau, père, prononça le 
célèbre discours dont voici la péro- 
raison et qui jeta un vif éclat sui 
la renommée alors naissante de 
l'illustre orateur." 

".... Guerriers que nous véné- 
rons, vous avez payé votre dette à 
la patrie, c'est à nous de payer la 
n-tre, votre journée est remplie, 
votre tâche laborieuse et sanglante 
est terminée, la nôtre à peine com- 
mencé. Vous vous êtes couchés 
dans la gloire, ne vous levez pas. 
Pour nous, quels que soient nos 
aspirations, notre dévouement, no- 
tre courage, Dieu seul sait ou et 
comment nous nous coucherons. 



MJaia vous, dormez en paix sous 
les bases de ce monument, entourés 
de notre vénération, de notre 
amour, de notre perpétuel enthou- 
siasme .... dormez. . . , jusiqu'à ce 
qu'éclatent dans les airs les sons 
d'une trompette plus retentissante 
que celle qui vous sonnait la char- 
ge, accompagnée des roulements 
d'un tonnerre mille fois plus for- 
midable que celui qui célébrait vos 
glorieuses funérailles ; et alors tous, 
Anglais et Français, grenadiers, 
montagnards, miliciens et sauvages, 
vous vous lèverez, non pas pour 
une gloire comme celle que nous, 
faibles mortels, nous entreprenons 
de vous donner, non pas nour une 
gloire d'un siècle ou plusieurs siè- 
cles, mais pour une gloire sans 
terme et sans limites, et oui com- 
mencera avec la grande reviie que 
Dieu lui-même passerp quand les 
temps ne seront plus." 




Première chapelle de Québec bâtie en 1615, par le Père D'Olbeau et 

Samuel de Champlain, d'après le plan de la Prise de Québec, de 

1629, par le Père Hennepin, p. 343. Cette chapelle était située près 

de l'habitation de Champlain, au bas du petit escalier Champlain. 

Voir page 36. 



— 352 — 




K. P, JEAN D'OLBEAU 

Récollet qui a célébré la première 
mes.se à Québec, le 25 juin 1615. 




LOUIS XIII 

Roi de France lors de l'inaugura- 
tion de la mission de Québec, en 
1615. 




SAINT-CHARLES BORROMEE 

Cardinal-archevêque de Milan, pa 
tron titulaire de la chapelle de 

Québec, (d'après l'opinion de 
Tabbé Faillon.) Né le 2 octobre 

1538. Il mourut le 3 novembre 
1584, et fut canonisé en 1610 par 

Paul V, le premier pape de la 
mission de Québec ; la fête, le 4 

novembre. 




SA SAINTETE PAUL Y 

Qui a autorisé la mission de Qué- 
bec, en 1615. 



353 — 



287e anniversaire de la première 
messe à Québec, le 25 juin 1615- 
25 juin 1002. 

En 1614, Samuel de Champlain 
étant passé en France dans l'intérêt de 
la colonie qu'il avait fondée en 1608, 
et voulant lui donner un caractère de 
foi et de régularité en t/Wtes choses 
qui fut une garantie de succès e*: de 
prospérité, pour l'avantage des colons 
et pour la gloire de Dieu qu'il cher- 
chait avant tout, demanda au R. P. 
Duverger, provincial des fvsnciscams. 
des religieux de cet ordre pour être 
missionaires au Canada. L» Père Du- 
verger ne put de suite lui en accorder; 
mais le Père Jacques Garnie? de Cha- 
pouin, premier provincial dps Récol- 
iets, à. St-Denis. en envoya avec l'ap- 
probation du Prince de Coudé, vice- 



roi du Canada, et celle du nonce du 
Pape Paul V, qui accorda, en 1618. 
un bref on faveur de cette mission. 
Plus tard, le roi de France, Louis 
XIII, donna aussi des lettre».-, patentas 
aux Rôcollets établis en Canada, les 
autorisant à bâtir autant de couvents 
qu'ils jugeraient être nécessaires selon 
le temps et les besoins. 

Les Récollets qui arrivèrent les pre- 
miers en Canada, furent les RR. PP. 
Denis Jamay, supérieur, Jean d'Ol 
beau, Joseph LeCaron et le Frère Pa- 
cifique Duplessis. Le Père d'OIbeau 
resta seul à Québec, et les trois autres 
se rendirent aux Trois-Rivières. 

Le Père d'OIbeau avec Champlain, 
érigèrent une chapelle, à la Basse- 
ViUe, où le Père célébra la première 
messe dite à Québec le 25 juin 1615. 




23 



HABITATION D3 CHAMPLAIN EN 1608 



354 — 




CHATEAU DE COU LONGE EN 1664 



CHAPITRE XVI 

Chapelle du Château de Cou- 
longe, érigée en 1651 par M. Louis 
D'Anieboust, Chevalier de Cou- 
longe et son épouse, Barbe de 
Boulongne. Le Château de Cou- 
longe était situé à une lieue de 
Québec, c'est-à-dire à Speneer- 
Wood aujourd'hui, comme on le 
verra par la suite. Là Révérende 
Mlère Sainte- André de l'Hôtel- 
Dieu de Québec» a eu l'amabilité 
de me passer un document inédit 
et justificatif de l'existence de 
cette Chapelle'. Ce document est 
un rapport d'une visite ' faite au 
Château de Coulonge en 1664, par 
Paul Ohalifou et Jean Lemire, sur 
un ordre du Conseil Souverain, à 
la requête de Barbe de Boullon- 
gne, veuve du Sieur d'Ailleboust. 

M. Ernest Gagnon, secrétaire du 
Département des Travaux Publics 
de la Province de Québec a pu- 



blié dans le rapport de ce départe- 
ment, en 1899, une étude histori- 
que du Château de Coulonge et 
du Château de Spencer- Wood, 
doc Liment ée de notes précieuses. 

Pour cette raison, je mettrai à 
la suite de cet historique, ce que 
j'aurai à dire de la chapelle de 
Spencer-Wood. 

La reproduction de ce travail 
et des plans qui l'accompagnent, 
que je dois à la complaisance de 
l'auteur m'exemptera de faire des* 
répétitions inutiles. 

Une visite au Château de Cou- 
longe, en 1664. 

1664 (No. 52 5, C. Z.) 

Nous soubs signez Jean le Mire 
et Paul Ohalifou tous deux mais- 
tres charpentiers certifiions qu'a 
la requeste de Dame Barbe de Boul- 
longne, veuve de feu Louis Daille- 
boust, chevalier, seigneur de Cou- 
longe et Argenteney cy devant 
gouverneur et lieutenant général 



— ■ 355 



ff*Ç^P 




Mme BARBE de BOULLONGNE. 
Epouse de M. d'Ailleboust 



pour le Roy en ce pays de la Nou- 
velle Erance et en vertu d'une 
sommation à nous faicte par le 
vasseur Huissier dattée du dou- 
zième d'april portant commende- 
ment de nous transportés aux 
lieux du dit Coulonge Argente- 
ney pour faire la visite des bati- 
mens et en faire un rapport fidelle 
de Testât auquels ils sont sur les 
dits lieux du dit Coulonge, et Ar- 
genté^— ainsy qu'il est porté par 
juneVreques'te présentée Jpar J» 
dicte Dame de Boullongne. au 
Conseil dattée du cinqiesme d'a- 
pril mil six cents soixante et qua- 
tre et respondue par nosseigneurs 
du dict Conseil avec choix de nos 
personnes pour faire la ditte vi- 
site a ces causes nous sommes 
transportés au dict lieu d'argen- 
teney avec la diligence possible 
assistés des Sieurs Lachenesnaye, 
Duquet Denis Dion Ou estant 
avons procédé a la visite ainsy 
quil en suit : 

Suite de la visite par nous faicte 
de Coulonge et des bastimens quy 




Louis D'Ailleboust, Chevalier de 
Coulonge, 3e gouverneur de la 
Nouvelile-France, de 1648 à 1651, 
et administrateur de 1657 à 1658. 
Décédé à .Montréal le 31 mai 
1660. 



en dépende Et y avons procédé 
amsy quy ensuit : 

Premièrement avons veu et vi- 
sité le grand corps de logis tant 
haut que bas et estant entrés dans 
la grande chambre avons trouvé 
une porte toute rompue sans ser- 
rures ny loquets de plus avons 
trouvé la cheminée toute fracassée 
et quy penchait beaucoup sur son 
manteau et Jambage avec lercade 
du contre coeur toute desmolis 
avec le haut autour du faistre 
toute ruinée , bref elle menasse 
ruine entière. Déplus avons esté 
au derrière de cette dicte grande 
chambre ou estait la Chapelle du 
costé du sud, avons trouvé plu- 
sieurs madriers quy servaient de 
clôture hors de leur lieu et place 
et tout le reste des madriers du 
dict lie a sont prest d'en faire au- 
tant pour cause que les solles du 



356 — 




M. ET. Mme D'AILLiEBOUST, SUE LA GRANDE ALLEE^ SE 
RENDANT AU. CHATEAU DE COULONGE, EN 1651. 



boust du Sorouest ont fuit en de- 
hors et quitte le boust des dicts 
maariers Rius avons trouve deux 
Cabinets tacts avte des bons ma- 
ariers auxquels navons trouve au- 
cunes portes et ont esté enlevées 
avecq leurs ferrures hors de leur 
lieu, Déplus navons trouvé aucuns 
châssis dans les croisées et fenes- 
tre tant dans cette dicte grande 
Chambre que Chapelle Cabinets 
mais bien en avons trouvé quel- 
ques uns quy deçà quy delà la 
plus grande partie rompue et sans 
ferrures delà sortant de cette dicte 
grande chambre avons trouvé une 
porte pendue avecq deux couplets 
la serrure et tiroir enlevés. Delà 
estant ou est l'escaler y ia deux 
portes doubles dont l'une regarde 
du costé du sud et l'autre du costé 
du nord les serrures loquets et 
tourniquets y ont esté enlevés, 
dans ce dict escalier y a deux 
portes lesquelles y a eu une serrurfi 
enlevée de celle qui ferme le gre- 
niipiï Delà entrant dans une autre 
grande Chambre a costé du dict 
escalier avons trouvé au plancher 
du bas une grande ouverture 
comme cy cestait une place pour 
faire une cheminée dans cette dic- 
te chambre du costé du sud y a 



deux grandes croisées devant Tune 
desquelles y a deux abat vents tels 
que tels dégarnis de leurs ferrures 
et pour des châssis iana troi? quy 
tiennent aux dictes croisées mais 
iana deux de rompus mais les pe- 
tites targettes en sont enlevées et 
le restant des dicts châssis ne s'y 
trouve pas cy ce nest quelques uns 
quy se rencontre par cy par la 
tous rompus, Delà entrant dans 
une autre lieu derrière cette dicte 
chambre nous n'y avons point 
trouvé de porte ny ferrures quoy 
quil y en ayt eu une, et dans le 
dict leu navons point trouvé de 
plancher de bas et pour celuy de 
haut il se trouve trois pages de 
madriers de manque déplus avons 
trouvé du costé du nord un pan de 
madriers qui servait de clôture 
prest à tomber pour cause du so- 
lage quy sest retirer en dehors. 
Dans ce dict lieu se trouve deux 
croisées quy ne sont en guère 
meilleur estât que les autres lieux 
excepté quil y a des abatvents tels 
que tels et pour quelqu'autres fe- 
nestres quy se rencontrent dans 
ce dict lieu sont en pareil ordre 
nue les autres, et pour le regard 
de la cave les poutres en sont pour- 
ries en plusieurs endroits comme 



— 31 




GRANGE ET COLOMBIER DE COULONGE EN 1664. 



aussy les pieux quy sont autour,, 
pour le faict de la couverture du 
dict corps de logis elle est assez 
passable, delà estant sortis du dict 
grand corps de logis avons trouvé 
un certain retranchement de pyeux 
tout pouris et gattés lesquels fai- 
saient une façon de parapet avec 
une façon de pontlevis tout vis-à- 
vis de la porte du logis, mais le 
tout y est ruinés. Delà avons esté 
a la Grange du dict lieu ou l'avons 
trouvée en assez bon ordre a la ré- 
serve des soles poteaux et baterie 
quy sont tous pouris, delà avons 



esté au Coulombier (1) du dict 



(1) Avant 1789, il n'y avait que 
les seigneurs hauts-justiciers et 
les seigneurs de fiefs avec cencive 
et terre en domaine jusqu'à 50 
arpents qui pussent avoir des co- 
lombiers de pied. Les autres ne 
pouvaient avoir des volets qu'avec 
50 arpents de terre labourable si- 
tués autour de leur maison. En 
Normandie,, le droit de colombier 
était attaché au plein fief de hau- 
bert ; il n'était pas permis de 
bâtir un colombier sur une roture. 



— 358 



lieu lavons trouvé aussy en assez 
bon ordre a la reserve de deux 
portes de haut quy ne sont point 
trouvées, delà avons esté un autre 
lieu lequel a esté desclos de pyeux 
lesquels sont tous ruinés par la 
pouriture et dans Je dict lieu y a 
eu une maison laquelle a esté brû- 
lée et ny est resté que quelque 
peu de reste de deux cheminées la 
pluspart des ruines arrivées dans 
ces dict s lieux tant de Coulonge 
et quargenteney sont arrivés faute 
•l'avoir esté réparés en temps et 
lieu et aussy d'y avoir entretenu 
du monde pour l'occuper. 

Ce présent . raport est par nous 
dressé selon nos avis et conscience 
selon la vue que nous en avons pu 
avoir. 

En foy d^^uoy lavons siVné ce 
vingt et unième jour de Jum mil 
six cents soixante et quatre. 

Jean le Mire * 
III Marque de Paul Chalifou. 
Et advenant le vingt troisième 
juin 1664 Sont comparus les dicts 
LeMire et Chalifou experts nom- 
mez d'office pour voir et visiter 
Testât des bastimens des lieux de 
Coulonges et d'Argenteney Les- 
quels ont affirmé par leur serment 
le procès verbal par eux 

faict des dictes visites avoir esté 
faicts selon la vérité et leur cons- 
cience Requérant que taxe leur 
soit faicte. 

Le Conseil a ordonné et ordonne, 
au dict le leMire et Chalifou la 
somme de vingt livres chacun, 
faict au Conseil Souverain. 

Tenu a quebecq les jours et ans 
susdits, 

MEZY 

François évêque de petrée 
Rouer de Villeray 

Legardeur de Tilly 
Peuvret. 




Auteur de l'étude historique de 

Coulonge et de Spencer-Wood, 

en 1899 



Etude de M. Ernest Gagnon, — 
La résidence officielle des Lieu- 
tenants-Gouverneurs de la Pro- 
vince de Québec*— Châtellenie 
de Coulonge. — Powell Place. — 
Spencer Wood. 



COULONGE 

Le château de Spencer Wood, 
résidence officielle des lieutenants- 
gouverneurs de la province de 
Québec, occupe à peu près le cen- 
tre de la partie est de l'ancienne 
châtellenie de Coulonge. 

Ce fut le 9 avril 1657 que la 
terre de Coulonge, près Québec, 
fut érigée en fief et châtellenie 



359 



par la Compagnie de la Nouvelle- 
France (connue aussi sous le nom 
de Compagnie des Cent Associés), 
en faveur de Louis d'Ailleboust, 
ancien gouverneur du Canada, 
alors directeur de la traite dans 
toute la colonie. 

Voici le texte du titre d'érection 
de ce " fief de dignité " : 

" La Compagnie de la Nouvelle- 
France. À tous présens et à ve- 
nir, salut : 

" Désirant reconnoistre les bons 
services qu'elle a cy devant reçus, 
et "ceux qu'elle espère cy après re- 
cevoir du Sieur d'Ailleboust, Es- 
cuyer, Directeur de la Traite de 
la, Nouvelle-France,, à ces causes, 
Elle a érigé la terre de Coulonge, 
seize à une lieue de Quebecq, ses 
circonstances et dépendances, en 
tiltre de Chastellenye, avec jus- 
tice haute, moyenne et basse, sui- 
vant la Coustume de Paris. Pour 
enj jouir par luy et les siens ou 
ayans cause, au dit Tiltre de 
Chastellenye, mouvant par un 
seul hommage lige de Quebecq ; 
et que les Terres qui se trouve- 
ront enclavées dans ses bornes 
relèveront de la dite Chastelleyiie, 
et lui payeront les Cens et Rentes 
que la dite Compagnie s'estait ré- 
servés. La consistance des Terres 
de Coulonge. bornées à l'Orient 
du Grand fleuve Saint Laurent, à 
l'Occdent des Terres de la Coste 
de Ste Geneviève, au Septentrion 
du Ruisseau de St Denis, et au 
Midy des Terres annarten^ntp 
aux Sauvages et aux Mères Ursu- 
lines. 

En Tesmoin de quoy Nous 
avons fait apposer aux présentes 
le Sceau des Armes de la dit te 
Compagnie, et icelles fait signer 
par le Secrétaire ordinaire d'i^elle, 
le neufiesme jour d'avril, mil six 
Cens cinquante Sept! 



" Par Messieurs de la Compa- 
gnie de la Nouvelle-France. 

(Le Sceau.) 

Signé : " A. CHEFFAULT, 
Seert." 

(Au dos.) "Leu, publié et en- 
reg're au registre des insigniia'ons 
du greffe de la Seneschaussée de 
la Nouvelle-France, jurisdiction 
de Quebecq, l'audience tenant le 
unziesme jour de janvier MVIe 
cinquante huit, par moy Greffier 
en lad. jurisdiction soubs'nél" 
Signé : " PEUVKET, 

Greffier." 

L'original, sur parchemin, de la 
pièce qui précède, est conservé 
dans les archives du séminaire de 
Québec. Il porte aussi des certifi- 
cats d'enregistrement datés du 28 
octobre et du 18 novembre 1765, 
signés : " J. Goldfrap, D. Rég." 

L'érection de la propriété de 
Coulonge en fief de dignité avec 
titre, et non en fief simple, est un 
fait digne de remarque). " Le fief 
simple est celui qui n'est décoré 
d'aucun titre ou honneur. On ap- 
pelle fief de dignité ou d'honneur 
ceux qui ont justice ou des titres, 
demr's les châtellenies jusqu'aux 
duchés." (Xareau.) 

Les fiefs de dignité avec titres, 
en Canada, sous le régime fran- 
çais, furent : la châtellenie de 
Coulonge, les baronies des Islets, 
du Cap Tourmente, de Portneuf 
et de Lonsrueuil, le comté d'Or- 
sainville (primitivement la baro- 
nie des Islets) et le comté de St- 
Laur^nt (l'île d'Orléans). (1) 



(1) Le roi de Franee érigea aussi 
la In rouie de Beauvilîe. en Acadie, 
et le du^hp d'Arkansas. en Loui- 
siane. L'historien Bibaud fait 
mention d'un marquisat du Sablé 
érigé dans la ville des Trois-Ri- 
viÀres. M Ben^min Suite, qui a 
fait une étude spéciale de la ques- 



360 



Louis d'Ailleboust le premier 
châtelain ue Couionge, apparte- 
nait à une famille de la Champa- 
gne. Il arriva à Montréal en 1043 
(un an après la londation de la 
ville) avec sa jeune i'ennne, Ma- 
rie-Bar De de Boullongne, qu il 
avait épousée en 163», et la soeur 
de celle-ci : Gertrude-Philippe 
de Boullongne, plus tard religieuse 
ursulme à Quêoec sous le nom de 
Mère Saiiit-JJominique. 

Une même pensée de dévoue- 
ment avait conduit ces trois per- 
sonnes sur les rives canadiennes, 
où chacune d elles a laissé un sou- 
venir entouré de respect. 

M. d'Ailleboust lut pour M. de 
Maisonneuve un auxiliaire pré- 
cieux. Dès l'automne de 1643, il 
ajouta au fort de Ville-Marie "de 
beaux bastions," habilement des- 
sinés et construits, et, le prin- 
temps suivant, il fit semer du "blé 
français'' qui donna une bonne ré- 
colte. L'abbé Dollier de Casson 



tion, dit qu'une certaine portion 
de terrain s "tuée dans les limites 
de la ville des Trois-Kivières, et 
qu'il indique avec précision, a, 
pendant longtemps,, été désignée 
sous le nom de Marquisat du Sa- 
blé ; néanmoins il affirme que ce 
prétendu marquisat n'a jamais 
été créé régulièrement. Il a bien 
retracé dans plusieurs anciens do- 
cuments cette aonellation de "Mar- 
quisat du Sablé,'' mais, pour lui 
comme pour tous, l'origine de cette 
appellation reste inexplicable. La 
Compagnie de la Nouvelle-France 
avait le droit, en vertu de l'article 
V de sa constitution, de concéder 
des fiefs et seigneuries avec titres 
d'honneur, mais la création des 
duchés, marouisats. comtés et ba- 
ronies devait être ratifiée par le 
ro-. T'£ rpo fî on f ]' ime simple châ- 
tellenip pouvait être faite sans que 
la ratification royale fût requise. 



sexpiime ainsi dans son "Histoire 
du Mont -Uéal 7 : " Ce printemps 

même (16440 on commença 

à faire du bled français à la solli- 
citationd de M. d'Ailleboust, au- 
quel le Canada (1) a l'obligation 
de cette première épreuve, qui 
convainquit un chacun que la 
froideur de ce climat ne l'empê- 
chait pas de produire une grande 
abondance de bled 1 ." (2) 

M. Louis d'Ailleboust remplaça 
M. de Maisonneuve, comme gou- 
verneur de Montréal, du mois de 
septembre 1645 au mois d'octobre 
1647. Il passa en France vers la 
fin de l'année 1647, et revint l'an- 
née suivante avec le titre de gou- 
verneur de toute la colonie. Il 
débarqua à Québec le 20 août 1648, 
et y fut reçu officiellement par 
son prédécesseur, le chevalier 
Charles Huault de Montmagny. 
Remplacé comme gouverneur-gé- 
néral en 1651, par M. Jean de 
Lauson, il fut encore appelé à 
remplir cette fonction quasi-sou- 
veraine en 1657-58, en attendant 
l'arrivée du vicomte d'Argenson. 

Monsieur et Madame d'Aille- 
boust demeuraient "en leur mai- 
son de Coulonge, paroisse de Qué- 
bec," le 30 octobre 1652. date du 
"don mutuel" qu'ils se firent de 
leurs b'ens. c'est-à-dire près de 
cinq ans avant l'érection de la 
châtellenie. (3) 



(1) Montréal, évidemment, au 
lieu de Canada. 

(2) Champlain avait fait semer 
du blé à Québec dès le 1er octo- 
bre 1608. On en sema encore à 
Québec les années suivantes, no- 
tamment au mois de mai 1626. 

3) A part ses terres de Coulon- 
ge, des Grond'ues. d'Arsrentenay, 
(extrémité* rord-pst rie l'île d'Or- 
léans,) etc., M. d'Ailleboust possé- 
dait ure maison à Montré.-"! et une 
autre à Québec. Celle-ci faisait 




PLAN 



THE FI EFS COULONGE AN S r MlCtt EL- 

THE PROPEHTC OF THE G E V T L £ M £ fY 



JL 



*/#*. 

/ 



SE MINARy OF QUE P EC ■ 

DRAWN ANO COMPILED TO /KCOMPdNy A kEPORT THEREUPQN 

MA0£<4TTH£«£qU£STOFTHE C*0vVN,4IVD THE SE MlNARY 

($iGȣ dJ jos. r3crtukette.VtfdSu>r gW . 



3/ 



/JosHtxmel. LamJ. St/n/* 



Q U£BEC. IÛ MARCH /&34 

A TRU£ COPy fJtOMTME OtiQliSfiL OF RECORD WMÏ OFFICE 



Ù£PART#tF#T OF CKOWf/ £./)* D 

ÇueeEC 26 ap*il. i&yz. — 






(siGHt i>) <£os. Marne C 



361 — 




Arme* du. c/i*hlIÙ<l. Lotu4 d'/4Ulelou+t de. Co+i2cm.a4>i 



/ac s-tirille de. la. staitaTûte deS'Ct^ne. 7Katce.-tâ a>i*&e-~ 
de d8<^llûii~&7z>e-,J*rrvrrie de. /.cxu* d /l LUe2nru4~t. 
I de. Cottlo^zoe . 



C 6 ^ * -Ttïû-^^ 



C^W 




cûo^m^^ 



r<xc Simile dot flonaàces de Clwude4 #ucuxl£ de 7ftonlma&iw, 
L<HtU dAillelcu^tde Q>ul<mae ef^ecwt oie Lcurfm, deuxième} 
ùio<+c*rrie. et auaJïïirj+e- aou^e^rveoL^é de la. 7L<xAœLle^ 
rsicwt.ce. — — . .u. ._ 




362 — 



Rentré dans la vie privée et 
devenu simple "habitant" de la 
colonie, M. d'Ailleboust fut élu 
syndic de Québec en 1653. De 
concert avec quelques associés, il 
établit la même année un poste 
de pêche à Percé, et y envoya un 
vaisseau avec instruction de trans- 
porter "les produits du voyage" à 
Saint-Christophe, dans les Antil- 
les. 

N'ayant pas eu, lorsqu'il était 
gouverneur, les ressources suffi- 
santes pour combattre efficace- 
ment les Iroquois, il sut cepen- 
dant les contenir dans une cer- 
taine mesure par l'érection de for- 
tifications sur divers points du 
pays. Il fut le protecteur des 
Hurons. et leur permit de s'éta- 
blir à Québec même, entre le fort 
St-Louis et l'église paroissiale. 

Louis d'Ailleboust est le seul de* 
nos gouverneurs du régime fran- 
çais qui ait continué à vivre dans 
la colonie après l'expiration de son 
ternie d'office. Il mourut à Mont- 
réal le 31 mai 1660. 

M. d'Ailleboust était devenu 
propriétaire de la terre de Cou- 
longe partie par concessions, par- 
tie par acquisitions. L'acte de foi 
et hommage rendu par Dame Ma- 
rie-Barbe de Boullongne, veuve de 
Louis d'Ailleboust, le 9 décembre 
166 7 r devant Louis - Théandre 



face à la rue Saint-Louis, et était 
érigée sur un terrain assez vaste 
borné en arrière par la rue Mont- 
Oarmel. Madame d'Ailleboust 
donna cette maison à -l'Hôtel-Dieu 
de Québec, qui la vendit à Mi. 
Chartier de Lotbinière. Elle occu- 
pait l'endroit où s'élève aujour- 
d'hui la construction longtemps 
appelée "Kent House," à l'eneoi- 
f/nure des rues Saint-Louis et ITal- 
dimand. 



Chartier de Lotbinière, lieutenant- 
général de la prévôté de Québec 
et procureur fiscal de la Compa- 
gnie des Indes Occdentales, fait 
connaître ces origines de la sei- 
gneurie de Coulonge. On peut les 
résumer comme suit : 

lo Cinquante arpents achetés 
par M. d'Ailleboust (alors gouver- 
neur), de Nicolas Gaudry dit 
Bourbonnière, le 17 octobre 1649. 
(Andouart, notaire.) Ce terrain 
avait été concédé à M. Bourbon- 
nière par M. de Montmagny (pour 
la Compagnie de la Nouvelle- 
France), le 15 novembre 1617. 

2o Deux concessions faites à M. 
d'Ailleboust par M. de Lauson 
(pour la Compagnie de la Nou- 
velle-France), le 8 mars 1652. 

3o Concession faite à M. d'Ail- 
leboust par M. de Lauson, le 8 
avril 1652. 

4o Concession faite à M. d'Ail- 
leboust par M. de Lauson, le 17 
avril 1652. 

5o Cent arpents acquis par M. 
d'Ailleboust de M. de Lauson, le 
22 mars 1653. (Rolland Godet, 
notaire). Ces cent arpents de ter- 
re faisaient partie d'une conces- 
sion plus ample accordée à Olivier 
Le Tardif et Jean Nicolet de T M- 
leborne (1) par la Compagnie de 
la Nouvelle-France, le 5 avril 
1639, — • concession qui avait déjà 
subi quelques mutations. 

Voici les premières lignes de 
l'acte de foi et hommage rendu par 



(1) Ce fut sans doute Jean Ni- 
colet qui donna le nom de Belle- 
borne au ruisseau qui traverse la 
propriété aujourd'hui Spencer 
Grange. 



— 363 



Madame d'Ailleboust le 9 décem- 
bre 1067 : 

i( A comparu par devant nous 
Dame Marie-Barbe de Boullongne,, 
veuve de feu Messire Louis d'Ail- 
leboust, vivant chevalier, Seigneur 
de Coulonge, cy devant Gouver- 
neur et Lieutenant Général pour 

• le Roy en ce pays, tant en son 
nom que comme donataire mu- 
tuelle du dit deffunt, laquelle 
ayant mis un genouil en terre, a dit 
qu elle nous fesoit et portoit la 
foy et hommage qu'elle est tenue 
faire et porter aux dits Seigneurs 
à cause de la terre et chastellenie 
de Coulonge, relevant en plein 
fief foy et hommage des dits Sei- 
gneurs " 

Pendant l'existence de la Com- 
pagnie de la Nouvelle-France (de 
1627 à 1663) et de la Compagnie 
des Indes Occidentales (de 1664 à 
1674), les seigneuries canadiennes 
ne relevaient du roi que par l'in- 
termédiaire de ces compagnies. 
Celles-ci devaient rendre directe- 
ment foi et hommage au roi, à 
chaque mutation de rois, et offrir 
en même temps " une couronne 

" d'or du poids de huit mares." 

Après que Louis XIV eut dé- 
crété nue l'administration de la 
Nouvelle-France se ferait désor- 
mais par la Couronne, la châtelle- 
m'e d" Conlnrge devint mouvante 
non plus seulement " de Quebecq," 
mais du " Château Saint-Louis de 
Québec," et les châtelains durent 
rendre foi et hommage devant 
l'Intendant de police, justice et 
nnpn^pq de ''a colonie comme re- 
présentant direct du roi de Fran- 
ce. 

Sous le régime anglais, les sei- 
gneurs canadiens r^cb><mt la foi 
et hommage de™^t le gouverneur. 
II 
MUTATIONS -POWBLL PLACE 
Après la mort de M. d'Ailleboust, la 
ehâtellienie de Coulonge passa aux 



mains de sa veuve, comme nous venons 
de 'le voir, tant en sai qualité de com- 
mune en biens avec le défunt qu'en 
vertu d'un acte de donation mutuelle 
portant la date (du 30 octobre 1652. 
Cependant M. Charles d'Ailleboust 
des Musseaux, neveu de M. Louis 
d'AI'leboust, réclama la moitié de cette 
propriété. 

Une partie du fief iet châtelJeuie de 
Coulonge, au sud, en ayant été dis- 
traite par erreur, pour former le fief 
Saint-Michel, accordé à M. Le Gardeur 
de TilJy, le 7 avril 1660, une compensa- 
tion fut acordée à Madame veuve 
d'Ailleboust par ordonnance die l'inten- 
dant Talon portant la date du 20 juil- 
let 1668, en ajoutant à le censive de 
la châtellenie trois pièces de terre appe- 
lées " La Noraye," situées près du 
chemin Sainit-Louis, tel qu'il est dit 
dams l'acte de foi et homimage rendu 
par l'abbé Vallier, supérieur du sémi- 
naire de Québec, devant l'intendant 
Hocquart, «Je 15 janvier 1738. 

Par acte de donation passé devant 
Mtre Ragieot, notaire, le 5 juillet 1670, 
Madame veuve d'Ailleboust, "dans la 
pensée de passer le reste de ses jours 
au service des pauvres et dans des ac- 
tion* d charité ", céda la moitié du fief 
de Coulonge aux Soeurs de la Miséri- 
corde de Jésus, communauté de l'Hôtel- 
Dieu de Québec. L'autre moitié fut 
vendue à l'Hôtel-Dieu par M. Charles 
d'Ailleboust des Musseaux, le 2 octo- 
bre 1671.— ('Rageot, notaire.) 

Par acte passé devant Mtre Romain 
Becqueta notaire, le 12 mai 1676, l'Hft- 
tel-Dieu vendit Je fief Coulonge au sé- 
minaire de Québec. 

Dans un acte d'aveu iet dénombre- 
ment portant la date du 16 janvier 
1738, le supérieur du séminaire de 
Québec déclare que " la totalité du dit 
fief est .en domaine," 'lequel est mis en 
valeur en entier par le dit (séminaire, 
' qui a retiré de différents particuliers 
les concessions anciennement faites 



364 — 




M 

o 
o 

Kl 



367 — 



dams le dit fief, et a ieelles réunies au 
dit domaine.,, (2) 

Voici cette pièce : 

Acte d'aveu et dénombrement se rap- 
portant au fief et châtellenie de 
Coulonge. 

" Du seize janvier mil sept eein-t 
trente-huit. 

"En procédant à la confection du dit 
Papier Terrier, en noltre hôtel, à Qué- 
bec, pardievanit nous, Gilles Hocqua,rt, 
chevalier, conseiller du Roy en ses 
conseils, Intendant de justice, police et 
finances de la Nouvelle-Erance,est com- 
paru : M. François-Elzéar VaUlier. 
prestre théologal de l'église cathédrale 
de cette ville et Supérieur du Séminaire 
d-s Missions Etrangères établies en 
cette- ditte ville, le dit séminaire pro- 
priétaire du fief et châtellenie de Cou- 
longe et dépendance*, situé dans Ta ban- 
lieue du dit Québec, et consistant en 
deux portions, de terne dont la première 
et principale, de la quantité de deux 
cent soixante arpens ou environ en su- 
perficie, tient d'un bout, par devant, du 
costê de l'Est, au fleure Saint-Laurent, 
d'autre, par derrière, â l'Ouest, aux 
terres de la Coste Saintoe-Genevièye, 
d'un costê, au Nord, au ruisseau St- 
Denis, et d'autre, au Sud, partie au 



(2) La " Terre de la Noraye " et la 
Prairie à Duquiet." situées au nord- 
noiid-ouest de la propriété actuelle de 
Spencer Wonir 1 . furent rachetées, par 
Je séminaire de Québec, de Louis de 
Niort, sieuir de la Noraye, le 3 juillet 
1086. — (Rageolt, notaire). La terre de 
la Noraye et Ma plus grande partie de 
la prairie à Duquet,i?i tuées dans la châ- 
tellenie de Coulonge, ainsi que la terre 
de Saint-Denis, située dans la censive 
de la Couronne et voisine du fief de 
Coulonge, au nord, furent vendues par 
Je séminaire de Québec au général 
James Murray, le 13 novembre 1762.— 
(Panet, notaire.) 



! fi ef Saint-Michel, appartenant au dit 
J Séminaire et partie à la Seigneurie de 
: ^il'leiy, appartenant aux RR. PP. Jê- 

suiltes du Collège de cette ville ; et la 
deuxième partie, attaché? elt inicoirpo- 
j rêe à la précédente, de l'étendue de 
soixante-cinq arpens aussi en superfi- 
cie, en trois pièces de verve appelées 
vulgairement La Noraye, tenant d'un 
bout, â l'Est, au dit ruisseau Sain/t- 
Denis, d'autre, a l'Ouest, aux dites 
terres de la: Coste Sainte-Geneviève, 
d'un Costé, au nord, à la terre Saint- 
Denis, appartenant au dit Séminaire, 
d'autre, au sud. au dit rui-seau Saint- 
Denis. Lequel dit sieur Comparant, au 
dit nom, a avoué et déclaré que le dit 
Séminaire de Québec tient de Sa Ma- 
j sté le dit fief et châteJlïemie de Cou- 
longe, tel qu':il est cy dessus spécifié, 
avec Justice, haute, moyenne et basse, 
à la charge de la foy <it hommage à 
•rendre et portter au Roy, au château 
Sainit-Louis de Québec, duquel le dit 
fief relève, aux droits et redevances ac- 
coutumés, suivant la Coutume de Pa- 
ris, ot autres chargea, .clauses et condi- 
tions portées aux filtres énoncés en 
l'acte de foy et hommage que le dit 
sieur Comparant, au dit nom, en a 
rendu â Sa Majesté entre nos mains 
Le Jourd'hui. 

"Que la totalité du dit fief est en 
Domaine et fâr'it valoir par 'le dit Sé- 
minaire, qui a retiré de différons parti- 
culiers Tes concessions antérieurement 
faites dans 1& dit fief, et ice'lleis réunies 
au dit Domaine, et sur lequel d>it fief 
le idiiit Séminaire a les B«titnoâns et 
Terres en valeur ci-après, sçavoir : 

"Une maisoni en pierre à un étage, 
de quarante-cinq pieds de long sur 
vingir-r-inq de large, et une autre maison 
au bout de celle ey-dessns. en bois de 
pièces sur pièces, de trente-huit pieds 
de long sur vin.s-f-icinq de largo, aussi 
«ïr:n étage, le tout couvert en planches. 

"Une autre maison aussy en bo r is de 
pièces sur pièces, pour un ménage au 
service du dit Séminaire, contenant 



368 



trente-cinq pieds de long sur vingt-qua- 
tre de large, là un étage et couverte en 
planches. 

"Urne grange en bois de pièces sur 
pièces, avec une stable, écurie et re- 
mise, le tout laïussy en bois de pièces 
sur pièces et joignant ensemble, et con- 
tenant quarante pieds de long sur 
vingt-quatre ' de large et couvert en 
planches. 

"Un verger naissant de dieux arpents 
•en superficie, avec potager de même 
grandeur, -le tout entouré de perches 
seulement. 

"Et trente arpents de prairie au lieu 
appelé La Noraye. 

"Lequel Aveu et Dénombrement cy 
dessus le dit sieur Comparant, au dit 
nom,, a dit contenir la vérité, et a signé 
avec nous." 

"Ainsi signé, 

HOCQUART, 

et V ALLIER, supérieur du Séminaire 
de Québec." (1) 

Le séminaire de Québec, qui avait 
acheté le fief de Coulonge, le 12 mai 
1676, ne commença à céder les ternes 
du dit fief à des censitaires que quatre- 
vingt-dix ans plus 'tard. Le 11 avril 
1766, il concéda à MM. Antoine Olry 
et John Mayer une portion, considérable 
de ce fief comprenant les propriétés ac- 
tuelles de Spencer - Wood, Spencer 
Grange, etc. (Sanguinet, notaire.) 

Conformément aux décision et adju- 
dication consignées au regisltre de la 
Cour des Prérogatives, à Québec, le 
28 avril 1780, la propriété de M. Olry 
et de la succession MJayer, située dans 
Le fief de Coulonge, fut vendue par li- 
citation à Samuel Rolland pour la 
somme de cent deux livres alors cou- 
rant, à charge de payer aux Messieurs 
du Séminaire de Québec, seigneurs de 
la ehâtellenie de Coulonge, un sol six 
deniers tournois, pour chaque arpent 

(1) Archives du département des Ter- 
res, Forêts et Pêcheries, Québec. 



en superficie >de rente foncière et sei- 
gneuriale, et deux isols de cens pour 
tout le dit terrain, et ce chaque année 
au premier jour d'octob!re,fête de Saint- 
Rêmy. "Et à l'instant le dit sieur 
Holland a déclaré que les enchères par 
lui mises et l'adjudication à lui faite 
est (sont) tanit par lui que pour le bri- 
gadier-général Powell, de laquelle dé- 
claration le dit Comparanît a requis 
acte alors octroyé par mous, greffier 
sous-signê, â Québec, le 28 avril 1780." 
(Signé), "Boisseau." 

Monsieur Holland. conservai la portion 
du terrain située au nord-ouest du che- 
min Saint-Louis ou chemin du Cap- 
Rouge ; M. Powell devint propriétaire 
de la portion doinnamit sur Qe fleuve St- 
Laurent, située enltne le ruisseau St- 
Denis et le fief St-Michel, au sud-est 
du dit chemin. 

Le centre de la ehâtellenie prit alors 
le nom de Powell Place. 

Par acte passé le 31 octobre 1796, de- 
vant Charles Stewaiit et Alexandre Du- 
mas, notaires, à Québec, le lieutenaut- 
général Henry Watson Powell, repré- 
senté par M. Kenelm Chandler, a 
vendu, au prix de .deux imptfUe louis cou- 
rant, la propriété de Powell Place 
(aujourd'hui Spencer- Wood, Spencer- 
Grange et la grève qui s'étend au pied 
du cap), à Monsieur Patrick Beatson, 
constructeur de navires, résidant à 
Québec. Cette vente fut ratifiée par 
un document daté de Warwick, Angle- 
terre, le 24 février 1797, et s: : gné par le 
lieutenant-général Henry Watson Po- 
well. 

En dépit de cette mutation — le der- 
nière du siècle— le nom de Powell Place 
fuit conservé et iresta attaché à la pro- 
priété. 

Le 7 novembre 1801, les héritiers 
Beatson vendirent à Monsieur Fran- 
çois LeHoullier, marchand parfumeur, 
à Québec, la propriété dénommée "Po- 
well Place," contenant "environ quatre- 
v ; :ngt-di^-meuf acres de terre en super- 
ficie,— compris en la susdite vente de 



369 — 



terrain... tout édifice en château, 
maison, grange, étable* en pierre ou 
en bois, etc.," au prix de onze cent 
vingt-cinq louis courant, à la charge de 
"payer à l'avenir Iles droits seigneu- 
riaux de Ta dite habitation à la Châtel- 
lenie de Coulonge, dont elle relève, la- 
quelle appartient aux MM. du sémi- 
naire de Québec, etc." (A. Dumas, no- 
taire.) 



De terrain de la grève ne paraît pas 
être compris dans cette dernière vente. 

M. LeHoullier eut pendant quelque 
temps pour locataire le gouverneur siir 
James Henry Craig ('<the ûiittle King 
James"), qui donna dans le chaateau 
et le parc de Powell Place des fêtes 
d'un éclat jusqu'alors, inouï. 




SIR N. F. BELLEAU, 
Premier Lieutenant-Gouverneur 
de la Province de Québec, de 

'367 à 1872. 




ARMES DE SIR N.-F. BELLEAU 
D'azur au chevron d'or, accompa- 
gné de trois chouettes de sable 
deux et un,— avec la devise : Je 
veille. 



— 370 




m o 



Chapelle de Spencer Wood, érigée eu 1 73 par Thon. René- 
Edouard Caron, 2e Ueutenanl-gouverueur de la province de 
Québec, avec la permission de JSa Grandeur Mgr. Taschereau, 
archevêque de Québec. Celle permission fut de nouveau accor- 
dée à la famille Caron après la mort de Son Honneur arrivée le 
13 décembre 1876. Il a été célébré dans cette première chapeelle 
de Spencer Wood. 183 messes et 14 dans la chapelle ardente. 
Il n'y avait pas de chapelain en titre pour cette chapelle. Mgr 
Taschereau, Mgr Bégin, Mgr Persic », et un grand nombre de 
prêtres y ont célébré la m"sse. Ces notes m'ont été données 
pai les demoiselles Caron, qui ont eu le privilège, elles aussi, 
d'avoir leur chapelle daus leur maison privée ; je reviendrai plus 
tard sur ce sujet. 



371 




Hon. RENE-EDOUARD OARON, 

2e lieutenant-gouverneur de la 
Province de Québec, de 1872 à 

1876 ' I" Il Jijl 




Mme R.-E. CARON, 

Née Vénérande DeBlois, décédée le 
25 mars 1880. 




ARMES DE L'Hon. R.-E. OARON 

D'argent à la bande d'azur semée 
de fleurs de lis d'or,— avec la 
devise : Suaviter in modo, for- 
titer m re. 
24 



■/tfW" 




Mme Îfc-F. BELLE AU, 
A T ce Josette Gauvreau. 



— 372 







Hon LUC LETELLIER DE ST- 
JUST 

3e lieutenant-gouverneur de la 
Province de Québec, de 1876 à 
1879. ' • 




Mme LUC LETELLIER DE St- 
JUST 

Née Eugénie Laurent, décédée le 
3 mai 1876, âffée de 53 ans. 



B. P. ARTHUR CARON 

Fils de Son Honneur le Lieute- 
nant-Gouverneur Caron. v 




ARMES DE L'HomLUC IjETEL- 
LIER DE St-JUST 

De gueules de la face d'argent 
chargée de trois feuilles d'érable 
tiges de sinople, accompagnée 
de deux éperons d'or en chef et 
d'une main senestre couleur na- 
turelle en pointe, avec la devi- 
se : Haec manus ob patiam. 



373 





Hon. THEODORE ROBI TAILLE, 
4e lieutenant-gouverneur de la 

ISS ™ 100 de QU " b (> ' dG 1S79 à 



Aime THEODORE ROBITAILLE, 
Née Chariotte-Knmia Quesnel, et 

soeur par sa mère do M. Verehè- 

res Robiitaille, frère de l'hon. 

Aineiée Robitaille, le nouveau 

secrétaire provincial. 




ARMEiDEL'Ho.v. THEODORE 

RO BIT AILLE 

D'azur au chef d'argent, chargé en 

Pomte d'une colombe dW port-iîiï 

dans son bec un ra.neau d'olivTer du 

me ^.^e la devise- A ciel TuTen 



M. CHS. FELIX CAZEAU 

Vicaire général qui a célébré la 1ère 
mei,se a Spencer WuoJ en 1873. 




a, 
w 



— 375 — 



III 
SPENCER WOOD 

Le o avrd 1811, par acte passe 
devant Ivltre H. letu, notaire, la 
proprie ie ae Lovveil iriace rut ven- 
uub par Ai. François .Le liouliier 
à Alicnael-Henry Perceval, collec- 
teur ae ui aouax.e ae Quenec, pour 
la somme ae "quatre mille louis 
courain, i acquéreur devant "payer 
et acquitter, le jour de la bamt- 
jtténiy, prenner oetobre de cliaque 
année, au JJomaine de la (Jliâtei- 
ien^ ue ^oulonges appartenante 
lajosieurs les jicclusiastiques du 
Séminaire des laissions Etrangè- 
res à Québec, la somme de huit 
livres trois sols, la livre à vingt 
sols, de cens et rente annuelle et 
perpétuelle, garantis quittes jus- 
que à l'année courante." 

Monsieur Mchael-Henry Perce- 
val, le nouvel acquéreur, donna à 
PowpII Place le nom de Spencer 
Wood. et cela— dit monsieur J.-M. 
Lelvioine — en l'honneur de son pa- 
rent et protecteur l'honorable 
Spencer Perceval. Ce dernier 
était chancelier de l'Echiquier et 
premier ministre de la Grande- 
Bretagne lorsqu'il tomba sous les 
coups d'un assassin nommé Bel- 
iingham, le 11 mai 1812, au mo- 
ment où il franchissait le vestibule 
de la Chambre des Communes à 
Londres. 

Bellingham était un courtier de 
Liverpool. On le disait fou. Il 
subit la peine de mort dans la se- 
maine qui suivit l'assassinat. 

Monsieur Henry Atkinson. né- 
gociant de Québec, acheta la pro- 
priété de Spencer Wood des héri- 
tiers Perceval par acte portant la 
date du 18 mai 1835. 

Le gouvernement de la province 
du Canada acheta de M. Atkinsom 
en 1852 et en 1854, au prix total 
de $41,600,00, la plus grande par- 



tie de cette propriétés qu'il occu- 
pait uepuiS io5o eu vertu d'un 
bail avec promesse ae vente. (Voir 
Les pièces publiées dans le rapport 
général du Commissaire des Tra- 
vaux publics pour 1 année 1896.) 

Le nom de Spencer Wood reste 
attaché à la portion nord, vendue 
au gouvernement, où se trouvait le 
château qui devait servir de rési- 
dence au gouverneur général ; la 
portion sud se nomme aujourd'hui 
Spencer Grange et appartient à 
Sir James LeMoine. 

Le '•'domaine" de Spencer Wood 
a été cédé à la province de Québec 
par le gouvernement du Canada, 
e^ vertu d'un ordre du gouver- 
neur général en conseil portant la 
date du 29 avril 1870. (Voir les 
rapports généraux du Commissaire 
des Travaux publics P. Q. pour 
les années 1896 et 1898.) La rente 
seigneuriale dont était grevée la 
propreté a été rachetée par le 
gouvernement de Québec le 7 fé- 
vrier 1882. Elle était de S7| cen- 
tins par an. 

La superficie de la propriété du 
gouvernement est de 70 arpents 
15J perches environ, d'après le ca- 
dastre (1871). et de 75 arnents 65* 
perches, environ, d'anrès les titres. 

Dans le premier volume des "Ca- 
dastres aorégés des seigneuries de 
Québec" (Siméon Lelièvre. commis- 
paire^ se trouve le "cadastre! 
abrégé de la seigneurie de Cou- 
longe " La dimension de Spencer 
Wood y est indiquée comme étant 
do 75 arpents 50 perches. (4 mars 
1861.) 

Le château de Soencer Wood 
on'habitèr^-nt Lord Elgin et Sir 
F/lmund Head. fut considérable- 
ment agrandi et amélioré, ainsi 
titra ses dépendances^ de 1851 a 
1856, On ^epo-nsa, r>our ™=s travaux 
*■"■<> 657.70. Tout ia château pro- 
™**merit dit fut détruit nar un 
incendie, le 28 février 1860 jour 



376 



•de l'ouverture du parlement à Qué- 
bec. 

Lady Head et .sa fille s'échappè- 
rent à l.i hâte du bâtiment en 
flammes et se retirèrent chez le 
Lord évêque Mountain, à Samos, 
propriété voisine de Spencer Wood. 
Sir Edmund Head passa quelque 
temps chez M. Price. à Wolfefield. 
(1) Puis le gouvernement loua la 
propriété appelée Catarakoui, sur 
Je chemin du Cap Rouge,, pour en 
faire îa résidence temporaire du 
gouverneur. 

Le château actuel de Spencer 
Wood construit pendant les an- 
nées 1862 et 1863 au prix de $28,- 
015.71, fut inauguré par Lord 
Monk, gouverneur-général du Ca- 
nada, qui l'habita jusqu'en 1866.(2) 

Dennis rétablissement de la 
Confédération. Spencer Wood a 
été la résidence officielle de tous 
les lieutcnauts-g^uverrpurs de la 
province de Québec : les honora- 
bles Sir > T .F. Belleau (à partir de 
' fc 7^ senl^r , " , eT\t N î j ïïlén/v-lPrl ouaf d 
r'riTOTi. Cl 873^ Luc Letelliei" d^ 
Saint- Just (1S76), Théodore Robi- 
taille (1879). Louis-Rodrigue Mas- 
son (1884), Auguste-Réal Angers 
(1887), Sir Adolphe Chapleau 
(1892) et Louis-Amable Jette 
(1898). 

M. Belleau habitait ordinaire- 
ment sa résidence particulière de 
la rue Saint-Louis, à Québec, et 



(1) Sir Edmund Head et Lady 
Head avaient perdu, quelques 
mois auparavant, leur fils unique, 
John Hea/Î. Sgô de dix-sept ans, 
noyé dans les eaux du Saint-Mau- 
rice, à Grand'Mère (25 septembre 
1859). 

(2) Lorsque Lord Monk. succes- 
seur rie Sir Edmund Head, arriva 
à Québec, ?1 se retira dans les 
maisons maintenant occupées par 
les in grès "Rossé et Routhier, rue 
Saint-Louis. 



ne se tenait que rarement (comme 
il le lit pour recevoir le prince 
Arthur d Angleterre) à la résiden- 
ce officielle de Spencer Wood. 

M. Caron occupait la charge de 
lieutenant - gouverneur lorsqu'il 
mourut le 13 décembre 187G. Sou 
corps fut exposé dans le grand 
salon ru château, témoin de tant 
de fêtes... Les funérailes — aux- 
auelles assistèrent tous les membres 
des deux Chambres alors en ses- 
sion. — eurent lieu le 18, et furent 
faites aux frais de l'Etat. M. Luc 
Letellier de Saint-Just. nommé 
lieutenant-gouverneur lo 15 du 
même mois (décembre 1876") assis- 
tait aussi à la funèbre cérémonie. 

IV 
RECAPITULATION 

Les pages que nous venons de 
parcourir nous ont lait connaître 
les noms des différents proprié- 
taires du domaine actuel dô 
Spencer Wood depuis l'érection de 
la châtellenie de Coulonge* En 
voici la liste succincte dégagée 
de commentaires : 

1. Louis d'Ailleboust. (9 avril 
1657.) 

2. Dame Marie-Barbe de Boul- 
longne, veuve Louis d'Ailleboust, 
et Charles d'Ailleboust des Mus- 
seaux. (31 mai 1660.) 

3. L'Hôtel-Dieu du Précieux 
Sang. (5 juillet 1670 et 2 octobre 
1671.) 

4. Le Séminaire de Québec. (12 
m ni 1676.1 

5. MM. Olry et Mayer. (11 avril 
1766.) 

6. H^r.rv-Watson Powell. (28 
r,vril 1780.) 

7. Patrick B-atson, (31 octobre 
1796. ï 

8. Frpr^oîc J Lloullier. (7 no- 
verruW 1801.1 

9 "^VWl-Henrv Perce val. (3 
avril 1811.) 



— 377 



10. Henry Atkinson. (18 mai 
1835.) 

11. Le gouvernement du Cana- 
da. (31 mars 1852,-24 mai et 24 
juin 1854.) 

12. Le gouvernement de ia pro- 
vince de Québec. (29 avril 1S70.) 



~Tout ce qui précède n'est qu'un 
résume ue ilotes et de pièces qui 
ont été réunies pour la plupart 
sous un même dossier et placées 
dans les archives du département 
des Travaux publics, sous le nu- 
méro 1321 de Tannée 1898. (1) 

Erigue en châtellenie des le 
milieu du dix-septième siècle, la 
terre de Coulonge est d'abord oc- 
cupée par le troisième gouverneur 
de la Nouvelle-France, Louis 
d'Ailleboust de Coulonge et d'Ar- 
gentenay. (1) 

La femme de Louis d'Ailleboust, 
ia sympathique et pieuse Barbe de 
Boullongne (ou de Boulogne, sui- 
vant l'orthographe adoptée,) dont 
la vie intime a été marquée par 
des événements d'un ordre si élevé, 
(2) fit faire des travaux de quel- 
que importance à la modeste rési- 
dence de ce domaine seigneurial, 
après la mort de son mari. (Archi- 
ves de l'Hôtel-Dieu.) 

Puis, plendant quatre-vingt-dix 
ans, le seigneurie est conservée en 
domaine par le "séminaire des 
mission? 'étrangères" de Québec. 

Plus tard, sou:* le régime an- 
glais le centre de la châtellenie 
de Coulonge — Powell Place — est 
habité par un autre gouverneur, 
Sir James-Henry Craig. persouna- 
ge ombrageux qui eut le malheur 
d'avoir pour ^rmsfùller le fanati- 
que Herman-Witsius Ryl^nd. 

Plus tard encore,, la noble figure 
de Lord Elsrin apparaît sous les 
grands chères de Coulono-el Nous 
entrons dans une nouvelle, pério- 
de : la tenure seigneuriale est abo- 



lie (1854) ; il n'y a plus de foy 
et hommage à rendre "gemouil en 
terre, teste nuë, sans espée ny es- 
pérons," ou simplement "la main 
droite "ad pectus ; lorsque c'est un 
ecclésiastique qui prête le ser- 
ment ; mais le domaine est devenu 
propriété publique et résidence du 
chef de l'Etat : Elgin, Head, 
Monlv Liisgar, Dufferin viennent 
tour à tour séjourner au château 
du " Bois de Spencer." 

Puis la France semble être re- 
venue ; ou plutôt ce sont des fils 
d'une autre branche de la famille 
normande, tous nés dans la pro- 
^'nce de .Québecj 'qui vi jeûnent 
représenter au château la Couron- 
ne d'Angleterre. 

Et que d'hôtes illustres, que 
d'hommes politiques à jamais dis- 
parus de la scène du Parlement et 
du monde ont reçu l'hospitalité 
de la demeure vîce-royaîe et y ont 
discuté les destinées de notre 
pays ! 

C'est à quelques pas à l'est de 
la cascade du ruisseau Saint-Denis, 
qui est la borne nord-nord-est de 
la châtellenie de Coulonge, que 
les soldats de Wolfe escaladèrent 
la falaise du Saint-Laurent pour 
venir se ranger en bataille sur les 
hauteurs d'Abraham,, au matin du 
13 septembre 1759. C'est à peu de 
distance, vers l'ouest crue le Frère 
Liégeois, dont les restes reposent 
dans la chapelle du monastère des 
TJrsulines, fut massacré par les 
Iroquois, le 29 mai 1655. et c'est 
sur la rive de Sillerv. voisine de 
Coulonge, nu'exnira dans la nuit 
<V11 -i7 12 ™ a i 1646, le Père En- 
nemond ]VTa«sé, le compagnon de 
Jean n'e Brébeuf. 

L'histoire, la légende, l'anecdote 
familière aux ^rudits surgissent à 
ehaque p^s d-ns ce domaine de 
SWneer Wood : an sommet de la 
falaise -Jadis commise à la garde 
de Douglas et de Verger, aux de- 



378 



tours des allées du grand parc où 
Lady Head promenait sa douleur 
inconsolée, sous les rameaux des 
fCli^Ues séculaires qui rappellent 
la forêt primitive, dans la blanche 
chapelle, les vastes salons, la serre 
odorante du château. ' 

Effacer les noms de Coulonge^ 
de l J o\ve, 1 Place et de Spencer 
Wood serait effacer des pages 
vraiment précieuses des annales de 
la ville de Québec, la vieille capi- 
tale si flère de son passé, si noble- 
ment jalouse de la conservation 
de ses souvenirs. 

ERNEST GAGNOK 

(1) Quelques-unes des pièces de 
ce aossier — comme le pian de la 
seigneurie de Coulonge — m'ont été 
communiquées par Monsieur F.-X. 
Genest, au département de la Co- 
lonisation et des Mânes. D'autres, 
en plus grand nombre, ont été co- 
piées au bureau des archives judi- 
ciaires de la rue Sainte-Anne,, à 
Québec. L'obligeance éclairée de 
M Philéas Gagno/j, directeur de 
ce bureau h" portant m'a été fort 
utile, de même que la science de 
paléographe de M. l'abbé A. Ivhé- 




Mad< 



cadette de 3ir Ls-A. Jette. 



a unie, du Séminaire de Québec. 
Je dois aussi des rciiierciL'.iieuts 
à une vénérable religieuse hospi- 
talière, qui a non seulement mis à 
ma disposition tous les papiers de 
Madame d'Aillé boust, mais a bien 
voulu m'en signaler les pièces im- 
portantes avec cette -complaisance 
que connaissent tous ceux qui ont 
à consulter les archives de l'Hôtel- 
Dieu de Québec. 

Ces documents historiographi- 
quea pourront être utiles à ceux 
qui voudront les exploiter plus 
tard dans un but littéraire, ou se 
renseigner sur la position exacte 
des propriétés enclavées dans les 
limites de la châtellenie de Cou- 
longe ou situées dans le voisinage. 
Ils témoignent en tout cas de ce 
fait digne de remarque, que le do- 
maine de Spencer Wood semble 
avoir eu de tout temps une desti-» 
nation excei>tin-n-nellc. 

(1) Les noms de Coulonge et 
d'Argentenay avaient été portés 
par des membres de la famille 
d' Aî'ne^'mst en France. 

(2) Voir la notice intitulée : 
" Pnrbp df> "Ronlogne," publiée par 
lp docteur "NT.-E. T)imr"p rJan.q la 
"Kermesse" du 30 septembre 1892. 




selle Clotilde Jette, fille Madame Rodolphe Lemieux, 



fille 



aînée de sir Ls-A. Jette. 



— 379 




Madame Cécile Burrou^hs, éDOiise 
de Thon. M. Masson, fille de M. 
John-H. Burrou^hs, de Québec. 




RODOLPHE LEMIEUX 
Ganlre do Sir Louis A. Jette. 




Hon. Ls.-Frs.-Kodérique Massou, 
5e 'ieutenant-g;ouverneur de la 
province de Québec, 1884 à 1887. 




Armes de l'hon. M. Masson. 

Tranche d'or et d'azur, ce dernier 
chargé en chef d'une tête de 
Griffon ailé d'argent, avec la 
devise : Dieu aydant. 



— 380 




Madame Auguste-Réal Angers, née 
LeMoine, fille de feu Alexan- 
dre LeMoine. 




Sa Grandeur Mgr. Bégin. 




Hon. Auguste-Réal Angers, 6e lt.- 
gouverneur de la Province de 
Québec, 1887 à 1892. 




Armes de Thon. Augunte-Réa! An- 
gers. 

Ecartele en sautoir, au premier et 
au quatrième d'azur à l'étoile 
d'argent, an deuxième et au troi- 
sième d'or h la rose de gueules 
tigrée r1 e si^o-*^. <? 1ir }p tout, de* 
£rno-rj]o S à ] a tête de chérubin d'or 
^ilé du mêm p . avec la devise : 
Par droicts chemins. 



38] 







Sir Joseph- Adolphe Chapleau, 7e ït.-ffouvernem- de la Province de 
On^npc. de 1892 à 1S98. 



— 382 




Lady Marie-Louise Kir?' 
de sir <T. A. Ohapleau. 



USf 




Armes de sir J.-A. Ghapleau. 
D î a-"a-ent à la fasce d'azur accosté 
de deux bureles de même, aecom- 
pariée de trois têtes de lions de 
sable, arrachées de gueules, ar- 
mes et lampassés d'or ; l'éeu de 
îa Province de Québec qui est 
d'or à la fasce de gueules char- 
gée d'un lion passant regard an* 
du champ, accomnagrée de deux 
fleurs de lis d'azur eu chef et <V 
trois feuilles d'érable tisrées de 
sinople en pointe, brochant sur 
le tout, avec la devise : Tou- 
jours pour elle. 




Mgr Marois. Vicaire général, qui 
a ,é.léi)ré la première messe dans 
la deuxième chapelle de Spencer- 
Wood. le 3 juin 1898. 




M. Fablv J. Gignae, 3e chapelain 
de Spencer-Wood. 'chapelain ac- 
tuel. 1902\ 






— 383 — 



^fi II 




M. l'abbé Orner Plante, 2e chape- 
lain de Spoiieer-Wood, 1899. 



Québec. 1S avril 1899. 

Deuxième Chapelle de Spencer 
Wood, érigée en 1898 par Son 
Honneur Sir Louis- A. Jeté, lieu- 
tenant-g-ouverneur de la Province 
par un Induit de Sa Sainteté 
Léon XIIL en date du 12 avril 
1898. Accordant à Madame Jette 
comme privilège personnel, la per- 
mission d'avoir le Saint-Sacrement 
dans sa chapelle de Spencer Wood. 
pendant le temps de sa résidence 
à cet endroit. 

En vertu de cet Induit la pre« 
mière messe fut célébrée le 3 juin 
1898, par Mer. Marois, vicaire- 
général de l'archidiocèse de Qué- 
bec. 

Mgr. Bég-in nomma M. l'ahbé 
Plaisance premier chapelain, M. 
l'abb* Orner Plante fut ]*> deuxième 
et M.. Jl Gignae. professeur de 
l'Université, pst le charte 1 * in c»ctuei!j 
du château de Spercer Wood. 




Révérend Père Jules Jette, S. J., 
fils de sir Ls-A. Jette. 




Armes de sir Louis-A. Jette. 
D'azur au cygne nageant sur une 
mer de même, surmonté de deux 
étoiles d'or en chef, avec la de- 
vise : " Spes mea supra stellas." 



Ces notes m'ont été données par 
M. Généreux, secrétaire particu- 
lier de Son Honneur le lieutenant- 
gouverneur. 

Depuis 1867, il n'y a eu que deux 
lieutenants-gouverneurs qui ont eu 
le privilège d'avoir la messe à 
Spencer Wood : l'honorable M.. 
Caron et Sir L.-A. Jette. , 



— 38 1 — 




Sir Louis-A. Jette, 8e lieutenant-gouverneur de la province de 
Québec, 1897 (gouverneur actuel.) 



— 385 — 




Lady Berthe Laflamme, épouse de sir Louis-A. Jette 



38' 




Edouard. VII, roi d'Angleterre actuel, lors de sa visite à Spencer- 
Wood en 1360. Né le 9 novembre 1841 ; roi le 22 janvier 1901. 



A la suite de l'historique de la 
chapelle du château S'aint-Louis* 
j'ai donné la liste des gouverneurs" 
français et anglais, ainsi que leurs 
Armes, depuis Champlain jusqu'au 
Vicomte Monck, en 1867. Pour 
compléter cette liste de gouver- 



neurs du Canada je ferai suivre 
ceux qui ont gouverné le Canada 
denuis la Confédération, c'est-à- 
dire depuis Lord Monck jusau'a 
aujourd'hui ; ils ont tous été les 
liôtes des Lieutenants-Gouverneurs 
à Spencer-Wood. 



— 387 — 




ouii#, (Lord Lisgar), 
du Canada, de 




^e gouverneur 

1868 à 1872, mort en 1876. 



Lady Lisgar 



S-&' 




Armes de Lord 
Iiisg-ar. 




25 



LAD Y DTJFFERLN" 



— 388 — 




Sir Frédéric Temple, Marquis de 
Dufforin, 3e gouverneur du Ca- 
nada, de 1872 à 1878. Homme 
d'état distingué, il sut se gagner 
l'affection de tous. Mort en 1902. 




John D.Sutherland Campbell, mar- 
quis de Lorne, 4e gouverneur du 
Canada, de 1878 à 1883. 




Armes du Marquis de Dufferin. 




Armes du Miarquis de Lorne. 






— 389 — 




Son Afltesse Royale la princesse Louise-Caroline-AIberta, Duchesse 
de Saxe ; née le 18 mars 1848. 



— 390 — 




Henri-OWes-Keith Fitzmaurice. 
marquis de Lansdowne, 5e |ou- 
verneur du Canada, de 188d a 
1838. 



LADY LAKSDOWNE 




Armes du Marquis de Lansdowne. 



— 391 





Sir Frederic-Arthur Stanley, ba- 
ron de Preston. 6e gouverneur Madame la Baronne Stanley de 
du Canada, de 1888 à 1893. Preston. 




Armes du Baron Stanley de 
Preston. 



— 392 — 




Jonn-Campbell Hamilton-Gordon, Comte d'Aberdeen. 7e gouverneur 
du Canada, de 1893 à 1899. l 




Armes du Comte d'Aberdeen. 



— 393 




Gilbert-John Elliot, baron de Minto. 80 gouverneur du Canada, de 

1899 à 



— 394 — 




Lady Caroline Grey, baronne de 
Minto. 




Armes du baron de Minto. 



395 




Partie du Collège des Jésuites, où fut érigée la chapelle des Messieurs con- 
grêganlistes die Québec,en 1657, par le Révérend Père Joseph Poucet, S.J. 
Aussi la vieille halle du mlarché de la Haute- Ville, qui occupe l'ancienne 
place de l'église des Jésuites, qu'on a démolie en 1807 .et remplacée par cette 
hallle en 1810, qui fut, elle-même, démolie en 1875, lorsque le marché fut 
transporté près de la porte St- Jean. 



XVII 



Chapelle des messieurs d'e la 
Congrégation de Notre-Dame de 
Québec, érigée en 1657, par le ré- 
vérend Père, Poucet, jésuite ;dans lia 
partie sud-est du collège des Pères 
Jésuites, à Québec. 

Voici ce que nous Usons dans le 
Journal des Jésuites, à la page 
206 : " Le 14 février 1657, le jour 
des Cendres, le Père Poncet fit la 
première assemblée dans sa cham- 
bire des congréganistes de Notre- 
Dame. Es étaient douze. Le 24 du 
même mois, continue le journal. 
M\ Vignard dit la première messe 
messe dans la ohapelle de la Con- 
grégation de Notre-Dame, en la 
première assemblée des congréga- 
nistes, où M. de Ohiami fut recon- 
nu préfet de la dite Congrégation.'' 

Les "semblées des Congréganis- 



tes se firent dans cette chapelle 
jusqu'en 1668, époque où l'église 
des Jésuites fut en état de les re- 
cevoir. De 1668 à 1800, les assem- 
blées ont toujours eu lieu dans l'é- 
glise des Jésuites. Ils avaient pour 
directeur un père de la maison. 
Le premier chapelain du temps 
des Jésuites fut le Père Jo- 
seph Poncet, S. J., et le der- 
nier, le Père Cazot, S. J., 
ce dernier survivant des Jésuites 
après la conquête. Comme les biens 
des Jésuites furent saisis en 1S00 
par les autorités britanniques, les 
congréganistes furent contraints 
d'abandonner l'église des Jésuites 
et d'aller dans une des chapelles au- 
desssus de la sacristie de la Cathé- 
drale de Québec, où ils continuè- 
rent devoir leurs réunions jus- 
ou'en 1818, éponge de la construc- 
tion de leur église actuelle, sur 
l'Esplanade. 



396 




M. L'ABBE VIGNAL 

Chapelain des Dames Uirsulm'es, célébrant lia première messe à la pre- 
mière assemblée des Gongrêganistes, le 24 février 1657. 



Les congréganistles eurent pour 
directeur, après 1800, jusqu'au re- 
retour des Jésuites à Québec, en 
1849. les prêtres du séminaire et 
de l'evêché de Québec. Je revien- 
drai pflus tard sur ce sujet. 

Extraits des règlements de la 
Congrégation de Notre-Dame de 
Québec : 



" Les congrégations de la Sainte 
Vierge ont pris naissance dans les 
collèges de la Compagnie de Jésus. 
Voici l'origine de la première : en 
1563, un jeune religieux. Jean Léon 
Flammingrue, né à Liège, en Belgi- 
que, enseignait la grammaire au 
collège romain. 

" Approuvé par N. S. P. le pape 



— 397 



Grégoire XIII, le 5 décembre 1584, 
dans cette bulle le Pape érige cano- 
jiiquement la congrégation du col- 
lège romain sous le titre de l'An- 
nonciation ; il la place à la tête de 
toutes les autres congrégations 
comme première et principale ; il 
la met à perpétuité sous la direc- 
' tion du général de la Compagnie 
de Jésus ("le P. Claude Aquiviva), 
et de ses successeurs, les autorisant 
à affilier à cette congrégation- 
mère toutes les autres congréga- 
tions déjà établies dans les autres 
collèges, de telle sorte que ces con- 
grégations affiliées dépendent de la 
Première et Principale, comme les 
membres de leur chef, et partici- 
pent à tous ses avantages. 

" La congrégation de Notre- 
Dame de Québec fut établie en 
1657, comme il appert par l'acte 
d'érection fait à Rome le 20 décem- 
bre 1657. par 1p Père Goswin Nikel, 
alors général de la Compagnie de 
Jésus. 

" L'acte porte que le T. E. Père 
Général, à la sollicitation du pré- 
fet et des assistants de la congré- 
gation de Québec, récemment ins- 
tituée, ainsi que des EE. PP. Jé- 
suites, a consenti d'ériger dans les 
formes la dite congrégation sous le 
titre de l'Immaculée Conception, 
et de l'agréger à celle du collège 
romain. 

:i Après la suppression de leur 
compagnie, les Jésuites du . Cana- 
da, a^pc l'autorisation du Souve- 
rain Pontife, demandée et obtenue 
de concert par l'évêque catholique 
et le p-ouverneur nrotestant, conti- 
nuèrent à vivre dans leurs rnai«o-n«. 




FRANÇOIS DU MOUSSARD 

Professeur de musique au collège dres 
Jésuites, à Québec, et organiste de la 
Congrégation des Messieurs de Qué- 
bec, en 1666, d'iaiprès le rfecemsement 
de l'année 1666. Il avait 23 ans alors. 



à porter leur habit et à exercer 
leurs ministères. En 1790, ils n'é- 
taient plus que quatre à Québec ; 
le Père de Glapion, leur supérieur, 
déclara à Monseigneur Hubert, 
qu'ils ne pouvaient plus diriger la 
congrégation. L'évêque s'en char- 
gea lui-même pendant un an, puis 
il la confia à des prêtres séculiers 
qui la dirigèrent .iusq,u'en 1849." 



398 — 




SA SAINTETE GREGOIRE XIII 

Fondateur des Congrégations de la 
Sainte-Vierge. Il était de Boulo- 
gne, de la famille de Boncompa- 
gni, 233e Pape, du 13 mai 1572 
au 10 avril 1585, enseveli à St- 
Pierre, où est son tombeau. 



BULLE DE N". S. P. LE PAPE 
GREGOIRE XIII 

Sur les Congrégations (5 décembre 
1584.) 

A i ? exemple de notre Sauveur, 
qui, par un excès de bonté, répand 
continuellement ses grâces dans 
l'esprit des fidèles, et allume dans 
leurs coeurs la ferveur de la dévo- 
tion, pour la gloire de Dieu et la 
pratiques des bonnes' oeuvres, nous, 
pour nous acquitter des devoirs de 
notre charge, nous nous appliquons 
à augmenter cette même dévotion 
Par l'exercice de ces saintes oeu- 
vres, et par ce moyen à procurer 
le salut des âmes. 



LE 



R. PERE JEAN-LEON 
FLAMMINGUE 



Fondateur des Congrégations de 
Sainte-Vierge, à Rome, en 1563. 



la 



C'est pourquoi, ayant appris que 
plusieurs jeunes écoliers, d'une 
probité et d'une piété exemplaires, 
qui étudient dans notre collège de 
la Compagnie de Jésus, portés par 
une dévotion particulière envers la 
Bienheureuse Vierge, Mère de Dieu 
et animés par les exhortations de 
leurs maîtres, s'assemblaient cer- 
tains jours et à certaines heures, 
dans une chapelle du collège, dé- 
diée à la Sainte Vierge sous le ti- 
tre de l'Annonciation, et avaient 
coutume d'y anorocher des sacre- 
ments de pénitence et d'Eucharis- 
tie avec dp grands sentiments de 
dévotion, d'v réciter l'office, de s'y 
entretenir de choses saintes, d'en- 
tendre les exhortations qui s'y fai- 



— 399 — 



saient, et de vaquer à plusieurs au- 
tres Donnes oeuvres ; que beau- 
coup d'autres attirés par leurs 
exemples s'étaient joints à eux 
dans le même dessein. 

Nous, souhaitant d'entrenir et 
d'augmenter une si sainte inscitu- 
tion, nous leur avons accordé des 
indulgences, à eux, et à ceux qui 
feront les mêmes exercices, ainsi 
qu'il est plus amplement expliqué 
dans nos lettres apostoliques. 

Le général nous en ayant hum- 
blement supplié, Nous, souhaitant 
seconder la piété de ces écoliers, 
nous érigeons dans l'église du col- 
lège, sous le titre de l'Annonciation 
de la Bienheureuse Vierge Marie. 
une congrégation qui sera la pre- 
mière et la principale de toutes, 
non seulement pour ceux qui étu- 
dient, mais encore pour tous les 
fidèles : et cette congrégation sera 
toujours sous la direction du géné- 
ral de la Compagnie de Jésus. 

Et afin que cette première con- 
grégation augmente toujours en 
piété et en dévotion, avec le se- 
cours du ciel, nous confiant en la 
miséricorde de Dieu et au pouvoir 
des bienheureux apôtres St-Pierre 
et St-Paul, en vertu de notre puis- 
sance apostolique, nous accordons, 
par ces présentes, une indulsreuce 
pîénière à tous ceux qui, s'étant 
confesses et avant communié, se- 
ront désormais reçus dans cette 
congrégation, et le jour de leur 
réceptif"" et à l'arti^lp de la mort; 
et aussi à tous les fidèles qui. véri- 
tablement contrits, s'étant confes- 
sés et ^ant communié, visiteront 
cette chapelle le jour de l'Annon- 
ciation, entre les premières vêures 
et le coucher du soleil le jour de la 
fête, et y prieront pour l'exaltation 
de la sainte "FVlise.nour l'extirpa- 
tion des "hérécïes.pour la paix entre 
les princes ehréti^-ns. pour nous ou 
nos c-nreessenr? ^nq l'avenir, on 
orn feront n-H,e 1/ "ni s antres prères 
sclo-n 1cm* r?éVo\Snn. 



lie plus, nous accordons une in- 
dulgence plemere aux Congréga- 
nistes qui s étant confesses» com- 
munie mut, so:t dans la Congréga- 
tion, soit ailleurs, les jours de Noël, 
de l'Ascension, de la Conception, 
ue i Assomption de la Nativité de 
la sainte Vierge. 

Outre cela, toutes les fois qu'ils 
assisteront à l'enterrement d'un 
congréganiste ou dune autre per- 
sone,, ou quêtant empêchés ou ma- 
lades, lis diront, à genoux s'ils le 
peuvent, pour le repos de l'âme 
du défunt une fois l'oraison domi- 
nicale et la salutation angélique ; 
toutes les fois qu'ils se trouve- 
ront aux assemblées de la Congre- 
gatiom à l'office, aux exhortations 
et autres exercices de piété qui s'y 
pratiquent ; toutes les fois qu'ils 
entendront la messe les jours ou- 
vriers, qu'ils examineront leur 
conscience le soir avant de se cou- 
cher, nour leur accordons un an 
d'idulgence. 

Et afin que les congréganistes 
qui seraient absents de Rome ne 
soient pas privés de ces grâces 
spirituelles, nous leur concédons 
les mêmes faveurs, pourvu qu'ils 
fassent dans les églises des lieux 
où ils se trouveront, les tnêuies 
choses que font les congréganistes 
qui sont dans la ville. 

Tous les congréganistes, en 
quelque lieu qu'ils soient, peuvent 
encore gagner les indulgences que 
l'on gagne à Rome en faisant les 
stations pendant le carême et dans 
les autres temps. pourvu qu'ils 
visitent l'église de la Compagnie, 
ou une autre si la Compagnie n'en 
a pas dans ce lieu, et qu'ils y reci- 
tent sept fois l'oraison dominicale 
et la salutation angélique. 

Outre r»ela» nous donnons pou- 
voir au Général de la Compagnie 
d'ériger partout d'autres Congré- 
gations, soit pour ceux qui étu- 
dient dans les collèges de la dite 



— 400 — 



Compagnie, soit pour d'autres, et 
de les agréger à cette première et 
principale Congrégation, de la- 
quelle elles dépendront comme, les 
membres de leur chef ; de leur 
faire part des indulgences que nous 
avons accordées à la première 
Congrégation ; de faire des règle- 
ments pour le bon ordre et la di- 
rection des dites Congrégations, 
déclarant qu'ils doivent être in- 
vi (diablement observés. 

Et ces Lettres, que nous donnons 
pour l'érection des Congrégations, 
et les indulgences, ne doivent pas 
être comprises dans les révocations, 



suspensions, limitations, déroga- 
tions de semblables indulgences, 
que ces dérogations soient faites 
par nous ou par nos successeurs, 
même eu faveur de l'église du 
prince des Apôtres ou à la prière 
de quelque empereur, roi, etc. 

Et si quelqu'un ose entreprendre 
quelque chose de contraire,, qu'il 
sache qu'il encourra l'indignation 
du Dieu tout-puissant, et des bien- 
heureux apôtres saint Pierre et 
saint Paul. 

Donné à Rome, le cinquième 
jour de décembre de l'an 1584. 




B. PERE GOSWI^ NIKEL,, 

Général des Jésuites, qui agrégea 
la 1ère congrégation, le 20 déc. 
1657. 



M, CHARLES DE LLiUZON 
CHAR1STI, 

Premier pré'fet de, la congrégation 
de JST.-D. dp Québec le 21 fêV. 
1657. 



— 401 — 




REVEREND PERE PONCET, S. J. 

Fondateur et premier directeur de la 
Congrégation des Messieurs de Qué- 
'bec, -en 1657. Né à Paris en 1608, 
dit Mgr Tanguay, " arriva à Québec 
Je 1er août 1639, et monta la même 
■aminée à la mission des Hurons. A 
Montréal, il baptisa le premier sau- 
vage qui* y fut fait chrétien. Le 20 
août 1653, fait prisonnier au Clap- 
Rouge par les Iroquois,qui y avaient 
massacre plusieurs Français. Il fut 
conduit au m'iieu de leur nation, et 
subit de leur part un cruel martyr. 
Ses mains mutilées furent en partie 
brûlées avec des charbons ardents. 
IJ obtint cependant sa délivrance et 
put retourner à Québec, où il arriva 
le 5 novembre de la même année. Il 
partit ponr la France le 18 septem- 
bre 1657, accompagnant M. de Lau- 
zon-Oharny, et mourut à la Martini- 
que le 18 juin 1675, âgé de 67 ans. 
La relation de 1653 donne un détail 
très intéressant des souffrances 
qu'endura ce généreux missionnaire 
de la part des Iroiquois." Le Père 
Poncet établit aussi à Québec, le 28 
mai 1649, la Confrérie du Salint^Ro- 
saire, et le premier de novembre 
1656, la Confrérie évh, iSaint-Seapu- 
laire de N.-D. du Mont-Carmel. 




M. GUILLAUME VIGNAL 

Qui a béni la première chapelle des 
Congrégam'istes de Québec, le 24 fé- 
vrier 1657. ^Suivant Mgr Tanguay : 
Né en 1604, arriva à Québec le 13 
septembre 1648 en qualité de prieur 
des Ursiulines. Sur la pressante in- 
vitation de M. l'abbé de Queyllus, 
venu en 1657, il laùssa la commu- 
nauté qu'il avait desservie pendant 
11 ans, et fit un voyage en France, 
puis de retour, là Québec, le 7 sep- 
tembre 1659, dans le vaisseau " Le 
Saint-André," avec M. l'abbé Le- 
Maître,iil se rendit à Montréal comme 
membre du séminaire de Saimt-Sul- 
pice. Il fut blessé, 'le 25 octobre 
1661, dans l'Ile-à-la-Pk-rre, par un 
parti d'Iroquois, qui, après l'avoir 
conduit à Lapirairie de Ha Madeleine, 
en face de Montréal, le tuèrent, firent 
rôtir son corps siu,r iun bûcher, et le 
mangèrent. Les Agnerons, écrit la 
Mère Marie de l'Incarnatiion, conti- 
nuent leur carnage. M. Vignal, qui 
avait été notre confesseur et à qu; 
nous devions des obligations incroya- 
bles, est tombé entre leurs mains et 
a été mis à mort par ces barbares, 
avec tous les hommes de sa compa- 
gnie." Comme on le voit, les deux 
fondateurs de la Congrégation de N.- 
D. de Québec ont souffert le mar- 
tyre : le Père Poncet et M. l'abbé 
VJgnal. 



— 402 — 




Premier Palais episcopal, en 1659, ou la maison de Madame de la 
Peltrie, où fut fondée la Confrérie de la Sainte-Famille en 1664. 




Armes de Mgr de Laval. 



CHAPITRE XVIII 

Chapelle du premier Palais 
Episcopal de la Nouvelle-France, 
érigée à la Haute-Ville ' de Qué- 
bec, en 1659. par Mgr François de 
Lavai, premier évêque de la Nou- 
velle-France : Ce n'était autre 
mie la maison de Madame de la 
Peltrie, fondatrice des Ursulines ; 
elle était située sur les rues Des- 



jardins et Donacona, sur l'empla- 
cement actuel de l'externat des 
IJnsulines de Québec. Voici ce que 
nous lisons dans l'Histoire du Pa- 
lais Episcopal. par Mgr H. Têtu : 
" Quand Mgr de Laval arriva à 
Québec, le 16 juin 1659, il n'y 
avait pour le recevoir ni presby- 
tère, ni maison épiscopale. 

" La ville ne contenait encore 
que cinq cents habitants, logées 
pour la plupart à la Passe-Ville, 
où ®e trouvaient le magasin du 
roi quelaues comptois, une bat- 
terie et des quais plus ou moins 
nrimitifs. En gravissant la côte 
d? la Montagne alors étroite et 
surtout très escarpée, le prélat ne 
manqua pas de remarquer, à sa 
droite, "n onclos au milieu rhiau-el 
'frit enviée une srànde croix en- 



403 — 




Mgr de Laval, premier évoque de 
la Nouvelle-France. 



tourée de quelques humbles monu- 
ments funérahes. C était le plus 
ancien cimetière de Québec. Im- 
médiatement à côté, son oeil s'ar- 
rêta avec complaisance sur une 
jolie maison en pierre à deux éta- 
ges, dont nous aurons à parler 
plus tard, et qui était alors la pro- 
priété du sieur d'Auteuil, l'un des 
premiers conseillers, et maître 
d nôtel du roi. Cet édifice était en- 
touré de cours et de jardins em- 
bellis par des ormes séculaires 
qui couronnaient ce magnifique 
plateau, embrassant dans son en- 
ceinte tout le terrain de l'ancien 
évêché, de l'évêché actuel et du 
Séminaire. , 

" Mgr de Laval reçut d'abord 
l'hospitalité des RE. PP. Jésuites, 
puis des Soeurs de l'Hôtel-Dieu 
chez lesquelles il resta près de 
trois mois. 

Il alla ensuite se loc^r dans le 

pensionnat sauvage des Ursulines, 

ou'on appelait Séminaire. Il y 

était déjà en novembre 1659, car 

26 '. - 



Marie de l'Incarnation écrivait à 
celte date : " JNous lui avons 
pxeiu notre séminaire qui est à 
l'un des coins de notre clôture et 
tout proche de la paroisse. Il y 
aura la commodité et l'agrément 
d'un beau jardin. Et afin que lui 
et nous soyons logés selon les ca- 
nons, il a fait faire une clôture 
de séparation. Nous en serons in- 
commodées. . . Mais le sujet le mé- 
rite, et nous porterons cette in- 
commodité avec plaisir, jusqu'à 
ce que la maison épiscopale soit 
bâtie." Les traditions désignent 
encore l'endroit où le prélat célé- 
brait tous les jours la sainte 
messe." 

" Son séjour aux Ursulines dura 
jusqu'au 6 novembre 1661, c'est-à- 
dire l'espace de deux ans. Il nous 
apprend lui-même qu'il avait loué 
cette petite maison de Mme de la 
Peltrie pour deux cents livres par 
armée : " Nous la trouvons assez 
riche disait-il, parce qu'elle suf- 
fit à notre pauvreté. Nous avons 
avec nous trois prêtres qui sont 
nos commenseaux. deux serviteurs, 
et c'est tout»." 

" m A la fin de 1661, Mgr de Laval 
quitta les Ursulines pour aller 
passer l'hiver chez les révérends 
Pères Jésuites. Au printemps de 
1662, il acheta une vieille maison, 
située à l'extrémité ouest du 
presbytère actuel de Québec, et 
s'y logea avec sa petite famille." 
Il ne l'occupa que quelques 
mois, car le 12 août suivant, il 
s'embarquait pour la France, en 
confiant l'administration du vica- 
riat apostolique à M. de Oharny 



et à M. de Bc 



rnieres." (Vie de 



Ivl>r de Laval par l'abbé Gosselin.) 
La maison de Mme de la Peltrie 
a servi de monastère aux Dames 
Ursulines. lors de l'incendie de leur 
couvent en 1650 : eïïex v demeu- 
rèrent jusqu'en 1656. C/etâ au««i 
dans cette maison que le Père Pi- 



— 404 




M. l'abbé Charles de Lauzon-Char- 
pv, premier grand- vicaire, soirs 
Mgr de Laval, en 1659. Chevalier, 
seigneur de Charnv, grand-maî- 
tre des eaux et forêts en la Nou- 
velle-France, était fils de Messire 
Jean de Lauzon, gouverneur du 
Canada. Il arriva à Québec le 
1er juillet 1652, et le 12 août sui- 
vant, le père Jérôme Lalemant 
bénit son mariage avec Marie- 
Louise GifTard, fille de Robert 
Giffard, seigneur de Beauport. 
Madame de Lauzon mourut le 30 
octobre 1656, laissant une enfant 
de ouelques jours. Cette même 
année, M. de Lauzon-Charny 
remplaça temporairement son 
père, comme gouverneur de la 
colonie. Le 24 février 1657, il 
fut élu premier préfet des con- 
gréganistes de Québec, et, ce 
même jour, M. Vignal célébra la 
première messe dans la chapelle 
de la Congrégation de Notre- 
Dame. Le 18 septembre 1657, il 
pa^sa en Fra-p>ce, on il fut or- 
donné, et revint à Québec en 
1659 av^c Morr de Laval, dont il 
fut le premier officiai. 71 exe^a 
le saint ministère pendant plu- 
sieurs années, et repassa, en 



1671, en France pour y conduire 
DeJle Marie, sa jeune enfant, 
aux hospitalières de LaRochelle 
où elle fit profession, et pour de- 
meurer lui-même chez les Pères 
Jésuites de la même ville, où il 
vivait encore en 1689. (Mgr Tan- 
gu— D. 50.) 




R. Père Claude Pijart, S. J., fon- 
dateur de la Confrérie de la 
Sainte-Famille, à Montréal, en 
1663, et à Québec en 1664. 



jart, S. J., fonda la confrérie de la 
Ste-Famille, en 1664. Il loua cette 
maison à raison de 150 livres par 
année, dit le Journal des Jésuites, 
à la page 329. Mme d'Ailleboust 
était la fondatrice et fut la pre- 
mière supérieure de la confrérie, et 
Mme Jean Bourdon, assistante. 
L'année suivante, à la demande de 
Mgr de Laval, qui avait transféré 
la confrérie dans une des chapelle 
de la cathédrale. Le Pape_Alexan- 
drp VII accorda de?i indulgences 
à la Ste-Famille, pour les âmes du 
Purgatoire. Voici la Bulle extraite 
des mandements des évêques : 



405 




Madame Louis d'Ailleboust, fomda- 
triee et première supérieure de 
la confrérie de la Sainte-Famille. 



BULLE 

Alexandre, pape septième. Pour 
mémoire perpétuelle. 

" Etant appliqué à procurer le 
salut de tous, par une charité pa- 
ternelle, nous faisons de temps en 
temps présent d'indule-ences aux 
lieux sacrés, pour les rendre plus 
illustres, afin que là les âmes des 
défunts puissent obtenir les suffra- 
ges des mérites de Notre Seigneur 
Jésus-Christ et de ses Saints des- 
quels étant aidées, elles puissent 
par la miséricorde de Dieu être re- 
tirées des peines du Purgatoire, 
et conduites au salut éternel. Vou- 



lant donc rendre illustre par ce 
don spécial, l'Eglise paroissiale de 
Notre-Dame de Québec en la Nou- 
velle-France, et en icelle un autel 
de la confrérie ou association, sous 
l'invocation de la Site-Famille de 
Jésus, Marie et Joseph, qui n'est 
pas présentement orné de sembla- 
bles nrivilèges ; par l'autorité qui 
nous a été donnée, nous confiant 
sur la miséricorde de Dieu tout- 
puissant, et l'autorit éde ses bien- 
heureux apôtres St-Pierre et St- 
Paul, nous concédons et accordons 
que toutes les fois que quelque prê- 
tre séculier ou régulier, de quel 
qu'ordre que ce soit, y célébrera la 
messe des défunts au jour de la 
commémoration de tous les fidèles 
trépassés, tous les. jours de son oc- 
tave, et le lundi de chaque semaine, 
pour l'âme de quelque confrère ou 
consoeur que ce soit de la dite con- 
frérie, qui sera morte en grâce ; 
cette âme gagne, par manière de 
suffrages, l'indulgence qui lui est 
apnliquée du trésor de l'Eglise ; 
en sorte qu'étant aidée des mérites 
de Notre Seigneur Jésus-Christ;, et 
de la Bienheureuse Vierge Marie 
et de tous les Saints, elle soit déli- 
vrée des peines du Purgatoire. No- 
nobstant toutes choses contraires, 
ces présentes devant valoir senior 
ment pour sept ans. Donné à Ste- 
Marie Majeure, sous l'Anneau, du 
Pécheur, ce 22 jenvier 1665, en la 
dixième année de notre Pontificat. 

S. TJGOLINUS. 



406 — 




Premier Séminaire de Québec, fon dé en 1663 par Mgr de Laval, dé- 
truit par un incendie le 15 novembre 1701. 



CHAPITRE XIX 

Chapelle du Séminaire de Qué- 
bec, érigée en 1663 par Mgr de 
Laval située sur l'emplacement 
qu'occupe actuellement le presby- 
tère et ancienne place de l'église 
de Notre-Dame de Recouvrance. 

" Le Séminaire de Québec a été 
fondé et doté par Monsieur Fran- 
çois de Laval de Montmorency, 
premier Evêque du Canada... 
Cette maison n'est obligée par 
ses titres qu'à former de jeunes 
ecclésiastiques pour le service du 
Diocèse. Cependant, depuis la con- 
quête de la Province par sa Ma- 
jesté Britannique, le Séminaire 
s'est chargé volontairement et gra- 
tuitement de l'instruction public 
que ... Il en est sorti, et il en sort 
tous les jours, des sujets habiles 
pour toutes les sciences dont ils 
ont la clef, et capables de faire 
honneur à leur éducation et à leur 
patrie. 

Témoins : M. De Lery. M. De 
Sqïsberrv, M. On «met. fils. M. Des- 
chênaux, etc. Sans compter un 



grand nombre d'Ecclésiastiques 
qui se distinguent dans notre 
clergé." (mémoire de "Mgr. Hu- 
bert sur l'éducation.) 

" Mgr de Laval revint à Québec 
le 7 septembre de 1663, dit Mgr. 
Têtu, et dès son arrivée il prit 
possession d'une demeure convena- 
ble que M. de Bernières venait de 
faire construire, dans le courant 
de l'été, sur le même emplacement 
que la vieille maison mentionnée 
plus hautj et qui fut en réalité le 
premier palais épiscopal et le pre- 
mier séminaire de Québec. Cet 
édifice, d'après le certificat donné, 
le 14 novembre 1663. par les ex- 
perts nommés à cet effet, avait une 
valeur de huit mille cinq cents 
livres. 

" Le 30 décembre précédent, Mgr 
de Laval avait assernblé à la sa- 
cristie les paroissiens de Québec 
avec les messieurs du Séminaire, 
pour fournir à ceux-ci l'occasion 
de demander le terrain dont ils 
avaient besoin, pour se bâtir une 
maison ou ils puissent se loger 
eux et leurs ecclésiastiqus. 



407 




>s\~ 



Deuxième Séminaire de Québec, commencé en 1675 et inauguré en 
1678 ; brûlé au feu du 15 novembre 1701; reconstruit aussitôt, et 
brûlé pour la seconde fois le 1er octobre 1705. 



" Ils voulaient aussi avoir le 
droit de retenir le dit emplace- 
ment avec tous les bâtiments et 
augmentations, " si'lengageanti à 
faire bâtir un presbytère en lieu 
commode pour desseryir l'église 
valant la somme de six mille li- 
vres, si tant est qu'à la suite des 
temps l'un eut besoin d'un presby- 
tère séparé du dit séminaire". La 
paroisse accorda tout ce que l'on 
demanda. A cette époque, Mgr de 
Laval avait auprès de lui dans son 
humble demeure M. de Bernières, 
M. Thomas Morel, M. Jean Du- 
douyt, M. de Maizerets, prêtres, et 
M. Morin, Jolliet. Forest et Le- 
chevalier (et un autre inconnu) 
ecclésiastiques." 

" Cependant les Messieurs du 
Séminaire profitèrent de îa faveur 
que leur accordait la paroisse, et 
en 1666, ils firent construire une 
grande maison en bois qui fut 
comme un agrandissement de la 
maison épiscopale et curiale. Elle 
touchait d'un côté au chevet de 
l'église et se trouvait auiourd'hui, 
d'après nous, dans le jardin du 



presbytère actuel. Le corps prin- 
cipal; qui faisait angle droit avec 
1 autre partie de l'édifice, devait 
avoir cent vingt pieds de longueur 
environ." 

En 1675, on a commencé à cons- 
truire un édifice en pierre à trois 
et quatre étages sur cinq cents, 
pieds de longueur, en angle, il fut 
terminé en 1678'. Il y avait une 
chapelle publique et une pour Mgr 
de Laval, dont nous parlerons dans 
la suite. Tous ces bâtiments fu- 
rent détruits par un incendie le 
15 novembre 1701. 

Voici un extrait d'une lettre du 
comte de Frontenac à Oolbert, en 
l'année 1677, donnant un état des 
édifices du séminaire en construc- 
tion. Cette lettre se trouve dans 
Margry. vol. 1, page 301 : 

" Les seigneuries de M. l'Evêque 
^ montent, savoir : Les seigneu- 
ries Beaupré. Ste-Anne, et les deux 
"lonîins. 4,000 livres : celle de 
l'Islo Jésus, à 1,200 livres ; celle 
de la bavs Saint-Paul, à 900 livres. 

On peut voir par tous ces arti- 
cles que le revenu de M. l'Evêque 



— 408 




Partie du Séminaire ae Québec 
la troisième fois, le 25 mars 
Séminaire, que se trouve la 
Durant les trois incendies du 
de Mgr de Laval a toujours 

s'élève sans exagération, au moins 
à 40,000 livres. 

Et M. l'évêque empêche lui-mê- 
me qu'on en puisse douter par les 
grands et superbes bâtiments qu'il 
fait faire à Québec, quoique lui et 
ses ecclésiastiques fussent déjà lo- 
gés plus commodément que les gou- 
verneurs ; le palais qu'il fait faire, 
au dire du frère Luc, Recollet, 
qui en a donné le dessein et qui en 
pourra rendre tesmoignage, cous- 
tera plus de 400,000 livres. 

Cependant nonobstant les au- 
tres despenses que fait "M. l'Eves- 
que. la plus part non nécessaires, 
il en a déjà fait faire le quart en 
deux ans ; le bastimeîit est fort 
vaste pt à quatre estages : les 
murailles ont sept pieds d'espais- 
seur. les caves et le offices sont 
voûtés ; le«! fenestres d'en bas sont 
faites en embrasures et la couver- 
ture est d'ardoise toute apportée 
dp Frane° ; mais ce qu'il y a de 
plus fascheux, c'est que ce palais 



reconstruit en 1705, et brûlé pour 
1865. C'est dan* cette partie du 
chapelle privée de Mgr de Laval. 
Séminaire de Québec, la chapelle 
été préservée des flammes. 

pst situé au milieu d'un jardin 
qui a esté dressé à force de mines 
pt aplany par le moyen de terres 
apportées d'en bas au haut du ro- 
cher sur lequel il est, et qui occu- 
pe le seul endroit ou l'on peut} 
faire un fort pour la défense de la 
rade de Québec et des vaisseaux, 
que Ton ne sçauroit défendre par 
aucune batterie si on ne la fait 
dans ce jardin." &. &. 

Lors de la célébration du 200e 
Anniversaire de la fondation du 

Séminaire! de Québec le "Cour-t 

rier du Canada" fit un compte- 
r^ndu de la fête, et publia le beau 

discours de M. l'abbé Antoine 
Racine, chapelain de l'église St- 
Jean-Baptis-te. eue ie crois néces- 
saire de reproduire ici, pour com- 
•nil^fer ppt historique. 
" Le 200e anniversairp de la Eon- 
^atio-n du Sip.mi-naire de Qué- 
bec 1a 30 avril 1863. 
T.'<-n->-n 1 Vprçrp' VP déjà deux fois 
séculaire de la fondation du Se- 



— 409 — 




Chapelle privée de Mgr de Laval, inaugurée en 1678. C'est M. l'abbé 
Roussel, prêtre agrégé, et bienfaiteur du Séminaire qui a le pri- 
vilège actuellement, d'offrir le siaint-sacrifice de la messe dansi 
cette vénérable chapelle de ]\Igr de Laval. 



minaire de Québec a été fêté hier, 
comme il convenait..! dignement 
et noblement. La journée a été 
bonne non seulement pour le sé- 
minaire mais aussi pour le peuple 
canadien lui-même dans l'histoire 
duquel cette grande institution 
joue un rôle à la fois si fécond 
et si glorieux. Elle montre que le 
Séminaire n'a point dégénéré, qu'il 
est toujours animé de l'esprit de 
«on grand *»t immortel fondateur ; 
■st non moins manifestement elle 
montre aussi que les Canadiens 
ont la mémoire du coeur et qu'ils 
«avent reconnaître d'où leur vient 
ce qui a fait et ce qui fera dans 
Ips siècles Vur force et leur gran- 
deur. Voilà pourquoi il nous a 
paru utile de raconter les princi- 



pales circonstances de cette mé- 
morable journée. 

" A neuf heures, une grand' - 
messe solennelle d'actions de grâ- 
ces suivie du "Te Deum", a été 

■Hantée à la cathédrale qui, pour 
la circonstance, avait été décorée 
avec une magnificence et de bon 
goût exquis. Des drapeaux, des 
guidons et des banderoles aux 
couleurs dft la France et de l'An- 
o-l^ter^e flottaient de toutes parts 
et réjouissaient, merveilleusement 
la vue. Ce n'était nas d'ailleurs 
les seuls préparatifs qu'on eut 
faits. L'a cour du séminaire était 
ulantée d'arbres d'unp maîminnuje- 
verdure, et a l'entrép même de 

opf+& maison et tout près de la 
grille de la cathédrale se dressait 



410 




Le Frère Luc Lefrançois, Récollet, 
qui a fait les Plans du Séminaire 
de Québec, qui fut commencé en 
1675, d'après les ordres de Mgr 
de Laval. 



m superbe arc de triomphe. C'est 
de la cour du séminaire et en 
pasant sous cet arc de triomphe 
que l'on se rendit processionnelle- 
ment à la cathédrale. 

" Les élèves du collège de No- 
tre-Dame de Lévis, succursale du 
séminaire de Qaébec. ouvraient la 
marche avec leur bannière, venaient 
ensuite avec leurs drapeaux blancs 
les élèvps du séminaire : les élè- 
ves de l'Université Laval presque 
tous en robe ; le massier portant 
le bâton d'or et les appariteurs 
des diverses facultés portant le 
bât' ---n d'argent ; les professeurs 
de l'Université, tous en robe et 
revêtus des insigne s du doctorat ; 
im o]pv<r£ nnmbrpux. en habit de 
choeur, venus de toutes les par- 
tie? du pays. Mgr l'évêque de Tloa 
fermait la marche. C'est aussi Sa 
Grandeur qui a célébré la messe 
fnontificalement. assisté de deux 
diacres et do deux sous diacres, 
M. l'abbé Moreau chanoine de 
Montréal; et M. l'abbé Lagacé, 
supérieur du Collège Ste-Anne, se 



tenaient immédiatement auprès 
de Jrt.gr en qualité de diacre ou 
sous diacre. M. 1 abbé McDonnell, 
vicaire générai de Kingston^ as- 
sistait, revêtu de la chape d'hon- 
neur. Six curés,, grands-chantres, 
étaient également revêtus de la 
chape. JLa cathédrale avait, pour 
la circonstance, comme aux l'êtes 
ies puis solennelles, déployé son 
magnifique drap d'or. 

" Immédiatement après l'évan- 
gile M. l'abbé Racine, chapelain 
(de St-Jean, est monté en chaire, et, 
dans un discours,, qui n'a duré 
guère moins de cinq quarts-d'heu- 
res, il n'a cessé de captiver son au- 
ditoire et par la profondeur delà 
pensée, et par 1 élévation et la no- 
blesse du langage, et par le char- 
me et la chaleur du débit. Nous 
avons le discours de M. l'abbé Ra- 
cine ; il ne nous est malheureu- 
sement pas possible de le publier 
aujourd'hui, mais nous le donne- 
rons intégralement, avec les notes, 
dans notre numéro de lundi. Nos 
lecteurs comprennent dès lors 
pourquoi nous n'essayons même 
pas d'analyser cette oeuvre magni- 
fique qu'ils pourront lire bientôt 
avpp Tant d'intérêt. 

" La cathédrale était très bien 
remplie, et l'on remarquait dans 
l'assistance plusieurs personnes 
distinction : l'honorable M. 
Turcotte, président de l'Assemblée 
Léq-islrt'vp • Sir Et.-P. Taché, 
conseiller législatif, ancien mi- 
nistre ; M. le baron Gauldree- 
Boilleau. oonsul-général de Fran- 
ce ; M. le jug? Caron, commis- 
saire de la codification, ancien 
-" : ~ï«+*e ; M. le iuge Du^al ; M. 
Jolicoeur, Pro-maire de Québec ; 
l'honorable M. Ghauveau. surin- 
tendant de l'Education Publique, 
en Bas-Canada : M. Rverson. su- 
rintendant d- l'Education Publi- 
que on TLmt-^nada : -plusieurs 
membres du Parlement., etc. 



411 




M. L'ABBÉ ANTOINE RACINE 

Auteur du discours prononcé lors du 200e anniversaire de la fondation 
du Séminaire de Québec, le 30 avril 1863 . 

Le sermon de circonstance prononcé par Mgr Racine, 
alors simple abbé. 



DISCOURS 



DE M. L'ABBE ANT. 
RACINE 



4 Mementote operum, qme fecerutn in 
generationibus suis, et a^cipietis glo- 
liain niagnan et nomen te'-ernum." 

u Souvenez-vous des œuvres qu'ont fai- 
tes vos ancêtres, chacun dctns leur 



temps ; et vous recevrez une grande 
gloire et un nom éternel." 

Mach : livre I., ch. II, v. 51. 

Monseigneur, 

4i Heureux le peuple qui n'oublie pas 
ce que la Providence a fait pour lui, qui 
consacre des jouis de fêtes publiques à 



412 — 



la commémoration des grands événe- 
ments de son histoire ; heureux le peu- 
ple qui garue un souvenir durable des 
œuvres de ses ancêtres, qui célèbre ses 
anniversaires glorieux aux pieds des au- 
tels du Dieu de la patrie. 11 sera digue 
d'estime et de bonheur ; il recevra une 
grande gloire et un nom éternel : 4k glo- 
riam maguan et nomeii seternuni." 

" Telle est la magnifique récompense 
que, la veille de sa mort, le généreux 
défenseur de sa patrie, Mathatias, pro- 
met à ses enfants, s'ils girdent le souve- 
nir des grandes actions accomplies par 
leurs pères. " Considérez, leur dit-il, 
tout ce qui s'est passé parmi vou3 de 1 ace 
en race, et vous trouverez que tous ceux 
qui espèient en Dieu, ne s'affaiblissent 
point dans les maux qu'ils ont à souffrir 
de la part des hommes." 

" Dans cette solennité, tout m'invite 
à vous redire les paroles de Mathatias, 
rappelant au souvenir de ses enfants 
l'alliance qu'ils ont contractée avec Dieu. 
Souvenez-vous des œuvres qu'ont faites 
vos ancêtres : '* Mementote operum pa- 
trem." C'est par l'ordre du Seigneur 
que la dédicace du temple, de la consé- 
cration du tabernacle, de l'arche d'al- 
liance, du grand pontife Aamn, devait 
être solennellement < élébrée. Dieu vou- 
lait immortaliser dans la mémoire du 
peuple ces grands événements si utiles à 
la nation... Voici une fête à la fois 
chrétienne et nationale qui rappelle à 
nos cœurs les bienfaits de Dieu : voici le 
deuxième anniversaire séculaire de la 
première institution de notre pitrie, d 
Séminaire de Québec. 

" A ce nom béni et vénéré, nos cœ irs 
sont animés des mêmes émotions, et tous 
glorifient Dieu qui a inspiré cette œuvre 
à celui que l'Eglise du Canad i appelle 
son père et son fondateur. 

" Ah! elle est grande et sainte, l'œu- 
vre du premier évêque de la Nouvelle- 
France. Elle est digne de la vénération 
de tout le clergé du Canada, digne de 
l'amour de tous les amis sincères de leurs 
pays, cette institution à laquelle sont at- 
tachées tant d'espérances, et qui se pré- 
sente a nos yeux, après deux siècles 
d'existence, avec une mvjesté qui com- 
mande le respect et s'impose à notre re- 
onnai sa'ice. Oeuvre catholique, inspi 



rée de Dieu, pour le bien de la religio.. 
et de la société chrétienne, œuvre patrio- 
tique, qui nous remplit d'une admira- 
tion profonde pour ceux qui l'ont fondée 
et continué*, au prix de tant de sueurs 
et de sacrifices, avec un dévouement, un 
zèle, um confiance dans l'avenir que 
rien ne peut ébranler. 

" Mes Frères, le Séminaire de Québec 
nous vient de Dieu : c'est l'œuvre de sa 
Providence. Bénissons le Seigneur dans 
ses dons, et .pie l'éloge du fondateur et 
des directeurs de cette institution, soit 
l'éloge de Dieu qui * tout conduit dans 
notre pays par des voies extraordinaire» 
et merveilleuses. Les commencrments 
du Séminaire furent faibles : c'est la 
destinée des institutions catholiques. 

Quand Dieu, dit Bossuet, veut faire 
voir qu'une œuvre est tout ae sa main, 
il réduit tout à l'impuissance et au déses- 
poir, puis il agit. Pendant la première 
période de son existence, sous la domi- 
nation frai çaise, le Séminaire do Québec 
donne à l'Eglise <lu Canada un clergé 
national, rempli de zèle et de science, 
travaille avec ardeur à la conversion des 
pécheurs tt des hnHdèles. Malgré les 
luttes et les revers, il grandit, il se déve- 
loppe avec cette fore •> de vie qui vient 
du ciel et que Dieu donne aux œuvres 
qui ne doivent, pis périr. Pendant la 
seconde période, sous une autre domina- 
tion, n'oubliant jamais le but piincipal 
de sa fondation, il devient la main pro- 
tectrice de la société canadienne, en 
donnant l'instruction et l'éducation chré- 
tiennes a la jeunesse du pays ; heureuse 
et noble inspiration qui a valu à notre 
patrie les bien! ait s les plus précieux. 
O'tst ainsi que l'illustre fondateur du 
Séminaire et ceux qui lui ont succédé 
ont été les instruments, les ministres de 
la Providence sur l'Eglise du Canada et 
sur la soci j té canadienne. C'est là tout 
le sujet de votre attention ; c'est aussi 
le motif de notre reconnaissai ce envers 
ces prêtres vénérables qui ont toujours 
été dévo es à Dieu et à l'Eglise, tou- 
jours dévoués à la patrie. , 

" Dieu veut il une œuvre qui exerce 
une grande et salutaire influence sur les 
destinées de rout un peuple ! Il fait sur- 
gir un homme capable de l'entreprendre 
et de l'exécuter ; il lui donne le génie 






— 413 



des grandes choses ; il lui confie le soin 
de sa gloire et l'accomplissement de ses 
desseins. Il le remplit de l'esprit de 
l'intelligence, il conduit ses conseils, il 
dirige ses instructions ; il lui donne la 
force, le courage ; mais aussi, sous ses 
pas, il semble multiplier à dessein les 
obstacles pour éprouver sa vertu, et ma- 
nifester avec pins d'éclat sa puissance et 
sa bonté. 

'• Dans un hermitage, bâ'i au milieu 
de la ville de Caën, par M. de Bernières 
de Louvigny,(A), un prêtre jeune encore, 
d'une naissance illustre, mais d'une vertu 
plus illustre et plus haute, méditait dans 
son âme ardente et dévouée sur lenéint 
de la vie et la frivolité de la gloire hu- 
maine, se sanctifiait par l'oraison, les 
jeûnes, les conférences spirituelles, et 
demandait à Dieu, dans l'ardeur de sa 
foi et la ferveur de sa prière, la sagesse 
pleine de lumière, plus estimable que la 
force, et dont la beauté ne flétrit jamais. 
C'est l'homme que Dieu suscite pour ac- 
complir ses desseins : son nom est Fran- 
çois de Montmorency Laval. La Provi- 
dence, qui veille sur le petit peuple qui 
vient de naître sur les bords du Saint- 
Lauent, le donne, dans une pensée de 
g oire et d'amour, à l'Eglise du Canada. 
'Seigneur, accomplissez en votre prê- 
tre, le comble de votre mystère ; ornez- 
le de toute décoration sainte et glorieuse, 
donnez-lui, comme à vos apôtres, l'es- 
prit de force et d'amour ; relevez d'une 
fort armure l'athlète destiné à de si 
grands comba f s ; que l'onction découle 
de ses lèvres ; que ses pieds soient beaux 
par votre grâce, pour évangéliser la 

paix Soyez son autorité, soyez sa 

puissance, soyez sa foi ce.... Qu'il soit 
fort entre les forts." 

'* Ah ! qu'elle fut légitime la joie de 
tous les habitants du pays, lorsque Mgr 
de Lavnl foula pour la première fois le 
sol de la patrie. A l'arrivée de l'élu de 
Dieu, elle dut tressaillir d'allégresse et 
de bonheur cette terre de la Nouvelle- 
France, que lui avaient donnée la foi et 
le zèle, sanctifiée par la vie angéliaue de 
ses Missionnaires et de ses vierges, en- 
core rouge du sang de ses martyrs. 

Au début de son épiscopat. il trouvait 
déjà sous sa. main des Institutions qui J 
remplissaient de joie son cœur d'Evêque 



et de Père. Au collège de Québec, les 
Illustres enfants de Loyola, les frères 
des Bréboeuf et des Lailemant, instrui- 
saient la jeunesse, à l'Hôtel-Dieu, des 
anges de charité interrompaient leurs 
prières pour soigner les malades et con- 
soler les infirmes ; à côté une jeune Da- 
me, douée de tous les avantages de la 
nature et de la grâce, entourée des filles 
sauvages qu'elle aime comme ses en- 
fants, consacrait sa jeunesse et toute sa 
fortune à la fondation du Monastère des 
Ursulines ; avec elle une autre femme 
Missionnaire annonçait la parole du sa- 
lut aux jeunes sauvages, voyait à ses ge- 
noux de vaillants Cipicaines, la suppliant 
avec une simplicité d'enfants, de leur 
apprendre à prier Dieu. C'est la femme 
forte dont parle le roi Salomon ; c'est 
une tiès digne enfant de Ste- Ursule, la 
première Supérieure des Ursulines de 
(Québec, la Thérèse de la Nouvelle- 
France, la Vénérable Mère Marie de 
l'Incarnation . 

" A peine Mgr de Laval a-t-il pris 
possession de l'Eglise que lui a confiée la 
Providence, Qu'il fait une visite exacte 
de tout le diocèse ; il étudie les besoins 
nombreux de l'église du Canada : rien 
n'échappe à ce coup-d'œil du génie 
embrasse les choses du ci e et celles de 
la terre, qui mesure de suite la grandeur 
de l'édifice qu'il veut élever. 

" Voulez-vous connaître, mes frères, 
l'importance de l'œuvre de Mgr de La- 
val ? Considérez le but qu'il s'est pro- 
posé ! C'est par la fin qu'il faut juger de 
la grandeur eD de l'utilité d'une entre- 
prise. Convertir les infidèles et les 
pécheurs, former un clergé national, 
donner à la jeunesse du pays une éduca- 
tion solide et chrétienue, fonder une 
Eglise, sauver les âmes, en mn mot en- 
treprendre tout ce que le ministère 
ecclésiastique a de plus parfait et de 
plus divin,' voilà ce qu'avait en vue cet 
homme de Dieu. Et par quels moyens 
espère-t-il réussir ? Par l'établissement 
du Séminaire de Québec. 

14 Les Prélats qui assistaient au Con- 
cile de Trente jugeaient l'établissement 
des Séminaires si utiles à 1* Eglise, qu'ils 
s'écrièrent avec une sainte allégresse : 
qu'ils se croiraient amplement dédom- 
magés de tous leurs travaux, quand ilg. 



414 



rie tireraient d'autre fruit de ce Concile. 
Aussi quel soin, quelle tendresse, quelle 
persévérance, Mgr de Laval travaille-t-il 
à l'œuvre de son Séminaire qui renferme 
en germe tous les dons que Dieu destine 
à l'église et au peuple du Canada. Il tra- 
verse les mers ; il est reçu à la cour de 
Louis-le-Grand, avec cette bienveillance 
et cette faveur que donne une naissance 
illustre, jointe à des travaux d'Apôtre. 
Le grand roi approuve ses vues sur le 
gouvernement civil du Canada, et lui 
permet par lettres patentes du mois 
d'avril 1663, d'établir un Séminaire à 
Québec, pour donner à l'Eglise du Ca- 
nada une base plus solide et plus durable. 

" La cour brillante du grand roi ne 
peut tixer le cœur de Mgr de Laval. S'il 
paraîc dans le palais des grands, c'est 
pour soutenir les intérêts de Dieu. Ses 
grands travaux, ses qualités éminentes 
préviennent les cœurs en sa faveur, et 
lui attirent i'esthne et le respect de tous. 

44 Mais les honneurs ne peuvent lui 
faire oublier que l'Eglise du Canada est 
son épouse, qu'il en est la consolation et 
l'appui. Heureux d'annoncer à son trou- 
peau le succès de ses démarches à la cour 
de France, il hâta son retour le lfi sep- 
tembre 1603, accompagné de MM. Louis 
Ango des Maizerets, Hughes Paulmier, 
il arrive à Québec où les avaient précé- 
dés MM. Djdouyt, de Bernieres, Leche- 
valier et Forest. Tels sont les noms 
mille fois bénis de ceux qui ont tout 
quitté pour Dieu et pour notre patrie, 
qui appuyés sur le bras de D.eu, vien- 
nent jeter sur le r-cher de Québec les 
bases solides d'un édifice qui encore 
aujourd'hui porte à l'extérieur les véné- 
rables cientrices des temps et des orages 
qu'il a traversés, mais dont la grandeur 
trappe l'étranger d'admiration, et nous 
remplit d'un légitime orgueil. Amour 
et reconnaissance à ces hommes que la 
Providence nous envoie, à ces hommes 
de miséricorde dont la piété ne s'est 
jamais démentie (10). La Provi- 
dence qui exécute chaque chose à 
l'heure marquée, fait servir à ses des- 
seins l'intimité des liaisons de Mgr de 
Laval et des prêtres vertueux avec les- 
quels il avait vécu dans la plus édifiante 
piété. Le Séminaire pouvait dépérir, 
s'il n'était uni à un corps stable qui fut 



c >mme la source toujours féconde des 
ouvriers évangéliques. Le Séminaire 
des Missions étrangères, à Paris, venait 
de recevoir sa complète organisation ; 
Mgr de Laval invita les prêtres pieux et 
dévoués de Paiis à former un établisse- 
ment à Québec, et le 29 janvier, jour de 
la fête de St-François de Sales, fut signé 
l'acte d'union des deux Séminaires. M. 
Henri de Bern'ères fut nommé premier 
Supérieur du Séminaire de Québec, et 
commença la liste glorieuse de ces 
hommes d'élite qui, jusqu'à ce jour, se 
sont signalés à l'envi, par les travaux les 
plus utiles à la religion et à la patrie." 

" Dans la pensée de Mgr de Laval, 
dont les vues étaient d'une sagesse si 
profonde et l'esprit de pauvreté si grand, 
tous les prêtres de son diocèse devaient 
faire partie de son Séminaire, mettant 
leurs biens en commun, selon la pra- 
tique des premiers siè les de l'Eglise. 
Dans son intention, tout son clergé ne 
devait faire qu'une seule famille dont il 
devait être le Père bien-aimé. Il l'ap- 
pelait la Sainte-Famille des Missions 
Etrangères, et recommandait en toutes 
occasions, de prendre pour modèle la 
Sainte - Famille de Jésus, Marie et 
Joseph, à laquelle il dédia tout le Sémi- 
naire. 

" Rendon« hommage au désintéresse- 
ment apostolique du premier Evêque de 
notre Eglise. Avec un prélat du carac- 
tère et de la sainteté de Mgr de Laval, 
avec des hommes qui pouvaient dire 
comme les Apôtres , " Nous avons tout 
quitté pour vous suivre (11)," la uiété, 
la ferveur, la régularité, la concorde, le 
désintéressement ne pouvaient manquer 
de fleurir p;ir tout le pays. 

ki A l'endroit occupé aujourd'hui par 
le palais archiépiscopal, sur un terrain 
jouissant d'une des vues les plus magni- 
fiques sur le neuve St-Laurent et la ri- 
vière St Charles, le Séminaire de Qué- 
bec fit construire, en 1666, une grande 
maison en bois, et l'on mit sur la porte 
l'inscription : " Seminarium Missionum 
Exterarum." Il ne borna point son zèle 
à former aux fonctions du saint minis- 
tère les jeunes gens qui avaient étudié 
au collège de Québec, il voulut former 
les enfants appelés de Dieu, dès leur bas 
âge, aux vertus et aux études ecclésiasti- 



- - 415 




ARMES DE M. HENRI DE 
BERNIERES 

Premier supérieur du Séminaire de 
Québec, 1663 à 1698, alter- 
nativement avec M. 
de Maizerete 

ques et comptant sur la Providence 
dont les trésors sont inépuisables M 2 r 
de Laval fit solennellement IWertufe 
du petit Séminaire de l'Enfant-Jésus 

Au mois de mai 1678, il pose la pre- 
mière pierre du grand bâtiment qui fait 
face au jardin et au fleuve : on peut en- 
core aujourd'hui en admirer la grandeur 
eW étonnante solidité. 

" Le zèle de la perfection crut rapide- 
ment dans le Grand et le Petit Séminaire 
par les instructions et l'exemple des Di- 

mIÏT't e \ lor T e le successeur de 
Mgr de Laval eut fait la visite des Com- 
munautés religieuses et des paroisses, il 
fut vivement frappé de la paix et de 
union qui régnaient entre tous les 
membre, du clergé; il admira surtout 
le bel ordre étebh par Mgr de Laval 
dans son Séminaire f - Le? Directeur 
qui gouvernent cette Maison sont en pe- 
tit nombre et s'ils avaient moins de grâ- 
ces et d activité qu'ils n'en ont, il leur 
serait impossible de faire tout ce qu'ils 
tont au dedans et au dehors de cette 



Maison : le détachement dont ils font 
profession, la charité qui les unit, l'assi- 
duitéqu'ils ont au travail et la régulari- 
té qu'ils s'efforcent d'inspirer à tous ceux 
qui sont sous leur conduite, m'ont don- 
ne une très sensible consolation.. Il 
semble voir revivre, dans l'Eglise du 
Canada, quelque chose de cet esprit de 
détachement qui faisait une des princi- 
pales beautés ie l'Eglise naissante de 
Jérusalem, du temps des Apôtres. 

•" ? et J l ° ge que M S r de «t-Valier fai- 
sait de Messieurs les Directeurs du Sé- 
minaire, était le plus vrai et le plus 
mente. Ils furent toujours ce qu'ils 
étaient alors : tous les Evêques du pays 
se sont plu à reconnaître la grandeur de 
leurs services, le désintéressement, le 
zèles de ces prêtres dévoués à leur patrie. 
'* Avec les progrès de la religion s'ac- 
croissaient aussi les charges du Sémi- 
naire. La moisson était belle et blanchis- 
sante, mais les ouvriers peu nombreux 
Pour atteindre le premier but d'un 
séminaire des Missions Etrangères les 
Directeurs désiraient depuis longtemps 
faire arriver le don ineffable de la foi aux 
élus que Dieu se choisit parmi les infi- 
dèles. Ce que le Sauveur du monde 
disait autrefois à ses disciples: " Levez 
les yeux et voyez : la moisson est abon- 
dante, Mgr de Laval le disait à ses dis- 
ciples, aux Directeurs de son Séminaire 
formés à son école et à son exemple! 
1 Allez donc rompre le pain de la divine 
parole aux faibles, aux petits ; ils pous- 
sent vers vous des cris déchiiants ; allez 
leur disait-il, bienheureux sont les pas 
de ceux qui annoncent la paix, qui prê- 
chent la bonne nouvelle de l'Evangile. " 
" Dociles à cette voix vénérée, ils se 
multiplient pour suffire à tant de besoin 
Les ouvriers sont peu nombreux, mais 
ils reunissent dans leurs personnes 
toutes les qualités des apôtres : la doc- 
trine, la piété, le zèle, l'amour de Jésus- 
Christ : ils s'oublient eux-mêmes pour 
ne penser qu'à la gloire de Dieu et au 
salut des âmes, voyez-les, enflammés 
d un saint zèle, fonder et soutenir, mal- 
gré leurs faibles ressources, des Mission- 
naires dans la Louisiane, en Acadie sur 
les rivages du golfe du Mexique. 

"Ils établissent des églises sur les 
bords du Mississipi,et font briller la croix 



416 — 




ARMES -DE' M. LOUIS. KNGO> 
DE MAIZE&ETS 

2e supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, de 1672 à 1698 alternative- 
ment avec M. de Bemières, et de 
1698 à 1721 sans interruption. 



jusqu'à l'extrémité du lac Supérieur ; ils 
rougissent et fécondent de leur sang la 
terre du Canada ; ils sanctifieut par leurs 
vertus la terre ac.dienne où plus tard 
tout un peuple se résignera à l'exil, à la 
mort et dira à la face de ses bourreaux : 
'* Quand toutes les nations vous obéi- 
raient et renieraient leur Dieu, nous, 
nous obéirons toujours à la loi de nos 
pères." " Et si onmes gentes. régi Aiî- 
tiocho obediunt... ego, et filii mei, et 
patres mei, obediemus legi patrum nos- 
trorum. " Mach., L. I., 2. 

Voici, disait un ancien, un spectacle 
digne de Dieu : c'est un homme aux 
prises avec l'adversité. Après trente-sept 
ans d'existence, le deuil et les larmes 
entrèrent dans le Séminaire ; l'incendie 
vint ruiner en quelques heures l'œuvre 
chérie de Mgr de Laval. Mais dans les 
dessins ^ éternels de la Providence, le 
Juste n'est pas assez éprouvé ; Dieu veut 
le purifier davantage par le feu de la 
tribulation, comme l'on épure l'or dans 
le creuset ; il veut faire connaître qu'il 



est lui-même l'architecte et l'ouvrier de 
cette maison, qu'elle est son ouvrage ; 
et un nouveau malheur, plus grand, plus 
désastreux que le premier, vint une 
seconde fois attrister tous les cœurs. 
Comment réparer ce cruel désastre ? 
Résigné à la volonté de Dieu, il possède 
son âme dans la patience ; il espère 
contre l'espérance même ; il s'humilie, 
il adore les desseins de Dieu, il s'appuie 
sur Dieu seul, et déjà sur le bord de la 
tombe, il s'emble reprendre, une vigueur 
nouvelle, et il rebâtit cet asile qu'il avait 
ouvert à la jeunesse canadienne. 

" Mes frères, la mort seule peut inter- 
rompre les œuvres de Mgr de Laval. 
L'heure est venue où le Juste doit rece- 
voir la couronne méritée par quatre- 
vingt-cinq ans d'exil, et par une vie 
pleine de mérites. Un juste qui appa- 
raît sur la terre, c'est Dieu qui descend 
du ciel et qui se revêt de notre huma- 
nité. Il a passé en faisant le bien, ce 
saint et immortel éveque, le plus grand 
bienfaiteur de son pays. Pendant sa 
vie, il a mis la main à toutes les grandes 
choses que nous voyons ; après sa mort, 
la mémoire de ses vertus atiermit ses 
œuvres et en fait naître de nouvelles. 
Si la gloire des directeurs du Séminaire 
de Québec est de l'avoir eu pour père et 
pour fondateur, la gloire de Mgr de 
Laval est d'avoir eu dans tous ceux qui 
ont continué son œuvre, des fils héri- 
tiers de ses vertus, et qui chaque jour 
enrichissent sa couronne. 

" Par suite des pertes sur mer et des 
deux incendies, le Séminaire se vit sur 
le point de succomber sous le poids de 
tant de calamités. 

44 Toute li colonie s'émeut à la vue 
du malheur qui la menace, et par ses 
premiers citoyens, elle s'adresse au Roi : 
elle lui demande du secours, elle le sup- 
plie de ne pas laisser périr une œuvre si 
utile à la religion et à la société. 

" Le Séminaire ne reçut aucun se- 
cours. Soumis à la Providence, rien ne 
peut décourager les directeurs de la 
Maison de (Québec ; ils poursuivent leur 
œuvre avec un zèle toujours croissant. 
Quand Dieu le veut, que peuvent contre 
lui la maladie, la guerre, la pauvreté ? 
Quand il édifie lui-même une maison, 
ceux qui la construisent pour lui ne tra- 



— 417 - 



vaillent jamais en vain. Lorsque nous 
voyous les Rrisacier, les Tremblay du 
«Séminaire de Paris, les De Bernières, 
les Maizerets, les Valier, les Dudouyt, 
les Glandtlet du Séminaire de Québec, 
continuer l'œuvre de Mgr de Laval mal- 
gré les malheurs de la guerre, de l'in- 
cendie, et, disons-le, malgré la malice et 
la jalousie des hommes, nous sommes 
étonnés de le trouver debout après tant 
d'orages, et nous nous écrions dans no- 
tre joie et dans notre admiration : Le 
doigt de Dieu est là ; " dignitus Dei hic 
est." La Providence a béni cette œuvre " 

" Mes frères, recueillons-nous sous la 
main de Dieu. 

" Voici des jours de deuil, voici 1759. 
La voix du canon retentit sur les Plaines 
d'Abraham ; non, c'est la grande voix du 
Dieu des combats qui se fait entendre, 
qui dispose de notre patrie par un tour 
de sa droite. ' Haec mutatio dexterae 
excelsi. " Qui fait concevoir et exécuter 
à un jeune héros le plan hardi et témé- 
raire d'occuper les hauteuis d'Abraham, 
impatient qu'il est de livrer bataille et 
de venger ses défaites? Pourquoi l'im- 
mortel vainqueur de Canllon et d'Os- 
wago se laisse-t-il emporter par une 
précipitation si funeste ! C'est un tour 
de la droite de Dieu. Nos pères ont fait- 
leur devoir ; vue main sur la croix. l'autre 
sur les armes, ils ont noblement versé 
leur sang pour la défense de la foi et de 
la patrie. Et dans ces nobles combats, 
les élèves du Séminaire peuvent récla- 
mer leur part de la gloire. L'histoire 
dira à t< us les siècles qu'en 1759 comme 
en 1690, ils accoururent avec joie sous 
les drapeaux et mêlèrent leur sang à 
celui de leu'S pères dans cette lutte su- 
prême. 

" Nos ancêtres ont fait leur devoir. 
Mais la France a-t-elle fait son devoir ? 
Soyons ju'tes ; la nation franc lise n'est 
pas cctp^ble ; elle rougit encore de la 
faiblesse de ceux qui la gouvernaient. 
L'effroyable révolution que Dieu dé- 
chaîna bientôt contre elle, doit nous 
faire bénir la Providence qui nous ena si 
miséricordieusementépargué l'horreur. 

' k Et le roi très chrétien ?. . . Que 
faisait-il ? Du haut de la chaire de 
Notre - Dame, à Paris, un Orateur a 
stigmatisé, de toute l'énergie de sa 
parole, le règne de Louis XV. Voici le 




M. CHAKLES DE GLANDELET 

3e supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, 1721 à 1723 

_ 4 . . ,4 

palais des rois très chrétiens : dans la 
chambre où avait dormi St-Louis, Sarda- 
nanale était couché, Stamboul avait 
visité Versailles, et s'y trouvait à l'aise. 

" Après un siècle et demi, la domina- 
tion française avait disparu dans route 
l'étendue du Canada, (1760). Le 16 
février 1759, les directeurs de Paris ter- 
minaient par ces paroles, leur lettre aux 
directeurs du Séminaire de Québec : 

" Nous ne saurions trop vous recom- 
mander de veiller avec zèle sur l'œuvre 
que la divine Providence vous a confiée ; 
vous savez comme nous que c'est de là 
principalement que dépend le bien qui 
se fait dans la colonie ". Ces paroles 
solennelles furent les dernières que la 
mai?on de Paris, en sa qualité de mère 
et de supérieure, adressa au Séminaire 
de Québec. " Veillez avec zèle sur 
l'œuvre que la Providence vous a con- 
fiée." Oui, ils veilleront sur cette œuvre 
arrosée de tant de sueurs, consolidée par 
tant de labeurs et de sacrifices ; loin de 
la laisser périr, ils la feront grandir 
encore en marchant sur les traces glo- 
rieuses de leurs prédécesseurs et se mon- 
trant comme eux toujours dévoués à 
l'Eglise et à la patrie : et la gloire de 
cette maison placée dans ces circons- 
tances toutes nouvelles sera plus grande 
que dans la première période de son 
existence." 



— 418 




M. THOMAS THIBOULT 

4e supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, 1723 à 1724 



II 

La nation entière était dans l'a- 
battement : abandonnée par la 
France, ruinée par une guerre dé- 
sastreuse, décimée par des comba,ts 
nombreux, privée des secours et 
des lumières des citoyens lea plus 
influents qui repassèrent en Fran- 
ce après la conquête, elle se voyait 
tout-à-coup placée sous la domina- 
tion d'une puissance ennemie de 
sa religion, étrangère à ses moeurs, 
à sa langue, à ses lois. 

" La France avait été visible- 
ment choisie de Dieu pour l'exécu- 
tion de ses desseins sur l'Eglise et 
sur^ le peuple du Canada ; elle 
avait reçu pour mission d'asseoir 
sur des bases solides le catholicis- 
me dans l'Amérique Septentrionale 
comme si elle eut pressenti les im- 
menses malheurs qui devaient fon- 
dre sur elle et la rendre l'épouvan- 
te des nations elle se hâta de mul- 
tiplier sur les bonds du St-Laurent 
ce* institutions qui font aujour- 



d'hui notre force et notre gloire. 
Après s'être illustrée par les ac- 
tions les plus héroïques, après 
avoir versé, pour la loi, son sang 
le plus pur, elle disparaît : sa mis- 
sion est terminée. 

-, «j conseils perfides des enne- 
mis de notre nationalité eurent des 
effets imprévus. Dieu protège la fa- 
mille canadienne. Le clergé pa . 
le sort du peuple et continue son 
ministère de charité. Entre toutes 
les institutions du pays.., le Sémi- 
naire de Québec est le principal 
instrument ides desseins de Dieu 
sur ce peuple éprouvé. 

(i L'Eglise du Canada a perdu 
son premier pasteur ; il n'a pu sur- 
vivre aux calamités de sa patrie, 
Grâce à la sagesse et aux conseils 
des directeurs du Séminaire, Mgr 
Briand est agrée par la cour d'An- 
gleterre, et son arrivée à Québec 
répand la joie dans tous les coeurs. 
L'évêque est pauvre, sans palais, 
sans revenus ; le Séminaire, pau- 
vre lui-même, lui ouvre ses portes, 
lui donne ainsi qu'à ses successeurs 
pendant soixante-seize ans, un asile 
convenable. L'histoire fidèle «lira, 
à l'éloge du Séminaire, que si cette 
maison doit son existence au pre- 
mier évêque français, l'épiscopat 
lui doit en grande partie son exis- 
tence sous la domination britanni- 
que. 

" Le beau et vaste collège des Jé- 
suites est fermé aux lettres et aux 
sciences ; le Séminaire, ruiné par 
la famine et par la guerre, ouvre 
ses -tes à la jeunesse canadienne 
et se fait le ministre de la Provi- 
dence sur la société. H conwrend 
la tâche oue demande de lui la re- 
ligion et la patrie. Persuadé que 
de l'éducation chrétienne d^nen- 
dent le bonheur d^ In fam^llo et 
l'ordre de la soci'té civile, il v^ut 
non seulement instruire gratuite- 
--«■•** la jeunesse, développer son 
intelligence, mais surtout former 



419 — 



son coeur,régler ses moeurs, agran- 
dir son ame ann qu'elle use de la 
science pour son bien et pour le 
bonheur de la société. La science 
du. Christ, dit St-Thomas d'Aquin, 
ne détruit pas la science humaine, 
mais elle 1 illumine. 

" Donner à l'Eglise des prêtres 
éclairés, dignes de leur mission di- 
vine, rendre à la société le jeune 
homme solidement instruit, lui ins- 
pirer le resjpect des lois, lui ap- 
prendre surtout ses devoirs envers 
Dieu, telle est désormais la mis- 
sion du Séminaire de Québec. 

" Bientôt la nation recueillit les 
fruits de la bonne éducation don- 
née à la jeunesse. Pour combattre 
les ennemis de notre foi et de notre 
nationalité, paraît dans le sacerdo- 
ce, un homme dont l'épiscopat sera 
la gloire de l'Eglise du Canada. 
Gra il et saint Pontife, il est éta- 
bli de Dieu, comme une place for- 
tifiée, comme une colonne de fer et 
un mur d'airain, pour la gloire de 
la patrie du ciel, et pour îe bon- 
heur de la patrie de la terre. 

" L'Eglise canadienne le salue 
avec transport. Il a, pour des com- 
bats de la foi, la force d'un Atha- 
nase, le zèle d'un St-Hilaire de 
Poitiers la sagesse et la bonté d'un 
François de Salles. Il est l'idole du 
peuple, la joie et la couronne du 
clergé, la gloire de la ville de Mont- 
tréal. et le 'Séminaire de Québec le 
compte avec un légitime orgueil, 
parmi ses élèves» de philosophie. 
Nul n'a été plus vénéré, plus puis- 
sant en oeuvres et en paroles, 
nul n'a é f é plus grand que l'immor- 
tel Plessis. 

" L'introduction, ^ar l'acte de 
1791, du gouvernement représenta- 
tif, inconnu sous la domination 
française, trouva les Canadiens 
prêts à le mettre en pratique, pour 
la prospérité de lpur pays... Pour 
sauvegarder ses institutions et ses 
droi f=j politiques, le pavs eut de no- 
27 




M. ETIENNE BOULLAKD 

5e supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, 1724 à 1726 



blés et généreux défenseurs . . . Con- 
tre un gouvernement puissant et 
dominateur, ils élevèrent la voix 
avec courage. Inébranlable^ dans 
leurs convictions, intègres dans 
toute leur conduite, fermes contre 
les intrigues, ils préféraient les ca- 
chots aux faveurs du gouverne- 
ment. Plutôt que de renier leurs 
institutions, que de trahir leur 
pays, ces hommes généreux, ces pa- 
triotes sincères et dévoués, au- 
raient mieux aimé mille fois souf- 
frir la mort. 

" Oui donc avait formé ces hom- 
mes éclairés et éloquents, si ce n'est 
le Séminaire ? Où avaient-ils puisé 
cette éducation solide, sévère et 
chrétienne, si ce n'est dans le Sé- 
minaire ? 

" Dieu donne à la famille cana- 
dienne une longue paix, afin qu'elle 
croisse et qu'elle se fortifie. Dan.«> 
cette période heureuse, les ruines 
se réparent, l'éducation s**. -oorml - 
rise, l'abondance est dans les vil- 
les et dans les campagnes. Ce 
calme profond n'est t~opihilp nv" 
par quelques orage?, Pendant la 



— 420 




M. JEAN LYON de ST-FEBŒŒOL 

Oe supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, 1726 à 1734 



guerre de 1812, les milices cana- 
diennes, commandées par le colonel 
de Salaberry, élève du Séminaire 
de Québec, volèrent aux frontières 
pour la défense de la patrie, se cou- 
vrirent de gloire dans les champs 
die Châteauguay, et par leur coura- 
ge et l'habileté de leur chef, for- 
cèrent à la retraite une armée 
vinr"+ fois plus nombreuse. 

" Les desseins de Dieu s'aceom- 
pliissaient chaque jour plus visible- 
ment sur notre patrie. Fidèles à 
leur mission, les directeurs du Sé- 
minaire, avec une ardeur toujours 
renaissante, forment à la piété et 
à la science les aspirants au sanc- 
tuaire, donnen/t neuf évêques 
à l'Eglise du Canada, des apôtres, 
des docteurs, des hommes éclairés 
à la médecine, au barreau, à la ma- 
gistrature, trois évêques aux mis- 
sions lointaines de l'Orégon, 
de Vancouver et de la Colom- 
bie. Du Séminaire de Québec, 
sortent de saints prêtres : les Bras- 
sard et les Du charme, les Girouard 
et les Painehauld, qui. marchand 
sur les traces de Mgr de Laval, se 



signalent par les oeuvres les plus 
unies à la religion et à la patrie. 
Ces hommes dévoués fondent les 
mag-nihques collèges de St-Hyacin- 
the, de Nicolet, de Ste-Anne, de 
Ste-Thérèse,qui brillent au premier 
raiw T-iarmi les autres institutions. 
De^-nis l'époque glorieuse de leur 
fondation ils n'ont cessé de donner 
à l'Eglise et au pays des hommes 
distingués par leurs talents et par 
leurs vertus ; et le Séminaire de 
Nlcolet peut se glorifier d'avoir 
donné à l'Eglise métropolitaine du 
Canada un évêque (Mgr Bailla r- 
geon), dig-ne successeur des Laval 
et des Plessis. Quel respect, et quel- 
le reconnaissance ne devons-nous 
pas aussi à cette vénérable et sain- 
te maison de St-Sulpice, toujours 
unie au Séminaire de Québec par 
les liens de la charité, et travail- 
lant de concert, avec zèle et persé- 
vérence, au soutien de la foi et au 
bonheur du peuple canadien. 

" Et quel est le résulltat de cette 
éducation religieuse ? Mes frères, 
le résultat est sous vos yeux. Por- 
tez vos regards sur toutes les pa- 
roisses de votre beau pays, contem- 
plez ces familles nombreuses toutes 
animées du même esprit, ne for- 
mant toutes qu'un coeur et qu'une 
âme : quelle unanimité de vues et 
de sentiments, quel concert de doc- 
trines, quelle force et quelle puis- 
sance dans ce peuple que la Pro- 
vidence conduit d'une manière mer- 
veilleuse. Quelle minime que soit 
en apparence l'influence du peuple 
canadien sur les destinées de l'A- 
mérique, s'iil n'est pas le plus 
nombreux, le plus richet et le plus 
redouté de notre continent par ses 
armées, par ses flottes, par ses che- 
mins de fer. par son commerce et 
son industrie, il est, ie Duis le dire 
avec vérité, le plus fort et le plus 
eraiïd par ses vertus et par ses ins- 
titutions. A oui devons-nous ce 
beau résultat ! A la religion, au 



— 4-2] 



Séminaire de Québec, aux autres 
maisons formées sur ce modèle. A 
la naissance de ces maisons d'édu- 
cation, il se réjouit comme une 
mère à l'aspect de ses eni'anls nou- 
veaux-nés : " Matrem nlierum 
loetantem." Ps 112. 

" Nous pouvons appliquer au 
Séminaire de Québec ces paroles 
de 1 éternelle sagesse : comme le 
terebinthe, " j'ai étendu mes ra- 
meaux, rameaux d'honneur et de 
gloire ; je suis intact comme le 
liban et j'ai parfumer le lieu que 
j'habite. 

" Le onze août 1799, M. Jé- 
rôme Deniers s'aggrégeait au Sé- 
minaire de Québec. Cet hom- 
me, une gloire des gloires de cette 
maison, consacra sa forte intelli- 
gence, son coeur et sa vie à l'édu- 
cation de la jeunesse. Par ses ef- 
forts constants, il éleva l'éduca-) 
tion à la hauteur des besoins nou-' 
veaux. Queils travaux na-t-il pas 
entrepris et exécutés, pendant près- 
d'un demi-siècle, pour la gloire de 
Dieu et pour la gloire de son pays. 

" Quelques années plus tard, un 
jeune homme, âgé de dix-sept ans, 
achevait ses humanités au collège 
de Darmoutb. Obligé d'inter- 
rompre ses études pour sui- 
vre sa famille qui venait s'établir 
près des frontières du Canada, ce 
jeune homme, élev^ dans le sein du 
protestantisme, désirait vivement 
faire son cou^s de philosophie. 
Comme il méditait en lui-lfnèrae 
sur le parti qu'il devait prendre, 
il adressa à Dieu cette fervente 
l^rièr : " Mon Dieu nrotégez-moi, 
dirigez mes pas i^ désire sincère- 
ment vous servir." Cette prière 
sera exaucée : il reeevra la con- 
naissance de la vérité : Dien l"i 
inspire de se rendre en Canada." 

" H. se met en route, priant le 
Ciel de bénir son voyage... H ai- 




M. FES. ELZEAR V ALLIER 

Te supérieur du Séminaire de 1734 
à 1747 



mait le vérité, mais son âme n'é- 
ta.t pas encore ouverte au doute... 
un juur, il était dans une église 
catholique : à la vue de 1 autel 
couvert ae la croix du sauveur, 
des images et des tableaux qui or- 
nent les murailles,, l'indignation 
s'empare! de son coeur ; Mon Dieu, 
est-il donc possible que des hom- 
mes éclairés subissent le joug hon- 
teux d'erreurs aussi détestables. 
Ah ! que n'ai- je la force de Sam- 
son pour détruire cette église de 
fond en comble, dussé-je comme 
lui m'ensevelir sous ses ruine». 
" Heureux oui, recueilli sous la 
main de Dieu, trouve pour recon- 
naître son sentier, plus qu'un père 
etun ami, un saint prêtre qui 
ouvre la voie et l'avenir, l'espace 
et le Ciel." 

"La lumière de la grâce brille 
sur l'esnrit du jeune homme, l'é- 
clairé , dissipe ses préjugés ; et ce- 
lui qui demandait à Dieu la force 



422 — 




M ANDRE JOSEPH MATHUIOT 
JACREAU 

8e supérieur du Séminaire, de 1747 
à 1748 



de Samson pour renverser le tem- 
ple, lut renversé dui-meme . . . Bien- 
tôt il s approchera avec une crain- 
te respectueuse de la pierre qui 
renferme les reliques des Martyrs, 
et célébrera les saints et redouta- 
bles mystères. Ce jeune homme, 
vous l'avez connu et aimé ; vous 
le nommez tous. Dieu le donne au 
Séminaire de Québec, et Monsieur 
Jean Holmes sera, avec M. J. De- 
niers, le Ministre de cette divine 
Providence pour imprimer une im- 
pulsion nouvelle aux sciences,, aux 
lettres et aux arts, non-seulement 
dans le Séminaire, mais encore 
dans tout le Canada. Le Séminaire 
de Québec les a possédés en même 
temps ; ne les séparons pas dans 
nos éloges et dans notre amour. 

" Tous deux distingués par leur 
savoir, animés du même désir 
d'être utiles à la relie-ion et à la 
patrie, enlevaient comme deux 
olivip-"<3 *'«'vn"3fl Ivillqient comme 
deu candélabres d'or. 



k " .lous deux sont éloquents : 
1 un, par i autorité et la véhémence 
de sa parole, jette 1 épouvante dans 
les aiutjs ; il met sous les yeux du 
pécheur le tableau formidable des 
vengeances divines et le remplit 
de crainte au souvenir du souve- 
rain Juge des vivants et des 
morts ; 1 autre doué d'une imagi- 
nation plus vive, par son geste no- 
ble, son regard inspiré, par sa voix 
sonore et harmonieuse, l'élévation 
de ses pensées, la vivacité des ima- 
ges, captives son auditoire, le sus- 
pend à ses lèvres : l'un, par son 
tlloquence sévère, sa logique forte 
et enti amante, iesaemble à St-J3a- 
sile ; l'autre par la beauté des 
images, les fleurs du langage se- 
mées dans ses discours, rappelle à 
son auditoire attentif St-Gré- 
goire de Nazianze. Celui-ci s'asso- 
cie aux grandes entreprises, tra- 
vaille à promouvoir le bonheur de 
la famille canadienne ; les inté- 
rêts de son pays sont les sujets de 
ses études pkittrantes, approfon- 
viies ; et par le respect qu'inspire 
son talent supéiieur, par la no- 
blesse de ses sentiments, ses con- 
naissances variées, la justesse de 
s en jugement, m féru 
caractère, la bonté de son coeur, il 
s'attire le respect et la vénération 
du clergé, il devient le guide et le 
conseil des hommes les plus dis- 
tingués. Celui-là met son immense 
talent, fortifié par l'étude, à la dé- 
fense de la religion. A la vue des 
attaques nouvelles des impies con- 
tre l'Eglise, " de l'effrayante série 
de catastrophe et de crimes qui, 
chaque jour se succèdent en Euro- 
pe, >à la nouvelle de la prise de 
Rome par des hommes qui 
ne sont pas même chrétiens 
il veut prémunir la jeunesse contre 
les d^nerrs oui l'attendent. Il pa- 
rait dans la chaire de cette église, 
et de suite il se montre profond et 



— 423 — 



savant apologiste, et dans ses con- 
férences, hélas ! trop tôt termi- 
nées, il se place à côté des prer 
miers orateurs sacrés." 

" En ces deux hommes quelles 
lumières •cueilles connaissances va- 
riées, quel amour pour la jeunesse. 
Quels travauxn'ont-ils pas entre- 
pris dans la philosophie, dans les 
sciences, dans les lettres, dans la 
géographie et l'histoire, pour éle- 
ver le niveau des études et déve- 
lopper l'intelligence de leurs élè- 
ves. Quelle passion de faire le 
bien embrassait leur âme ! Quelle 
admiration et quelle estime ils se 
portaient l'un à l'autre ! L'un 
plein de jours et de mérites, s'é- 
teint à un âge avancé; sur le bord 
de la tombe, il a bien droit de se 
réjouir de la route parcourue, de 
la prospérité que cette Maison de 
Québec doit à son énergie, à son 
travail et à son dévouement ; l'au- 
tre meurt dans la force de l'âge, 
" laissant avec l'admiration de ce 
qu'il a fait, un regret universel de 
ce qu'il eut pu faire : " il est 
moissonné par la mort, où il était 
appelé, par la création de l'Uni- 
versité Laval, à rendre à la reli- 
gion et à la patrie des services 
encore plus signalés "que ceux qui 
lui ont acquis à jamais notre 
amour et notre reconnaissance,... 

" Pour atteindre ses vues. Dieu 
dispose tout avec force et suavité. 
Le moment est venu où il 
plaît à la divine Providence d'a- 
grandir la mission, déjà si glo- 
rieuse, du Séminaire de Québec, 
et de couronner l'édifice commen- 
cé depuis deux siècles par Mgr de 
Laval." , 

" Formé à la science et à la vertu 
dans le Séminaire, élevé, comme 
Samuel, dans la maison du Spî- 
gneur. et r>our ainsi dir^ sur V-s 
degrés du sanctuaire, pendant plu- 



sieurs années 1 un des Directeurs 
ue cette Maison quia seiv^t av'co 
un zèle et un talent qui le firent 
apprécier et juger digne d occuper 
le poste le pius élevé dans l'Eglise 
au Canada, le vénérable Archevê- 
que de t^utbee, que son grand âge 
et ses infirmités empêchent d'as- 
Sister à cette fête de la reconnais- 
sance, gouvernait son Eglise avec 
douceur et fermeté. Il veillait avec 
une sollicitude toute paternellje 
sur le troupeau de Jésus-Christ, 
rontife infatigable, il présidait à 
plusieurs établissements pieux 
_.,iis les villes et dans les campa* 
gnts, augmentait le bonheur et la 
puissance de la ville, et s'acqué- 
rait de la gloire au milieu de sa 
nation. Conrprenamt toute 

1 importance d'une Université pour 
la jeunesse catholique du Canada, 
désirant de toute son âme cette 
oeuvre nationale et religieuse^ 
avec quelle joie vit-il Mgr TEvê- 
que de Montréal reprendre le pro- 
jet de nos Seigneurs Hubert et 
Pksis, demander avec instance, 
avec toute l'ardeur de son coeur 
d'évêque, la création d'une Uni- 
versité catholique." 

" Les Pères du Premier Concile 
Provincial émirent le voeu que 
•les catholiques pussent, dans l'éten- 
due du pays, jouir d'écoles, de col- 
lèges et d'Universités adaptés à 
leurs besoins et à leurs croyances. 
Ce fut sur les instances réi- 
t . r es de tous les éveques de la 
Province ecclésiastique, sur les 
désirs hautement exprimés des 
hommes les plus éclairés,' que 
Messieurs les Directeurs du Sémi- 
naire entreprennent cette oeuvre 
et s'imposent, pour mener à bonne 
fin, tous les sacrifices dont nous 
ayons été et dont nous sommes les 
témoin si Elever autant que 

passible le niveau des études clas- 
siques et professionnelles, sauver 



— 424 — 



**i 




Pf V& K-^^w®l? o 




MGR DE LAVAL 

Célébrant ia mes^e dans la première chapelle du Séminaire de Québec, 
en 1678, assistés de MM. de Bernières et Maizerets, les deux 
premiers supérieurs du Séminaire de Québec. Cette première cha- 
pelle était située près de l'arche vêché ; les murs de cette chapelle 
existe encore, ils sont près du jeu de pelotes des élèves d*u Petit 
Séminaire ; la norte qui conduit à l'évêché est l'ancienne 
porte de la chapelle. M. de Bern ières. premier supérieur du Sémi- 
naire est le seul qui fut inhumé dans cette chapelle, 5 décembre 
1700. 



— 425 



la foi, les moeurs hélas î si expo- 
sées ue la jeunesse camolique, pror 
curer la gloire ae Dieu et le Don- 
neur ae leur patrie, voua l'unique 
ambition des .Directeurs du bé,- 
minaire en créant l'Université 
.Laval/' 

r/our une si grande entreprise, 
il faut de grandes forces. Qui 
donc sera l'élu de .Dieu i Qui sera 
le Ministre de sa Providence % 
Parmi ses Directeurs, le Sémi- 
naire de Québec comptait un 
piètre, affaiblit par les pénibles 
travaux de renseignement, d ; une 
santé toujours cnancelante et 
dont on pouvait dire, comme de 
Paschal : " Il ne passait pas un 
jour sans douleur " ; c'est l'élu 
de Dieu, le .Ministre de sa Provi- 
dence. L'oeil de Dieu regardait 
favorablement cet homme. Le Sei- 
gneur lui avait donné cette volon- 
té ferme, cette énergie indompta,- 
ble qui fait combattre sans ja- 
mais faillir, soutenir la lutte jus- 
qu'à la mort ; il l'avait douéV de 
cette sagesse et de ce bon sens 
que la Sainte Ecriture appelle le 
fruit de la parfaite crainte de 
Dieu." 

" Les esprits d'élite, a dit un 
philosophe chrétien, ne se distin- 
guent point par la qualité de leurs 
idées. Ils n'en possèdent qu'un pe- 
tit nombre, dans lesquelles ils em- 
brassent le monde. L'oiseau de? 
plaines se fatigue à raser la terre, 
il passe et repasse aux mêmes lieux 
ne franchissant jamais les sinuosi- 
tés et les limites de 'la vallée nata- 
le. L'aigle, dans son vol majes- 
tueux, monte, monte toujours, ne 
s'arrête que sur les plus hautes 
cîmes et de là son oeil nerçant con- 
temple les montagnes, le cours des 
fleuves, les vantes plaines couvertes 
de cités populeuses, les vertes prai- 
ries et les riches moissons. 
Semblable à ce roi des airs, M. 



if *^% 

H fi 




M. Augustin Lalaue, 9e Supérieur du 
Séminaire, de 1748 à 1750. 



Douis J. Casault, s'élève dansi les 
lieux les plus nauts, et de son re- 
gard sur et perçant, il domine et 
parcourt l'horizon, il embrasse i'en- 
•sv^oio uts cnoses, prévoit les diiii- 
culté découvre de loin les écueiils, 
ei avec ce tact, cc.tc tsag cesse, 
ce bon sens développé en lui par la 
méditation et par l'étude, il trace 
le plan de l'Université Laval, fonde 
le pensionnat, rédige les règlements 
et les programmes pour l'organisa- 
tion des facultés de théologie, de 
droit, de médecine et des arts, co- 
ordonne tous les matériaux de cette 
grande entreprise choisit les pier- 
res de ce magnifique édifice natio- 
nal et religieux, les pilace avec un 
talent, une habileté et une rapidité 
d'exécution qui étonnent et jettent 
dans l'admiration ceux même© qui 
croient connaître cette forte intel- 
ligence. 

" Contempler ces trois grands 
bâtiments, destinés à cette institu- 
tion, visitez ses bibliothèques, ses 



— 426 




M. François Sorbier de Villars, 10e 
Supérieur du Séminaire, de 1750 à 
175G. 

arasées, sos laboratoires, assistez à 
ses cours de physique, ide chimie, 
de botanique, de philosophie, d'his- 
toire et de littérature, et dites ce 
qu'ii a fallu d'énergie, de dévoue- 
ment, de persévérance et de sacri- 
fices pour accomplir, en moins de 
dix années, tout ce que nous voyons 
aujourd'hui ; dites si elle esit noble 
et sainte cette ambition qui anime 
les fondateurs de l'Université La- 
val et si nous devons mille fois bé- 
nir et remercier la Providence. 
Oui, mes frères, bénissons la Pro- 
vidence, même lorsqu'elle frappe 
ses coups et qu'elle nous montre 
le.s instruments de la mort : ô mon 
âme ! pourquoi êtes-vous triste, et 
pourquoi me troublez - vous ? 
O mort ! pourquoi ton image lugu- 
bre m'apparaît-elle aujourd'hui, et 
trouble-t-elle la joie de cette fête ? 
Il me semble voir cette église en- 
core tendue de deuil, la tristesse 
empreinte sur tous les visages, la 
noul^ur dans tous 1?<? coeurs à la 
vue de son cercueil. Tous le pleu- 



rent, tous, quelque soit leur rang, 
rendent nommage à sa mémoire, 
accompagnent à sa dernière demeu- 
re ses restes mortels il 

n'est plus celui dont la vie hélas ! 
trop courte, a été remplie de ces 
oeuvres bonnes et saintes que le 
ciel récompense et qu'un pays ne 
peut oublier. La mort njoua l'a ravi; 
à l'Eglise un docteur éclairé et 
saint ; à sa patrie, l'homme de gé- 
nie et de dévouement, une de ces 
gloires les plus nobles et les plus 
pures à vous v ses collègues, les con- 
hdents intimes de sou coeur, les 
coopérations de son administra- 
tion et de sou zèle, un supérieur 
éclairé, votre conseil et votre 
guide ; à vous tous, élèves 
de rL T niversité Laval, élèves du Sé- 
minaire de Québec, un père géné- 
reux et toujours occupé de vos in- 
térêts. Il n'est plus ; mais sa mé- 
moire sera éternelle. Elue vi- 
vra dans cette ville et dans tout le 
pays, ou de génération en généra- 
tion, on se dira les grandes choses 
qu'il a faites pour sa natrie. Elle 
vivra dans ce Séminaire dont il a 
été l'ornement et l'ammi par ses 
vertus et ^ar ses talents. L'histoi- 
re l'appellera un autre Laval. Son 
"om n'a pas besoin de nos éloge> 
il sera honoré de siècle en siècle ; 
il pst écrit sur toutes les nierres de 
l'Université Laval, ou plutôt son 
uom est erravé profondément dans 
nos coeurs. 

" M. L. J. Oasault n'e-it nas des- 
cendu tout entier dans la tombe ; 
ses oeuvres restent à la religion et 
à la patrie, et la Providence nous 
donne des continuateurs de son 
oeuvre : vous êtes dignes, mes- 
sieurs, de partager cette gloire, 
vous, âmes également dévouées et 
généreuses, oui vous êtes associés 
à tous ses travaux : vous ^t°s di- 
t"°<« de soutenir ^t 'le continuer 
cette oeuvre grande et sainte par 



427 



les fruits bénis qu'elle promet à 
l'Egilise et à l'Etat, vous le pouvez 
et vous le voulez : comme tous ceux 
qui vous ont précédés, vous n'avez 
en vue que la gloire de Dieu et de 
l'Eglise v et le bonheur de votre 
pays. La Providence a béni les 
jours naissants de l'Université La- 
val ; déjà, par le bien qu'elle opère 
elle vous récompense de vosi sacri- 
fices et de vos labeurs. Le grand et 
saint Fontife qui gouverne l'Egli- 
se, est pour votre oeuvre ; les vé- 
nérables prélats de la province ec- 
clésiastique se sont réjouis d'une 
entreprise faite pour la gloire de 
Dieu et le maintien de la foi ; 
tous les» catholiques du pays Vont 
saluée avec des transports d'allé- 
gresse. Grâce à cette aimable Pro- 
vidence qui dirige tout de sa main 
puissante et paternelle, l'Université 
Laval est solidement assise sur le 
rocher de Québec : Soyez s an? 
crainte, Dieu est avec vous. 

" Continuez donc avec courage 
et avec loi, comme dignes Minis- 
tres de la Providence, 1 oeuvre de 
Mgr de Laval ; agrandissez en- 
core le Séminaire qui ne suffit 
plus à la jeunesse : :" dilata 
locum tentorii tui, et pelles taber- 
naculorum extende ;; ; éten- 
dez l'espace de votre pavillon, dé- 
veloppez les voiles de vos tentes ; 
levez les yeux et voyez autour de 
vous comme on s'est réuni de tou- 
tes parts : Voici des fils qui vous 
viennent de loin : " Filii tui de 
longe venient ". L'avenir vous 
réserve peut-être encore de dures 
•épreuves ; vos sacrifices seront 
peut-être peu appréciés des hom- 
mes ; mais Dieu vous prépare une 
belle et brillante couronne, car il 
nous assure que ceux oui en ins- 
truisent plusieurs à la justice bril- 
leront comme les astres dans les 
siècles éternels " 

" Elèves du Séminaire de Que- 




v£?U 



M. Colomb'i a-Sébastien Pressard, Ile- 
Supérieur du Séminaire, de 1750 à 
1702. 



Dec, élèves de 1 Université Laval,, 
tiouvenez-vous des oeuvres qu ont* 
îaitts vos ancêtres, cnacun dans 
leur temps ; et vous recevrez une 
grande gloire et un nom éternel. 
V oilà ce que les .Ministres de la 
Providence ont fait pour vous. 
-Répondez aux desseins de Dieu, à 
l'amour de vos parents, à la solli- 
citude éclairée de vos Professeurs., 
à lattente de la patrie. N'oubliez 
jamais les pieux enseignements 
que vous recevez chaque jour dans 
ce sanctuaire de la science et de 
la piété. Soyez toujours attachés 
à votre foi : vos pères n'en ont. 
jamais rougi. L'amour de Dieu et 
l'amour ^e la patrie ont été la 
source de leurs grandes actions 
pour Dieu et pour leur pays : 
guidés par les mêmes sentiments 
de foi et d'honneur, soyez dignes 
de vos ancêtres. Aimez Dieu : 
vous aimerez toujours votre patrie 
d'un amour sincère c'est par la 
vertu, plu« encore que par votre- 



— 428 




M. Urbain Boiret, 12e Supérieur du 
Séminaire, de 17G2 à 1768. 



science, que vous servirez utile' 
ment votre pays, que vous acquit- 
terez la dette de la reconnaissance. 
Méprisez la vie frivole et stérile du 
plaisir, soyez toujours fidèles à 
Dieu, ayez le courage de ces deux 
nobles jeunes gens, St-Basile et 
St-Grégoire, et puissiez-vous dire 
comme eux : " Nous ne connais- 
sions que deux rues dans la ville : 
l'une conduisant à l'église et aux 
ministres sacrés ; l'autre condui- 
sait aux écoles publiques et chez 
ceux qui nous enseignaient les 
sciences. Nous laissons aux autres 
les rues par lesquelles on allait au 
théâtre, aux spectacles et aux 
lieux où se donnaient les divertis- 
sements profanes. Notre sancti- 
fication faisait notre grande af- 
faire ; notre but était d'être ap- 
pelés et d'être effectivement chré- 
tiens ; c'était en cela que nous 
faisions consister notre gloire." 

Quel bonheur et quelle consola- 
tion pour nous tous, de pouvoir, 
dans une circonstance aussi solen- 
nelle, exprimer les sentiments de 
nos coeurs ; nous nous croyons 



autorisé, nous éprouvons le besoin 
de la dire hautement, au nom du 
clergé, au nom de vous tous, au nom 
de tout le pays, «et de nous écrier 
dans les transports de notre allé- 
gresse : Amour, vénération, re- 
connaissance à Mgr de Laval et à 
tous ceux qui, depuis deux cents 
ans, ont été les zélés continuateurs 
de son oeuvre. Reconnaissance Jr. 
Dieu qui nous a donné tous ces 
biens. O Eglise de Québec ! tres- 
saille de joie, éclate en cantiques 
de louanges Tous ensemble 

chantons au Seigneur un cantique 
de reconnaissance ; rendons grâ- 
ces à Dieu de la magnificence des 
bienfaits qu'il a accordés, par le 
Séminaire de Québec, à l'Eglise 
du Canada et à toute la société 
civile." 

" Grâces soient rendues aux illus- 
tres et vénérables Pontifes du Ca- 
nada, et que l'hommage de notre 
gratitude nasse aux générations fu- 
tures. Amour et reconnaissance, _à 
vous, Mgr l'administrateur, qui" 
vous êtes imposé les plus grands 
sacrifices pour la cause de l'Uni- 
versité Laval. Reconnaissance à 
Mgr l'Evêque de Kingston, qui s'ho- 
nore d'avoir appartenu à cette 
maison, et que le Séminaire et 
l'Université Laval comptent parmi 
ses directeurs les plus zélés et ses 
plus illustres professeurs. La reli- 
gion et la patrie n'oublieront ja- 
mais avec quel zèle vous avez pris, 
tous deux à Rome, les; intérêts de 
l'Université LavaL devant le tribu- 
nal le plus éclairé et le plus saint, 
déviant Pie IX, le plus haut repré- 
sentant, sur la terre, de la justice 
de Dieu. 

" Appelez, Monseigneur, les bé- 
nédictions de Dieu soir cette Insti- 
tution que vous aimez et qui reçoit 
chaoue jour de vous des témoigna- 
ges de la haute protection et de 
l'affection paternelle et toute spé- 



— 420 — 




M. Henri-Frs. Gravé de la Rive, 13e 

Supérieur du Séminaire, <?e 17G8 à 
1774 ; 1778 à 1781 ; 1787 à 1793 
et de 1798 à 1802. 



ciale rue vous lui portez. Le suc- 
cès ne peut venir que de Dieu : 
celui qui plante l'arbre, celui qui 
l'arrose ne sont rien pour sa crois- 
sance ; c'est Dieu qui donne l'ac- 
croissement. Avec la bénédic- 
tion d'en haut, l'arbre deux fols sé- 
culaire, planté par Mjrr de Laval 
dans- la cité de Cliamplain, se dé- 
ploiera plus vaste et plus majes- 
tueux, résistera aux orages, étendra 
partout ses rameaux bic^Vs-v^s". 
rameaux de fleurs et 'V fruits, ra- 
meaux d'honneur et de grloire. 

" Glorieux patron de notre pays 
St-Jo=eph, soyez toujours le pro- 
tecteur du Séminaire auprès de ce- 
lui aue vous- av^7 en l'honneur 
protéger sur la terre. 

" Marie Immaculéo ! f«î+-° 
monter jusou'au coeur de votre di- 




M. Jean-Frs-Hubert, 14-e Supérieur 
du Séminaire, de 1774 à 1778. (Plus 
tard évéque de Québec.) 



vin i 'ils une prière pour cette mai- 
son qui vous aime et oui vous ho- 
nore ; étendez votre sceptre tuté- 
laire sur l'Université Laval, soyez 
son bouclier et son armure afin 
qu'elle produise des fruits abon- 
dants de salut*. 

" C'est à vous, divin Jésus, pro- 
tecteur de la jeunesse, que la piété 
de M^r de Laval consacra le Petit 
Séminaire ; soyez son ami, son 
soutien contre tous les périls, son 
guide dans les sentiers difficiles. 

u Faites, ô mon Dieu, que le Sé- 
minaire de Québec soit toujours ce 
qu'il est aujourd'hui, un centre de 
lumières, le rempart de notre foi, 
le gardien toujours fidèle des tradi- 
tions catholioues ; qu'il vive et 
qu'il s'agrandisse autant que le 
vent notre amour, autant que. le 
veut notre reconnaissance, et que 
ceux oui viendront après nous, cé- 
lébrant ses anniversaires séculai- 
res le retrouvent plus fort, et plus 
^orieux. toujours dévoué à votre 
gloire, toujours dévoué à la défense 
A e votre "église, toujours dévoué à 
la latrie." 



430 




Chapelle actuelle de la Congrégation du Petit Séminaire de Québec 



NOTES QUI «ACCOMPAGNENT 

LE DISCOURS DE M. L'ABBE 

BACINE. 



A. — " M. Henri de Bernières 
était natif de la paroisse de St- 
Jean de Caën, diocèse de Bayeux. 
N'étant encore que tonsuré il vint 
en Canada avec Mgr de Laval, en 
1659. L'Evêque de Pétrée lui con- 
féra les ordres mineurs à Québec, 
le 2 décembre 1659, le sous diaco- 
nat le 20 du même mois, le diaco- 
nat le 21 février 1660, dans la cha- 
pelle des Jésuites et la prêtrise 
le 13 mars suivant, à la paroisse. 
Le 19 (mars il dit sa première 
messe aux Ursulines et chanta 3fl 
salut le même jour en grande cé- 



rémonie. Premier prêtre ordonné 
en v 'Canada> premier curé fixe de 
Québec, il fut aussi le premier 
Supérieur du Séminaire de Qué- 
bec en 1665. et élu doyen du cha- 
pitre, en 1674 ; il n'en reçut le 
brevet -que le 7 novembre 1684. Il 
mourut le 3 décembre 1700, âgé de 
68 ans. Il était Vicaire-Général de 
Mgr de Laval en 1675 et fut Su- 
périeur de l'Hôtel-Dieu, à diverses 
renrises. " Il servit l'Eglise, dit 
l'Histoire de l'Hôtel-Dieu, avec un 
grand zèle et d'une manière très 
édifiante. O'pfaH un homme paci- 
fique, désintéressé et qui ne cher- 
chait nue la gloire de Dieu." 

"M", de Bernières de Louvigni. 

M ne Laval» abHé de Montïgnv; 
^nipnra onatrp. pus oh"" 7 "M", de 
Bernières, Trésorier de France de 






— 431 



la généralité de Caën. Cet homme 
•extraordinaire, si fameux par ses 
oeuvres, sa haute spiritualité, ses 
ouvrages et ses vertus, avait for- 
mé sa communauté <aux exercices 
de la vie intérieure. M. Ango de 
-Maizerets se retira à l'Hermitage 
•de M. de Bernières en 1653 ; plus 
tard, MM. Dudouit, frères, se réu- 
nirent à la petite communauté. 

Comme tous ceux* qui depuis 
•composèrent le Séminaire de Qué- 
hec avaient été formés à l'école de 
M. <de Bernières, et portèrent dans 
le nouveau monde l'esprit qu'ils y 
avaient pris, il est bon de "connaî- 
tre les maximes spirituelles sur 
lesquelles , ce saint homme l'avait 
établi. 

lo II ne faut pas se produire 
avant le temps. Ceux qui s'expo- 
sent à travailler v pour le prochain, 
■sans être morts à eux-mêmes, font 
peu de fruit, et risquent de se 
perdre. . , 

2o. On ne trouve la vie que dans 
la mort, l'être nue dans, le néant. 

3o. Fuvons tout ce çpii a de l'é- 
clat- tout ce qui nourrit l'orgueil 
et l'amour-propre. 

4o. L'abjection est commue le fu- 
mier de la vie spirituelle, oui en- 
graisse la terre et la rend 1 féconde. 

5o. Nous n'avons point de meil- 
leur '9imà Que Jésus-Christ 

60. Le propre intérêt est le plus 
grand obstacle à l'esprit Vl'oraison. 

ML d^ Bernières, mourut le 8 
Mai 1659. 

Extrait dp;s mémoires sur la vie 
de Mçrr de Laval, par Latour. 

B — F, r abaissement du Séminaire 
r 1 ** rvnp.v»r> mr Msr l'Tvêoiue de 
Pétrie. 

" Tes srîu+s conciles, et relui de 
Trente particulièrement, pour re- 
mettre efficacement la iflîp'M-n'îvne 
eeelétsî asti nue dans la pre?mièîre 
viemenr n'^nt r'"en tr^uvpr >^o -rVb-m 
uti^e mip d'ordonner le rétablisse- 



ment de l'usage ' ancien des Sémi- 
naires, ou Ion instruisait les clercs 
dans les vertus, et les sciences 
convenables : à leur état... Consi- 
dérant qu'il a plu à la divine 
Providence de nous charger de 
1 Eglise du Canada dit la Nou- 
velle-France» et qu'il est d'une 
extrême importance dans ses com- 
mencements, de donner au clergé 
la meilleure forme qui se pourra 
pour perfectionner les ouvriers, et 
les prendre capables de cultiver 
cette nouvelle vigne du Seigneur, 
en vertu de l'autorité qui nous a 
été commise, nous avons érigé et 
érigeons dès à présent et à perpé- 
tuité, un Séminaire pour servir de 
clergé à cette nouvelle Eglise... 
Nous voulons que ce soit une con- 
tinuelle école de vertu et un lieu 
!de ^réserve, d'où nous puissions 
tirer des sujets pieux et capables 
pour les envoyer en toutes rencon- 
tres." 

Parisj 26 mars 1663. (Edits et 
ordonnances, vol. I. page 34.) 

C. — Au mois- d'avril 1663, Louis 
XIV, roi de France et de Navarre, 
avec un zèle digne de son titre de 
roi très-chrétien et de fils aîné de 
l'Eglise, donna par lettres paten- 
tes son approbation à l'établisse- 
ment du Séminaire de Québec. 

" Sur ce que nous avons appris 
que le sieur évêque de Pétrée, Vi- 
caire du Saint-Siège Apostolique 
en toute la Nouvelle-France dite 
Canada, nommé par nous à l'évê- 
ché du dit pays, aussitôt qu'il 
aura plu à Notre Saint-Père le 
Pape de l'établir, pour s'acquitter 
dignement des obligations de son 
épiscopat, aurait érigé un Sémi- 
naire d'ecclésiastiques capables de 
seconder ses pieux desseins pour 
servir de clergé à cette nouvelle 
Eglise... A ces causes» savoir fai- 
sons, qu'après avoir examiné en 
notre conseil le dit acte d'étnmisse- 



432 




c 



o 



h 



433 — 



ment et derection du dit Sémi- 
naire, nous n'y avons rien trouvé 
que d'avantageux à la gloire de 
JJieu et au bien de nos sujets, qu'à 
ces fins nous l'avons agréé et agré- 
ons, confirmé et confirmons par 
ces présentes... Car tel est notre 
plaisir." 

Paris, Avril 1663. (Edits et or- 
donnances,, Vol. I. page 35. 36.) 

Principaux règlements faits par 
Mgr de Laval, conformément à 
l'Ordonnance d'érection du Sémi- 
naire de Québec. 

lo. Tous les ecclésiastiques se- 
ront très soumis à la conduite du 
Supérieur du Séminaire sous la 
conduite de l'évêque. 2o. Ils ne se 
regarderont pas comme proprié- 
taires de ce qui leur sera assigné 
pour leur subsistance, mais afin 
de pratiquer le détachement? ils 
rendront compte tous les ans de 
leur temporel. 3o. Ils mèneront une 
vie si pure qu'on n'ait pas sujet de 
les retrancher d'un corps dont ils 
sont les membres. 4o. Pour entrete- 
nir leur ferveur, ils viendront tous 
les ans faire une retraite au Sé- 
minaire, qui pendant ce teimps-là 
fera desservir leur paroisse. 5o. Le 
Séminaire les regardera comme les 
enfants de la maison ; ils y seront 
reçus eit traités avec charité quand 
ils viendront à Québec pour mala- 
dies ou affaires nécessaires . 6o. On 
pourvoira à leurs besoins de santé 
et en maladie, et l'entretien sera 
uniforme pour tous les ecclésiasti- 
ques, de quelque rang qu'ils soient. 
7o. Pour les soutenir et les conso- 
ler dans l'éloignement. on entre- 
tiendra avec eux une parfaite cor- 
respondance de charité. 8o. Si l'âge. 
les travaux, les infirmités, les ren- 
dent invalides» ils trouveront un 
asile assuré dans le Séminaire jus- 
qu'à leur mort, après laquelle on 
fera pour eux les prières commua 
nés. i ' 



Extrait des mémoires sur la vie- 
de Mgr de Laval, par Latour. 

Biens donnés au Séminaire par 
Mgr de Laval. 

Le douze avril 1680. Mgr de La- 
val donna purement et simplement 
tons ses biens, au Séminaire de 
Québec, lo. La terre et la seigneu- 
rie de Beaupré, depuis la rivière 
Montmorency jusqu'à celle du 
Gouffre, qui se décharge dans la 
Blaie St-Paul. 2o. La maison,» ap- 
pelée le Petit Séminaire, bâtie par 
Mgr de Laval, près de l'Eglise du 
Château-Richer. 3o. L'Isle Jésus, 
4o. La Seigneurie de la Petite-Na- 
tion, de cinq lieues de front sur 
cinq de profondeur» au-dessus de 
Montréal. 5o. Tous ses meubles, 
livres, ornements, arrérages de 
rentes qui se trouveraient en sa 
possession au moment de sa mort. 

En 1700, il y avait 2,462 terres 
en- valeur dans la côte de Beaupré, 
on y avait recueilli 14,515 minots 
de fcled, quoiqu'il y eut famine 
dans le reste du Oanada» sans 
compter 881 minots de pois, et 
3,270 d'avoine. Il y avait 1,144 
bêtes à cornes. 

Sit-Joachim. 

Mgr de Laval fonda, en 1668, à 
St-Joachiim au pied du Cap-Tour- 
mente, une espèce de ferme-modè- 
le où les jeunes gens apprenaient 
à lire, à écrire- à chiffrer, et s'ap- 
pliquaient aussi aux travaux de 
la terre et à différents métiers. En 
1685. Mgr de St-Valier engagea le 
Séminaire à donner une éducation 
classique à 19 jeunes gens sur 31 
qu'on y élevait ; après quelques 
années d'essai il fallut remettre 
l'établissement sur l'ancien pied. 
Les deux incendies du Séminaire 
de Qu-éheo et la mort dp Mgr de 
lavai, obligèrent les Directeurs 
de le fermer en 1715. Dè^ l'année 
16P9. les élèves du Petit Séhndnaire 
allaient passer leurs vacances à 



— 434 — 




CHAPELLE ACTUELLE DU GRAND-SEMINAIRE. 



St-Joachim. Cet usage subsista jus- 
qu'en 1759, que la Grande Ferme 
fut pillée et brûlée par les Anglais, 
au mois d'août. En 1778, le Sémi- 
naire, aidé par Mgr Briand, cons- 
truisit, sur le Petit Cap. le Châ- 
teau Bellevue, destiné à servir de 
lieu de vacances aux élèves. La 
jolie chapelle, sous l'invocation de 
St-Louis de Gonzague, fut cons- 
truite aux frais de Mgr Briand. 
Les r lèves du Séminaire cessèrent 
de passer leurs vacances à St- 
JoachiTn, en 1827j au grand regret 
de MM. les Directeurs qui ne pou- 
vaient Vins les loger convenable- 
ment an Château Bellevue. 

T). — "M. Ls Ango de Maizerets. 

M Tom's Ango de Maizerets, un 
des -fn r> dateurs du Séminaire de 
Québec, vint en Canada, en 1663, 



avec Mgr de Laval. Il fut promu 
au sacerdoce le 29 septembre 1662. 
Il fut Supérieur du Séminaire 
pendarit trente-un ans, à diverses 
reprises, Grand-Chantre de la Ca- 
thédrale et Vicaire-Général de Mgr 
de Laval et de Mgr de St-Valier." 

Tout le Canada, dit un contem- 
porain, lui a toutes les obligations 
pour l'éducation de la jeunesse à 
quoi il a été appliqué depuis près 
de 50 ans." Par ,son testament, il 
laissa \au Séminaire tout ce qu'il 
avait, ' c'est-à-dire quelques arré- 
rages d'une rente de 1,200 lbs que 
lui .faisait son père, M. Ango de 
LaMotte de Lézeau. Ces arrérages 
se montaient à 3,158 lbs. H mourut 
le 23 avril 1721, âgé de 85 ans e*t 
3 mois. 

T. — M. Hughes Paulmiers. 



— 435 



M. Hughes Paulniiers vint au Ca- 
nada avec Mgr de .Laval. Ils étaient 
embarqué sur un vaisseau qui pas- 
sa par Plaisance ^TerreneuveJ. Il 
y trouva nombre de chrétiens aban- 
donnes, le commandant et le prê- 
tre qui les desservait ayant été 
massacrés. M. Paulmiers eut pitié 
de ce troupeau abandonné. Il y 
passa l'hiver et ne revint à Québec 
que l'année suivante. Après avoir 
fait de grands biens à plusieurs 
paroisses, il voulut repasser en 
.France. Il se piquait de peinture, 
et il espérait qu'en France son ta- 
lent serait moins méconnu qu'en 
Canada. N'ayant pas réussi à fai- 
re goûter ses tableaux, il donna 
des missions dans les campagnes, 
souvent tout seul. Il y fit beaucoup 
de bien. Il mourut dans une gran- 
de pauvreté. Latour page 108. Il 
mourut vers la fin de 1686. 

F. — M. Jean Dudouyt. 

M. Jean Dudouyt, Prêtre dmSé- 
minaire dé Québec, vint au Cana- 
da en 1662. et fut n-ommé. par l'E- 
vêque de Pétrée. Grand-Vicaire 
avec M. de Bernières. en 1671- et 
l'année suivante Supérieur de l'Hô- 
tel-Dieu. C'était un des élèves du 
célèbre M. de Bernières de Louvi- 
gny et un des plus grands ecclé- 
siastiques que Mgr de Laval ait 
employés au Canada. Il repassa en 
France, en 1679 ou 1680 pour y 
travailler aux intérêts de l'Eglise du 
Canada. Il mourut à Paris, le 15 
janvier 1688. 

G. — Fondation du Séminaire des 
Missions étrangères à Paris. 

Le P. Bagot, Jésuite rempli de 
mérite et de zèle» avait inspiré à 
plusieurs élèves de la Congrégation 1 
du Collège de Paris, le coût des 
conférences spirituelles. Plusieurs 
d'entre eux furent très distingués 
par la pirté. les dignités, la nais- 
sance. Teis M. de Laval, Evêque 
de Québec, M. Pallu, Evêque d'Hé- 
28 



liopiolis, M. Chevreuil, vicaire 
apostolique à la Chine» M. Boudon, 
MM. DeMeurs. et Fermanel, MM. 
Ango Des Maizerets^ deux frères, 
dont l'un fut Carme déchaussé, 
l'autre vint au Canada et enfin M 
Gauthier. Archidiacre et Grand- Vi- 
caire à Dijon. 

En 1651, X DeMeurs, un des 
plus fervents forma le projet de 
demeurer ensemble. Une vingtaine 
se réunirent le 25 septembre dans 
une maison du faubourg St-Mar- 
ceau, et y vécurent en communau- 
té. Dispersés par les guerres civi- 
les de 1652, les diverses membres 
revinrent à Paris au bout de trois 
ou quatre mois. 

Le P. de Rhodes, célèbre mis- 
sionnaire Jésuite des Indes, intro- 
duit dans la petite société par le 
P. Bagot, y excita par ses paroles 
nn grand zèle pour la conversion 
des infidèles. M. DeMeurs fut le 
plus ardent ; il engagea plusieurs 
autres à mettre leurs biens en 
commun et à établir une commu- 
nauté au Séminaire dans ce goût. 
C'est np qu'on aunelle le Séminaire 
des Mission* étrangères de Paris, 
dont celui de Québec e=t nne dé- 
pendance.Le grand 1 objet de l'assem- 
blée de M. Pagot, et de l'hermitage 
de M. de Bernières qui étaient très 
unis, étaient la conversion d°s 
idolâtre? du nouveau monde. Un 
Carme déchaussé, évêque de Babi- 
lone.^ donna l'emplacement et la 
maison on'il possédait, rue du Fau- 
bourg St-Germain. Plusieurs ner- 
sonnes y firent des dons considé- 
rables, on y unit des bénéfices. Le 
roi de France accorda au Sémi- 
naire des Missions Etrangères de 
Paris des lettres patentes, au mois 
de juillet 1663. Le seize août 1664, 
1a légat du Pane Alexandre VU, en 
France, donna à l'établissement du 
Séminaire des Missions Etrangères 
la sanction apostolique et spiri- 



436 




M Thomas-Laurent Bêdarid, 15e 
supérieur du S 'mi liai re de 1781 
à 1787 et de 1793 à 1795. 

, — — 

tuelle. Le 11 juin M. DeMeurs fut 
élu Supérieur. Le Séminaire de 
Québec ayant été érigé par lettres 
patentes du roi, au mois d'avril 
1063, fut la première branche qui 
sortit de ce grand arbre, et l'Evê- 
que de Pétrée un de ses premiers 
vicaires apostoliques." 

Extrait des mémoires sur la vie 
de Mgr de Laval» par Latour. 

H. — " Rien ne représente mieux 
la primitive Eglise que la vie de 
ce clerg:. Ils n'étaient tous qu'un 
coeur et qu'une âme sous la con- 
duite de Mgr de Laval. Ils ne fai- 
saient qu'une seule famille dont 
il fan'* ^>re. Biens de patrimoi- 
ne, bénéfices simples, pensions, pré- 
sents et honoraires, ils mirent tout 
en commun. Mgr de Laval ne fai- 
sait rien aue de concert avec tout 
son clersré : ces biens aussi étaient 
en comrrmn. Il n'y avait ni riches, 
ni nauv- - ~ il n'y avait que des frè- 




M. Antoine-Bernardin Robert, 16e 
supérieur du Séminaire, de 1795 
à 1798, 1802 à 1805 et de 1809 
à 1815. 



res. C'est à cette étroite union 
que la religion fut redevable des 
rapides progrès qu'elle fit en Ca- 
nada." 

Extrait des mémoires sur la vie 
de Mgr de Laval, par Latour. 

La paro'sse de Québec, érigée le 
quinze septembre 1664, et dont M. 
de Berni^res a été le premier curé 
titulaire, a été desservie avec zèle 
et désintéressement par MM. les 
directeurs du Séminaire de Québec 
jusqu'en 1768. Le 1er avril, les di- 
recteurs du Séminaire remirent 
purement et simplement la cure à 
l'évêque. Leurs motifs étaient : 
lo que les lettres d'union étaient 
douteuses ; 2o que le Séminaire 
n'avait pas assez de sujets ; 3o que 
les dépenses de cette cure excé- 
dant le revenu, absorbaient, par 
conséquent, des sommes destinées 

principalement à l'éducation de 
la jeunesse. 

Mgr Briand écrivant à M. de 
Viîlars, Te 7 octobre 1768. exprime 
ses regrets au sujet de cette dé- 



437 — 



mission par le Séminaire de la 
cure de Québec : " Vos messieurs 
ont voulu se décharger de la cure, 
je les ai priés de n'en rien faire ; 
ils ont persisté et j'ai accepté leur 
renonciation miaïs sans vouloir 
ni en servir, espérant que les peu- 
ples reviendront peut-être de leurs 
fausses et folles idées, et alors j'en 
ferai une union plus solide que 
toutes les autres. Jamais la pa- 
roisse ne sera bien desservie autre- 
ment, le revenu n'étant point ca- 
T>aible de fournir à trois prêtres 
séparés du Séminaire . . . Je sens 
que la cure était un pesant, fardeau 
pour le Séminaire, surtout depuis 
qu'il s'ast chargé du collège, et vu 
le petit nombre des directeurs qui 
Je composent. 

ETAT DES CUBES EN 1683 

M. de CaunLuiu, prêtre du .Sémi- 
naire de Québec, âgé de 4^5 ans, 
venu de Jb'rance en lobd, desservant 
Boucherville, JLongueuil, etc., 8Q fa- 
milles, 'àts'à âmes. 37 los aimes. 

M.. jJuplain, prêtre du Séminaire 
de Québec, âgé de 40 ans, venu de 
France en 16lz, desservant Saint- 
Ours, etc. 55 familles, 358 âmes. 
254 Ids de dîmes. 

M. Volant, prêtre du Séminaire 
de Québec, 28 ans, desservant Sau- 
rel, etc. 41 familles, 252 âmes. 250 
Ibs de dîmes, 

M. Brulon, prêtre du Séminaire 
de Québec, environ 35 ans, venu 
de France en 1676* Trois-Rivières, 
etc. 45 familles, 448 âmes. 200 lb. 
dé dîmes. 

M. Thury,.... 35 ans, venu de 
France en 1676, Cap de la Made- 
leine etc. 48 familles, 282 âmes. 
300 lb. de dîmes. 

M. Dupré, 35 ans, (n'est pas dé- 
signé comme prêtre du Séminaire), 
venu en 1676 ^amplain. 

M. Claude Volant. 28 ans, natif 




M. Jean-Baptiste Lahaille, 17e su- 
périeur, de 1805 à 1809. 



du^ pays, (n'est pas désigné comme 
prêtre du Séminaire)). Batiscan. 

M. Pinguet, 27 ans. Ecureuils. 

M. Gaignon, 33 ans. Charles- 
bourg. 

M. Martin, 35 ans. Beauport. 

M Gauthier. 30 ans, venue en 
1676. Château-Richer et Ange- 
Gardien. 

M. Morel, 48 ans, 1660. Curé de 
S te- Anne. 

M. Soumaude, 31 ans, natif du 
pays. Cap Tourmente et Baie St- 
PauT. 

M T /f )-m-v. 40 ans. venu en 1673. 
St^-Farni^ et St-Fran<Hs. 

M. de Fra^fcheville, 34 ans. na- 
tif du pays. St-Pierre, Paul et St- 
Jean. 

M. Morîn, 38 ans. Côte de Uau- 
zon. 

M. Vachon. 26 ans. Cap Saint- 
Ignace. 

M. de Beruières venu do Fran- 
ce en 1659. 47 ans. Curp de Québec. 
22Q failles 1354 âmes. 

M. Pierre d^ F-W^+io-nv de 
Fran^Wnie, était diacre en octo- 
bre 1674. 



438 — 



Mission du Séminaire de Québec 

chez les Tamarois ou Illinois 

en Louisiane 



Le 16 juillet 1698, MM. de Mon- 
tigny, itevion et St-Conie, munis 
des autorisations nécessaires par 
Mgr de St-Yalier, quittèrent Qué- 
bec pour aller jeter tes iondements 
d une mission sur les rives du Mis- 
sissipi. Le lieu du principal éta- 
blissement fut le pays des Tama- 
rois, sur la rive gauche du Missis- 
sipi, entre la rivière des Illinois 
et rOhio. MM. de Montigny et 
Davion, non contents de se dévouer 
eux-mêmes à cette mission, voulu- 
rent encore sacrifier une partie de 
leurs biens ; ils donnèrent 4,030 
Ibs. M. Davion fixa sa résidence au 
fort St-Louis ; M. de St-Côme au 
fort Natchez, et M. de Montigny 
chez les Tamarois. Ce dernier était 
supérieur de toute la mission. L'an- 
née suivante, 1699, de nouveaux 
ouvriers furent envoyés par le Sé- 
minaire de Québec, et MM. Ber- 
gier, Bouteville et St-C'ôme, le 
jeune, (ce dernier n'était pas en- 
core prêtre,) vinrent partager les 
travaux des premiers missionnai- 
res. Malgré la détresse du Siémi-* 
naire, causée par l'incendie du 15 
novembre 1701 MM. de la Vente 
et Huvé furent envoyés à Mobile, 
en 1704. M, Nicolas Foucault, en 
se rendant à Mobile, fut massacré 
par les sauvages Coulois ou Co- 
roas, en septembre 1702. 

En 1707, la mission perdit MM. 
de St-Côme et Bergier. M. de St- 
Côme, (Jean-Bte-), fut tué, en 
1707, par les Sitimakas, -peuple qui 
habitait la rive droite du Missis- 
sipi. Il était âgé de 41 ans. M. Jean 
Bergier mourut aux Tamarois. en 
X707. C'était, dit le P. Gabriel Ma- 
rest, S. «T., un missionnaire d'un 



vrai mérite et d'une vie très aus- 
tère. 

Lorsque le P. de Charlevoix vi- 
sita la Nouvelle-France, par ordre 
de la cour, en 1721 et 1722, la mis- 
sion des Tamarois était desservie 
par M. Thaumur de la Source, et 
M. Jean LeMercier. Il parle avec 
éloge de ces deux escclésiastiques 
du Séminaire (de Québec : " Au- 
trefois mes disciples, dit-il, et qui 
seraient aujourd'hui mes maîtres.'' 
M. Thaumur de la Source, après 
dix années de mission, revint au 
Canada, et mourut à Québec, le 4 
avril 1731, dans une si grande ré- 
putation de sainteté, dit Latour, 
que tout le peuple, à ses obsèques, 
allait faire toueber des chapelets 
à son corps, et déchirait ses habits 
pour avoir des reliques. M. Jean 
D. Testu, Choctas, en 1703, fut tué 
en 1718. 

Bien qu'endetté de 100,000 lbs. 
le Séminaire envoya aux Tamarois, 
en 1730, MM. Gaston et Courrier, 
deux jeunes hommes pleins de fer- 
veur et d'une très grande espéran- 
ce, dit Latour, dont l'un fut mas- 
sacré par les sauvages. (M. Gas- 
ton), et l'autre y vit eomime un 
saint jusqu'à y faire des choses 
qu'on a regardées dans le pays 
comme des miracles. 

En 1750 MM. Mercier, Gagnon 
et Laurent, du Séminaire, desser- 
vaient les cures françaises de Ste- 
Anne et de la Ste-Famille des Cao- 
quias. 

M. Foriret Duverger fut le der- 
nier missionnaire envoyé à 1^ Loui- 
siane par le Séminaire de Québec, 
en 1754. La mort ayant enlevé MM. 
Gagnon et Laurent vers 1759. M. 
Forent se trouva seul gardien de 
la mission de la Ste-Famille. chez 
les Caoouias. 

Les Etats-Unis s'étant déclarés 
indépendant, le Saint-Siège nom- 



— 439 — 




L'habit 



d'écolier du 
en 1800 



Séminaire, 



ma un préfet apostolique : les mis- 
siens de la Lousiane furent^ sous- 
traites à la juridiction de l'évêque 
de Québec, et le Séminaire cessa de 
s'en occuper. Le Séminaire ne put 
recouvrer les biens qu'il possédait 




L'habit d'ôoolier du Séminaire, 
en 1900. 



dans la Louisiane. Le 6 décembre 
1857, les supérieurs et directeurs 
du Séminaire résolurent de céder 
à l'évêque d'Alton, tous les droits 
du Séminaire sur cè^s biens. 

" Le Séminaire ne .s'est pas bor- 
né à former de bons prêtres pour 
la colonie, on y travaille encore à 
former des missionnaires pour les 
sauvages, ce qu'on a exécuté depuis 
avec succès chez plusieurs nations, 
entre autres dans celles des Abéna- 
kis, dans l'Acadie, des Tamarois 
et des Illinois, le long du Missis- 
sipi. où l'on entretient toujours 
plusieurs missionnaires, conformé- 
ment à une clause du testament îde 
M. de T aval J'ai vu partir de mon 
temps les soeurs Oaston et Cour- 
rier, deux jeunes hommes pleins de 



440 




Entrée principale du Séminaire de Québec et de la deuxième 'chapelle, 
bâtie en 1750 et inaugurée en 1753. Cette chapelle, a servi d'é- 
glise paroissiale après la con quête du Canada, de 1759 à 1766, 
en attendant la reconstruction de la cathédrale., détruite lors» du 
siège de Québec. La chapelle, où l'église du Séminaire est brûlée 
de fond en comble le 1er janv ier 1888, et reconstruite par les 
soins d'un bienfaiteur, dont nous aurons l'occasion de parler 
dans la suite. 



441 




M- Jérôme Deniers, 18a supérieur 
du Séminaire, de 1815 à 1821, 
1824 à 1830 et de 1836 à 1842. 



ferveur et d'une très grande espé- 
rance, dont lun lut massacré par 
les sauvages, l'autre y vit comme 
un saint, jusqu'à y faire des cho- 
ses qu'on a regardées dans le pays 
comme des miracles. J'ai vu à Que- 
bec le sieur le Riche, qui après avoir 
été longtemps chez les Abénaquis, 
et ensuite curé à la campagne, est 
mort chanoine de la cathédrale, 
plein de mérite, et le sieur Tau- 
mur de la Source, qui après plu- 
sieurs années de séjour chez les 
Tamarois, est mort à Québec dons 
une si grande réputation de sain- 
teté, que tout le peuple, à .ses obsè- 
ques, allait faire toucher des cha- 
pelets à son corps et déchirait ses 
habits pour avoir des reliques. J'ai 
cru devoir en passant rendre cette 
justice à la piété de ces dignes 
ouvriers." 

Mémoires sur la vie de Mgr de 
Laval, par Latour : 



ACADIE 

En 1684, M. de Thury, du Sémi- 
naire de Québec, qui désirait de 
toute son aine, se consacrer au sa- 
lut des infidèles, alla en Acadie, 
avec le titre de Grand-Vicaire,, je- 
ter les fondements de plusieurs 
missions. A son retour, en 1685, il 
proposa au Séminaire d'établir 
trois missions : la première à Ris- 
tigouche ; la seconde à la rivière 
Ste-Croix, aujourd'hui Mirami- 
chi ; la troisième à l'île du Cap 
Breton. 

En 1685, M. Thury établit la 
mission de Miramichi. Et 1677, M. 
Petit était missionnaire de Port- 
Royal ; en 1686, Mgr de St-Valier 
y laissa M. Geoffroy pour le soula- 
ger dans ses pénibles missions. 

En 1687, M. Thury fonde la 
mission de Pentagoet ; peu de 
temps après, M. Claude Trouvé 
fut envoyé à Chédabouctou. 

Le 3 juin 1709, mourut M. Louis 
Petit, âgé de 80 ans. Il fut long- 
temps missionnaire en Acadie, fut 
fait prisonnier par les Anglais et 
emmené à Boston, où il demeura 
en captivité jusqu'en 1691. 

M. Antoine Gaulin a été pendant 
plusieurs années le missionnaire 
des Mickmacs en Acadie ; il revint 
à Québec, en 173?, pour rétablir 
sa santé, et y mourut le 7 mars 
1744, à l'âge de 66 ans. 

M. Courtin. autre missionnaire 
de l'Acadie, périt en mer avec tout 
l'équipage du vaisseau sur lequel 
il se rendait de Louisbourg à sa 
mission de Mirleguech. 

En 1734, le Séminaire des M. E. 
dé Paris envoya M. de St-Vincent 
à l'Ile Royale, et en 1735 M. Mail- 
lard, jeune prêtre rempli de zèle* 
et de piété, auquel les directeurs 
rendent toutes sortes de bons té- 
moignages. 

M. de Poney, missionnaire en 



— 442 — 




M. Antoine Parent, 19e supérieur 
du Séminaire, de 1821 à 1824, 
1830 à 1836 et de 1842 à 1848. 




Armes de la famille Parent. 



En octobre mil sept cent trente, 
le Séminaire de Québec devait 
pour i établir sa santé. 

M. Manack vint -en Canada en 
1750 et fut destiné aux missions 
de l'Acadie. En envoyant K. Ma- 
nack les directeurs de Paris con- 
seillèrent fortement aux messieurs 
du Séminaire de Québec d'élever 
aes jeunes gens de la Louisiane 
et de l'Acadie, afin d'en faire un 
jour des missionnaires pour ces 
pays éloignés. 

jvJ. Bagot, missionnaire de 1698 
à 1704. 

M. Coqi>ard, en 1760. 
Acadie, revint à Québec en 1637, 
101,814 lbs 9s 2d, sans compter 
plusieurs petites dettes. Les reve- 
nus de sec; terres s'é'evaient à T,- 
625 lbs., et ses dépenses annuelles 
à 16.547 lbs. En cette année, les 
citoyens de Québec adressèrent au 
ministre la remiê^e suivnnte : 

" A Mgr le Comte de Maurepas, 
ministre et secrétaire d'état. 

Mgr supplient très humblement 
les soussignés des différents états 
du Canada et de la ville de Qué- 
bec, et prennent la liberté de vous 
représenter que jusqu'à ce jour, 
depuis plus de 60 ans. tout le Ca- 
nada se sent d'une manière parti- 
culière, obligé envers le Séminaire 
de Québec, établi sous le bon plai- 
sir e l'autorité de Louis XIV, de 
glorieuse mémoire, la colonie leur 
est redevable de la bonne éduca- 
tion de la plupart des personnes 
qui la forment, par le soin qu'il 
a pris delever la jeunesse, elle lui 
doit ce nombre de prêtres, curés 
et missionnaires, qui avec zèle se 
sont appliqués comme ceux d'à pré- 
sent s'appliquent, à desservir la 
plus grande partie des paroisses et 
même des missions pour les sauva- 
ges, elle doit, par conséquent, res- 
sentir la peine et l'embarras où il 
se trouve aujourd'hui, à cause des 



443 — 




M. Louis Gingras, 20e supérieur du Séminaire de Québec, de 

1848 à 1851. 



dettes que tout le monde en ce 
pays sait avoir été contractées en 
conséquence des malheurs qui lui 
sont arrivés, ou des pertes considé- 
rables qu'il a souffertes, si mieux 
on, aime l'attribuer à la trop gran- 
de mais charitable générosité des 
personnes qui l'ont gouverné jus- 
qu'à présent. Cette communauté 
est visiblement prête à succomber 
sous le poids des dites dettes qui 
l'accablent et qui l'empêchent de 
faire actuellement au pavs autant 
de bien qu'il y en a fait par le 



passé et qui cependant ne lui en 
ôtent point le désir ni la volonté, 
ainsi qu'évidemment il paraît par 
les efforts qu'ils font tous les jours. 
C'est pourquoi Mgr, les soussignés 
vous prient très humblement de 
vouloir bien, auprès du roi, notre 
illustre monarque, dont la Nouvel- 
le-France éprouve chaque jour les 
bontés et libéralités royales, hono- 
rer d'une protection spéciale et 
particulière, cette dite communau- 
té. 
Québec, 18 octorbe 1730. 



— 444 — 




M. Lous Jacques Casault, 21e su- 
périeur du Séminaire de Qué- 
bec, de 1851 à 1860. 



DelaTour, Doyen du chapitre, 
Vic.-Gén. ; Chartier de Lotbinière, 
archidiacre ;. Hazeur, Grand Pé- 
nitentier ; Lepage de Ste-Claire : 
G. de Tonnancourt. chanDine ; 
Dupont, Conrvaî, Grandmenil, 
Beaudoin, DeLino. 1er con. : Ma- 
cart, Ougnet, Dunlessis Eabpr 
Peau, Poucaut, LaPonde Denv's, 
Adhémar de Lantao-nfic. d<= S-V'in- 
cent. Dufieruier Char°st. Pi^erin, 
La Ch^saione Ber+H°Iot d-° P^a^- 
eourt, Le VerriT. O^aTR^^roci A** 
T ptv. V^udr^iil d^ Cavao-nia - '. 
PiVaud de Vmirlrenil, Duple«sis 
Paber Peau. Longueuil. 

M. DE BRISACIEK.. 

Le zèle pour la conversion des 
infidèles, engagea M. de Brisacier 
à entrer au Séminaire des Mis- 
sions Etrangères de Paris. Ce prê- 
tre vénérable, dont la vie fut une 



suite non interrompue de bonnes 
oeuvres, ne pouvant satisfaire son 
désir de travailler directement au 
salut des âmes des infidèles, vou- 
lut du moins consacrer aux mis- 
sions tous ses revenus de ses béné- 
fices. Il, était doué de grands ta- 
lents et refusa plusieurs évêchés 
que la cour lui offrait. Il exerça 
la supériorité pendant près de 70 
ans. Il mourut à Paris, dans la 
94e année de son âge, le 23 mars 
1736. Ce saint prêtre rendit les 
plus grands services au Séminaire 
des Missions Etrangères de Paris 
et à celui de Québec. 

M. JEAN-HEKRil TEJEMBLAY 

Mgr de Laval avait la piua 
granue estime pour M. Tremblay. 
Jjepuis plus de deux ans il avait 
jeté, les yeux ;sur lui et apprécié 
sa docilité, sa prudence, sa lerine- 
te, son jugement et sa sagesse. 
Craignant que le Séminaire de Pa- 
ris ne changeât sa destination, il 
se hâta de l'envoyer à Québec. 

" C"est un sujet précieux, écri- 
vait Mgr de Laval à M. Dudouyt, 
qu il faut former avec tout le soin 
possible. Sa santé est délicate, il 
faut user de précaution avant de 
le mettre dans un emploi ou le 
poêle est capable de ruiner les 
meilleures et les plus fortes com- 
plexions." 

,vi ,/ean-Henri Tremblay vint en 
Canada en 1687. Mgr de St-Valier 
l'ordonna prêtre dans la chapelle 
des Ursulines, en 1689. Mgr de 
Laval, voulant participer à la joie 
de cette fête, assista à l'ordina- 
tion de M. Tremblay, après la- 
quelle l'ordre du diaconat fut con- 
féré à M. Doucet. 

Quel beau et consolant specta- 
cle pour un pays nouveau. Deux 
évêques et dix-huit prêtres étaient 
là réunis ainsi que de nombreux 



— 445 




M. Elzéar Alexandre Taschereau, 
22e supérieur du Séminaire de 

Québec, de 1860 à 1866, et de 
1869 à 1871, (évêque de Québec 

en 1871.) 



enfants de choeur, qui aspiraient 
déjà à la sublime dignité du sacer- 
doce. 

Il repassa en France en 1692, 
et fut le procureur du Séminaire 
de Québc, depuis cette époque jus- 
qu'à sa mort, en 1741. Il s'acquitta 
de cet important office avec un 
talent et un zèle extraordinaire. H 
donna 20,000 lbs au Séminaire en 

1729, et y ajouta encore mille 
francs. Il s'opposa fortement,, vers 

1730, au projet de M. de St-Per- 
réol qui avait conçu le dessein de 
vendre les biens donnés au Sémi- 
naire de Québec par Mgr de Laval. 
" Vous me demandez conseil, écri- 
vait M. Tremblay, et ie n'en ai 
qu'un général à vous donner qui 
est dfi tip -noint vendre la Côte cfë 
Beaupré l'Ile Jésus, ni même la 
Popn-^i^p nu'ou dit Hve nécessai- 
re à la subsistance de la Maison. 



Si absolument il fallait aliéner 
Quelque chose. J'aimerais mieupD 
que ce fut la Baie St-Paul, et en* 
core s'il fallait absolument. l'Ang-e- 
Gardien et le moulin du Petit Pré.* 
Pendant toute son administration, 
il rendit au Séminaire d.p Québec 
les services les plus oisnalés. Il 
mourut à Paris, âgé de 76 ans. 

M. FRS-ELZEAP VALLIER 

M. Vallier vint en Canada avec 
Mgr Dosquet, le 23 août 1729. Ce 
prélat qui connaissait son grand, 
mérite, avait engagé MM. les di- 
recteurs de Paris à le , céder au Sé- 
minaire de Québec. Mgr le coadju- 
teur propose au roi de nommer M. 
Vallier Théologal. " C'est, dit-il* 
le meilleur sujet que je connaisse. 
H a un esprit supérieur, des ta- 
lents extraordinaires pour les 
sciences et justement celui de se 
faire aimer de tout le monde. H 
a fait sa philosophie à douze ans» 
et a enseigné dès son enfance." 

Son mérite était bien au-dessus 
dt> ces éloges. Le Séminaire dut en 
grande partie le bon ordre de son 
temporel à l'activité et à la sage 
administration de cet homme vrai- 
ment supérieur. Par sa sagesse et 
par sa piété, la régularité la plus 
parfaite régna dans le Séminaire 
de Québec ; les pensionnaires de- 
venaient chaque jour plus nom- 
breux, et ils croissaient " en sages- 
se et en grâces devant Dieu et de- 
vant les hommes." Il mourut le 16 
janvier 17^7. n'ayant nue 39 ans et 
six mois. Cette nerte était immense 
nour le 'Séminaire, et bien difficile 
à réparer. 

M. CHS DE GLAKDELET 

M. Charles de Glandelet vint en 
Canada en 1675, et travailla pen- 
dant 50 ans au Séminaire II fut 
le premier théologal du chapitre,. 



- 446 




M. Michel Edouard Méthot, 23e 
supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, de 1866 à 1869, de 1880 à 
1883 et de 1886 à 1887. 



et doyen de ce corps, le 4 décembre 
1700 ; supérieur et confesseur des 
Ursulines ; le premier desservant 
de l'église succursale de la Basse- 
Ville, et supérieur du Séminaire. 
H donna /au Séminaire 8.000 lba. 
Il mourut aux Trois-Rivières, en 
juin 1725, âgé de 80 ans. 

M. JEAN GUYON 

M. Jean Guyon, chanoine et 
prêtre du Séminaire, mourut à Pa- 
ris, le 10 janvier 1687. 

Mgr de Laval fait de grands 
éloges de ce saint prêtre : " L'on 
peut dire que selon l'usage com- 
mun de parler, c'est une perte très 
considérable pour le Canada. Tous 
les talents que Dieu lui avait don- 
nées, l'avaient reirîdu 'capable ide» 
rendre de grands services." Mais 
ï] nous a voulu faire connaître 
qu'il n'a besoin de personne. Nous 
devons lui donner de véritables 



marques de la charité et amour 
que nous avons eus pour lui en ce 
monde, par les secours de nos priè- 
res. Il a fait une mort très-chré- 
tienne et donné des marques d'une 
grande confiance en la Très «Saint- 
Vierge. Monseigneur, me dit-il, 
ces malheureux démons voulaient 
que j'abandonnasse la Très Sainte 
Vierge, mais on mettrait toute ma 
chair en morceaux, plutôt que de 
la quitter..." M. Guyon était na- 
tif du Château-Kicher, et était en- 
tré au Séminaire de Québec, le 3 
septembre 1671, étant âgé alors do 
douze an». Il mourut à l'âge de 28 
ans, après dix ou douze jours d'une 
fièvre continue qui se portait prin- 
cipalement à la tête. 

" Le Séminaire de Québec a été 
fondé et doté par M. François De 
Laval de Montmorency, premier 
évêque du Canada." 

M. Jérôme Demers naquit à St- 
Nicolas, le 1er août 1774. Après 
avoir fait ses classes au Séminaire 
de Québec jusqu'en cinquième, il 
alla continuer ses études à Mont- 
réal, et fit ses mathématiques sous 
M. Bossu, plus tard prêtre du Sé- 
minaire de Québeci En 1795, il étu- 
dia quelque temps l'arpentage sous 
Jérémiah McCarthy ; mais Dieu 
l'appelant à l'état ecclésiastique, 
il entra au Grand Séminaire. Or- 
donné prêtre le 24 août 1798, il 
fut agrégé le 11 août 1799, et nom- 
mé directeur en août 1800. Il rédi- 
gea plusieurs traités sur la chimie, 
la physique, l'architecture et l'as- 
tronomie, etc., pour l'usage des 1 
élèves du Grand et du Petit Sémi- 
naire. En 1835, il publia en latin 
un traité élémentaire de philoso- 
phie. 

Le 7 juin 1835, il fut nommé vi- 
caire général du diocèse de Québec. 
H a été supérieur pendant dix- 
huit ans. Pendant les cinquante- 



447 




M. Thomas Etienne Hamel, 24e supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, de 1871 à 1880 et de 1863 à 1866. Mgr Hamel est bibliothé- 
caire de l'Université-Laval. 



cinq années qu'il a passées dans 
cette maison, il, a presque constam- 
ment professé, soit la théologie, 
soit les humanités ou la philoso- 
phie. H est décédé le 17 mai 1853, 

M. Jean Holmes est né à Wind- 
sor, dans l'Etat de Vermont, E.-U., 
de parents protestants. Te 7 février 
1779. Il étudia au collège 'de Dar- 
mouth, à Hanover, sur le Connec- 
ticut. Son père ayant quitté Ha- 
nover, emmena son fils avec lui à 



Colebrook, Xew-Hampshire. Pen- 
dant quelque temps. Mi. J. Holmes 
s'occupa aux travaux de l'agricul- 
ture, mais désirant compléter ses 
études, i] quitta secrètement, au 
milieu de la nuit, la maison pater- 
nelle, et après plusieurs jours de 
marche dans les bois, il arriva as- 
sez heureusement à Sherbrooke, à 
la fin de 1815. Il s'engagea chez 
un tanneur, où itl demeura pendant 
cinq ou six mois. M. Burroughs, 



448 




Mgr Benjamin Paquet, 25e supé 

1887 



rieur du Séminaire de Québec, de 
à 1893. 



qui faisait alors l'école aux Trois- 
Rivières, ayant été au printemps 
de 1815 se promener à Sherbrooke, 
chez le bourgeois de M. Holmes, 
remarqua ce jeune homme, et 
voyant qu'il était instruit, deman- 
da à son ami s'il pouvait le lui 
céder, pour l'aider dans son école. 
" Bien volontiers, s'il le veut, lui 
dit-il, car je le crois plus propre à 
faire l'école qu'à passer des neaux." 
Le jeune Holmes se rendit aux 
Trois-Rivières, où il aida M. Bur- 
raughs jusqu'à l'époque des vacan- 



ces. A l'examen général, M. l'abbé 
Ecolier, curé de Yamachiche, fut 
vivement frappé de l'intelligence 
de ce jeune homme et exprima à 
M. Burroughs le désir de se char- 
ger de son éducation, dans l'espé- 
rance de le convertir à la foi ca- 
tholique. Pour avoir un prétexte 
de le retirer chez lui. M. Ecuier 
le mit en apprentissage chez un 
boulanger des Trois-Rivières, et 
trois mois après, il le reçut dans 
sa maison, en qualité de boulanger. 
C'est à Yamachiche qu'il s'est con- 



— 449 



verti et qu'il 
3 mai 1817. 



reçu le baptême le 



*' Le trois de mai mil huit cent 
dix-sept, par nous prêtre soussigné 
curé de 'Sainte-Anne d'Yamachi- 
cbe, 'district des Trois-Bivières, 
dans la province du Bas-Canada, 
a été conféré le baptême des adul- 
tes, à Jean Holmes, âgé de dix- 
huit ans et trois mois moins qua- 
tre jours, né à Windsor, dans Té- 
tât de Vermont ; du légitime ma- 
riage de Jean Holmes, cultivateur, 
résidant à Colebrook en nouvelle 
Hampshire, et de défunte Anne 
Bugbee. Le parrain a été nous curé 
-soussigné, et la marraine^ demoi- 
selle Louise Dufour, qui a signé 
le présent acte avec le nouveau 
baptisé." 

Signé : " Marie-Louise Dufour, 
Jean Holmes, Ecuier, prêtre." 

Quelque temps après, il entra 
au collège de Montréal, pour y fai- 
re ses deux années de philosophie. 
H a pris la soutane en 1819 et n'a 
été tonsuré qu'en 1820. Il professa 
quelque temps la philosophie à Ni- 
colet. C'est de Nicolet, en 
1820 qu'il écrivit pour la 
Dremière fois à son père, qui 
ignorait entièrement où était son 
u*ls. Au printemps de cette même 
année, son père, qui possédait une 



grande et riche ferme au New- 
Hampshire, vint à Nicolet avec 
deux chevaux sellés, dont un pour 
son fils, qu'il espérait ramener avec 
lui à Colebrook. M. Holmes fut 
inébranlable dans sa résolution, et 
son père ne pouvant réussir dans 
son dessein, lui .laissa le cheval 
qu'il avait emmené pour son re- 
tour. En 1822, M. Holmes «lia visi- 
ter sa famille à Colebrook. Messi- 
re L. M. Brassard, aujourd'hui 
curé de St-Roch de l'Achigan, qui 
a eu l'obligeance de me fournir ces 
uotes sur son ami, était son com- 
pagnon de voyage. Ordonné prêtre 
le 5 août 1823, il fut successive- 
ment vicaire de Berthier, district 
de Montréal, et missionnaire des 
Townships de l'Est, à Drummond- 
ville. H entra au Séminaire de 
Québec en 1827, fut agrégé en 
1828, et élu directeur Tannée sui- 
vante. Outre plusieurs traités élé- 
mentaires qu'il a rédigés pour les 
classes, il a publié 'un traité de géo- 
graphie qui est regardé comme le 
meilleur ouvrage qui existe en ce 
genre. De tous ses discours, qui 
ont rendu son nom si célèbre, il ne 
reste de lui que les six "Conféren- 
ces de Notre-Dame de Québec." H 
est décédé le 18 juin 1852, à TAn- 
cienne-Lorette, où il s'était retiré 
depuis un an et demi pour sa santé. 



450 — 




'/ -; / 

Mgr J. Clovis K. Laflamme, 26e supérieur du Séminaire de Qué- 
bec, de 1893 à 1899. 

■ ■ ) 



Liste des prêtres et autres person- 
nes qui sont inhumées dans la 
chapelle du Séminaire, laquelle 
liste est due à l'obligeance de M. 
l'abbé A. Khéaume : 

M. Jean Chevalier, curé de la 
Rivière-Ouelle, le 6 février 1766, 
âgé de 68 ans. 

M. Jean-Félix Récher, le 17 mars 
1768, âgé de 44 ans et 3 mois. 

M. Jean-Baptiste Amioti, le 6 
juin 1769, âgé de 51 ans, négociant 
et ancien marguillier, et bienfai- 
teur du Séminaire. 

M. André-Mathur in- Joseph Jac- 
reau. ancien supérieur, le 24 juil- 
let .1772, âgé de 74 ans. 



M. Urbain Boiret, le 5 novembre 
1774, ancien supérieur du Séminai- 
re. 

M. Jean-Marie Brassard, frère 
doDné, le 7 janvier 1775, âgé de 79 
ans. Il, avait son jardin de légumes 
voisin de la chapelle, où est la suc- 
cursale de la Banque de Québec 
aujourd'hui. 

M. Boisseau en février 1775, âgé 
de 71 a*ns et 2 mois. Il est bien pro- 
bable que c'était Nicolas Boisseau, 
secrétaire en chef du Conseil. 

M. Panl-Ambroise Bédard, prê- 
tre, le 29 octobre 1780, âgé de 26 
ans. 

M. Thomas-Laurent Bédard, an- 



451 — 




Mgr Olivier E. Mathieu, supérieur actuel du Séminaire de Québec, 
de 1899 



cieu supérieur, prêtre, le 29 mai 
1795, âgé de 48 ans. 

M. Henri-François Gravé, i îê- 
tre, ancien supérieur, V. G., le G 
février 1802, âgé de 71 ans et 8 
mois. 

M. Jean-Baptiste Lahaille, piè- 
tre, ancien supérieur, le 25 mai 
1809, âgé de 58 ans. 

L'honorable François Baby, le 9 
octobre 1820, âgé de 8? ana 

M. Antoine-Bernprdin "Rooert, 
ancien supérieur, le 13 jan/ier 
1826, âe-é de 69 ans. 

M. William Sax. le 15 avril 1834, 
âgé de 20 ans, (élève). 
29 



M. Jean Holmes, prêtre, le 21 
juin 1852, âgé de 53 ans et 4 mois. 

M. Jérôme Deniers, ancien supé- 
rieur, le 21 mai 1853, âgé de 78 
ans et 9 mois. 

M. Antoine Parent, ancien su- 
périeur, le 14 février 1855, âgé de 
69 ans et 3 mois. 

M. Léon Gingras, prêtre, le 28 
août 1863, âgé de 52 ans, décédé à 
Paris, le 18 février 1860. 

M. Louis- Jacques Casault, an- 
cien supérieur, le 8 mai 1862, âgé 
de 53 ans et 10 mois. 

M. Louis Gingras. ancien supé- 



— 452 




M. Pierre Roussel, directeur, et bienfaiteur du Sjéminaire.v M. 
Roussel a donné $12,000 pour finir ^intérieur de la nouvelle 
Eglise du Séminaire et d'autres fortes sommes pour les orne- 
ments. 



rieur, le 9 mars 1866, âgé de 69 ans 
et 6 mois. 

M. Henri-Alphonse-Eugène Me- 
thot, prêtre, le 20 avril 1867, âgé 
de 30 ans. 

M. Charles-Honoré La&erdière.. 
prêtre, le 14 mars 1873, âgé de 46 
ans et 5 mois. 

Ml M^i -Erne?;t-Léoii-Philirn>p 
Audet, prêtre, le 17 mai 1876. âgé 
de 30 ans et 6 mois. 

M, Lonis-Ovid.p B*rmet, prêtre, 
le 5 octobre 1876, âgé de 50 ans. 



M. Louis-Frs-îsrapoléon Maingui, 
prêtre, le 26 mars 1878, âgé de 39 
ans et 9 mois. 

Mgr François de Laval, premier 
évêque de Québec, décédé le 6 mai 
1708, âgé de 86 ans, tranféré de 
la cathédrale au Séminaire, le 23 
mai 1878. 

M. Jean-François Baillargé, prê- 
tre, le 7 octobre 1S80, âgé de 81 ans 
et 6 mois et 24 jours. 

M. Pierre Laa-acé prêtre, le 9 
décembre 1884, âgé de 54 ans: 



453 






U" 



u^ZZSESS^ 53ZSZSS 




; V-^ 



Armes de Mot de Pontbriand 



M. Louis Beaudet, prêtre, le 23 
mai 1891, âgé de 60 ans et 9 mois. 

M. Michel-Edouard Méthot, an- 
cien supérieur, Je 9 février 1892, 
âgé de 65 ans et 6 mois. 

M. Louis-Gonzagu^ Baillargé. 
bienfaiteur. 1~ 23 mars 1896, âgé 
de 88 ans et 1 mois. 

Mgr Benjamin Paquet, ancien 
supérieur, le 1er mars 1900, âgé de 
68 ans. 

Mgr Cyprien Tanguay, décédé à 
Ottawa le 28 avril 1902, âgé de 83 
ans, et inhumé dans la chapelle du 
Séminaire de Québec le 2 mai sui- 
vant. 

M. Ruelle, probablement dépen- 
sier ou maître d'hôtel du Séminai- 
re, enterré vers 1771-5, voir livre 
du Sault au Matelot, Cencier. 

Une boîte d'ossements est dé- 
posée dans la voûte, sur laquelle 
est écrit : Ossements de nos an- 
ciens, i ,' i /i { î.'ijfl 




La Chapelle du Petit- Cap. 



Liste des prêtres du Séminaire, 
d'après l'Annuaire de 1901- 
1902 

Supérieur. — Mgr O. E. Mathieu. 

Directeurs. — Mgr Thomas-Etien- 
ne Hamel, M. Pierre Roussel, Mgr 
J. G K. Laflamme, M. Cléophas 
Gagnon, M. C. Edmond Paradis. 
M. Arthur Marchand. 

Agrégés. — M. Anselme Rhéaume, 
M. Louis-Adolphe Paquet, Mj. Er- 
nest Nadeau, M. Tancrède-J. Pa- 
quet, M. Amédée Gosselin, M.Fran- 
eois Pelletier, M. Pierre Hubert, 
M. Napoléon Gariépy, M.'S.- Alfred 
Lortie, M. Alfred Paré, M. Philias 
Fillion. 

Prêtres auxiliaires. — M. Albert 
"Dion, M. Joseph Gignac, M,. Henri 
Simard, M. Camille Roy, M. P. 
Chrysologue Desrochers, M. Emc- 
ry Grandbois, M. Alexandre Lepa- 
flre, M. Napoléon Pouliot, Mi. Odi- 
lon Savard, M. Emilien Piohette, 
M", Joseph "DonRldson. M. Elzéar 
Voyer, M. Adolphe Garneau, M. 
Rorr% Guimont, M'. Antoine Huot. 
M. Jo«eph A. E. Mercier. M Ar- 
thur F. O. Lapointe, M. Jos.-Rom. 
P^l-tier. M. Albert Aubert, M. 
Odilon Gosselin, M. Téonidas Le- 
rnay, M. J.Arthur Robert. 



454 




CHATEAU BELLEVUE A ST-JOACIIM. 



(De l'Abeille, 1849) 

Cette paroisse est située au pied \ 
du Cap Tourmente, dans une plai- i 
ne très fertile, bornée au nord par 
une rangée de montagnes escar- i 
pées, à l'ouest par la rivière- Ste- | 
Anne et au sud par le fleuve St- I 
Laurent. Plusieurs ruisseaux qui | 
descendent des montagnes en for- 
mant de jolies cascades, arrosent 
ces belles prairies au milieu des- I 
quelles ils serpentent et entretien- 
nent une douce fraîcheur. On dis- 
tingue entre les autres la rivièree 
"Friponne", qui fait marcher un 
moulin à scie et coule entre une 
double rangée de beaux ormes ; le 
ruisseau de la "Petite Ferme'', qui 
s'élargit en un étang très poisson- 
neux ; la rivière "Alarsolet", sur 
laquelle on voit encore un débris 
de pont en pierres construit par 
Ohamplain ; et enfin la rivière 



"Blondel" qui se vante d'être navi- 
gable pour les bateaux plats jus- 
qu'à une certaine distance de son 
embouchure. De vastes grèves que 
la mer basse laisse à sec sont cou- 
vertes d'une espèce de foin marin, 
excellente nourriture pour les ani- 
maux domestiques. La chasse y est 
abondante, et certaines saisons de 
l'année amènent dans les pèches 
une grande quantité d'anguilles et 
d'autres poissons. 

Lorsque Jacques-Cartier vint, le 
7 septembre 1535, mouiller entre 
i L'Ile d'Orléans et la "terre (du 
I nord", des sauvages vinrent de St- 
Joachim lui apporter de beaux me- 
lons, des anguilles et trois bois- 
seaux de gros "mil", c'est-à-dire 
de blé-d'inde. 

L'Immortel Champlain, fonda- 
teur de Québec, avait remarqué en 
passant les belles grèves de St- 
Joachîm et une prairie naturelle 



455 




Ml lEidinoiicl Paradis. 



sur les bords de la rivière "Marso- 
Let". Les difficultés qu'il éprouva 
et les voyages qu'il fît pour recon- 
naître le pays, l'empêchèrent pen- 
dant longtemps de se livrer à/ l'a- 
griculture comme il l'aurait désiré. 
Enfin, en 1623 an mois d'août, il 
alla visiter lui-m s m°, avec le "Sieur 
de Cam" les prairies naturelles du 
Cap Tourmento. T,n beauté et la 
fertilité du lieu l'engagèrent à y 
former ni é+nbliesp-^ipnt. 

" je choisis dit-il', un lien où 
est un petit ruisseau et de pleine 



in des directeurs. 

mer, où les barques et les chalou* 
pes peuvent aborder, auquel joi- 
gnant, il y a une prairie de demie 
lieue de long et davantage, de 1/ au- 
tre est un bois qui va jusqu'au pied 
du Cap Tourmente, lequel est di- 
versifié de plusieurs sortes de bois, 
comme de chesnes, ormes, fresnes, 
bouleaux, noyers' pommiers sauva- 
ges et force lembruches de vignes' 
puis cèdres et sapins .;, le là eu de 
s<u est fort agréable où la chasse 
du gibier, en sa saison.; est fort 
abondante. 



456 — 




M. Pierre Hébert, Ex-directeur. 



Il y traça (juillet 162â) un petit 
fort pour protéger ses travailleurs.. 
"Sa figure est sel/on l'assise du lieu 
que je ménageai, avçc deux petits 
derny bastions bien flanqués et le 
reste c'est la montagne, n'y ayant 
que cet avenue du côté de la terre, 
qui est difficile à approcher avec 
le canon qu'il faut monter 18 à 20 
toises et hors de mine, à cause de 
la dureté du rocher, ne pouvant 
y faire de fossé qu'avec une extrê- 
me peine . . il> était fortifié de fas- 
cines, terre, gazons et bois, ainsi 
qu'autrefois n'avais vu pratiquer, 
qui étaient de très bonnes forte- 
resses ; attendant qu'un jour on 
le fit revêtir de pierre à ehanv et 
à sable qui n'y manquent point ; 



commandant sur l'habitation et sur 
le travers de la rivière." 

Il y bâtit encore une étable de 
60 pieds sur 20 de large et deux 
corps de logis, chacun de 18 pieds 
sur 15 en bois et en terre à la fan 
çon des villages de la Normandie. 
Champlain laissa à ce poste huit 
personnes avec un P. Récollet, pour 
y avoir soin des établissements de 
la côte et des sauvasses qui fré- 
quentaient ce lieu. Quelques an- 
nées après, (1628Y, tout fût brûlé 
et pillé pa>* un envové de "David 
Kertk" amiral anglais, resté à Ta- 
df>"ssa^.. avP" sa flotte. 

Fn 1632, lo Canada fut wncfu à 
la France, on plutôt 5 lq "Compa- 
gnie des Cent Associés", qui con- 



457 — 



céda (15 janvier 1636) la côte de 
.Beaupré avec les domaines, au 
"Sieur Cheffault de jba Kegnardiè- 
re'\ (Je dernier forma une société 
dans le but d'établir la côte, mais 
elle ne réussit pas et négligea en- 
tièrement la seigneurie. Mgr de 
Laval acheta toutes les parts les 
unes après les autres, ainsi que l'Ile 
d'Orléans^ qui était devenue la pro- 
priété de la même compagnie. Il 
commença dès lors à établir la 
"Grande Ferme", et dans le même 
temps qu'ili ouvrait à Québec le 
Petit ^Séminaire destiné à recruter 
le clergé,i il fondait au pied du Cap 
Tourmente une espèce de ferme 
modèle, où les jeunes gens qui pa- 
raissaient moins propres aux étu- 
des classiques, apprenaient à lire; 
à écrire et à chiffrer, tout en s'ap- 
pliqua nt aux travaux de la terre et 
à différents métiers. Le zélé prélat 
comprenait la salutaire influence 
que ne manqueraient pas d'exercer 
dans un nouveau pays, des pères 
de famille élevés dans la piété et! 
doués d'une certaine éducation. 

Mgr de Saint- Valier, son succes- 
seur.? voulut (16S5) donner plus de 
portée à cet établissement et, se- 
condé par 'lie "Marquis de Denon- 
ville", qui accorda 4,000 livres, il 
engagea le Séminaire à donner une 
éducation classique à 19 jeunes 
gens sur 31 qu'on y élevait. M. 
Louis Soumamde, chanoine de Qué- 
bec déjà chargé de desservir -lia cô- 
te depuis la Baie Saint-Paul jus- 
qu'au Château Ri cher, en eût la 
direction et fut assisté par Mon- 
sieur Denys, auquel on venait de 
donner la soutane. 

L'éablissement, détourné de sa 
destination primitive, ne répondit 
pas aux espérances qu'il avait 
d'abord fait concevoir. Aussi, Mgr 
de Laval étant revenu de France 



en 1688, après un séjour de quatre 
années, chercha-t-il à le remettre 
sur l'ancien pied. Il y rassembla 
un bon nombre de jeunes gens^ la 
plupart de la campagne, pour les 
appliquer comme autrefois à des 
travaux dans lesquels ils mon- 
traient une grande dextérité. Leurs 
jours s'écoulaient paisiblement, 
partagés entre le pieux exercices, 
quelques études assez courtes, et 
travaux des champs ou de diffé- 
rents métiers les plus nécessaires 
au pays. , 

Tout à coup le cri de la guerre 
vint retentir à leurs oreilles. Au 
mois de juin 1690 on annonça 
qu'une flotte anglaise était en 
route pour s'emparer du Canada. 
Jalouse de témoigner sa vigueur 
et son intrépidité, la jeunesse du 
Cap Tourmente sollicite avec ins- 
tance et obtient la permission de 
venir s'opposer aux ennemis delà 
patrie. Endurcis par les travaux, 
habitués à la chasse, ils aidèrent 
le brave Monsieur de Saint-Denis/ 
à empêcher les envahisseurs de 
débarquer sur les battures de 
Beauport, et, dans un engagement 
décisif, ils s'emparèrent de six 
canons, dont ils emportèrent deux, 
à Saint-Joachim, en laissant trois 
* n ?1 *y>, ^ ] n rlPr-niPr à M. de 
Sa i n t'-DenisO ''(octobre : li690n j 

Ilâtoqs-nous ld© /dire ique lies; 
écoliers de Québece ne voulurent 
pas rester en arrière de ceux) de 
Saint-Joachim et qu'ils se tinrent 
au poste où les appelaient l'hon- 
neur et la patrie. Moins heureux 
que leurs frères du Cap Tour- 
miente, oui n'eurent pas de bles- 
sés, ils perdirent un de leurs com- 
pagnons, qui mourut le 16 novem- 
bre des suites d'une blessure au 
bras en harcelant les Anodais, la 
veille de leur départ. Son nom 



458 




Vue générale du Cap-Tour mente et du Petit-Cap. 



était Pierre Maufiis, étudiant en 
philosophie, âge de 23 ans. 

Au mois de février suivant (1(301), 
Mgr de Laval se retira à St-Joachim 
pour s'y reposer des fatigues et des 
inquiétudes que lui avait causées cette 
guerre. Là, il suivait avec intérêt les 
travaux et les progrès de cette jeunes- 
se pour laquelle il faisait tant de sa- 
crifices. Il s'occupa durant son séjour 
de faire construire de nouveaux loge-' 
ments et des bâtiments en pierre, dont 
on peut encore aujourd'hui admirer la 
grandeur et l'étonnante solidité. 

Monsieur de la Poterie, qui visita le 
Canada vers 1700, donne la description 
suivante de cet établissement (Tom. 
I, page 212^ : "Le domaine est d? 
deux lieues, il consiste en prairies dp 
bois et a une lieue de terre laboura- 
bl. J'y ai vu un très beau château de 
ierre de taille, c'est-à-dire, de pierres 
c"assez grande dimension et fendues 
avec assez de soin pour n'avoir pas 
besoin d'être revêtues de mortier en 



dehors, de 150 pieds de long. quJ a 
coûté 70,000 livres à bâtir. La grange 
et les étables somt de la même gran- 
deur. Il parait une muraille de 600 
pieds de face sur deux d'épaisseur, 
qui n'est pas encore finie. On ne voit 
p "us que les fondements de cette mu- 
raille. Lp fermier actuel, Pierre For- 
tin, dit avoir appris de son père et de 
son grand'père qui avait été élevé sur 
cette ferme que ce mur avait été in- 
terrompu par ordre du roi de Franc? 
qui craignait qu'on ne voulut faire 
une forteresse de cette métairie. Cette 
tradition n'a d'autres fondement que 
la désapprobation des directeurs du 
Séminaire des Missionnaires des Mis- 
sions Etrangères de Paris qui jugèrent 
avec raison qu'une telle dépense était 
entièrement inutile. Tous ces bâtiments 
sont estimés à 50,000 écus (150.000 
francs). Les pâturages y sont admira- 
bles. On y compte 350 bêtes â cornes." 
Pour éterniser au pied du Cap Tour- 
mente, comme à Québec, le souvenir 




Liesse, où se trouvent la salle de récréation et le dortoir des éco- 
liers 



de sa éollicit-ude ta faveur de ia jeu- 
nesse canadienne, Mgr de Laval réso- 
lut de fonder (i pensions à St Joaehim. 
Lorsqu'il donna au Séminaire tous ses 
biens, en 1680. il s'était réservé le, 
pouvoir de porter de 8 à 10 les pen- 
sions qu'il avait d'abord fondées dans 
le Petit Séminaire de Québec. Il con- 
vint avec les directeurs que ces pen- 
sions seraient appliquées à des élèves 
£e iSt-Joachim, au nombre de 6, parce 
qu'on les traitait avec- moins de dé- 
pense. Ces enfants dit le contrat, (8 
juin 1G93) doivent être du pays, de 
bonnes moeurs, propres au travail : 
ils seront choisis par les supérieurs et 
directeurs, pour être nourris entrete- 
nus et instruits aux bonnes moeurs, 
à la piété, à lire, à écrire, et formés 
au travail ou à quelqu'un des métier* 
qui s'y exercent. jusqu'à ce qu'ils 
aient atteint l'âge de 18 ans, auquel 
ag-e ils somt capables de gagner leur 
vie. être pris A ^aere et n'être pins a 
charge (kl Séminaire. Le Séminaire 
devra en outr e nourrir et entretenir 
avec eux nno personne onmliV do los 
nourrir et instruire. . . il nura aussi 
la liberté de prendre des enfants pour 



élever au travail au lieu des étudiants 
(<?u Petit Séminaire de Québec), dans 
î-d même proportion de G pour 4. En 
tout cela, ne sera tenu de consulter 
que le Séminaire île Paris." 

Cet exemple trouva un imitateur 
danls M. Soumande, directeur de l'éta- 
blissement. Le 17 juin de la même 
année, ce zélé prêtée " avant considéré 
l'avantage et le bien spirituel et tem- 
porel que retirent les pauvres enfants 
de ce pays que le Séminaire de Qué- 
bec fait élever en sa terre du Cap 
Tourmente, tant par l'éducation, piété, 
instruction de lettres et bonnes 
moenirs qui leur y sont données, que 
par les travaux qu'ils y apprennent 
pour le bien de rétablissement " fon- 
da trois pensions à perpétuité aux 
mêmes conditions que Mgr de Laval. 

TI donna d'aborH 8 mille livres, aux- 
quelles il en ajouta 4,000 en 1695 à. 
la seule condition que tous les élèves 
du Cap Tourmente diraient chaque 
jour en commun le Petit Office de 
I'Imraa culée-Conception. 

En 1701, il donna encore 8,000 li- 
vres pour fonder un maître et enga- 
ger le Séminaire 'à faire •instruire les 



460 




M. Ernest Naleau, directe ur actuel du Petit Séminaire. 



trois élèves, fondés en 1693, dans un 
commencement d'humanités afin qu'ils ; 
devinssent propres à être maîtres d'é- 
cole. Voilà bien la " première Ecolo 
Normale du Canada ". Cette nouvelle 
fondation fut hypothéquée spéciale- 
ment sur les fonds du Petit-Pré. L'an- 
née suivante ayant considéré qu'il y 
avait dan's le pays encore plus besoin 
de prêtres que de maîtres, .et qu'il 
était très difficile d'en avoir de Fran- 
ce, il fut convenu, le 27 septembre 
1701. qu'ara lieu de trois enfants le 
Séminaire ne serait tenu d'en élever 
que deux qui seraient instruits et 
poussés aux études jusqu'à l'état ec- 
clésiastique exclusivement. 

Ce vertueux prêtre mourut le 19 
avril 1705 â l'Hôtel- Dieu. Des lettres 
d«i temps disent qu'il était un habile 



architecte que l'on consultait dans 
tout le pays. 

L'incendie du Séminaire de Québec 
en 1701, obligea' de réduire à 6 le nom- 
bre (des élèves de Salnt-Joaehim, parce 
que le Séminaire avait besoin de tou- 
tes ses ressources pour se relever. Dès 
que l'édifice eût été réparé. Mgr de 
Laval qui aimait un peu trop à bâ- 
tir, songea à jeter au Château-Richer 
les fondements de deux nouvelles mai- 
sons très vastes. L'rane était destinée 
aux Soeurs de la Congrégation et 
pouvait loger 40 pensionnaires. 

L'autre édifice nui de^aH ,llr " , n? 
avoir 150 pieds de long serait devenu 
le séjour des élèves du Cap Tourmen- 
te. Mgr de Laval pensait qu'ils y se- 
raient pins à portée de la ville et 
dans un endroit plus sain h cause dp 



— 461 — 




M. Cléophas Ga gnon, directeur. 



son élévation. L'ouvrage fut interrom- 
pu par ]e second Incendie du Séminai- 
re en 1705 ; et la mort de Mgr de 
Laval arrivé trois anis après, le fit 
abandonner pomr toujours. On en voit 
encore les fondations près de l'église 
du CMteau-Richer. 

Le pensionnat du Cap Tourmente, 
privé de l'appui de Mgr de Laval, ne fit 
que languir jusqu'en 1715. Le défaut 
£e maître et de moyens, la difficult. 
d*9 faire faire des études à certains 
élèves tandis que les autres appre- 
raient des métiers ou travaillaient à 
la terre forcèrent les directeurs à fer- 
mier. Tous ces enfants furent renvoyés 
à l'exception de quatre que l'on ju- 
geait propres â faires leurs études et 
avec l'avis du Séminaire de Paris se- 
lon les actes de fondation, les pen- 



sions furent transférées à Québec. 
Plusieurs faits consignés dans les an- 
nales du Petit Séminaire, prouvent 
que les pensionnaires de Québec al- 
laient passer leurs vacances à Saint* 
Joachim. Dominique Migeon, âgé de 
11 ans se noya devant le Chateau- 
Richer, en tombant de la barque qui 
conduisait les écoliers au Cap Tour- 
mente, pour les vacances ide (1692). En 
1705, lors de l'incendie du Séminaire, 
les élèves étaient à Saint-Joachim. 
Ils apprirent la nouvelle le lendemain 
matin qui était un vendredi. Le lundi 
suivant, ils partirent pour Québec où 
il 9t arrivèrent le mercredi soir. En 
1712. lorsque Monsieur Des Maiserets. 
supérieur, célébra sa cinquantième 
année de sacerdoce (29 septembre) 19 
séminaristes vinrent pour cette fête de 



462 — 




: 



M. Arthur Marchand, un des directeurs. 



Saint-Joachim où ils étalent en. va- 
cance, selon la coutume. 

Cet usage subsista jusqu'en 1759 
que la " Grande Ferme " fut pillée et 
brûlée par les Anglais au mois d'août. 
Monsieur Philippe-Réné Portneuf. 
alors curé de St-Joachim, ayant voulu 
opposer quelque résistance avec le's 
habitants qu'il avait assemblés, fut 
pris et tué le 23 de ce mois auprès 
du moulin de la paToisse. Od l'inhuma 
d'abord dans le champ teint de son 
Fang d'où quatre jours après, on le 
transporta dans l'église de S te- Anne, 
parce que celle de Saint-Joachim avait 
été brûlée avec les autres bâtiments 
de la ferme, près desquels elle était 
-située. 

De moulin fut réparé en 1760 ; mais 



la Ferme ne le fut que 13 ans plus 
tard : on ne rebâtit que les deux tiers 
de la maison et environ Je tiers de la 
grange. En 1768, les persionnaires al- 
lèrent au mois de juin faire une pro- 
nienade à St-Joachim. Le voyage dura 
cinq jours entiers d'après les " Anna- 
les du Petit Séminaire." 

En 1778, le /Séminaire puissamment 
aidé par Mgr Briand, qui peut en être 
regardé comme le plus grand bienfai- 
teur après Mgr de Laval, fit construi- 
re à grands frais le iChâteau-BeTlevne, 
destiné a servir Ce lieu de vacances 
aux élèves. Il est situé sur le Côteau- 
Fortin, autrement appelé le Petit-Cap, 
espèce d'île qtij s'élève au milieu de 
la plaine et couronné de beaux arbres 
qui en font un séjour délicieux. 



4(53 



Près du château s'élève une jolie 
chapelle sous l'invocation de Saint- 
Louis de Gonzague, Mgr Briand vou- 
lut la faire bâtir à ses frais. Pour en- 
gager les élèves du (Séminaire à imi- 
ter cet admirable modèle de Vx jeu- 
nesse chrétienne, ii accorda le privi- 
lège de célébrer la fête du saint pa- 
tron le 11 septembre. On préparait 
longtemps d'avance un beau feu de 
joie que l'on allumait iavec une gran- 
de solennité. 

Les élèves du Séminaire qui ont au- 
trefois passé leurs vacances à Saint- 
Joachim se rappellent avec plaisir les 
belles promenades, les repas champê- 
tres, les amusements de tout genre 
dont leur journée était remplie. Qui 
pourrait jamais oublier le " Pactole " 
au sable d'or; le "Cabaret" à l'eau 
fraîche et limpide qui descendent du 
fleuve occidental du Cap Tourmente : 
le " Petit Moulin " sur la " Friponne " 
où tant de fois les uns préparaient de 
délicieuses omelettes pendant que les 
autres péchaient les truites tachetées. 
" La Chapelle des Hirondelles ", sur 
le bord du fleuve, les " Sept Chutes " 
de la .rivière Sainte-Anne, étaient au- 
tant de points vetrs lesquels s-e diri- 
geaient chaque jcrtir des détachements 
qui sortaient joyeusement du château, 
comme les essaims d'une ruche. Les 
échos du soir répétaient les chants du 
retour. 

Mais rien n'égale le plaisir que pro- 
cure un voyage sur la Cime du Cap 
Tourmente. Dans un temps serein, on 
y jo»uit d'une vue magnifique, le Côte 
d uSud, depuis Kamouraska jusqu'au 
delà de Québec, s'y déroule aux yeux 
du .spectateur depuis l'Ile aux Cou- 
vres et les Pèlerins jusqu'à celle d'Or- 
léans qui semblent â peine surnages 
'au-dessus des ondes de notre beau 
fleuve. Du côté du nord on voit â ses 
pieds deux jolis petits lacs, autre pro- 
menade pour les amateurs de la truite 
oui y fourmillent. Au-delà, a.ussi loin 
que la vue s'étend, on aperçoit des 
montasrnes qui élèvent jusqu'aux nues 
leurs forêts séculaires. 



Ainsi chaque semaine, et j'oserais 
presque dire chaque jour, pouvait of- 
frir «un but à une nouvelle promenade. 
Que J'on ajoute à cela les amusements 
que l'on pouvait trouver auprès du 
château, les tours sans nombre dont 
la tradition conserve le souvenir, on 
laura peine à Imaginer ce que de tel- 
les vacances pouvaient offrir d'agré- 
ment. 

En 1821, la coutume d'envoyer les 
pensionnaires en vacance â Saint- Joa- 
ehim fut interrompre, on la rétablit 
en 1825 et 182(5. mais leur nombre 
toujours croissant ne permettait plus 
de les loger commodément et d'ail- 
leurs les traditions des anciens amu- 
sements étaient oubliées. Plusieurs re- 
grettaient, les douceurs du foyer pa- 
ternel et l'on ne crut pas devoir les 
en priver. 

Le Château-ÏBëllevue devint alors 
une triste solitude, on venait seule- 
ment un ou deux prêtres du Séminaire 

(pendant une partie des vacances.. 
L'herbe en envahit tous les alentours. 
Comme les vues désolées de Sion, les 
jolis sentiers que les élèves avaient 
pratiqués clans le bocage, pleurèrent 
sur leur délaissement et disparurent 
sous les broussailles et les feuilles. 

Vers 1840, un petit nombre d'élèves 
et d'ecclésiastiques, attirés par 1* 
beauté du lieu, se mirent en pension 
chez les habitants les plus voisins. In- 
sensiblement leur nombre augmenta 
ainsi que celui des prêtres ; les sen- 
tiers furent déblayés, la maison ré- 
parée, la chapelle reçut une nouvelle 
voûte et fut agrandie par la construc- 
tion d'une sacristie extérieure (1844). 
trois autels y furent placés pour ac- 
commoder les prêtres qui y veulent 
célébrer. Saint-.Toachim reprit une nou- 
velle vie et maintenant le bruit et L<\, 
l'oie des anciennes vacances y ont de 
l'écho. 

Le 21 juillet 1847, nous avons eu 
tous ensemble le plaisir de visiter ces 
lieux ; cette belle promenade s'est re- 
nouvelée cette année le 21 juin, et 
î P"Abe'lle" en a donné une description 



— 464 — 



qui serait inutile de répéter. Le sou- 
venir en (est d'ailleurs trop fortement 
imprimé dans notre esprit pour que 
nous puissions l'oublier jamais. Qu'il 
nous soit permis seulement de hâter 
par nos voeux le retour de ces jour- 
nées de bonheur. 

Un Français qui visitait Saint-Joa- 
riiim, après avoir admiré tout ee que 



la nature y offre de magnificence et 
de variété, demandait avec transport : 
" Est-ce donc ici qu'Adam et Eve 
'avaient été placés ? " 

En vérité, nous sommes tentés de 
répondre avec assurance : Oui. 

E. A. TASOHEREAU, 

(Son Em. le Cardinal Taschereau.) 







L'IION. JUGE ROUTHIElR, 
Auteur de "Québec et Lévi.s à l'aurore du XXe siècle." 




46 



iiiifîfifi'iiPf^' I1IF1P 




Inauguration de la chapelle du Séminaire de Québec, en 1753, par 

Mgr de Pontbriand. 



Lfeglise actuelle! du Sciniinaire 
de Québec, qui a été inaugurée le 
15 mars 1900, est bâtie sur le site 
de la vieille chapelle qui a été in- 
cendiée le 1er janvier 1888. après 
une existence de 128 a us, de 1750 
à 1888. 

La nouvelle église renferme dans 
ses murs neuf petites chapelles 
contenant chacune un autel. Je 
ne puis rien faire de mieux ici, que 
de citer la boita pa<?e de l'honora- 
ble juge "^outhier. dans son "Oné- 
bec et Lévis à l'aurore du XXe 



siècle", dans Laquelle il fait une 
très belle description de la nou- 
velle église. 

CHAPELLE DIT SEMINAIRE 

" On sait que l'ancienne chapelle 
du Séminaire a été détruite par un 
incendie en 1888. Elle n'avait rien 
de remarquable au point de vue 
architectural ; mais elle contenait 
des tableaux d^. grande valeur ar- 
tistique, que le feu a malheureu- 
sement consumés. 



4()G — 




PETIT SEMINAIRE AC TUEE DE QUEBEC. 



" La nouvelle chapedé est fort 
modeste a l extérieur ; muia les 
décoration intérieures en tout un 
des sanctuaires ks plus élégants 
et les Plus agréâmes a 1 oeil que 
Ion puisse voir, t&i le style, elle 
est entièrement romaine ; mais la 
matière première employée dans la 
décoration constitue une îrmova- 

1( " En effet , tous les revêtements 
des murs, des voûtes, des pilastres 
des colonnes, ainsi que les moulu- 
res et les sculptures, sont en zmo 
bosselé et peint. Les autels seuls, 
au nombre de dix. sont en mar- 
bre ' et les boiseries qui recouvrent 
les murs jusqu'à la hauteur des 
fenêtres, sont en cerisier rouge. 
Le balustre est en cuivre doré et 
marbre blanc. . 

" Elle est partagée en trois nets 
sans transept ; et le choeur., for- 
mant un rond-point, est un peu 
élevé et beaucoup moins large que 
les nefs. 

" Un jubé presque entièrement 
occupé par un grand et bel orgue, 
et deux galeries latérales sont em- 
portées par des arcs à plein cintre 



ei par des piliers massifs qui sé- 
parent la grande ml des petites. 

" Au-dessus des galeries est all- 
ouée la colonnade qui soutient les- 
voûtes à caissuiis richement déco- 
rés. Toutes le s colonnes sont de 
même sty.â, avec des chapiteaux 
tiès fouillés, qui naturellement 
n'ont pas la perfection de la véri- 
table sculpture. 

" Certains connaisseurs préten- 
dent que les petites colonnes au- 
dessus des galeries n'ont pas de 
raison d'être, et sont des hors- 
doeuvre ; mais on soutient,, d'au- 
tre part, ou Vies étaient nécessai- 
res pour la régularité des arcs à 
pleins cintre et pour donner plus 
de relief aux petites voûtes. 

" La balustrade du jubé et clés 
galeries paraîtrait t^ou massive 
sans les décorations. Mais elle est 
si richement décorée et si brillam- 
ment peinte, qu'elle est très élê- 
gante et semble légère. 

" I> principale richesse de eeHè 
cbanelle. consista clans sa belle .; 
collection de relitm^a et dans ses 
rlix a^Ms. oui sont tous >em mar- 
bre. Le maître-autel dédié à il a 



— 467 




Mgr Joseph-Calixte Marquis, dona teur de la précieuse collection des 
saintes reliques à J'eglise du Séminaire. 



^^^^.^>^^^^♦^i^^^♦^^^^iH^'^<K•^>^^^^^^^<^^i^^»^i^♦^ '^ -fr » > »* - j '0^4» 



Sainte Famille, .est monumental et 
de belles proportions. Il remplit 
bien le chevet du sanctuaire ; et 
au-dessus de ses jolies colonnettes 
et de ses panneaux en marbre de 
couleur, il porte un groupe super- 
be en stuc, représentant la Sainte 
Famille. Les autres autels rangés 
dans les nefs latérales- sont dédiés 
au Sacré-Coeur, à Sainte-Anne, à 
saint François de Saies, à saint 
Antoine de Fadoue, à saint Char- 
les Borrom'ée, à saint Thomas 
d'Aquin à saint Louis de Gonzague, 
30 



à saint Jean-Baptiste et aux saints 
Anges. 

" La décoration sculpturale et la 
peinture de la nef sont tout ce? 
qu'il y a de plus brillant et de plus 
conforme au goût moderne. Il est 
impossible de ne pas admirer la 
fraîcheur du coloris et le mélange 
harmonieux des carnations et des 
ers. 

" Les piliers sont imités en ma- 
lachite, et les colonnes en marbre 
de 'Sienne ou en albâtre oriental. 

"Au moyen âge, on voulait que 



468 




Intérieur et le maître-autel de l'église du Séminaire, inaugurée le 
15 mars 1900, et M. l'abbé Roussel, qui a fait finir 1 intérieur 
de la nouvelle église à ses frais. 






469 — 




EGLISE DU SEMINAIRE DE QUEBEC 



fl 'orgue). 



le temple inspirât la tristesse et le 
intiment de la misère humaine. 
Mais le goût moderne demande 
des ^églises pleines de lumières, et 
01 nées comme des palais. On veut 
que le chrétien qui entre dans la 
raaiscn de Dieu s'y plaise, que ses 
yeux soient charmés, que les effets 
dart. les jeux de lumière et de 
couleur ] e réjouissent, et qu'il s'v 
trouve heureux. 



" Le temple protestant a wrardé 
le caractère austère du moyen ïgt 

étincellfS lc .\ tem ^ catholique 

dorures d G *l Steaux > d * neurs. de 

crures. de décors et de lumière 

Le premier inspire plutôt Ja^£2£ 

lt£^ 



_ 470 




M. S.-ALFRED LOKTIE, 

Prêtre agrégé. 



naire. Eille rappelle ni le Sinaiù ni 
le Calvaire, mais le Thabor, et l'on 
y est tenté de s'écrier comme 
Pierre : " Dressons-y des tentes". 
Comme la cathédrale., elle est peu- 
plée de saints personnages. 

"Les vitraux coloriés n'ont pas de 
clarté douteuse. Ils ont tous des tons 
chauds, animés, radieux. Le soleil 
entre en triomphateur par la ro- 
sace du uortail. qui remrésente une 
sainte Cécile jouant l'orgue d'un 
air inspiré. Dans les verrières du 
choeur, rayonnent les figures vi- 
vantes de saint Thomas d'Aquin. 
de saint Charles Eorroméeide saint 



uupusta Jjes six autres vitraux, 
reau. 

deux représentent de Sacré-Coeur 
de Jésus et, Sainte- A nue avec lai 
Vierge Jùarie enfant, et les quatre 
autres reproduisent les armes du 
Séminaire et de l'Université,, celles 
de Léon Xlll et d'Alexandre VII, 
bous le pontificat duquel le Sémi- 
naire fut, fondée et celles de Mgr 
de Laval et du cardinal Tasche- 

" Le rond-point de l'abside est 
destine à recevoir plus tard une 
grande peinture qui représentera 
l'apothéose de M&r de Laval ; et 
deux grands tableaux ornent les 
murs du choeur : l'Immaculée Con- 
ception, qui est l'oeuvre d'un [pein- 
tre italien contemporain ; et l'ad- 
mirablei saint Jérôme de Philippe 
de Champagne. 

" De nombreuses lampes électri- 
ques répandent leur éclat et leurs 
rayons coloriés sur tous les détails 
de sculpture eit de peinture, de ma- 
nière à leur donner plus de relief 
et de perspective. 

" L'inauguration de cette cha- 
pelle a été faite île 15 mars 1900, 
avec une grande solennité, au mi- 
lieu d'un immense concours d'évê- 
ques, de prêtres et de laïques, la 
plupart anciens élèves du Sémi- 
naire." 

Comme je ne veux pas briser 
l'ordre chronologique que j'ai suivi 
jusqu'ici dans mon travail, je ne 
parlerai mr*> runs tard dp la cha- 
pelle du pensionnat de l'Université 
La^al. ai^si mio d p « ^h^nelles d^s 
mai^o-1-..Q /1p Rt-Mir»hel pt de Xai- 
7°irpfs comprises dans la banlieue 
d? Québec- 



— 471 — 




R. P. Jean de Brébeuf, S. J., fon- 
dateur 'de la mission Huronne, 

en 1626. 

, t 

CHAPITRE XX 

LA CHAPELLE D'EOORCE DE 
LA TRIBU HUROKNE 

Située sur la route du Vallon, 
en la côte Saint-Michel, d'après 
l'opinion de M. l'abbé Scott. Eri- 
gée par le R. P. Pierre-Joseph- 
Marie Chaumonot. Jésuite, en 
1668. .Cette route Idu Vallon tra- 
verse la paroisse Ste-Foye à quel- 
ques arpents à l'est de l'église. La 
Kermesse de 1893. a publié sur la 
tribu Huronne, une étude faite 
nar M. l'abbé Pierre- Jacques Bé- 
dard. Dans cette étu'd'e, il nous fait 
l'historique de la cb^nelle d'écoree, 
^ p la mission de Notre-Dame de 
Eoye et d^ "Notre-Dame de Loret- 
te, aue voici : 

NOTRE-DAME DE LOREfTTE 
CPrès Québec) 

u Le Père Pierre-Joseph-Marie 
Chaumonot, jésuite, l'un des plus 



M. Pierre-Jacques Bédard, auteur 
de cette étulde. Né 'à Beauport, 
le 17 novembre 1803 .fils de Char- 
les Bédard et de Madeleine Bail- 
lar^eon ; ordonné à Québecje 29 
janvier 1844 ; vicaire à l'Islet ; 

1845, à St-Joseph de Lévis ; 

1846, missionnaire de Kingsey ; 
1850, curé de St-Raymond ; 
1866. missionnaire de l'Assomp- 
tion des Illinois, où il décèle le 
25 décembre 1876. H fut inhumé 
le 11 janvier 1877 à St-Raymond, 
comté de Portneuf. 

saints missionnaires qui aient ar- 
rosé le Canada de leurs sueur3, di- 
rigeait depuis onze ans la mission 
des Hurons, lorsque cette nation 
fut détruite par les Iroquois. Ce 
missionnaire zélé se hâta d'assem- 
bler les restes dispersés 'de ses néo- 
phytes, et suivant l'ordre de ses su- 
périeurs, descendit avec eux à Qué- 
bec, et les conduisit à l'Ile d'Or- 
léans, sur les terres nue les Jésui- 
tes y possédaient. Les Troeucis. 
qui semblaient avoir juré de boire 



472 




Chapelle du Bourg-Royal, en 1666, dite Notre-Dame des Neiges, si- 
tuée à une lieue du Fort de Que bec, d'après la Relation du R. P. 

Chaumonot, S. J. 



le sang du dernier Huron, vinrent 
surprendre dans sa retraite la pe- 
tite congrégation du Père Chau- 
monot et en firent un horrible car- 
nage. Alors le Père était chez les 
Onnontagues comme ambassadeur 
missionnaire. Ceux des Hurons qui 
échappèrent à la hache des Iro- 
quois ne trouvèrent de salut que 
sous la protection du canon du 
fort de Québec, au pied duquel ils 
vinrent se réfugier. 

Quelque temps après, les Iro- 
quois ayant fait leur paix avec la 
colonie, les Hurons furent trans- 
portés à Beauport, encore sur les 
terres des Jésuites, appelées No- 
tre-Dame des Neiges, c'est-à-dire 
au Bourg-Royal. Mais il n'y de- 
meurèrent pas longtemps. Le Père 
Chaumonot, qui était chargé d'en 
prendre soin, les conduisit à trois 
ouarts de lieues de Quében, vers 
l'ouest, en un lieu appelé alors la 
côte de St-Michel. On y donna aux 
sauvages un assez vaste terrain, 
pour ou'ils pussent vivre commo- 
dément. 

La chanelle qu'on y érige * n'é- 
tait nu'nne pauvre cabane d'écor- 
ow. Mai.s les hautes vertus du P. 
Chaumonot et la ferveur de sa 



congrégation de sauvages étaient 
revenues célèbres en Europe, sur- 
tout en France. Pour récompenser 
et tout à la fois pour affermir la 
foi de ces nouveaux chrétiens, le 
P. Vérencourt, jésuite, envoya 
d'Europe au P. Chaumonot, une 
statue de la sainte Vierge, faite du 
bois même du chêne où l'on avait 
trouvé la miraculeuse Notre-Dame- 
de Poi, près Dinan. Alors le P. 
Chaumonot forma le dessein de 
bâtir une chapelle sous le même 
nom de N.-D. de Foi. Ce qu'il exé- 
cuta en moins d'un an en 1668. 
Cette chapelle fut construite en 
bois. La statue de la sainte y fut 
installée avec pompe. Ce lieu de- 
vint, bientôt l'objet d'une grande 
vénération, par les marques visi- 
bles de la protection de la mère 
de Dieu envers un grand nombre 
de ceux qui le visitèrent. La re- 
connaissance des fidèles envers leur 
protectrice fournit bientôt les 
moyens d'achever et d'orner cette 
chapelle. Si la statue de N.-D. de 
Foi existe encore, on devrait la 
conserver dans une niche, ou dans 
un étui." 

Le P. Chaumonot et ses bons 
Hurons crurent devoir témoigner 



— 473 



Sf*. 




Attaque des Iroquois de la Réduc tion huronne, sur l'Ile d'Orléans, 

1657. 



en 



au P. Vérencourt leur reconnais- 
sance pour le don de cette JST.-D. 
de Foi, Pour cela, ils firent un col- 
lier de porcelaine blanche sur le- 
quel étaient écrites en perles noi- 
res ces paroles : " Beata quae cre- 
didisti". Le P. Vérencourt fut prié 
de présenter, de la part des Hu- 
rons, ce collier à la véritable ~No- 
tre-Dame-de-Foi, dont ils avaient 
le bonheur de posséder l'image en 
bois. Ce collier et quelques autres 
ouvrages de piété,f aits par les ïïu- 
rons, furent portés à K-D. de Foi 
processionnellement et comme en 
triomphe, sur un char magnifique 
traîné par quatre chevaux, soute- 
nus par deux hommes vêtus de 
peaux d'ours pour représenter la 



nation huronne. On fit à cette cé- 
rémonie un sermon de circonstan- 
ce en l'honneur de la sainte Vierge, 
dans lequel on loua beaucoup la 
ferveur de la nouvelle église du Ca- 
nada. 

La piété de ces fervents néophy- 
tes et de leur saint missionnaire 
et leur reconnaissance envers la 
sainte Vierge, ne se bornèrent 
point à ce seul 'don. Le P. Chau- 
monot avait toujours conservé un 
tendre souvenir de îsTotre-Dame de 
Lor^tte où il avait été guéri mi- 
raculeusement, daus sa jeunesse» 
d'une gale des plus dégoûtantes 
ou 'il pvait à la tête. Il fit donc en- 
cor û faire à sps chers sauvages un 
collier de porcelaine blanche, por- 



— 474 




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475 — 



tant, écrits en porcelaine noire ces 
mots : " Ave, Maria, gratia ple- 
na.' Le Père jésuite, pénitencier 
des Français, auquel ce collier fut 
adressé, pour être présenté à N.- 
D. de Lorette, le fit enchâsser 
dans un cadre doré, avec une ins- 
cription, qui marquait que la na- 
tion huronne, nouvellement con- 
vertie à la foi, offrait ce présent 
à la mère de Dieu. Les chanoines 
et tous les officiers de la sainte 
maison de Lorette rçurent ce pe- 
tit ca'deau avec beaucoup d'estime 
et de respect, et le déposèrent dans 
la saint maison, selon le voeu des 
néophytes. 

Un siècle et demi après, Mgr 
Octave-Joseph Plessis. évoque de 
Québec, d'heureuse mémoire, dans 
son voyage à Rome, visitant par 
piété ~N. D. de Lorette, fut étonné 
de trouver, attaché à la muraille de 
la sainte maison, cet ex-voto du 
'Canada. Les gardiens de la maison 
lui demandèrent pourquoi il avait 
été offert. L'illustre nrélat, qui 
n'avait -point vu les relations de ce 
fait, ne put satisfaire la Trieuse 
curiosité 'de ses interrogateurs. 

Comme il n'y avait ni date, ni 
procès-verbal de ce don, on supo- 
sa qu'il avait été envoyé pendant 
quelque temps d'épidémie ou de 
guerres désastreuses, comme l'ex- 
pliqua le savant évèque, en rappor- 
tant quelques traits de l'histoire 
des premiers temps du pays. On ne 
supposa pas que ce présent était 
l'effet de la piété et de la recon- 
naissance ides sauvages envers leur 
bonne mère. La reconnaissance 
pure est une vertu si rare au sein 
de la civilisation qu'or a de la 
peine à la concevoir dans le coeur 
d'un sauvage. 

iSix ans après la fondation de 
N. B. de Foi, des circonstances 
heureuses fournirent au P. Chau- 
monot l'occasion d'accomplir une 



résolution qu'il avait prise avant 
son départ d'Europe pour le Ca- 
nada ; c'était de bâtir dans la 
Nouvelle-France une maison à la 
sainte Vierge, sur le modèle de la 
maison transportée miraculeuse- 
ment de Nazareth en Italie, de do- 
ter le Canada d'une nouvelle Lo- 
rette. Les terres de la côte de St- 
Michel ne suffisant pas aux besoins 
des sauvages, il fallut songer à les 
transporter ailleurs. Eux-mêmes se 
choisirent un terrain dans la sei- 
gneurie des Jésuites appelée alors 
Saint-Gabriel, à trois lieues de 
Québec, vers le nord-ouest. Le P. 
Chaumonot, toujours chargé de 
leurs soins spirituels, malgré son 
âgé avancé, comme un bon père, 
voulut les y accompagner. Rendus 
à leur nouvel établissement, la pre- 
mière pensée de ces chrétiens fut 
d'ériger une maison de prière. Le 
P. Chaumonot demanda que cette 
chapelle fut appelée N. D. de Lo- 
rette. Il en écrivit à son supé- 
rieur et à l'Evêque de Québec, al- 
léguant beaucoup de raisons, qui 
toutes respirent une tendre piété 
et une dévotion surhumainement 
éclairée envers la sainte Vierge." 

" Sa demande fut reçue partout 
avec enthousiasme et réveilla dans 
tous les coeurs la piété et la foi la 
plus vive. On résolut donc unani- 
mement de bâtir dans la JSTouvelle- 
France une nouvelle Lorette, et de 
construire cette bâtisse en briques; 
ce qui était alors très coûteux. La 
Compagnie de Jésus se chargea 
des dépenses principales. Beaucoup 
de personnes voulurent y contri- 
buer : chacun apporta son aumô- 
ne selon son moyen. Le P. Chau- 
monot avait déjà reçu pour cette 
oeuvre la somme de cinquante écus 
d'u-ne dame romaine à laquelle il 
avait communiqué son dessein 
avant son départ de "Rome nour 
les missions du Oanada. "M. de la 
Chenaye, pour sa part, fit présent 



— 476 — 




La Chapelle d'écorce de la Tribu Huronne, érigée sur la route du 
Vallon, à Ste-Foye, en 1668, par le Père Chaumonot. 



•de 2 grandes lampes d'argent, l'une 
D. de Lorette, avec un parement 
complet. La mère de la Nativité, 
supérieure des Religieuses hospi- 
talières de Québec, donna aussi 
cinouante écus. Un M. Basire four- 
nit la même somme, et .sa femme 
fit présent d'un superbe ornement. 

Elle en avait déjà donné un de 
même valeur à N". j D.-de-Foi. Le 
Marquis de DenonTille. alors gou- 
verneur du Canada, M. de Cham- 
pigny. intendant, avec leurs fem- 
mes firent aussi des présents di- 
gnes de leur rang et d<°. leur piété. 
On montra tant de /èl^ mie eette 
bâti^^ commencée à In Saîrit-J^an. 
en 16^74-. fut ouverte et bénit le 4 
novembre c\& lq m^me °nné rv . 

A cette bénédiction il y eut un 
enrand concours tIp Français et de 
Sauvages de différentes nations. 
Oe oui attira ce concours extraor- 
dinaire, ce fut la statue de la 
sainte Vierge ou'on y installa, et 
cru on v v£-nère encore, dette sta- 
tue vievt directement de la Lorette 
de, l'Italie, et est faite sur le mo- 
dèle de celle qu'on honore dans la 
saintp maison. 

" Elle fut envoyée au P. Ghau- 



monot par le P. Poncet, qui était 
venu avec lui en Canada, et qui 
était retournée en Europe. Le P. 
Poncet connaissait la tendre piété 
du P. Chaumonot pour N.-D. de 
Lorette. Dans un voyage en Italie, 
où il l'avait rencontré pour la pre- 
mière fois, il avait fait avec lui 
un pèlerinage à Lorette, et avait 
été témoin de sa promesse de bâtir 
une Lorette au Canada. 

" Pour l'installation 'de cette sta- 
tue dans la nouvelle maison de 
Lorette,. on fut la chercher en pro- 
cession, à un quart de lieue de dis- 
tance. La foule se pressait partout 
sur son passage ; tous voulaignt la 
voir et la contempler, et se pros- 
ternaient comme pour recevoir sa 
bénédiction. Jamais on ne vit par- 
mi le peuple une plus grande dé- 
monstration de foi, de piété et de 
confiance en la mère de Miséricor- 
de. On s'attendait à quelque mira- 
cle, tant la foi était vive. 

" Lorette devint bientôt un lieu 
célèbre. De toute part on y venait 
en nèlerinaicre. Les malades s'y ren- 
daient ou sV faisaient apporter de 
fort Ioîti. Des r-nérisons extraordi- 
naires de maladies jugées ïncura- 



477 



blés ranimèrent la foi et la con- 
nance aes ndeies. Les relations de 
ce temps sont remplies de traits 
de la protection visible et de l'as- 
sistance de la Mère de Dieu." 

" Le P. Poucet avait aussi en- 
voyé au P. Cliaumonot une coiffe 
ou un bonnet de taffetas blanc, qui 
fut mise sur la tête de la statue 
de Lorette, de l'Italie, et aussi une 
écuelle 'de faïence, semblable à cel- 
le que l'on trouva dans la sainte 
maison quand on en défit le pla- 
fond, et que l'on croit pieusement 
avoir servi à la sainte famille. On 
fit toucher l'écuelle du Canada à 
celle de Lorette, que l'on nomme 
ordinairement l'écuelle de l'En- 
fant Jésus. De plus le P. Poucet 
avait envoyé de petits pains bénits 
pétris dans l'écuelle de Lorette. 
Tous ces objets furent reçus par 
le P. Chaumonot et ses néophy- 
tes avec une vénération égale à 
leur foi qui retraçait si bien celle 
de la primitive église. II faut ajou- 
ter, sous peine de scandaliser les 
esprits forts de notre temps, que 
ces objets, tout matériels qu'ils 
étaient excitaient une foi si vive 
parmi nos frères et les sauvages, 
nue Dïpu leur accordât la vertu de 
faire c d^ miracles, commp autre- 
fois ^ l'oTnbrp dp Saint-Pierre, pt 
aux line^s oni avaient mw fois 
touché le corps de Saint-Paul, 
etp. " 

" Le P. Chaumonot à l'imitation 
des Chanoines de Lorette, faisait 
pétrir par les religieuses de Qué- 
bec des petits pains dans l'écuelle 
envoyée de Lorette, et après les 
avoir bénits, les distribuaient aux 
personnes qui en demandaient. 
Plusieurs malades furent guéris 
par l'usage de ce pain, nous dit le 
bon Père Chaumonot. Pourquoi en 
douter ? Aujourd'hui ces prodises 
sont rares ou plutôt presque in- 
connus, parce que les temps sent 
changés. La foi vive des premiers 



uiireuenâ qui transportait les 
.^^Lua^nés aài presque éteinte, et 
^auLueiiemeixt aes mnacies ont ces- 
se. Une philosophie toute humai- 
ne s eltorce <ue remplacer partout 
L enseignement chrétien et malheu- 
reusement avec trop de succès. 
Cette philosophie erronée a huma- 
nisé faction de Lieu et divinisé 
l'action de l'homme ; elle a mis 
l'homme à la place de Lieu dsns 
l'opinion, et placé par conséquent 
la confiance en Lieu et ses saints. 

" Son premier cri de douleur 
est l'invocation de l'homme et de 
son secours avant l'assistance de 
Dieu. Elle veut expliquer humai- 
nement les faits les plus prodi- 
gieux et les plus providentiels, en 
faisant usage d'une vaine science 
de la nature. Plus incrédule que 
les magiciens de Pharaon, elle met 
à la torture toutes les sciences 
exactes, l'art de la médecine, le 
magnétisme dans toutes ses extra- 
vagances, et emploie les arguments 
les plus astucieux pour voir en 
tout le doigt de l'homme et ne ja- 
mais reconnaître lei doist du Tout^ 
puissant, de la sagesse impénétrable 
de Dieu. Alors Dieu se ^retire, 
abandonne l'homme à lui-même et 
à son action propre c'est-à-dire à 
ïa faiblesse et à une longueur incu- 
r-oHe. Car sans la Providence de 
Dieu sans cesse agissante dans l'o- 
pinion ou la foi des peuples comme 
en réalité, 1* société languit néces- 
sairement. La foi en Vactîon di- 
v j-n,û pu toute chose est l'âme de la 
sopî^té. 

C'est un fait avéré, attesté par 
les témoignages les plus authenti- 
ques de l'histoire que la maison de 
Lorette, en Italie, est ïa véritable 
maison 'de Nazareth, que ïa sainte 
famille a habité presoue toute la 
vie de Jésus^Christ. Cette maison 
a été transnortée Par une main în- 
tt'oi'IVjo fla- "M"q Z p-r.pth , PT1 Dalrnatie et 
plus tard de Dalmatïe en Italie, 



478 




INDIENS DES EN VIRONS DE QUEBEC. 



distance de plus 'de mille lieues de 
Nazareth. Un fait qui n'a jamais 
été authentique, et qui ne repose 
malheureusement que. sur les tradi- 
tions orales des sauvages de Lo- 
rette et des habitants d'alentours, 
attribuerait à la statue de notre 
Lorette un prodige semblable à ce- 
lui arrivé à la sainte maison de 
Nazareth. On dit alors que les sau- 
vasses, obligés d'abandonner Lo- 
rette pour se retirer au lieu qu'ils 
haibitent encore à >St-Ambroise, 
enroortèrent avec eux la statue de 
leur bonne mèr,e : mais le lende- 
main matin, ils furent tout éton- 
née de ne plus retrouver au milieu 
d'eux leur sqî^te ^ro+pctricei "Os 
crurent que les habitants le Lo- 



rette étaient venus furtivement la 
nuit leur enlever cet objet de leur 
affection. Sans perdre de temps, 
lis reviennent à Lorette, repren- 
nent la statue qui se retrouvait à 
sa place ordinaire, et la rapportent 
chez eux. Les "précautions les plus 
sévères furent prises pour prévenir 
un second enlèvement de cette 
statue. Dieu se sert toujours de la^ 
prudence humaine pour la confon- 
dre et faire briller les secrets de sa 
sugesse. Le lendemain encore, à 
la grande surprise des sauvages, la 
st»tiv» étiit disparue. Dans leur 
simplicité naiVe, ces bons chré- 
tiens dons le cœur n'était pas cor- 
rompu p?r l'esprit de la civilisa- 
tion moderne, reconnurent dans ce 



— 479 




R. P. Et.-Thomas Girault de Ville- 
neuve, dernier missionnaire Jé- 
suite de la mission de la Jeune 
Lorette. Il décéda à Québec le 
8 octobre 1794. 



fait le doigt le, Dieu. Cependant, 
pour s'assurer si l'image de leur 
mère était vraiment retournée à 
son sanctuaire ordinaire, ils s'en 
vont à Lorette et retrouvent en 
effet sur son autel cette image vé- 
nérable de la mère de Dieu, .'-des 
larmes de joie coulèrent de tous les 
yeux ; chacun s'empreesa d'aller 
saluer cette image one la sainte 
Vierge affectionnait d'une manière 
si particulière. Son sanctuaire fut 
entouré de la nlus profonde véné- 
ration ; le souvenir s'en est trans- 
mis d'âge en âge, et encore rien 
maintenant ne serait plus sensible 
Q ux bons habitants de Lorette que 
Ta perte d^ la statue de leur m^re 
et la destruction de son sanctuaire. 
Ce fait est donné pour ce que vaut 
"ne tradition populaire. La Piété 
Te croira sans TVeîue, mais l'incré- 
dulité et l'impiété y trouveront 
sans doute beau champ à rire. 

" On attribua l'enlèvement mi- 
raculeuse de la maison de Naza- 



reth à la perte de la foi, dans ce 
pays, berceau du christianisme, et 
a ia démoralisation qui s'en suivit. 
fc>i ion compare la moralité du 
reste des Hurons avec la ferveur 
ue leurs pères et du P. Ohaumo- 
not, ou comprendra facilement 
pourquoi la bainte- Vierge donna 
tant de préférence à son sanc- 
tuaire de Lorette. 

"Il est à regretter qu'à Lorette, 
tout en conservant un sanctuaire 
particulier à la Sainte Vierge, on 
n'ait pas aussi gardé les tonnes 
primitives de la fondation. Ces 
changements sont dûs sans doute 
à l'oubli des traditions. La cha- 
pelle bâtie par de P. Chaumonot a 
été renouvelée deux fois et chaque 
fois on y a fait quelques change 
ments dans la forme ; de sorte 
qu'elle n'est plus l'image de la vé- 
ritable Lorette. La chapelle ac- 
tuelle, comme la dernière, qu'on a 
démolie, est flanquée au long-pan 
de l'église, du côté du nord. On 
communique à l'intérieur par l'in- 
térieur même de l'église,, par une 
grande porte qui est ordinaire- 
ment fermée. Elle est richement 
décorée, et avec un goût qui fait, 
honneur au décorateur et à celui 
qui a fait faire les ouvrages. Sa 
propreté, son élégance, sa riche 
collection de peintures d'un bon 
goût, et même la régularité de ses 
dimensions, tout lui donne un air 
de grandeur qui commande le res- 
pect et la dévotion. C'est une vé- 
ritable chapelle catholique. On n'y 
regrette que le souvenir de Naza- 
reth. Ce qui est beaucoup pour un 
coeur catholique. Car le vrai chré- 
tien ne vit que de souvenirs. Le 
passé et l'avenir, voilà sa devise. 
Il ne considère jamais que comme 
un point entre deux abîmes pro- 
fonds, comme l'éternité, dans les- 
quels il plonge son esprit par les 
souvenirs religieux. L'a lampe d'ar- 
gent donnée par M de la Chenaye, 



— 480 — 




Joseph Paquet, premier prêtre sé- 
culier de la mission huronne de 
la Jeune Lorette, en 1794. Il fut 
aussi le premier curé de la pa- 
roisse. Et depuis cette date, c'a 
toujours été le curé de la pa- 
roisse qui est chargé de la mis- 
sion huronne de Lorette. 



a été remplacée, on ne sait en quel 
temps, par quatre lampes de bois 
argenté, travaillées avec assez 
d'art. De plus, la statue de Lorette 
n'est pas dans cette chapelle, elle 
est dans le portail de l'église. Celle 
nu'on y voit, bien que postérieure 
à la première, a cependant l'air 
antique, et appartient à un autre 
âge. Quoique vénérable en elle- 
même, elle n'est pas dans le goût 
de l'art ; car au lieu de vêtements 
ciselés, elle a une large draperie 
de soie brodée d'or, avec une su- 
perbe frange d'argent. L'enfant 
qu'elle porte dans ses bras, est pa- 
reillement vêtu dp soie brodée. 
L'un et l'autre portent des couron- 
nes de fleurs. Leurs figures sont 



belles et commandent le respect et 
la piété." 

La statue envoyée de Lorette, et 
que l'on remarque dans le portail 
de l'église, a une hauteur assez con- 
sidérable, paraît artistement tra- 
vaillée. On y reconnaît facilement 
le burin d'Italie. La pose est élé- 
gante et grave ; son attitude est 
bien celle de la Vierge-mère iet de 
la mère de miséricorde. Elle peut 
avoir trois pieds de hauteur. Elle 
n'est point accompagnée de son 
enfant. Elle fut placée au portail 
de leglise, probablement lorsque 
l'on renouvela la première chapelle. 
Ce qui est certain, c'est qu'elle y 
<Hait quand on a démoli l'ancienne 
église, en 1838. Quand on la des- 
cendit de si niche, elle était toute 
criblée par les injures du temps ; 
o? oui prouve qu'elle y était depuis 
de langues années.- 

" Les habitants de Lorette tien- 
nent à avoir sous leurs yeux cette 
statue de la .mère de Dieu. Cette 
piété est bien louable ; mais il 
semble que l'on devrait soustraire 
cet objet do leur piété et de celle 
de tous les fidèles catholiques, aux 
injures du temps, qui finira par la 
détruire complètement." 

" On pourrait placer cette statue 
dans un endroit encore plus res- 
pectable, et plus digne d'elle par 
les souvenirs qui s'y rattachent. 
Mise dans une niche élégante, elle 
ne déparerait pas leur jolie cha- 
pelle dédiée à la bonne mère qu'elle 
représente. On pourrait en faire 
tirer une copie par un de nos meil- 
leurs statuaires, pour la mettre à 
la place de cet original précieux. 
Pour perpétuer le souvenir des 
traditions, on devrait mettre dans 
la niche de la véritable statue de 
Lorette, une plaque de cuivre. s"r 
laquelle sera gravée en peu de 
mots l'histoire de son origine, 
telle que : 



481 — . 



Envoyée de la 

sainte maison de Lorette 

par le Père Poncet 

au Père Chaumonot 

en Canada 

1674 

Copie véritable de Notre-Dame de 
Lorette 

" Une bien petite aumône de la 
part des lidèles serait suffisante 
pour faire cette pieuse améliora- 
tion. 

"Les autres objets envoyés par 
le P. Poncet ne se trouvent plus 
à Lorette depuis bien longtemps, et 
semblent perdus. La piété des fidè- 
les doit sans doute, regretter beau- 
coup la perte de l'écueille,, image 
de celle de l'enfant Jésus. Avec 
un peu de zèle cette perte serait 
facilement réparée. Le modèle 
existe encore en grande vénération 
en Ttalip." 

1 Le Père Chaumonot pour ne 
pas laisser décroître l'ardeur de 
la foi et de la piété de ses néo- 
phytes, et pour les exciter encore 
davantage, voulut avec eux faire 
un troisième petit présent à la 
Sainte-Vierge. Il leur fit faire en- 
core un collier de porcelaine 
blanche semblable aux deux an- 
tres, excepté que l'écrite au do celui- 
ci portait ces naroles : "virgini 
r>ariturae" et le fit présenter à 
~N.-T>. de Chartres On conservait 
alors dans cette ville, avec 1 une 
grande vénération une statue delà 
Sainte-Vierge dont l'origine d'une 
haute antiouité était donnée com- 
me miraculeuse, selon îeg écrits et 
Ips témoignages des temps anciens. 
Elle venait des anciens "Druides. 
Cette statue avait pour titre des 
mêmes paroles : "virgini paritu- 
rae". Le présent de nos pieux sau- 
^ocrpç< fnt fr^ bien reçu à Chartres. 
Toute la ville en fut émue de joie. 




Eglise de Lorette, en Italie, où se 
trouve la maison de la sainte 
Vierge, qui fut tranpsortée par 

les. Anges. 

En reconnaissance, les chanoines 
de cette ville associèrent la mission 
huronne de Lorette à leur corps, 
en rendant les sauvages partici- 
pants de toutes les prières, messes 
et dévotions qui se pratiquaient 
dans leur église. Ils dressèrent un 
acte authentique de cette associa- 
tion, écrivirent aux sauvages, à ce 
sujet, une longue lettre, digne de 
ce corps vénérable et conforme à la 
piété des néophytes hurons." 

' Ils leur firent un riche présent 
d'un reliquaire d'argent magnifi- 
quement travaillé ayant la forme 
de la chemise de M-D. que l'on 
garde précieusement à Chartres, et 
représentant d'un côté le mystère 
de l'Incarnation, et de l'autre l'i- 
mage de la Sainte- Vierge tenant 
son fils telle que celle de Chartres. 
Ils remplirent ce reliquaire des os 
de plusieurs saints, dont ils avaient 
les chasses. Avant d'envoyer en 
Canada ce reliquaire, ils le dépo- 
sèrent sur la sainte chasse, pen- 
dant neuf jours." 



— 482 — 




M. Antoine Bédard, curé de la 
Jeune Lorette, de 1805 à 1317 
et de 1818 à 1824. 



" Durant tout ce temps ils fi- 
rent une neuvaine et des prières 
extraordinaires pour la mission 
huronne. Ce reliquaire doit se trou- 
ver à la chapelle de Lorette ou 
chez les sauvages de St-Ambroise." 

"Le P. Chaumonot fut aussi 
l'instituteur de- la société de la 
Sainte-Famille en Canada où elle 
a pris son origine. Dans la ferveur 
de sa piété envers la mère de Dieu, 
il y avait déjà quatorze ans que 
ce bon religieux adressait au ciel 
des prières continuelles, pour que 
la divine Marie eut sur la terre 
beaucoup d'enfants spirituels et 
adoptifs pour la consoler des dou- 
leurs que lui avait causées la mort 
de son Fils Jésus. Ce sont ses pro- 
pres paroles. Comme il était à 
Montréal pour y exercer le saint 
ministère, Madame d^Ailleboiust, 
épouse du gouverneur de ce nom. 
plus illustre encore par sa piété 
que par son rang, le pria de trou- 
ver devant Dieu, en implorant sa 
divine miséricorde, quelque moyen 



puissant et efficace pour reformer 
les familles chrétiennes sur le mo- 
dèle de la sainte Famille du verbe 
incarné, en instituant une société 
ou confrérie, où l'on fut instruit 
de la manière dont on pourrait 
dans le monde même imiter Jésus, 
Marie et Joseph." 

" Cette pensée enflamma le coeur 
du P. Chaumonot, ce véritable 
apôtre de Jésus-Christ. Uni jour 
qu'il épanchait amoureusement son 
coeur aux pieds de la Sainte-Vier- 
ge, en méditant,, comme en extase, 
les douleurs que cette bonne mère 
du verbe avait éprouvées à la mort 
de ce divin fils, et qu'il était pé- 
nétré et touché, jusqu'à verser des 
larmes en abondance, il se sentit 
comme inspiré. H lui sembla en- 
tendre distinctement des paroles 
de consolation et d'espérance. 
Après cette oraison qu'il avait 
prolongée plusieurs heures, selon 
sa coutume, le P. Chaumonot, en 
feuilletant un livre de piété, trou- 
va une dévotion pratiquée en 
France par quelques personnes dé- 
votes à la sainte Famille, qui à 
l'honneur des trente années que 
Jésus, Marie et Joseph avait pas- 
sées ensemble, portaient un cordon, 
qui avait trente noeuds, chaque 
noeud avait trois tours, pour mar- 
quer combien pendant tout ce 
temps ces trois personnes admira- 
bles avaient été unies de pensées, 
de sentiments et d'affection. Là-dés- 
sus le bon P. toujours mû par une 
pensée divine, résolut d'établir 
cette pratique à Montréal. Il en 
parla, avec cette persuasion qui ne 
vient que du ciel,, au curé de cette 
ville, qui approuva hautement son 
projet et lui permit de prêcher, 
dès le dimanche suivant, cette dé- 
votion, qui promettait tant de 
fruits. Le père prêcha avec cette 
éloquence persuasive que donne le 
zèle pour la gloire de Dieu et le 



— 483 




F -lise de la Jeune Lorette ou Mission huronne dans laquelle se trou- 
ve un fac simile de la Santa Ca sa, ou maison de la sainte Vierge. 



salut des âmes ; il expliqua clai- 
rement les obligations que l'on 
contractait en prenant le cordon 
de la sainte Famille, savoir "une 
exacte vigilance sur toutes ses ac- 
tions, afin que toutes fussent faites 
en vue d'imiter la sainte Famille 
pour l'édification des fidèles 1 . Le 
peuple goûta fort bien cette dévo- 
tion,, et plusieurs personnes de 
différentes conditions prirent le 
cordon bénit.'' 

" Mais ce n'était là que le coup 

d'essai. Le P. Chaunnonot, médi- 

31 i : ' i ; ) i I ; f 



tant toujours sur les moyens de 
rendre la dévotion à la sainte Fa- 
mille plus efficace et implorant 
sans cesse les lumières de l'Esprit 
saint, toujours par l'entremise de 
Marie, épouse de cet esprit divin 
conçut un autre dessein plus con- 
forme aux besoins spirituels des 
familles ; ce fut d'ériger une asso- 
ciation sous le titre et en l'hon- 
neur de la sainte Famille, et de 
s'y proposer la sanctification des 
familles chrétiennes, sur le mo- 
dèle de celle du verbe incarné, les 



484 




Mgr Thomas Cooke, curé *d!e la Jeune Lorette, de 1824 à 1835. 



hommes devant imiter saint Jo- 
seph, les femmes la sainte Vierge, 
et les enfants, Jésus. Son, direc- 
teur, auquel il découvrit son des- 
sein, l'y confirma par son appro- 
bation/' 

" Mais pour donner à cette pieu- 
se association toutes les formali- 
tés que la religion exige, il fallait 
avoir l'approbation de l'autorité 
ecclésiastique, de l'évêque du Ca- 
nada, et obtenir de Rome les in>- 



dulgeuces. Pour que cette oeuvre 
vint purement du ciel, et pour en 
éloigner toutes les ardeurs et tou- 
tes les cabales d'un faux zèle, le 
P. Chaumonot proposa au curé de 
Montréal, à Madame d'Ailleboust, 
à la mère Supérieure de l'hôpital 
et à la soeur Marguerite, supé- 
rieure de la Congrégation, ue re- 
commander une si grande entre- 
prise à saint Ignace, en faisant 
pour son heureux succès, avec les 



— 485 




M. Ls-T. Fortier, 8e curé de la 
Jeune Lorette, de 1835 à 1844. 



communautés religieuses, uneneu- 
vaine à ce digne fondateur de la 
Compagnie de Jésus. A cet tfet, 
il composa., à l'invocation du saint, 
une prière, dans laquelle, sans le 
savoir, il peignit toute la candeur 
de sa belle âme, sa profonde hu- 
milité, son zèle ardent pour la 
gloire de Dieu et le salut des âmes, 
et sa confiance amoureuse en Dieu 
et ses saints." 

"L'affaire réussit «*■" orrS "« ^e* 
désirs. IVIais cet humble religieux 
ne manqua pas d'en attribuer toute 
la gloire au grand saint Ignace. 
En effet après au°lques traverses 
et queloues oppositions ordinaires 
et fiommp nécessaires aux oeuvres 
de Dieu. 1a Pèrp fut rannelé à Qué- 
bec, où Mgr T'a val. avant do don- 
ner son anprobation à cAtte nou- 
vp^lo dpvotî^"" voulut au faire co-m- 
»""« un essai. TI antnrîsa donc Ta P. 
Chaumonot à assprnnlA-r do rminrp 
''ours pr» mii^zp "ÎAn-rq un bon nom- 
r>Te de d OTr <ps phoîsîpq «n^r*""! Ips 

""einwPS f^éVA+pq p+ o-vPmYVcnr°c! A a 
la v""° Tl""" £ A ~^ n^-"ic»pq don? ppffo 
roiivollo <5r>f»*"t^ TTttR^^ p-u-m-if -pp- 

POTl'Hll n"A Vo"cn/ȕo + *A-r> 'mlcrac* Qr\-n<3 

ïe nom et pu ITio-nup-nr de Ta sainte 



Famille produirait parmi les per- 
sonnes du sexe le même bien que 
les congrégations en l'honneur de 
la sainte Vierge produisent parmi 
les hommes et les jeunes gens, 
l'Evêque lui donna son approba- 
tion par écrit, en l'année 1G64 ou 
environ. Ensuite il fit écrire à 
Rome pour demander des indul- 
gences partielles et plénières pour 
les personnes de la société de la 
sainte Famille. L'année suivante les 
Bulles du Pape, accordant ces in- 
dulgences, furent expédiées à la 
sollicitation du Père Claude Bou- 
cher, assistant, de France. Depuis 
oo temps, la société de la sainte 
Famille a toujours existé à Qué- 
bec. Un autel fut dédié à la sainte 
Famille da^s une des chapelles de 
l'église cathédrale : "Rome a per- 
mis une fête particulière à ce pavs 
en l'honneur de la sainte Famille. 
et approuvé un office propre pour 
:, e bréviaire et le missel. La société 
de la sainte F°milh a été établie 
aussi dan« quelques paroisses de 
la campasse eu petit nombre. (\) 

P. J. BEDARD. Prêtre. 



Cl) Note de la Direction. Les 
missionnaires jésuites qui desser- 
vaient les Hurons lorsque ceux-ci 
firent leur entrée à Québec, en 
1650, furent les Pères Paul Ra- 
gueneau, supérieur de la mission, 
Ohaumont Poucet. Claude Pijart, 
LeMercier, Chastellain,, Daran, 
Bonin et Greslon. Le 28 juillet, dit 
le journal des Jésuites, arriva le 
supérieur des Hurons avec toute 
sa bande." 

II — On a fait dorer, {] v a quel- 
ques années, la belle statue en 
marbre d'Italie dont il est question 
dnns la notice qui précède, et qui 
est -neore nWée dans la niche du 
r>nr*9il da l'église de Notre-Dame 
de Lorette. 



— 486 — 







^-:.0 




M. François Boucher, curé de St- 
Ambroise, avec la desserte du 
Village des Hurons, de 1844 à 
1880. Né à Saint-François de la 
Beauce, le 12 mars 1803,, fils de 
Pierre Boucher et de Catherine 
Perras ; ordonné le 16 août 1829, 
à la Rivière-Bouge, où il s'était 
rendu, n'étant encore que mino- 
ré ; missionnaire des sauvages de 
ce territoire jusqu'en 1833, qu'il 
devint curé de l'Ange-Gardien, 
côte de Beaupré; desservant en 
même temps les postes du roi, la 
seigneurie de Mingan et Chicou- 
timi jusqu'en 1844 ; décédé le 4 
décembre 1880. 



Comme conclusion à l'étude de 
M. Bédard, nous extrayons des Re- 
lations dos Jésuites, au sujet des 
aurons du Canada, les notes sui- 
vantes : 



Les Hurons ont été évangelisés 
d'abord par les Récollets ; de 1620 
à 1794 par le : -: Jésuites, puis par 
les prêtres séculiers ou les curés 
de Saint-Ambroise de la jeune Lo- 
rette. 

Avant 1650. la tribu huronne 
avait ses missions, l'une appelée 
îa mission St-Joseph, l'autre, St- 
Ignace, sur les bords id'u Lac Hu- 
ron. En 1648, les Iroquois massa- 
crèrent les Hurons de la Mission 
St-Joseph, où 700 périrent, y com- 
pris le Père Daniel, S. J., leur 
missionnaire, oui fut massacré au 
pied même de l'autel. Ils massacrè- 
rent aussi, le 16 mars 1649 l'autre 
Mission, où près de quatre cents 
Hurons périrent, ainsi que les Pè- 
r°" Jean de Brébeuf et Gabriel 
Lallemant, qui moururent victimes 
d'un affreux martvre. 

En 1650, le Père Paul Rague- 
neau, iS. J., ramena les débris de 
la tribu à Québec et campèrent 
près de l'Hôtel-Dieu. En 1651, le 
Père Chaumonot les conduisit à 
111e d'Orléans. En 1660, ils revin- 
rent se fixer auprès du fort Saint- 
Louis à Québec. Six ans après, en 
1666, ils se déplacèrent de nouveau 
Dour aller s'établir à Beauport, ou 
Notre-Dame des Neiges (Bourg- 
itoyal). Deux ans après, en 1668, 
ils vont à Ste-Foye. En 1673, ils 
émigrèrent à l'Ancienne Lorette, et 
enfin, en 1694, ils se fixèrent défi- 
nitivement à la Jeune Lorette, où 
leurs descendants vivent encore au- 
jourd'hui. 

Il sera peut-être intéressant pour 
plusieurs de savoir de quelle ma- 
nière vivent aujourd'hui à Lorette, 
°es descendants d'une tribu autre- 
fois nuisante 1 ^t célèbre dans nos 
Minales historiques ] 



— 487 




Intérieur de la chapelle huron ne de la Jeune Lorette, 



(Rapport de M. 1~ oine-O. Bas- 
tien, agent des sau\ iges de Lo- 
rette, à L'honorable surintendant 
général des affaires des sauvages 
du Canada.) 

Sionsieur, 

$'ai l'honneur de vous présenter 
moL. rapport annuel au sujet de 



Il trum des ïïurons et des autres 
sauvais établis dans mon agence, 
avec iu i\levé statistique, pour 
l'exercice chaire le 30 juin dernier 
(1901.) 

Réserve. — 7-a tribu des Hurons a 
encore trois /«-'serves : (l) la ré- 
serve du village de Lorette, conte- 
nant 30 acres ; (2) la réserve des 
" Quarante-iArpe^ts ", contenant 



488 




Les martyres de la Nouvelle-Fran ce, des Pères Jean de Brébeuf et 
de Gabriel Lallemant, en 1649. Le Père Lallemant fut attaqué 
lorsqu'il était après baiser les plaies glorieuses du Père de Bré- 
beuf. <i 'i l 



489 




M. ANTOINE BASTIEN, 

(8a8endarolen0* agent des sauvages 
et huron lui-même. 



1,322, et ^3) la réserve de Rocment, 
dans le comté de ^ortneuf, dont 
la superficie est de i5 milles car- 
rés, ou 9,600 acies. il. Atkinson 
s'est fait concéder, conjne par le 
passé, le droit de couper du pin 
«t de l'épinette blanche sur la réH 
serve de Kocmont d'après un ar- 
rangement spécial avec le départe- 
ment." 

Population. — Depuis mon der- 
nier rapport la population a aug- 
menté lae 5, ce qui porte le nom* 
bre total des sauvages à 454." 

Il n'y a pas eu de changement 
dans la population des Amalécites 
de Saint-Pierre de Charlesbourg, 
comté de Québec. Ces sauvages vi- 
vent au jour le jour ; ils font un 
r>etit commerce d'objets de fantai- 
sie qui leur rapporte peu de cho- 
se." 

H en est de même des Abénakis 
de ce comté, qui vivent mieux, ce- 



pendant, que les Amalécites, et 
donnent plus d'attention à l'agri- 
culture. Le décès du vieux Père 
Philipne, idu groupe Abénakis de 
Saint-Urbain, survenu dans le 
cours de l'aimée, a réduit la po- 
pulation à 15. Ces sauvages vivent 
misérablement et sont quelquefois 
dans la détresse ; le département 
vient à leur aide de temps à au- 
tre. 

La population totale de mon 
agence est de 512. 

•Occupations. — La fabrication 
(des mocassins a complètement ces- 
sé cette année. Celle des raquettes, 
par contre, a été un peu plus forte 
que d'habitude. Par suite du. 'man- 
que d'ouvrage de ce côté, la plu- 
part des sauvages se sont procuré 
de l'emploi dans les travaux consi- 
dérables qui se font dans les envi- 
rons de Québec, et ont ainsi échap- 
pé à la misère qui les menaçait 
l'année dernière. Ces travaux, qui 
promettent de durer quelques an- 
nées, assurent un moyen d'existen- 
ce à plusieurs familles. 

La culture a aussi été négligée, 
autant, sinon plus que dans ces 
dernières années. Tant que les 
sauvagles ne prendront pas plus 
d'intérêt aux terres qu'ils peuvent 
cultiver, l'agriculture restera sta- 
gnante et ils ne feront pas de pro- 
grès. 

Les articles de fantaisie sauva- 
ges ne regagnent que lentement la 
position qu'ils occupaient autre- 
fois. La raison en est que le marché 
est encombré de ces articles, et 
tant que cet encombrement durera 
le revenu que l'on tirera de cette 
source sera de très peu de chose. 

La chasse et la pêche sont beau- 
coup plus dans le goût et l'aptitu- 
de du Huron, malgré le peu de 
profit quelles rapportent. Les res- 
trictions imposées par le gouverne- 
ment de Québec laissent encore ce 
moyen de subsistance en suspens, 



490 — 







■S 



'^m*am 



M. Guillaume, Giroux, curé et des- 
servant actuel des Hurons. Né 
à Charlesbourg le 23 mai 1845, 
fils de Henri Giroux et Thérèse 
Roy dit Auidy ; ordonné le 20 
février 1870 à St-Hyacinthe, vi- 
caire à St-Ambroise, puis curé 
de la même paroisse, après la 
mort de M. Boucher. 



et rien n'indique qu'elles doivent 
bientôt être levées. 

Santé et hygiène. — L'a condition 
sanitaire est très bonne et la pro- 
preté générale du village assure la 
stabilité à cet égard. 

Enseignement. — Il me fait plai- 



sir de pouvoir signaler un progrès 
surprenant en cette matière d'inté- 
rêt vital pour la tribu. Depuis que 
les bonnes Soeurs ont pris la direc- 
tion de l'école, une vivo émulation 
s'est manifestée parmi lt» élèvps. 
qui apportent maintenant plus d'at- 
tention à leurs études. Je puis dire 
sans exagération, eue ces ^Hsh-pti- 
ses méritent bien le nom d'institu- 
trices modèles. Elles font un bon 
usasre du jardin attenant à l'école 
et donnent un bel exemple d'écono- 
mie domestique, oui sera sans dou- 
te suivi par ulu"ieur.<5 familles. 

Religion — L'abbé Guillaume Gi- 
ïonx. ou'une maladie sérieuse me- 
naçait d'enlever à la tribu, e.^t as- 
s n z bie-n maintenant pour s'occu- 
per des ir)t^r s +« s^ir^^ol^ dp<= sau- 
vages, ^i remplit les devoirs de son 

inî-'ctp-vp nvpo z^lo et dovnnPmont. 

Tempérant pt rnor^ite. — Tp s 

sauvages d? cette peuplade, sous le 
rapport de la moralité soutiennent 
avantageusement la comparaison 
avec les habitants des paroisses 
environnantes. Il v a san*? doute 
quelqnos abus. — c'est inévitable. — 
mais ils sont de courte durée et 
ne «ont r, °s suivis de désordres. 

François Groslouis Sassenio a 
succédé pn-inmo p'Tand chef au re- 
p-rpttp P^ilinne Vincent. Choisi à 
l'unanimité -n^r la t"nbu le nou- 
veau gra-^'d chef est doué dp tontes 
1n< onqli|p«. one doit nossé^pr le 
titulaire de cette charge impor- 
tante. 

J'ai etc.. 

Antoine O. Bastien, 
Agent des sauvages. 
Jeune Lorette, le 30 août 1901. 



401 




François viroslouis, chef actuel des Hurons de Lorette. 



— 492 — 




M. Prosper Vincent,premier prêtre 
de la Jeune Dorette, le 7 août 
né le 2 octobre 1870 à Québec ; 
de Saint-Gabriel de Valeartier ; 
1878, à St-Ambroise ; 1884, à 
à Mont Saint-Patrick ; 1902, à 
que M. Vincent est le seul Indien 
le* ordres sacrés. 



Huron, né au village des Hurons 
1842 fils de Paul Vincent ; ordon- 
1871, vicaire à Sillery ; 1874, curé 
1875, vicaire au Cap St-Ignace ; 
l'Ile des Allumettes. Pontiac ; 1891,, 
Saint-Jean Deschaillons. Je pense 
qui a eu le bonheur d'entrer dans 



— 498 - 




Baptême, d-8 Garacontie, chef Iro quois. Il fut baptisé avec gTande 
solennité, dans la Cathédrale de Québec, en 1669, par Mgr de 
Lia val. 



La maison de la Sainte Famille à Nazareth 



Jacqupg de Vitry, chanoine ré- 
sulter du XIII siècle, cé'èbr.j ain -\ 
les grandeurs de Nazareth : 

" Dans cette heureuse cité de- 
meurait la Vierge après son ma- 
riage avec saint Joseph. C'est là 
qu'elle reçut de l'ange la nouvelle 
de note rédemption. O sainte et 
aimable cité ! combien tu e® chère 
à Dieu et aux hommes ! C'est en toi 
que le Verbe s'est fait chair que 



la Fleur, dont le parfum n'a point 
d'égal, s'est éclose dans le sein 
d'une Vierge. Aussi, est-ce avec 
raison que ton nom s'interprète 
"n>eur" dans la langue des Livres 
Saints Tu l'emportes sur toutes 
les* autres cités par un privilège 
unique et incomparable : c'est en 
toi que le Seigneur a commencé 
l'oeuvre de notre Rédemption, c'est 
en toi qu'il a grandi c'est en toi 



NOTRE-DAME DE LCRETTE 

TRANSLATION l>K LA MAISON i -E LA SAINTE VIERGE 

Fêté le 10 décembre 




-La maison ri la IS.unre Vierge transportée par les anges 
L'intérieur de l . Sainte maison.— La Vierge de Lorette. 



4^5 - 



qui! a vouin être nourri, "être 
suiuiiLs a sco parents ; , lui, à quji 
le x'ere céleste ava^t soumis tout 
ce qui est sur la terre et dans les 

" assurément, s'il est un lieu béni 
et veuèraDie entre tous' sur cette 
ttrre, cest bien cette humble niai- 
se, de Ja hanite Vierge à Laza- 
re in, où lange Gabriel est venu 
lui annoncer qu'elle serait la Mère 
cte lJreu, tout en restant Vierge 
par j'ai te. C'est là que la Heine des 
Anges a prié et travaillé ; c'est là 
que Jésus a passé pius de vingt ans 
dans l'humilité, le travail et l'obs- 
curité ; cest là que la Sainte Fa- 
r> in a fait l'admiration des an- 
ges pendant longtemps ; c'est là, 
sans doute au ; si. que saint Joseph, 
sa mission terminée, s'endormit du 
dernier sommeil dans les bras de 
Jésu ;! et de Marie. 

L^rUlS LES APOTRES JUS- 
QU'AUX OBOISADES 

u Après la Pentecôte, les apôtres 
eéLbivront les {Saints ivLysterus uaiio 
Ce tue maison bénie,, et leurs' ciisci- 
pits ne cessèrent pas d'entourer 
uc leur vciiciatxon ce sanctuaire si 
cher à leur piété. 

"AuIYe siècle, sainte Hélène et 
l'empereur Constantin enfrmèrent 
la îainte maison dans une vaste et 
Le.ie basilique où des milliers de 
pèlerins vinrent prier durant plu- 
sieurs siècles. Parmi eux nous ci- 
terons ' 4 aint Jéiôme et sainte Pau- 
le. 

" De la fin du Vile siècle, à la fin 
du Xle, la Palestine gémit sous le 
joug des Sarrasins. A certaines 
époques, ce joug fut très' dur. La 
Basilique de Nazareth fut dévastée 
et pillée ; mais la "Sainte Maison" 
ne fut pas renversée. 

"Enfin, nos braves aïeux se levè- 
rent à la voix du. Pape, et on sait 



avec quelle foi :11s partirent par 
milliers, pour aller délivrer le 
Saint-Sépulcre, Jérusalem et les 
lieux Saints. Après des périls et 
des efïortis inouïs'., les guerriers de 
Ja croisade s'er iparèrenv- de la Ville 
Sainte l'an 1098, et \. -oclamèrent 
roi Godefroy de Bouillon leur chef. 
La Galilée fut donnée en princi- 
pauté au vaillant Tancrède, qui fit 
restaurer la basilique de Nazareth 
et releva les fortifications de la 
ville. La Sainte Maison revit les 
heureux jours' de Constantin et de 
sainte Hélène ; les pèlerins H'Oc- 
cident s'y pressaient avec émotion, 
bénissant Dieu qui nous a donné un 
Sauveur, par la Vierge Marie. 

" Malheureusement, le royaume 
chrétien de Jérusalem, sans cesse 
attaqué par les Turcs, finit par 
succomber dans la seconda moitié 
du siècle suivant. L'an 1263, les 
musulmans renversèrent la basili- 
lique de Nazareth. Cette nouvelle 
causa une grande douleur dans 
toute la chrétienté. Le pape Ur- 
bain IV, voulant engager saint 
Louis à organiser une nouvelle 
croisade, lui signalait ce nouveau 
crime des infidèles 

" Ceux-ci, toutefois, ne détruisi- 
rent pas la "Sainte Maison" de la 
Vierge, à cause du profit qu'ils en 
retiraient, -en faisant payer aux 
pèlerins le droit de la visiter. 

" Le roi saint Louis, rendu à la 
liberté, à la suite de sa glorieuse 
captivité en Egypte, v|int en pèle- 
rinage à Nazareth. Du plus loin 
qu'il aperçut la cité de Marie, il 
descendit de cheval et, se proster- 
nant à terre, il adora Dieu. Le len- 
demain, il fit chanter aussi solen- 
nellement que possible, la messe, 
dans la Sainte Maison cù le Verbe 
s'est f'^'t phn'r •' + il v assista avec 
une admirable dévotion. 

" Mais le saint roi n'avait pas l'es 



496 



armées nécessaires pour délivrer la 
Palestine. 

" Les pèlerinages aux Lieux Saints 
devinrent de plus en nlus difficiles. 

" C'est alors que Dieu dans sa 
bonxé pour les fidèle* et pour la 
glc<ÏTe de Marie, ordonna à ses An- 
ges de transférer la Sainte Maison 
en pays chrétien. Cette maison 
était attenante n une crotte, aussi 
cette grotte re-te le plus précieux 
sanctuaire de Nazareth. 

^KKJtLfciKE TRANSLATION 

" Le matin du 19 mai 1291, quel- 
ques bûcherons des bords de l'A- 
driatique furent extrêmement sur- 
pris de trouver à Rauniza, sur 
une colline boisée, un petit édifice 
d'origine inconnue, dans un lieu 
où ni la veille, ni auparavant, il 
n'y avait une maison ou cabane. 
Rauniza. est situé dans la Dalma- 
tie, entre les villes de Tersatz et 
de Fi urne. 

"L'édifice nouveau était une mo- 
deste maison bâtie en pierres rou- 
geâtres et carrées, et pesée sans 
fondements sur un sol où, hier en- 
core, paissaient des troupeaux. Sur 
le toit se dressait un petit clo- 
cher, avec deux cloches. 

" En pénétrant dans cette mysté- 
rieuse demeure, les paysans dal- 
m°tes virent qu'elle avait servi de 
chapelle. En face de la porte d'en- 
trée se dressait un petit autel de 
pierre, adossé à la muraille ; il 
était surmonté d'unec doix orien- 
tale portant l'image de Jésus cru- 
cifié, peinte sur une toile collée au 
boig. 

"Près de l'autel, était une netite 
armoire renfermant d'humbles et 
pauvres ustensiles de ménage. A 
gauche, ou voyait une csnèoe de 
fnv-^r on rh^nninpp, ; an-dp.ssns, une 
ni"hp ortistînue et nrécituse, con- 
tenait une fort belle statue de la 



Sainte Vierge, debout et portant 
le divin Enfant Jésus dans ses 
bras. 

" La statue était en bois de cèdre, 
et de grandeur naturelle. Le front 
couronné de perles et le reste du 
visage étaient un peu noircis par 
la fumée des .cierges. La Vierge 
était vêtue d'une robe de laine de 
couleur rouge, qui se conserve en- 
core aujaurd'hui. 

" A droite de l'autel s'ouvrait l'é- 
troite et unique fenêtre. Sur les 
murs, des peintures représentaient 
les mystères de Nazareth et divers 
ornements. Le plafond était de 
bois, peint en couleur d'azur, divi- 
sé en plusieurs compartiments et 
par ; emé d'étoi r es dorées. 

"A la voix des bûcherons, la foule 
accourut nombreuse à Rauniza. 
Tout le monde s'interrogeait, mais 
nul ne pouvait fournir aucun ren - 
geignement. 

" Or, en ce moment, Alexandre, 
évêque de Tersatz, était gravement 
malade. Il apprit dans son ilt l'é- 
vénement de Rauniza, et pendant 
les longues insomnies de la nuit 
suivante, il prioit et se désolait de 
ne pouvoir aller au lieu de l'ap- 
parition. Soudain, le ciel s'ouvre à 
ses yeux, la Vierge Très Sainte se 
montre à lui, environnée d'anges : 
" Mon fils lui dit-elle, tu m'as an- 
pelé ; me voici pour te secourir 
et Rapprendre en même temps ce 
que tu désires si vivement savoir, 
Sache donc que la demeure, appor- 
tée récemment sur ce territoire, 
est ma maison de Nazareth ; c'est 
là nue s'e s t écoulée ma première 
enfance, c'est là oue j'ai reçu de 
l'archange Gabriel l'annonce de 
ma virginale et divine Maternité. 
c'est là quie le "Verbe .s'est fait 
chair !" Cette maison aimée 'du 
ciel et vénérée iusqu'ici par les 
vrnîç chrétiens, Dieu a voulu là 
soustraire aux profanations •dlets 






497 



-infidèles et a ordonna à ses anges 
de la porter en ce pays. Et pour 
que tu sois à la fois témoin et 
prédicateur de ce prodigieux évé- 
nement, la santé t'est rendue." 

" A ces mots, la vision disparaît. 
I/évêque se lève, plein de santé, et 
accourt à E-auniza. D'une voix 
émue, il annonce à la foule 1« 
miracle dont il vient d'être l'objet. 
et fait connaître le trésor que le 
ciel envoie à Dalmatie. 

" L'enthousiasme du peuple est 
immense. On envoie immédiate- 
ment des messagers au gouverneur 
cfle la province. Nicolas Frangi- 
pane, descendant d'une famille ro- 
maine. Il était absent et avait 
quitté la Dalmatie pour suivre 
dans une guerre, l'empereur Rodol- 
phe de Habsbourg. Dès qu'il ap- 
prend la nouvplle. il demande aus- 
sitôt la permission de quitter l'ar- 
mée et vient en personne à Tersatz. 
Sans se laisser entraîner par un 
premier enthousiasme, il prend 
les plus minutieuses informations* 
sur l'événement. . 

" Alors, il choisit, parmi les nota- 
bles du pays, trois hommqs sages 
et prudents, et les charge d'aller à 
.Nazareth, avec l'évêque Alexandre, 
afin d'y prendre tous les rensei- 
gnements capables d'éclairer son 
jugement. 

" A Nazareth, les délégués appri- 
rent que la Sainte Maison avait, 
en effet, disparu la nuit même du 
10 mai ; les fondations restaient 
encore en place : c'étaient les mê- 
mes pierres le même gère de ma- 
çonnerie, les mesures concordaient 
parfaitement pour la longueur et 
la largeur. Après 1 avoir rédigé son 
rapport par écrit, la Commission 
revint en Dalmatie le remettre à 
Frangipane, et en affirma la vérité 
sous la foi du serment, 

"Dès lors, la Sainte Maison de- 
vint le rendez-vous de nombreux 
pèlerinages. 



NOUVELLES TRANSLATIONS 

" La joie des Dalmates ne devait 
durer que trois ans et sept mois. 
" Le matin du 11 décembre 1294, 
les pèlerins constatèrent, avec des 
yeux pleins de larmes, que leur 
cher trésor avait disparu. Us fu- 
rent assez longtemps sans en avoir 
âe nouvelles. 

" Or, ce même jour, de l'autre côt« 
de l'Adriatique, au territoire de 
Récanati, en Italie, des bergers et 
des paysans aperçurent les* pre- 
miers la maison miraculeuse dans 
un bois de lauriers. (De là le nom 
de Lorette ; d'autres tirent ce 
nom de celui d'une dame appelée 
Laurette et qui aurait été proprié- 
taire de ce terrain.) 

" Paul délia Selva, auteur du 
temps, écrivant au roi de Napleis, 
affirme qu'on vit arrver la Sainte 
Maison traversant les airs, bril- 
lante de lumière. Toujours est-il 
que les populations s'empressèrent 
bientôt d'accourir au précieux 
sanctuaire. Mais le démon ne dort 
pas et les hommes abusent de tout : 
des brigand® s'embusquèrent dans 
les bois voisins pour dévaliser les 
pèlerins. On n'osa plus venir. 

"Huit mois après son arrivée, la 
Sainte Maison quitta la colline 
profanée, et fut retrouvée' à un 
mille plus loin sur une colline dé- 
couverte, appartenant aux frères 
Etienne et Siméon de Antiquis. 
Les pèlerinages recommencent. Les 
pieux visiteurs se montrent géné- 
reux en offrandes. Les deux pro- 
priétaires, espérant trouver là une 
source intarissable de richesses, de- 
viennent envieux l'un de l'autre, à 
tel point que l'un d'eux, nouveau, 
Caïn, médite l'assassinat de son 
frère. 

" Mais, avant qu'il eût exécuté son 
sinistre projet, la Sainte Maison 
avait fui cette propriété, et les 
anges l'avaient placée à peu dédis- 



498 — 



tance de là, sur le chemin qui va 
de liécantmi à la mer. 

"Ces multitudes translations; en 
rendant le miracle plus éclatant, 
montraient aux peuples combien 
digne de respect était la maison 
de Marie. Les architectes ne pou- 
vaient asse .s'étonner de voir cette 
construction posée ainsi sans fan- 
u s sut* le soi poudreux a'ui, 

grand chemin. De peur qu'elle ne 
vint à s écrouler, on l'entoura de 
solides murailles ; mais par un 
singulier prodige, une fois cette 
muraille protectrice terminée elle 
s - écarta tellement des murs de la 
bain te Maison, qu'un enfant pom 
vait circuler entre les deux, un 
flambeau à la main. 

" De sérieuses enquêtes, dont une 
importante tait© par ordre du pape 
Clément VU, ont établi avec cer- 
titude l'identité de la Sainte Mai- 
, , ac Loretie;^vec celle qui avait 
reposé trois ans en Dalmatie et 
tant de siècles à Nazareth. La 
pieuse adhésion des Souverains 
Pontifes, qui ont comble de la- 
veurs ce pèlerinage, et tel* millier* 
de miracles qui s'y sont accomplis, 
justifient, à bon droit, la pieté des 
fidèles envers un des sanctuaire» 
les plus vénérables de la **"*•' 

" Au XlVe -siècle, reprenant 1 idée 
iadis réalisée à Nazareth par sainte 
Hélène les habitants de Recanati 
firent élever cette vaste basilque 
qui renferme encore aujourdhui 
la Sainte Maison la Sat.ta Casa'. 

" Les humbles murailles de 1& 
Sainte Maison elle-même ont été 
revêtues, à l'intérieur et à L'exté- 
rieur, de sculptures et de décora- 
tion-' magnifiques en marbre blanc 
par ordre du pape Clément VTL 
Pmir exérvnter ]p plan du Pontife, 
il fallait fermer l'ancienne porte 
et en ouvrir deux autres ; nul n'o- 
sait porter le marteau sur la 
sainte muraille ; l'architecte lui- 



même, Nérucci, dut prendre 1s 
marteau ; mais, au premier coup, 

il tomba demi-mort et il fallut 
remporter. On recourt au Pape, 
qui réitère son ordre. Alors, jn» 
cliic après s'être préparé par de 
ferventes prières, et un jeûne ri- 
goureux, iâe présente, demande par- 
don à Marie de sa témérité, et lui 
demande humblement la permis- 
sion d'exécuter l'ordre envoyé par 
le Vicaire de son divin Fils. Puis, 
s'armant de courage, il saisit le 
marteau, baise la muraille, et com- 
mence la brèche. Cette fois, l'oeu- 
vre ise termina sans accident. 

" Parmi les pèlerins de Lorette, 
les plus dignes d intérêt étaient, 
sans doute, les chrétiens de Dal- 
matie. Chaque année, un grand 
nombre passaiet l'Adriatique pour 
venir vénérer en Italie ce précieux 
Sanctuaire qu'ils avaient perdu, et 
porter à Marie leurs prières et leurs 
larmes. 

" Rcira dit qu'en 1559, il en vit 
arriver un jour plus de trois cents, 
avec leurs femmes et leurs enfants. 
Il;* entrèrent dans la basilique, 
rangés sur d^eux files se traînant à 
genoux tenant des cierges à la 
main ; ils disaient en pleurant : 
" Reviens, reviens à Fiume ! Re- 
viens, ô Marié, Marie, Marie, re- 
viens !" 

" Leur deuil n'était pourtant pas 
sans consolation, car. au siècle 
préc-éJdent, un frangipane avait 
fait construire à Rauniza, au lieu 
du séjour temporaire de la Sainte 
Maison, une belle église sur le mo- 
dèle de celle de Lorette ; et les 
Souverains' pontifes l'enrichirient 
de nombreuses indulgences. Trom- 
belli déclare, même que le Pape Ur- 
bain V leur avait déjà cédé, en 
1367, une image de la Vierge, 
trouvée dans la Sainte Maison, et 
attribué à saint Luc. 
" C'est à Lorette qu'ont été inau- 



499 — 




K. P. Victor Burtin, O. M. L, mis sionnaire de Caughnawaga, de 1858 
à 1892. En 1892, le Rév. Père fut revoir son pays, l'Alsace-Lorraine, 
après une absence de 38 ans. Il arriva au Canada, en 1854, en 
compagnie du R. P. Grandin, devenu depuis évêque de Saint- 
Albert. Le Père Burtin. après avoir passé quatre ans aux diffé- 
rents postes de Taidousac, Otta wa et Pittsburg, fut envoyé à la 
mission de Caughnawaga,, où il a consacré 34 ans de zèle et de dé- 
vouement. 

Il a composé un bon nombre de U' vres à l'usage des Iroquois. Il a 
aussi écrit en français l'histoire de la mi-siom de Oaughnawaga. 

Après tant de travaux, il était juste que le vénérable missionnaire 
aille prendre quelques mois de repos dans sa patrie. Il a eu le bon- 
heur de revoir Metz, sa ville na taie, se?' vénérables parents, tous 
deux étaient encore bien portail ts, malgré leurs 85 ans alors. 

Depuis son retour d'Europe, le Père demeure à St-Sauveur dp Ouébe^. 
où il est employé aux travaux de la paroisse, toujours di ;i pos et 
alerte comme un jeune homme, et observe la rèf^ ds Oblats. comme 
s'il avait toujours vécu en cette communauté. 
32 



— 500 — 



gurées, en 1483, les "Litanies delà 
Sainte Vierge," aujourd'hui si po- 
pulaires et connues sous le nom 
de Litanies de Lorette. 

LA, VILLE DE LORETTE — 
TRAITS DIVERS 

Une ville, qui compte aujour- 
d'hui sept à huit mille âmes, n'a 
pas tardé à se former autour du 
célèbre pèlerinage. Le pape Sixte 
V Ta érigée en évêché dès l'an 1585. 

En 1691, le pape Innocent XII 
institua un office et une messe pro- 
pre, pour la fête de la "Transla- 
tion", fête fixée au 10 décembre. 

De nombreux chapelains et des 
confesseurs pour les diverses lan- 
gues sont attachés au service delà 
célèbre basilique. 

Le roi de Erance Louis XIII, r.n 
reconnaissance de la naissance ne 
son fils, plus tard Louis XIV, offvit 
p la Sainte Maison deux couronnes 
d'or rehaussées de diamants pour 
être déposées sur la tête de la 
Vierge et de l'Enfant Jésus. Il 
envoya également un enfant d'or 
pesant vingt-quatre livres, couché 
sur un coussin d'argent et présenté 
à la Mère de Dieu par un ange en 
argent, de grandeur naturelle. 

Treize papest ont accompli per- 
sonnellement ce pieux pèlerinage ; 
entre autres, le pape Pie IX. qui 
l'affectionnait tout particulière- 
ment. 

Innombrable^ ont été les faveurs 
obtenues dans tous les siècles à 
Lorette. 

Saint Jacques de la Marche, cé- 
lèbre franciscain, désirait ardem- 
ment se livrer aux labeurs de l'a- 
postolat pour le salut des âmes ; 
mais sa mauvaise santé l'en empê- 
chait. Il se rendit à Lorette pour 
supplier la Reine du ciel de lui ve- 
nir &r\ ??ide. Marie lui annarut dans 
la "Santa Casa"' et lui dit qu'i 1 



était exaucé. Jacques devint l'un 
ues pius giaaus missionnaires de 
son siecie. 

.Le jeune suint Erançois de Sales, 
copies uYuir termine ses études de 
uroit et de theoiugie a Gadoue, vi 
oita Rome et vint- ensuite à Loret- 
ta. "A peine eufc-iï fléchi les genoux 
dans ce merveilleux sanctuaire que, 
comme s'il lut entré dans une four* 
naise ardente, il <se sentit enflam- 
mé d'une enarité extraordinaire. 
Considérant que là avait demeuré 
le Eils de Dieu incarné, avec Marji^ 
et Joseph, qu'ils y avaient prié, 
travaille, pris le repos et la nourri- 
ture, u oaisa avec des grands sen- 
uiiicut* oit? uevotion cette tea*re 
sainte, ces murailles sacrées, et les 
arrosa des larmes de sa piété. 
Après y avoir reçu le» sacrements 
de Pénitence et d'Eucharistie, il se 
consacra do nouveau au Verbe in- 
carne et à la Très Sainte Vierge 
et renouvela son voeu de chasteté. 
Jiûi récompense de tant de ferveur. 
Dieu lui accorda des grâces extra- 
ordinaires ; al parut ravi, en exta- 
se ;et, pendant que des paroles d'a- 
mour s'échappaient comme . des 
traits de flammes de son coeur em- 
brasé, aussi bien que de son esprit 
éclairé de lumières célestes, son 
visage se couvrit d'une rougeur 
extraordinaire, et apparut tout 
rayonnant comme un astre, aux 
nombreux témoins qui se trou- 
vaient dans l'église H). 

Pendant Sorn long séjour à Rome, 
le saint pèlerin du siècle dernier, 
Benoît-Joseph Labre, ne manquait 
jamais, chaque année, de faire à 
pied le pèlerinage de Lorette. Ar- 
rivé au célèbre sanctuaire, il pas- 
sait sa journée en prières dans la 
"Santa Casa", ou aux pied® du 
Saint-Sacrement, et, la nuit venue, 



(1) Hamon. "Vie de saint Fran- 
çois de Sales". 1, 95. 



— 501 



quand on fermait l'église, il allait 
continuer sa prière et prendre un 
p^u de repos sous les porches. 

Une année, un pèlerin, robuste 
vieillard de quatre-vingt-huit ans, 
revenant de Lorette, rencontra près 
de la porte d'une auberge, debout 
contre le mur, les yeux modeste- 
ment baissés, un mendiant incon- 
nu. Pris de pitié, lei vieillarid l'in- 
vite à entrer et à partager son re- 
pas. La conversation s'engage : le 
mendiant était saint Benoît-Labre 
et le vieillard était Zrtli, ancien 
trésorier du shah de Perse, chassé 
de son pays par une révolution et 
depuis converti au catholicisme. 

En 1797, les troupes de la Kévo- 
lution française pillèrent l'égliise 
de Notre-Dame de 'Lorette, enri- 
chie, par la piété de cinq siècles. 
Une partie seulement des objets 
précieux avait pu être mise en 
sûreté. La statue si vénérée de la 
Sainte Vierge fut envoyée prison- 
nière à Paris, et reléguée au cabi- 
net des médailles: comme une cu- 
riosité antique. au-dessus d'une 
momie égyptienne. Napoléon la 
rendit au Pape en 1801 ; elle fut 
replacée dans son sanctuaire, où 
brûlent sans cesse une soixantaine 
de lampes. 

En 1860, d'autres Français, no- 
bles et chrétiens, ont lavé la faute 
des précédents, en versant leur 
sang pour la cause de l'Eglise, du 
Pape et de la civilisation, dans les 
campagnes voisines de Lorette. 
Après cette bataille (de Castelfi- 
dardo\ la basilique, devenue une 
Ambulance, se trouva remplie de 
blessés. 

Er> 1894. on célébra par de gran- 
des fêtes le sixième centenaire de 
la merveilleuse translation. O^ 
fait dans ce but de nombreuses ré'- 
parations à la basilique. 

Notre-Dame de Lorette, priez 
pour non?. 




Catherine Tékakwitha, vierge Iro- 
quoise. décédée en odeur de sain- 
teté au Sault St-Louis, le 17 
avril 1680, t et l'église de Caugh- 
nawaga. 



La population des sauvages dans 
la province de Québec,, est de dix 
mille huit cents âmes, d'après le 
recensement de 1900, dont 7,575 
sont catholiques, 87 anglicans, 3 
presbytériens, 437 méthodistes, 1 
baptiste, 1 congréganiste, 33 au- 
tres chrétiens et deux païens. Us 
sont répartis comme suit : 

Abénakis de St-François du Lac, 
345. 

Abénakis de Bécancour, 51. 

Ale^mquins de la rivière du Dé- 
sert. 396. 

Algonquins de Témiscan^ingue, 
202. 

Tête-de-Boule de la bande Aie 



502 




M. A. A, Arbour, vicaire actuel de 
Caughnawaga. 



St-Maurice du comté de Cham- 
plain, 250. 

Pontiac, non organisé, 230. 

Comté d'Ottawa, non. organisé, 
1,063. 

Amalécites de Viger, 103. 

Hurons de Lorette, 454. 

Iroquois de Gaughnawaga, 1,992. 

Iroquois de St-Régis. 1,367. 

Iroquois et Algonquins du Lac 
des Deux Montagnes, 452. 

Micmacs de Maria, 102. 

Micmacs de Ristigouche, 474. 

Sauvages de la péninsule du La- 
brador au Lac -S t- Jean, savoir : 

Montagnais' et Naskapis, à Bet- 
siamis, 448. 

Montagnais des Escoumâns, 40. 

Montagnais de Natashquan, 43. 

Montagnais de Godbout, 40. 

Montagnais de Grande-Romaine 
et Musquaro, 306. 




M. l'abbé J. De Gonzague, curé 
Abénakis de St-François du Lac. 
de St-Françpis du Lac. 



Montagnais de Mingan, 132. 

Montagnais de Sept Iles et Moi- 
si, 377. 

Montagnais de Ste-Anme du La- 
brador, 45. 

Montagnais du Lac S t- Jean* 508. 

Amalécites du comté de Québec, 
31. 

Abénakis du comté de Québec, 
12. 

Sauvages des territoires non or- 
ganisé?, 1,387. 

Abénakis de St-TJrbain, Charle- 
voix, 15. 

La Mission iroquoise de Caugh- 
nawaga a été sous la direction des 
PP. Jésuites, de 1667 à 1783. c'est 
le P. Piierre Raffeix,, qui a été le 
premier supérieur de la mission et 
le dernier, le Père Bernard Well. 

En 1783. les nrêtres séculiers ont 
remplacé les Pères Jésuites : M. 
J. B. Dumouchel en fut le premier 
desservant. 



503 




M. l'abbé J. -Guillaume Forbes, missionnaire actuel de® Iroquois. 



En mai 1855, la mission fut con- 
fiée aux RR. PP. Oblats de Marie 
Immaculée ; 1855-1864, R. P. Eu- 
gène Antoine ; 1864, R. P. Léo- 
narjl ; et de 1864 à 1892 le E. P. 
Bu r tin. 

En 1892, les prêtres séculiers re- 
prirent la direction de la mission : 



M. l'abbé J. -Guillaume Forbes, frè- 
re du supérieur des Pères Blancs 
d'Afrique, de la maison de Québec. 
En 1892, Mgr Bruchési a ordon- 
né au Père Granger, Jésuite, d'aller 
étudier la langue iroquoise à 
Caughnawaga pour lui confier leur 
primitive mission. 



._ 504 — 




— 505 — 




Eglise des sauvages Àbénakis de Saint-François du Lac. 



Les Iroquois do Saint-Régis, 
d'après le rapport de M. George 
Long, agent des sauvages, terminé 
le 30 juin 1901 : 

Cette réserve est située sur le 1 ?' 
raves du fleuve St-Laurent, dans 
le comté de Huntingdon, vis-à- 
vis la ville de Cornwall. Ontario. 
Elle contient environ 7,112 acres. 
Ces sauvage- cultivent, chassent, 
pèchent, agissent comme guides 



pour les touristes, font la descente 
du bois en radeaux, et travaillent 
à la journ?i c chez les cultivateurs 1 
et sur les chemins de fer ; ils fa- 
briouent aussi des crosses et des 
paniers sur une grande échelle. 

Il v a sur la réserve, une église 
catholique et un temple métho- 
diste. Environ 139 sauvages sont 
méthodistes et 1,228 sont catholi- 
ques romains. 



— 506 — 




CHAPELLE DU POSTE DE OH ICOUTIMI, 1726 à 1856, BATïE 
PAR LES JESUITES. (Dessin de Lady Elgin). 



C'est M. J. P. Bourget, qui est 
leur curé actuel. 

Les Iroquoùs et Algonquins de 
la réserve d'Oka vont à j. r églke pa- 
roissiale du Lac des deux Monta- 
gnes. 

Les Algonquins du désert et de 
Témiscamingne, sont desservis par 
Les Pères Oblats. 

Les Abénakis de Saint-François 
du Lac ont pour les desservir un 
prêtre de leur nation, M. J. De- 
Gonzafrue. 



Ceux de Bécancourt étaient des- 
servis par les Récollets, avant 1794. 

Les Micmacs de Ristigouche sont 
desservis par les Pères Capucins. 

Les MontagnBÎs ont nour mis- 
sionnaires les RR. PP. Oblats. 

Les Amalécites de Viger sont 
des'-ervis à Cacouna. 

Les Montagnais des Uaurenti-f 
des ont été desservis d'abord par 
les Récollets, ensuite par les Jé- 
suites, de 1632 à 1670. Et après 



507 ~ 




Intérieur de la chapelle de Tadous sac, une des premières construi- 
tes au Canada. 



cette date, conjointement avec les 
Récollets jusqu'en 1783. 

En 1783, les prêtre.; séculiers ont 
remplacé les Jésuites et les Récol- 
lets. En 1833, M. l'abbé Bouchex a 
été nommé missionnaire des postes 
du roi de la Côte Nord. En 1844, 
il fut remplacé par le- Oblats ; le 
Père Durocher, en 1850 le Père 
Père Arnaud, pour Tadoussac, 
Betsiamis le Labrador et Mingan, 
etc., et le Pêne Babel, depuis 1851 
pour les mêmes missions, où ils 
.sont encore. C'est le Pêne Boyer 
qui fait les missions lointaines .ac- 
tuellement. Ti? Père Lemoine fait 
la mission des Montagnais de la 
Pointe-Bleue et djemeure sur la ré- 
serve du Lac Saint-Jean, avec le* 
Pères Simonet et Baron. 

Les Laurentides. chaîne de mon- 
tagnes du Canada, qui s'étend du 
Labrador iusô^'a 11 Can Tourmente, 
•en suivant le St-Laurent ; se diri- 
geant ensuit© à l'ouest, elle tra- 
verse la rivière dses Ou ta ouais et 
se dirige au sud jusou'à Kingston : 
de ]o. elle graine l* bail? Géorgien- 
ne, longe les lacs PTuron et Supé- 
rieur et se rend h l'Océan Gl^ci»! 
Sa longueur est d'environ 3,500 
milles ; elle forme la liane de par- 
tage des eiaux tributaires du St- 



L'au rient et de la baie d'Hudson. 
L'altitude des liiaurentides 1 varfe 
ordinairement de 200 à 2,000 pieds. 

Le clergé et la population catho- 
lique de la province de Québec, 
d'après le recensenuent de 1901 : 

Population catholique. . .1,429*186 

Archevêques 3 

Evêques. ........ 10 

Prêtres séculiers et régu- 
liers 2,012 

Savoir : 

DIOCESE DE QUEBEC 

Archevêque 1 

Prêtres. ....... 481 

Paroisses et missions. . . . 212 

DIOCESE DES /TROIS-RIVIE- 
RES 

Evêque • • 1 

Prêtres. . . . ^ • • • .98 
Paroisses et missions. . . 38 

DIOCESE DE RIMOUSKI 

1 Evêque 1 

Prêtres 118 

Paroisses et missions. . . . 112 



508 




CHAPELLE DE TADOUSAC, EX 1750. 




DIOCESE DE CHICOUTIMI 



EGLISE DE BETSIAMIS, 

Mission Montagnaise desservie 
par les Pères Obtats. 



Evêque 

Prêtre^ 

Paroisses et missions. . . . 

DIOCESE DE NIOOLET 



1 

97 

72 



Evêques. 

Prêtres 

Paroisses et missions; 



2 

104 

60 



DIOCESE DE 3IONTIŒAL 



.Archevêque. 

Prêtres 

Paroisses et mis-ions. 



1 
612 
153 



DIOCESE DE ST-HYACIOTHE 

Evêque 1 

Prêtres 212 

Paroisses ert missions. ... 75 

DIOCESE DE SHERBKOOKE 



Evêque 

Prêtres 

Paroisses et missions. 



1 
103 

74 



— 509 — 



"1 

M 




R. P. BOYER, 

Missionnaire actuel des Monta -nais des Postes de ]a ^^ 
STord : des Sept-Mes, Miii*an. Xatashquan, Musquaro, etc Sa 
résidence est à Betsiamis. 



510 — 




R. P. BA-t^L, 0. M. L, 

Ancien supérieur de Betsiamis. 
Au mois d'avril 1900, les RR. PP. 
Babel, Arnaud, Grenier et Royer 
ont fêté leurs noces d'or de prê- 
trise, à St-Sauvenr. Ces noces 
ont durée trois jours. On doit, 
le dix-huit décembre prochain. 
(1902) fête les noces d'or, aussï 
de prêtrise, du R. P. Burtin, an- 
cien missie-nanire de Tadoussac 
dont nous avons déjà parler. 




R. P. LEMOIKE, O. M. I., 

Directeur actuel de la mission 
montagnaise de la Pointe Bleue. 




R. P. LAÇASSE, O. M. L, 

Ancien missionnaire des Naskapis, 




R. P. ARNAUD, O. M. I. 

Supérieur de Betsiamis. 



511 



, DIOCESE D'OTTjAWA 

Archevêque 1 

Prêtres 75 

Paroisses et missions. ... 56 

DIOCESE DE PEMBROKE 

Evêque 1 

Prêtres 22 

Paroisses et missions .... 16 

DIOCESE! DE VALLEYFIELD) 

Evêque 1 

Prêtres 90 

Paroisses et missions. ... 42 



Principales religions de la pro- 
vince de Québec, d'après le recen- 
sement de 1901 : 



Ad ven listes 3,07» 

Anglicans IChur. of Ang.) 81,345 

Baptistes 8,393 

Baptistes libres 87 

Brethren 587 

Congrégationalistes. . . . 5,173 

Disciples du Christ. ... 17 

Amis (Quakers) 59 

Juifs 7,526 

Luthériens 1,640 

Méthodistes 42,014 

Presbytériens 57,952 

Protestants 5,211 

Catholiques Romains. . .1,429,186 

Armée du Salut 292 

Baptistes de Pennsylvanie 3 

llnitariens 561 

TTniversalistes 1,080 

Non spécifiés 1,9,52 

Différentes sections. . . . 2.741 



Total 1,648.898 



512 — 



LETTRE DE M. GIRAULD D AVRAINVILLE 



Paris, vendredi, 12 sept. 1902. 
Monsieur Joseph T^elle,^^ 

cette ville, numéro du 14 ]um M». 
niihlié au moment de votre tête 
£X de la B^ByJtJ 
c'est avec le plus, vif intérêt et la 
phï grande satisfaction que 3 - 
lu dans ce numéro a la page 5., 
une notice signée de votre nom 
sur le docteur Michel Sarrazm, ne 
au Canada en 1659,. mort et enterre 
à Québec le 9 septembre 1731. Oe 
docteur Sarrazm est mon arrière 
grand'père, car ma &°^ m **' 
(Girauld d'AvramvilleV née <£ 
therine Sarrazm de l'Etang, fia 
mère de mon père), était née au 
Canada et morte en France en 
1849 ; c'est vous dire avec quelle 
attention j'ai lu votre courte ^no- 
tice sur mon bisaïeul, et combien 
je vous serai reconnaissant si vous 
pouviez, par vos relations et vos 
connaissances, me donner de*> dé- 
tails sur la famille canadienne des 
Sarrazin de l'Etang, alliés aux ia- 
millea Hazeur et Juchereau Du- 
chesnay. . . 

Excusez-moi de vous écrire di- 
rectement, mais j'ai été trop satis- 
fait de lire votre article, nour re- 
siser au plaisir de vous l'écrire. 

Cro-ez que la vieille France se 
souvient toujours, après plus de 



Nouvelle-France, et que nous ai- 
Nouvelle-Franee, et que nous ai- 
mons de coeur les vôtres qui ont 
gardé notre sang, notre langue et 
nos moeurs d'ici. 

Je vous adresse donc, avec mes 
remerciements de votre ^ article, 
mes meilleurs souvenirs qui traver- 
seront tant de lieues marines. 

Bien à vous, 

L. Girauld d'Avrainville, 

Avocat à la Cour. 

3, rue Nicolas-Flamel. 

P. S. — Avez-vous écrit autre 
chose sur /ma famille Sarrazin de 
l'Etang ? 




Cachet de la famille Sarrasin de 
l'Etang, au Canada. 



— 513 — 
LETTEE DE Sir JAMES LEMOINE 



Sillery, 22 octobre 1901. 

Cher monsieur Trudelle, 

J'ai lu avec un vif intérêt, dans 
le "Soleil" vos esquisses de Sille- 
ry, où je me fixais en 1860. 

J'ai consacré bien des pages aux 
annales de cette historique parois- 
se, lesquelles vous trouverez dans 
les Maple Leaves, Picturesque 
Québec et Monographies et Esquis- 
ses. Voir ces volumes dans la bi- 
bliothèque du Parlement ? 



Je vous félicite de votre oeuvre. 
Je crois que vos Esquisses mises 
en. volume, auraient une suffisan- 
te circulation en cette paroisse 
pour rencontrer les frais d'impres- 
si — et bien au-delà. 



Bien à vous, 

J. M. LeMoine. 



M. Jos. Trudelle, 

Québec. 



TABLE DES MATIERES 



Pages 

Avant- propos , „ II 

Jubilés à Québec, de 1618 à 1901 , 5 

Eglises et chapelles 13 

Fondation de Québec, en 1608. . , 14 

Limites de la cité de Québec » ., 17 

Eues de Québec. — Procès-verbal de la rue St Jean, en 1867 19 

Galerie des Maires de Québec, de 1833 à 1902 21 

Galerie des Evêques de Québac 31 

CHAPITRE I 

Première chapelle érigée à Québec, par le Père Jean d'Olbeau et Champlain 
en 1615. — Première messe. — Premier mariage.— Première inhumation à 
Québec et premier jubilé. — Paul V. — St-François d'Assises , . 36 

CHAPITRE II 

Eglises de Notre-Dame des Anges, en 1620 et 1670. — Premier et deuxième 
couvent des Récollets. - Louis XIV. — Talon. — Liste des gardiens du cou- 
vent, de 1615 à 1800 39 

CHAPITRE III 

Séminaire des Jésuites eb première résidence à Québec, 1627 à 1643. — Monu- 
ment Cartier-Brébeuf. — Arrivée des Jésuites à Québec, en 1625. — Saint- 
Ignace. — R. P. Anne de Noue 47 

CHAPITRE IV 

Chapelle du Fort^Saint-Louis, en 1632.— Le Rère LeJeune , ... 50 

CHAPITRE V 
Chapelle érigée dans la maison de Louis Hébert 52 

CHAPITRE VI 

Eglise de Notre-Dame de Recouvrance, bâtie par Champlain en 1633. — Le 
Père Charles Lalemant. — Historique. — Dr Dionne. — Louis XIII et Louis 
XIV 53 



-1516 - 

CHAPITRE VII Pages 

Eglise Saint- Michel Archange de Sillery, par M. l'abbé Noël Brulard, com- 
mandeur de Sillery. — Résidence des Jésuites à Sillery, en 1637. — Seigneu- 
rie de S dlery et ses premiers censitaires. — Monument Masse-Sillery. — 
Sir James Lemoine. — François Païkman. — Dr H. Larue. — Inauguration 
du monument. — Discours par MM. Chauveau, Dobell et Cazeau 00 

CHAPITRE VIII 

Chapelle de l' Hôtel-Dieu, en 1639. — Fondée par la duchesse D'Aiguillon. — 
Arrivée des premières religieuses.— M. de Saint-Sauveur, premier chape- 
lain. — L'Hôtel-Dieu à Sillery, en 1641. — Les Mères reviennent à Québec. — 
Mère Saint-Augustin. . .Mère Juchereau de Saint-Ignace. — Liste des cha- 
pelains de l'Hôtel-Dieu. — Hôtel-Dieu de Lévis, fondé par M. Ant. Gau- 
vreau. — Crucifix outragé confié aux religieuses de l'Hôtel-Dieu de Québec, 
par Mgr de Pontbnand.— Faucher de St- Maurice « 74 

CHAPITRE IX 

Première résidence des Ursulines de Québec. — Charles Huault de Montmagny 
reçoit les fondatrices, Mme de la Peltrie et Mère Marie de l'Incarnation. 
— Liste des chapelains. — Saint- Joseph, patron du monastère.— Liste des 
supérieures — Monastères fondés par les Ursulines de Québec. — Ursulines 
de Trois-Rivières, en ]697, de Roberval, en 1882, et de Stanstead, en 
1884 105 

CHAPITRE X 

Chapelle paroissiale de Québec, ou maison des Cent-Associés, de 1640 à 1657. 
— Liste des desservants. — Morts dans cette maison. — Le Père Raymbaut 
et sieur de Gand 141 

CHAPITRE XI 

Chapelle sur le tombeau de Champlain, érigée par Charles Huault de Mont- 
magny. — Queralle des antiquaires, MM. Myrand, Lavernière, Cas- 
grain, Drapeau, Forland, Têtu, Dr Dionne, Harper,0' Leary 143 

CHAPITRE XII 

Eglise de Notre-Dame de Québec. — Concessions accordées à la fabrique. — 
Galerie des curés de Québec. — Recensement de M. M. Thibout, en. 1716. 
— Etat général des habitants de Québec, en 1666. — Galerie des vicaires 
de Québec. — Liste des curés et vicaires 169 

CHAPITRE XIII 

Premier château Saint-Louis sous Louis XIII et Louis XIV. —Galerie des 
portraits et armes des gouverneurs de la Nouvelle-France, de 1608 à 1760. 
— Mère Esther Wheelright de l'Enfant Jésus. — Liste des gouverneurs et 
administrateurs français. — Galerie des vice-rois de la Nouvelle-France. — 
Québec en 1629. — Liste des gouverneurs anglais, de 1760 à 1867, avec 
portrait et armes . — Premier cheval à Québec , 210 



— 517 — 

CHAPITRE XIV Pages 

Chapelle du collège des Jésuites inaugurée en 1651. — Marquis de Gamaches, 
fondateur du collège, en 163V — Galerie des Jésuites canadiens. — Liste 
des supérieurs du collège. — Eglise des Jésuites. — Rapport sur les biens 
des Jésuites, en Canada. — Liste des Jésuites venus au Canada, par le P. 
Jones. — Saisie de tous les biens des Jésuites. — Règlement de la question 
des biens des Jésuites, par M. Mercier et Léon XIII. — Lettre de Mgr 
Hubert, réclamant le bien des Jésuites pour l'éducation 260 

CHAPITRE XV 

Eglise et maison de Jean Bourdon, sur le chemin Ste-Foye. — Recensement 
des habitants des côtes Ste-Geneviève, St-Michel et St-François, en 1667. 
— M. et Mme Jean Bourdon, et ses quatre filles. — Testament et moulin 
de Jean Bourdon. — Dr Michel Sarrasin 287 

Anniversaire de la première messe à Québec (1615) le 25 juin 1902 329 

CHAPIERE XVI 

Chapelle du château de Coulonge, par Louis D'Ailleboust et Barbe de Boul- 
Jongne, son épouse. — Une visite officielle au château de Coulonge, en 
1664, par ordre du Conseil souverain. — Voiture, grange et colombier de 
Coulonge. — Etude de M. Gagnon : "Coulonge et Spencer- Wood." — 
Chapelles de M. Caron et de M. Jette, à Spencer- Wood. — Galerie des 
lieutenants-gouverneurs de Québec. —Les gouverneurs du Canada, et leurs 
épouses depuis 1867, ainsi q ue leurs armes 304 

CHAPITRE XVII 

Chapelle de la congrégation Notre-Dame de Québec, en 1657, fondée par le 
Père Poncet. — M. Vignal dit la première messe. — M. de Charny-Lauzon, 
premier préfet. — Le Père Flammingue. — Le Père Goswin Nikel.— 
Grégoire XIII, fondateur des congrégations. — M. Frs du Moussard, pro- 
fesseur de musique ,...., » .« 395 

CHAPITRE XVIII 

Premier palais épiscopal, en 1659. — Mgr de Laval, premier évêque de la Nou- 
velle-France. — M. l'abbé Charles de Lauzon-Charny, premier grand vicaire 
de Mgr de Laval.— Le Père Pijart, S. J., et Mme D'Ailleboust, fondateurs 
de la Ste!Famille, 1664.— Bulle d'Alexandre VII. permettant la fondation 
de la Ste-Famille à Québec , 402 

CHAPITRE XIX 

Le Séminaire de Québec et ses chapelles.— La chapelle privée de Mgr de Laval. 
—Discours de circonstance par Mer Racine, lors de la fête du deuxième 
centenaire de sa fondation.— Historique du Cap Tourmente, par Mgr 
Taschereau.— Galerie des supérieurs du Séminaire, de 1666 à 1902.— Liste 
dès personnes inhumées dans les caveaux de la chapelle 406 



— 518 — 

CHAPITRE XX Pages 

Chapelle des Hurons, à Ste-Foye. — Arrivée des Hurons à Québec, en 1650 ; à 
l'Ile d'Orléans, en 1651 ; reviennent à Québec en 1660 ; vont au Bourg- 
Royal, en 1666 ; à Ste-Foye, en 1668 ; à l'Ancienne Lorette, en 1673 ; 
à la Jeune Lorette, en 1694. — Historique de Notre Dame de Lorette, par 
M. l'abbé Pierre Jacques Bédard. —Liste des desservants des Hurons de 
Lorette. — Etat actuel des sauvages de la province de Québec 471 

APPENDICES 

Le clergé et la population catholique de la province de Québec 507 

Les principales religions de la province de Québec 511 

Lettre et armes du comte d'A vrainville, descendant du Dr Sarrasin 512 

Lettre de Sir James Lemoyne . « : * .... 513 



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